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TURQUIE. « Le gouvernement doit déclarer la fin de l’isolement pour que les grèves de la faim prennent fin »

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TURQUIE – AMED – Les députés HDP qui sont en grève de la faim illimitée depuis des mois ont déclaré que le gouvernement devait déclarer la fin de l’isolement afin que les grèves de la faim prennent fin.
 
Leyla Güven, Dersim Dağ, Murat Sarısaç et Tayip Temel, quatre députés du Parti démocratique des peuples (HDP), qui ont entamé une grève de la faim illimitée pour exiger la fin de l’isolement du dirigeant kurde Abdullah Öcalan, ont publié un communiqué après que les avocats d’Öcalan ont annoncé l’avoir rencontré à la prison d’Imralı le 2 mai.
 
Voici le communiqué des députés du HDP :
 
« Après huit ans, M. Öcalan a eu une réunion avec ses avocats. Cette réunion est historique et d’une grande importance. Cependant, cela soulève aussi la question suivante : « Dans quel genre de pays vivons-nous en nous sentant heureux d’une visite d’avocats qui a été arbitrairement et illégalement interdite jusqu’à présent ? ». C’est vrai, nous vivons tous un bonheur doux-amer. Les corps fondent pour faire en sorte que cette réunion ait lieu. 8 jeunes ont mis fin à leur vie pour que cette visite ait lieu. Nos mères sont traînées dans la rue tous les jours pour que cette rencontre ait lieu, pour que cet État mette en application ses propres lois, pour que les lois soient égales pour tous.
 
Comme l’a souligné M. Öcalan dans son dernier message, « une profonde réconciliation sociale est nécessaire dans ce processus historique que nous vivons. Nous pouvons résoudre les problèmes en Turquie, et même dans la région — d’abord et avant tout la guerre — avec le soft power ; c’est-à-dire avec intelligence, pouvoir politique et culturel au lieu d’outils de violence physique. »
 
Nous nous sommes battus pour faire en sorte que des messages aussi importants atteignent l’opinion publique. Il est évident que dans un environnement où l’isolement est totalement aboli, M. Öcalan apporterait d’autres contributions remarquables à la démocratisation et à la paix dans le pays et la région.
Nous sommes préoccupés par le fait que cette rencontre avec Öcalan a eu lieu (…) sans donner la moindre assurance que les pratiques [d’isolément] d’Imralı prendront fin. C’est pourquoi notre résistance se poursuit avec détermination.
 
La chose la plus importante que l’on attend du gouvernement en ce moment est qu’il déclare à l’opinion publique la suppression totale de l’isolement. Une telle déclaration contribuera non seulement à la démocratie de la Turquie, mais servira également de pas en avant pour mettre fin aux grèves de la faim en cours. »
 
ANF

TURQUIE : Les nouvelles élections à Istanbul et les spéculations sur le vote kurde

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TURQUIE – Le 6 mai, le Conseil électoral suprême turc (YSK) a décidé d’annuler les élections municipales d’Istanbul du 31 mars qui avaient été remportées par l’opposition CHP.
 
L’YSK a pris sa décision suites aux recours extraordinaires déposés par l’AKP (le parti au pouvoir dont Erdogan est le président) pour de nouvelles élections locales à Istanbul et dans son district de Büyükçekmece (et par le MHP pour le district de Maltepe). L’YSK a annoncé que les nouvelles élections auraient lieu le 23 juin prochain.
 
Maintenant, tous les regards sont tournés de nouveau vers l’électorat kurde d’Istanbul qui avait voté en masse pour le candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu, le 31 mars dernier.
 
Depuis l’annonce d’YSK, les spéculations vont bon train quand à savoir si cette fois-ci les électeurs kurdes à Istanbul voteront pour le parti d’Erogan.
 
Pourquoi de telles spéculations ? Tout simplement, le pouvoir turc a laissé les avocats d’Abdullah Ocalan, le dirigeant kurde emprisonné sur l’île prison d’Imrali, de le rencontrer de nouveau le 2 mai, après 8 ans d’interdiction absolue.
 
Le dirigeant historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Ocalan est emprisonné depuis 1999 sur l’île prison d’Imrali. Les autorités turques l’ont soumis à un isolement carcéral aggravé avec l’interdiction de rencontrer ses avocats depuis juillet 2011 et ses proches depuis 2016.
 
Une grève de la faim initiée en novembre 2018 par la députée kurde d’HDP, Leyla Guven dans la prison d’Amed – pour briser l’isolement imposé à Abdullah Öcalan et le retour aux pourparlers de paix entre le gouvernement turc et le PKK pour la résolution pacifique de la question kurde – a fait tache d’huile en Turquie avec plus de 7 000 prisonniers politiques qui ont rejoint l’action. D’autres militants et responsables kurdes ont également rejoint la grève de la faim dans de nombreux pays du monde.
 

Quel rapport entre Ocalan et les élections à venir à Istanbul ?

Le YSK a annoncé sa décision quelques heures après l’annonce des avocats d’Ocalan qui ont tenu une conférence de presse annonçant leur rencontre avec leur client qui aurait eu lieu le 2 mai dernier…

 
Cette coïncidence est certes troublante, mais penser que le gouvernement turc d’AKP peut obtenir le vote des millions de Kurdes par l’autorisation d’une simple visite à Ocalan c’est prendre les Kurdes pour des idiots sans conscience politique.
 
Les Kurdes luttent depuis des décennies pour obtenir leurs droits élémentaires dans une Turquie qui nie même leur existence et qui pense les dompter à coup de massacres.
 
Le parti politique de gauche, HDP (Le Parti démocratique des peuples) – déclaré « parti pro-kurde » à cause de ses membres majoritairement kurdes et sa lutte pour défendre les droits des Kurdes, mais pas exclusivement, a rallié le soutien des millions de Kurdes depuis sa création en 2013.
 
Dès les élections législative de 2015, le HDP a prouvé qu’il était le parti clé dans le paysage politique turc. A l’époque, avec ces dizaines de députés, il avait fait perdre la majorité parlementaire au parti d’Erdogan. Depuis, l’AKP mène une guerre sans merci à HDP et à ses électeurs kurdes. Les arrestations en masse des responsables d’HDP, la destruction des localités kurdes de Cizre, Sur, Nusaybin, Sirnak, Silopi… entre 2015 et 2016 sont étroitement liés aux défaites électorales d’AKP dans les urnes.
 
Lors des élections municipales du 31 mars, le HDP n’a pas présenté de candidats dans les grandes villes de la Turquie a fin de faire barrage à l’alliance d’AKP – MHP. Ainsi, l’électorat d’HDP a fait perdre plusieurs grandes villes turques, dont Istanbul, Ankara, Izmir, Antalya… à l’AKP en votant pour les candidats présentés par le parti de l’opposition CHP.
 
Pourquoi les Kurdes ne voteront pas pour l’AKP ?
 

L’Etat turc refuse toujours de reconnaître les droits élémentaires des Kurdes, des milliers de leurs représentants – dont Selahattin Demirtas – croupissent dans les prisons turques depuis plus de 2 ans. Leurs représentants qui ne sont pas en prison sont pourchassés partout où ils se trouvent.

