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Le fleuve Tigre ne doit pas devenir une arme de guerre entre les mains de la Turquie

Dans deux jours, la Turquie commencera à engloutir la cité antique d’Hasankeyf sous les eaux du barrage Ilisu.
 
Pourquoi un tel crime ? Ce joyaux de l’Humanité, vieux de plus de 12 000 ans, a la malchance de se retrouver dans la région kurde de Batman, dans le sud-est de la Turquie.
 
Avec son histoire et sa nature, Hasankeyf remplit 9 des 10 critères de l’UNESCO mais elle est détruite en raison des politiques anti-kurdes que les gouvernements en Turquie ont mises en œuvre au Kurdistan. L’État turc n’a pas demandé à l’UNESCO pour l’ajout de Hasankeyf à la Liste du patrimoine mondial, et détruit maintenant la ville en l’inondant. Hasankeyf, la ville où les pierres sentent l’histoire, est maintenant sacrifiée pour le barrage d’Ilısu à la suite des politiques anti-kurdes de la Turquie.
 

Ce barrage aura des impacts environnementaux et socio-économiques colossaux dont l’immersion d’un patrimoine historico-archéologique de l’Humanité, la délocalisation des habitants de la région, la perte de la biodiversité (faune), l’érosion des sols, la déforestation…

Plusieurs raisons pour protéger Hasankeyf :

Premièrement, Hasankeyf est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.

Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…

Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.

Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.

Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.

Halte à l’invasion turque au Kurdistan du Sud !

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(Communiqué du Congrès National du Kurdistan)

« Les Kurdes d’Irak et de Syrie sont engagés dans une bataille épique contre l’État islamique en Irak et en Syrie, une organisation qui s’oppose non seulement aux Kurdes, mais également à l’ensemble de la région, avec ses tentatives de créer un système salafiste. Cette tentative représente une menace immense pour les valeurs humaines, les convictions et les normes démocratiques. Dans la guerre contre ce gang barbare, les Kurdes ont joué un rôle extrêmement important, ouvrant la voie à la défaite de l’organisation djihadiste. Aujourd’hui, l’Etat islamique perd du terrain et sa capacité à menacer l’Occident, en particulier les pays de l’UE, a été considérablement réduite.

Cependant, le gouvernement de l’AKP, complice de l’Etat islamique dans ses attaques barbares, a pris conscience de l’impossibilité de neutraliser le mouvement de libération kurde par l’intermédiaire de Daesh. C’est pourquoi, il mène aujourd’hui des attaques directes. Son objectif est de détruire tous les acquis et progrès réalisés au fil du temps par les Kurdes au Sud et à l’Ouest du Kurdistan.

Bombardement et invasion illégale d’Afrin par l’État turc dans le nord de la Syrie

L’État turc a bombardé et envahi illégalement Afrin, une région à majorité kurde qui était une oasis de paix dans un pays déchiré par la guerre, un site de refuge et le fief du projet confédéral démocratique. Cette invasion criminelle a entraîné des centaines de morts et une nouvelle vague de déplacements massifs. Des éléments alarmants indiquent un plan de nettoyage ethnique à grande échelle mené contre les Kurdes.

Invasion de la Turquie au Kurdistan d’Irak

Il y a de plus en plus de signes d’une invasion à grande échelle imminente du territoire kurde irakien, y compris de la région montagneuse de Qandil, dans le nord de l’Irak, dans le but de continuer à encercler et à étrangler le seul lieu de liberté de la région. Les avions de combat turcs ont mené des campagnes fréquentes de bombardement dans les zones kurdes (Metina, Avasin, Zap, Basyan, Gare, Xakurk et Qandil) au Kurdistan, dans le nord de l’Irak, et ont tué de nombreux civils.

Les représentants du peuple kurde ont à plusieurs reprises fait part de leurs craintes et appelé tous les gouvernements et les organisations internationales (ONU, OTAN, UE et Ligue arabe) à prévenir les incursions militaires de la Turquie au nord de l’Irak.

