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IRAN. La pauvreté pousse les enfants kurdes à devenir kolbars

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IRAN / ROJHILAT – A cause de la pauvreté imposée aux régions kurdes par le régime iranien, de nombreux enfants et adolescents kurdes sont contraints d’être des kolbars (porteurs de marchandise) aux frontières du Kurdistan. Un métier très dangereux qui fait des dizaines de morts et blessés dus aux tirs directs des forces iraniennes ou des chutes et d’autres accidents lors du trajet.
 
Selon les données collectées par le Centre de statistiques et de documentation de l’Organisation des droits humains Hengaw, au moins 14 Kolbars de moins de 18 ans ont été tués et et 12 autres blessés aux frontières du Kurdistan depuis 2018.
 
Hengaw a publié ces chiffres le 12 juin, à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition du travail des enfants.

TURQUIE. 33 personnes, dont des politiciens, arrêtées lors d’une marche kurde à Istanbul

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TURQUIE – La police turque a attaqué violemment des députés HDP et des civils lors de la marche pacifique d’hier à Istanbul pour briser l’isolement imposé au chef historique du PKK.
 
Afin de mettre fin à l’isolement contre le leader kurde Abdullah Öcalan et d’assurer sa liberté physique, les partis kurdes et les organisations de la société civile veulent organiser ce dimanche une marche vers le district de Gemlik à Bursa depuis de nombreuses villes du Kurdistan du Nord et de la Turquie.
 
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier Kadıköy d’Istanbul avant de lancer la marche vers Gemlik, une ville portuaire de la province de Bursa d’où les navires naviguent vers l’île-prison d’Imrali, où Abdullah Öcalan est détenu avec trois autres prisonniers kurdes détenus en isolement total.
 
La marche est organisée par le Congrès démocratique des peuples (HDK), le Mouvement des femmes libres (TJA), l’association de solidarité des prisonniers MED TUHAD-FED, le Parti démocratique des peuples (HDP) et le Parti des régions démocratiques (DBP) sous le devise « Pour la défense de la liberté et contre la politique d’isolement – Marche vers Gemlik » .
 
Les partis et les organisations de la société civile exigent une « démarche démocratique et civilisée » du gouvernement turc pour résoudre « la mère de tous les problèmes », la question kurde, par le dialogue et parvenir à la paix sociale. Pour que cela se produise, l’isolement d’Abdullah Öcalan doit être levé et il doit retourner à la table des négociations, déclarent-ils.
 
À Istanbul, l’un des principaux points de départ de la marche, les forces de police ont organisé une répression contre les masses qui se sont rassemblées dans le quartier de Kadiköy, du côté asiatique de la métropole du Bosphore, plus tôt dans la journée.
 
Au moins 33 personnes ont été arrêtées, dont une responsable d’HDK Esengül Demir, coprésidente de l’ESP Özlem Gümüştaş, les coprésidents provinciaux du HDP Istanbul Ilknur Birol et Ferhat Encü, le coprésident provincial du SYKP Istanbul Roni Gören et la vice-présidente du Parti révolutionnaire Burcugül Çubuk.
 
Photo: La députée HDP, Meral Beştaş attaquée par la police turque lors de la marche d’hier
 
ANF

FRANCE. 5e Festival des Femmes Kurdes Fidan Dogan – Rojbin

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PARIS – La 5e édition du Festival des Femmes Kurdes dédié à la militante Fidan Dogan (Rojbin) aura lieu le samedi 18 juin, au Parc interdépartemental des sports Paris Val-de-Marne.
 
Les musiciennes Beser Sahin, Sehribana Kurdî, Dilan Top, et les groupes Kevana Zêrîn, Koma Zamûra, Koma Tierra Maya, Solina zarokan monteront sur la scène lors du Festival des Femmes Kurdes, en plus des danses folkloriques kurdes (govend).
 
Résister, s’organiser, vivre libre
 
Le festival organisé par le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) est dédié à la mémoire à Fidan Dogan (Rojbîn), Sakine Cansız, et Leyla Şaylemez, 3 militantes kurdes assassinées à Paris par un agent turc le 9 janvier 2013 et pour lesquelles la justice se fait attendre.
 
Le TJK-F invite les femmes à participer au festival de cette année qui a pour slogan « Résister, s’organiser, vivre libre » , pour découvrir la culture kurde mais aussi réclamer justice pour ce triple féminicides d’Etat.
 
Lors du festival, il y aura des activités pour enfants.
 
RDV le samedi 18 juin, à 12 heures, au Parc interdépartemental du Val de Marne – Créteil Pompadour (RER D)

Une ONG syrienne exhorte l’Europe et l’ONU à empêcher le changement démographique opéré par la Turquie en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Des colonies d’habitation construites par la Turquie dans le canton kurde d’Afrin font partie d’un processus systématique visant à modifier la composition démographique d’Afrin, alerte l’ONG de défense des droits humain STJ qui exhorte le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union européenne à « adopter une position ferme face aux efforts d’ingénierie démographique implicites et coercitifs à travers la Syrie. »
 
Sous prétexte de « loger les déplacés syriens », des organisations internationales financent des projets qui contribuent au changement démographique dans la région à majorité kurde d’Afrin écrit l’ONG syrienne de droits humains STJ.
 
