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IRAK. Un proche d’un avocat disparu tué par des milices chiites

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IRAK – Jasb Hattab Aboud, le père d’Ali Jasb Hattab al-Heliji, un avocat des manifestants irakiens qui est porté disparu depuis 2019, a été assassiné hier. La famille de l’avocat qui cherchait leur enfant était menacée par des milices pro-iraniens d’Hachd al-Chaabi (Les Unités de mobilisation populaire).

« Le père d’Ali Jaseb a été assassiné. Il était à la recherche de son fils disparu depuis 18 mois. Ali Jaseb, un avocat de 29 ans qui représentait des manifestants détenus en Irak, a été enlevé le 8 octobre 2019 par des membres présumés des milices [pro-Iran] de l’UPM/FPM.

Le père d’Ali Jaseb savait qu’il risquait sa vie en s’élevant contre les milices toutes puissantes soutenues par l’Iran qui ont enlevé son fils et assassiné des centaines de manifestants et de militants en toute impunité en Irak. Aujourd’hui, ce risque est devenu une horrible réalité et il a lui aussi été assassiné », a écrit hier Donatella Rovera, principale conseillère d’Amnesty International pour les situations de crise.

Il y a plus d’un ans, Amnesty exigeait des autorités irakiennes de mettre fin aux disparations forcées des manifestants et leurs défenseurs à l’occasion du premier anniversaire de la disparation d’Ali Jaseb: « Le 1er octobre 2019, des manifestations de masse ont éclaté dans tout l’Irak, alimentées par des taux de chômage élevés et des perceptions d’une corruption généralisée. Des manifestants pacifiques ont été confrontés à une force illégale et excessive, notamment des gaz lacrymogènes, des balles réelles et des tirs de tireurs d’élite. Outre les meurtres illégaux de manifestants, les forces de sécurité irakiennes ont battu, arrêté et fait disparaître de force des militants, des avocats et des journalistes. Il y a eu plus de 400 décès documentés et plus de 19 000 blessés depuis octobre. 

Amnesty International documente des cas d’enlèvement et de disparition forcée d’activistes et de journalistes depuis le début des manifestations. Dans le cas d’Ali Jaseb Hattab al-Heliji, sa famille a signalé l’incident au poste de police local ainsi qu’au service de sécurité nationale irakien (Amn al-Watani). Au départ, les autorités locales ont dit à sa famille qu’elles avaient ouvert une enquête, mais après que le père eut intenté une action en justice devant le Tribunal fédéral de Bagdad, la police a affirmé qu’elle n’avait pas reçu d’ordonnance de justice pour enquêter. »

SHENGAL. Demande d’autonomie locale d’une délégation yézidie à Bagdad

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IRAK / SHENGAL – Après une marche organisée aujourd’hui à Shengal, une délégation du Conseil autonome de Shengal et des notables yézidis ont rencontré des responsables militaires irakiens et leur ont fait part de leur demande d’autonomie locale pour  Shengal alors que la Turquie menace d’envahir Shengal pour soi-disant déloger le PKK.

Dès le matin, des milliers de Yézidis de la région de Sinjar ont rejoint la manifestation organisée à Shengal contre l’accord entre la région autonome kurde d’Irak et le gouvernement irakien concernant la statue politique de Shengal. 

Les manifestant ont protesté contre un accord sur Shengal introduit par le gouvernement irakien qui aurait obtenu l’accord de la Turquie et du parti kurde KDP dirigeant le Kurdistan du Sud. Le gouvernement irakien avait donné 24 heures aux Asayish (sécurité publique) de Shengal pour quitter la ville, mais l’administration autonome a refusé et a décidé d’organiser une marche de protestation.

Au cours de la marche, qui a débuté plus tôt dans la journée, des slogans tels que « Vive la résistance de Shengal » et « Vive la résistance des mères » ont été scandés. Une déclaration a été faite alors que la foule portant les drapeaux des Asayish d’Êzîdxan (forces de sécurité yazidies de Shengal) s’approchait du point où les forces irakiennes étaient positionnées.

Le coprésident de l’Assemblée autonome de Shengal, Heso Birahim, a déclaré que Shengal ne serait pas sacrifié une fois de plus pour des combines politiques.

Birahim a déclaré : « Maintenant, nous avons le pouvoir, nous avons nos institutions, l’assemblée et la défense. Voici les représentants et les institutions de tous les peuples de Shengal. Ils ne sont pas seulement des partis d’un parti politique. Nous sommes maintenant ici pour les Asayish d’Êzîdxan. Si les Asayish d’Êzîdxan avaient existé en 2014, ce massacre (l’assaut génocidaire des gangs de DAECH) n’aurait pas été commis, nos mères et nos sœurs n’auraient pas été assassinées. »

Notant que les habitants de Shengal veulent la décentralisation, Birahim a déclaré : « Nous ne sommes pas contre les lois irakiennes. Nous voulons aussi nos droits dans le cadre des lois de l’État irakien. Nous avons le droit à la décentralisation selon la constitution irakienne. En outre, les menaces de génocide nous donnent également le droit à l’autonomie. »

Après cette déclaration, une délégation composée de membres et de leaders d’opinion de l’Assemblée Shengal, du Mouvement pour la liberté des femmes yazidies (TAJÊ) et du Parti pour la liberté et la démocratie des Yazidies (PADÊ) a rencontré des responsables militaires irakiens.

La réunion a eu lieu au quartier général de l’armée irakienne à Shengal où la délégation yézidie a souligné la volonté de défendre leur terre.

La délégation a soumis sa demande écrite de décentralisation aux responsables militaires irakiens qui transmettront la question au gouvernement de Bagdad.

ANF

Un timbre à l’effigie du Pape avec une carte du Kurdistan crée le séisme en Turquie

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Les autorités de la région autonome kurde d’Irak ont dévoilé un timbre qu’elles vont imprimer à l’effigie du Pape avec en fond une carte du Kurdistan. Aussitôt, le ministère turc des affaires étrangères a appelé les autorités kurdes à revenir sur cette « grave erreur » tandis que la cheffe du parti nationaliste IYI Parti, Meral Aksener l’a brandi devant le Parlement en criant au scandale.
 
