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KURDISTAN DU SUD. La guérilla kurde annonce avoir abattu un hélicoptère et tué sept soldats turcs

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – La guérilla kurde a annoncé avoir abattu un hélicoptère de l’armée turque le mercredi à Mêtîna et tué sept soldats turcs lors d’opérations menées le 31 mai et le premier juin dans les régions de Mêtîna et Zap.
 
Le PKK déclare également que l’armée turque a utilisé des armes chimiques 33 fois à Zap et que les jets turcs ont mené 46 frappes contre le QG de la guérilla à Qandil.
 
Selon le centre de presse des Forces de défense du peuple (HPG, branche armée du PKK), un autre hélicoptère d’attaque de l’armée turque a été abattu. Lors des dernières actions de guérilla, sept soldats ont été tués et une position turque a été détruite. Les forces d’occupation ont utilisé des armes chimiques à 33 reprises contre des positions de guérilla dans la région de Zap et ont mené 46 frappes aériennes et des centaines d’attaques d’artillerie. Outre Zap et Metîna, des avions de chasse ont également bombardé plusieurs fois mercredi le village de Yekmal, à Gare, et le village de Şêxan dans la région de Kalatuka, à Qandil.
 

BRUXELLES. Débats et festivités pour célébrer les 10 ans de la révolution du Rojava

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BRUXELLES – Le 12 juin prochain, l’Union des Femmes Kurdes en Belgique (YJK-B) organise une journée de débats et de festivités pour célébrer les 10 ans de la révolution du Rojava alors que la région est sous le menace d’une invasion génocidaire planifiée par la Turquie.
 
Dans un communiqué, l’Union des Femmes Kurdes en Belgique (Yekîtiya Jinên Kurd ên Belçika – YJK-B) invite celles et ceux qui soutiennent la révolution féministe, pluraliste et avant-gardiste du Rojava à venir célébrer ensemble les 10 ans de la révolution du Rojava le dimanche 12 juin, de 16h à 22h, à l’espace DK, au 70 B, rue de Danemark, à Saint-Gilles, au sud de Bruxelles.
 
Voici le communiqué de l’YJK-B:
 
« 𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲 𝗺𝗮𝗿𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝟭𝟬 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝘃𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮𝘂 𝗥𝗼𝗷𝗮𝘃𝗮. 10 années de construction démocratique dans le nord-est syrien. Durant cette période, d’innombrables communes de quartier, des académies populaires, des coopératives, des maisons de femmes, des unités d’auto-défense populaire ont vue le jour.
 
Mais ces 10 années étaient aussi marquées par la guerre contre l’État islamique et ses cellules dormantes, par les incursions militaires turques, par un embargo économique. À l’heure actuelle, Erdogan renouvelle ses menaces d’une invasion massive de la région.
 
Autant dire qu’il est grand temps de faire le point sur les acquis de la révolution et les menaces qui pèsent sur la région actuellement.

Alors si vous voulez en savoir plus sur la révolution du Rojava, vous mettre à jour sur la situation actuelle, savoir comment vous impliquer – ou simplement apprendre des chants révolutionnaires kurdes –, cet événement est pour vous! »
 
Programme
 
𝟭𝟲𝗵: 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗶𝘀𝗰𝘂𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 avec des représentant·es du mouvement kurde, des activistes et des chercheu·ses
 
Situer le Kurdistan dans son contexte géopolitique
Connaître le mouvement des femmes kurdes et la jineolojî et leur rôle dans la révolution du Rojava
Point actualité sur la situation de guerre au Kurdistan
Présentation des campagnes de solidarité internationale en cours
 
𝟭𝟴𝗵: 𝗣𝗿𝗼𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗱𝗼𝗰𝘂𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 sur le Rojava et d’autres parties du Kurdistan
 
𝘔𝘢𝘹𝘮𝘶𝘳, 𝘧𝘭𝘦𝘶𝘳𝘪𝘳 𝘢𝘶 𝘥𝘦́𝘴𝘦𝘳𝘵
𝘐𝘳𝘢𝘬: 𝘳𝘦𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘢𝘶 𝘚𝘪𝘯𝘫𝘢𝘳, Mylène Sauloy, 2022, 25min
𝘞𝘰𝘮𝘦𝘯’𝘴 𝘙𝘦𝘷𝘰𝘭𝘶𝘵𝘪𝘰𝘯, 𝘒𝘰𝘯𝘨𝘳𝘢 𝘚𝘵𝘢𝘳, 2020, 24min
 
𝟮𝟬𝗵: 𝗠𝘂𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲
 

Mazloum Abdi appelle la communauté internationale à stopper l’invasion du Rojava par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – « La Turquie va nettoyer Tal Rifaat et Manbij [dans le nord de la Syrie] des terroristes [des Kurdes] » , a déclaré hier le président turc Erdogan qui a ajouté qu’ils allaient créer une « zone de sécurité » profonde de 30 km le long de la frontière turque qui équivaut un nouveau nettoyage ethnique similaire à celui opéré à Afrin et Serê Kanîyê qui ont été nettoyé de leurs habitants kurdes.
 
Le commandant général des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), Mazloum Abdi a exhorté la communauté internationale à stopper l’invasion du Rojava par la Turquie suite aux menaces d’Erdogan et l’intensification des bombardements de la région par les forces armées turques.
 