 
Un nouveau rapport de l’ONG STJ (Syrians for Truth and Justice – Syriens pour la vérité et la justice) révèle la colonisation illégale de la région d’Afrin par la Turquie. Selon STJ, ces colonies sont approuvées par des responsables turcs, financées par des ONG internationales et peuplées de combattants arabes de l’Armée Nationale Syrienne (ASN / SNA) soutenue par la Turquie.
 
STJ déclare dans son rapport publié le 8 juin que des membres d’al-Jabhat al-Shamiya, de la division Hamza, de Jaysh al-Islam, de la division Sultan Murad, de la division Malek Shah, d’Ahrar al-Sharqiya, de Jaysh al-Sharqiya, de la brigade Suleiman Shah et de la 9e division sont impliqués dans le colonie Jabal al-Ahlam près d’Afrin.
 
Les combattants de l’ANS de Rif Dimashq, Homs et Hama et leurs familles « ont été les principaux bénéficiaires du projet », les civils ne représentant que 25 % des colons de Jabal al-Ahlam.
 
5 000 unités résidentielles doivent être construites sur une superficie totale de 122 533 m² ; 1 000 ont été construites jusqu’à présent.
 
Des mandataires soutenus par la Turquie contrôlent Afrin et ses environs depuis l’opération Olive Branch de 2018. Ils ont saisi des biens et des maisons laissés par les habitants déplacés lors des affrontements et les louent à des groupes pro-turcs qui ont été amenés, ce qui rend plus difficile le retour de la population d’origine de la ville, a déclaré STJ.
 
Il y a eu de nombreuses violations des droits et d’autres problèmes dans les colonies d’Afrin et d’autres parties du nord-ouest de la Syrie, et comme la puissance occupante turque en est responsable, a déclaré le groupe de défense, appelant le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union européenne à prendre une position vis-à-vis des « efforts implicites d’ingénierie démographique à travers la Syrie ».
 
Une grande partie de la population kurde est partie et les groupes nouvellement installés sont pour la plupart arabes, ce qui a entraîné un changement dans la composition démographique. Les organismes internationaux doivent veiller à ce que les changements ne deviennent pas permanents via l’aide humanitaire et les efforts de relèvement et de reconstruction précoces, a déclaré le STJ.
 
Les projets d’implantation à Afrin visent à héberger les combattants pro-turcs de l’Armée nationale syrienne (ANS) et leurs familles. À la tête des projets se trouve le gouverneur de la province frontalière turque de Hatay, qui comptait historiquement une population majoritairement arabe syrienne, a déclaré STJ citant des sources locales.
 
Le conseil local de la ville d’Afrin, créé par la Turquie après l’occupation de 2018, délivre des documents d’attribution aux colons, a déclaré STJ. Ces documents font office de titres de propriété pour les immeubles, mais ils ne portent pas sur les terrains.
 
Dans certains cas, des villages entiers ont été construits donnant l’apparence de services publics. Cependant, ces projets ont également été principalement destinés à héberger des combattants et leurs familles. Les combattants affiliés à l’ASN et leurs familles, originaires de régions de la campagne de Damas, Homs et Hama, ont été les principaux bénéficiaires du projet, alors que seulement 25 % des bénéficiaires sont des civils, selon SJT.
 
L’organisation islamiste turque Fondation pour l’aide humanitaire (İnsani Yardım Vakfı – IHH) fait partie des organisations qui ont financé le projet, a ajouté SJT.
 
 
 

Une manifestation kurde perturbée par des Loups Gris turcs à Bruxelles

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BRUXELLES – Hier, les Kurdes et leurs ami.e.s étaient dans les rues à travers le monde contre l’invasion du Rojava et du Kurdistan du Sud par la Turquie. Outre les pressions turques sur les pays européens pour interdire les manifestations de soutien aux Kurdes, les fachos turcs (Loups Gris) ont tenté de perturber la manifestation d’hier à Bruxelles.
 
Le site Secours Rouge déclare que « plusieurs fascistes sont venus provoquer le rassemblement en faisant notamment le salut des « Loups Gris ». Lorsque des militant·es ont réagis, la police est intervenue pour protéger et exfiltrer les fascistes, arrêtant trois Kurdes, confisquant les drapeaux et la sono, et mettant fin à la manifestations. Les trois Kurdes ont été relâchés, l’un d’eux après avoir été frappé par la police. »
Photo d’archive

SYRIE. Femmes de DAECH: l’ONG turque IHH coordonne l’évasion des membres de DAECH des camps du ROJAVA

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SYRIE / ROJAVA – Deux femmes de l’EI qui ont été capturées après s’être évadées du camp d’al-Hol, près de la ville kurde d’Hasaké, ont déclaré que l’ONG turque IHH coordonne et supervise l’évasion des familles de l’État islamique depuis les camps du nord et de l’est de la Syrie, et facilite leur accès aux régions syriennes occupées par la Turquie et ses mercenaires islamistes.
 
Ces aveux ont été faits à l’agence ANHA par deux femmes marocaines de l’Etat islamique qui s’étaient échappées du camp d’Al-Hol, connu comme le camp le plus dangereux au monde, accompagnées d’autres femmes de nationalité russe. Elles ont  été arrêtées à Manbij par les forces de la sécurité intérieure (Asayish).

Les Forces de sécurité intérieure du Rojava ont 7 femmes et enfants de nationalités marocaine et russe, dans la ville de Manbij, le 20 mai, qui ont fui le camp al -Hol, situé à 45 km à l’est de la ville Al-Hasakah. Ces femmes et enfants de DAECH tentaient d’atteindre les régions syriennes occupées par la Turquie, selon leurs aveux.