Le silence de la communauté internationale encourage la Turquie à mener de nouvelles incursions et tenter de prendre le contrôle de la région en déployant des troupes supplémentaires et en établissant de nouvelles bases militaires (en plus des 18 bases déjà établies) et des avant-postes de renseignement dans la région. Alors que la gendarmerie turque organise des défilés militaires dans les villages du district de Sidekan, dans la province de Diyana, il est clair que la Turquie convoite cette région.

Briser le silence contre l’invasion turque au Kurdistan

Nous appelons toutes les instances concernées (partis politiques, organisations de défense des droits de l’homme, syndicalistes et militants) à se joindre à nous et à prendre des mesures contre cette violation du droit international, à condamner sans ambiguïté ce crime d’agression et à exiger que la Turquie retire ses troupes du Kurdistan.

Nous appelons tous les gouvernements et les organisations internationales (ONU, OTAN, UE et Ligue arabe) ainsi que les peuples démocratiques du monde à s’opposer à cette agression turque. »

Congrès national du Kurdistan (KNK)

Via Conseil Démocratique Kurde en France

GRÈVE DES FEMMES : Au nom des femmes migrantes

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LAUSANNE – « Aysel Günes, femme réfugiée et étudiante en sciences sociales à l’Université de Lausanne, a impulsé la création d’un groupe de femmes migrantes pour la grève du 14 juin. Elle revient avec nous sur les revendications spécifiques des femmes migrantes au sein de la mobilisation.
 
Pourquoi avoir décidé de créer ce groupe et qui sont ses membres ?
 
Aysel Günes : Les femmes migrantes sont partout, elles participent à toutes les manifestations féministes, mais elles sont invisibles. Les femmes de notre groupe sont étudiantes ou apprenties, femmes au foyer, salariées – en général dans l’économie domestique ou l’hôtellerie-restauration, parfois mères célibataires. Elles proviennent des pays tiers et beaucoup ont des permis de séjour précaires. Certaines sont sans-papiers. Elles sont turques, kurdes, iraniennes, arabes, érythréennes, éthiopiennes ou d’Amérique latine. »
 

La suite à lire sur GAUCHEBDO

Image via ADKH

RENNES. Les femmes kurdes à l’honneur lors des ateliers de la « ciné causerie »

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RENNES – Le 14 juin prochain, le CRIDEV et l’association Zéro de conduite proposent un atelier dédié à la lutte des femmes kurdes.
 
18h : Lecture collective d’extraits du livret sur la Jinéolojî
 
– Jineolojî : Science des femmes et de la vie libre développée depuis 2012 par le Mouvement des femmes kurdes au Rojava
 
20h : Diffusion du documentaire « Une Autre Montagne » (« Başka bir Dağ ») d’Anouck Mangeat et Noémi Aubry
 
– Un film sur la résistance quotidienne des femmes en Turquie. Documentaire qui dresse le portrait de trois femmes, libres, féministes, courageuses et combatives. (2017)
 
En présence de l’association Amitiés Kurdes de Bretagne et (sous réserve) des membres du centre Amara
 
RDV dans la caravane posée sur la place de Zagreb
Dans le quartier de Blosne
RENNES

PARIS. Le 3ème Festival des femmes Kurdes et du Monde

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PARIS – Le mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) organise son 3ème Festival des femmes kurdes et du monde dédié à la militante féministe kurde Fidan DOGAN, assassinée en plein cœur de Paris avec ses deux autres camarades Sakine CANSIZ et Leyla SAYLEMEZ le 9 janvier 2013.
 

Le festival aura lieu le 23 juin 2019 au parc Interdépartemental des sports du Val-de-Marne, en région parisienne.

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Voici le communiqué du TJK-F concernant le Festival :
 
« 3ème Festival des Femmes Kurdes et du Monde
En hommage à Fidan Dogan-Rojbîn
 
Contre les féminicides et pour la libération des Femmes !
 