Les demandes des grévistes de la faim ne sont toujours pas acceptées.

La Turquie menace toujours d’envahir d’autres régions kurdes en Syrie et que le canton d’Afrin reste sous l’occupation de la Turquie et des ses mercenaires islamistes. Dans ces conditions, il est impossible que les Kurdes votent pour l’AKP qui est leur bourreau actuel.

 
Ceux qui avancent ce genre d’inepties sont les nationalistes turcs qui se nourrissent de la haine et du sang des Kurdes depuis la création de la Turquie en 1923…
 
 
 
 
 
 

TURQUIE : Conférence de presse des avocats d’Abdullah Ocalan

TURQUIE – ISTANBUL – Les avocats d’Abdullah Öcalan ont tenu une conférence de presse à Istanbul après que deux d’entre-eux ont rendu visite à Öcalan le 2 mai dernier.

Le dirigeant du PKK, Abdullah Öcalan a fait une déclaration par l’intermédiaire de ses avocats et appelé à la reprise des négociations de paix. Concernant les grèves de la faim en cours, il a appelé à éviter toute action qui entraînerait des pertes en vies humaines.

Les avocats du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan ont tenu une conférence de presse à l’hôtel Taksim Hill à Istanbul au sujet de la rencontre qui leur a été accordée avec leur client. La rencontre entre Öcalan et ses avocats le 2 mai a duré une heure.
 
Il s’agissait de la première réunion depuis le 27 juillet 2011, date à laquelle le dirigeant kurde a été autorisé pour la dernière fois à rencontrer ses avocats. Depuis lors, les avocats d’Öcalan ont soumis un total de 810 demandes pour lui rendre visite sur l’île prison d’Imralı.
 
Voici le communiqué de presse des avocats d’Ocalan :
 
« A la presse et à l’opinion publique 
 
Dans ce processus historique que nous vivons, il est nécessaire de procéder à une profonde réconciliation sociale.
 
Il y a un grand besoin d’une méthode de négociation démocratique, loin de toute polarisation et culture du conflit pour la solution des problèmes.
 
Nous pouvons résoudre les problèmes en Turquie, et même dans la région, à commencer par la guerre, avec le soft power – avec intelligence et force politique et culturelle au lieu d’outils de violence physique.
 
Nous pensons que, par l’intermédiaire des Forces démocratiques syriennes (FDS), tous devraient s’efforcer de résoudre les problèmes en Syrie en s’abstenant de toute culture de conflit et dans la perspective d’une démocratie locale garantie par la Constitution dans le cadre de l’unité du pays. En tant que telle, la sensibilité de la Turquie devrait être prise en compte.
 
Avec tout le respect que nous devons à la résistance des amis à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, nous voudrions souligner qu’ils ne devraient pas en arriver à menacer leur santé ou à causer la mort. Pour nous, leur santé mentale, physique et spirituelle vient avant tout. Nous croyons également que l’approche la plus significative est liée au développement d’une position mentale et spirituelle.
 
Notre position à Imrali est d’approfondir et de clarifier la méthode d’expression que nous avons dévoilé dans la déclaration de Newroz 2013 et de poursuivre dans cette voie.
 
Pour nous, une paix digne et une solution politique démocratique sont primordiales.
 
Nous félicitons tous ceux qui se sont inquiétés et qui ont pris position avec respect en raison de notre position à Imrali, et nous voudrions leur exprimer notre immense gratitude. »
 
Abdullah Öcalan, Hamili Yıldırım, Ömer Hayri Konar, Veysi Aktaş
 

TURQUIE; Il y a 47 ans, Deniz, Yusuf et Hüseyin furent exécutés

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TURQUIE – Le 6 mai 1972, Deniz Gezmiş, Yusuf Aslan et Huseyin Inan, trois révolutionnaires turcs, furent pendus à Ankara.

Le procès de Deniz, Yusuf et Hüseyin avait commencé le 16 juillet 1971. Gezmiş et ses camarades ont été condamnés à mort le 9 octobre pour violation de l’article 146 du Code pénal turc, qui concerne les tentatives de « renversement de l’ordre constitutionnel ». Selon la procédure légale, une condamnation à mort doit être approuvée par le Parlement avant d’être transmise au Président de la République pour avis conforme définitif. En mars et avril 1972, la sentence a été présentée au Parlement et, dans les deux lectures, elle a été approuvée à une écrasante majorité.

 
Après avoir rejoint le Parti des travailleurs de Turquie (Türkiye Işçi Partisi), Gezmiş a étudié le droit à l’Université d’Istanbul en 1966. En 1968, il fonde l’Organisation des juristes révolutionnaires (Devrimci Hukukçular Kürulumu) et l’Union révolutionnaire des étudiants (Devrimci Öğrenci Birliği).
 
Il est devenu de plus en plus actif politiquement et a dirigé l’occupation organisée par les étudiants de l’Université d’Istanbul le 12 juin 1968. Après la fin forcée de l’occupation par la loi, il a mené des protestations contre l’arrivée de la 6e Flotte américaine à Istanbul. Deniz Gezmiş a été arrêté pour ces actions le 30 juillet 1968 et libéré le 20 octobre de la même année.
 
Alors qu’il s’engageait de plus en plus dans le Parti du Travail de Turquie et qu’il commençait à prôner une révolution démocratique nationale, ses idées commencèrent à circuler et à inspirer une base croissante d’étudiants révolutionnaires. Le 28 novembre 1968, il a été arrêté de nouveau après avoir protesté contre la visite de l’ambassadeur des États-Unis en Turquie, mais a été libéré par la suite. Le 16 mars 1969, il fut de nouveau arrêté pour avoir participé à des conflits armés de droite et de gauche et emprisonné jusqu’au 3 avril. Gezmiş a été arrêté de nouveau le 31 mai 1969. L’université a été temporairement fermée et Gezmiş a été blessé dans le conflit. Bien que Gezmiş soit sous surveillance, il s’est évadé de l’hôpital et s’est rendu dans des camps de l’Organisation de libération de la Palestine en Jordanie pour recevoir une formation de guérilla.
 
Le 4 mars 1971, Deniz Gezmiş et ses camarades ont enlevé quatre soldats américains de TUSLOG/The United States Logistics Group, dont le siège social se trouve à Balgat, Ankara. Après avoir libéré les otages, Yusuf Aslan et Deniz Gezmis ont été capturés près de Sivas à la suite d’une confrontation armée avec les forces de l’ordre.
 
Leur procès a débuté le 16 juillet 1971. Gezmiş a été condamné à mort le 9 octobre pour violation de l’article 146 du Code pénal turc, qui concerne les tentatives de « renversement de l’ordre constitutionnel ». Selon la procédure légale, une condamnation à mort doit être approuvée par le Parlement avant d’être transmise au Président de la République pour avis conforme définitif. En mars et avril 1972, la sentence a été présentée au Parlement et, dans les deux lectures, elle a été approuvée à une écrasante majorité.
 