La Turquie a critiqué les autorités de la région autonome kurde d’Irak (GRK) au sujet d’un timbre qu’elles prévoient d’imprimer pour marquer la visite récente du pape François dans la région. Le timbre présente le visage de profil du Pape François sur une carte du Kurdistan qui comprend plusieurs provinces kurdes de Turquie.  

Aujourd’hui, la Turquie a vivement critiqué le gouvernement régional kurde (GRK) du nord de l’Irak pour un timbre commémoratif imprimé pour marquer la visite du pape François.
 
Le ministère des Affaires étrangères était irrité par le fait que le timbre comportant une carte et le visage du pape incluait les provinces kurdes de Turquie faisant partie du Kurdistan. Les autorités turques ont appelé les responsables du Kurdistan irakien à réparer immédiatement « la grave erreur ».
 
« Certains dirigeants présomptueux du GRK tentent d’utiliser cette visite [du Pape] pour révéler leurs chimères visant l’intégrité territoriale des pays voisins de l’Irak », lit-on dans le communiqué.
 
Lors de sa visite historique du 5 au 8 mars; le Pape s’est rendu dans les villes de Bagdad, Erbil (Hewler), Mossoul, Najaf et Nasiriyah.
 
Il s’agissait de la première visite d’un pape en Irak qui ne s’est toujours pas remis de la guerre contre l’État islamique.
 
 

FILM. Les fleurs du Rojava – Une révolution féministe dans la Syrie du Nord

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Suite à une rencontre en 2014 avec un cinéaste kurde du Rojava réfugié en Europe, la journaliste Selene Verri décide de se rendre au Rojava, pas pour tourner un documentaire sur les femmes, de peur de tomber dans les clichés suffisamment véhiculés dans le monde occidental. Pourtant, une fois sur place, Verri et ses compagnons sont témoins de la place centrale des femmes dans la révolution du Rojava, pas uniquement celle des femmes combattantes mais aussi celle qui jouent un rôle de premier plan à tous les niveaux de la société jadis patriarcale qu’elles changent en profondeur. Ils décident alors de faire un documentaire sur ces femmes qui font leur révolution au coeur du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’est né le documentaire « The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria » (Les fleurs du Rojava – Une révolution féministe dans la Syrie du Nord).

L’affiche du documentaire « The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria »

Alors que le documentaire « The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria » est actuellement en ligne sur la plateforme Vimeo, Selene Verri a accepté de répondre à nos questions dont on partage avec vous ses réponses.

D’où vous est venu l’idée de tourner un documentaire sur les femmes du Rojava?
 
En 2014, j’ai rencontré à Lyon un réfugié kurde d’Afrin, Kinan Agiri. Il a réalisé un court métrage sur les Kurdes dans lequel j’étais interviewée. Ensuite, il m’a révélé qu’il aurait aimé retourner là-bas pour tourner des documentaires, mais, évidemment, ce n’était pas possible pour lui. Moi je ne suis pas cinéaste, mais je suis journaliste et j’ai vu l’occasion de visiter une région que je ne connaissais pas. Je visitais régulièrement le Kurdistan du Nord depuis 2002 et j’avais été en Irak en 2010 pour interviewer Murat Karayilan, mais je n’avais jamais voyagé au Rojava. Je me suis donc proposée pour le faire à sa place. Il m’a passé les contacts et m’a dit qu’il aurait aimé faire un film sur les femmes. A l’époque, moi je pensais plutôt tourner une série de court métrages sur le Rojava, et le volet sur les femmes devait être seulement un des 4 auxquels je pensais.
 
Quand et dans quelles régions du Rojava le tournage a eu lieu?
 
Le tournage a eu lieu en mai 2015 dans les cantons de Cizire et de Kobanê. On aurait voulu visiter aussi le canton d’Afrin, mais malheureusement notre temps était limité, et il nous a fallu plus de temps que prévu parce que c’était compliqué d’abord de passer la frontière, et puis de voyager dans la région. En fait, il nous a fallu trois jours pour arriver à obtenir l’autorisation des autorités d’Erbil pour passer en Syrie, et à l’époque les cantons de Cizirê et de Kobanê étaient séparés par une centaine de kilomètres occupés par DAECH (Le groupe État islamique – EI). Pour aller à Kobanê, on a donc dû retourner en Irak, de là repasser en Turquie, et de la Turquie repasser à nouveau la frontière illégalement. Rien que ce voyage nous a pris deux jours. Le retour aussi a été fait de façon clandestine, mais deux activistes italiens avaient été arrêtés sur le même chemin la veille de la nuit où on était censé passer, et donc on a été obligé de reporter notre voyage d’un jour.
 
Entre ce que vous aviez découvert au sujet des femmes kurdes du Rojava et ce que vous avez vu sur le terrain, y avait-il une différence ou avez-vous rencontré des surprises une fois sur place ?
 
J’avoue que quand Kinan m’a proposé de faire un film sur les femmes, je n’ai pas eu une réaction enthousiaste. Pas parce que le sujet ne m’intéressait pas, mais parce qu’à l’époque on voyait plein de reportages sur les femmes combattantes, réalisés de façon plutôt cliché, qui à mon avis ne faisait qu’exploiter une fois de plus l’image de la femme. Je ne voulais pas tomber dans le même piège. Une fois sur place, ce qui m’a étonnée, c’est qu’en fait il y avait tellement à raconter, bien au-delà des combattantes, mais aussi sur les combattantes, que je me suis rendue compte que c’était justement l’occasion de briser les clichés et de faire quelque chose qui ne s’aligne ni avec l’orientalisme dominant, ni avec la pure propagande d’un parti. J’ai rencontré non seulement des femmes extraordinaires, mais surtout une société qui se construisait autour d’elles, et cela m’a paru vraiment incroyable et je me suis dite qu’il fallait le raconter. Il faut dire que si nous on a été surprises, on a réussi aussi à surprendre : j’ai appris plus tard que les combattantes qui nous ont rencontrées ont été ravies du fait que, pour une fois, on ne leur demandait pas de poser avec leurs armes, en position de combat, mais qu’on les a traitées enfin comme des êtres humains…
 
Qu’est-ce qui vous a frappé le plus lors de votre séjour au Rojava?
 
