Accueil Blog Page 773

IRAN. Exécution d’un autre prisonnier kurde à Kermanshah

0
IRAN / ROJHILAT – Les mollahs iraniens ont exécuté un prisonnier kurde de 28 ans, Ali Reza Moradi, dans la prison centrale de la ville de Kermanshah, le 25 décembre 2021.
 
« Ali Reza Moradi a été arrêté il y a six ans pour homicide involontaire et condamné à mort par la justice de la République islamique d’Iran », a déclaré une source bien informée. (Hengaw)
 
Le 19 décembre, le prisonnier politique kurde Heydar Ghorbani avait été exécuté dans la prison centrale de Sanandaj. Les mollahs sanguinaires semblent vouloir battre le record des exécutions des prisonniers kurdes dans les mois à venir…

SYRIE. Un camp d’entraînement souterrain de l’Etat islamique découvert dans le camp al-Hol

0
SYRIE / ROJAVA – Les forces arabo-kurdes ont découvert un camp d’entraînement souterrain de l’Etat islamique (DAECH / ISIS) dans le camp al-Hol qui abrite des dizaines de milliers de membres et des familles de DAECH. Le camp servait de lieu de formation des jeunes (« louveteaux du Califat ») de DAECH. Neuf mineurs âgés de treize à quinze ans découverts dans la cachette ont été placés dans un centre de réadaptation. Il s’agit d’enfants de parents de nationalité indonésienne, turkmène, française et russe.
 
Les forces de sécurité (Asayîş) de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est ont découvert un tunnel souterrain dans le camp d’al-Hol qui était utilisé pour la formation de l’organisation de jeunesse de DAECH et comme cachette pour les jeunes assassins. « Le tunnel a été construit de manière à leur permettre d’attaquer par surprise et de battre en retraite immédiatement », a déclaré un porte-parole d’Asayîş après la découverte.
 
Le camp d’entraînement souterrain a été installé sous une tente dans la section « Al Muhajirat », où sont détenus des membres étrangers du groupe terroriste DAECH. Neuf mineurs âgés de treize à quinze ans qui ont été formés à la charia dans la tente ont été placés dans un centre de réadaptation. Il s’agit d’enfants de parents de nationalité indonésienne, turkmène, française et russe.
 
Les structures mises en place dans le secteur de Muhajirat par les partisans de l’EI sont responsables de l’endoctrinement des enfants avec l’idéologie de Daech. Ces femmes djihadistes ont également mis en place la police des mœurs féminine (Hisba), sur le modèle de la soi-disant brigade Al-Khansa (Liwa al-Khansa). Cette force commet des atrocités contre des personnes qui n’adhèrent pas aux normes de comportement de l’Etat islamique. Depuis le début de l’année, il y a eu plus d’une centaine de meurtres dans le camp d’al-Hol, qui seraient tous l’œuvre des femmes d’Hisba et des « Louveteaux du Califat ». Neuf de ces enfants ont désormais la chance de vivre une nouvelle vie et surtout sereine, sans pensées et idées extrémistes, au centre de thérapie d’Hori. L’installation du village de Tel Maarouf, à l’est de Qamişlo, est géré par l’administration autonome et est le seul centre de réadaptation pour les enfants des familles de l’EI. Actuellement, plus d’une centaine d’enfants et d’adolescents y vivent.
 
 

Les Kurdes appellent à manifester pour les trois femmes kurdes assassinées à Paris

0
PARIS – Alors qu’on s’approche du 9e anniversaire de l’assassinat des activistes kurdes (Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez) à Paris, la justice française n’a toujours pas poursuivi les commanditaires qui sont derrière ce triple meurtre. C’est dans ce climat de colère et de détermination que la communauté kurde manifestera de nouveau à Paris, le samedi 8 janvier 2022.
 
Pour le Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F) et le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), tant que la justice ne sera pas rendue dans ce dossier se heurtant au secret-défense, la France se rend coupable dans ce triple meurtre commandité depuis Ankara où se trouve le siège des renseignements turcs.
 
Les deux organisations kurdes invitent les amis des Kurdes et tous ceux épris de justice à venir manifester à leurs côtés pour la neuvième année consécutive à Paris, sur les lieux du crime resté impuni.
 
Voici le communiqué co-signé par le TJK-F et le CDK-F:
SANS JUSTICE, LA FRANCE RESTERA COUPABLE!
 
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz (Sara), co-fondatrice du PKK, Fidan Dogan (Rojbîn), représentante en France du Congrès national du Kurdistan (KNK), et Leyla Saylemez (Ronahî), membre du mouvement de jeunesse kurde, étaient sauvagement assassinées à Paris. Neuf ans après ce massacre, la justice fait toujours défaut.
 
