Accueil Blog Page 1017

TURQUIE. Dix prisonniers kurdes hospitalisés

0
TURQUIE – AMED – Dix prisonniers kurdes, qui étaient en grève de la faim, ont été hospitalisés à Diyarbakir (Amed) après avoir mis fin à leur action à l’appel d’Abdullah Ocalan.
 
L’état de santé des prisonniers est dramatique à cause de la durée des grèves de la faim et des privations de vitamines B etc. imposées par leurs bourreaux. Ils vont garder des séquelles graves (troubles physiques, insuffisance rénale, insuffisance hépatique, insuffisance cardiaque, troubles neurologiques…).
 

Leyla Güven a été hospitalisée

0

TURQUIE, AMED – La députée kurded ‘HDP, Leyla Güven a été hospitalisée après avoir annoncé la fin à sa grève de la faim.

Güven a été en grève de la faim depuis 200 jours.

Articles en lien :

Leyla Güven : Je mets fin à ma grève de la faim mais continue mon combat contre l’isolement

TURQUIE. Les prisonniers annoncent la fin des grèves de la faim

Abdullah Ocalan appelle à l’arrêt des grèves de la faim

Leyla Güven : Je mets fin à ma grève de la faim mais continue mon combat contre l’isolement

0
TURQUIE – AMED – Leyla Güven et les députés HDP mettent fin à leurs grèves de la faim. Leyla Güven va être hospitalisée aujourd’hui.
Dans son message lu lors d’une conférence de presse au siège d’HDP Amed, la députée kurde Leyla Güven a annoncé avoir mis fin à sa grève de la faim.
Cette déclaration intervient après l’appel d’Ocalan demandant aux grévistes de la faim de cesser leur action. Les prisonniers en grèves de la faim ont également mis fin à leur action.
 
Voici le message de Leyla Güven :
 
« Le Moyen-Orient, dont le Kurdistan, est un champ de bataille absolu comme une boule de feu en feu. Sur ce champ de bataille, l’accès à une vie libre est empêché par l’imposition du déni politique et culturel des Kurdes ainsi que par les politiques fondées sur la soumission. La perspective de la nation démocratique par le dirigeant du peuple kurde, M. Abdullah Öcalan, est maintenant un fait largement accepté comme une solution pour surmonter ces obstacles. Comme le montre l’expérience de Rojava, qui continue de secouer le monde, la thèse sur la démocratie au Moyen-Orient inclut tous les peuples de cette géographie. L’acteur le plus important pour la solution démocratique de la question kurde au Moyen-Orient est M. Öcalan.
 
Aujourd’hui, dans le pays, l’isolement, imposé à M. Öcalan, s’est répandu dans la société et il cause une honte à l’humanité. De ce point de vue, je peux dire que notre seule chance est d’être révolutionnaire. Parce que seul [être révolutionnaire] peut empêcher cette honte, et il peut s’opposer aux choses intolérables et à l’extorsion.
 
En tant que membre du peuple kurde, j’ai été impliqué dans des activités politiques dans divers domaines sans interruption depuis 1994. Malgré toute l’illégalité que nous avons connue, nous avons poursuivi notre lutte. Cependant, je vois clairement que je ne pourrais pas mener une politique correcte, efficace, perspicace et inclusive à l’étape actuelle.
 
Sachant que l’isolement de M. Öcalan était un isolement imposé aux gens, j’ai entamé une grève de la faim illimitée de mon plein gré. J’ai dit que je poursuivrais la grève de la faim jusqu’à ce que l’isolement soit levé. Je crois qu’il est absolument crucial, non seulement pour les Kurdes, mais pour tous les peuples vivant dans ce pays, que les opinions de M. Öcalan, qui n’a jamais fait de concessions de ses efforts de paix malgré son isolement absolu depuis 20 ans, soient accessibles au public.
 
C’est aujourd’hui le septième mois de notre grève de la faim. Mes amis, principalement Nasır Yağız, et des milliers de prisonniers qui sont des camarades de ceux qui « aiment la vie jusqu’à la mort », ont soutenu cette action avec force et soutien. Notre résistance s’est répandue dans le monde entier depuis Strasbourg et dans ce processus, trois autres députés HDP [ont rejoint la grève de la faim] ont également développé la résistance avec nous. Cette action s’est donc transformée en une année de résistance.
 
Tout au long de ce processus, nous avons été les plus blessés et nous avons ressenti la douleur la plus forte dans nos cœurs avec le martyre de nos camarades qui ont sacrifié leur vie pour nous faire vivre, devenant des cris pour briser le silence, même avec leur propre vie : Zülküf Gezen, Ayten Beçet, Zehra Sağlam, Medya Çınar, Yonca Akici, Siraç Yüksek, Mahsum Pamay, Ümit Acar et Uğur Şakar. Ils sont les véritables héros et les défenseurs de ce processus. Je leur rends hommage avec le plus grand respect et la plus grande gratitude…
Je voudrais également souligner le jeûne de la mort qui a atteint son 27e jour. Nos 30 camarades ont déjà transformé leur grève de la faim en un jeûne de la mort, mettant en avant une volonté inébranlable contre l’isolement.
 