La tentative d’évasion du camp d’al-Hol, qui comprend des milliers de familles de mercenaires de l’EI, Syriens, Irakiens et étrangers, a coïncidé avec l’escalade de l’État d’occupation turc et de ses mercenaires suite à ses attaques et menaces contre le nord et l’est de la Syrie, en ciblant et en bombardant les zones de première ligne, avec ses zones d’occupation, et en ciblant d’autres zones distinctes grâce à ses drones.

Fatima al-Zahra Abd al-Hafiz Tliwan du Maroc, 17 ans, en communiquant avec l’un de ses amis impliqués dans les rangs des mercenaires de l’Etat islamique, appelé Umm Maysa, qui réside dans la ville d’Idlib occupée par l’État d’occupation turc, a contacté un passeur du nom d’Abu Bandar, pour s’échapper du camp en toute sécurité.

Elle dit à propos de sa tentative de mentionner les noms fictifs des personnes sans révéler leurs vrais noms : « Depuis que je suis arrivée au camp en 2019, j’ai essayé de communiquer avec des amis à moi dans l’État islamique, y compris mon amie Umm Maysa, qui réside dans la ville d’Idlib, et après la communication, les conditions ont été créées pour que je puisse communiquer avec un passeur pour me faire sortir du camp en Turquie. Il est connu sous le nom d’Abu Bandar. »

Fatima Tliwan souligne que le processus d’obtention de son évasion du camp vers le territoire turc est venu après son accord avec le soi-disant Abu Munther sur le montant de 18 000 dollars américains en retour, et elle a déclaré qu’elle n’était pas seule, qu’il y avait également une femme russe avec elle.

Sur la façon dont ils ont pu s’échapper et la destination vers laquelle ils se dirigeaient, elle a déclaré : « Nous sommes sortis à travers les engins de transport des ordures du camp, et à travers la campagne de Hasaka et Raqqa, et nous nous sommes cachés dans plusieurs maisons dans la zone située entre le camp et Raqqa, et nous avons été arrêtés dans l’une des maisons à l’intérieur de Manbij. J’essaie d’atteindre Ras al-Ain.

Alors que Sarah Al-Muhrir, également originaire du Maroc, qui a été arrêtée avec le même groupe, se préparait à se rendre dans la ville d’Idlib occupée par l’État d’occupation turc et ses mercenaires, en disant : « J’ai quitté le camp et je me dirigeais vers Idlib. « 

Sur la manière de sécuriser le montant, Fatima Tliwan a souligné que l’organisation turque « IHH » était celle qui l’avait aidée financièrement à s’échapper du camp, et qu’elle aidait les femmes du camp en sécurisant des passeurs ou en sécurisant des liquidités financières, jusqu’à ce qu’elles atteignent le zones de présence de l’organisation sur le territoire syrien, en référence aux zones syriennes occupées par la Turquie.

De même, une autre marocaine, Iman Al-Mahrir, a indiqué que l’organisation « IHH » était l’une des organisations qui l’ont aidée à s’échapper du camp et aller vers les zones occupées par la Turquie.

L’IHH est l’une des organisations turques connues sous le nom de la Fondation pour l’aide humanitaire (İnsani Yardım Vakfı – IHH), une organisation turque qui se décrit comme une organisation internationale active dans le domaine de l’aide humanitaire, des droits humains et de la diplomatie humanitaire à travers plus de 100 pays.

 

 

L’Iran a exécuté six prisonniers dans la ville kurde de Kermanshah

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IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a exécuté au moins 6 détenus dans la ville kurde de Kermanshah (prison de Diselabad). Deux des prisonniers exécutés sont Yousef Beigi et Ayub Latifi, condamnés à mort pour meurtre avec préméditation.

Le mercredi 8 juin 2022, un jeune Kurde de Kirmaşan, Yousef Beigi, 33 ans, a été exécuté à la prison centrale de la ville.

Yousef Beigi a été arrêté il y a quatre ans pour meurtre avec préméditation et condamné à mort.

D’autre part, le mardi 31 mai, Ayub Latifi, du district de Sarfirouzabad de la province de Kermanshah, a été exécuté dans la prison de Diselabad, à Kermanshah.

Des rapports font état d’exécution d’au moins 4 autres prisonniers à la prison de Dieselabad selon les informations reçues par l’ONG Hengaw.
 

PARIS. Les Kurdes manifestent contre l’invasion turque au Rojava et au Kurdistan irakien

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PARIS – Dans de nombreuses villes européennes, dont Paris, les Kurdes et leurs ami.e.s étaient dans la rue ce samedi 11 juin – dans le cadre de la Journée mondiale d’action contre l’invasion du Rojava et du Kurdistan irakien visés par la Turquie.
 
Halte à l’invasion turque, statut international pour le Rojava
 
 

La colère et la détermination étaient palpables dans les discours et les slogans entendus lors de la manifestation kurde à Paris ce samedi. En effet, après avoir sacrifié plus de 12 000 combattants face à DAECH, après avoir fuit Afrin en 2018 et Serê Kanîyê en 2019 devant l’invasion turco-jihadiste, aujourd’hui les Kurdes syriens sont de nouveau menacés d’invasion par la Turquie qui a également envahi la région de Qandil, au Kurdistan irakien depuis mi-avril 2022. Les Kurdes qui avaient le soutien de la communauté internationale lors de la lutte contre DAECH sont jetés en pâture à la Turquie dès que les intérêts des puissances internationales, dont ceux des USA et de la Russie entrent enjeu. 

