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Questions ouvertes après l’attentat de Paris

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« La population kurde ne vit plus en sécurité en Europe. Les Kurdes ne sont pas seulement persécutés et opprimés dans leur pays d’origine. Au cœur de l’Europe, ils sont la cible des fascistes et des services secrets turcs. »

PARIS – Après le massacre de Paris du 23 décembre dernier visant les militants kurdes, un militant du Centre kurde des relations publiques à Berlin dit que les Kurdes ne sont pas seulement choqués par ce nouveau massacre les visant sur le sol français, mais également en colère et qu’ils ne font plus confiance aux autorités de sécurité françaises.

Les militants kurdes, Emine Kara (Evin Goyî), Şirin Aydın (Mîr Prwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus lors de l’attentat terroriste du 23 décembre, au centre kurde de la rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris. Un fasciste français de 69 ans, récemment sorti de prison, a pris pour cible le centre culturel kurde Ahmet Kaya, puis un restaurant et un salon de coiffure tenus par des Kurdes. Dans le salon de coiffure, il a été maîtrisé par des employés lorsqu’il a tenté de recharger son arme. Il s’agit d’une attaque visant la communauté kurde de Paris.

Le militant kurde, Mako Qocgiri déclare qu’ils sont en colère et n’ont pas confiance en les autorités de sécurité françaises à cause de ce nouveau massacre survenu près de 10 ans après celui de la rue Lafayette visant 3 militantes kurdes tuées le 9 janvier 2013. Il a écrit:

« L’assaillant aurait été emmené en voiture dans la rue [d’Enghien ou se trouve le Centre culturel kurde Ahmet Kaya]. Qui l’a conduit jusqu’à là-bas ? En tout cas, la cible de l’attaque ne semble pas avoir été une coïncidence. On veut savoir qui est derrière cette attaque ! Est-il possible que les services secrets turcs [MIT] soient impliqués ? Nous exigeons une enquête complète !

L’auteur était en prison pour une attaque contre un camp de tentes de migrants, a été libéré de prison peu de temps avant l’attaque, a pu se procurer une arme et perpétrer un tel massacre sans encombre. Pourquoi cette personne n’était-elle pas sous surveillance (…) après sa sortie de prison ? Pourquoi a-t-il pu agir aussi librement ?

Il y a eu récemment des menaces de fascistes turcs contre le Centre culturel kurde de Paris. Ceux-ci ont été transmis aux autorités de sécurité françaises. Pourquoi cela n’a-t-il pas été suivi ? Le Centre culturel kurde n’est-il pas surveillé par les services de sécurité français ? (…)

L’attentat d’hier s’inscrit dans la continuité des meurtres de 2013. La population kurde ne vit plus en sécurité en Europe. Les Kurdes ne sont pas seulement persécutés et opprimés dans leur pays d’origine. Au cœur de l’Europe, ils sont la cible des fascistes et des services secrets turcs, mais aussi des appareils de répression étatiques. »

Le journaliste Amed Dicle a également listé une série de questions soulevées par le massacre de Paris qu’il déroule ainsi:

1- L’assaillant est sorti de prison le 12 décembre. Il aurait dû être sous surveillance policière; comment a-t-il réussi à planifier cette attaque en dix jours ?

2- Où a-t-il obtenu l’arme à feu et tant de balles ? Comment est-il allé de chez lui à la rue où l’attaque a eu lieu avec un sac remplis de munitions ?

3- Il a été dit qu’il s’est rendu sur les lieux de l’attentat en voiture. A qui appartenait cette voiture ? Qui l’a déposé là-bas ?

4- Il devait y avoir une réunion à laquelle assistaient 60 personnes au moment où il a attaqué sa première cible, le centre culturel Ahmet Kaya. L’agresseur était-il au courant de cette réunion ? (La réunion devait avoir lieu pour l’anniversaire de l’attentat du 9 janvier). S’il était au courant, où a-t-il obtenu l’information ? Son sac était-il remplis de balles parce qu’il était au courant de la réunion ?

5- L’assaillant connaissait-il la femme politique kurde de 34 ans Evin Goyi, qu’il la ciblait en particulier et revenait vers elle pour lui tirer d’autres balles après être allé un peu plus loin ?