Nous savons que M. Öcalan est le seul interlocuteur pour une paix honorable afin de mettre fin aux souffrances vécues sur nos terres. L’objectif de cette résistance à la grève de la faim était de briser l’isolement illégal et inhumain de M. Öcalan et d’ouvrir la voie à des efforts de paix qui englobent le Moyen-Orient. La déclaration en 7 points de suggestions de solutions, partagée publiquement après la réunion du 2 mai, est l’expression concrète de la contribution que M. Öcalan apporte à la démocratie turque. Par conséquent, la fin du système d’isolement d’Imrali profitera autant à l’ensemble de la population turque qu’aux Kurdes.
Ce faisant, les mères aux voiles blancs et Nora, l’une des mères de la Plaza De Mayo, sont venues me rendre visite depuis l’Argentine, démontrant une fois de plus que la « paix » fleurira avec la résistance sacrée des mères. Les mères et leurs enfants sont devenus le bourgeon d’un nouvel espoir.
C’est alors que la résistance a ouvert la porte à la rupture de l’isolement absolu. Le dirigeant du PKK, Öcalan a d’abord rencontré son frère, Mehmet Öcalan, puis ses avocats à deux reprises. Cependant, nous poursuivrons notre lutte active de différentes manières pour éliminer complètement l’isolement. Le fardeau de la responsabilité repose maintenant sur nos épaules, sur les épaules de ceux qui mènent une politique démocratique active. Si la politique ne peut pas produire de solutions, elle ne fait que créer de nouveaux problèmes.
Bien que je promette d’agir avec cette responsabilité et cette conscience, aujourd’hui, je mets fin à ma grève de la faim. Je voudrais souligner que notre résistance à la grève de la faim a atteint son objectif. Mais notre lutte contre l’isolement et notre lutte pour la paix sociale se poursuivront dans tous les domaines. Cette lutte doit conduire à une paix honorable.
Je remercie individuellement tous ceux qui m’ont soutenu. Je voudrais remercier tous ceux qui sont devenus notre voix, qui ont cru en nous et qui n’ont pas perdu espoir dans cette atmosphère fasciste d’oppression. Mais tout d’abord, je voudrais remercier les Mères pour la Paix et toutes les femmes qui n’ont pas quitté la rue malgré toutes les attaques et la répression. « L’espoir est plus précieux que la victoire » ; nous espérons, nous réussissons. »
 
Leyla Güven
Coprésidente du Congrès de la société démocratique et députée HDP
26 mai 2019
 

Un eurodéputé appelle le CPT à enquêter sur la torture à Halfeti

0
STRASBOURG – Arne Gericke, député allemand au Parlement européen, a appelé le Comité pour la prévention de la torture (CPT) à enquêter sur la torture subie par des dizaines de Kurdes à Halfeti, en Turquie.
 
Arne Gericke a rappelé que parmi les personnes torturées à Halfeti se trouvaient des enfants de 13 ans.
 
Citant les déclarations de la députée HDP Ayse Acar Basaran et des organisations de défense des droits humains, Gericke a demandé la libération immédiate des personnes détenues.
 
« Cette barbarie est le fait d’un État qui est officiellement un partenaire de l’UE et de l’OTAN. Comment se fait-il que les citoyens de l’UE restent silencieux face à ce crime ? » a déclaré Gericke.
 
Gericke a également appelé le CPT à ouvrir d’urgence une enquête sur cette question.
 

TURQUIE. Les prisonniers annoncent la fin des grèves de la faim

0

TURQUIE – Deniz Kaya, au nom des prisonniers condamnés du PKK et du PAJK, a déclaré qu’ils mettaient fin à leur grève de la faim et à leur jeûne de la mort en réponse à l’appel d’Öcalan.

Dans une déclaration au nom des prisonniers politiques kurdes emprisonnés dans les affaires du PKK et du PAJK, Deniz Kaya a annoncé qu’il mettait fin à la grève de la faim et au jeûne de la mort à la suite du message d’Öcalan qui annonçait qu’il s’attendait à ce que ces actions prennent fin.

Les prisonniers condamnés du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le PAJK (Parti des femmes libres du Kurdistan) sont en grève de faim depuis le 16 décembre 2018 et 30 prisonniers sont en jeûne de la mort, exigeant la fin de l’isolement imposé à Abdullah Öcalan.

ANF

Abdullah Ocalan appelle à l’arrêt des grèves de la faim

0
TURQUIE – ISTANBUL – Abdullah Öcalan a déclaré que les grèves de la faim avaient atteint leur objectif et devaient prendre fin
 

Les avocats du cabinet d’avocats (Asrın Hukuk Bürosu) qui défendent le leader kurde Abdullah Öcalan ont tenu une conférence de presse concernant leur rencontre avec leur client le 22 mai dernier.