 
Solution politique pour le Kurdistan
 
Comme on pouvait le lire sur une des banderoles déployées lors de la manifestation d’aujourd’hui, les Kurdes réclament l’arrêt de l’invasion turque et la reconnaissance officielle du Rojava par la communauté internationale.

Les Kurdes qui ne demandent qu’à vivre libres sur leurs terres et qui ont payé un lourd tribut dans la guerre contre DAECH qui menaçait l’Humanité entière demandent à ce que la communauté internationale empêche la Turquie de menacer la sécurité du Rojava et du Kurdistan irakien. Aujourd’hui, on les forcent à choisir entre le régime d’Assad et l’invasion turque, autant dire qu’ils ont le choix entre la peste et la choléra. Comme tout peuple libre, les Kurdes ont le droit à la souveraineté garantie par la charte des Nations Unies. Assez d’effusion de sang au Moyen-Orient. Les peuples de la région méritent une vie libre digne d’eux, sans dictateurs sanguinaires à leur tête, avec un modèle démocratique similaire à celui mis en place au Rojava.

La série kurde « Tava Sor » raconte la lutte pour l’autodéfense au Kurdistan du Nord

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La série kurde « Tava Sor » racontant la résistance armée qui a suivi la déclaration d’autonomie locale au Kurdistan du Nord en 2015 est diffusée sur Stêrk TV. Le réalisateur Numan Yiğit déclare qu’ils veulent porter à la connaissance du public l’histoire de la résistance kurde de 2015/2016.
 
Le premier épisode de Tava Sor, dont le scénario a été écrit par Ahmet Tahir, a été diffusé sur Stêrk TV. Le réalisateur Numan Yiğit a déclaré qu’ils se sont concentrés sur l’histoire de la résistance de l’expérience de l’autonomie gouvernementale au Bakur (Kurdistan du Nord).
 
La réalité du peuple kurde est déformée par les séries télévisées et les films. Le réalisateur de la nouvelle série télévisée Tava Sor, Numan Yiğit, a déclaré : «Notre objectif principal est de raconter l’histoire telle qu’elle est et de la raconter à la société. »
 
Le premier épisode de la première série télévisée du Rojava, « Tava Sor » (Soleil rouge), composé de 16 épisodes, a été diffusé sur Stêrk TV mercredi soir. (A voir sur Youtube ici : Tava Sor)
 
Ehmed Tahir a écrit le scénario de la série réalisée par Teymûr Evdikê, Numan Yiğit et Deştî Rasûl. Chaque épisode dure 45 minutes.
Les 7 premiers épisodes ont été réalisés par Teymûr Evdikê et Deştî Rasûl, tandis que Numan Yiğit a réalisé les 9 autres épisodes. Quelque 35 acteurs et 500 figurants ont participé à la série.
 
Les 7 premiers épisodes de la série racontent l’histoire de la résistance menée par les forces YPS à Cizre entre 2015-2016. La série aborde des sujets tels que l’unité nationale, la trahison, la lutte, le patriotisme kurde, la réalité de la guerre au Kurdistan.
 
La série a été tournée dans les villes de Girkê Legê, Qamishlo et Raqqa, ainsi qu’à Derik, au nord-est de la Syrie.
 
S’adressant à l’ANF, le réalisateur Numan Yiğit a déclaré qu’ils voulaient raconter l’histoire de l’expérience de résistance de l’auto-gouvernement à Bakur (Kurdistan du Nord) et a ajouté : « Des mères ont été assassinées au milieu de la rue à Cizre. Des gens ont été brûlés dans les sous-sols. Le monde est resté spectateur de ce massacre. Les artistes non plus n’ont pas élevé la voix. Nous ne pouvions pas fermer les yeux sur ce massacre et la résistance épique de notre peuple. »
 
Le scénario de la série télévisée Tava Sor a été écrit par l’écrivain et scénariste Ahmet Tahir en 2018, a déclaré Yiğit, ajoutant que Tahir voulait traduire des histoires kurdes au cinéma car il considérait cela comme sa responsabilité sociale.
 
Déclarant qu’Ahmet Tahir a jeté les bases de la première série télévisée à être tournée au Rojava, Yiğit a déclaré qu’il avait également fait un effort important dans le développement du nouveau cinéma kurde, et qu’il avait ouvert la voie au tournage de la première série télévisée. sur le Kurdistan du Nord.
 
Un auteur très important
 
Le réalisateur Yiğit a rappelé qu’Ahmet Tahir a non seulement écrit des scénarios, mais aussi des romans et des nouvelles.
 