Cela peut paraitre risible, mais c’est absolument vrai : j’ai été très touchée par le regard des enfants. Dans d’autres régions du monde en guerre ou en tout cas où il faut s’adapter vite pour survivre, les enfants grandissent très vite et ils ont un regard « adulte », marqués par les difficultés et les souffrances. On a toujours l’impression qu’ils veuillent duper l’adulte venu de l’étranger. Au Rojava, j’ai trouvé des enfants qui étaient… des enfants, quoi ! Ils gardaient un regard innocent et un sourire ouvert, même ceux qu’on a rencontré au camp de réfugiés Newroz [dans la province de Hassaka]. Je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’il y a une explication que des psychologues ou des anthropologues pourraient trouver, moi, je me limite à constater un fait. On les voit dans le film, on en voit beaucoup plus dans un reportage que j’ai tourné pour la chaine Euronews dans des écoles maternelles, et c’est vraiment frappant. C’est peut-être dû au fait que le patriarcat n’est plus la culture dominante dans la région ? A étudier.
 
Pensez-vous retourner au Rojava, une fois la crise sanitaire liée au Covid19 résolue?
 
Malheureusement, les difficultés pour retourner au Rojava ne sont pas du uniquement à la crise sanitaire. Comme vous le savez, même avant la pandémie c’était très difficile de passer la frontière, que ce soit du coté de la Turquie mais aussi de l’Irak. La situation en plus s’est aggravée avec l’invasion [de Serê Kanîyê] de la part de la Turquie. J’étais d’ailleurs en Turquie en octobre 2019, quand l’invasion a eu lieu. J’étais en vacances à Marmaris et je suis partie tout de suite au Kurdistan, à Diyarbakir, mais je n’ai pas pu me rapprocher de la frontière. J’aimerais y retourner, mais je ne vois pas de possibilité pour le moment.
 
Votre documentaire est en kurde et sous-titré en anglais, peut-on espérer une version française ?
 
Notre documentaire est complètement auto-produit. Cela veut dire qu’on n’a pas un producteur derrière nous qui s’occupe de payer pour les ressources dont on aurait besoin. C’est la raison pour laquelle il nous a fallu 5 ans pour le terminer. A un moment donné, l’ordinateur du monteur, Marco Tomé, a lâché, et on a eu peur de ne pas pouvoir récupérer le travail fait. A plusieurs reprises, j’ai été tentée de tout laisser tomber. Donc, non, pour l’instant je ne vois pas la possibilité de traduire le texte en français. Je suis moi-même en train de réaliser une version en italien, ma langue maternelle, mais je n’ai pas envie de demander à quelqu’un des francophones de mon équipe, qui ont déjà donné énormément sans, pour l’instant, recevoir rien en échange, de se charger de la traduction.

Une partie de l’équipe du film au travail
On sait que la pandémie du coronavirus a perturbé les événements culturels et autres, dont les projections des films et les débats. Est-ce que vous avez quand même pu projeter votre documentaire ou organiser des débats autour ?
 
J’ai été invitée à deux festivals kurdes, à New York et Hambourg, qui se sont passés cette année en version virtuelle, et en particulier au festival de New York j’ai participé à une longue session de questions-réponses. D’autres événements étaient soit prévus soit commençaient à prendre forme, en particulier une projection à Milan, en Italie, mais tout a dû être annulé. Croisons les doigts pour l’avenir ! Je suis évidemment toujours disponible à participer à des événements en ligne.
 
Actuellement, on peut visionner votre documentaire sur la plateforme Vimeo. Y aura-t-il d’autres événements autour de « The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria » ?
 
Je suis en train d’y réfléchir, peut-être que j’arriverai à organiser une ou plusieurs conférences virtuelles. Mais en ce moment pour moi c’est assez compliqué pour manque de temps.
Selene Verri

A propos des autrices :

Réalisatrice

– Selene Verri est une journaliste italienne basée en France qui étudie la question kurde et la relation UE-Turquie, en voyageant en Turquie, en Irak et en Syrie, depuis 1998. Elle a réalisé plusieurs reportages liés à ces sujets (entre autres, une interview du Prix Nobel de littérature turc Orhan Pamuk et un reportage sur le multilinguisme dans les écoles pour enfants réfugiés dans le nord de la Syrie, tous deux pour la chaîne de télévision internationale Euronews) et est l’autrice d’un livre, publié en Italie en 2017, sur ses voyages à travers les frontières de la zone à majorité kurde (« Nelle piaghe del Leone », publié par Delos Digital).

Co-autrice

– Magali Magnin est une camerawoman française ayant une grande expérience des zones de crise. Elle a voyagé et tourné des vidéos, pour différents points de vente, en Afghanistan, en Colombie et dans les territoires palestiniens. Elle a activement participé au processus de création de ce film, en suggérant des questions lors des interviews, en donnant ses précieux conseils sur la façon de filmer et le moment de le faire, et en apportant son aide avec enthousiasme lors de la phase de post-production.

Vous pouvez visiter la page Facebook dédiée au documentaire « The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria » ici 

SYRIE. Deux réfugiés irakiens tués ce mercredi dans le camp al-Hol abritant les familles de l’EI

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SYRIE / ROJAVA – Dans le camp d’Al-Hol abritant des familles de l’Etat islamique (EI) tenu par les forces kurdes, on assiste à une recrudescence de meurtres commis par les adeptes de l’EI depuis le début de l’année 2021. Rien que ce mercredi, deux réfugiés irakiens ont été tués et deux autres réfugiés ont été blessés par balles dans une tente du premier secteur du camp al-Hol.
 
Les deux réfugiés irakiens, «Hayitham, 25 ans, et Khidir Ahmed Abdulsalam, 24 ans, ont été abattus dans le premier secteur du camp», a déclaré à North Press une source de sécurité du camp.
 
Par ailleurs, le réfugié irakien de 19 ans, Youssef Rajeh Haji, a reçu des balles au torse et au genou, et Joud Nawwaf al-No’ymi, Syrien de 17 ans, a également été blessé. Tous deux ont été transférés dans un hôpital, selon la source.
 
Les assassinats affectent souvent les réfugiés irakiens, car ils représentent la majorité du camp, qui accueille 30 606 réfugiés irakiens, selon les statistiques de l’administration du camp.
 