La première instruction ouverte au lendemain des faits allait révéler que le massacre avait été commandité et planifié par l’agence du renseignement turc (MIT). Pourtant, suite à la mort du tireur, Ömer Güney – qui serait décédé en prison d’une tumeur au cerveau en décembre 2016 -, la justice française a décidé de clore le dossier au prétexte que « l’assassin présumé étant mort, l’action publique est éteinte ». Par la suite, deux hauts fonctionnaires du MIT capturés par les forces armées du PKK ont révélé des informations cruciales sur la planification du triple assassinat, indiquant notamment que celui-ci avait été commis avec l’assentiment d’Erdogan qui était alors premier ministre.
 
Une autre évolution importante tient à une procédure pénale engagée en Belgique suite à une tentative d’assassinat contre des politiciens kurdes. Les investigations menées dans le cadre de cette affaire ont révélé que certaines des personnes mises en cause, ainsi que İsmail Hakkı Musa, alors ambassadeur de Turquie à Paris, étaient Impliqués dans les assassinats.
 
Se fondant sur ces nouveaux éléments, les avocats des familles des victimes ont obtenu l’ouverture d’une nouvelle instruction qui dure maintenant depuis trois ans. Cependant, prétextant le « secret-défense », les autorités françaises refusent toujours de partager avec les juges les informations détenues par leurs services de renseignement.
 
Ce refus qui fait obstacle à la manifestation de la vérité constitue une entrave politique à la mission du juge d’instruction. Ainsi, le gouvernement français maintient dans l’impunité un crime terroriste commis sur son territoire par les services secrets turcs. Ne pas lever le Secret-défense revient à un déni de justice intolérable. Tant que la vérité et la justice seront dans l’ombre, la France restera coupable!
 
Comme chaque année à la date anniversaire du massacre, nous, organisations kurdes en France, appelons à descendre dans les rues afin de réclamer justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez.

Faisons entendre nos voix à ceux qui refusent d’entendre la quête de justice des familles et du peuple kurde depuis 9 ans:
Erdogan est le commanditaire du massacre, il doit être jugé!
Le secret-défense ne peut obstruer la justice!
Les intérêts économiques et politiques ne peuvent être placés au-dessus de la justice!
Tant qu’il n’y aura pas de justice, vous resterez coupable!
À Paris, nous vous donnons rendez-vous samedi 8 janvier 2022, à 12h00, pour une grande marche au départ de la Gare du Nord jusqu’à la place de la République où aura lieu un meeting.
 
Nous vous invitons par ailleurs à participer aux autres manifestations organisées en hommage aux trois militantes kurdes, à l’occasion du 9ème anniversaire du massacre:
 
-Marche blanche mercredi 5 janvier 2022, à 11h00, du Centre démocratique du Kurdistan (16 rue d’Enghien) jusque devant les locaux du centre d’information du Kurdistan (CIK, 147 rue La Fayette) où le massacre a eu lieu. Vous pourrez à cette occasion déposer des fleurs pour rendre hommage aux trois femmes.
-Cérémonie d’hommage dimanche 9 janvier 2022, à 12h30, devant le 147 rue La Fayette.
 
Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F)
Conseil démocratique kurde en France (CDK-F)

Massacre de Roboski, Ferhat Encü appelle à la fin de l’impunité pour les assassins des Kurdes

0
TURQUIE / BAKUR – Le politicien kurde, Ferhat Encu a perdu plusieurs proches, dont des enfants, le 28 décembre 2011, lorsque des avions de guerre turcs ont massacré 34 jeunes de Roboski qui rentraient du Kurdistan du Sud avec de la marchandise de « contrebande » (kolbarî). Le régime turc n’a pas seulement laissé impunis les responsables de ce massacre, il a également persécuté les proches des victimes. Encu lui-même a été emprisonné pour avoir demandé justice pour Roboski. 10 ans après le massacre de Roboski, Encu appelle à la fin de l’impunité dont jouissent les assassins – qu’ils soient hommes d’État, militaires ou civils haineux – des Kurdes en Turquie et au Kurdistan.
 
Le 28 décembre 2011, 34 civils kurdes, dont 19 enfants, étaient tués par des avions de guerre turcs à Roboski. Dix ans après ce meurtre de masse délibéré, les responsables de ce massacre n’ont pas été traduits en justice. Le dossier du massacre, qui a été porté devant la la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a été rejeté au motif que les recours internes n’avaient pas été épuisés. Cette impunité a permis à la Turquie de massacrer d’autres civils kurdes à l’intérieur de ses frontières mais aussi au Rojava, dans le nord de la Syrie, et dans la région yézidie de Shengal, ainsi qu’au Kurdistan d’Irak, en toute impunité.
 
Malgré toutes les pressions, menaces et obstacles, les familles Roboski n’ont pas abandonné le combat pour la justice. Ils attendent actuellement une réponse de la Cour constitutionnelle et de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies à une requête qu’ils ont déposée en février 2021.
 
