AFRIN. Le silence de la communauté internationale légitime les violations commises par la Turquie
Pétition. Libérez Tuna Altınel
Sortie en français du livre « Make Rojava Green Again »
L’artiste kurde, Zehra Dogan expose à Tate Modern Exchange
LONDRES – Le mardi 21 mai, l’artiste kurde, Zehra Dogan a inauguré son exposition à Tate Modern, musé d’art moderne à Londres. Son exposition montre ce que les Kurdes ont laissés derrière eux quand ils ont été chassés par l’armées turque à Nusaybin, Cizre… entre 2015 et 2016.
Questionnée sur son exposition à Tate Modern, Dogan la décrivait ainsi :
« En tant que journaliste couvrant les affrontements dans les villes kurdes de Turquie, de 2015 à 2016, j’exposerai des objets que j’ai recueillis et qui ont été laissés sous les décombres des bâtiments détruits. À travers ces articles, je raconterai l’histoire des gens afin que cette pièce m’aide à mettre en valeur mon travail en tant qu’artiste et journaliste. L’une des pièces les plus touchantes qui sera exposée est un tapis coloré brûlé. Le tapis représente tous les habitants du pays : Turcs, Kurdes, Arabes, etc. Les gens sont tous beaux quand ils sont ensemble, mais pas quand ils sont divisés. Cependant, le tapis est brûlé, ce qui montre que sur la terre, nous avons été divisés et brûlés. Il y aura aussi des vêtements qui font partie de l’identité des gens – comment ils les valorisent et les définissent. Les vêtements qu’ils ont dû laisser derrière eux ont été brûlés et sous les décombres, ce qui montre qu’ils sont morts. Les visiteurs de l’exposition seront accueillis par ces cadavres. »

Dans le cadre de Who Are You?
21 – 25 mai 2019
Tate Exchange
Tate Modern
Bankside
Londres SE1 9TG
tate.org.uk
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TURQUIE. Journalistes agressés: Les ONG de la défense de la presse interpellent Erdoğan
TURQUIE – En Turquie, les journalistes critiques qui ne sont pas jetés en prison sont attaqués dans la rue par les nervis du pouvoir turc. Le dernier exemple en date a eu lieu la semaine dernière. Les journalistes Yavuz Selim Demirağ et İdris Özyol ont été agressés dans deux attaques distinctes la semaine dernière.
18 organisations de la défense de la liberté de la presse, dont l’Institut international de la presse (IIP) et PEN International, ont envoyé une lettre à Recep Tayyip Erdoğan, pour qu’il condamne les attaques qui ont visé les journalistes.
Dans leur lettre commune, les organisations ont exigé que justice soit rendue pour les journalistes Demirağ et Özyol et ont exhorté le gouvernement turc « à dénoncer publiquement ces actes de violence et à assurer la sécurité des journalistes à l’approche des élections municipales prévues le 23 juin 2019 à Istanbul ».
Voici la lettre commune des organisation de la défense de la presse :
« Votre Excellence, Président Erdoğan,
« Nous vous écrivons pour vous faire part de notre vive préoccupation face aux attaques brutales perpétrées contre des journalistes en Turquie au cours des cinq derniers jours.
Le 10 mai, le journaliste Yavuz Selim Demirağ, collaborateur régulier du journal d’opposition Yeniçağ, a été agressé devant son domicile à Ankara. Les agresseurs ont frappé le journaliste avec des bâtons alors qu’il rentrait chez lui après avoir diffusé son émission du soir sur Türkiyem TV. Les autorités ont arrêté six auteurs présumés, qui ont été libérés vingt-quatre heures plus tard au motif qu’il n’y avait aucune menace pour la vie du journaliste.
Cette attaque a été suivie le 15 mai d’un autre incident, au cours duquel le journaliste d’investigation İdris Özyol aurait été attaqué devant le bâtiment du journal Yeni Yüzyıl à Antalya, dans le sud-ouest de la Turquie. Özyol a été hospitalisé avec des blessures à la tête et à la poitrine.
L’Union progressiste des journalistes a publié une déclaration dans laquelle elle établit un lien entre l’attaque d’Özyol et les menaces publiques contre les journalistes proférées par Talu Bilgili, responsable régional du Parti du mouvement nationaliste (MHP).
Condamnez les attaques dans les termes les plus fermes possibles
En tant que représentants des organisations soussignées vouées à la promotion de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de la libre circulation de l’information, nous demandons à Votre Excellence de condamner ces attentats dans les termes les plus fermes et d’appeler la police et la justice à faire en sorte que les auteurs de ces actes soient traduits en justice.
Alors que la Turquie se prépare à une répétition très contestée des élections municipales d’Istanbul, les semaines à venir constitueront un test important pour la démocratie du pays, déjà fortement mise à mal par l’emprisonnement de journalistes dans tout le pays et les restrictions imposées aux médias, qui limitent considérablement la capacité des journalistes à couvrir librement les questions d’intérêt public. Nous espérons sincèrement que, dans les semaines qui précéderont les élections du 23 juin, les journalistes de tout le pays pourront diffuser des nouvelles et des informations sans crainte de représailles.
Si on ne les punit pas, les attaques auront un effet dissuasif
L’équité et la crédibilité des prochaines élections dépendront en grande partie de la capacité des électeurs d’accéder à diverses sources de nouvelles et de prendre ainsi une décision éclairée lorsqu’ils voteront. Des attaques comme celles perpétrées contre Demirağ et Özyol, si elles restent impunies, auront un grave effet dissuasif sur les journalistes du pays et renforceront encore davantage un climat de peur, ce qui entrave sérieusement la crédibilité de la Turquie en tant que démocratie.
Dans cet esprit, nous vous demandons instamment de condamner ouvertement ces violentes attaques contre Demirağ et Özyol, de veiller à ce que leurs auteurs soient traduits en justice et d’envoyer ainsi un signal clair que les journalistes en Turquie seront libres d’exprimer leurs opinions et de fournir des informations indépendantes au peuple, tant à l’approche des élections municipales du 23 juin qu’au-delà. »
La lettre a été signée par :
Articolo 21, Réseau international pour les droits des caricaturistes (CRNI), Comité de protection des journalistes (CPJ), Centre danois de PEN Europe pour la presse et la liberté des médias (ECPMF), Fédération européenne des journalistes (EFJ), PEN Allemagne Initiative pour la liberté d’expression (IFoX), Institut de presse international (IPI), PEN Norvège, PEN Amérique, PEN Belgique-Flandres, PEN Canada, PEN International, PEN Pays-Bas, Reporters sans frontières (RSF), Organisation européenne sud-est des médias (SEEMO), PEN Suède