Tout en nous interrogeant sur la pensée sexiste de l’homme, nous voulons renforcer et développer un système démocratique axé sur l’écologie et qui repose sur la révolution des femmes en opposition aux tabous et aux traditions patriarcales.
Dans ce but, il est important d’étudier la société que ce soit de la philosophie institutionnalisée jusqu’aux théories politiques, des idéologies dominantes jusqu’aux interprétations politiques, de la vie quotidienne aux approches scientifiques, de l’art à l’expression, de l’habillement à l’architecture ou encore de la loi à la morale.
 
À cet effet, en tant que Mouvement des Femmes Kurdes de France nous proposons l’organisation des femmes dans tous les domaines de la société tant juridique que social, économique ou politique tout en renforçant à tous ces niveaux, la lutte contre la pensée sexiste patriarcale.
 
Il est nécessaire que dans tous les lieux de vie, les femmes soient solidaires les unes des autres, tout en renforçant leur lutte commune.
 
Contre les pratiques et traditions du système patriarcal, nous développons une attitude féministe et libre en nous fixant comme objectif de lutter avec toutes les femmes du monde.
 
Nous refusons toute sorte de division et en particulier les divisions sexistes, ethniques, religieuses et/ou racistes de la société.
 
Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été assassinées en plein cœur de Paris le 9 janvier 2013 parce qu’elles luttaient pour les libertés des femmes et de la société.
Ce triple féminicide est une attaque contre toutes les femmes qui luttent pour leurs droits.
 
Le festival Fidan Dogan est fondamental en tant que plateforme commune pour travailler sur ces objectifs mais offre également l’occasion de dénoncer l’impunité des féminicides et de commémorer toutes celles qui ont contribué ou participent actuellement à la révolution des femmes, ainsi que l’approfondissement des liens entre les différentes actrices de la lutte.
 
Nous favorisons la solidarité à travers notre attachement aux femmes courageuses telles qu’Olympe de Gouges, Rosa Luxemburg, Ulrike Meinhof, Meena Keshwar Kamal, Kelebekler, Berta Câceres, Sakine Cansız, Gauri Lankesh ou encore Marielle Franco.
 
Nous sommes également la voix des milliers d’activistes kurdes en grève de la faim telles que Leyla Guven, Gulistan Ike, Nurgul Basaran et Dilek Öcalan.
 
Pour toutes ces raisons, nous appelons toutes les femmes, toutes les associations, tous les mouvements féministes, toutes les personnalités politiques et sociales à participer avec leurs particularités et leurs richesses à ce festival.
 
Nous scandons Liberté au nom de toutes les révolutionnaires du monde.
L’impunité doit cesser !!!
Les féminicides doivent cesser !!! »
 
Marraines du Festival : Laurence COHEN, Sénatrice PCF du Val-de-Marne, Annie SUGIER, Présidente de la ligue du droit International des femmes, Danielle SIMONNET-Coordinatrice du Partie de Gauche- conseillère LFI de Paris, Collectif National pour les droits des Femmes «CNDF », Maison des Femmes de Montreuil
 
Premières signataires : Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F), Conseil démocratique kurde en France (CDKF), Union des Etudiants kurdes en France (UEKF), Mathilde PANOT (Députée du Val-de-Marne),Christine PRUNAUD (Sénatrice des Côtes d’Armor) Marche mondial des femmes, Maison des femmes de Paris, Féministes France Insoumise, Union des femmes Socialistes (SKB), Mouvement de la paix, Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
 
Adresse du Festival : Parc interdépartemental du Val de Marne
RER D, arrêt Créteil-Pompadour
Rassemblement dès 12h
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Crimes écologique et archéologique à Hasankeyf

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Dans 4 jours, le 10 juin, la Turquie commencera à engloutir la cité antique d’Hasankeyf sous les eaux du barrage Ilisu.
 