6- Après cela, l’agresseur a attaqué le café Avesta dans la rue. A-t-il ciblé cette entreprise notamment parce qu’il savait que son propriétaire faisait également partie du comité de direction du Centre culturel kurde ?

7- Il s’est alors tourné vers le salon de coiffure, car les gens là-bas étaient également liés à l’association kurde. Si son motif était le racisme, pourquoi s’est-il dirigé vers les barbiers à 100 mètres alors qu’il y avait d’autres magasins entre les deux ?

8- En résumé : S’il avait des motifs racistes, pourquoi n’a-t-il attaqué que des Kurdes, et pourquoi n’a-t-il attaqué que des personnes spécifiques parmi les Kurdes ?

9- En examinant les questions ci-dessus dans leur ensemble, n’est-il pas clair qu’il ne s’agissait pas d’une attaque ordinaire, et non pas celle d’une seule personne, mais le travail d’une équipe professionnelle ?

10- Une question plus simple : Y a-t-il une personne ou des personnes au sein du dispositif étatique français qui y sont liées ? Comme nous ne doutons pas que les renseignements turcs [MIT] étaient derrière l’attaque, nous ne prenons pas la peine de poser cette question.

11- Pourquoi ne nous dit-on pas avec qui l’agresseur était détenu lorsqu’il était en prison jusqu’au 12 décembre. Y avait-il des membres de l’EI parmi eux ?

12- L’agresseur a été emprisonné jusqu’au 12 décembre puis relâché, alors pourquoi n’a-t-on pas fait à ce moment-là de constats ou de procès-verbaux à l’effet que son état de santé n’était pas favorable, alors qu’il a été placé sous soins psychiatriques après avoir attaqué les Kurdes ?

13- Et la dernière question : Les Kurdes et leurs amis ont organisé un rassemblement sur la place de la République le 24 décembre. Un minibus blanc se déplaçait au milieu de ce rassemblement [avec quelqu’un qui] faisait le signe des racistes turcs les Loups Gris, un symbole d’hostilité envers les Kurdes. C’est après cela que les troubles ont commencé et que des scènes désagréables ont éclaté. Comment ce minibus est-il arrivé là ? Un autre massacre était-il prévu ou s’agissait-il d’un acte de provocation visant à criminaliser les Kurdes ?

14- La déclaration du ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu en référence à cet attentat où il a dit : « Nous mettrons fin au terrorisme dans le monde entier » sera-t-elle versée au dossier ? Parce qu’aux yeux de Soylu et du gouvernement [turc], tous les Kurdes entrent dans la catégorie des « terroristes »

Evin Goyi (Emine Kara), qui a été assassinée dans l’attaque, était une commandante importante dans la lutte contre l’Etat islamique dans le nord de la Syrie. Elle y fut blessée à plusieurs reprises. Elle est venue en France pour se faire soigner des blessures. Elle recevait un traitement et elle travaillait également pour le compte du mouvement des femmes kurdes là-bas. Sa demande d’asile auprès de l’État français a été rejetée. Pourquoi? Pourquoi, lorsque l’État turc a publié un bulletin rouge pour Evin Goyi, l’État français a-t-il ouvert la voie au régime d’Erdoğan pour la cibler ? Pour quelles raisons ? Au profit de qui ?

 

Massacre de Paris: « Les affrontements pendant la marche kurde sont le résultat d’une provocation »

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PARIS – Le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a déclaré que les affrontements lors de la protestation après le meurtre de trois militants kurdes étaient le fruit d’une provocation.

Les militants kurdes, Emine Kara (Evin Goyî), Şirin Aydın (Mîr Prwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus lors de l’attentat terroriste du 23 décembre, au centre kurde de la rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris. Le lendemain, lors de la manifestation sur la place de la République, il y a eu des affrontements et incendies sur la voie publique. Pour le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, ces événements sont le fruit d’une provocation.

La tension est née en raison de la provocation d’un individu qui a fait le signe des Loups Gris, une formation paramilitaire fasciste affiliée à l’Etat turc.

S’adressant à BFM TV, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a déclaré: « L’action s’est poursuivie normalement avec la participation de personnalités politiques. »

Nunez a déclaré que les événements se sont déroulés un peu après 13 heures pour une raison qui serait provoqué par des individus [des fascistes turcs] venus à bord d’une camionnette sur les lieux et qu’ils allaient clarifier tout cela.