Le 4 mai, le Président Cevdet Sunay, après avoir officiellement consulté le Ministre de la Justice et le Premier Ministre Nihat Erim, a refusé d’accorder la grâce à Gezmiş. Il a été exécuté par pendaison le 6 mai 1972 à la prison centrale d’Ankara avec Hüseyin Inan et Yusuf Aslan.
 
Aujourd’hui, Deniz Gezmiş, Yusuf Aslan, Huseyin Inan et de nombreux autres révolutionnaires sont commémorés dans plusieurs villes du pays.
 

La lutte de libération kurde et l’ESPT : Guerre, dépression, suicide, silence

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Pour beaucoup de gens en Occident, la première fois qu’ils ont entendu les mots « Kurdes » ou « Kurdistan », c’est lorsque des images de jeunes femmes et de jeunes hommes luttant contre DAECH sont apparues dans les médias traditionnels. Toutefois, ce n’était pas la première fois que les Kurdes étaient attaqués. Pendant des décennies, le mouvement et les organisations de libération kurdes ont été victimes d’actes horribles de violence systématique et d’oppression institutionnalisée. Des générations entières de Kurdes ont été témoins de multiples guerres, massacres, invasions, déplacements et terrorisme d’État, qui ont gravement affecté la santé et le caractère collectifs des Kurdes.
 
Les efforts des Kurdes pour s’affranchir ont coûté très cher. Dans les prisons, en première ligne, des générations entières ont témoigné d’une histoire de souffrance et de deuil. Les électrocutions, les arrosages, les agressions sexuelles, les fractures, les coups et les innombrables actes de terreurs qui émanent des quatre États qui ont occupé le peuple kurde.
 
Bien que nos tortures soient plus connues, une question demeure en marge, celle de l’état de stress post-traumatique (ESPT) au sein même de la communauté kurde. L’ESPT, éclairé par des notions patriarcales toxiques de la maladie mentale reste largement taboue, enveloppée de honte et cachée, est à peine abordée. La maladie mentale est aussi une question sexospécifique, une question qui affecte différemment les hommes et les femmes à l’intérieur des frontières du Kurdistan. Par exemple, le recours à la violence sexuelle sur les femmes kurdes, la mutilation de leur corps et le meurtre de leurs enfants ont imposé un énorme fardeau émotionnel aux femmes de la société kurde.
 
Aujourd’hui, ces mêmes échecs dans la reconnaissance de l’ESPT chez les femmes kurdes se sont étendus à d’autres, en particulier aux combattants occidentaux qui se sont portés volontaires pour lutter au nom du peuple kurde. Avec le Rojava et la prise de conscience croissante du concept de confédéralisme démocratique proposé par le dirigeant kurde emprisonné Abdullah Ocalan, une nouvelle tendance s’est dessinée où les internationalistes, les anarchistes et les militants de gauche (plus certains anciens militaires de droite qui n’étaient même pas idéologiquement alignés) ont commencé à s’engager dans le YPG-YPJ pour lutter contre DAECH / ISIS.
 
En tant que « quelqu’un d’extérieur » qui avaient souvent une compréhension limitée, sinon superficielle, de la question kurde, beaucoup de personnes ont été plongées dans la lutte de libération kurde à travers la violence intense qui se déroulait dans la guerre contre ISIS. L’émergence d’un engagement international croissant basé sur le volontariat a ajouté un autre niveau de complexité à toute discussion sur la maladie mentale, l’ESPT, le silence, le genre et le caractère kurde. Bon nombre des combattants des YPG-J sont rentrés chez eux et ont emporté avec eux une pléthore d’expériences épouvantables en première ligne.
 
Le tragique suicide d’heval [camarade en kurde] Zagros (Kevin Howard) la semaine dernière témoigne de la nécessité de créer des processus, des structures et des mécanismes dans une guerre de plus en plus internationale et qui ne concerne plus seulement la libération kurde. Le Rojava et ses structures, tant sur le plan idéologique qu’institutionnel, doivent s’y adapter. La mort de Zagros a soulevé d’importantes questions au sein de la communauté kurde sur le rôle, les responsabilités et les liens avec les internationalistes, tant pendant leur service actif sur les lignes de front qu’après leur retour dans leur pays d’origine. Elle a également soulevé d’importantes questions sur le manque de soutien et de moyens des combattants à l’extérieur et à l’intérieur du Kurdistan. Elle a mis en lumière la pratique culturelle de la santé mentale et les problèmes d’ESPT demeurent largement ignorés et, au mieux, rejetés pour des raisons causales – une pratique dangereuse qui nécessite une révision urgente dans la région.
 
Sur une note personnelle, pendant mon séjour au Rojava, j’ai été très intéressé par l’approche du Rojava en matière de santé mentale, en particulier parce que je travaillais quotidiennement avec des familles déplacées, travaillant dans les camps avec des enfants orphelins qui avaient survécu au massacre de 2015 et des femmes veuves. Le traumatisme était toujours présent, vivant côte à côte avec les victimes.
Pour comprendre la situation actuelle au Kurdistan, et en particulier au Rojava en ce qui concerne la santé mentale, nous devons comprendre plusieurs facteurs importants qui ont un impact considérable sur les questions et les limites actuelles à cet égard. Premièrement, toute cette discussion doit être précédée par l’idée qu’une société déchirée par la guerre, profondément traumatisée et sous embargo, qui n’a jamais eu accès aux soins de santé et à l’éducation, se trouve dans une position très défavorisée au départ. Rojava ne doit en aucun cas être comparée aux sociétés occidentales qui, en raison de l’abondance de leurs ressources, de leur expertise et de leurs capacités, ne parviennent toujours pas à traiter adéquatement la santé mentale. C’est particulièrement vrai dans des endroits comme l’Amérique où les anciens combattants de retour au pays sont confrontés à des taux alarmants d’itinérance, de maladie mentale, de pauvreté et de suicide qui sont la norme pour beaucoup.
 
Deuxièmement, en raison d’un manque de recherche académique impartiale et d’information sur la santé mentale au Rojava, il convient de noter que ce que je m’apprête à déclarer est le résultat direct de mon expérience personnelle dans le domaine civil du nouveau système du Rojava pendant 4 ans. C’est pourquoi mes déclarations sont sans aucun doute des hypothèses subjectives. Pourtant, j’estime qu’il s’agit là d’une tentative nécessaire pour ouvrir une discussion, tout en soulignant mes expériences personnelles et mes conclusions dans le cadre d’un processus visant à sensibiliser les gens.
 
