Mère d’Hevrin Khalaf: Sans le procès d’Erdogan, les lois internationales sont caduques

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SYRIE / ROJAVA – Le 12 octobre 2019, des mercenaires islamistes de la Turquie ont tué sauvagement la politicienne kurde Hevrin Khalaf près de Tell Abyad, dans le nord du Rojava. Ils ont filmé leur crime et l’ont diffusé sur les réseaux sociaux. Ainsi, le monde entier a été témoin d’un acte barbare d’une cruauté sans nom. Mais, malgré cela, deux ans après les faits, rien n’a été fait au niveau international pour juger les assassins d’Havrin.

 
La mère d’Havrin Khalaf, Souad Mustafa déclare que le président Erdogan est responsable direct du meurtre barbare de sa fille et des crimes de guerre commis au Rojava et en Syrie par les gangs islamistes de la Turquie mais que les organisations de défense des droits de l’homme et l’ONU l’ignorent.
 

Souad s’est rendue sur la tombe de sa fille Hevrin, brutalement assassinée il y a deux ans par des mercenaires de l’État d’occupation turc.

Tôt le matin du 12 octobre 2019, avec l’appui des avions de combat turcs, les mercenaires islamistes ont pu entrer profondément dans les terres syriennes et atteint la route internationale M4 où ils ont assassiné Hevrin Khalaf et 9 autres civils, conjointement avec l’agression turque contre les régions de Serê Kaniyê et de Tal-Abyed.

Les mercenaires ont diffusé des séquences vidéo montrant l’assassinat de civils sur l’autoroute M4 à Tal Tamr, dans laquelle la voiture du politicien Hevrin Khalaf, semblait être visée par des dizaines de coups de feu, par un mercenaire du groupe « Ahrar al-Sharqiya ».

Avant son assassinat, Havrin Khalaf a occupé de nombreux postes dont la vice-co-présidence de l’organisme de l’énergie pour l’été 2014, avant de devenir co-présidente de l’organisme économique dans le canton de Jazirah et être élue au printemps 2018 le Secrétaire général du Parti Avenir de la Syrie.

La mère d’Hevrin, assise près de la tombe de sa fille, a déclaré : « elle croyait en la paix au sein d’un système participatif entre les composantes de toute la Syrie, et cherchait à mettre fin au conflit armé et à la guerre sanglante qui durait depuis 10 ans dans le pays. Erdogan était directement derrière son meurtre. Il visait à faire exploser la volonté des femmes et la révolution dirigée par les femmes au Rojava. »

Les États-Unis savent très bien qui est responsable du crime

 

Le 28 juillet 2020, département du Trésor américain a annoncé qu’il imposait des sanctions à Ahrar al-Sharqiya, groupe armé soutenu par la Turquie, pour des crimes contre les Kurdes en Syrie, dont le meurtre de la politicienne Havrin Khalaf.

Le mercenaire Hatem Abo Shagra est impliqué dans la commission de crimes contre les Yézidis dans le canton d’Afrin, après avoir occupé le canton, tandis que les médias ont souligné que Hatem Abo Shagra avait rencontré parmi eux des chefs de gangs de mercenaires, ceux qui ont rencontré le président turc Erdogan en avril 2018.

Souad a déclaré : « Les États-Unis se sont retirés à grande échelle du nord-est de la Syrie, ils savent bien où et comment ma fille a été tuée, mais ils ont fermé les yeux sur qui a commis cet acte horrible. Les Américains auraient pu empêcher tous ces crimes turcs et attaques contre des Syriens dans la région. »

Après sa tournée dans les pays européens il y a plusieurs mois, la mère d’Hevrin a indiqué qu’elle n’avait pas encore reçu de réponse, malgré les preuves irréfutables qui condamnent les auteurs. Elle a ajouté : « La démocratie et la protection des droits de l’homme ne sont qu’un manteau dont l’Europe se pare. Ils peuvent tout faire dans leur propre intérêt. Ni les Nations Unies ni les organisations des droits de l’homme, ni les tribunaux européens n’ont rien fait, et la raison en est clair ; c’est leur intérêt avec l’État turc. »

Souad Mustafa avait assisté à une session de la conférence kurde au Parlement européen en février 2020 et avait déposé une plainte auprès des tribunaux internationaux pour demander des comptes aux auteurs du meurtre de sa fille.

En conclusion, Souad Mustafa a appelé la communauté internationale à poursuivre les criminels de guerre en Syrie, au premier rang desquels se trouve le président turc Erdogan. Elle a noté que: « Sans cela, il n’y a aucun sens au droit international. C’est un projet démocratique et la révolution de la liberté est en cours. Ils ont assassiné Hevrin, mais des centaines d’autres Hevrin naissent chaque jour et font face au régime fasciste sanglant et elles n’accepteront pas l’injustice. » ANHA

 
En novembre 2020, à l’occasion de la Journée mondiale de lute contre les violences faites aux femmes, le Mouvement des femmes kurdes en Europe a lancé une pétition pour traduire en justice le président turc Erdoğan en donnant 100 raisons de juger Erdogan pour des féminicides et des crimes de guerre.

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