« Toute offensive divisera les Syriens, créera une nouvelle crise humanitaire »
 
Mazloum Abdi a déclaré ce matin sur Twitter que « Toute offensive divisera les Syriens, créera une nouvelle crise humanitaire » et appelé les États-Unis et la Russie, deux forces garantes en Syrie, à « prévenir tout nouveau drame et à soutenir la désescalade » .
 
Abdi a écrit : « Nous sommes préoccupés par les nouvelles menaces turques qui présentent un risque élevé pour le nord de la Syrie. Toute offensive divisera les Syriens, créera une nouvelle crise humanitaire et déplacera les habitants d’origine et les personnes déplacées. Une nouvelle escalade affectera également négativement notre campagne contre l’Etat islamique [DAECH / ISIS]. Nous appelons les acteurs à prévenir tout nouveau drame et à soutenir la désescalade. »

Alors que la partie russe ne s’est pas encore exprimée sur une éventuelle invasion turque de Manbij et Tal Rifaat, les Etats-Unis, par la voix du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, ont mis en garde contre une nouvelle offensive turque dans le nord de la Syrie qui «saperait la stabilité régionale».

ROJAVA. Les forces turques ont tué trois civils à Afrin en mai dernier

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SYRIE / ROJAVA – L’Organisation des droits de l’homme d’Afrin a signalé qu’en mai, les forces d’occupation turques avaient tué au moins trois civils dans le canton kurde d’Afrin.
 
Selon l’Organisation des droits de l’homme Afrin, en mai, les forces d’occupation turques ont tué au moins trois personnes, dont un enfant, à Afrin.
 
L’enfant aurait été forcé de se suicider et l’un des deux autres civils aurait été torturé à mort dans une prison.
 
La Turquie a établi un régime de terreur à Afrin depuis qu’elle a occupée en 2018. Les détentions, les extorsions, les pillages, les tortures, les arrestations arbitraires, les viols, les exécutions, les menaces et les migrations forcées sont devenus monnaie courante dans la ville.
 
Selon des organisations de défense des droits humains, les forces turques ont tué plus de 700 civils à Afrin depuis janvier 2018.
 

La Turquie intensifie ses bombardements après avoir échoué à lancer une nouvelle opération militaire contre le Rojava

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie a intensifié ses bombardements visant les Kurdes syriens après avoir échoué à lancer une nouvelle opération militaire contre le Rojava.
 
Matai Hanna, le porte-parole du Conseil militaire syriaque des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), a déclaré mardi que l’escalade turque sur les lignes de contact dans le nord-est de la Syrie est une réaction à l’échec de la Turquie à obtenir le feu vert pour une nouvelle opération militaire dans la région. Hanna a tenu les forces russes responsables des attaques turques, déclarant que le garant russe ne prend pas de « mesures sérieuses pour arrêter les violations et les crimes de guerre commis par la Turquie. »
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré le 23 mai que la Turquie lancerait bientôt une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie pour créer une « zone de sécurité » de 30 kilomètres le long de la frontière.
 
Cependant, le gouvernement turc a reporté, il y a deux jours, l’opération militaire sine die.
 
Hanna a déclaré que la Turquie tentait d’exploiter la préoccupation mondiale concernant le conflit russo-ukrainien, pour déplacer la population indigène du nord-est de la Syrie.
 
Selon des rapports sur les droits de l’homme, environ 300 000 habitants de Sere Kaniye (Ras al-Ain) et de Tel Abyad ont été déplacés de leurs foyers à la suite de l’invasion du nord-est de la Syrie par la Turquie et ses factions d’opposition affiliées (SNA) en 2019.
 
Hanna a déclaré que les forces turques ne respectent pas l’accord de cessez-le-feu qu’elles ont signé avec les parties américaine et russe en 2019.
 
Suite à l’opération militaire turque « Source de paix » en octobre 2019, qui s’est soldée par l’occupation des deux villes de Tel Abyad, au nord de Raqqa, et de Serê Kanîyê (Ras al-Ain), au nord de Hasakah, la Turquie a signé deux accords de cessez-le-feu , l’un avec la Russie et l’autre avec les États-Unis.
 
Les accords stipulent l’arrêt de toutes les hostilités là-bas et le retrait des FDS à 30 km de profondeur de la frontière turque en plus de mener des patrouilles conjointes turco-russes afin de surveiller la mise en œuvre des accords.
 
Pendant des jours, les forces turques ont intensifié les bombardements de villages dans la campagne nord d’Alep et dans la ville de Tel Tamer, au nord de Hasakah, au nord-est de la Syrie.
 
Les bombardements turcs ont entraîné de grandes destructions dans l’église assyrienne de la ville de Tel Tawil. Un certain nombre d’écoles, de maisons et de biens de résidents locaux ont également été endommagés, en plus d’une vague de déplacements sans précédent depuis ces villages.
 
La Turquie a cédé la place à des organisations extrémistes, composées de dirigeants des deuxième et troisième rangs de l’Etat islamique, et d’autres organisations, pour procéder à des enlèvements, des meurtres et des tortures dans les zones sous son contrôle, selon Hanna
 
Le porte-parole du Conseil militaire syriaque a tenu les forces russes pour responsables des attaques turques, déclarant : « Le garant russe ne prend pas de mesures sérieuses pour arrêter les violations et les crimes de guerre commis par la Turquie. »
 
Hanna a attiré l’attention sur la nécessité pour la communauté internationale et les pays concernés par la question syrienne de tenir pour responsables les forces turques qui commettent des crimes inhumains.
 