Pour commencer, l’approche du Rojava en matière de santé mentale démontre la prédominance d’un récit particulier. Ce récit est important parce qu’il met en lumière les façons dont les opprimés rationalisent leur oppression et leurs réponses, mais aussi les limites des sociétés sous-développées dans le traitement de la maladie mentale. L’approche de Rojava est basée sur une approche critique et le rejet des valeurs normatives eurocentriques entourant la psychothérapie. En d’autres termes, ils rejettent la notion capitaliste (souvent promue par et pour les intérêts des grandes sociétés pharmaceutiques) selon laquelle la pathologie est une maladie individualisée où une personne n’a pas les récepteurs sérotoninergiques ou chimiques appropriés, avec un accent prononcé sur les médicaments prescrits et les « traitements ». Ainsi, selon eux, dans le système de la modernité capitaliste, la maladie mentale est considérée comme un problème individuel résultant de périodes de stress extrême comme les examens, le deuil, le divorce, le stress du travail et ainsi de suite ; toutes les situations qui passent ou s’améliorent finalement.
 
Le récit du Rojava suit plutôt l’idée que l’oppression structurelle, l’apatridie, le déplacement, etc. sont les principales causes des maladies mentales. Par conséquent, il y a un rejet explicite de la dépendance à la médication comme réponse à la maladie mentale. Au lieu de cela, l’activisme, la participation et la politisation pour démanteler et combattre les oppressions structurelles, et l’importance de la commune pour fournir aide et soutien, etc. sont soulignés. Étant principalement entourée de femmes, ma perception impliquait que les femmes rationalisaient leur souffrance profonde en réponse à l’intensité de l’oppression qu’elles subissaient. Par conséquent, la gestion des pertes et des traumatismes psychologiques, par exemple, impliquait un engagement ferme envers la cause, la promotion du sort de la collectivité et la minimisation de la souffrance et de la douleur individuelles. L’engagement en faveur de l’idéologie de la libération collective, la participation à la réalisation de cet objectif et le fait d’être aussi actif que possible faisaient partie du processus de réadaptation impliqué. Cet argument a des mérites importants, tout comme il y a des limites claires.
 
Par exemple, la perte d’un enfant en première ligne par les femmes a été largement évoquée et promue comme un cadeau à la communauté – effaçant ainsi à son tour le manque de choix de faire participer les enfants à une guerre qui a atterri à leur porte en raison des attaques brutales de DAECH. De plus, dans les communautés où les traumatismes et la violence sont présents depuis longtemps, les attentes sociales impliquent le silence ou le sacrifice des émotions personnelles et de la douleur pour le bien commun, c’est-à-dire l’idée que « ce n’est pas égoïstement à propos de moi et de ma douleur, car nous souffrons tous ».
 
Dans d’autres cas, par exemple, lorsque les corps de jeunes hommes et de jeunes femmes martyrs revenaient, le processus d’inhumation impliquait des tililis [espèce d’hululements] festifs par les femmes et les mères, une pratique habituellement limitée aux mariages ou aux célébrations. Les hululements étaient un puissant message personnel et politique collectif à la communauté et à l’ennemi, remplaçant les pratiques traditionnelles d’automutilation, de punition, de lamentations et même d’auto-flagellation (pratiquées à des degrés divers par les femmes, surtout dans la région, lors des funérailles). Le remplacement des hululements a reflété l’évolution de l’idéologie kurde et de la psyché collective de la victimisation, du fatalisme et du désespoir vers la confiance, la conscience de soi et la maturité idéologique. C’était une façon de rappeler à l’ennemi que « vous ne pouvez pas me vaincre ou briser mon esprit ! »
 
De plus, alors que nous travaillions au Rojava, dans le cadre de la reconstruction de Kobanê, nous avons développé plusieurs projets axés sur les installations pour soutenir les YPG-YPJ blessés. J’ai visité plusieurs des « maisons blessées », et j’ai travaillé avec les architectes pour analyser les structures et les limites des cliniques actuelles afin de faire des ajustements et de produire de nouvelles conceptions pour mieux soutenir les hévéas blessés. Pourtant, ces maisons étaient axées sur la réadaptation physique et comme lieu de répit. Il n’y avait pas de psychologue sur place. Cependant, de nombreuses activités sociales telles que la danse, le chant, l’art et le théâtre ont sans aucun doute contribué à l’amélioration de la santé mentale des hevals [camarades, en kurde] blessés. Cependant, ces activités ne peuvent pas à elles seules s’attaquer à la dépression grave et à d’autres formes de maladies mentales non traitées et de traumatismes résultant de blessures physiques graves, comme la perte de membres, la perte d’un fauteuil roulant pour la vie ou la perte de la vue. L’accent était mis sur l’environnement, sans tenir compte du processus chimique à l’intérieur du cerveau qui peut parfois l’emporter sur toutes les conditions environnantes.
 
Il est clair que le récit, par nécessité, doit être plus complexe. Certes, pour les opprimés, notre psychisme, notre santé mentale et nos maladies sont fortement liés à notre apatridie, à notre marginalisation, au silence et à l’effacement de notre sort. Il ne peut y avoir aucune forme de santé mentale collective tant que les hiérarchies de l’oppression et de la violence institutionnalisées persistent contre nous. L’élimination de l’oppression institutionnalisée fait partie intégrante d’une meilleure santé mentale collective et individuelle. Pourtant, alors que les gens souffrent en attendant, que peut-on faire pour minimiser la souffrance, l’automutilation ou le suicide ?
 
Globalement, ceux qui adhèrent à ce récit structurel développent et enrichissent cette discussion. La prise de conscience sociale de l’impact de l’oppression institutionnalisée, par exemple, donne lieu à l’élaboration de nouveaux concepts et terminologies. Par exemple, les luttes des communautés noires d’Amérique ont donné naissance à des experts en santé mentale qui ont inventé des termes comme « syndrome de la lutte raciale » ou « lutte de la bataille raciale » (inventé par William A. Smith, Ph.D.) où les expériences des communautés noires dans la lutte contre les oppressions et micro-agressions systématiques qu’elles subissent de la part des sociétés et institutions blanches comme la police.
 
De même, des recherches novatrices, appelées changements épigénétiques, ont récemment démontré que les traumatismes passés peuvent littéralement modifier la constitution génétique d’une personne. Les expériences des survivants de l’Holocauste ont démontré un changement génétique marqué transmis à leurs enfants. Le terme traumatisme intergénérationnel est un domaine de psychothérapie qui met l’accent sur l’impact des communautés historiquement opprimées et sur l’impact continu de ces traumatismes et du stress transmis de génération en génération. Les communautés kurdes, y compris les Yézidis, souffrent depuis des décennies de la centralité du modèle oppressif de l’État-nation unique. Les femmes et les filles yézidies sauvées en sont un parfait exemple. Les conditions épouvantables des femmes yézidies [qui ont vécu l’enfer] dans les mains de DAECH ont conduit les experts en santé mentale à créer le nouveau concept du syndrome de stress post-traumatique, (Complex Post Traumatic Stress – CPTS, en anglais) pour expliquer les réactions négatives des femmes sauvées. Bon nombre de ces femmes, à leur retour, s’effondreraient dans un sommeil de coma. D’autres symptômes graves et inhabituels ont été observés. Il ne fait aucun doute que de telles réactions ont toujours existé dans des communautés profondément déchirées par la guerre et traumatisées, mais elles n’avaient jamais été observées de façon appropriée par les experts en santé mentale. Ces réponses reflétaient certainement l’évolution des formes et des conditions de la guerre moderne, du terrorisme et de leur impact sur les communautés profondément marginalisées. Après avoir connu plus de 74 génocides à travers l’histoire, la communauté yézidie devrait certainement être considérée comme un cas unique qui exige une attention et une concentration importantes de la part des chercheurs et des experts en santé mentale.
 