À LA PRESSE ET A L’OPINION PUBLIQUE :

« Nous avons eu une autre rencontre avec notre client M. Öcalan le 22 mai à l’île prison d’İmralı;

M. Öcalan a une fois de plus souligné l’importance du texte qu’il avait précédemment partagé avec le public. Il s’est dit satisfait des débats sur le texte en sept points, co-rédigés par nos quatre clients le 2 mai 2019. Il était d’avis que le besoin fondamental de la Turquie était un débat sur le consensus social, la politique démocratique, la négociation démocratique et une paix honorable. Il a également déclaré qu’il ferait sa part pour faire de ces points les valeurs fondamentales de la politique turque. Il a également ajouté que tout le monde était conscient de l’espoir et du contexte en Turquie, créés par l’approche et la position adoptée en 2013, et que son message devrait être discuté plus avant.

Comme il l’avait fait lors de la réunion précédente, M. Ocalan a rappelé que la permission d’organiser ces réunions ne signifiait pas la présence d’un processus de négociation. Il a dit que ses messages s’adressaient à toutes les forces démocratiques, aux structures politiques de différents niveaux en Turquie et à l’Etat turc. En ce qui concerne sa position, il a également dit : « Nous verrons comment ces cercles réagiront 30 – 40 jours plus tard. » Nous avons cru comprendre qu’il n’a fait aucun commentaire concernant la réaction de ces cercles pour l’instant.

Le message, qui contenait sept points et a été présenté au public le 6 mai, expliquait comment la solution aux problèmes du Rojava, du nord de la Syrie, des FDS [Forces Démocratiques Syriennes] et de la Syrie devait être trouvée. Il a réitéré ses opinions sur cette question. M. Ocalan a déclaré que s’il en avait l’occasion, il jouerait un rôle positif pour les questions syriennes, y compris la question kurde, dans le cadre de l’intégrité territoriale du pays. Il a souligné que ses idées et suggestions de solution résoudraient les problèmes en Syrie et que les droits fondamentaux des Kurdes et des autres communautés devraient être garantis par la Constitution.

Il est fondamental que ces discussions soient menées d’une manière qui puisse conduire à des résultats historiques et plus profonds et qu’elles ne soient pas comprimées dans des agendas politiques quotidiens et étroits. De cette manière, nous voudrions rappeler que la Turquie et le Moyen-Orient ont des problèmes historiques et profonds et M. Ocalan a déclaré que ces problèmes pouvaient être résolus par des approches rationnelles, politiques et culturelles.

L’isolement d’Imrali n’est pas seulement un grave problème juridique, mais aussi un phénomène qui mine politiquement le climat de paix en Turquie. La Turquie a été témoin de l’impact positif de M. Ocalan sur le pays lorsqu’il a pu, même partiellement, jouer son rôle de sujet politique et présenter ses solutions à des problèmes fondamentaux. Au cours des quatre dernières années de l’isolement aggravé de M. Ocalan, la guerre, le chaos et la crise se sont intensifiés en Turquie et dans la région, et le pessimisme a dominé toutes les structures sociales.

D’autre part, nous avons vu que lorsque M. Ocalan a pu partager ses opinions, même de manière limitée, deux fois au cours des vingt derniers jours, l’espoir d’une perspective différente et nouvelle […] des problèmes s’est manifesté.

Au cours de ces réunions, nous avons clairement observé que M. Öcalan avait maintenu sa position pour résoudre les problèmes sur la base d’une paix digne grâce à une résolution démocratique et qu’il était optimiste et confiant pour l’avenir.

Nous exprimons par la présente notre conviction que l’opinion publique démocratique doit prendre ses responsabilités et suivre le processus afin de surmonter l’attitude immorale qui s’est manifestée pendant de longues années dans l’ensemble des prisons. C’est une responsabilité légale, ainsi qu’une responsabilité morale des autorités administratives et judiciaires de s’acquitter de leurs responsabilités en veillant à ce que l’établissement des droits légaux soit assuré sans aucun conflit ni discrimination.

Bien que plusieurs sujets aient été discutés dans le cadre de la réunion, le principal point à l’ordre du jour était les grèves de la faim et les décès massifs qui ont atteint un stade critique.

Dans cette interview, M. Öcalan a exprimé sa gratitude pour la volonté et le dévouement des militants et a considéré cette attitude comme une position honorable. En même temps, il a trouvé que l’attitude des mères était très importante et très appréciée. Par la présente, nous envoyons ses salutations spéciales aux mères.

Au cours de la réunion, Öcalan a insisté sur son appel à l’arrêt des grèves de la faim et des jeûnes de la mort, qui ont atteint leurs objectifs. Après cet appel, nous pensons que les grévistes mettront fin à l’action. Notre client a déclaré que si les pourparlers n’avaient pas lieu à l’avenir, ils pourraient faire l’objet d’une lutte politique, mais qu’il fallait éviter des actions telles que les grèves de la faim et les jeûnes de la mort. Il a déclaré que l’essentiel est une culture de lutte politique démocratique et qu’il est plus important pour les grévistes d’être en bonne santé physique, spirituelle et mentale. Utilisant Gandhi comme exemple pour sa grève de la faim, il a dit que Gandhi a rendu sa grève de la faim significative par sa lutte sociale.

