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SYRIE. La Turquie construit une nouvelle colonie dans le canton kurde d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – L’occupation turque construit une nouvelle colonie dans le canton kurde d’Afrin, continuant à changer la démographie de la région où elle a opéré un nettoyage ethnique sous le regard complice de la communauté internationale.
 
Les sources locales ont révélé qu’une colonie est en cours de construction dans le district Shiye, à Afrin, par le groupe de mercenaires « Sultan Sulaiman Shah » connu sous le nom d’ « Amshat » et affilié aux forces d’occupation turques.
 
La colonie construite par l’Agence turque de Gestion des catastrophes et des situations d’urgences (AFAD) est parrainée par le Qatar.
 
La source a noté que le projet est réalisé par Mohamed Jasem Abu ‘Amsha dans le district de Shiye près de la frontière syro-turque, ajoutant que la construction a commencé en mars dernier, supervisée par un ingénieur turc et l’AFAD et financée par le Qatar.
 
Le campement est situé à l’entrée du Centre Nahiye et à proximité du dispensaire sur un emplacement de 4 Dunums, volés aux 4 Kurdes de Shiye: Yusuf Me’mo, Mistik Ibragim, Khoja Hisein et Cemil Khele.
 
Il a été noté qu’à ce jour, 30 sur 200 ont été construits et que dernièrement les mercenaires d’Amshat ont pris possession d’un terrain appartenant à Uthman Umar, le nivelant au sol pour un autre projet.
 
Les mercenaires d’Amshat ont également construit le Café « Receb Tayyib Erdogab » à Shiye, où un mât portant le drapeau turc a été installé. De nombreux autres centres commerciaux ont été ouverts en présence de nombreux fonctionnaires et gendarmes turcs, y compris un centre commercial pris possession par un groupe de mercenaires qui appartenait à deux citoyens ; Nazmi Sheikho et Mohamed Ibrahim, près de la gare de Kocher.
 

Kobanê annule les célébrations du Nouvel An après le massacre de 5 militants kurdes par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Les célébrations du Nouvel An prévues à Kobanê ont été annulées après le massacre de 5 militants kurdes par la Turquie le 25 décembre, endeuillant la ville martyre de nouveau.
 
L’église de la Fraternité de la ville de Kobané a annoncé que les célébrations du Nouvel An avaient été annulées dans la ville en hommage aux martyrs de la frappe de drones turcs il y a quelques jours.
 
L’église de la Fraternité a dénoncé les attaques de la Turquie « visant à porter atteinte à la stabilité et à la sécurité prévalant dans la région, ajoutant que l’attaque visait la paix et la sécurité de la population de la région dans son ensemble. Nous déclarons le deuil à la mémoire des martyrs et à l’égard de leurs familles. »
 
Le 25 décembre, un drone turc a frappé une maison dans l’est de la ville de Kobané, dans laquelle cinq membres du Mouvement des jeunes révolutionnaires syriens ont été tués et quatre autres blessés, provoquant la colère populaire.
 
 

ROJAVA. Les Kurdes manifestent contre les attaques turques et le silence de la communauté internationale

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SYRIE / ROJAVA – Après le massacre de 5 civils kurdes à Kobanê par un drone turc le 25 décembre dernier, les habitants du canton de Qamishlo ont manifesté en masse contre les attaques de la Turquie et le silence de la communauté internationale.
 
Des centaines de personnes vivant dans le canton de Qamishlo sont descendues dans la rue aujourd’hui en réponse aux attaques de l’État turc occupant contre les peuples du nord et de l’est de la Syrie. Le peuple a exhorté les forces internationales à assumer leurs responsabilités et a promis une résistance accrue.
 
Amude
 
Des habitants d’Amude et des membres de diverses ONG ont organisé une marche pour protester contre les attaques d’invasion de l’État turc et de gangs alliés contre le nord et l’est de la Syrie.
 
S’exprimant lors de la manifestation qui a suivi la marche, Faris Faris, membre du Mouvement révolutionnaire de la jeunesse, a accusé l’État turc, qu’il a défini comme l’ennemi juré des peuples du Moyen-Orient, d’avoir commis des crimes contre l’humanité.
 
Condamnant les dernières attaques turques contre Kobané, qui ont coûté la vie à 5 personnes, des membres du Mouvement révolutionnaire de la jeunesse et de l’Union des jeunes femmes ont partagé des messages de résistance.
 