Ici, les mots du psychologue palestinien Dr Samah Jabr sont essentiels. Elle note que les modèles eurocentriques de compréhension du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) sont limités lorsqu’ils sont appliqués à des communautés très marginalisées comme les Palestiniens, dont l’oppression est permanente, constante et présente. Elle déclare : « Le PTSD décrit mieux l’expérience d’un soldat américain qui se rend en Irak pour bombarder et retourner à la sécurité des États-Unis. Il fait des cauchemars et des peurs liés au champ de bataille et ses peurs sont imaginaires. Alors que pour un Palestinien de Gaza dont la maison a été bombardée, la menace d’un autre bombardement est bien réelle. Ce n’est pas imaginaire… Il n’y a pas de’post’ parce que le traumatisme est répétitif, continu et continu. Je pense que nous devons être authentiques sur nos expériences et ne pas essayer de nous imposer des expériences qui ne sont pas les nôtres. » Elle ajoute qu’il faut faire la distinction entre la douleur psychologique sociale et la souffrance sociale et la douleur psychologique et la souffrance psychologique personnelle. Le collectif ne peut se substituer à la douleur individuelle et personnelle.
 
Sa déclaration sur la nature continue de l’oppression dans des endroits comme la Palestine ou le Kurdistan mérite d’être entendue. Les personnes qui y souffrent ne peuvent échapper à la violence qui leur est imposée quotidiennement. Cependant, cette déclaration et son application aux internationalistes qui ont combattu aux côtés des habitants de Rojava mérite une note supplémentaire. Pour des gens comme Heval Zagros, qui a déjà combattu dans des endroits comme l’Irak et l’Afghanistan, leur traumatisme ne s’est pas terminé par un simple retour chez eux. C’est une notion simpliste pour le cas spécifique des internationalistes. Des gens comme Zagros remettent en question non seulement les images stéréotypées des soldats américains qui sont dépeintes ci-dessus, mais démontrent également que ces internationalistes souhaitent participer à la libération des opprimés. Ces internationalistes auraient pu rester dans la sécurité de leurs sociétés, mais ils ont plutôt choisi de participer et de se lancer dans la guerre contre DAECH.
 
En ce qui concerne le Rojava, il est possible que nous puissions avoir de multiples vérités et idées sur la maladie mentale qui ne s’excluent pas nécessairement mutuellement. Autrement dit, il est possible que des expériences à long terme de guerre, de déplacement, d’oppression de l’État, d’incarcération et ainsi de suite puissent contribuer à des problèmes de santé mentale qui, avec le temps, peuvent avoir une incidence sur la constitution génétique d’une société. Ou que de telles expériences peuvent déclencher des conditions chroniques à long terme qui nécessitent des médicaments, une thérapie et des conseils à long terme. Il faut une approche holistique dans laquelle l’utilisation des médicaments n’est pas méprisée, comme c’est encore le cas même dans les sociétés les plus développées et les plus avancées. Une approche où de multiples approches sont disponibles pour répondre aux divers besoins des patients, qu’il s’agisse de civils ou de militaires.
 
La santé mentale doit être considérée comme aussi essentielle que les autres piliers de la réadaptation de la société. Dans quelle mesure l’égalité entre les sexes, par exemple, peut-elle être réalisée si nous n’abordons pas et ne reconnaissons pas l’impact à long terme du traumatisme et de la guerre sur une société ? Ou pouvons-nous nous attaquer efficacement aux problèmes de violence familiale au sein de la société si le soutien en santé mentale ne fait pas partie intégrante de ce processus ? Je pose ces questions, profondément conscient que je viens d’une position de privilège relatif et d’éducation. L’expertise, l’éducation, la sensibilisation et les institutions sont nécessaires, un long processus à long terme qui nécessite un financement et un soutien importants qui, sans aucun doute, Rojava manque gravement en ce moment. Pourtant, ce n’est pas une tâche impossible.
À la lumière de la mort tragique d’Heval Zagros (Kevin Howard), cette discussion est plus essentielle que jamais. Les internationalistes qui se sont battus méritent d’être soutenus, sensibilisés et pris en charge. Il en va de même pour les [camarades] qui se battent encore sur les lignes de front. En tant que communauté, nous avons la responsabilité morale de briser les tabous concernant la maladie mentale, y compris l’ESPT. Briser le silence est un point de départ important. Mais nous devons également développer des réseaux, des institutions et des processus en place pour soutenir les soldats, qu’ils soient kurdes ou occidentaux, arabes, yézidis, chrétiens ou autres, avec une santé mentale informée, éduquée et fondée sur l’expertise, tant à Rojava qu’à l’étranger. Le cadeau que Zagros a fait au monde en combattant avec tant d’acharnement et de courage dans la guerre contre DAECH doit être récompensé par une approche plus profonde et plus courageuse de nous tous envers ceux qui souffrent de dépression et de l’ESPT. En tant qu’individus, nous pouvons tendre la main et nous soutenir les uns les autres, mais il nous faut beaucoup plus pour lutter efficacement et à long terme contre cette maladie terrifiante pour toutes les personnes concernées.
 
Des efforts sont actuellement déployés par certaines d’entre elles pour produire des maisons sûres que les haies occidentales pourront réhabiliter, mais ce projet n’en est encore qu’à ses débuts et nécessite financement et soutien. Le projet aura certainement besoin de soutien sous forme de financement, mais aussi de praticiens expérimentés en santé mentale pour offrir leur temps, leur amour et leur soutien. Je fournirai plus de détails sur ce projet au fur et à mesure qu’ils émergeront, alors surveillez cet espace pour de futures mises à jour. D’ici là, prenons soin de nous et des autres.
 
 

Pourquoi 7 000 Kurdes sont en grève de la faim depuis plusieurs mois ?

Pourquoi 7 000 Kurdes, dont la députée HDP, Leyla Guven, sont en grève de la faim depuis plusieurs mois ?

Aujourd’hui, plus de 7 000 Kurdes, majoritairement des prisonniers politiques, sont en grève de la faim qui a été initiée par Leyla Guven il y a 180 jours dans la prison d’Amed (Diyarbakir). Ils exigent tous la faim de l’isolement carcéral imposé à Abdullah Ocalan – leader historique du PKK – sur l’île prison d’Imrali, en Turquie. Mais, qui est Abdullah Ocalan ?

Voici la réponse en vidéo :

 

Le génocide de Dersim, 81 ans après, ni pardon, ni oubli

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TURQUIE / BAKUR – Le 4 mai marque le début du génocide de Dersim de 1938. Entre 1937 et 1938, l’Etat turc a massacré des dizaines de milliers de Kurdes à Dersim, ceux qui ont survécu ont été chassés, Dersim a été dépeuplé. La raison de ces actes barbares était que les victimes étaient des Kurdes alévis.