En mémoire de Tahir, qui a perdu la vie à cause d’une maladie qu’il a subie pendant le processus d’écriture du scénario, le réalisateur Yiğit a déclaré : « Je l’ai rencontré à Maxmur. Il a écrit des romans, des histoires et des poèmes pendant de nombreuses années. Il rêvait de mêler la littérature kurde au cinéma kurde. Il voulait raconter l’histoire de la résistance du peuple kurde non seulement par l’écriture, mais aussi par le cinéma. Pour cette raison, il a accordé une grande importance au cinéma ces dernières années. Il a essayé de développer le cinéma communautaire. Il était excité, il avait une quête et ses efforts étaient énormes. Le cinéma kurde avait besoin de scénarios plus forts. Il a écrit le scénario de la série télévisée Tava Sor et est venu au Rojava pour le tourner. Il n’était pas seulement le scénariste de la série télévisée Tava Sor, mais aussi son plus grand travailleur. »
 
Numan Yigit
Yiğit a déclaré que les gens ont montré un grand intérêt pour la série télévisée qu’ils ont tournée à Dêrîk et qu’ils ont participé à toutes les étapes de manière volontaire et a poursuivi : « Les communes et les assemblées ont été solidaires tout au long du tournage, jusqu’à la production. Il est très précieux de traiter les histoires se déroulant au Rojava et au Kurdistan du Nord au cinéma.(…) »
 
De nombreux défis
 
Déclarant qu’ils ont eu quelques difficultés lors du tournage de la série télévisée, Yiğit a partagé ce qui suit : « Il y avait des difficultés à trouver des acteurs professionnels. La réalité du peuple kurde dans quatre régions du Kurdistan a été déformée par des séries télévisées et des films. La vérité de la lutte et de la résistance au Kurdistan du Nord (Sur et Cizre) et au Rojava a été bouleversée. Notre objectif principal est de pouvoir raconter la vraie histoire à la société. »
 
L’histoire du peuple kurde
 
Soulignant que la série se concentrait sur l’histoire d’une famille kurde pendant la résistance de l’autonomie gouvernementale à Cizre, Yiğit a déclaré : « Nous racontons la réaction de la jeunesse face à l’État et à ses collaborateurs après le massacre de Cizre. A Tava Sor, nous avons affaire à la détermination du peuple kurde dans la lutte pour l’honneur. Ils ne se sont pas inclinés ni agenouillés pendant des centaines d’années. La jeunesse kurde est prête au serhildan [soulèvement] et à la résistance contre toute attaque. Cette prise de position de la jeunesse kurde est l’un des thèmes principaux de la série. Tava Sor est l’histoire du peuple kurde. Dans cette histoire, il y a des personnages féminins qui se battent pour une résistance au sein de la famille contre l’oppression et la persécution. C’est une histoire de coopération, de trahison, d’amour kurde, de ceux qui restent entre les deux, de femmes libres. »
 
Le réalisateur Yiğit a déclaré qu’ils n’oublieraient jamais les efforts déployés par Ahmet Tahir et Rojda Bakur et garderaient leurs souvenirs vivants.
 
Qui est Numan Yigit
 
Yiğit est né à Adana en 1989 en tant qu’enfant d’une famille d’Amed. Il est entré au département de cinéma de l’Université d’Ege en 2009. Deux ans plus tard, il a été emprisonné à la prison d’Izmir Kırıklar. Durant ses 5 années de captivité, il se concentre sur le cinéma et écrit divers scénarios. Il considérait la prison comme un terrain d’entraînement en matière d’art et de cinéma. Après sa sortie de prison en 2016, il poursuit ses études cinématographiques à l’Académie du cinéma du Moyen-Orient à Amed. Puis il s’est rendu au Kurdistan du Sud à cause des poursuites en cours contre lui. Il a joué un rôle actif dans l’institutionnalisation de Sine-Maxmûr à Maxmur. Il a fait partie de l’équipe du film Blackberry Season, réalisé par le réalisateur Haşim Aydemir. Il a donné des formations aux jeunes intéressés par le cinéma à Maxmur. Il tourne le court métrage Pêlava Sor et le documentaire Payîzok. Après Maxmur, il poursuit ses études de cinéma au sein de la Commune du Film du Rojava dans le nord et l’est de la Syrie.
 

Le président turc a besoin d’un ennemi: L’Europe, l’OTAN, les Etats-Unis, la Syrie, les Kurdes, sinon la Grèce

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Le président turc Erdogan multiplie les menaces visant tantôt les Kurdes du Rojava, tantôt les pays européens, tantôt l’OTAN dont il est membre… alors que le pays traverse une crise économique sans précédent à un an des élections parlementaires et présidentielles. Pour le journaliste Ragip Duran, Erdogan cherche des boucs émissaires au lieu de gérer ces problèmes.
 
Voici le chronique de Ragip Duran:
 
Le président turc a besoin d’un ennemi: L’Europe, l’OTAN, les Etats-Unis, la Syrie, les Kurdes, sinon la Grèce
 
Erdogan qui a officiellement déclaré sa candidature pour les prochaines élections présidentielles cherche à l’étranger un cible pour augmenter la tension. Le nationalisme reste le seul atout pour ne pas perdre encore ses électeurs. »
 
Le Président Erdogan a poursuivi cette semaine sa stratégie de renforcer la tension avec ses ennemis vrais ou faux, lors de ses multiples déclarations publiques.
 
Il a également annonce sa candidature pour les prochaines élections présidentielles qui doivent avoir lieu, théoriquement en juin 2023 au plus tard. Cette candidature est contestée par les juristes et l’opposition car la Constitution en vigueur ne permet pas de se présenter une troisième fois pour un président qui a déjà terminé ses deux termes, ce qui est le cas de M. Erdogan. Mais la Constitution, le droit et les lois ne sont plus à l’ordre du jour du Président depuis très longtemps.
 