Affirmant que certains des militants ont affronté la police sur un autre boulevard, Nunez a déclaré: « Encore une fois, il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’une provocation. »

Déclarant que 11 personnes ont été arrêtées, Nunez a ajouté que ceux qui sont entrés dans le conflit étaient également un petit groupe, et a souligné que les organisateurs de l’action ont tenté d’empêcher les débordements.

Nunez a déclaré que 31 policiers ont été légèrement blessés dans les incidents mais n’ont nécessité aucune intervention médicale. (ANF)

 

LORIENT. Manifestation contre l’attentant terroriste de Paris

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LORIENT – L’association kurde de Lorient appelle à manifester pour condamner l’attentant terroriste de Paris du 23 décembre et pour exiger que les autorités françaises trouvent les commanditaires qui sont derrière cet acte barbare qui frappe de nouveau le peuple kurde à la veille du 10e anniversaire de l’assassinat de 3 militantes kurdes, toujours à Paris…

L’association kurde de Lorient appelle à « s’opposer à l’État fasciste turc qui exporte sa terreur sur le sol français ».

RDV le lundi 26 décembre, à 18h00
Place Aristide Briand, devant la FNAC
LORIENT

« Action terroriste rue d’Enghien: saluons les victimes et parmi elles une héroïne »

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PARIS – Suite à l’attentat terroristes visant les militants kurdes, la LDIF – Ligue du Droit International des Femmes rend hommage à Evîn Goyî (Emine Kara), combattante venue du Rojava pour des soins en France et qui fut tuée hier au centre culturel kurde Ahmet Kaya, à Paris.

Voici le communiqué de la LDIF:

« Action terroriste rue d’Enghien: saluons les victimes et parmi elles une héroïne

Emine Kara, militante kurde fait partie des trois personnes assassinées lors de la fusillade de la rue d’Enghien à Paris ce 23 décembre : Emine Kara, est l’une de ces héroïnes du combat des femmes kurdes contre Daesh en Syrie, elle y avait été blessée, et était venue en France pour être soignée.
Les deux autres victimes sont un artiste kurde exilé en France, Mir Perwer et un citoyen kurde ordinaire actif dans le mouvement kurde.

Qui peut imaginer que ces trois victimes aient été frappées au hasard alors qu’elles s’apprêtaient à participer à une réunion préparatoire à la commémoration de l’assassinat le 3 janvier 2013, d’une balle dans la tête, de trois militantes Kurdes, [près de la Gare du Nord, à deux pas de la] rue d’Enghien à Paris ?

Il est essentiel que toute la lumière soit faite sur les informations dont disposait l’auteur des faits afin de rendre justice aux victimes et d’éviter de nouvelles violences contre les forces de l’ordre.
Les associations signataires partagent la prise de position du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) estimant que la fusillade qui s’est déroulée rue d’Enghien devrait être qualifiée d’attentat terroriste. »

La LDIF – Ligue du Droit International des Femmes, 24 décembre

A qui profite le chaos entourant la manifestation kurde de Paris?

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PARIS – La manifestation kurde d’aujourd’hui n’était pas protégée par les forces de l’ordre, probablement pour permettre l’arrivée des fascistes turcs et le chaos qui s’en est suivi. Une pierre, deux coups: on fait des victimes des coupables et tandis que l’attentat terroriste d’hier visant les militants kurdes est occulté par les autorités françaises et les médias – qui insistent sur le fait que l’assaillant aurait dit qu’il est « raciste » !

Les ennemis des Kurdes viennent de marquer un point, mais la partie est loin d’être finie. La diaspora kurde est mobilisée jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur le massacre d’hier de la rue d’Enghien, et celui de 9 janvier 2013 lors duquel 3 femmes kurdes ont été exécutées par un agent turc près de la gare du Nord, toujours à Paris.

Massacre de Paris: Comment comprendre la colère kurde ?

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PARIS – Alors que les violences de rue émaillant la manifestation au lendemain de l’attentat terroriste visant les militants kurdes font les unes des médias, le journaliste Maxime Azadi contextualise les faits et la désinformation entourant la « colère » des Kurdes endeuillés, tantôt acclamés comme des « héros » qui ont vaincu le terrorisme islamiste en se sacrifiant par milliers, tantôt qualifiés de « terroristes » quand ils refusent de se faire massacrer en silence et qui expriment leur colère, sans pour autant tuer qui que ce soit…

Voici le texte de Maxime Azadi:

Comment comprendre la colère kurde ?