81 ans se sont écoulés depuis le génocide de Dersim, et pourtant la Turquie n’est pas prête à reconnaître ce génocide comme beaucoup d’autres massacres kurdes qu’elle a commis. Les responsables de la mort de milliers de personnes n’ont jamais été jugés. Les familles brisées n’ont jamais pu découvrir leur passé.

 
Des milliers de personnes n’ont toujours pas reçu de nouvelles de leur famille et de leurs amis. On ignore où se trouvent les enfants kurdes enlevés par le gouvernement turc à l’époque. Beaucoup d’autres pays du monde qui ont connu des expériences similaires et ont commis un génocide contre leurs peuples ont reconnu l’injustice et la tristesse qu’ils ont causées et ils ont présenté des excuses officielles.
 
Cependant, la Turquie continue d’être dans la négation et déclare que le génocide des Kurdes de Dersim « n’a pas eu lieu » comme elle le fait avec le génocide des Arméniens de 1915.
 
La campagne militaire turque contre Dersim a été mise en oeuvre en réponse à un incident relativement mineur, et il semblerait que l’armée attendait une raison directe pour punir les tribus kurdes-alévies. Un jour de mars 1937, un pont stratégique en bois fut brûlé et les lignes téléphoniques coupées. Seyyit Riza et les tribus qui lui étaient fidèles étaient soupçonnés d’être derrière cet acte de sabotage. L’armée a peut-être cru que c’était le début de la rébellion attendue. Une source turque mentionne qu’il y a eu à peu près au même moment un autre incident mineur ailleurs au Kurdistan et suggère une coordination par des nationalistes kurdes.
 
Les premières troupes, envoyées pour arrêter les suspects, ont été arrêtées par des membres de tribus armés. Les affrontements n’ont pas tardé à s’intensifier. Quand les tribus ont refusé de livrer leurs chefs, une grande campagne a été organisée. Les opérations militaires visant à maîtriser la région durèrent tout au long de l’été 1937. En septembre, Seyyit Riza et ses plus proches collaborateurs se sont rendus, mais le printemps suivant, les opérations ont repris avec encore plus de force. Ils ont été d’une violence et d’une brutalité sans précédent.
 
Le nombre de personnes abattues varie entre 12 000, selon les chiffres officiels, et 70-90 000 selon les habitants de Dersim. Plus de 10 000 personnes ont été exilées.
 

Politiciens suisses : Nous ne pouvons restés silencieux devant les grèves de la faim

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LAUSANNE – Une conférence a été organisée à Lausanne pour attirer l’attention sur l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan et les grèves de la faim ainsi que les jeûnes de la mort. De nombreux politiciens suisses dont quatre députés ont assisté à la conférence qui s’est tenue à Lausanne Pôle Sud.
 
Nicolas Rochat Fernandez, député du parti socialiste suisse, Marie-Claire Caloz-Tschopp, académicienne à l’Université de Lausanne, Husnu Yilmaz, juriste, Demir Celik, député kurde en exil et la députée du parti HDP, Dersim Dag qui est en grève de la faim depuis 59 jours – via skype -, ont pris la parole lors de la conférence.
 
Dersim Dag a informé le public sur les raisons des grèves de la faim en cours.
 
Les participants suisses ont posé de nombreuses questions, notamment au sujet du dirigeant kurde Abdullah Ocalan.
 
Demir Celik a expliqué la philosophie d’Abdullah Ocalan.
Quand à Husnu Yilmaz, il a évoqué les grèves de la faim dans l’histoire contre les régimes fascistes. Il a souligné la lutte des Kurdes pour la paix et la liberté. Il a présenté 4 ouvrages d’Ocalan qui ont reçu un grand intérêt par le public.
 
Le député suisse, Nicolas Rochat Fernandez a rappelé l’importance d’Ocalan pour la paix entre l’Etat turc et la partie kurde et a déclaré qu’il était important qu’on lutte contre son isolement.
 
Pendant la soirée, un documentaire retraçant la vie d’Ocalan a également été projeté.
 
Des membres de quatre parti politiques suisses ont signé l’appel » lancé au Conseil de l’Europe et au dirigeants suisse pour qu’ils interviennent auprès de la Turquie contre l’isolement d’Ocalan :
 
•Nicolas Rochat Fernandez, Député du parti socialiste
•Alberto Mocchi, président des Verts du canton de Vaud, conseiller municipal
•Hadrieu Buclin, député du parti Solidarité
•Karine Clerk, conseillère municipale de la municipalité Renens, membre du POP – Parti ouvrier populaire.
 
Voici l’appel lu lors de la soirée:
 
« Appel au Conseil de l’Europe et au Parlement suisse
 
Ne restons pas silencieux face à une grève de la faim de masse.
 
Au Kurdistan, en Turquie et dans plusieurs pays européens – dont la Suisse – des milliers de kurdes ont entamé une grève de la faim pour exiger, d’une part, la fin de l’isolation cellulaire infligée à Abdullah Öcalan, qui ne peut pas recevoir la visite de ses avocats depuis le 27 janvier 2011 et la délégation du Parti démocratiques des peuples depuis le 5 avril 2015, et d’autre part, pour obtenir la reprise d’un véritable processus de paix. Ainsi, les grévistes requièrent le respect des principes d’un Etat de droit. En effet, les conditions de l’isolation cellulaire, son prolongement, violent les droits fondamentaux des détenus, elles constituent un traitement inhumain et dégradant. Les revendications des grévistes sont minimales en ce sens qu’elles impliquent avant toute chose le respect du droit national turc et du droit international. De même, les grévistes expriment leur volonté à ce qu’une paix juste et équitables soit négociée entre les deux parties au conflit.
 
A Genève, une personne est en grève de la faim depuis le 20 février 2019. C’est Leyla Güven, députée HDP incarcérée en Turquie, qui a initié ces grèves de la faim le 7 novembre 2018, dans la prison d’Amed. Elle a été relâchée en janvier suite à la pression internationale. Le 16 décembre, 331 prisonnier-ère-s politiques kurdes ont également débuté une grève de la faim. Ils ont été rejoints par près de 7000 prisonnier-ère-s politiques kurdes ou non, le 1er mars. Entre-temps, des centaines de Kurdes ont rejoint les grèves de la faim en Turquie, Irak, Ecosse, Pays-Bas, France, Autriche, Suisse ou encore Belgique.
 
L’ampleur du mouvement et la durée de ces grèves de la faim témoignent de la situation dramatique du peuple kurde, qui subit une répression féroce en Turquie (sans parler de l’Irak, de l’Iran ou de la Syrie) et qui est victime d’une agression militaire dans la province d’Afrin. Le régime d’Erdogan poursuit sa dérive autoritaire. La censure, l’incarcération des opposant-e-s et les agressions militaires sont devenues monnaie courante au Kurdistan. Plus largement, c’est toutes celles et ceux qui s’opposent à la politique de l’AKP qui sont victimes de la répression, notamment les membres du HDP, dont les anciens co-présidents Figen Yuksekdag et Selahattin Demirtas sont actuellement en prison.
 