Le cible préféré du Président serait les Kurdes, selon les observateurs, car au moins trois événements montrent que le régime d’Erdogan est menacé par les activités politiques et militaires des kurdes de Turquie, de Syrie et d’Irak.
 
– Malgré l’opposition de Washington et de Moscou l’armée turque poursuit ses attaques contre les cibles kurdes en Syrie et en Irak. Le nombre de « martyrs » du coté turc s’élève de jour en jour selon les gardiens de village, milices pro-gouvernementales qui participent à ces attaques.
 
– Ankara s’oppose contre la candidature de la Suède et de la Finlande qui désirent être membre de l’OTAN. Erdogan estime que ces deux pays sont « les centres d’accueille des terroristes ». Il désigne les réfugiés politiques kurdes qui vivent dans ces pays depuis au moins 30 voire 40 ans. Washington, l’OTAN et ses membres n’ont pas l’air d’accepter les demandes d’Ankara. Tout au contraire les médias européens croient qu’Erdogan agit comme ‘’la cinquième colonne de Poutine à l’intérieure de l’OTAN.
 
– Plus de 20 journalistes et activistes kurdes ont été mis en garde à vue cette semaine à Diyarbakir (Sud-est) et autres villes de Turquie. Les journalistes kurdes avaient filmé et diffusé des scènes de protestation des familles de soldats turcs tués en Syrie et en Irak. Les médias kurdes sont les seuls à publier et à diffuser des nouvelles d’une opposition authentique, car l’opposition officielle kémaliste et conservatrice soutiennent en générale les politiques violentes anti-kurdes et les opérations militaires sur le sol des pays voisins.
 
L’animosité contre les kurdes d’Erdogan ne serait pas assez effective pour freiner la chute de la popularité du Président en cette saison électorale, selon une partie des commentateurs indépendants. C’est pourquoi le Président a besoin d’un cible plus grand et plus unificateur pour sa base électorale qui est désormais moins de 27 pc. L’OTAN, la Suède, la Finlande sont des cibles lointains et étrangers, mais étrangers également pour le public d’Erdogan. La Grèce est d’un coté beaucoup plus proche et a déjà un passé de conflit avec Ankara.
 
Il est intéressant de voir Erdogan, attaquer avec les armes les plus sophistiqués de l’OTAN contre les kurdes en sol Syrien et Irakien et de s’opposer en même temps contre la militarisation des îles grecques d’Égée.
 
Erdogan en habit presque militaire, participant aux manœuvres d’Efes 2022 de l’armée turque en Égée a adopté un ton pas très diplomatique ni d’ailleurs politique mais parle comme le truand du quartier.
 
La grande majorité de l’opinion publique turque, qui souffre désormais d’une très grande crise économique, n’est pas attirée par ce discours. Aux yeux de la majorité des citoyens turc, la réponse publiée en turc sur la toile du chef de l’opposition grecque, M. Tsipras a été plus convaincante que les menaces d’Erdogan: « La réponse à la crise économique à laquelle nous sommes tous confrontés ensemble n’est pas le nationalisme ».
 
Par ailleurs plusieurs économistes rappellent qu’en pleine crise financière Ankara ne peut plus financer à court et à moyen terme les opérations militaires. Mais Erdogan a depuis longtemps l’habitude de trouver des réponses militaires aux questions politiques ou économiques. Même si ces réponses ne résolvent pas le problème! »
 
Ragip Duran, Chronique Turquie, 11 juin 2022

SYRIE. Deux combattants des FDS tués à Deir ez-Zor

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SYRIE – Alors que la Turquie est sur le point d’attaquer de nouveau les Kurdes du Rojava, une attaque armée a coûté la vie à deux combattants des FDS à Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie, où les cellules de DAECH restent actives.

Vendredi, deux combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont perdu la vie dans une attaque armée dans une ville à l’est de Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie.

Une source militaire des FDS dans la ville d’al-Busayrah, à 35 kilomètres à l’est de Deir ez-Zor, a déclaré que des assaillants, qui conduisaient une moto, ont abattu Muhammad al-Saleh, 27 ans, et Ibrahim al-Besais, 30 ans, près d’un parc du centre-ville.

Al-Saleh et al-Besais sont membres du Conseil militaire de Deir ez-Zor qui est affilié aux FDS, selon la source.

La source a souligné que les deux membres étaient en congé, car il a cité des témoins oculaires disant que les assaillants étaient des hommes armés masqués, qu’ils étaient habillés comme les membres de l’Organisation de l’État islamique (DAECH / ISIS).

Récemment, la campagne de Deir ez-Zor a connu une recrudescence des assassinats visant des membres des FDS, des employés de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), des chefs tribaux et des civils, malgré les opérations de sécurité intensives menées par les FDS.

Le 8 juin, les FDS ont arrêté un individu dans la ville d’al-Shuhail, à 40 kilomètres à l’est de Deir ez-Zor, accusé d’appartenir à l’Etat islamique.

North Press 

Appel à l’action contre l’invasion imminente du Rojava

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Plusieurs médias turcs affirment que l’armée turque a fini les préparatifs militaires contre les Kurdes du Rojava et que l’offensive sera lancée en début de la semaine prochaine. Les Kurdes et leurs ami.e.s seront dans la rue demain contre l’invasion du Rojava et du Kurdistan irakien où la Turquie attaque la guérilla kurde depuis mi-avril.
 