Tirbespiye
 
Rassemblée devant le centre du Kongra Star, mouvement des femmes de la Syrie du Nord et de l’Est, la foule a défilé dans les rues principales de Tirbespiye. Après la marche, Heqî Qerar du Mouvement des jeunes de Tirbespiye a condamné les attaques d’invasion et a déclaré que la résistance du mouvement des jeunes remportera la victoire, rappelant le rôle des jeunes dans la révolution du nord-est de la Syrie.
 
Tell Brak
 
Les habitants de Tell Brak ont ​​organisé une marche suivie d’une manifestation, scandant des slogans condamnant les attaques d’invasion de l’État turc contre le nord et l’est de la Syrie et le silence des États garants de la région.
 
S’exprimant lors de la manifestation, la coprésidente du conseil du district de Til Berak, Emîne Xilêf, a exhorté les forces internationales à assumer leurs responsabilités vis à vis des peuples de la Syrie du Nord et de l’Est. Rusil Hesen, l’une des responsables de Kongra Star, a souligné le rôle important des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour assurer la sécurité dans la région.
 

Trois sœurs kurdes remportent 9 médailles d’or au championnat arabe d’haltérophilie

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KURDISTAN – Deux athlètes féminines kurdes ont remporté neuf médailles d’or après avoir remporté la première place de leur catégorie dans le championnat arabe d’haltérophilie.
 
Enas Mohseen a remporté six médailles d’or, faisant d’elle la championne dans les catégories 58 et 65 kilos.
 
L’athlète de 19 ans est originaire de la ville d’Erbil et est l’un des membres de l’équipe nationale irakienne et du club sportif d’Erbil pour l’haltérophilie.
 
« C’est une très, très grande réalisation pour le Kurdistan », a déclaré Enas.
 
Mohseen a remporté six médailles d’or, faisant d’elle la championne dans les catégories 58 et 65 kilos, le 28 décembre 2021. L’athlète a déclaré qu’elle se préparait pour le championnat au cours des trois derniers mois.
 
Les deux sœurs d’Enas, Isra Mohseen et Oshen Mohseen, ont également remporté des médailles d’or et d’argent au championnat.
 
Les trois sœurs ont été inspirées par leur père, qui était également haltérophile. Il est récemment décédé du COVID-19.
 
« Le secret de [notre succès] vient du fait que nous avons hérité de ce pouvoir de notre père », a déclaré Enas.
 
Sur les dix femmes membres de l’équipe nationale irakienne, huit d’entre elles sont kurdes.
 
Le championnat se déroule dans la station balnéaire de Shaqlawa, dans la province d’Erbil, avec plus de 200 athlètes de 14 pays arabes.

 

Kurdistan24

Manifestation kurde à Marseille pour vérité et justice

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PARIS – Alors qu’on s’approche du 9e anniversaire de l’assassinat des activistes kurdes (Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez) à Paris, la justice française n’a toujours pas poursuivi les commanditaires qui sont derrière ce triple meurtre. C’est dans ce climat de colère et de détermination que la communauté kurde manifestera de nouveau dans plusieurs villes de France, le samedi 8 janvier 2022.

Pour les organisations kurdes en France, tant que la justice ne sera pas rendue dans ce dossier se heurtant au secret-défense, la France se rend coupable dans ce triple meurtre commandité depuis Ankara où se trouve le siège des renseignements turcs.
 
Tandis que les Kurdes d’île de France manifesteront à Paris le 8 janvier prochain, les Kurdes de la région marseillaise se rassembleront au vieux port de Marseille, le même jour, à 13:30 pour un départ de manifestation à 14 heures.
 
Événement organisé par le Collectif Solidarité Kurdistan 13
 
Le triple meurtre de Paris, 9 ans après, la justice se fait attendre
 
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, Fidan Dogan, Leyla Soylemez, trois militantes kurdes, étaient assassinées ensemble à Paris par un membre des renseignements turcs (MIT) selon de nombreux éléments de l’enquête fuités dans la presse. Malgré cela, les autorités françaises n’ont toujours pas rendu justice au peuple kurde 9 ans après ce triple assassinat politique commis sur le sol français car les intérêts étatiques entre la France et la Turquie sont autrement plus importants que la quête de justice d’un peuple apatride.
 