Pourquoi un tel crime ? Ce joyaux de l’Humanité, vieux de plus de 12 000 ans, a la malchance de se retrouver dans la région kurde de Batman, dans le sud-est de la Turquie. Et comme le pouvoir turc veut détruire les Kurdes avec leur passé et leur histoire, quoi de mieux qu’un barrage pour les enfouir à jamais ?
 
Hasankeyf est menacée de disparition à cause du barrage hydroélectrique d’Ilısu construit sur le fleuve Tigre par l’état turc. Ce barrage aura des impacts environnementaux et socio-économiques colossaux dont l’immersion d’un patrimoine historico-archéologique de l’Humanité, la délocalisation des habitants de la région, la perte de la biodiversité (faune), l’érosion des sols, la déforestation…
 
Hasankeyf doit être protégé pour plusieurs raisons :
 
Premièrement, Hasankeyf est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.
 
Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…
 
Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.
 
Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.
 
Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.
 
Tout le monde connait les intentions de l’Etat turc envers les Kurdes. Mais ce qui fait plus de mal aux Kurdes, c’est le silence de la communauté internationale dont l’ONU ou encore l’UNESCO sensé protéger le patrimoine de l’Humanité.
 
Si vous êtes soucieux de la protection du patrimoine de l’Humanité, élevez votre voix contre ce crime, dites « non » au barrage d’Ilisu qui va également assoiffer l’Irak en coupant l’eau du fleuve Tigre !

Sara : Mémoires de prison d’une révolutionnaire kurde

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Le deuxième volume des mémoires de Sakine Cansiz, l’une des premières femmes combattantes du PKK, sort en anglais en août prochain.
 
Janet Biehl, qui a traduit également le premier volume de l’autobiographie de Cansiz, écrit dans le préface de ce deuxième volume :
 
« La deuxième partie des mémoires de Sakine Cansiz (nom de code « Sara ») relate les années pénibles de la révolution kurde dans une prison turque, après son arrestation en 1979 à l’âge de 21 ans. Elle a été emprisonnée pendant plus d’une décennie pour ses activités de fondatrice et leader du mouvement de libération kurde. [Cansiz a subi des actes de torture barbares dans une prison de la Turquie].
 
Fait remarquable, l’histoire qu’elle raconte ici est avant tout une histoire de résistance, avec des épisodes courageux de lutte collective derrière les barreaux, notamment des grèves de la faim et des tentatives d’évasion. En cours de route, elle présente également des portraits saisissants de ses compagnons prisonniers et militants, un instantané de la gauche turque dans les années 1980, une image cinglante de la guerre menée par la Turquie contre le peuple kurde – et même une histoire d’amour improbable.
 
Les premières mémoires d’une femme kurde sur la prison publié en anglais est un document extraordinaire d’une vie extraordinaire. »
 
Edité par Pluto Press 

HASANKEYF. L’eurodéputée Julie Ward exhorte Erdoğan à suspendre le projet du barrage Ilisu

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La députée européenne Julie Ward a écrit une lettre au président Erdoğan quelques jours avant que le gouvernement turc commence à remplir le réservoir du barrage d’Ilisu, dans la région kurde de Batman, au sud-est de la Turquie.
 
Le gouvernement turc a annoncé qu’il allait commencer à remplir le réservoir du barrage d’Ilisu le 10 juin. L’Initiative Garder Hasankeyf en vie et le Mouvement écologique de la Mésopotamie ont appelé les mouvements sociaux, les ONG et les activistes à participer à la 3e Journée mondiale d’action pour la défense de la ville de 12 000 ans, Hasankeyf et du Tigre, les 7 et 8 juin.
 
Julie Ward, députée européenne et membre de la commission de la culture et de l’éducation, a écrit au président Erdoğan pour lui exprimer sa plus grande préoccupation face à l’annonce du remplissage du barrage d’Ilisu le 10 juin 2019.
 