Le coprésident de l’association d’HDP Istanbul, Ferhat Öncü, a perdu son frère Serhat Encü et 27 autres proches dans l’attaque. Dans une conversation avec l’ANF à l’occasion de l’anniversaire du massacre, il a fait le point sur le dossier Roboski.
 

La douleur aussi fraîche qu’au premier jour

Encü souligne que même dix ans après le massacre, la douleur n’a jamais disparu. Il y a eu beaucoup de nouveaux développements et événements au cours de ces dix années, mais la seule chose qui n’a pas changé est la détermination avec laquelle ils, en tant que familles de Roboski, se sont battus pour la justice.

La justice politique protège les coupables

Il n’y a plus de porte à laquelle les proches n’aient pas frappé pour s’assurer de la condamnation des coupables, mais même si le massacre a été remis à l’ordre du jour encore et encore à travers des manifestations et des rassemblements, il n’a pas été possible d’obtenir quoi que ce soit sur un niveau légal. Cela est dû au système juridique de la Turquie, dit Encü et poursuit : « Puisque la justice en Turquie agit politiquement, les meurtriers sont malheureusement protégés depuis le premier jour du massacre. Au lieu de cela, en tant que familles Roboski luttant pour la justice et la vérité, nous avons été jugés, enquêtés, arrêtés et emprisonnés. C’est un côté de la question. L’autre côté est que depuis le jour du massacre, la douleur est restée aussi fraîche dans le cœur des mères et des familles qu’elle l’était au premier instant. L’une des principales raisons pour lesquelles nos souffrances n’ont pas cessé est que dix ans après le massacre, aucune personne n’a été poursuivie et qu’une politique d’impunité est en place. »

« Le plus gros obstacle, c’est la justice »

Encü souligne que le pouvoir judiciaire fut le plus grand obstacle après le massacre. Cet obstacle n’a pas pu être surmonté et les 34 personnes tuées n’ont donc jamais été inscrites à l’agenda des procureurs et des juges.

Encu a poursuivi: « Cet acte illégal était déjà prévisible lorsque le procureur de la République d’Uludere a commencé à enquêter sur les familles dès le premier jour après le massacre, au lieu de rechercher les auteurs et de les traduire en justice. Celui de la Cour constitutionnelle a été le dernier d’une série de rejets qui a commencé à Uludere. L’enquête sur le massacre a également été classée sans suite par ce tribunal pour « absence de documents ». Malheureusement, bien qu’il y ait eu violation du droit à la vie, la CEDH a également pris une décision politique, soulevant divers problèmes techniques et n’acceptant pas Après la tentative de coup d’État du 15 juillet, après que les juges qui ont classé l’affaire aient été jugés et condamnés dans le cadre de la procédure contre les partisans de Gülen, nous nous sommes à nouveau tournés vers le parquet de Diyarbakır. il a décidé de ne pas être responsable et a renvoyé l’affaire au procureur d’Uludere. Là encore, la décision a été prise de ne pas poursuivre la procédure. pas plus loin. Dans un tel système juridique, qui n’agit que dans l’intérêt des dirigeants, nous, en tant que familles de Roboski, essayons de lutter pour la justice. »

Roboski qualifié d’ « erreur »

Encü a rappelé qu’un sous-comité Uludere était en cours de création au sein de la Commission des droits de l’homme du Parlement à cette époque. Cependant, l’AKP était majoritaire dans la commission de huit membres, et le résultat de ce comité a servi de justification à la justice déjà inactive. Malgré la résistance du HDP et du CHP, le massacre a été de facto légitimé dans le rapport de la Commission comme une « erreur ». Ce rapport a également eu un impact évident sur le système judiciaire.

En revanche, le frère de Ferhat Encü, Veli Encü, est toujours en prison, et les proches des victimes du massacre sont traduits en justice sous divers prétextes et sanctionnés par des peines. C’est ainsi qu’ils sont réduits au silence depuis dix ans.

Les familles ont fait appel devant la Cour constitutionnelle en février 2021 et devant la Commission des droits de l’homme des Nations Unies en octobre. Encü dit qu’ils attendent les réponses de ces institutions pour le moment.

Encü a commencé à être activement impliqué dans la politique après le massacre. Il explique : « Les souffrances ici n’ont pas commencé avec Roboski. Il y a eu tellement de massacres. Nos villages ont été évacués, il y a des arrestations et des tortures tous les jours. J’étais une personne politisée à cet égard. J’ai toujours lutté contre l’injustice, mais après le massacre, je me suis activement impliqué dans la politique. Je suis entré dans un processus actif et plus combatif pour m’assurer qu’il n’y aura plus de massacres dans ce pays et que ceux qui ont perpétré ce massacre seront tenus pour responsables. »

« Il est temps d’y mettre un terme »