Malgré ces obstacles de taille, les proches des 3 victimes et les organisations kurdes d’Europe, ainsi que leurs amis militent activement pour obtenir justice sur ce dossier pour le moment relevant de « raison d’État ». Après la mort en décembre 2016 d’Omer Guney, le tireur présumé arrêté en France en lien avec ce triple meurtre, quelques semaines avant le début du procès prévu le 23 janvier 2017, on croyait l’affaire close.
 
En effet, bien que la justice française s’est empressée de classer aussitôt l’affaire, les avocats des familles des victimes sont intervenus, rappelant que, même si celui qui tué les 3 femmes est décédé, les commanditaires de ce triple meurtre ne le sont pas et qu’ils sont étroitement liés aux services secrets turcs. Ainsi, les familles des trois victimes se sont constituées partie civile en 2018 et ont réussi à ce qu’en mai 2019, l’affaire soit relancée « pour les faits de complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». « L’enquête judiciaire a mis en évidence que l’un des mobiles les plus plausibles de ce triple assassinat pouvait être mis en relation avec les activités supposées d’Ömer Güney en France au sein des services secrets turcs [MIT], » écrivait d’ailleurs la juge d’instruction chargée du dossier.

ROJAVA. La Turquie attaque la cérémonie funéraire de Rojîn Îsa près de Tel Abyad

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SYRIE / ROJAVA – Alors qu’une foule immense s’était réunie dans la campagne de Tel Abyad / Girê Spi pour rendre un ultime hommage à Rojîn Îsa, une des 5 victimes kurdes tuées par un drone turc le 25 décembre dernier à Kobanê, les forces turco-jihadistes ont lancé des obus contre la région.
 
Les obus des forces turco-jihadistes sont tombés aux environs de la tente funéraire de Rojîn Îsa dans le village de Laqqo, dans la campagne occidentale de Girê Spi. La Turquie ne se contente pas de tuer les Kurdes, elle empêche également qu’ils soient enterrés… Elle veut qu’ils disparaissent de la surface de la terre sans laisser de trace. Ainsi, elle pourra dire que « les Kurdes n’ont jamais existé » !
 

EUROPE. Morts de dizaines de migrants kurdes dans les eaux grecques

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EUROPE – Plusieurs migrants kurdes ont péri lorsque leurs bateaux de fortune ont coulé en mer Égée ces derniers jours. La plupart des migrants noyés n’ont pas encore été identifiés mais ils seraient tous du Kurdistan d’ Irak ». Ce drame intervient un mois après la mort des migrants kurdes qui avaient péri dans la Manche le 24 novembre dernier.
 
La Fondation Summit (Lutke) pour les réfugiés et les personnes déplacées a annoncé que 9 migrants du Kurdistan du Sud (Bashur) ont perdu la vie dans 2 bateaux qui ont coulé au large des côtes grecques, et le sort de 23 d’entre eux reste inconnu.
 
La Fondation Summit a publié une déclaration sur le sort des réfugiés dans 3 bateaux qui ont coulé au large des côtes grecques. Lutke a déclaré que 2 des 3 bateaux transportaient des citoyens du Kurdistan du Sud. Il a été annoncé que 23 migrants de la région du Kurdistan étaient portés disparus et 7 ont été sauvés de l’un des bateaux.
 
Lutke a également déclaré que les corps de 9 réfugiés du Kurdistan ont été récupérés dans un autre bateau qui a coulé. Il a été déclaré que 57 migrants ont été sauvés.
 
Le premier bateau a coulé le 21 décembre, après avoir pris la mer près de l’île grecque de Vuligandrus. 23 citoyens du Kurdistan de Bachur sont portés disparus tandis que 7 ont été secourus.
 
Le deuxième bateau a chaviré le 23 décembre dans la mer Égée avec plus de 100 migrants à son bord. Les corps de 9 citoyens du Kurdistan ont été retrouvés et 57 réfugiés ont été secourus.
 
Un troisième bateau a coulé le 24 décembre. Il était à destination de l’Italie lorsqu’il a coulé dans la mer Égée. Il n’y avait aucun réfugié du Kurdistan à bord du bateau. 11 personnes ont perdu la vie et 90 personnes ont été secourues.
 

BRETAGNE. Deux jours de solidarité avec les Kurdes

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BRETAGNE – Des amis bretons des Kurdes se mobilisent les 14 et 15 janvier 2022 pour le peuple kurde.
 
