La Turquie renforce son colonialisme dans le canton kurde d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie, le colonialisme s’impose aussi par le génocide culturel, linguistique et confessionnel, comme celui mis en place au Kurdistan « turc ».

 

En général, l’impérialisme est basé sur le renforcement du pouvoir d’un groupe aux dépens d’autres groupes vulnérables, ce qui, en fin de compte, ouvre la voie à un groupe homogène contrôlant une société multiethnique et multi confessionnelle. Pour atteindre cet objectif, les pays impérialistes n’utilisent pas seulement la force mais aussi la conquête culturelle qui leur fournit un pouvoir à long terme.

De nombreux chercheurs dans le domaine du colonialisme et de ses formes affirment que le colonialisme culturel est le plus dangereux, le plus mortel et le plus durable, parce qu’il se fait par le biais du soft power et qu’il provoque l’inactivité vis-à-vis de ce type de colonialisme, parce qu’ils restent dans une position que l’on peut appeler un coma intellectuel, et qu’il n’y a pas de réaction à celui-ci.

Le colonialisme culturel est basé sur l’imposition d’une culture du pouvoir dominant à la société. Dans de nombreux exemples marquants de colonialisme, il est clairement évident que la puissance coloniale vise principalement le langage de la société colonisée.

Par exemple, l’Amérique latine est dépourvue de langue maternelle, et la majorité de ses pays parlent l’espagnol ou le portugais, parce que ces pays sont restés sous occupation espagnole pendant de longues périodes, mais même après la disparition du colonialisme, les Espagnols sont restés les exemples les plus marquants de colonialisme culturel.

Il en va de même pour les pays d’Afrique du Nord qui parlent encore le français et pour d’autres pays africains qui parlent l’anglais, comme le Nigeria, ainsi que pour l’Inde.

Parallèlement à la langue, le colonialisme travaille soit à changer de religion, soit à les exploiter religieusement dans le cas où la religion de l’État colonial coïncide.

Il existe un dicton dans ce contexte, qui parle du colonialisme européen et indique que l’Église travaille côte à côte avec le ministère des affaires étrangères.

Cette introduction devait apporter un éclairage sur le colonialisme et ses formes les plus dangereuses.

A Afrin occupée, les pratiques turques durant ces 3 années consécutives ont incarné une idéologie impérialiste basée principalement sur le colonialisme culturel.

La langue kurde est le premier élément que la Turquie combat, en plus de l’interdiction du kurde dans les écoles d’Afrin. Aujourd’hui, la langue officielle dans les programmes scolaires d’Afrin est le turc et l’arabe.

Les vidéos d’enfants d’Afrin dans les écoles, agitant des drapeaux turcs, ont fait le tour des médias sociaux, alors que la langue turque leur a été imposée dans une soixantaine d’écoles du canton occupé.

Ocalan définit la langue comme « l’élément principal dans le domaine de la culture au sens étroit du terme ». Par conséquent, la langue peut être définie dans son sens étroit comme la culture, car la langue elle-même signifie l’héritage sociétal de mentalité, de morale, d’esthétique, d’émotions et d’idées acquis par une société, qui est l’existence de l’identité et du moment qui est perçu et exprimé. En ce qui concerne le sens et l’émotion, et une société qui s’exprime, elle indique qu’elle dispose d’un argument puissant pour la vie … »

À la lumière de cela, peut être éclairé la réalité des objectifs de l’État turc qui consiste à imposer sa langue à la société au prix de la négation de sa langue maternelle.

L’objectif est clair, il s’agit de contrôler la mentalité de la société, et si la mentalité est définie en bref comme la direction interne de l’être humain, alors la contrôler signifie contrôler l’être humain, ce qui est un objectif clair de l’occupation turque.

Parallèlement au ciblage de la langue, la Turquie vise à exploiter religieusement la communauté d’Afrin, qui avant l’occupation comprenait un mélange de Kurdes sunnites, d’Alaouites et de Yazidis, en plus des chrétiens, surtout des Arméniens, ainsi que des Arabes sunnites, mais avec le début de l’occupation, environ 300 000 Kurdes de diverses croyances religieuses ont été déplacés et environ 400 000 mercenaires, dont une grande partie sont des Turkmènes fidèles à la Turquie, et leurs familles se trouvent dans la province occupée.

Et tout comme le colonialisme européen allait de pair avec les campagnes de prosélytisme, le colonialisme turc n’est pas séparé par des prédicateurs qui ne font pas la promotion de l’Islam, mais plutôt celle des idées du parti AKP d’Erdogan. Cela ne se fait pas officiellement, mais par de nombreux imams et religieux qui le font dans les foyers.

Par ce biais, la Turquie cherche à conférer un caractère religieux à son occupation, et elle veut également afficher son occupation comme un acte légitime et religieusement béni, sans parler de la tentative d’imposer l’obéissance à l’État d’occupation, le sultan et calife Recep Tayyip Erdogan.

Par ce biais, la Turquie cherche à conférer un caractère religieux à son occupation, et elle veut également afficher son occupation comme un acte légitime et religieux béni, sans parler de la tentative d’imposer l’obéissance à l’État d’occupation, le sultan et le calife Recep Tayyip Erdogan.

Récemment, la Turquie a ouvert le centre culturel Anadolu dans la région d’Afrin, ce qui s’inscrit dans la continuité des mesures précédentes et confirme avec éclat que l’objectif de la Turquie est de perpétuer son occupation de la province. Même en cas de retrait militaire de l’armée d’occupation turque d’Afrin et du reste des territoires occupés dans le nord de la Syrie, elle laissera derrière elle une société fondue dans le creuset de la turquification.

ANHA

 

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