TURQUIE. Des femmes font du yoga dans des parcs contre l’interdiction de faire du yoga en public

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TURQUIE – Dans plusieurs villes turques, des centaines de femmes se sont rassemblées dans des parcs pour faire du yoga après qu’un groupe de femmes ait été empêché de faire du yoga dans un parc d’Eskişehir, dans le centre de la Turquie.
 
Près de 200 femmes réunies dans le parc Dede Korkut à Eskişehir se sont plaintes des interdiction croissantes influencées par des islamistes, après qu’un festival de musique de la ville a récemment été interdit suite aux appels de groupes religieux.
 
Dimanche dernier, des agents de sécurité privés du parc ont empêché les femmes de faire du yoga, citant une plainte déposée auprès du Centre de communication de la présidence (CİMER).
 
Plus tard, on a appris que le bureau du gouverneur est responsable de l’exploitation du parc et qu’il l’avait confié à Türk Dünyası Vakfı (Fondation mondiale turque).
 
La fondation a prétendu qu’une autorisation était nécessaire pour les événements de masse dans le parc et que les femmes avaient empêché le principe d’accès du parc au public et après les plaintes d’autres visiteurs.
 
Les femmes ont répliqué aux responsables du parc que la véritable raison de l’interdiction du yoga au parc était due à l’intolérance des autorités conservatrices à la liberté des femmes. Elles ont rappelé que dans cette même ville, un concert de la chanteuse kurde Aynur Dogan et un festival de musique Anadolu Fest avaient été annulés pour les mêmes raisons.
Les femmes ont dénoncé les interdictions touchant à l’art, aux libertés des femmes et les atteintes à la laïcité en Turquie.

La Ligue arabe ne réagit pas au projet d’Erdogan de créer une zone sans Kurdes en Syrie

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La politologue Hoda Rizk déclare qu’Erdogan veut créer une région sans Kurdes en Syrie et que la Ligue arabe ne réagit pas face à ce changement démographique qui est un crime de guerre selon les lois internationales. Quand à la position de l’Europe face au changement démographique opéré par la Turquie, elle déclare que l’Europe a besoin de la Turquie pour le conflit en Ukraine et que de ce fait, elle aussi laisse Erdogan réaliser ses projets criminels en Syrie.
 
La Turquie a ouvert largement ses frontières aux réfugiés syriens après la crise syrienne qui a éclaté en 2011, et a créé plusieurs organisations humanitaires sous prétexte d’aider les réfugiés syriens installés dans 13 camps, notamment l’organisation AFAD dirigée par Fouad Aktay, l’ONG IHH (İnsani Yardım Vakfı ou İnsan Hak ve Hürriyetleri) directement affilié aux renseignements turcs et à l’agence turque de coopération et de développement (TIKA) directement affiliée à la Présidence de la République. 
 
Suite à l’intervention militaire turque en Syrie et à son occupation de plusieurs régions syriennes, la Turquie y a établi plusieurs camps, notamment : le camp d’Atma, le camp de Qah, le camp d’al-Bab al-Hawa et d’autres camps à Azaz dispersés le long de la bande frontalière; Quant au nombre de réfugiés syriens sur le territoire turc, il n’y a pas de statistiques précises. La Turquie affirmait, en 2016, que le nombre de réfugiés syriens sur son territoire atteignait environ 3,6 millions, mais les autorités compétentes doutent de ce nombre, notamment parce qu’il n’existe pas de statistiques officielles émanant d’organismes neutres comme les Nations unies, par exemple.
 

La Turquie a utilisé la crise des réfugiés syriens comme une carte de chantage contre les pays européens. Elle a ouvert ses frontières, en 2015, ce qui a conduit à l’arrivée de centaines de milliers d’entre eux dans les pays de l’Union européenne, où près d’un million de réfugiés sont arrivés en Allemagne et ses les frontières. Par conséquent, l’Allemagne et les pays de l’Union européenne ont acquiescé à la Turquie et ont payé environ 3 milliards de dollars à la Turquie, en échange de la fermeture de ses frontières à l’afflux de réfugiés vers l’Europe.

 La Turquie a également recruté comme mercenaire des centaines de réfugiés syriens au sein des camps turcs, et les a plongés dans les guerres de la région en application de sa politique d’occupation, que ce soit en Syrie ou dans les pays voisins et autres pays.

 Les principaux pays d’asile syriens :

 1- La Grèce : C’est l’un des principaux bastions de réfugiés. En août 2015, la Grèce a accueilli près de 200 000 migrants, pour la plupart des Syriens, mais il a rapidement diminué de 40 % en 2021, selon les données du ministère grec de la Migration et de l’Asile.

 2 Pays arabes : Il existe de nombreux pays arabes qui accueillent des réfugiés syriens, mais bien sûr le nombre de Syriens dans les pays voisins augmente géographiquement, à l’exception de l’Irak, qui souffre également de crises multiples. La pression monte des réfugiés syriens sur le Liban et la Jordanie, qui se caractérisent par de faibles ressources, et l’étude attire l’attention sur les conditions inhumaines des Syriens dans les camps de ces pays.

 3- Turquie : La proportion de réfugiés syriens officiellement enregistrés auprès de l’État turc est estimée à 3,7 millions de Syriens, vivant en Turquie, et l’afflux continu de réfugiés syriens exerce une pression énorme sur les ressources turques.