Le premier RDV aura lieu le 14 janvier, à 18h30, au Dibar, à Plougonveur, pour un rencontre avec des autrices du livre « Nous vous écrivons depuis la révolution, récits de femmes internationalistes au Rojava », livre de témoignages de plusieurs femmes internationalistes, journalistes, militantes… qui ont eu la chance de découvrir ou faire partie de la révolution féministe du Rojava initiée par les Kurdes syriens et leurs alliés arabes, a été publié par les éditions Syllepse en mars 2021.

Le deuxième RDV aura lieu le 15 janvier, à 14h, à Ti ar Vro Karaez, où il y aura également un rassemblement à 16h30, pour le défilé internationaliste de solidarité avec la résistance kurde jusqu’au portrait de Kendal Breizh (Olivier Le Clainche), internationaliste breton de 40 ans tombé martyr à Afrin, le 10 février 2018.

 
Événements organisés par le Comité Breton de Solidarité Internationaliste-Breizh Etrebroadel

Öznur Değer, la journaliste kurde qui porte haut l’étendard de la liberté de la presse

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En Turquie, les journalistes kurdes sont persécutés depuis des décennies, mais continuent à informer le public, même si cela doit se faire au prix de leur vie. Öznur Değer est une jeune journaliste qui a hérité de la lutte journalistique libre kurde. Elle est reporter pour JinNews, agence 100% féminine qui travaille dans les régions du Kurdistan « turc » mais aussi en Turquie. La journaliste Margaux Seigneur s’est rendue à Ankara pour rencontrer Öznur Değer. Voici son portrait:
 
Celle qu’Erdoğan craint : la journaliste kurde et féministe Öznur Değer
 
Devant moi, une femme de 23 ans. Avec une conviction inébranlable, elle revendique fièrement sa nationalité kurde et défend avec ferveur ses droits, sa langue, sa culture, ses origines bref. Cette femme est Öznur Değer, une journaliste kurde et féministe travaillant pour le journal JinNews.
 
Elle incarne tout ce qu’Erdoğan et son gouvernement craignent et méprisent le plus. Et pourtant, elle se tient devant moi avec une posture digne et fière qui appelle au respect.
 
Öznur Değer a reçu le premier prix dans la catégorie Journalisme féminin Gurbetelli Ersöz ainsi que le concours du Journalisme Musa Anter et des Martyrs de la Presse Libre [Musa Anter ve Özgür Basın Şehitleri Gazetecilik Ödülleri]. Car, en Turquie, être journaliste kurde équivaut souvent à être un martyr. Un martyr de la liberté d’expression, un martyr de la liberté de la presse.
 
Selon la Coalition pour les femmes dans le journalisme ; « De janvier 2021 au 5 octobre, au moins 75 femmes ont fait l’objet de persécutions judiciaires tandis que 38 ont été agressées sur le terrain par les forces de police ou des partisans de l’État [en Turquie]. » Quant à Öznur, elle avait tout subi. En effet, elle a été emprisonnée, agressée par la police mais aussi empêchée d’exercer son métier de journaliste. Depuis de nombreuses années, la journaliste kurde est systématiquement mise sous pression et harcelée par le gouvernement. Malheureusement, la persécution de la journaliste Değer par l’AKP n’a fait qu’augmenter ces derniers mois.
 
Résumé des arrestations et inculpations de la journaliste en 2021
 
5 janvier 2021, Ankara : La journaliste de Jinnews a été arrêtée avec 20 autres femmes qui ont participé à la manifestation concernant la disparition de Gülistan Doku. Ce jour-là, elle est poursuivie pour violation de la loi sur la manifestation et la marche.
 
4 octobre 2021, Ankara : Elle a été empêchée par la police d’interroger des citoyens dans la rue. Elle recueillait les commentaires des citoyens concernant la récente déclaration du Parti Démocratique du Peuples (HDP) sur la question kurde.
 
1er septembre 2021, Mardin : Le parquet général de Mardin Kizitepe a ouvert une enquête à son encontre, pour « incitation de la population à la haine, à l’hostilité et à l’humiliation ».
Ces enquêtes ont été lancées concernant ses publications sur le massacre de sept Kurdes (dont 4 femmes) de la même famille à Konya le 30 juillet 2021. Ses tweets sur l’assassinat ; « Je suis aussi kurde », « les Kurdes sont massacrés à Konya » etc. ont été cités comme éléments criminels.
 