Dans ce contexte, Öcalan a écrit une lettre aux militants de la grève de la faim et du jeûne de la mort. Il a demandé que cette lettre leur soit communiquée. Nous vous présentons cette lettre, qui nous a été remise après la réunion, manuscrite et signée par M. Öcalan, s’adressant aux militants de la grève de la faim et du jeûne de la mort. »

 
Le message d’Öcalan :
 
« Chers camarades,
 
Les amis qui ont couché leur corps [pour les] grèves de la faim et du jeûne de la mort j’attends de vous que vous mettiez fin à votre action à la lumière de la déclaration qui sera faite par deux de mes avocats. Je peux confortablement dire que votre but dans cette action s’est concrétisé et je vous transmets mon amour et mes remerciements les plus profonds.
 
J’espère que vous m’accompagnerez avec l’intensité nécessaire et que vous irez de l’avant.
 
Avec un amour infini et des salutations.
 
22 mai 2019, Prison d’Imrali
 
Abdullah ÖCALAN »
 

Les mères du samedi : 24 ans de lutte pour la justice

0
TURQUIE -ISTANBUL – Il y a vingt-quatre ans, les mères du samedi descendaient dans la rue pour la première fois à Istanbul pour protester contre la pratique des disparitions forcées.
 
Les mères du samedi à Istanbul sont descendues dans la rue pour la 739ème semaine pour demander où se trouvaient leurs proches disparus sous la garde des forces de l’Etat et pour exiger que les auteurs de ces actes soient jugés.
 
Il y a vingt-quatre ans, le 27 mai 1995, des mères se sont installées pour la première fois sur la place Galatasaray, au centre d’Istanbul, pour protester contre la pratique répandue consistant à tuer des personnes (majoritairement des Kurdes) en détention et à faire disparaître les corps.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.
 
Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Les femmes et les activistes tiennent donc leur sit-in hebdomadaire dans une petite ruelle en face de la branche d’Istanbul de l’Association des droits de l’Homme (IHD). Chaque semaine, l’identité d’une des personnes disparues est présentée, surtout à partir des années 1990, lorsque l’acte de « disparition » était particulièrement répandu.
 
Aujourd’hui, des discours ont été prononcés à l’occasion du 24e anniversaire, dans lesquels les proches des disparus ont annoncé qu’ils n’abandonneraient jamais leur lutte pour la justice. « Si nous n’abandonnons pas, le bien l’emportera », a déclaré Maside Ocak, dont le frère Hasan Ocak a disparu en 1995 après son arrestation par les forces turques.
 
ANF

Saleh Muslim : Moscou est derrière le recul d’une solution politique en Syrie

0
SYRIE / ROJAVA – Le chef des relations extérieures du Parti de l’Union démocratique (PYD), Saleh Muslim a déclaré à Bloomberg America que la Russie avait joué un rôle très négatif dans l’échec des Kurdes syriens à obtenir leurs droits en Syrie, déclarant que les Russes négocient un accord dans les coulisses avec la Turquie.
 
« Quand nous sommes arrivés en Syrie, nous nous attendions à ce qu’ils fassent pression sur le régime pour qu’il accepte une solution politique », a déclaré Saleh Muslim, chef des relations extérieures du PYD, à l’agence américaine depuis Qamishlo.
 
L’agence a souligné que les forces démocratiques syriennes (FDS) ont joué un rôle important, avec le soutien de la coalition internationale de lutte anti-EI, dans la libération du pays de l' »organisation terroriste Daech », où l’administration autonome du nord et de l’est du pays contrôle un tiers du pays.
 
Le président russe Vladimir Poutine est intervenu dans la crise syrienne avec le régime syrien en 2015 et s’est imposé comme un médiateur et un porte-parole clé du régime après que l’administration Trump eut annoncé son intention de retirer les troupes américaines de Syrie.
 
Poutine encourage le président turc Recep Tayyip Erdogan à rétablir les liens avec le régime d’Assad, auquel s’oppose Ankara, afin de résoudre les tensions concernant la demande de la Turquie de créer une zone tampon en Syrie.
 
« Si les Américains ou la coalition internationale avaient été là, cela signifierait que ce sera plus sûr et qu’ils empêcheraient les frappes aériennes ou les attaques de la Turquie », a déclaré M. Muslim en réponse à une question sur la durée du séjour de Washington en Syrie.
 
« Les Kurdes syriens ont présenté des propositions pour un système politique décentralisé en Syrie à la Russie en décembre, mais malgré les promesses de Moscou de discuter de cette idée avec Damas, le régime n’a pas répondu », a déclaré Muslim.
 
M. Muslim a ajouté que les efforts de médiation de la Russie entre la Syrie et la Turquie n’aidaient pas à apaiser les craintes des Kurdes. « Ils travaillent en étroite collaboration avec la Turquie et essaient de lui faire plaisir. »
 
Poutine fait pression sur Erdogan pour autoriser une offensive militaire à grande échelle contre les groupes terroristes qui contrôlent la province d’Idlib dans le nord-ouest de la Syrie.
 