 Les facilités offertes par la Turquie aux réfugiés et la politique qui était pratiquée sur leur droit d’atteindre l’Europe, les ont fait ne pas penser à retourner dans leur patrie, la Syrie, plus tard. Cela menace une hémorragie humaine massive, non moins dangereuse que le nombre de personnes tuées dans le conflit. Surtout si l’on se rend compte que la majorité des réfugiés sont universitaires et expérimentés, tout comme la Turquie a accordé la citoyenneté à un certain nombre de réfugiés syriens sur son sol ; Le 19 janvier 2019, le ministre turc de l’Intérieur Suleyman Soylu a annoncé dans une déclaration à l’Agence Anadolu lors d’une réunion sur la sécurité des élections locales que seuls les Syriens ayant obtenu la citoyenneté peuvent voter aux élections locales qui se sont tenues en mars, date à laquelle le nombre des Syriens qui ont obtenu la citoyenneté ont atteint 79 820 Syriens.

 Erdogan veut une zone sans Kurdes

Chercheuse en sociologie politique et en affaires turques et kurdes, Hoda Rizk a déclaré: « Il est clair que lorsque Recep Tayyip Erdogan faisait chanter l’Occident avec la carte de transfert, il voulait qu’ils prennent position sur le pourcentage de la zone tampon qu’il voulait. Il veut une grande zone, et cherche maintenant à établir des écoles, des universités, des mosquées et des hôpitaux à Azaz, Afrin et Jarabulus. Le projet est clair et explicite: il veut que cette zone soit exempte de Kurdes. »

 Qui sont ces réfugiés ?

 Récemment, Erdogan a déclaré que son pays se préparait à accueillir un million de « réfugiés syriens » et il y a plusieurs questions sur l’insistance de la Turquie à renvoyer les réfugiés sur leurs terres. « Ces réfugiés sont-ils les premiers habitants de la Syrie ? Ou des personnes fidèles à la Turquie ? Aujourd’hui, plus de 500 000 personnes sont retournées dans les régions de Jarablus et d’Al-Bab, la plupart d’entre elles sont des Syriens fidèles au Parti de la justice et du développement » , a déclaré Rizk.

Elle a indiqué qu’Erdogan s’était engagé auprès des États du Golfe, lors d’une visite, à reconstruire des villages entiers dans les zones qu’il occupait. Elle a souligné : « Dans ces villages aussi, la composante kurde leur sera retirée et ils seront un refuge pour les migrants, pas tous les migrants qui sont allés en Turquie, mais ceux qui appartiennent à l’Armée libre et aux femmes de l’Armée libre, ainsi que les mouvements islamistes qui opèrent encore sous la bannière de la Turquie. Qui résidera dans ces zones ? Erdogan prétend que cette terre appartient toujours à la Syrie, mais en réalité les habitants de cette terre serviront de barrière de sécurité pour la Turquie, et serviront de barrière tampon entre lui et les zones kurdes. Il veut prendre cette zone tampon sous prétexte qu’il combat le PKK. »

 La Syrie devrait exiger que la Turquie quitte son territoire

Rizk affirme que : « L’Etat syrien doit exiger la sortie de la Turquie de ses terres, et considérer la présence turque comme une occupation ». Elle a évoqué le rôle du Golfe dans le soutien à l’occupation turque, et a indiqué que les pays du Golfe ont commencé à financer ce projet parce qu’Erdogan prétend que ce sont les sunnites qui ont émigré en Turquie pour les protéger de l’oppression du président al-Assad et d’autres sectes, prétendant qu’il défend les sunnites sans mentionner qu’il fait ce travail est fait dans le but d’éloigner les Kurdes des frontières, et deuxièmement d’être un barrage impénétrable entre lui et les Kurdes. »

 Huda Rizk a souligné que la politique menée par la Turquie occupante est dangereuse, d’autant plus qu’elle affecte la sécurité de la Syrie, et pas seulement son intégrité territoriale, et que même si cette région reste la Syrie, elle affecte en fait la sécurité de l’État syrien et le changement démographique. Il y a ceux qui essaient de jouer avec la démographie syrienne, ajoutant : « Si cette affaire concerne l’Etat syrien, veut-il vraiment récupérer ces zones et la population, ou laisse-t-il les rênes à Erdogan ? »

 La Ligue arabe n’attache pas d’importance à cette question

 Hoda Rizk a indiqué que la Ligue arabe n’attache pas d’importance au projet de colonisation turque en raison de sa préoccupation pour la guerre au Yémen et de ses préoccupations internes en Turquie où l’économie va très mal et la majorité des Turcs subissent une pauvreté galopante.