Mardi, un réfugié irakien a été abattu dans le deuxième secteur du camp.
 
Dimanche, les autorités du camps ont retrouvé le corps d’un réfugié irakien, qui avait reçu plusieurs coups de feu à la tête et à l’épaule par des inconnus.
 
Samedi, Asayish a retrouvé le corps d’une Syrienne tuée par des inconnus.
 
Compte tenu de l’absence de solutions durables pour faire face aux tensions sécuritaires croissantes dans le camp, la chercheuse d’Human Rights Watch pour la Syrie, Sara al-Kayiali, estime qu’il est nécessaire de prendre plusieurs mesures immédiatement.
 
Les mesures comprennent: «les pays rapatrient leurs citoyens, soutiennent la sécurité du camp via la Coalition internationale, renforcent les programmes de sensibilisation et le soutien psychologique pour les résidents du camp».
 
En février, le sous-secrétaire du ministère irakien de l’Immigration Karim al-Nouri a déclaré que son pays ne voulait pas reprendre ses citoyens «en raison de la menace qu’ils représentent», tout en ajoutant que la possibilité d’un retour n’a toujours pas été décidée.
 
Le camp d’al-Hol est qualifié de «bombe à retardement» en raison de l’existence de familles de l’Etat islamique et de dizaines de milliers de leurs fidèles dans un camp qui est le camp le plus dangereux au monde.
 
 
 
 

Monika Gartner-Engel: La Turquie veut écraser les Kurdes

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La coordinatrice générale de l’ICOR, Monika Gärtner-Engel dénonce la complicité européenne dans la guerre que la Turquie livre aux Kurdes. 

Monika Gärtner-Engel, coordinatrice générale de la coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires, l’ICOR, a rappelé la nécessité de mettre fin au fascisme turc et a condamné la coopération allemande en particulier et européenne en général avec la Turquie

Dans un interview réalisée par ANHA,  Monika Gärtner-Engel analyse l’invasion turque de la région de Garê, au Kurdistan du Sud.

Comment évaluez-vous l’agression turque sur le Mont Gara ?

MGE : Tout d’abord, merci beaucoup pour votre demande d’interview. Je suis très heureuse de répondre à vos questions et de vous présenter la position de l’ICOR.

Concernant votre première question : Il s’agit bien d’une agression du régime fasciste turc d’Erdogan, qui est contraire au droit international. Cette occupation s’inscrit dans la lignée de diverses occupations et attaques de ces dernières années, telles que l’occupation d’Afrin dans la Fédération démocratique de Syrie du Nord et de l’Est en 2018, l’occupation de la zone entre Gire Spi et Serekaniye en 2019, également dans la Fédération démocratique de Syrie du Nord et de l’Est, ainsi que les bombardements récurrents de la zone dans le nord de l’Irak ces dernières années.

Nous le condamnons fermement !

Cela fait partie de la politique de la Turquie, qui est maintenant un pays néo-impérialiste. Une aspiration fondamentale de tous les pays impérialistes est la recherche de la conquête de territoires étrangers jusqu’à la revendication de la domination mondiale. Les projets de la Turquie sont conformes à ces aspirations. Erdogan a déjà déclaré à plusieurs reprises qu’il revendique stratégiquement une zone en Syrie et en Irak qui est orientée vers les frontières de l’Empire ottoman.

En même temps, la politique de la Turquie est aussi une politique de réaction interne contre la classe ouvrière et les larges masses en Turquie, et aussi contre la lutte pour le droit à l’autodétermination des Kurdes, qu’il veut complètement écraser. Une agression extérieure brutale et une réaction interne ont lieu, frappant l’ensemble de la population kurde et turque

La justification de l’invasion fournie par la suite, selon laquelle la guérilla aurait assassinée 13 soldats et membres du MIT, est une justification fabriquée de toutes pièces. Le HDP a demandé, à juste titre, qu’une enquête soit menée. Un jour après l’occupation de quatre jours de la région du Kurdistan du Sud/Nord de l’Irak, une nouvelle vague de répression contre les membres du HDP et leurs partisans a commencé avec plus de 700 arrestations.

Nous condamnons tout aussi fermement ces arrestations et exigeons la libération de toutes les personnes en Turquie arrêtées pour des raisons politiques ! Il faut également condamner le fait qu’il n’y ait pas de condamnation claire de la part des gouvernements européens de cette agression sur le Mont Gara, ni de condamnation claire de l’arrestation et de la répression de ceux qui critiquent le gouvernement d’Erdogan !

Que dites-vous de la coopération du PDK avec l’occupation turque ?

MGE : Nous condamnons cette coopération avec un gouvernement fasciste. Cette coopération ne peut pas être dans l’intérêt des populations du Kurdistan du Sud et du Nord de l’Irak. Le comportement du PDK montre également il mène lorsque la politique et l’idéologie bourgeoises, ainsi que la dépendance vis-à-vis des puissances impérialistes et les illusions à la manière bourgeoise deviennent la ligne directrice de l’action gouvernementale. Alors les intérêts du peuple et, dans ce cas, l’unité des Kurdes sont trahis !

Quelle est la solution au soutien européen apporté à la Turquie ?

MGE : Les gouvernements des pays impérialistes européens, en particulier l’impérialisme allemand, coopèrent avec le régime d’ErdoganIl n’y a pas non plus de condamnations claires des occupations, qui sont contraires au droit international, ni de condamnations claires de la répression contre les peuples turc et kurde. Au contraire. En Allemagne, par exemple, les révolutionnaires qui ont lutté contre la répression et l’oppression en Turquie et qui y ont été emprisonnés sont jugés. Ce fut le cas lors des procès de Munich, dix révolutionnaires ont été condamnés l’année dernière pour appartenance présumée à une organisation révolutionnaire en Turquie. Aucun de ces 10 n’était coupable de quoi que ce soit, ni en Turquie ni en Allemagne. Ce qui a été condamné, c’est une croyance qui défend la liberté, la démocratie et le socialisme. De même, les militants kurdes, qui sont accusés d’appartenir et de soutenir le PKK, sont actuellement condamnés, inculpés et réprimés.

Par conséquent, la question doit également être formulée quant à ce qui est nécessaire pour soutenir et coopérer avec les mouvements des travailleurs, des femmes, des jeunes et des révolutionnaires en Turquie.