1-D’abord trois militants ont été exécutés en plein jour, facile à dire, mais c’est très très grave !

2- La colère ne date par d’hier. Depuis des mois, les Kurdes sont dans la rue pour dénoncer les invasions et les crimes de guerre turcs.

4-Vos médias n’en parlent pas et vous ne savez pas pourquoi les Kurdes sont en colère. La Turquie est un allié de l’OTAN. Aucun pays occidental ne condamne cet État génocidaire.

5- Au contraire, ils continuent à utiliser les Kurdes comme monnaie d’échange. Ex. Suède.

6-La Turquie utilise le sol européen comme une zone d’opération depuis des dizaines d’années dans une impunité totale. Les loups gris (nazis turcs), les commandos de la mort rodent les rues européens.

7-Il y a dix ans, les autorités françaises ont promis de faire toute la lumière sur l’assassinat de trois femmes kurdes. Résultat ; le gouvernement refuse de lever le secret-défense, pourquoi ?

8-Dans le cas actuel, il faut corriger quelques informations ; a) la police n’est pas intervenue rapidement, le tireur maitrisé par les Kurdes ; b) l’ambulance arrive trop tard sur place.

9-Ce samedi lors de la manifestation, la violence éclate à cause d’une provocation turque.

-Réveillez-vous, ces fascistes vivent parmi vous, dans vos rues, au sein de vos partis politiques, malheureusement ils sont nombreux au sein de la gauche, pourtant ils sont racistes et ultra-droites.

10- Les Kurdes attachent une grande importance à la démocratie. Ils se battent pour la démocratie et la liberté. Ils ne représentent aucune menace pour la démocratie européenne. Il est nécessaire de comprendre la source de la colère. Il faut bien connaître les ennemis de la démocratie. En fait, tout est clair, mais ces ennemis sont protégés pars des intérêts politiques et économiques.

11- Les Français et les Kurdes sont deux peuples amis. Ils ont une histoire commune, quelle que soit la forme de cette relation. La France a un rôle clé dans la résolution du problème kurde (en réalité problème turc).

Marche kurde perturbée à Paris

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PARIS – Cet après-midi, des fascistes turcs sont venus provoquer les milliers de Kurdes en deuil qui manifestaient pacifiquement.. Ils faisaient le signe des « Loups Gris » et proféraient des insultes envers les Kurdes qu’ils qualifient de « terroristes » et d’autres sobriquets.

Par ailleurs, la police française a chargé les manifestants pacifiques lors du rassemblement pourtant autorisé…

Malgré les mises en gardes des organisateurs de la marche, des individus ont mis le feu à des poubelles et à des voitures sur le passage du défilé. Les manifestants ont été bloqués par la police et chacun a essayé de se frayer un chemin pour quitter les lieux des troubles. On ne respecte même pas le deuil du peuple kurde…

 

PARIS. Un élu parisien parraine un Baloutche menacé d’exécution en Iran

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PARIS – François Bechieau, Maire-Adjoint du 19e arrondissement de Paris, a parrainé Elias Raisi, un jeune Baloutche de 28 ans condamné à mort et détenu à la prison Zahedan, au Sistan-Baloutchistan qui risque d’être pendu d’une minute à l’autre.

Francois Bechieau appelle le gouvernement iranien à ne pas commettre de nouveau l’« irréparable ».

N’oublions pas les femmes, Kurdes et Baloutches massacrés en masse par le régime sanguinaire iranien.

ROJAVA. Kongra Star condamne le massacre de Paris

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SYRIE / ROJAVA – Le mouvement des femmes du Rojava, Kongra Star a manifesté aujourd’hui à Qamishlo pour condamner l’assassinat des militants et artistes kurdes Emine Kara (Evîn Goyî), Abdurrahman Kızıl, Mîr Perwer qui a été commis hier dans la rue d’Enghien, à Paris.
« Ce n’est pas un cas isolé, mais une partie des attaques systématiques et une continuation des attentats de Paris de 2013 », a déclaré Kongra Star dans un communiqué lu sur place.

Femmes kurdes visées à Paris: Notre haine ne lâchera pas le col des assassins!