Elle a évoqué la politique d’Erdogan envers les pays arabes et a déclaré : « Aujourd’hui, Erdogan a rétabli les relations avec les pays arabes, les Émirats et l’Algérie et a rétabli les relations avec l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, il aspire à rétablir la relation avec l’Égypte, qui avait des conditions, dont la plus importante était l’expulsion des Frères musulmans de Turquie. Il y a aussi d’autres conditions liées à la Libye, si ces conditions sont remplies, il y aura un retour aux relations turco-égyptiennes. Nous n’oublions pas que les pays arabes ont continué à importer commercialement de la Turquie, mais sur le plan politique, ils étaient différents avec eux, sauf que l’Arabie saoudite a également facilité ses importations commerciales. »

 Huda Rizk a noté : « À la lumière de ces relations (…); nous avons vu comment la dernière fois il a rétabli de bonnes relations avec l’Algérie, et il semble que les relations arabo-turques reviennent à une époque de zéro problème. Erdogan promeut maintenant que les Kurdes représentent une menace pour l’unité des pays arabes et celle de la Turquie, donc je ne pense pas que les pays arabes soient la source d’objection de ce côté et de l’autre côté, Recep Tayyip Erdogan dit qu’il ne veut pas couper la terre, mais est en train d’établir ce changement démographique. »

 La vraie position européenne

 Rizk a attiré l’attention sur la véritable position européenne sur ce projet : « Aujourd’hui, les pays européens sont dans une bataille avec la Russie. Il y a des différences entre l’Europe et la Turquie, en même temps cela donne de l’importance à la position stratégique de la Turquie et à son intérêt. C’est vrai que Recep Tayyip Erdogan a essayé d’être modéré et qu’il fournit des armes à l’Ukraine et donne de la douceur aux Russes sur le bout de sa langue. Parce qu’il considère que [des États européens] protègent les dirigeants kurdes du PKK, alors il [l’utilise comme arguments contre les pays européens (…)], essayant de prendre des gains politiques sur les Européens qui ont besoin de la position stratégique de la Turquie. »

 Rizk a noté que l’Europe a besoin de la Turquie et d’Erdogan, et ne pense pas qu’ils agiront contre Erdogan, d’autant plus que la conférence de Bruxelles et les pays donateurs n’ont pas bougé le doigt sur le plan des réfugiés syriens, et a déclaré : « Je pense que l’Europe soutient le retour de certains d’entre eux, et je pense que le partenariat est très profond entre les Européens et Erdogan, surtout aujourd’hui à la lumière de la guerre russo-ukrainienne et du besoin européen de la position de la Turquie, en particulier pour Erdogan, qui cherche à être dans une zone de compromis, et cette zone tend vers les Européens, et nous n’oublions pas qu’il fait partie de l’OTAN. »

 

ANHA

ROJAVA. La Turquie abandonne le sud et l’ouest d’Afrin au groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie a abandonné le sud et l’ouest du canton kurde d’Afrin au groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) d’après les Forces démocratiques syriennes.
 
​​​​​​​Le Centre des médias des Forces démocratiques syriennes (FDS) a annoncé hier que les mercenaires du groupe islamiste Hay’at Tahrir al-Sham contrôlent les zones au sud et à l’ouest d’Afrin, après un accord passé avec des mercenaires de « l’Armée nationale Syrienne » parrainés par la Turquie.
 
 

ROJAVA. Un drone turc frappe une clinique pour femmes à Tall Rifaat

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SYRIE / ROJAVA – Un drone turc a ciblé une clinique pour femmes à Til Rifet, dans le canton kurde de Shehba où sont réfugiés des centaines de milliers de Kurdes qui ont été chassés d’Afrin par la Turquie en 2018.
 
Une clinique pour femmes a été attaquée par un drone turc dans la ville de Tel Rifaat, Shehba, ce matin. Il s’agit de la 40e attaque de drones turcs visant le Rojava en 2022, et la 7e sur Tel Rifaat au cours de cette période. Aucune victime n’a été signalée, mais la clinique a été gravement endommagée.

FRANCE. Les Kurdes manifesteront le 11 juin pour défendre le Kurdistan et la révolution

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelle à manifester à Paris, Marseille, Montpelier, Toulouse, Bordeaux, Reims, Lille et Renne le 11 juin « contre la guerre au Kurdistan, pour défendre le Kurdistan et la Révolution. »
Voici le communiqué du CDK-F appelant à manifester pour le Kurdistan:
« Contre la guerre au Kurdistan, Pour défendre le Kurdistan et la Révolution
Appel à une journée d’action mondiale le 11 juin 2022
« Depuis le 14 avril 2022, le gouvernement turc mène une opération militaire dans plusieurs régions du Bashûr (Kurdistan d’Irak), avec l’objectif principal de frapper les forces du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Cette campagne militaire s’inscrit en outre dans le projet turc de reconstitution des frontières de l’empire ottoman à travers l’annexion des territoires kurdes du nord de l’Irak.
Dans le même temps, le régime de Recep Tayyip Erdogan poursuit son agression militaire contre le Rojava (Kurdistan de Syrie), au mépris total du droit international et de la souveraineté nationale des pays voisins. Là encore, il ne cache pas son ambition d’expansion néo-ottomane, visant particulièrement la ville martyre de Kobanê, symbole de la résistance contre l’État islamique (EI).
Dans le cadre de la reconfiguration de l’ordre géopolitique mondial, les grandes puissances internationales dénoncent l’invasion russe en Ukraine. Cependant, ces mêmes puissances restent muettes concernant l’invasion militaire de la Turquie au Kurdistan. Ce deux poids deux mesures révèle un entrelacement d’intérêts et de rivalités pour l’hégémonie, au détriment des peuples, une politique que nous ne pouvons pas cautionner par notre silence.
L’utilisation d’armes chimiques, le changement démographique, le nettoyage ethnique, les bombardements systématiques et les frappes ciblées de drone sont autant d’éléments de la machine de guerre déployée par la Turquie à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières contre la population civile et les combattant-e-s kurdes. Parallèlement à ces crimes de guerre, le régime d’Erdogan continue son chantage à l’égard de l’Europe, utilisant les réfugiés comme monnaie d’échange pour éviter les condamnations et les sanctions.
Au Kurdistan, il y a un peuple organisé qui résiste à la seconde armée de l’OTAN, à ses alliés du clan Barzani et à ses mercenaires et supplétifs djihadistes.
Nous appelons toutes les personnes solidaires du peuple kurde à manifester, où qu’elles se trouvent, le 11 juin 2022, par n’importe quel moyen pacifique, pour dénoncer la politique impérialiste et répressive de l’État turc.
Nous appelons aussi à défendre le processus révolutionnaire initié au Kurdistan, dont le paradigme repose sur la libération des femmes, la démocratie directe et un mode de vie écologique, comme expressions d’une société libre. Une révolution sociale dans tous les aspects de la vie, qui aspire à éradiquer la mentalité patriarcale, capitaliste et coloniale des sociétés, et qui est devenue une source d’inspiration pour de nombreux mouvements en lutte pour la libération et le droit à l’autodétermination des peuples.
#DefendKurdistan« 
 