Encü avertit que la politique d’impunité est devenue une forme de règle dans ce pays. Cette politique a non seulement prévalu depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, mais a été dirigée contre les Kurdes et d’autres identités tout au long de l’histoire de la république. Aucun massacre n’est poursuivi, dit Encü ajoutant : « Nous voyons que dans l’acquittement des ‘biens’ qui ont commis un attentat à la bombe contre la bibliothèque Umut à Şemdinli, nous le voyons dans l’acquittement des équipes de contre-guérilla responsables des personnes tuées par des auteurs « inconnus », nous le voyons dans la politique de dissimulation dans les procédures pour les massacres d’Ankara et de Suruç et nous le voyons dans les souffrances que la famille Senyaşar a vécues. Nous avons vu l’impunité devenir une forme de gouvernance contre notre peuple qui furent brûlés vifs dans les caves de la mort de Cizre ou dont la mère, Taybet, a été tué et laissé dans la rue. On le voit dans tous ces innombrables massacres… Ce qu’on va faire ici, c’est combattre encore plus cette mentalité et faire preuve d’encore plus de solidarité. Il est nécessaire de chasser cette mentalité odieuse de cette terre. Sinon, nous serons probablement confrontés à de nouveaux massacres. Comme l’histoire se répète, il est nécessaire d’arrêter cette roue et de parler. La paix, la démocratie, la liberté et l’égalité doivent maintenant prévaloir dans ce pays. »

 
*Qu’est-ce que le kolbarî?
 
Condamnés à la pauvreté par les États occupant le Kurdistan, des milliers de civils kurdes travaillent comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie.
 
Les Kolbars / Kolbers sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant physiquement.
 
Selon des statistiques officieuses de mars 2020 à mars 2021, le nombre de kolbars dans les provinces frontalières occidentales est de plus de 70 000 personnes. La majorité des Kolbars sont originaires du Kurdistan de l’Est, Rojhilat ou le Kurdistan d’ « Iran ».

Appel à une intervention internationale immédiate pour arrêter le meurtre des prisonniers politiques en Turquie

0
Alors qu’on assiste aux décès en série des prisonniers politiques kurdes en Turquie, l’avocat Muhammad Jamil appelle à une intervention internationale immédiate pour arrêter ces meurtres.
 
L’avocat Muhammad Jamil a déclaré que l’État turc violait les droits humains, en particulier ceux des détenus. Il a souligné que bien que la Turquie ait signé les premier et troisième accords de Genève, elle est coupable de torture des détenus, dans le silence des organisations de défense des droits humains.
 
À la suite des pratiques inhumaines menées par les autorités turques contre les détenus politiques, plus de 6 détenus ont été tués récemment.
 
Selon un communiqué publié par la Fédération des sociétés de soutien et de justice pour les familles de détenus et de condamnés (MED TUHAD-FED), la prisonnière, Garibe Gezer, torturée et violée en prison, est morte le 9 décembre à la prison de Kocaeli / Kandıra, Abdulrazak Suyur est décédé à la prison d’Izmir / Şakran le 14 décembre, Halil Güneş à la prison de Diyarbakır le 15 décembre, Vedat Erkmen, condamné à la perpétuité aggravée et 374 ans de prison, est décédé à la prison de Tekirdağ le 19 décembre.
 
Le détenu, Salih Tuğrul fut paralysé dans la prison de Siirt à la suite de tortures. Il a été libéré en 2014, et est mort à l’hôpital le 15 décembre dernier. Le détenu Ilyas Demir, a été tué dans la prison fermée de Bolu, le 17 décembre, et le sixième prisonnier, Vedat Erkmen, a été tué dans la prison de Tekirdag, le 19 décembre.
 
Dans un entretien avec l’agence ANHA, l’avocat Muhammad Jamil a déclaré que la torture dans les prisons turques est une grave violation des droits humains, car c’est une atteinte à la dignité humaine. Il a déclaré : « La torture a des effets négatifs, car elle crée une crise psychologique et physique pour le prisonnier et provoque des maladies neurologiques et psychologiques au fil du temps. »
 
Jamil a évoqué les pratiques inhumaines de l’État turc contre les détenus dans les prisons turques, indiquant qu’elles sont pratiquées même dans les prisons des zones qu’il occupait en Syrie, telles que la prison d’Al-Rai et d’autres.
 
La Turquie viole les accords dont elle est signataire
 
Jamil a souligné qu’à l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui a été publié en 1966, un détenu ne peut être traité de manière inappropriée et inhumaine, comme dans l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus, adopté par la Première Conférence des Nations Unies, qui a stipulé la criminalisation des châtiments corporels.
 
Quant aux premier et troisième accords de Genève, qui mettaient l’accent sur la protection des êtres humains et l’atténuation des souffrances des victimes des conflits armés, Jamil a déclaré : « Bien que la Turquie ait signé tous ces accords, elle commet toutes sortes de tortures contre les prisonniers (…) au mépris de toutes ces alliances.
 