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PARIS – Le Mouvement des Femmes Kurdes en Europe (TJK-E) qui annonce que parmi les personnes massacrées lors de l’attaque de paris se trouvait une des pionnières du Mouvement des Femmes Kurdes, Emine Kara, déclare qu’« aucune attaque n’arrêtera l’évolution de la révolution des femmes, notre haine ne lâchera pas les assassins! » et appelle à manifester aujourd’hui à Paris, à 12h, place de la République.

Dans sa déclaration, le TJK-E a signalé que lors de la sauvage attaque visant le Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya, avaient été massacrés une des pionnières du Mouvement des Femmes Kurde Evîn Goyî (Emine Kara), l’artiste kurde Mîr Perwer et un patriote kurde. Le TJK-E qui fait part de ses condoléances aux familles des martyrs a dit qu’il lutterait au nom de toute l’humanité jusqu’à effacer la honte de la ville de Paris connue pour le massacre de femmes, des femmes kurdes.

Voici la déclaration du TJK-E:

Notre haine ne lâchera pas le col des assassins !

« Aujourd’hui s’est déroulée une attaque au Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya à Paris, sur les ordres de Recep Tayyip Erdoğan. Cette attaque fut organisée, de même que le massacre du 9 janvier, par l’État turc. C’est le système génocidaire de l’assassin Erdoğan et de l’État turc. Et en ne prenant pas de précautions, en criminalisant le coupable, l’État français couvert le crime et s’est fait allié du massacre. Lors de cette sauvage attaque, ne des pionnières du Mouvement des Femmes Kurde Evîn (Emine Kara), l’artiste kurde Mîr Perwer et un patriote kurde furent massacrés.

Nous faisons part de nos condoléances aux familles des martyrs et à celle de notre camarade Evîn et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

Le massacre de notre camarade Evîn n’est pas une coïncidence

Notre camarade Evîn était une femme très forte ayant grandit avec la culture naturelle du Botan, courageuse, travailleuse, pétrie avec la conscience de terre et de liberté. Dans chaque partie de notre pays elle a lutté pour les Femmes et pour son pays, elle affronta les colonisateurs avec son cœur et sa conscience. Le massacre de cette brave femme kurde consacrant sa vie à la liberté et pétrie de cette conscience n’est pas une coïncidence. Les assassins États patriarcaux pensent pouvoir arrêter la lutte des femmes en les massacrant.

Le Mouvement des Femmes Kurde qui fut visé par le massacre de Paris, en passant par les personnes de Sakine et ses camarades l’est de nouveau par le massacre de notre camarade Evîn. De nouveau on a tiré sur les femmes, la liberté et les Kurdes. De nouveau le sang des femmes fut versé à Paris, de nouveau le crime des meurtriers fut laissé dans le noir.

Plus l’Europe se taira plus elle s’enfoncera dans les marécages d’Erdogan

Ce massacre a eu lieu au moment où le peuple kurde et le femmes kurdes s’acharnaient sur les responsables pour lever les secrets et les sales alliances cachées derrière le massacre de Paris. On constate qu’avec ce massacre de nouveau ils ont essayé de taire la voix des femmes kurdes se répandant dans le monde. Les Etats-nations créant des alliances sales pour leurs intérêts, se faisant sourd aux appels des peuples, des opprimés et des femmes pour élucider la vérité, sont de nouveau silencieux. En massacrant les pionnières kurdes Erdoğan porte au coeur de l’Europe sa guerre génocidaire contre les Kurdes. Tant que l’Europe se tait, tant qu’elle cédera pour ses intérêts, elle s’enfoncera dans les marécages de Erdoğan.

Ils ne pourront faire taire la voix des femmes kurde qui s’universalise

A l’approche du 10e anniversaire du massacre de Paris et alors que nous nous préparions à protester contre le massacre avec notre revendication de « levez le secret d’Etat », nous avons reçu ce message donné aux femmes kurdes. Cette attaque montre encore une fois que l’Etat turc et ses toutes sortes d’alliances sales ont dans le viseur les femmes kurdes. Nous disons: plus l’Etat colonialiste-fasciste turc essayera de nous faire taire, plus nous crieront, plus ils essayeront de nous fermer les rues, plus nous les remplirons, plus ils nous menaceront avec des massacres, plus nous leur répondrons avec le slogan « vivre c’est résister ».