 
Voici les lieux des manifestations du 11 juin:
 
 
Paris, 14h
 
Place de la République
 
 
Marseille,14h
Réformés Canebière
 
 
Montpelier, 19h
Parc du Peyrou
 
 
Toulouse, 14h
Gare Matabiau
 
 
 
 
Bordeaux à 14h
Place Stalingrad
 
 
Rennes à 13h
Charles de Gaulle
 
 
Reims à 18h
Gare centrale
 
 
Lille à 15h
Place de la République
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Administrer la révolution du Rojava au milieu de menaces en tout genre

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Les droits des femmes, des minorités religieuses, la lutte contre DAECH, menaces d’invasion turques visant les Kurdes du Rojava, l’aide que la communauté internationale peut apporter à la région… la coprésidente du Conseil exécutif de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, Emine Osê explique pourquoi et comment le monde doit soutenir le système pluraliste et démocratique du Rojava dans une interview accordée à Shilan Fuad Hussain.
 
Administrer la révolution du Rojava : une entrevue avec Emine Osê
 

Emine Osê, est la coprésidente du Conseil exécutif de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), communément appelée Rojava. Dans cette interview, elle a été interrogée sur un éventail de sujets allant des droits des femmes à la lutte contre l’EI, aux attaques turques en cours et aux volontaires internationalistes. En tant que l’une des femmes kurdes menant l’expérience démocratique la plus inspirante au Moyen-Orient, ses remarques aident à éclairer les luttes et les succès qui se déroulent dans tout le Kurdistan occidental, qui ont une pertinence pour l’Amérique et le monde entier.

Q :Pour les Américains qui ne connaissent pas l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), pouvez-vous décrire brièvement ce que c’est ?

R : Nous sommes l’organe directeur démocratique du nord et de l’est de la Syrie, qui veille à ce que les droits de tous soient protégés. Pour les Américains, ils doivent également savoir que nous avons été le principal acteur de la coalition internationale dirigée par les États-Unis pour vaincre le terrorisme de l’EI et que nous avons sacrifié des milliers de héros pour mettre fin à leur règne de terreur. Le peuple américain devrait nous soutenir et pousser son gouvernement à renforcer ses liens politiques et économiques avec notre administration, car nous avons été des partenaires fidèles dans la lutte contre le terrorisme de l’EI.

Q : L’AANES a récemment fait de la Journée internationale de la femme (8 mars) une fête nationale au Rojava. Pouvez-vous expliquer l’importance de cette décision et comment les femmes sont plus libres dans le nord et l’est de la Syrie que dans d’autres parties du pays ?

R : La Journée de la femme pour notre peuple est une fête nationale et communautaire. Parce que notre révolution est avant tout une révolution des femmes. Une révolution menée par des femmes libres, qui incarnent toutes les responsabilités historiques qui accompagnent une cause aussi sacrée. L’un de nos principaux objectifs est de renforcer le leadership moral et politique des femmes. Grâce aux expériences des années précédentes, de 2012 à aujourd’hui, les femmes du Rojava sont devenues une source d’inspiration pour le monde entier. L’une des principales raisons est les YPJ, qui ont joué un rôle central dans la défaite de l’Etat islamique. Un autre est notre système de coprésidence de l’administration qui garantit une participation égale des femmes dans chaque département et institution. Les femmes du Rojava sont celles qui décident de leur propre destin et de leur destinée.

Q : Depuis le début de 2022, l’armée turque a mené 30 frappes de drones et bombardements d’artillerie sur des endroits comme Ain Issa, Manbij et le canton de Shehba, tuant 9 personnes et blessant 28 personnes. Pouvez-vous discuter de la manière dont ces attaques affectent les habitants des zones AANES ?