Les violations pratiquées par l’Etat turc contre les prisonniers ne sont pas nouvelles, car il a un long passé de torture et d’abus de prisonniers politiques dans ses prisons. »
 
L’avocat Muhammad Jamil a appelé les organisations internationales concernées par les affaires des prisonniers politiques à intervenir immédiatement et à faire cesser ces crimes turcs.
 
La Turque viole sa constitution
 
À la fin de son discours, l’avocat Muhammad Jamil a appelé le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à s’élever contre ces pratiques inhumaines commises contre les prisonniers politiques en Turquie, et a déclaré : « La Turquie viole même sa constitution et ses lois qui criminalisent la torture dans les prisons. »
 
L’article 17 du chapitre II de la Constitution turque stipule que nul ne peut être soumis à la torture ou à des mauvais traitements, et nul ne peut être soumis à des peines ou à des traitements incompatibles avec la dignité humaine.
 

ROJAVA. Le bilan du massacre de Kobanê s’alourdit

0
SYRIE / ROJAVA – Hier soir, un drone turc ciblait une maison dans la ville kurde de Kobanê, tuant 2 civils et blessant 5 autres. Aujourd’hui, 3 des blessés ont succombé à leurs blessures, portant à 5 le nombre de morts. Les habitants de Kobanê ont protesté contre les attaques sanglantes de la Turquie et le silence de la communauté internationale occupée à manger la dinde de Noël…
 
Selon les informations obtenues du Conseil des familles des martyrs de Kobanê, trois des blessés ont perdu la vie malgré toutes les tentatives des médecins pour leur sauver la vie.
 
Les personnes décédées sont : Nujian Ocalan, Vian Kobani, Rojen Ahmed Issa, Murhaf Khalil Ibrahim et Walid.
 
Quant aux quatre civils blessés, ils sont toujours soignés à l’hôpital.
 

SPECTACLE. Pièce de théâtre en kurde, « Gûl Bê Strî Nabê » jouée à Paris

0
PARIS – La pièce de théâtre en kurde, Gûl Bê Strî Nabê est à l’affiche au Café-Théâtre Le Kibélé. Gûl Bê Strî Nabê (Il n’y a pas de rose sans épines) est jouée par la compagnie Teatra Arin.
 
La troupe de théâtre parisienne Teatra Arîn a joué pour la première fois la pièce « Gûl Bê Strî Nabê » au Café-Théâtre Le Kibélé.
 
La troupe de théâtre Teatra Arîn, qui exerce depuis deux ans au sein du mouvement culturel kurde (TEV-ÇAND) à Paris, prévoit de jouer la pièce dans d’autres villes d’Europe où il y a une importante diaspora kurde.
 
Pour les kurdophones qui veulent voir une pièce en kurde, RDV le le 28 décembre, à 19 heures, à Kibélé, à Paris, pour assister à la deuxième représentation de la comédie Gûl Bê Strî Nabê. (ANF)
 
Auteur: Şaliko Bêkes
Metteuse en scène: Saniye Tunç
Avec:
Baran Yilmaz
Piya Colîne Celik
Sefiq Yildiz

 
Adresse:
Café-Théâtre Le Kibélé
12 Rue de l’Échiquier
75010 Paris

ROJAVA. Une femme kurde morte brûlée à Afrin dans des circonstances troubles

0
SYRIE / ROJAVA – Le corps sans vie d’une femme kurde a été découvert brûlé par des riverains dans une maison en ruine dans la région d’Afrin / Mabata. Zeinab Abdo vivait là après que les forces turco-jihadistes ont confisqué sa maison et arrêté son mari, ses enfants et ses petits enfants. Hormis sa belle-fille, Zelikhe Walid Omar, libérée après avoir perdu la raison à cause de la torture subie entre les mains des gangs de la Turquie, on est sans nouvelle des autres membres de la famille arrêtés, dont 2 bébé…
 
Les habitants du village de Rota, dans le district de Mabata/Maabatli, ont trouvé le corps de Zeinab Abdo, qui a été brûlée vive dans des circonstances mystérieuses, à l’intérieur d’une maison en ruine, des mois après sa libération par les autorités d’occupation turques.
 
Selon des sources locales, Zainab vivait seule dans une maison en ruine de son village après que sa maison fut confisquée par les gangs de la Turquie à Afrin après avoir arrêté tous les membres de sa famille, y compris son mari, ses fils et belle-fille et deux enfants de bas âge. On ne sait pas si elle est morte accidentellement ou elle s’est suicidée à cause de la torture subie dans la prison entre les mains des gangs.
 
Afrin Post avait publié dans un précédent rapport que les autorités turques avaient arrêté le 7 juin 2020, Osman Majid Naasan, 65 ans, et sa femme Zainab Abdo, 60 ans, et leurs enfants, Jankin, 32 ans, et sa femme Zelikhe Walid Omar, avec leur fillette d’un an, Sheyar, 30 ans, Mohammed, 28, et sa femme Jilan Hamalo avec son bébé.
 