Les femmes kurdes sont attachées viscéralement à la liberté

Nous disons aux meurtriers et tous ce qui ferment les yeux sur ces meurtriers; nulle part, ni aucune attaque ne stoppera la révolution des femmes kurdes. Que tout le monde qui souhaite nous laisser démuni en nous faisant vivre la peine de nos camarades et patriotes le sache ainsi. Les femmes kurdes sont attachées à mort à la liberté. Les femmes kurdes ont appris à résister de Sakine Cansiz. Les femmes kurdes ont accordé plus de valeur à lutter qu’au pain et à l’eau. Aucune force ne les détournera d’être les lutteuses de cette vérité.

Jusqu’à ce qu’elles demandent des comptes aux meurtriers, comme cela eut lieu à Paris il y a dix ans, les femmes kurdes vont continuer à éclairer la vérité sur les places et à lutter jusqu’à effacer au nom de toute l’humanité la honte de la ville de Paris connue pour le massacre des femmes. Nous serons dans les rues jusqu’à ce qu’on nous rende les comptes d’Evîn et nos autres camarades patriotes. Nous ne laisserons pas tomber notre lutte jusqu’à ce que justice soit faite. N’oubliez pas! Tout rejeton qui tombera augmentera notre haine. Notre haine se collera au col des assassins.

Vive notre lutte de liberté des femmes!
A bas l’État turc assassin! »

Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) et Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F)

Massacre de Paris: Appel à soutenir les artistes kurdes

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PARIS – C’est avec effroi que nous avons appris à la veille de Noël l’attaque terroriste raciste commis au Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya où Mîr Perwer, un jeune musicien kurde, fut tué aux côtés deux autres activistes kurdes. Le bilan aurait été plus lourd en pertes humaines, puisqu’une réunion des femmes kurdes d’Europe avait été initialement prévue ce jour, et devait se tenir d’abord à l’heure exacte de l’attentat. Il s’agit donc d’une tuerie de masse, planifiée et commise de sang froid.

 

Le peuple kurde se réunit régulièrement pour de nombreux évènements culturels et politiques dans ce lieu hautement symbolique. 

Sans voix pour les représenter au parlement turc puisque les députés et maires kurdes ont été incarcérés, au front contre Daech, dans les manifestations qui secouent toujours le régime d’Iran, les Kurdes ont été la cible de milliers d’assassinats politiques en Turquie, de génocide en Irak.

Cette tuerie a pour objectif, non pas uniquement de créer les conditions d’une désolidarisation avec les combattants kurdes sur de multiples fronts aux quatre coins du Kurdistan, et du soutien international acquis à la lutte de Libération du peuple kurde, d’où le déplacement du fils Talabani à Rojava, mais également, et surtout de créer des tensions sur le sol européen, et en particulier en France, puisque les Kurdes marginalisés, criminalisés et racisés en Turquie et ailleurs, pendus en Iran, brûlés et gazés dans les Montagnes kurdes, déplacés de leurs terres, se réfugient en Europe pour d’abord survivre et goûter à la liberté, sans être inquiétés par la guerre et la répression violente. 

Il est connu que la France est le berceau non pas de la civilisation, comme l’est la Mésopotamie, mais le berceau de la Lumières. Les forces obscures qui agissent contre la Liberté des Kurdes, agissent également pour déstabiliser la France et l’Europe. A ce titre, nous sommes persuadés que l’assassinat des Militantes Kurdes dont la fondatrice du Mouvement de Libération des Femmes Kurdes, au coeur de Paris, n’est pas sans lien, avec la mort de Charb, qui avait écrit dans son édito, le jour de la tuerie à Charlie Hebdo contre la Liberté d’expression : « Je suis Kurde ».

Être kurde, aujourd’hui, c’est avant tout combattre sans concession contre les fondamentalismes religieux de tous bords, tout comme les racismes. Insister sur le fait d’être kurde ne signifie pas que les Kurdes sont des nationalistes, qui se croient supérieurs aux autres peuples ou nations, ou communautés. Cela signifie avoir l’esprit de combat pour ne pas baisser les bras et pour ne pas concéder, abandonner quelque soit notre combat juste. Être minoritaire dans quatre pays liberticides vous oblige à combattre éternellement, d’abord la peur, la terreur instillées par des régimes génocidaires, qui n’attendent qu’une guerre mondiale pour vous rayer de la carte comme ils nous ont rayé de l’Histoire mondiale par la thèse de notre existence (en tant que peuple et en tant que langue), nous ont condamné à l’Apatridie et à l’Exil, nous ont massacrés ou employés à nous entre déchirer partout dans le monde, et nous tuent quand on combat, politiquement, physiquement, littérairement, artistiquement. 