En Turquie, il y a des protestations et des activités pour construire un front uni antifasciste. Des luttes des travailleurs contre les licenciements, pour l’augmentation des salaires, etc. ont lieu. Il y a des protestations de la jeunesse, comme actuellement à l’Université du Bosphore.

L’ICOR, tant par sa coordination mondiale qu’européenne, fait connaître ces luttes, organise la solidarité et renforce la coopération internationale des mouvements ouvriers, de jeunesse, de femmes et révolutionnaires. Elle organise également la solidarité contre les arrestations de révolutionnaires, de communistes ou de marxistes-léninistes.

La solidarité pratique revêt également une grande importance pour l’ICOR : la construction du centre de soins de santé de Kobanê en 2015 par 177 brigadistes de l’ICOR de 10 pays est un exemple de cette solidarité pratique. Il y a quelques jours à peine, nous avons appris que plus de 23 000 bébés y sont nés. Une collecte de dons de médicaments, qui se poursuit depuis lors, ou des journées d’action et de lutte coordonnées à l’échelle mondiale en font également partie.

En Turquie, le fascisme doit être aboli dans un premier temps. L’autre perspective pour le peuple réside dans la lutte pour un socialisme authentique, une société sans exploitation et sans oppression. Cette lutte pour un véritable socialisme dans les différents pays doit être menée aujourd’hui dans le monde entier de manière coordonnée. C’est ce que représente l’ICOR la coordination et la coopération internationales des partis et organisations révolutionnaires. Les alliés des Kurdes ne sont pas l’un ou l’autre camp impérialiste, ni des gouvernements bourgeois comme l’Allemagne, qui se présentent comme démocratiques et qui, en même temps, piétinent les intérêts des Kurdes, interdisent et persécutent leurs partis. Les alliés sont le mouvement ouvrier, les révolutionnaires du monde.

En Europe même, il faut lutter contre la collaboration des pays respectifs avec le régime en Turquie.

Dans ce contexte, je voudrais aborder la construction d’un front uni anti-impérialiste que l’ICOR et l’ILPS (Ligue internationale des luttes des peuples) ont commencé. En bref, la lutte impérialiste pour la domination mondiale se fait sur le dos des peuples. Cela inclut un développement à droite dans de nombreux pays, l’établissement de systèmes proto-fascistes ou fascistes, ainsi qu’une tendance générale à la préparation de guerres impérialistes avec une intensification du danger de guerre. Pour s’opposer à cela, nous voulons construire un front uni anti-impérialiste, qui doit également être un front uni antifasciste.

Sur tous les continents, des grèves et des luttes de masse ont lieu chaque jour, qui restent souvent isolées. L’appel stipule : « La classe ouvrière internationale avec le prolétariat industriel moderne comme noyau dur ne pourra s’opposer au système impérialiste mondial et lui devenir supérieure que si elle est unie et mobilisée ! La classe ouvrière internationale doit être l’épine dorsale et la force dirigeante du front uni anti-impérialiste ».

La coopération des partis, des organisations, des syndicats, etc. dans ce front uni anti-impérialiste de la Turquie, de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, etc. serait importante.

Quel est votre appel aux peuples du Moyen-Orient ?

Le système impérialiste mondial est ébranlé par de plus en plus de crises. Une tendance accélérée à une crise sociétale générale du système impérialiste mondial est apparue. Dans de plus en plus de pays, les gens se rebellent contre les conditions de vie. Le Moyen-Orient en particulier est caractérisé par de nombreuses luttes du mouvement ouvrier et de masse, que ce soit au Kurdistan, en Palestine, en Iran avec de nombreuses luttes ouvrières, et dans d’autres pays.

En particulier, il y a deux peuples au Moyen-Orient qui n’ont pas d’État propre, les Kurdes et les Palestiniens. Une lutte commune de ces deux peuples, qui exige également que les réserves mutuelles soient atténuées, serait une grande force pour les peuples du Moyen-Orient dans la lutte pour la paix, la liberté et le socialisme.

Toute la situation appelle une solution révolutionnaire fondamentale. En fin de compte, l’impérialisme ne peut être aboli qu’en construisant les États socialistes unis du monde. Le socialisme/communisme est la seule perspective des peuples du monde. Il n’y a pas d’étape intermédiaire entre le capitalisme/impérialisme et le socialisme. l’on a suscité des illusions, comme maintenant en Irak, sur le fait que les intérêts de la classe ouvrière et des larges masses peuvent être représentés avec une autonomie démocratique, cela se termine par la soumission aux impérialistes. À cet égard, le renforcement des partis marxistes-léninistes dans les différents pays et le développement accru de leur coopération me tiennent particulièrement à cœur.

C’est la meilleure perspective pour les peuples du Moyen-Orient.

L’ICOR est maintenant représentée avec 60 organisations membres sur les cinq continents. Nous travaillons d’arrache-pied au renforcement de l’ICOR.

Je voudrais mentionner le succès de la 3e conférence de l’ICOR au Moyen-Orient, qui a eu lieu il y a un peu plus d’un an. Il y a été décidé de faire des efforts accrus pour renforcer l’ICOR, en particulier au Moyen-Orient. Dans cette optique, je souhaite que la construction de l’ICOR se poursuive avec succès.

ANHA

La Turquie renforce son colonialisme dans le canton kurde d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie, le colonialisme s’impose aussi par le génocide culturel, linguistique et confessionnel, comme celui mis en place au Kurdistan « turc ».

 

En général, l’impérialisme est basé sur le renforcement du pouvoir d’un groupe aux dépens d’autres groupes vulnérables, ce qui, en fin de compte, ouvre la voie à un groupe homogène contrôlant une société multiethnique et multi confessionnelle. Pour atteindre cet objectif, les pays impérialistes n’utilisent pas seulement la force mais aussi la conquête culturelle qui leur fournit un pouvoir à long terme.

De nombreux chercheurs dans le domaine du colonialisme et de ses formes affirment que le colonialisme culturel est le plus dangereux, le plus mortel et le plus durable, parce qu’il se fait par le biais du soft power et qu’il provoque l’inactivité vis-à-vis de ce type de colonialisme, parce qu’ils restent dans une position que l’on peut appeler un coma intellectuel, et qu’il n’y a pas de réaction à celui-ci.