Face à une éventuelle attaque de la Turquie contre les zones autonomes du Rojava/Nord et Est de la Syrie, l’initiative internationale RiseUp4Rojava (R4R) mobilise la solidarité internationale dans le cadre de la journée d’action mondiale pour le Kurdistan et la révolution du Rojava de ce samedi 11 juin : « Nous appelons tout le monde à se préparer pour une éventuelle attaque afin de faire pression sur les partisans du fascisme turc au cas où il y aura une nouvelle attaque de la Turquie. De plus, nous soutenons l’appel des organisations et collectifs latino-américains et européens pour une journée internationale d’action contre les attaques visant le Kurdistan. »
 
Concernant une éventuelle attaque de la Turquie et appelant à l’action, RiseUp4Rojava appelle chacun.e à sensibiliser à la cause des habitants de la région afin de prévenir une catastrophe humanitaire et de défendre le projet démocratique, écologique et féministe du Rojava.
 
Le collectif RiseUp4Rojava a publié le communiqué suivant appelant à l’action contre l’invasion du Rojava et du Kurdistan irakien.
 

Après l’attaque d’Afrin (2018) et de Serekaniye (2019), Erdogan a annoncé il y a 10 jours une nouvelle offensive militaire contre les territoires auto-administrés du nord et de l’est de la Syrie (Rojava). L’objectif est d’étendre la « zone de sécurité » de 30 km de profondeur au sud de la frontière de l’État turc. Avant-hier, ces plans d’attaque ont été précisés : la zone autonome de Sehba, directement adjacente à Afrin et au nord d’Alep, avec la ville de Tel Rifaat et la grande ville multiethnique à majorité arabe de Minbic, à l’est de Kobanê, ont été désignés comme cibles. Tel Rifaat abrite des dizaines de milliers de personnes déplacées d’Afrin. Une autre attaque turque signifie une catastrophe humanitaire majeure pour la région et de graves souffrances pour la population. Elle implique un net nettoyage ethnique et une consolidation de la politique de colonisation turque. Ces deux zones ont déjà été massivement bombardées par l’artillerie ces dernières semaines. Rien qu’avant-hier, plus de 300 obus d’artillerie ont été tirés sur la région de Shehba. À Tel Rifaat, il y a eu un total de 7 attaques de drones cette année. [Récemment], une clinique de gynécologie a été touchée, et au total, il y a déjà eu plus de 30 attaques de drones de combat sur les zones auto-administrées du nord de la Syrie cette année.

Évaluation géostratégique

Les deux zones susmentionnées sont contrôlées exclusivement par les forces russes, la Russie doit donc accepter ces attaques. Sans accord avec la Russie, il n’y aurait pas de nouvelle grande offensive terrestre avec le soutien de l’aviation turque. Pour la Turquie, ces zones revêtent une importance stratégique pour relier les zones déjà occupées en 2018 (Afrin) et 2019 (Serekaniye) et les fusionner en une zone contrôlée contiguë. L’atout d’Erdogan dans un éventuel accord avec la Russie est le VETO contre l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Cela pourrait être la contrepartie d’un feu vert de la Russie à une offensive turque. On ne s’attend pas à ce que la Russie cède immédiatement tous ses territoires à la Turquie, c’est pourquoi Erdogan ne parle plus d’une zone générale de 30 km de profondeur, mais nomme deux zones spécifiques. Si la Russie abandonnait également Kobané, dont elle est aussi la puissance protectrice, ils auraient peu de pouvoir de négociation en main pour semer la dissidence au sein de l’OTAN plus tard. La question, cependant, n’est pas de savoir si, mais quand commencera la nouvelle offensive majeure de l’armée turque. A terme, Erdogan veut occuper toute la bande frontalière avec la Turquie dans le nord de la Syrie. Il reste à voir comment les États-Unis, en tant qu’autre puissance protectrice du Rojava (régions orientales), vont se comporter. Hier, l’ambassadeur américain en Turquie et le secrétaire d’État américain Blinken ont fait savoir de manière exceptionnellement claire qu’ils rejetaient une nouvelle offensive turque dans le nord de la Syrie. Cela montre qu’ils craignent un accord entre la Turquie et la Russie et s’inquiètent des avantages pour la Russie. Peut-être se positionneront-ils pour offrir à Erdogan des parties des zones qu’ils contrôlent à l’est de Til Temir comme force de protection pour empêcher un accord avec la Russie avec la Turquie. La Turquie représente de plus en plus et avec confiance ses propres intérêts en tant que puissance majeure au Moyen-Orient. Les succès militaires en Libye, en Syrie, en Irak et au Karabakh ont fait d’Erdogan un facteur à part entière dans la région et au-delà. La Turquie est devenue une puissance de drones. Le drone TB2 de fabrication turque a été un contributeur clé au cours difficile de la guerre du point de vue de la Russie en Ukraine. Et Erdogan a besoin de cette guerre renouvelée à des fins de politique intérieure :

L’inflation reste élevée, la livre est faible, l’économie est en crise profonde. Les élections approchent en Turquie. Avec une nouvelle offensive sur le nord de la Syrie et la mobilisation nationaliste qui l’accompagne, Erdogan tente d’unifier la Turquie et de se rallier à lui. Guerre pour les votes, sécurisation du pouvoir par la répression brutale et l’occupation de terres étrangères. Depuis avril 2022, l’armée turque attaque les zones de guérilla kurde, les zones de défense de Medya [QG du PKK], dans le nord de l’Irak et le sud du Kurdistan avec des avions, des drones, des hélicoptères, des obusiers et larguer des troupes au sol en violation du droit international. Malgré le déploiement massif de forces et l’utilisation d’armes chimiques interdites, l’armée turque progresse lentement contre la guérilla, bien préparée avec des positions de montagne, et il y a des victimes du côté de l’armée turque.