Değer a partagé l’information dans le cadre de la liberté d’expression. Un principe qu’il faut retenir puisque l’AKP a tendance à l’oublier. En effet, en juin 2020, le parlement turc a approuvé une loi qui oblige les fournisseurs de contenu internationaux tels que Facebook, Twitter, etc. à avoir une représentation locale en Turquie et à supprimer le contenu dans les 48 heures si les autorités l’ordonnent.
 
28 novembre 2021, Ankara : des poursuites judiciaires ont été engagées contre le journaliste de Jin News pour « violation de la loi sur les manifestations et résistance à un agent public ». Comme l’a rapporté l’agence Mezopotamya, alors qu’elle couvrait la manifestation contre la forte baisse de la livre turque et la détérioration de la situation économique, Öznur Değer a été battue et immobilisée par la police. Ce dernier a saisi son équipement , l’a menottée et l’a gardée en détention jusqu’à minuit.
 
Entretien avec Öznur Değer
 
C’est le 9 novembre 2021, dans un café d’Ankara que je rencontre Öznur Değer pour la première fois. Elle et son amie qui assure la traduction. Alors que j’avais peur d’être écouté et observé, le traducteur m’a rassuré ; « Ne vous inquiétez pas », dit-elle, « Ce sont nos gens ». J’ai découvert plus tard que cet endroit, sous ses apparences ordinaires, n’est pas n’importe quel café. C’est un vrai petit monde d’opposition où le serveur est un sociologue, militant et auteur qui s’est fermement opposé au gouvernement. Un engagement qui lui a coûté son bras.
 
L’ambiance est surréaliste. Nous sommes assis à côté de gauchistes, d’intellectuels, de Kurdes qui vivent dans l’opposition au gouvernement. Ce petit monde se connaît, se respecte et se protège. Dès lors, nous pouvons commencer l’entretien sans aucune crainte.
 
Être une femme journaliste kurde en Turquie
 
La conversation aborde rapidement les fondements de l’identité kurde d’Öznur Değer et la façon dont cet héritage a contribué à façonner la personne qu’elle est aujourd’hui.
 
« Quand on est kurde, on apprend le combat. Vous apprenez à vivre sous pression. Être une femme kurde en Turquie mène automatiquement à la politique et vous fait donc apprendre à riposter. Chaque attaque contre notre culture est profondément ressentie par chacun de nos employés. Pour le moment, je n’ai pas d’autre choix que de me battre. Cependant, même si je devais choisir, je déciderais quand même de lutter »
 
Quatre ans déjà passés en prison
 
Si Öznur Değer est désormais le symbole de la lutte, il ne faut pas oublier qu’elle a déjà subi les conséquences de son identité. Désormais, la naissance de sa personnalité guerrière est intimement liée au mois de janvier 2016. En cette période traumatisante pour la république turque, Öznur avait 17 ans. La jeune femme a été accusée puis arrêtée. Pourquoi ?
 
« Il ne fallait pas des raisons spécifiques. Je suis une femme kurde. C’est ça! C’est ainsi que j’ai appris très tôt les conséquences d’être kurde. »
 
Rapidement les faux témoignages contre elle défilent. Seulement quatre mois plus tard, en mai 2016, la lourde peine est tombée. Elle a d’abord été condamnée à 8 ans de prison. Cependant, en raison de son jeune âge, on lui a donné quatre ans de moins. Öznur Değer passera 4 ans en prison. Elle a 17 ans.
 
D’un ton très calme, Öznur révèle que c’est son séjour en prison qui l’a forgée, qui l’a façonnée en la femme qu’elle est aujourd’hui. Comme si ceux qui voulaient la réduire à un individu qui n’existe plus dans la société lui avaient en fait donné les outils pour préparer son retour. Dès lors, ceux qui avaient tenté de détruire cette journaliste féministe kurde l’ont rendue plus déterminée et courageuse que jamais.
 