Le colonialisme culturel est basé sur l’imposition d’une culture du pouvoir dominant à la société. Dans de nombreux exemples marquants de colonialisme, il est clairement évident que la puissance coloniale vise principalement le langage de la société colonisée.

Par exemple, l’Amérique latine est dépourvue de langue maternelle, et la majorité de ses pays parlent l’espagnol ou le portugais, parce que ces pays sont restés sous occupation espagnole pendant de longues périodes, mais même après la disparition du colonialisme, les Espagnols sont restés les exemples les plus marquants de colonialisme culturel.

Il en va de même pour les pays d’Afrique du Nord qui parlent encore le français et pour d’autres pays africains qui parlent l’anglais, comme le Nigeria, ainsi que pour l’Inde.

Parallèlement à la langue, le colonialisme travaille soit à changer de religion, soit à les exploiter religieusement dans le cas où la religion de l’État colonial coïncide.

Il existe un dicton dans ce contexte, qui parle du colonialisme européen et indique que l’Église travaille côte à côte avec le ministère des affaires étrangères.

Cette introduction devait apporter un éclairage sur le colonialisme et ses formes les plus dangereuses.

A Afrin occupée, les pratiques turques durant ces 3 années consécutives ont incarné une idéologie impérialiste basée principalement sur le colonialisme culturel.

La langue kurde est le premier élément que la Turquie combat, en plus de l’interdiction du kurde dans les écoles d’Afrin. Aujourd’hui, la langue officielle dans les programmes scolaires d’Afrin est le turc et l’arabe.

Les vidéos d’enfants d’Afrin dans les écoles, agitant des drapeaux turcs, ont fait le tour des médias sociaux, alors que la langue turque leur a été imposée dans une soixantaine d’écoles du canton occupé.

Ocalan définit la langue comme « l’élément principal dans le domaine de la culture au sens étroit du terme ». Par conséquent, la langue peut être définie dans son sens étroit comme la culture, car la langue elle-même signifie l’héritage sociétal de mentalité, de morale, d’esthétique, d’émotions et d’idées acquis par une société, qui est l’existence de l’identité et du moment qui est perçu et exprimé. En ce qui concerne le sens et l’émotion, et une société qui s’exprime, elle indique qu’elle dispose d’un argument puissant pour la vie … »

À la lumière de cela, peut être éclairé la réalité des objectifs de l’État turc qui consiste à imposer sa langue à la société au prix de la négation de sa langue maternelle.

L’objectif est clair, il s’agit de contrôler la mentalité de la société, et si la mentalité est définie en bref comme la direction interne de l’être humain, alors la contrôler signifie contrôler l’être humain, ce qui est un objectif clair de l’occupation turque.

Parallèlement au ciblage de la langue, la Turquie vise à exploiter religieusement la communauté d’Afrin, qui avant l’occupation comprenait un mélange de Kurdes sunnites, d’Alaouites et de Yazidis, en plus des chrétiens, surtout des Arméniens, ainsi que des Arabes sunnites, mais avec le début de l’occupation, environ 300 000 Kurdes de diverses croyances religieuses ont été déplacés et environ 400 000 mercenaires, dont une grande partie sont des Turkmènes fidèles à la Turquie, et leurs familles se trouvent dans la province occupée.

Et tout comme le colonialisme européen allait de pair avec les campagnes de prosélytisme, le colonialisme turc n’est pas séparé par des prédicateurs qui ne font pas la promotion de l’Islam, mais plutôt celle des idées du parti AKP d’Erdogan. Cela ne se fait pas officiellement, mais par de nombreux imams et religieux qui le font dans les foyers.

Par ce biais, la Turquie cherche à conférer un caractère religieux à son occupation, et elle veut également afficher son occupation comme un acte légitime et religieusement béni, sans parler de la tentative d’imposer l’obéissance à l’État d’occupation, le sultan et calife Recep Tayyip Erdogan.

Par ce biais, la Turquie cherche à conférer un caractère religieux à son occupation, et elle veut également afficher son occupation comme un acte légitime et religieux béni, sans parler de la tentative d’imposer l’obéissance à l’État d’occupation, le sultan et le calife Recep Tayyip Erdogan.

Récemment, la Turquie a ouvert le centre culturel Anadolu dans la région d’Afrin, ce qui s’inscrit dans la continuité des mesures précédentes et confirme avec éclat que l’objectif de la Turquie est de perpétuer son occupation de la province. Même en cas de retrait militaire de l’armée d’occupation turque d’Afrin et du reste des territoires occupés dans le nord de la Syrie, elle laissera derrière elle une société fondue dans le creuset de la turquification.

ANHA

 

SUISSE. 2 femmes kurdes élues au conseil municipal de Lausanne

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SUIISE – Sevgi Koyuncu et Derya Çelik, deux femmes kurdes, ont été élues au conseil municipal de Lausanne lors d’élections locales organisées dimanche dans le canton de Vaud en Suisse.

Sevgi Koyuncu et Derya Çelik ont ​​été élues au conseil municipal de Lausanne avec le soutien de la diaspora kurde, des féministes et des immigrées de la ville.

Sevgi Koyuncu, candidate du Parti du travail suisse (POP), et Derya Çelik, candidate du Parti social-démocrate de Suisse, ont été élus à l’administration de la ville après les élections locales de dimanche.

Après l’élection de deux femmes kurdes, le Centre démocratique kurde de Lausanne (CDK-Lausanne) a publié un discours de félicitations à l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.

Le message disait: « Pour la première fois, des candidats kurdes ont été élus au conseil municipal de Lausanne. Il est important pour nous que nos deux amies kurdes aient été élues dans la municipalité de Lausanne le 8 mars, journée internationale des femmes travailleuses. Nous pensons que Koyuncu et Çelik participeront à des projets importants pour faire entendre la voix des immigrés, en particulier des Kurdes, des femmes et des enfants. »

ANF

La tresse verte : Une initiative écologique au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Un groupe de volontaires a lancé une campagne de plantation de 4 millions d’arbres dans la région kurde de Qamishlo pour lutter contre la désertification. ils attendent la participation d’autres pays et ONG à leur projet de reboisement baptisé « la tresse verte ». Gulistan Sido, l’une des personnes engagées dans ce projet écologique explique les détails du projet.
 