Les contradictions entre les superpuissances impériales que sont la Russie et les USA (OTAN) sont aussi une opportunité pour le Rojava de gagner une marge de manœuvre diplomatique. Le gouvernement autonome du Rojava s’est maintenant adressé au public mondial avec ses propres propositions, qui ont jusqu’à présent rencontré peu de réactions dans les médias. Le gouvernement autonome a proposé un compromis sécuritaire et le déploiement de forces de maintien de la paix dans le nord de la Syrie.

Évaluation militaire

Les préparatifs turcs pour la guerre sont très probablement terminés. Ce sera la première offensive turque qui ne prend pas son origine sur le sol turc. Ni Sehba ni Minbic ne bordent directement le territoire turc. A Shehba, les FDS se préparent à la guerre depuis des années ; il doit être bien préparé. La région est très vallonnée. Minbic est une grande ville avec de nombreux immeubles de grande hauteur et les FDS sont endurcis au combat de maison en maison à Manbij, à travers la bataille urbaine contre l’EI en 2016. La Turquie n’a jamais attaqué une si grande ville du Rojava. Les FDS seront certainement prêt à défendre héroïquement le Rojava contre une autre attaque à grande échelle.

JOUR J : L’invasion turque devrait bientôt commencer

Au cours des deux derniers jours, les ministres turcs des Affaires étrangères et de la Défense ont rencontré leurs homologues russes. Entre autres sujets, les plans de la Turquie d’envahir d’autres territoires de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie ont été discutés. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a déclaré que la Russie est « bien consciente des préoccupations de nos amis (la Turquie) concernant les menaces posées à leurs frontières par des forces extérieures, notamment en alimentant des sentiments séparatistes sur les unités américaines illégalement contrôlées en Syrie », indiquant que la Russie pourrait feu vert aux plans de la Turquie de prendre de nouvelles mesures pour occuper une zone de 30 kilomètres de profondeur dans le nord et l’est de la Syrie. La Turquie a récemment annoncé qu’elle avait achevé les préparatifs pour envahir les zones tenues par les FDS de Shehba et Tel Rifaat ainsi que la ville de Minbic.

En outre, des responsables turcs ont déclaré que la Turquie avait mis en place des conseils militaires responsables de l’invasion à venir, composés de membres de haut rang de leurs mercenaires islamistes familiers avec les régions. Dans les prochains jours, de nouvelles rencontres entre responsables turcs et russes devraient avoir lieu. À l’heure actuelle, les informations disponibles indiquent qu’une attaque turque pourrait être lancée à tout moment.

Nous, en tant que campagne RiseUp4Rojava, condamnons l’agression du fascisme turc qui est une menace pour tous les peuples de la région. Nous condamnons les jeux géopolitiques joués par l’OTAN impérialiste ainsi que l’impérialisme russe.

Nous appelons tous les démocrates, antifascistes, féministes, le mouvement écologiste et les militants anti-guerre à se préparer pour le jour J ; le jour d’une invasion par la Turquie du Rojava et de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. En cas d’attaque, nous donnerons le signal pour commencer à agir. Pour donner une réponse appropriée à une attaque, nous devons nous préparer maintenant et être prêts à bloquer, déranger et occuper les partisans du fascisme turc et à défendre les acquis de la Révolution !

À propos de la campagne « RiseUp4Rojava – Smash Turkish Fascism »

Depuis 2019, nous organisons une solidarité internationale avec le peuple du Rojava/Nord et Est de la Syrie.

Avec cette campagne, nous visons à surmonter les divisions politiques et à ouvrir un deuxième front contre le régime AKP-MHP dans les pays occidentaux qui soutiennent ce régime avec des armes, de l’argent et de la diplomatie. Sans ce soutien, l’État turc ne serait pas en mesure d’occuper le territoire du Rojava, de réprimer l’opposition civile en Turquie et au Kurdistan du Nord et ne pourrait pas non plus mener la guerre contre le mouvement de libération kurde dans les montagnes du Kurdistan.

Nous, en tant qu’internationalistes, considérons le soutien à la Révolution et au mouvement de libération kurde comme notre responsabilité et pour empêcher les pays occidentaux de soutenir le régime fasciste d’Erdogan.

Avec la campagne, nous appelons à la poursuite des actions de désobéissance civile contre ces entreprises d’armement, institutions financières et lieux de la relation politique des pays avec le régime AKP-MHP.

Au cours des 3 dernières années, des personnes et des collectifs du monde entier, de l’Afrique du Sud à l’Allemagne, du Brésil à la Suède, de la Catalogne au Royaume-Uni, nous ont rejoints et ont formé un réseau de plongeurs capables de faire pression sur les partisans du fascisme turc. Au cours des dernières années, plusieurs pays ont même cessé de fournir des armes à la Turquie après l’apparition de manifestations à grande échelle. Cela prouve une fois de plus que la solidarité est une arme puissante. »

 
ANF