Devant ces agressions systématiques, la violation des droits humains et démocratiques élémentaires, le Conseil de l’Europe et le Parlement suisse ne peuvent rester muets. Il est urgent de prendre clairement position en faveur du droit du peuple kurde à l’autodétermination et pour la libération des prisonniers politiques. De par son engagement historique en faveur des droits humains, le Canton de Vaud a le devoir de se positionner.
 

Il nous semble aujourd’hui urgent que les instances européennes et suisses se mobilisent pour défendre les droits fondamentaux des minorités et les droits démocratiques en Turquie. Les dernières élections ont affaibli le gouvernement turc et il faut agir rapidement pour soutenir les forces démocratiques. »

Image via ANF

PARIS : Sortie de Kurd’Înalco, la première revue des étudiants kurdes d’INALCO

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PARIS – Kurd’Înalco, la première revue en kurde des étudiants kurdes de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), est sortie le 28 avril dernier.
 
Vous pouvez acheter la revue au Centre démocratique du Kurdistan (16 rue d’Enghien, 75010 Paris) ou à l’institut kurde de Paris (106 rue la Fayette, 75010 Paris)
 

L’équipe de Kurd’Înalco a besoin d’argent pour pouvoir sortir sa deuxième numéro. Si vous voulez les soutenir, allez sur ce lien pour participer à leur campagne de financement.

L’image contient peut-être : 9 personnes, personnes debout

Les membres de la revue ont rendu visite à plusieurs institutions kurdes de Paris. « Nous avons visité les institutions kurdes pour présenter notre revue et parler de notre projet de l’instruction des cours de kurde en option dans les écoles primaires et collèges. Nous avons visité l’association des Kurdes de Turquie (CDK-F), l’Institut Kurde de Paris et la Représentation du Gouvernement Régional du Kurdistan (irakien). Nous allons visiter prochainement les représentations du Rojava (Kurdistan syrien) et du PDK-I (Rojhilat). En espérant publier notre deuxième numéro et réussir notre projet des cours d’option en kurde. »
 
Les membres de la revue Kurd’Înalco ont prévu une fête de célébration de la naissance de leur revu le vendredi 10 mai à partir de 18 heures. La fête est ouverte au public. 
 
Voici ce qu’a écrit Baker Alkurdo, un des membres de l’équipe Kurd’Înalco, au sujet la naissance de leur revue et de l’histoire de la langue kurde à l’INALCO :

L’Inalco et la section kurde

L’Institut national des Langues et Civilisations orientales (Inalco) est un établissement français d’enseignement supérieur ayant vocation à enseigner les langues et civilisations autres que celles originaires d’Europe occidentale. Fondé en 1669 sous le nom d’ »École des Jeunes de Langues », il prend sont appellation actuelle en 1971.

La langue kurde est enseignée à l’INALCO depuis 1948, introduite par le kurdologue français Roger Lescot. Au départ, seul le dialecte Kurmandji y était enseigné, aujourd’hui, on y enseigne également le dialecte sorani.

Des intellectuels kurdes comme Kamuran Bedirxan, Abdurehman Qasimlo et Halkawt Hakem, mais aussi non-kurdes comme Joyce Blau, ont enseigné à l’inalco la grammaire, la littérature kurde et l’histoire du Kurdistan.

Pourquoi cette revue ?

La langue kurde a longtemps été interdite au Kurdistan par les différents Etats qui opprimaient le peuple kurde, notamment en Turquie et en Syrie. Tandis qu’en Iran et Irak, elle était confrontée à des obstacles visant à restreindre son développement. Face à ces obstacles, les Kurdes ont cherché à développer leur langue en exil.

La première revue kurde appelée “Kurdistan” naît au Caire en 1898, éditée par l’intellectuel kurde Midhat Bedirxan. Les intellectuels kurdes publient ensuite d’autres revues, loin du Kurdistan, notamment “Roji kurd”  fondée en 1913 à Istanbul, puis “Hawar” qui a vu le jour à Damas en 1932, sous le mandat français. En 1949, l’Association des Etudiants Kurdes d’Europe fonde une revue en langue Kurde intitulée “Dengê Kurdistan » (la voix du Kurdistan)

La diaspora kurde a joué un rôle important dans le développement de la langue et de la culture kurde, sous l’impulsion de plusieurs intellectuels kurdes en exil.

Aujourd’hui, les étudiants kurdes de l’Inalco et d’autres universités françaises ont décidé de continuer sur la voie tracée par ces intellectuels kurdes et d’endosser cette tâche inestimable.

Le premier numéro de kurd’INalco est composé de 83 pages. Il aborde les thèmes de la grammaire, la littérature, les sciences sociales, la technologie, les mathématiques…

Les articles sont rédigés dans deux dialectes, sorani et kurmandji, par des personnes originaires des quatre parties du Kurdistan.

Pour demander un exemplaire de la revue, ou avoir des informations complémentaires, vous pouvez contacter l’équipe kurde de l’Inalco par mail : kovarakurdinalco@gmail.com

La Turquie ottomane en Syrie

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SYRIE – Voici à quoi ressemble la Syrie rêvée de la Turquie :

Le bureau de Mohammed al-Jassim «Abu Amsha», le chef de la brigade Sultan Sulaiman Shah qui a également participé à l’invasion d’Afrin. Son bureau croule sous les drapeaux de la Turquie, de l’empire ottoman, des portraits d’Ataturk, de R.T. Erdogan…

Les autorités turques travaillent de toute leurs forces pour pérenniser le colonialisme turc en Syrie en imposant la langue turque et la culture turques, l’histoire « glorieuse » de la Syrie sous le règne de l’empire ottoman, … dès l’école primaire dans toutes les régions syriennes occupées par la Turquie.

Image via Hoshang Waziri 

Mazloum Kobani : Nous avons des négociations indirectes avec la Turquie

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SYRIE – AIN ISSA – Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi (Mazloum Kobani), a déclaré qu’il y avait des négociations indirectes entre ses forces avec l’Etat turc par le biais d’intermédiaires. Il a déclaré qu’ils étaient prêts à négocier et à résoudre les problèmes en suspens par la négociation et de manière pacifique, « mais sous condition ». Il a salué les victoires remportées par leurs forces en coopération avec les dignitaires et les tribus du pays.
 
Le Forum des tribus syriens organisé par le Conseil démocratique syrien (MDS) à Ain Issa sous le slogan « Les tribus syriennes protègent la société et sauvegardent son contrat social » se poursuit avec des discours des représentants des clans syriens et de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie, et des forces démocratiques syriennes.
 
Après le discours de la coprésidente du Conseil démocratique syrien, Elham Ahmed, le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes a prononcé un discours dans lequel il a salué les victoires obtenues par les FDS en coopération avec les tribus et les composantes de la région. Il s’est également adressé à l’Etat turc et à ceux qui ont remis en cause le patriotisme des FDS.
 