 

IRAN. Arrestation de 3 Kurdes qui avaient assisté aux funérailles d’un prisonnier exécuté

0
IRAN / ROJHILAT – Au Kurdistan de l’Est, trois autres Kurdes ont été arrêtés par le régime iranien pour avoir assisté aux funérailles du prisonnier politique exécuté Heidar Ghorbani.
 
Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté trois autres militants kurdes à Kamyaran, dans la province du Kurdistan, au cours des deux derniers jours pour avoir assisté aux funérailles du prisonnier politique kurde exécuté Heydar Ghorbani.
 
Mohammad Mirza Rahmani, un religieux sunnite, a été arrêté le 22 décembre après avoir été convoqué au bureau du ministère du Renseignement à Kamyaran.
 
Les militants des droits civiques Sirvan Ghorbani et Borhan Kamangar ont été arrêtés dans les rues de la ville le 23 décembre.
 
Les trois militants ont été emmenés dans un lieu tenu secret.
 
Plus tôt le 21 décembre, le ministère iranien du renseignement avait arrêté Amanj Ghorbani, un militant écologiste kurde, à Kamyaran pour des raisons similaires.
 
Le ministère du Renseignement a déclaré que la raison des détentions était la participation et les discours des militants aux funérailles de Heydar Ghorbani.
 
L’Iran a exécuté secrètement la peine de mort du prisonnier politique kurde Heydar Ghorbani dans la prison centrale de Sanandaj le 19 décembre.
 

ROJAVA. Un drone turc massacre 2 civils à Kobanê

0
SYRIE / ROJAVA – Un drone de l’État turc a frappé ce soir une maison dans la ville kurde de Kobanê, dans le nord de la Syrie.
 
L’attaque a coûté la vie à deux civils et blessés 7 autres, dont certains sont dans un état grave.
 

TURQUIE. Le régime turc confisque les avoirs des politiciens kurdes

0

TURQUIE / BAKUR – Le régime turc qui vit une crise monétaire grave lorgne sur l’argent des Kurdes, comme toujours, pour sortir de cet enfer économique.

 
Les autorités turques ont confisqué les avoirs de 770 personnes, dont plus de 100 politiciens kurdes, accusées d’être proches d’ « organisations terroristes ».
 

La Turquie a confisqué les avoirs de dizaines de politiciens kurdes. Au total, 108 personnes, dont des Kurdes exilés en Europe, qui seraient proches du PKK sont concernées par l’action. Cela a été décidé par le bureau des impôts, selon une liste publiée au journal officiel turc.

Sont touchés par l’expropriation ordonnée par l’État des personnalités bien connues de la politique kurde, comme Eyyüp Doru, représentant du Parti démocratique des peuples (HDP) en Espagne, le militant kurde Ali Ihsan Kitay, qui a été condamné pour terrorisme en Allemagne en 2013, et les coprésidents de l’organisation faîtière kurde en Europe KCDK-E, Fatoş Göksungur et Yüksel Koç.

Des membres du mouvement de libération kurde, dont Cemal Şerik du Comité central du PKK et Nurettin Demirtaş du Comité de l’éducation du PKK, figurent également sur la liste. 89 autres des personnes concernées sont accusées d’être actives dans des organisations de gauche telles que le MLKP ou le DKP/BÖG, qui sont également persécutées en tant qu’organisations terroristes en Turquie.

454 personnes accusées d’avoir des liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, que la Turquie tient pour responsable de la prétendue tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, sont également concernées par la confiscation de leurs avoirs. En outre, 119 personnes figurant sur la liste sont accusées d’être membres d’organisations islamistes telles que « l’État islamique » (EI), al-Qaida ou le Hezbollah.

 
 

 

TURQUIE. Pas de justice en vue pour les 34 victimes kurdes de Roboski 10 ans après le massacre

0
TURQUIE / BAKUR – Il y a dix ans, 34 Kurdes, pour la plupart des adolescents, ont été tuées par des avions de guerre turcs alors qu’ils rentraient du Kurdistan du Sud avec de la marchandise de « contrebande » (kolbarî). Alors que les familles pleuraient encore leurs enfants massacrés et que leurs assassins restaient impunis, voire, félicités par le pouvoir, l’armée turque a tué un autre enfant kolbar à Roboski en mai 2016, car tuer les Kurdes est le sport national turc depuis un siècle… 10 après, personne ne s’attend à ce que la justice soit rendue pour ce crime d’État mais personne ne l’oublie non plus car le peuple kurde croit en la victoire dans sa lutte contre le colonialisme turco-perso-arabe au Kurdistan.
 
Le massacre de Roboski fût le prélude de nouveaux massacres de Kurdes
 
Le 28 décembre 2011, 34 civils kurdes, dont 19 enfants, étaient tués par des avions de guerre turcs à Roboski. DIx ans après ce meurtre de masse délibéré, les responsables de ce massacre n’ont pas été traduits en justice, pire, depuis, la Turquie a massacré d’autres civils kurdes à l’intérieur de ses frontières mais aussi au Rojava, dans le nord de la Syrie, et dans la région yézidie de Shengal, ainsi qu’au Kurdistan d’Irak, en toute impunité.
 