Les avocats d’Ocalan ont transmis son message à Leyla Guven

0
TURQUIE – DIYARBAKIR – Aujourd’hui, les avocats qui ont rencontré Öcalan le 22 mai ont rendu visite à Leyla Guven qui en grève de la faim depuis 198 jours, et lui ont transmis le message d’Öcalan.
 

Les avocats du cabinet d’avocats « Asrın hukuçulari » ont rendu une visite le 22 mai au leader kurde, Abdullah Öcalan, à la prison d’Imralı. Il s’agissait de la deuxième visite des avocats d’Öcalan à leur client. La première rencontre avait eu lieu le 2 mai. Depuis juillet 2011, un régime d’isolement total a été imposé au dirigeant kurde.

Dans une courte déclaration, la députée HDP, Leyla Güven a déclaré: « Les avocats m’ont rendu visite et ont transmis le message de M. Öcalan. Maintenant, ils déploient des efforts intenses pour transmettre le message aux autres militants en grève de la faim. Nous partagerons très bientôt notre avis avec l’opinion publique. »

Dans un communiqué concernant la dernière visite, les avocats ont déclaré :

«Dans le cadre de notre rencontre avec M. Öcalan le 22 mai, nous avons tout d’abord transmis les opinions de notre client aux activistes de la grève de la faim et avons discuté de la question avec eux concernant sa demande. Une fois la discussion terminée, nous partagerons avec le public une déclaration que l’opinion publique attendait avec impatience.»
 

Les vies de Leyla Güven et des 7 000 grévistes de la faim kurdes sont en danger

0
SOLIDARITÉ • Une délégation suisse s’est rendue à Paris pour rendre visite aux grévistes de la faim de la Confédération des opprimé.e.s immigré.e.s en Europe, qui protestent contre l’isolement du leader kurde d’Öcalan et des autres prisonniers.ères politiques en Turquie.
(Par Cindy Zahnd)
 
Özkan Özdemir est un jeune communiste turc de 42 ans. Il est en grève de la faim depuis le 1er avril à Paris pour soutenir la demande de la députée Leyla Güven de lever l’isolement d’Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999. Concernant les raisons qui l’ont poussé à commencer une grève de la faim, il explique que l’isolement d’Öcalan représente l’une des plus flagrantes violations des droits humains en Turquie.
 
Selon lui, cette politique d’isolement fait partie d’un système plus vaste de répression contre les citoyennes et les citoyens. «En Turquie, non seulement les Kurdes, mais également les Turcs ne peuvent plus exercer leurs droits fondamentaux tels que la liberté d’expression, d’organisation ou de manifestation. Le gouvernement encourage le nationalisme et le chauvinisme», explique-t-il.
 
Bilen Ceyran et Gülten Yavuz ont, eux, décidé d’entamer une grève de la faim de un mois en solidarité avec leurs camarades.
 
Gülten est une mère de famille vivant en Suisse et Bilen une jeune Belge d’origine kurde et turque. «En tant que jeune et socialiste, je ne pouvais pas rester indifférente face à cet élan. La demande de Leyla Güven est justifiée et nous concerne toutes et tous», souligne Bilen. Elle explique qu’en prenant de l’ampleur, le mouvement a également élargi ses revendications. «Il s’agit de mettre fin a l’isolement de toutes et tous les prisonnier.ères politique, mais également celui de tous les peuples minoritaires de Turquie. »
 
Victoires obtenues grâce à la résistance
 
Depuis le début de la grève de la faim, entamée par la députée Leyla Güven en novembre 2018, Öcalan a pu recevoir la visite de son frère, puis ensuite celle de ses avocats qu’il n’avait pas vus depuis 8 ans. Leyla Güven a par ailleurs été libérée de prison le 25 janvier, mais mise sous contrôle judiciaire. «Ces victoires ont été obtenues grâce à la détermination des grévistes», explique Özkan. Mais selon lui, c’est surtout une victoire idéologique: «Malgré les attaques de la dictature fasciste, le peuple a montré qu’il ne baisserait pas la tête, mais qu’il résisterait», souligne-t-il. Ceci est vrai en particulier concernant les mères des prisonniers.ères politiques, qui n’ont cessé de manifester leur soutien à leurs enfants, bravant les coups de la police.
 
Si le ministère de la justice turc a annoncé la semaine passée la levée de l’isolement d’Öcalan, les grévistes sont déterminé.e.s à poursuivre leur action jusqu’à ce que cette déclaration aie été mise en pratique.
 
La grève de la faim comme moyen ultime de faire entendre sa voix
 
Bilen Ceyran explique que la grève de la faim est pour elle un moyen ultime utilisé afin de résister, sans faire de mal à personne. «Dans les prison, c’est souvent le seul moyen pour faire entendre sa voix. A l’extérieur, c’est parfois encore plus dur qu’en prison. On se retrouve dans un environnement où les gens peuvent vivre tranquillement. Notre but c’est de dire qu’on ne peut plus vivre tranquillement, qu’il faut faire bouger les chose», revendique la militante. Elle critique la censure des médias turcs et européens. «Les chaînes de TV françaises nous on clairement dit qu’en ce moment ils étaient trop occupés à parler des élections européennes. Pourtant on doit bien ça au Kurdes, qui ont combattu contre Daech en Syrie», précise-t-elle. Si les politiques et les médias de masse ignorent le sort des grévistes de la faim, de nombreuses démonstrations de solidarité ont cependant eu lieu. Des délégations se succèdent pour leur rendre visite dans différentes villes d’Europe. A Paris, ils et elles sont également soutenu.e.s par les gilets jaunes.
 