« J’ai eu le temps et la distance pour me concentrer sur ce que je voulais faire ensuite. C’est pendant mon séjour en prison que j’ai décidé d’être journaliste. C’est ainsi que je suis devenu qui je suis aujourd’hui. J’ai décidé que je voulais raconter les histoires de mon peuple, rapporter la voix des inconnus, de ceux qui sont violés et arrêtés. Parce qu’il ne s’agit pas que de moi. Il s’agit de toute la presse kurde et de toutes les femmes. »
 
La détermination du peuple kurde
 
Aujourd’hui, Öznur Değer est une journaliste bien connue dans le domaine. Elle est réputée pour sa ferme opposition aux diktats du gouvernement et sa lutte constante pour défendre les Kurdes ainsi que les femmes contre l’oppression systématique. Cet acharnement est véritablement le combat de sa vie car, comme elle le dit si bien ;
 
« Je ne peux pas cacher mon identité. Je me battrai jusqu’à la fin, jusqu’à ce que je meure. Cette notion de mort, d’un combat incontournable et inaltérable, est imprégnée dans ses propos, qui reflètent son expérience des arrestations, la mort de ses collègues et amis, et la violence qui s’incarne dans son quotidien de féministe, de kurde, en tant que femme et en tant que journaliste.
 
Aujourd’hui, en Turquie, être journaliste kurde implique que je ne sais pas si je pourrai rentrer chez moi à la fin de la journée. Je ne me sens tout simplement pas en sécurité et je ne me sentirai jamais ainsi. Nous en sommes tous conscients. Nous, le peuple kurde, avons été torturés, violés, tués, etc. simplement à cause de ce que nous sommes. Mais cela ne nous a fourni que la pensée la plus forte et un sentiment de résistance plus profond. Ce sentiment de défi, de ténacité et de lutte est imprimé dans notre sang.
 
Tant de journalistes kurdes sont actuellement en prison simplement parce qu’ils n’ont pas laissé leurs stylos. Simplement parce qu’ils ont refusé d’obéir à l’ordre du gouvernement. »
 
Le risque d’être emprisonnée au nom de la liberté
 
Au vu des derniers réquisitoires contre la journaliste, je lui ai alors demandé si elle avait peur d’être à nouveau emprisonnée. Si elle s’est préparée mentalement à un séjour derrière les barreaux.
 
Öznur est préparée depuis qu’elle est sortie. C’est un choix personnel qu’elle doit honorer au nom de la liberté d’expression, au nom des femmes, au nom des Kurdes, et au nom de sa profession de journaliste ainsi qu’au nom de tous ses collègues qui ont été injustement accusés et emprisonnés.
 
« Pour nous, c’est un honneur d’être en prison.
Avons-nous peur? Absolument pas.
Le gouvernement nous craint-il ? Absolument oui »
 
L’intrépide Öznur Değer
 
Öznur a un sourire de détermination, une posture de ténacité, un regard intrépide et une voix de courage. Telle une porte-drapeau multicolore, elle affiche fièrement les nuances du Kurdistan mais aussi du féminisme et de la liberté d’expression.
 
Le combat est constant mais sa ténacité vaincra l’oppresseur !
 
« Le site Internet de Jinnews a été fermé et bloqué par le gouvernement 41 fois. Cela signifie que nous avons créé 41 nouveaux sites Web pour contrer cette censure. Nous travaillons actuellement à la création du nouveau. Nous sommes forts et nous devenons de plus en plus forts à chaque fois qu’ils essaient de nous arrêter. Tant qu’ils n’arrêteront pas leur censure politique, nous ne reculerons pas. Ce n’est pas seulement un travail. Nous possédons cela pour chaque femme. Nous possédons cela pour ceux qui sont morts pour notre liberté ».
 
Malgré les efforts de l’AKP pour effacer les propos dénonciateurs écrits par Öznur Değer, ses lettres, ses phrases, et cette encre aux couleurs de l’accusation resteront imprimées sur les lèvres de l’opposition à l’autoritarisme d’Erdogan.
 
Öznur est la personnification de cette génération qui se lève pour défendre ses droits et sa dignité. Son histoire est celle des opprimés, des indignés, des Kurdes, des femmes, des journalistes qui ne lâchent pas leurs crayons.
 
Margaux Seigneur
La version anglaise de l’interview peut être lue ici:
 

Appel à participer à la campagne d’affiches pour la paix en solidarité avec les réfugiés kurdes de Lavrio

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PARIS – La campagne d’affiches pour la paix lancée dans le cadre d’échanges entre les enfants réfugiés kurdes de Lavrio, en Grèce, et les habitants de nombreux pays européens où des collectes de dons pour ces réfugiés ont lieu, est entrée dans sa phase finale.
 