R : Oui, c’est vrai. En fait, l’armée d’occupation turque commet des crimes de guerre depuis des années depuis le début de la crise syrienne. Les forces soutenues par la Turquie commettent un crime après l’autre à Afrin, Ras al-Ain, Tal Abyad et dans toutes les zones qu’elles occupent et oppriment. Même à l’intérieur des zones de désescalade, nous constatons de nombreuses violations des droits de l’homme. Cela montre les failles des soi-disant cessez-le-feu et des protocoles d’accord qu’Ankara a conclus avec Washington et Moscou. Depuis octobre 2019, lorsque la Turquie a occupé Ras al-Ain et Tal Abyad, leur grand plan est clair. Ils veulent réaliser le serment ottoman Misak-ı Millî [pacte national ou serment national. C’est l’ensemble des six décisions prises par le dernier mandat du Parlement ottoman en 1920] de 1920, qui considère les terres du nord de la Syrie et du nord de l’Irak (d’Alep à Mossoul) comme faisant partie de la Turquie. Pour ce faire, Ankara vise notre région avec des attaques pour déstabiliser la société et créer une atmosphère d’horreur, ce qui oblige les civils à fuir. 

Q : La Turquie a récemment lancé une invasion du Kurdistan du Sud (nord de l’Irak) et a également menacé d’attaquer le Rojava. La Russie ou les États-Unis ont-ils donné à votre administration l’assurance qu’ils empêcheraient une invasion terrestre turque des zones de l’AANES ? Et quelles actions voudriez-vous voir Moscou et Washington faire pour empêcher cela ?

R : Il faut d’abord reconnaître que l’invasion turque du Kurdistan du Sud (région kurde du nord de l’Irak) et les attaques constantes contre nos régions sont des violations flagrantes de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif à la légitime défense. Ils sont illégaux au regard du droit international et doivent être considérés comme tels. Quant aux assurances, nous n’en avons reçu aucune de Washington ou de Moscou, qui portent tous deux une part de responsabilité dans les actions d’Ankara, puisqu’ils ont conclu des accords avec la Turquie concernant leurs assauts sur ces zones. En fin de compte, si les États-Unis ou la Russie continuent d’échouer à arrêter les crimes de guerre de la Turquie, nous devrons défendre unilatéralement nos gains et assurer notre sécurité militairement en expulsant les forces turques. Cependant, nous aimerions résoudre ces problèmes diplomatiquement sans effusion de sang, et nous sommes ouverts au dialogue, mais il est important que la Turquie cesse d’abord son intimidation systématique et se retire de toutes les zones syriennes qu’elle occupe illégalement.

Q : Le camp d’Al Hol abrite actuellement 56 000 prisonniers liés ou fidèles à l’État islamique (dont la moitié sont des mineurs). Comment l’AANES s’assure-t-elle que ces jeunes ne deviendront pas la prochaine génération de combattants de l’EI ? Et de quelles manières l’AANES aimerait-elle que les États-Unis et l’UE aident à résoudre ce problème important ?

R : Al Hol est une dangereuse bombe à retardement pour le monde entier. Chaque jour, nous sommes confrontés à des dangers effrayants de ce camp. L’incident le plus récent a été une tentative d’évasion de la prison industrielle de Hasaka, qui aurait pu libérer des milliers de criminels de l’Etat islamique sur le globe. En tant qu’administration, nous avons à plusieurs reprises indiqué nos solutions : (1) Chaque pays devrait accepter le retour de tous les détenus qui détiennent leur nationalité. (2) La coalition anti-ISIS des nations devrait aider à construire un tribunal international du terrorisme, afin que les militants de l’ISIS puissent bénéficier d’un procès équitable et que leurs victimes puissent obtenir justice. (3) L’Administration a besoin d’une assistance internationale pour aider à la réhabilitation des enfants liés à l’EI, afin qu’ils puissent éventuellement être réintégrés dans la société.

Q : En janvier, l’Etat islamique a tenté de sauver des milliers de ses prisonniers d’une prison à Hesekê. De quelles manières l’Etat islamique fait-il son retour dans le nord et l’est de la Syrie ?

R : La Turquie essaie de ressusciter l’Etat islamique pour l’utiliser comme mandataire contre nous, comme elle l’a fait auparavant. Depuis la libération de Baghouz, nous avons découvert des centaines de passeports détenus par des combattants de l’Etat islamique avec des tampons de l’aéroport international Atatürk d’Istanbul. La Turquie devrait être considérée comme la principale partie responsable de l’organisation, du rassemblement, de la formation et de la direction de l’EI dans toute la Syrie. Nous avons publié de nombreux rapports contenant des preuves complètes documentant ce problème.

Q : Le 17 avril, l’AANES a souhaité à tous les chrétiens une joyeuse Pâques. De quelles manières l’AANES assure-t-elle la protection et les pleins droits des chrétiens du nord et de l’est de la Syrie ?

R : Garantir les droits religieux de tous est un élément crucial de notre Administration. Nous affirmons que l’autogestion de tous les groupes ethniques et religieux est d’une importance primordiale pour nous, afin de garantir que toutes les cultures de notre communauté au nord et à l’est de la Syrie se sentent représentées et en sécurité. Si vous revenez au Contrat social original qui donne à notre Administration son mandat du peuple, vous verrez que les droits des chrétiens sont pleinement protégés. Pour garantir cela, nous avons adopté une démocratie qui cherche à protéger les droits de toutes les zones géographiques, de tous les groupes religieux et de toutes les ethnies. Pour ce faire, nous avons à la fois des élections et des quotas convenus pour nous assurer que tous les groupes sont représentés et entendus, malgré leur taille. Aucun groupe n’est exclu de notre démocratie.

Q : Des internationalistes du monde entier ont récemment tenu leur première conférence internationaliste du Rojava et ont expliqué comment ils ont été inspirés par la révolution du Rojava. De quelles manières les gens à travers le monde peuvent-ils aider le Rojava et s’ils veulent s’y rendre pour aider, comment peuvent-ils le faire ?