Une situation de plus en plus critique
 
Les dizaines de personnes en grève de la faim depuis de nombreux mois se trouvent entre la vie et la mort. A Strasbourg, la situation des 14 personnes, qui ont entamé leur mouvement 17 décembre, est très inquiétant. La plupart d’entre eux/elles sont actuellement alité.e.s 24 heures sur 24. Des dizaines de prisonniers.ères ont par ailleurs transformé leur grève de la faim en jeûne de la mort. Ils et elles ont décidé de ne plus consommer de sucre, ni de vitamine B1. Leur état de santé risque donc de se détériorer très rapidement.
 
La Suisse, comme les autres pays de l’Union Européenne, fait preuve de complaisance avec la Turquie. Exigeons des sanctions immédiates pour mettre la pression sur le gouvernement turc. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard. Comme l’a écrit Leyla Güven : «Si nos demandes ne sont pas entendues, des centaines de personnes risquent de perdre la vie. Si cela se produit au 21ème siècle, ça sera une honte pas seulement pour la Turquie, mais pour toute l’humanité. Je vous appelle toutes et tous à résister.»
 

PCF : Les résistances font reculer la dictature d’Erdogan

0

PARIS – Pascal Torre, un ami précieux des Kurdes, membre du Parti Communiste France (PCF) et de l’Association France-Kurdistan, décrit les résistances multiples qui ont lieu en Turquie, notamment dans les régions kurdes, qui donnent du fil à retordre au Président Erdogan :

« Le régime autoritaire, répressif, arbitraire et porteur de haine de Turquie a basculé, depuis l’annulation du scrutin municipal d’Istanbul, dans la dictature. La vision guerrière de la politique du président Recep Tayyip Erdogan a créé une instabilité croissante avec des purges gigantesques, des arrestations interminables, une militarisation de la société, une personnification du pouvoir qui génère une désinstitutionnalisation et une tentative d’élimination de tous les contre-pouvoirs. A cela s’ajoute le retour d’une politique de la terre brûlée dans les Kurdistan de Turquie et de Syrie.

Les islamo-conservateurs disposent encore d’un socle électoral solide qui s’organise autour des valeurs conservatrices, de la turcité et du sunnisme. Cependant la perte récente des grandes villes témoigne d’une usure du pouvoir et d’une érosion de l’influence de l’AKP renforcée par la récession économique.

Cette évolution est à mettre au crédit des résistances des forces démocratiques et en particulier des Kurdes.
Depuis bientôt près de 200 jours un mouvement de grève de la faim a été lancé par la députée Leyla Güven pour exiger de l’Etat turc la levée de l’isolement d’Abdullah Ocalan, incarcéré dans l’île d’Imrali depuis 1999. Il a été privé de la visite de sa famille et de ses avocats pendant 8 ans, en violation de toutes les règles internationales. Cette lutte a pris une ampleur considérable, mobilisant près de 7000 prisonniers politiques mais aussi des militants, dont 14 à Strasbourg. Cette résistance est en passe de faire plier l’intransigeance du pouvoir car, le 2 mai, deux avocats ont pu rencontrer A. Ocalan tandis que le tribunal militaire de Bursa levait les mesures d’isolement qui doivent cependant être suivies d’effet. Le 22 mai, les avocats ont à nouveau pu rencontrer le leader du peuple kurde.

Face au danger de fragmentation de la société turque, A. Ocalan a lancé un nouvel appel au rassemblement des forces progressistes afin de mettre en échec la tyrannie de R.T. Erdogan. Il a réitéré ses propositions de paix, proposé l’ouverture de négociations et rappelé que l’adoption d’une constitution fédérale en Syrie pourrait constituer une base pour une paix durable.

Les mobilisations prennent également de l’ampleur en France notamment après l’arrestation de Tuna Altinel, maître de conférence en mathématiques à l’université de Lyon qui doit être libéré immédiatement. La constance des familles et des avocats des trois militantes kurdes assassinées à Paris en 2013 vient de se traduire par l’ouverture d’une nouvelle information judiciaire qui entend poursuivre les services secrets turcs comme étant les commanditaires du crime. La justice avait déjà reconnu l’implication du MIT mais cette décision exceptionnelle marque la fin de l’impunité pour des assassinats politiques en France organisés depuis l’étranger. La Turquie de R.T. Erdogan et son ambassadeur à Paris vont devoir rendre des comptes.