La tresse verte est une initiative née au Rojava, tout d’abord en réponse à une installation d’art contemporain prenant la forme d’arbres en béton à l’entrée de l’une des villes de la région, et qui a pris l’ampleur d’un projet écologique de la plantation de quatre millions d’arbres, en faveur de l’amélioration de l’air, de la terre et des écosystèmes, de la santé, face à une situation écologique de désertification et de pollution aggravée par l’assèchement des rivières et partie des stratégies de dépopulation de la région.
 
L’initiative s’accompagne d’une campagne de sensibilisation et d’éducation aux enjeux écologiques pour la planète et de formation agricole ainsi que d’une campagne participative ouverte à tou·te·s, organisations et individu·e·s solidaires.
 
Pour s’informer, soutenir et participer à l’initiative : Kesiyên kesk جدائل خضراء Green Tress
 
Gulistan Sido après un cursus de littérature française, et de traduction et d’arabisation à l’Université d’Alep, a poursuivit des études à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3 et à l’INALCO. Elle a enseigné l’arabe et le français à partir de 2003 à Alep. Elle a co-fondé l’Institut de Littérature et Langues Kurdes « Viyan Amara » à Afrin. Elle est actuellement Vice-présidente de l’Université du Rojava où elle est aussi Responsable du Comité Académique et membre du Comité des relations internationales. Domaines de recherche : Théories de l’oralité, Littératures orales kurdes, Révolution sociale et luttes des femmes.

On veut un monde digne des femmes

FEMMES. Puisque nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes ce 8 mars, donnons la parole à une jeune militante belge d’originekurde qui nous décrit le monde dans lequel elle aimerait vivre en tant que femme.

Je rêve d’un monde…

Depuis plus de 100 ans, le 8 mars, nous célébrons la lutte des femmes partout à travers le monde. Aujourd’hui encore, les inégalités de genre persistent et nous avons toujours autant de raisons de nous retrouver dans les rues à cette date symbolique afin de soutenir les luttes féministes.
 
Je rêve d’un monde dans lequel le système ne serait pas fondé sur des relations de domination, d’un monde dans lequel nous ne parlerions pas d’Hommes pour citer l’Humanité, d’un monde où seul le nom du père, par l’enfant ne serait porté, d’un monde où la règle de grammaire en langue française ne serait pas que le masculin l’emporte sur le féminin.
 
Je rêve d’un monde où les femmes pourraient disposer librement de leur corps et de leur vie.
 
Je rêve de ce monde où l’accès à l’avortement ne serait pas menacé, où on laisserait tranquilles ces femmes qui ne veulent être mères ou se marier.
 
Je rêve de ce monde où les femmes n’auraient pas peur de se trouver dans l’espace public quand elles le voudraient. Je rêve de ce monde où, lorsqu’une femme se ferait agressée sexuellement, on ne lui demanderait pas comment elle était habillée.
 
Je rêve d’un monde où on ne crierait pas au scandale pour un burkini et à la provocation pour une mini-jupe.
 
Je rêve d’un monde où, chaque année, nous n’aurions pas à dénombrer les victimes de féminicides, où le viol et l’esclavage sexuel ne seraient pas utilisés comme armes de guerre, où la virginité des filles ne serait pas l’affaire de tous, où ces dernières ne seraient pas les garantes de l’honneur des hommes de leur famille.
 
Je rêve d’un monde où les tâches ménagères seraient équitablement réparties, un monde où les femmes n’auraient pas l’obligation d’être des mamans parfaites, des épouses dévouées, des actrices porno dans l’intimité, de bonnes ménagères, des femmes toujours jeunes, belles et apprêtées.
 
Je rêve d’un monde où toutes les filles auraient accès à l’éducation, accès aux études supérieures avec ou sans foulard sur la tête, où chacun et chacune ne serait pas dirigé·e vers des filières d’étude « spécifiques » à son genre, où toutes et tous porteraient les vêtements désirés, pratiqueraient le sport aimé, auraient les jouets souhaités.
Je rêve d’un monde où les femmes auraient le même salaire que les hommes pour le travail effectué, où elles auraient des postes à responsabilité bien mérités, où elles n’essuieraient pas des remarques sexistes si elles venaient à monter, je rêve d’un monde où ce plafond de verre cesserait d’exister.
 
Je rêve d’un monde où l’acceptation des couples de femmes ne servirait pas qu’à nourrir les fantasmes des hommes hétérosexuels intolérants à l’homosexualité masculine. Je rêve d’un monde où les personnes transgenres ne se feraient pas violenter par des hommes cisgenres qui verraient en eux des déséquilibrés, je rêve d’un monde où toute personne qui ne réponde pas à la norme ne serait pas qualifiée d’étrangeté.
 
Je rêve d’un monde où on nommerait correctement cette journée du 8 mars comme la journée de lutte pour les droits des femmes.
 
Je pourrais encore citer pléthore de rêves mais rien ne vaut d’être éveillée pour les réaliser.
 
Le système patriarcal, socle du monde capitaliste fait subir des violences systémiques, exploite les femmes et leur corps ainsi que toutes les personnes ne répondant pas aux normes hétéro-patriarcales.
 
Ce 8 mars appelle à la convergence des luttes, à l’union des féminismes pour améliorer la condition humaine. Car oui, le féminisme, ce n’est la domination des femmes sur les autres individus mais c’est la lutte pour la liberté et les droits égaux pour tous les êtres humains.
 
Que cesse la honte et la culpabilité qui est sans cesse placée sur les épaules des femmes. Que cesse les idées que les unes sont soumises ou que les autres sont trop libérées. Que cesse l’imagination que les hommes n’ont pas leur rôle à jouer.
 
Les femmes sont appelées à l’auto-détermination, elles n’ont besoin de personne pour se défendre.
 
Ne soyons pas des féministes qui entrons dans les rangs du système, soyons les féministes qui faisons bouger ceux-ci.
 
Le féminisme n’a pas de couleur, pas de statut social, pas d’orientation sexuelle,… Il appartient à toutes et tous alors c’est ensemble que nous pourrons faire bouger les choses.
 