Dans la nuit du 28 décembre 2011, des avions de combat turcs ont bombardé une zone à la frontière avec le sud du Kurdistan (Kurdistan irakien). Les bombes ont tué 34 Kurdes, principalement des adolescents, sur le chemin du retour de la frontière irakienne qu’ils avaient traversée pour le « commerce frontalier » des villages de Gülyazı (Bejuh) et Ortasu (Roboskî) dans le quartier Uludere (Qileban) de Şırnak (Şirnex). Dix ans après ce massacre, les familles des victimes ne croient pas en la justice turque alors qu’ils regardent d’autres civils kurdes se faire massacrés dans d’autres parties du Kurdistan depuis les massacres de Cizre, Sur, Silopi… en 2015/2016 et du Rojava, Bashur, Shengal… encore aujourd’hui.
 
Parmi les 34 victimes, il y avait plusieurs fratries
 
Les villages de Roboskî et Bejuh ont été formés dans les années 90, lorsque des dizaines de personnes chassées de leurs villages évacués se sont installées ici près de leurs proches après que leurs propres terres et villages ont été évacués par les forces de sécurité de l’État turc.
 
Jusqu’à présent, les forces de l’État turc ont posé des mines à travers les terres autour des villages, qui ont coûté la vie à cinq personnes et laissé plus de 20 autres paralysées. Il serait difficile d’estimer le nombre d’animaux tués dans les explosions de mines.
 
Contrebande ou le kolbarî* criminalisé
 
Ce qu’on appelle «frontière commerciale», «frontière» et ce que l’État et ses partisans appellent «contrebande» est la seule opportunité pour les gens d’ici de gagner leur vie. Ils n’appellent pas cela de la «contrebande» car les gens d’ici n’ont jamais reconnu les frontières que les autorités compétentes leur ont imposées. Ils sont impliqués dans la « contrebande » depuis l’époque de leurs grands-parents car ils ont toujours eu des familles, des proches ou des champs en Irak, de « l’autre côté » de la « frontière ». En fait, il n’y a pas de frontière physique en question, à la frontière il n’y a qu’une pierre avec le numéro 15 gravé dessus.
 
Sur ces terres « nationales », le reste d’un empire qui s’étendait sur trois continents, les gens vivaient des traumatismes sociaux au-delà de l’empire. Les gens vivent avec le traumatisme d’une histoire de grands massacres qui vont du génocide arménien au génocide de Dersim, des pogroms du 6 au 7 septembre aux coups d’État militaires, des massacres de Çorum, Maras et Mamak au massacre de Madımak, du massacre du 28 février dans le village de Zanqirt (Bilge) à celui de Roboski qui fût suivi par les massacres commis à Cizre, Sur, Silopi, Nusaybin… et dans d’autres régions kurdes au delà des frontières turques. Cet énième massacre raciste qui est entré dans l’histoire sous le nom de « Massacre de Roboski » est un maillon de cette chaîne de traumatismes vécus par le peuple kurde condamné à vivre sous le colonialisme turco-arabo-perse depuis un siècle maintenant.
 
Dans la soirée du 28 décembre 2011, un groupe de villageois est allé faire ce qu’il ferait normalement, le « commerce frontalier » (kolbarî). Ils sont allés comme d’habitude à la connaissance et à la vue des unités militaires locales qui avaient déjà vidé tous les sites militaires de la région et ouvert la voie aux commerçants frontaliers un mois avant le massacre. Selon Murat Karayılan, président du Conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), la zone où le bombardement a été effectué n’a jamais été utilisée par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) depuis 1991.
 
Sur le chemin du retour de la frontière, les membres du groupe ont vu que les soldats turcs avaient fermé les trois sentiers allant au village. Ils ont subi un coup de semonce et des tirs d’artillerie sans être avertis de s’arrêter. Ubeydullah Encü, père de Muhammed Encü, 13 ans, qui a également perdu la vie cette nuit-là, a déclaré qu’il avait appelé le commandant du poste militaire près du village et l’avait informé qu’un groupe de personnes, dont son enfant, se trouvait dans zone. Le commandant a dit à Encü qu’il était au courant des gens là-bas et a répondu qu’ils venaient de tirer un coup de semonce pour intimidation. Cependant, les événement ne se sont pas déroulés de cette façon et leurs enfants ont été pris pour cible par les bombes des avions de combat F-16.
 