Le Parti communiste français (PCF) est pleinement solidaire des luttes des peuples de Turquie dans leur diversité. Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF, aux côtés de la présidente de France-Kurdistan, Sylvie Jan, était présente à Diyarbarkir au moment de la sortie de prison de Leyla Güven. Les parlementaires européens communistes et du Front de Gauche ainsi que les sénateurs Laurence Cohen et Pierre Laurent se sont rendus à Strasbourg pour exprimer leur solidarité avec les grévistes de la faim. Le PCF se mobilise et agit pour que la France et l’Union européenne condamnent la politique liberticide et expansionniste de R.T. Erdogan et apportent leur soutien aux forces démocratiques de Turquie. Combattre avec fermeté et détermination cette tyrannie est une condition indispensable pour bâtir une perspective de paix en Turquie mais aussi au Moyen-Orient. »

Pascal TORRE
Responsable-adjoint du secteur international du PCF
Chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

Image 

Comment les États-Unis peuvent faire en sorte que la Turquie, la Syrie et les Kurdes soient gagnants ?

0
Au début du mois, on a apris qu’Abdullah Öcalan, dirigeant emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), s’était vu accorder une réunion avec ses avocats – sa première réunion en huit ans.
 
Dans sa première communication importante depuis l’échec du processus de paix entre le PKK et l’Etat turc à la mi-2015, Öcalan a publié une déclaration appelant à une solution négociée au conflit syrien, exhortant les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes à s’engager dans la diplomatie et à travailler pour l’unité en Syrie.
 
La pertinence de cet énoncé pour la politique américaine a été aggravée par les événements qui se sont produits juste avant et après sa publication. Le 3 mai, le commandant des FDS, Mazlum Kobanê, a déclaré que la Turquie et les FDS avaient engagé des pourparlers indirects. Le 6 mai, quelques heures après que la déclaration d’Öcalan eut été rendue publique, le conseil électoral turc a annulé les résultats du vote du maire d’Istanbul du 31 mars, qui avait été remporté par la principale opposition, et a déclaré qu’une nouvelle élection aurait lieu le 23 juin.
 
La séquence des événements a mis en évidence les liens entre le conflit dans le nord-est de la Syrie et la lutte pour la paix et la démocratie en Turquie. Le mouvement kurde des deux pays le comprend depuis des années. Aujourd’hui, les États-Unis semblent être en train de le comprendre et pourraient avoir l’occasion de trouver une solution qui servirait les intérêts des États-Unis ainsi que ceux de la Turquie, de la Syrie et des Kurdes.
 
Lorsque le président américain Donald Trump a annoncé début décembre le retrait prévu des troupes américaines de Syrie, le plus grand risque immédiat était la possibilité d’une attaque turque contre les FDS. Alors que les forces soutenues par les États-Unis ont acculé l’État islamique (DAECH / ISIS) dans ses derniers bastions en mars, le ministre turc de la défense Hulusi Akar a menacé d' »enterrer » des combattants locaux à Manbij, une ville à l’ouest de l’Euphrate qui a prouvé une des plus belles applications du modèle kurde. Le président Recep Tayyip Erdoğan, quant à lui, a parlé de rendre le nord-est de la Syrie à ses « propriétaires d’origine ». Il s’agit de la même menace codée de nettoyage ethnique qu’il a lancée avant que la Turquie n’envahisse la région nord-ouest de la Syrie, à Afrin, déplaçant pratiquement toute sa communauté kurde séculaire.
 
Une telle animosité à l’égard des forces qui ont libéré le plus grand nombre de territoires syriens de DAECH que tout autre acteur du conflit est une extension de la tentative de la Turquie de trouver une solution militaire à sa question kurde. Les Kurdes représentent environ 18 % de la population turque. Pendant près d’un siècle, ils ont été victimes de massacres, de déplacements forcés, de l’interdiction de leur langue et du déni de leur identité. Les plus grands abus autoritaires commis par les gouvernements turcs successifs ont toujours visé les Kurdes d’abord et avant tout – un schéma qui s’est répété avec la répression de Erdoğan, avec des dizaines de politiciens kurdes emprisonnés et des millions d’électeurs privés de leurs droits bien avant l’annulation des élections à Istanbul.
 
L’hostilité ne s’est pas limitée aux frontières de la Turquie. Ankara, qui considère les FDS (et ses unités de protection du peuple principalement kurde – YPG) comme une extension du PKK, voit depuis longtemps la perspective de l’autonomie kurde dans le nord-est de la Syrie comme une menace directe. Pendant la bataille de Kobanê, alors que les YPG ne tenaient que quelques bâtiments dans la ville frontalière assiégée, le personnel militaire turc s’est retiré et a regardé DAECH progresser. Brett McGurk, ancien envoyé des États-Unis auprès de la coalition anti-EI, a longuement décrit comment la Turquie a soutenu les groupes islamistes qui ciblent les États-Unis simplement parce qu’ils luttaient contre les FDS.
 
C’est cette contradiction qui a amené les relations entre les États-Unis et la Turquie à leur point le plus bas depuis des décennies et qui doit être résolue afin de les rétablir.
 