Au début de son discours, Abdi a remercié les tribus pour leur soutien aux FDS, sans lequel la victoire n’aurait pas été possible.
 
« Notre peuple se trouve dans les régions de Manbij, al-Tabqa, al-Raqqa et Deir ez-Zor, qui ont accueilli nos forces et nous ont donné tout le soutien et nous ont soutenus pour que nous puissions remporter la victoire.
 
Le patriotisme signifie l’amour de la patrie et le patriotisme n’est pas par de belles paroles et de beaux slogans, l’amour national et patriotique est par les sacrifices et la défense de la patrie, et c’est ce que nos forces ont fait.
 
Au début de la crise syrienne, les institutions militaires du régime n’ont pas rempli leur devoir de défense de ces régions, et elles ont laissé tomber leur peuple et leur peuple et les ont laissés en proie à des interventions extérieures et à l’invasion des factions terroristes. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les jeunes Kurdes, avec d’autres composantes, ont formé les unités de protection du peuple, plutôt que ceux qui les ont abandonnés et abandonnés », a déclaré Abdi.
 
Après la création des Forces démocratiques syriennes, toutes les factions nationales présentes dans la région, sous la bannière des forces formées, ainsi que les factions d’Homs, Idlib et Hama, et les enfants de Tal Abyad, Manbij et al-Raqqa et les nationalités d’autres provinces, se sont réunies sous la bannière des FDS.
 
Abdi a rendu hommage aux 11 000 martyrs et des milliers de blessés de la jeunesse des Kurdes, Arabes, Turkmènes, Syriaques, Assyriens, Circassiens et Arméniens, dans les batailles menées par les FDS et déclaré que ce fut le principal facteur de la victoire des FDS.
 
Le commandant en chef des FDS a déclaré que les terroristes venaient du monde entier et s’étaient rencontrés en Syrie. C’est pourquoi les forces internationales se sont également rendues en Syrie. « La présence des forces de la coalition internationale dans nos régions et la présence de forces russes dans d’autres régions ont joué un rôle positif dans la lutte contre le terrorisme. »
 
Abdi a souligné que le rôle des forces de la coalition et des forces russes étaient toujours nécessaire car Afrin, Idlib et Jarablus et al-Bab étaient occupés et qu’il y avait toujours Daesh dans la région : « La présence de forces internationales pour protéger notre peuple du terrorisme est une présence légitime jusqu’à ce que tout le territoire syrien est nettoyé du terrorisme.
 
Nos forces croient en l’unité du territoire syrien et luttent pour son unité. Nous croyons au dialogue syro-syrien pour résoudre les problèmes de toute la région, mais nous affirmons également que nous ne pouvons en aucun cas revenir à la période d’avant 2011. Nous pouvons résoudre les problèmes dans la région par la réconciliation ou par d’autres moyens. Nous sommes prêts à dialoguer avec le gouvernement syrien central pour trouver une solution à la crise.
 
Cependant, il est impossible de parvenir à une Syrie démocratique sans reconnaître les droits constitutionnels du peuple kurde, et il ne peut y avoir de solution sans reconnaître l’administration autonome qui sert les composantes de la région. La solution ne peut être trouvée qu’en acceptant la spécialité des Forces démocratiques syriennes et leur rôle dans la protection de cette région à l’avenir. Elle mérite d’être privilégiée dans la future Syrie. »
 
Au cours de son discours, Abdi s’est adressé à l’Etat turc, soulignant que des négociations indirectes étaient menées par les Forces démocratiques syriennes avec la Turquie par le biais d’intermédiaires. Il a déclaré qu’ils étaient prêts à négocier et à résoudre les problèmes en suspens par des négociations et de manière pacifique, mais à condition qu’ils soient prêts à examiner les exigences de l’Etat turc sur les frontières. En même temps, à condition de ne pas interférer dans les affaires syriennes et le respect de la souveraineté de l’État syrien.
 
« Si l’Etat turc veut une solution politique, il doit rendre Afrin à son peuple, sans le retour du peuple d’Afrin dans ses foyers et le rétablissement du statut normal d’Afrin, nous ne pouvons trouver une solution.
 
Les FDS sont en passe de franchir une nouvelle étape dans notre pays après la victoire sur le terrorisme, mais il y a encore des défis à relever sur le plan de la sécurité. Les mercenaires Daesh menacent nos administrations, nos institutions et nos figures sociales, et en même temps ils sont un danger pour les peuples de la région.
 
Dans cette nouvelle phase, nous avons suffisamment de temps et de ressources pour surmonter ces obstacles et ces problèmes, tout comme nous avons surmonté les défis précédents et nous avons gagné la faveur. Mais comme nous unissons tous nos forces, nous devons unir nos forces pour gagner la nouvelle phase et surmonter les nouveaux problèmes. »
 
A la fin de son discours, Abdi a appelé toutes les tribus et tous les dignitaires de la région à continuer à soutenir les FDS dans leur moral, « car c’est là le facteur décisif pour la victoire dans cette nouvelle phase. Nous avons aussi vaincu le terrorisme et vaincu Daesh militairement. Nous triompherons dans la prochaine étape (…). »
 

Aydin M. Hamit, un officier turkmène exécuté par Saddam pour avoir refusé de gazer les Kurdes d’Halabja

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D’origine turkmène, Aydin Mustafa Hamit était un officier de l’armée de l’air irakienne pendant la guerre qui opposait l’Irak de Saddam Hussein, alors allié des Etats-Unis, à l’Iran de l’Ayatollah Khomeiny.
 
En mars 1988, l’officier reçut un ordre émis directement par Saddam : il devait bombarder la ville kurde d’Halabja d’agents chimiques.
 
A l’ordre, l’officier, Aydın Mustafa Hamit, répondit simplement et sans détour : « Il y a des femmes et des enfants là-bas » et refusa d’obéir.
 
L’officier a été arrêté, jugé pour insubordination, condamné à mort par pendaison et emprisonné en attendant son exécution.
 
En septembre 1988, peu avant d’être emmené à la potence, s’adressant à un compagnon de cellule pour son salut final, Aydın Mustafa demanda : « Les Kurdes sauront -ils la raison de mon exécution ? Se souviendront-ils de moi un jour ? »
 
J’ai plusieurs amis parmi les Kurdes, mais je n’ai jamais entendu parler d’Aydın Mustafa ni écrit à son sujet.
 
Pourtant, l’histoire de l’officier turkmène est exemplaire et mérite d’être connue non seulement des Kurdes, mais de tous ceux qui détestent les abus et apprécient la liberté.
Le choix d’Aydin Mustafa montre que, même s’il porte un uniforme, un homme peut être entièrement transformé en marionnette dans les mains du pouvoir.
 
Son histoire sonne comme les glas de la mort pour toute forme de pouvoir arbitraire exercé par les hommes sur les autres hommes.
 
Elle montre que, pour ceux qui conservent leur conscience et savent qu’ils ont raison, il n’existe aucun système de menaces ou de chantage, aussi sophistiqué, violent ou puissant soit-il, qui puisse plier leur volonté ; ils ne seront jamais au service du pouvoir.