Pour un féminisme inclusif et intersectionnel.
 
Gulîstan Özer

PARIS. Les femmes dans la rue pour l’égalité, pour la fin des féminicides et des violences sexistes

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PARIS – Ce lundi 8 mars, des milliers de femmes, dont des Kurdes, ont défilé dans les rues de Paris exigeant l’égalité salariale, la fin des féminicides, les violences sexuelles et homophobes. Les sujets liés à l’écologie, la protection des enfants, à la pandémie du COVID19, à la précarité touchant les femmes, notamment les femmes sans-papiers étaient également présents dans les revendications des femmes et des hommes descendus dans la rue à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Voici quelques photos de la marche féministe parisienne d’aujourd’hui : 

ROJAVA. Une Française qui a rejoint les forces kurdes envoie une lettre ouverte à Brigitte Macron

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, une Françaises qui avait rejoint les forces féminines kurdes YPJ au Rojava, dans le nord de la Syrie, adresse une lettre ouverte à Brigitte Macron, épouse du Président français, pour lui faire connaître l’engagement des forces kurdes au Moyen-Orient. (Lettre signée sous le nom de guerre Kêwa Tékoşinê)
 
Madame,
 
Française de trente ans et ancienne réserviste de l’armée de terre issue d’une famille de marins et de soldats, je suis partie en 2019 dans ce qu’on appelait alors la Fédération Démocratique du Nord de la Syrie pour y intégrer un bataillon militaire des unités féminines kurdes du YPJ. J’y suis allée au titre de combattante à part entière, mais aussi pour écrire un livre sur ces femmes que j’admire.
 
Sans doute les connaissez-vous déjà. Là-bas, on les appelle Yapajas et elles m’ont donné comme nom de guerre Kéwé Tekochine – [Le Perdrix du combat]. Pendant des années, elles et leurs camarades masculins du YPG ont lutté avec un courage, une volonté et une résilience extraordinaires contre l’islamisme radical.
 
À l’idéologie totalitaire de Daech, elles ont opposé un projet fondé sur quatre piliers principaux: démocratie, laïcité, écologie et féminisme. Ainsi au début de l’année 2019 leurs troupes, qui appartiennent aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) – l’alliance des Kurdes, des Arabes et des Chrétiens du nord de la Syrie – sont-elles parvenues à éliminer le califat de Daech, avec l’appui de la coalition internationale dont la France faisait partie.
 
Seules les FDS étaient parvenues à faire reculer l’idéologie mortifère de l’islamisme qui, depuis, revient en force dans toute cette partie du Moyen-Orient.
 
Cette victoire, vous le savez, les FDS l’ont payée au prix du sang: 36.000 tués et blessés. Des filles et des garçons de mon âge. Mais cette victoire est déjà bien lointaine pour nos sœurs et frères d’armes kurdes qui ont fait l’admiration des soldats français luttant à leur côté. Elle est amère puisqu’elle n’a pas empêché qu’en octobre 2019 le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, envahisse leur pays, lâchant sur les populations une soldatesque d’une cruauté inimaginable, cruauté qu’elle a notamment exercée sur une jeune femme de trente ans dont vous connaissez certainement le nom: Havrin Khalaf, l’une des personnalités politiques Kurdes les plus estimées et les plus prometteuses.
 
Face à la deuxième plus importante armée de l’Otan, sans aucun appui occidental, les FDS ne pouvaient faire le poids: elles ont sauvé quelques bastions, mais ont vu réduit à néant leur espoir de créer dans cette partie de la Syrie un territoire de droits et de liberté où la France était admirée et respectée. Pourtant, elles seules étaient parvenues à faire reculer l’idéologie mortifère de l’islamisme qui, depuis, revient en force dans toute cette partie du Moyen-Orient: tentaculaire et protéiforme, elle n’avance plus sous la seule bannière de Daech mais se cache désormais derrière le nom d’Armée nationale syrienne.
 
En laissant l’islamisme radical revenir en force avec l’aide de la Turquie, nous sommes assurés de voir recommencer un jour l’horreur que nous avons connue au Bataclan.
 
Le fait qu’aucun attentat de grande ampleur n’ait eu lieu en France depuis que Raqqa a été reconquise par mes camarades ne tient pas du hasard: c’est depuis cette ville qu’avaient été fomentés les attentats du 13 novembre 2015. En laissant l’islamisme radical revenir en force avec l’aide de la Turquie, nous sommes assurés de voir recommencer un jour l’horreur que nous avons connue au Bataclan.
 
Au début du mois de novembre 2020, j’ai appris de mes amis Kurdes que votre mari, le Président de la République, avait accepté de recevoir une délégation de hauts dirigeantes et dirigeants des FDS, comme il l’avait déjà fait en 2018 et 2019. La commandante Tûlin, cheffe des unités féminines kurdes, devait notamment en être. Ce geste donnait espoir à ces femmes et ces hommes qui, s’ils se sont d’abord battus pour leur liberté, ont aussi combattu notre ennemi commun parce que nous partageons les mêmes valeurs. Ainsi notre responsabilité vis-à-vis d’eux est-elle à la fois politique et morale.
 
Malheureusement, cette rencontre a été sans cesse repoussée, voire annulée, sur les conseils de nos diplomates.
 
 
Par cette lettre je me permets de solliciter votre appui public afin que vous interveniez auprès de votre mari, le Président Emmanuel Macron, en faveur de la réception de cette délégation sans plus attendre. C’est extrêmement important.
 
Si cela se révélait impossible, je veux croire que vous accepterez en échange de recevoir vous-même les personnalités féminines de cette délégation. Vous sachant particulièrement concernée par la lutte contre toute forme de violence faite aux femmes, je suis certaine que vous saurez reconnaître les mérites de celles qui ont porté le plus grand mouvement féministe que le Moyen-Orient ait connu ces dernières décennies ; un mouvement qui a tout fait pour rompre cette règle implacable qui veut que, dans cette région, le fait de naître femme soit trop souvent une malédiction. Un mouvement dont il serait tragique que, d’ici quelques années, nous l’évoquions au passé.
 
Je vous remercie, Madame, de l’attention que vous voudrez bien porter à mon message et vous assure de mes sentiments les meilleurs.
 
Respectueusement