La plupart des experts appuient l’une ou l’autre des deux approches à ce problème. La première est la restauration de l’alliance entre les États-Unis et la Turquie aux dépens des forces démocratiques et progressistes du pays. Il s’agit d’un retour à une politique qui, au mieux, a échoué et, au pire, de l’approbation d’une crise humanitaire élargie en Turquie et en Syrie. Un rapport publié en 2018 par le département de la Défense des États-Unis a révélé que les opérations militaires turques précédentes dans le pays avaient renforcé DAECH et d’autres groupes terroristes, ce qui allait directement à l’encontre de la stratégie américaine dans le pays.
 
Un plus petit contingent appelle à une présence permanente des États-Unis en Syrie pour protéger les FDS, et à renoncer à toute possibilité de coopération avec la Turquie. Cela va bien au-delà des garanties demandées par les FDS et soulève la perspective d’une nouvelle  » guerre permanente  » des Etats-Unis au Moyen-Orient. Abandonner la possibilité d’une solution diplomatique dans le but de prévenir la guerre est contre-productif.
 
Aucune de ces approches ne suffit à résoudre les crises imbriquées. Le meilleur plan d’action de Washington consiste à tenter un exploit diplomatique prudent et courageux – un exploit qui, s’il aboutit, mettra fin à l’une des guerres les plus longues de la région et garantira une stabilité durable. Un processus de paix renouvelé en Turquie permettrait aux forces américaines de se retirer de la Syrie sans craindre une instabilité accrue. Cela contribuerait également à la démocratisation de la Turquie, éloignant ainsi le pays du chemin erratique et autoritaire qui l’a amené à entrer en conflit avec ses alliés.
 
Bien que ambitieuse, cette idée n’est plus aussi radicale dans les cercles politiques américains que le pensent ses opposants. Dans son rapport intérimaire au Congrès publié plus tôt ce mois-ci, le Groupe d’étude sur la Syrie, une commission d’experts choisis par un groupe de députés bipartites, a estimé que «la solution à long terme aux tensions turco-YPG est un processus de paix renouvelé Turquie-PKK».
 
Les responsables américains peuvent maintenant prendre plusieurs mesures pour en faire une réalité. Le premier – amenant la Turquie et les FDS à la table « est déjà en cours », selon Mazlum Kobanê. L’histoire récente montre que les efforts de paix en Turquie débouchent directement sur une coopération avec les Kurdes de Syrie. Au cours du processus de paix 2013-2015 avec le PKK, les mêmes responsables kurdes syriens que les autorités turques font maintenant l’ objet de harcèlement judiciaire en Europe se sont rendus en Turquie pour des entretiens. Dans une manifestation de bonne volonté mutuelle qui semble choquante aujourd’hui, le YPG et les forces armées turques ont même entrepris une opération militaire conjointe fructueuse pour récupérer le tombeau de Suleyman Shah.
 
Cette fois, la coopération pourrait aller dans la direction opposée. Les efforts américains de médiation sur la Syrie pourraient, en cas de succès, être élargis pour inclure une discussion sur la situation en Turquie. La confiance créée par les négociations en Syrie pourrait permettre aux deux parties d’accepter cette perspective.
 
Les autorités américaines pourraient ensuite demander la levée de l’isolement imposé à Öcalan. À la base, il s’agit simplement de demander à la Turquie de mettre en œuvre ses propres lois internes et ses propres obligations internationales en matière de droits de l’homme, interdisant ainsi l’isolement cellulaire prolongé et garantissant le droit à une représentation légale. Des millions de Kurdes du Moyen-Orient considèrent Öcalan comme leur représentant politique et sa participation à un processus de paix renouvelé sera essentielle, comme lors des négociations de 2013-2015. Le ministre turc de la Justice, Abdulhamit Gul, a déclaré que l’interdiction de visite n’était plus en vigueur et que les avocats d’Öcalan avaient été autorisés à tenir une deuxième réunion. avec lui le 22 mai. Bien que ce ne soit pas la preuve d’une levée totale de l’isolement, ces étapes sont prometteuses.
 
Enfin, les États-Unis devraient autonomiser les forces politiques et de la société civile turques qui luttent depuis longtemps pour la paix. Neuf députés élus de mon parti, le Parti démocratique du peuple (HDP), sont actuellement en prison , simplement parce qu’ils ont soutenu les négociations et la démocratisation. Si les États-Unis veulent encourager les Kurdes et les Turcs à rechercher une solution politique à leurs problèmes, ils doivent encourager l’État turc à ouvrir un espace légitime pour la politique pro-kurde. Appeler à la liberté des prisonniers politiques est un pas important dans cette direction.
 
Dans une lettre lue lors des célébrations de Newroz en 2013, Öcalan a déclaré qu’il était «temps que les armes se taisent et que les idées se parlent». Après huit années de guerre dévastatrice en Syrie et bien d’autres encore en Turquie, l’idée d’une paix fondée sur le pluralisme, la démocratie, la justice et l’égalité des droits devrait peser lourdement auprès de millions de personnes dans les deux pays – et, cette fois, risque d’être fort assez pour que les États-Unis entendent.