Les villageois qui se sont précipités sur les lieux après le bombardement racontent que 13 personnes étaient encore en vie et que les corps des autres brûlaient lorsqu’ils y sont arrivés. Ces personnes, qui en chemin ont rencontré des soldats de retour de la région, ont dû transporter les survivants blessés par leurs propres efforts car aucun responsable ne s’est rendu sur les lieux malgré le fait que des personnes aient informé les autorités turques peu après le massacre. Les soldats des postes militaires à proximité ont refusé aux équipes de secours de Şırnak la permission de se rendre sur les lieux pour récupérer les corps des victimes et des blessés. « Nous avons rassemblé les parties de leurs corps et essayé de les emmener dans notre village sur le dos des ânes qui ont survécu au bombardement. Tous les villageois qui étaient là ce jour-là savent que beaucoup de blessés ont succombé à leurs blessures et / ou sont morts de froid. 17 des 34 victimes étaient des enfants de moins de 18 ans. Quiconque visite le village une fois peut voir quel type de traumatisme il a causé. Les gens du village souffrent de dépression psychologique depuis ce jour, il y a huit ans. »
 
Cet événement tragique incontestablement médiatique n’a cependant pas été rapporté par les médias turcs pendant plus de 12 heures, tandis que certains des très rares personnes qui voulaient le rapporter ont été empêchées par leurs directeurs. Alors que les autorités de l’État ont commencé à faire des déclarations officielles sur le massacre, les médias ont eu recours à l’euphémisme et l’ont signalé sous le titre « incident près de la frontière irakienne ». Les débats des jours suivants se sont limités à demander « si les victimes étaient des passeurs ou des terroristes » et « si l’incident était un accident, une négligence ou un piège ».

Dans l’Ouest de la Turquie, la société turque a organisé toute la nuit des célébrations du nouvel an trois jours après le massacre, comme s’il ne s’était rien passé dans le pays, tandis que les habitants de Roboski vivaient une nuit douloureuse après avoir ramassé les corps de leurs frères et leurs fils en morceaux.
 
En remerciant le chef de la défense et le commandement militaire pour la « sensibilité dont ils ont fait preuve » après le massacre, le Premier ministre turc de l’époque, Recep Tayyip Erdoğan, a donné le signe de l’attitude que l’État turc aurait désormais.
 
Selon le témoignage des villageois, les autorités turques qui ont empêché les ambulances et les hélicoptères à se rendre sur les lieux la nuit du massacre ont envoyé une équipe sur les lieux un jour plus tard et ont fait rassembler tous les restes (parties de personnes et d’animaux) dans la zone et les ont brûlés, faisant disparaître des preuves en d’autres termes. Le procureur qui a qualifié le massacre d’erreur (…) a demandé à une équipe d’enquêter sur les lieux du crime avec un hélicoptère en vol et a écrit qu’ils «n’avaient rien vu» sur les lieux.
 
Le processus a avancé de manière si imprécise que même les noms et le nombre de victimes ont été enregistrés de manière erronée dans les rapports d’autopsie et donc dans les rapports des organisations des droits de l’Homme qui ont fondé leurs informations sur ces rapports. À la suite d’une série de reportages dans le village peu après l’incident, des organisations tels que MAZLUMDER, l’association des droits de l’homme (IHD), le barreau de Diyarbakır, la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur public (KESK) et la plate-forme de la justice pour la fraternité (KİAP) ont convenu que le l’incident était un massacre.
Cette nuit-là, comme l’explique Ferhat Encü, frère de l’une des victimes et ancien député du HDP: « L’État est devenu une bombe et il a plu sur nous depuis les airs, ce qui a choqué nos enfants et nos proches (…). L’État qui a fait des morts et nous a laissés seuls avec nos proches décédés a en outre proféré des menaces après le massacre et tenté de nous empêcher d’enterrer les victimes côte à côte ».
 
En revanche, l’état-major turc a déclaré que l’opération s’est déroulée selon les procédures standard. « L’événement est douloureux sur le plan humanitaire, cependant, sur le plan militaire, il a été exécuté dans le cadre du mécanisme de prise de décision des opérations transfrontalières et dans le cadre des règles établies et des pouvoirs accordés aux forces armées turques », a déclaré l’état-major turc ajoutant que « des bombardements ont été effectués après avoir reçu des informations non confirmées selon lesquelles il y avait environ 30 terroristes dans la région ».
 
«Les forces de sécurité ont consulté les autorités compétentes et ont fait ce qui était nécessaire. Des erreurs peuvent toujours se produire», a déclaré le Premier ministre d’alors, Tayyip Erdoğan.

*Qu’est-ce que le kolbarî?
 
Condamnés à la pauvreté par les États occupant le Kurdistan, des milliers de civils kurdes travaillent comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie.
 
Les Kolbars / Kolbers sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant physiquement.
 
Selon des statistiques officieuses de mars 2020 à mars 2021, le nombre de kolbars dans les provinces frontalières occidentales est de plus de 70 000 personnes. La majorité des Kolbars sont originaires du Kurdistan de l’Est, Rojhilat ou le Kurdistan d’ « Iran ».