R : Nos supporters internationaux peuvent aider de plusieurs manières. (1) Organiser des conférences dans le monde entier qui montrent le rôle central que le Rojava et sa révolution ont joué dans la défaite du terrorisme de l’EI et la création de l’égalité des sexes. (2) Soutenir la sécurité et la stabilité de l’administration autonome en faisant pression pour que toutes les sanctions contre le régime syrien soient levées de nos régions et encourager les nations à former des partenariats économiques directs avec nous. (3) Accroître la représentation des internationaux dans notre région en voyageant ici et en se joignant au travail culturel, civil et économique de notre projet. (4) Faire pression sur la Turquie pour qu’elle mette fin à son occupation brutale et cesse de menacer notre région. (5) Faire pression sur le régime d’Assad pour qu’il accepte un dialogue sérieux pour mettre fin complètement à la guerre en Syrie et établir l’autonomie dans nos régions.

Shilan Fuad Hussain est une universitaire interdisciplinaire spécialisée dans les études du Moyen-Orient et du kurde. Son travail se situe à l’intersection de la sociologie et de l’analyse culturelle, et de sa pertinence symbiotique pour la société moderne. L’objectif principal de sa recherche a été d’examiner les impacts sociétaux de la politique et des conflits, le genre et la diaspora. En tant que femme kurde qui a grandi en Irak au milieu de la guerre avant de partir pour la diaspora, ses expériences personnelles ont façonné sa vision du monde et ses perspectives uniques sur les débats culturels et politiques actuels.

 
Article publié en anglais sur le site Washington Kurdish Institute

La soprano kurde, Pervin Chakar est en concert à Paris le 24 juin 2022

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PARIS – La diva kurde, Pervin Çakar sera en concert à la Salle Cortot, à Paris, le 24 juin prochain pour interpréter des chants lyriques du Kurdistan ainsi que des airs d’opéra européens.
 
A cette occasion, la soprano kurde Pervin Chakar sera accompagnée de Juliette Journaux au piano et Arsen Petrosyan au duduk ((instrument à anche double).
 
Pour pouvoir assister à ce concert exceptionnel, il vous est fortement conseillé de réserver vos billets dès maintenant auprès de l’Institut kurde. Les billets sont en vente sur en ligne et au siège de l’Institut.
 
Voici le répertoire complet du concert du 24 juin:
 
Ave Maria de Giulio Caccini
Lay Lay – Chanson kurde
Pièce en forme de Habanera de Maurice Ravel
Lo Şivano – Chanson kurde
Les chemins de l’amour de Francis Poulenc
Dar Hejîrokê – Chanson kurde
Çaye Berbena – Chanson kurde
Je te veux d’Erik Satie
Derwêşê Evdî – Chanson kurde
Dalaleh – Chanson assyrienne
Qani Vur Djan de Sayat Nova (en arménien)
Giuditta: Meine lippen sie küssen so heiß de Franz Lehar
Duduk solo
Heyran Jaro – Chanson kurde
Keleşo – Chanson kurde
Les filles de Cadix de Léo Delibes
Çendi geram le şaran – Chanson kurde
Hey Canê – Chanson kurde
Duduk Solo
Gianni Schicchi: Oh mio babbino caro de Giacomo Puccini
Romanî – Chanson kurde
Ez kevok im – Chanson kurde
 
RDV le vendredi 24 juin 2022, à 20:30
A la Salle Cortot
78 rue Cardinet 75017 Paris
Métro : Pont Cardinet 14, Malesherbes 3
 
Qui est Pervin Chakar ?
 
Pervin Chakar est née dans la ville de Derik de la province kurde multiconfessionnelle de Mardin. Après le conservatoire d’État d’Ankara, elle est allée en Italie pour étudier à l’Accademia D’arte Lirica et plus tard à l’Accademia Musicale Umbria de Perugia. En 2007, elle a obtenu son diplôme au conservatoire F. Morlacchi de Pérouse et a terminé son master dans le même conservatoire.
 
Elle a participé aux masterclasses de chanteurs d’opéra de renommée mondiale tels que Luciana Serra, Montserrat Caballé, Mietta Sighele, Veriano Lucchetti, Tiziana Fabbricini, Salvatore Fisichella, Edda Moser et Lella Cuberli.
 
Elle a participé à des concerts et des opéras au Teatro Rosetum de Milan, au Teatro Politeama Greco di Lecce, au Teatro Comunale di Bologna, au Teatro La Fenice de Venise, au Teatro Verdi di Trieste, au Theater An Der Wien, au Teatro Alla Scala de Milan et sur de nombreuses autres scènes.
 
La soprano kurde primée en Italie Pervin Chakar tout en se faisant connaître sur les scènes d’opéra internationales, elle s’est également concentrée sur l’héritage musical de son pays natal. Elle a enregistré des singles en travaillant à la réinterprétation de la musique kurde sous forme de musique occidentale.
 
Elle s’est produite sur de nombreuses scènes lyriques de l’Europe, chantant entre autres en kurde, en allemand, en italien aussi qu’en arménien, en syriaque, en turc, en ukrainien et en yiddish.
 
Pervin Chakar vient à Paris pour son tout premier récital dans la ville.
 
106, rue La Fayette, F-75010 Paris
M° Poissonnière – Gare du Nord – Gare de l’Est