Les dernières investigations ont montré que l’Ambassadeur turc à Paris a été remplacé par un ami du Président Macron, quand le lien entre l’assassinat des femmes politiques kurdes le 7 janvier 2013, le MIT et l’Ambassade turc allait être révélé. 

Le proverbe kurde indique: « Les Kurdes n’ont que la Montagne comme amis ». C’est faux, nous avons des amis partout dans le monde, qui ne comprennent pas pourquoi nous sommes si divisés entre nous alors qu’ensemble, nous pourrions agir plus efficacement contre les obscurantistes, y compris “nos ennemis intérieurs” supposés ou réels.

On dit de nous que nous sommes divisés, mais le cœur des Kurdes du monde entier tend vers cette union depuis des décennies. Si le Kurdistan et la géographie kurdes sont divisés, l’ensemble des opinions publiques mondiales nous soutiennent, tandis qu’un racisme systémique existe dans les pays où nous sommes tenus au silence, maintenus dans la terreur, ces pays où nous pleurons tous les jours nos morts, et où au lieu de nous emmurer dans une position de victime, nous luttons corps et âmes mais avec classe, pour notre dignité d’abord et pour notre langue, notre culture, nos terres et notre Liberté. 

Aujourd’hui nous nous méfions des conclusions hâtives sur la tuerie de masse organisée rue d’Enghien. Mais nous sommes convaincus que la montée de l’extrême-droite en France n’est pas sans lien avec les tueries précédentes perpétrées sur le sol occidental. Les Kurdes sont une des dernières poches de résistances pour la Liberté. 

Nous ne céderons ni à la Haine ni à la Terreur, d’où qu’elle viennent ! 

 

Tribune des Artistes Kurdes en France et leurs amis (premiers Signataires):

Dora Djann, écrivaine

Aram Tastekin, comédien

Ali Gul Donmez, cinéaste

Ali Meral, activiste alévi pour la Paix et la Démocratie

 

 

FRANCE. Les Kurdes manifestent contre le massacre de Paris et contre l’impunité

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PARIS – Les Kurdes manifesteront aujourd’hui à Paris, à deux pas de la rue d’Enghien où hier un attentat terroriste a fait trois victimes*, et dans de nombreuses villes de France et du monde.

La colère des Kurdes de France est immense, près de 10 ans après le massacre de 3 militantes kurdes au coeur de Paris par les services secrets turcs (MIT), le fascisme turc récidive, enhardi par l’impunité judiciaire dont il jouit en France et en Europe. Les Kurdes venus se réfugier en Europe sont jetés en pâture aux escadrons de la mort téléguidés depuis la Turquie ou livrés aux autorités turques quand celles-là l’exigent, comme on l’a vu récemment en Suède, mais aussi en France il y a quelques temps de cela…

Les Kurdes exigent la fin de la complaisance / collaboration des États européens avec le régime criminel turc dont l’existence se repose sur le génocide de tous les peuples autochtones de l’Anatolie: Arméniens, Kurdes/yézidis/alévis, Syriaques, Grecs…
Le peuple kurde attend justice maintenant !

Certaines villes de France où il y a des manifestations aujourd’hui:

Paris
Samedi 24 décembre, 12h
Place de la République

Strasbourg
Samedi 24 décembre, 16h
Place de la Gare

Toulouse, manifestation kurde
samedi 24 décembre
15h, Métro J. Jaurès

Marseille
Samedi 24 décembre, à 13H
Aux Réformés-Canebière

La Rochelle
Samedi 24 décembre, au vieux port, à 13h

*Les victimes sont: Evîn Goyî (Emine Kara), l’une des pionnières du Mouvement des femmes kurdes, le chanteur Mir Perwer et Abdullah Kızıl, un vieux habitué du centre culturel kurde Ahmet Kaya. Le massacre a visé le siège du Conseil Démocratique kurde en France (CDK-F) qui se trouve au centre culturel kurde Ahmet Kaya, dans le 10e arrondissement de Paris.