Pour saluer l’arrivée de l’année 2022 et soutenir les réfugiés kurdes de Lavrio mais aussi soutenir la paix en Palestine, de nouvelles affiches contenant des messages de paix dans plusieurs langues sont réalisées par des enfants du camp de Lavrio mais également par des enfants et adultes d’autres pays européens qui sont solidaires des réfugiés kurdes de Lavrio.
 
Une affiche pour la paix (dans plusieurs langues) réalisée dans le cadre cette campagne

Le militant français, Jacques Leleu qui est à l’initiative de cette campagne appelle ses compatriotes à participer et faire participer leurs enfants à la campagne pour la paix.
 
Voici son message:
 
« Les enfants palestiniens des camps ont pris l’initiative de réaliser des pancartes appelant à la paix en 2022.
 
Le « convoi solidaire » en accord avec les Kurdes de Lavrio a décidé de relayer cette initiative.
 
Nous avons invité nos amis en Roumanie, Suisse, France à nous rejoindre dans cette action.
 
Nous publions les deux premières affiches réalisées en France et en Grèce.
 
La pancarte « 2022 PAIX au ROJAVA » a été affichée dans le camp extérieur de Lavrio.
 
Plusieurs mises en scène ont été improvisées par les enfants.
Nous vous invitons à réaliser des affiches pour appeler à la paix en 2022. Vous m’envoyez vos affiches . Nous les exposerons dans les camps.
 
La solidarité est l’arme des peuples. »
 
Si vous aussi, vous voulez participer à cette campagne d’affiches, faites votre affiche et envoyez-la à Jacques Leleu avant le premier janvier 2022. Le mieux, ce serait que vous vous filmiez avec votre affiche en souhaitant la paix dans le monde pour que plus personne ne devienne réfugié et être arraché à son pays. Ensuite, vous pouvez envoyer votre courte vidéo à Jacques via son adresse électronique : jacques.leleu0449@orange.fr
 
On compte sur vous!

2 provinces d’Iran enregistrent 24 000 mariages d’enfants cette année

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IRAN – En Iran, les mariages d’enfants sont encouragés. En 2021, 2 400 mariages d’enfants ont été enregistrés dans les provinces du Sistan et du Baloutchistan, selon les données fournies par la Direction iranienne de la planification de la population. Selon les données officielles, au moins 17% des mariées dans le pays sont des filles de moins de 18 ans.
 
Au printemps dernier, le Centre national des statistiques d’Iran a annoncé que 9 753 des fillettes entre 10 et 14 ans et 45 522 filles âgées de 15 à 19 ans ont été mariées.
 
Des fillettes de 10 à 14 ans ont donné naissance à 969 nourrissons et les jeunes filles de 15 à 19 ans ont donné naissance à 44 896 nourrissons.
 
Les mariages de plus de 9 000 fillettes entre 10 et 14 ans au printemps 2021 montrent une augmentation de 32% par rapport à la même période l’année dernière.
 
L’Iran compte 31 provinces et le principal facteur dans la survenance des mariages d’enfants est le droit civil.
 
Selon les données enregistrées, au moins 17% des mariages dans le pays sont avec des filles de moins de 18 ans.
 
À l’article 1041 du Code civil iranien, l’âge minimum du mariage est de 13 ans pour les filles et de 15 ans pour les garçons.
 
Les mariages d’enfants sont légitimés par les lois et encouragés par des fatwas religieuses.
 

TURQUIE. Attaque armée contre un local du parti HDP à Istanbul: 2 blessés

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ISTANBUL- Alors qu’on commémore le 10e anniversaire du massacre de 34 jeunes et enfants kurdes à Roboski le 28 décembre 2011 et que le procès de meurtre raciste de la militante du HDP Deniz Poyraz s’ouvre demain à Izmir, deux militants du HDP ont été blessés lors d’une attaque armée visant le local d’HDP à Istanbul/Bahçelievler. Tant que les assassins des Kurdes jouiront de l’impunité, il y aura toujours des attaques racistes anti-kurde en Turquie, au Kurdistan et même en Europe.
 
Le local du HDP à Istanbul / Bahçelievler a été la cible d’une attaque armée cet après-midi. Selon les premières informations, des hommes armés de couteaux sont entrés dans le bâtiment et ont blessé deux membres du parti.
 
L’attaque a eu lieu un jour avant le début du procès du meurtrier de la militante du HDP Deniz Poyraz par un fasciste turc lors d’une attaque similaire contre l’association provinciale du HDP Izmir le 17 juin 2021.