La lettre de Julie Ward :
 
« Comme vous le savez, le remplissage de ce barrage aura des conséquences désastreuses sur les régions situées en aval du Tigre, et en particulier sur Hasankeyf. Le patrimoine culturel de cette ville est inégalé. Il s’étend sur neuf civilisations. établissement humain ininterrompu, des dizaines de cultures ont laissé leur marque sur Hasankeyf.
 
En tant que militante culturelle et membre de la commission de la culture et de l’éducation du Parlement européen, je suis très préoccupée par les informations selon lesquelles le remplissage du barrage inonderait et détruirait la plus grande partie de la ville. Le site de Hasankeyf est un site du patrimoine international qui devrait appartenir à l’humanité tout entière. La menace posée par le projet de barrage d’Ilisu a incité le World Monuments Fund à inscrire la ville sur sa liste de surveillance 2008 des 100 sites les plus menacés au monde.
 
En 2001, l’entrepreneur britannique Balfour Beatty s’est retiré du projet car il ne respectait pas les critères éthiques, environnementaux et commerciaux. Malheureusement, les autorités turques ont continué malgré tout.
 
En tant que défenseur des droits de l’homme, je m’inquiète également des conséquences sociales du remplissage du barrage sur les communautés adjacentes. Les rapports indiquent que 80 000 personnes risquent de perdre leurs moyens de subsistance si ce projet se concrétise.
 
Plus en aval, des communautés en Syrie et en Irak risquent également d’être touchées par le barrage. Ce projet compromettra sérieusement l’approvisionnement en eau des principales villes irakiennes, affectant l’agriculture irakienne et la biodiversité de l’écosystème du Tigre. La gestion des approvisionnements en eau dans la région doit être inclusive et prendre en compte l’impact sur les communautés et leurs moyens de subsistance.
 
Je vous demande donc instamment de ne pas commencer à remplir le barrage d’Ilisu le 10 juin. Je vous exhorte également à suspendre le projet afin de pouvoir engager un dialogue large, participatif et transparent avec les populations locales des communautés touchées et les autorités compétentes en Syrie et en Irak.
 
J’attends votre réponse avec impatience et je reste disponible pour toute information complémentaire. »
 

Appel urgent international : Sauvez Hasankeyf ! 

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Dès le 10 juin, les autorités turques vont commencer à remplir le réservoir du barrage Ilisu qui inondera la ville antique d’Hasankeyf, dans la région kurde de Batman.
 
L’initiative pour sauver Hasankeyf et le Mouvement écologique de Mésopotamie appellent à des actions les 7 et 8 juin, partout dans le monde, pour empêcher la destruction d’un patrimoine culturel vieux de 12 000 ans :
 
« Nous appelons les mouvements sociaux, les ONG, les activistes et les autres acteurs du monde à participer à la 3ème Journée mondiale d’action pour la défense de la ville de 12 000 ans, Hasankeyf, et du Tigre, les 7 et 8 juin 2019! C’est urgent car le gouvernement turc a récemment annoncé qu’il allait commencer à remplir le réservoir du barrage d’Ilisu le 10 juin 2019.
 
Le 15 mai 2019, plus de 100 organisations civiles de Turquie, d’Irak, d’Iran et d’autres pays du monde ont publié un communiqué appelant le gouvernement turc à mettre fin au projet destructeur d’Ilisu et à lancer un nouveau processus dans la vallée du Tigre. Elles ont également appelé à agir contre l’inondation de la vallée du Tigre, qui causerait également de graves dommages aux régions situées en aval en Syrie, et en particulier en Irak. S’il est achevé, le barrage d’Ilisu sera un désastre social, culturel et écologique incomparable pour une grande partie de la Mésopotamie!
 
Les 7 et 8 juin, des actions sont prévues dans des dizaines de villes en Turquie et en Mésopotamie.
 
Vous êtes invités à organiser une action publique dans votre ville ou votre pays contre le projet Ilisu en solidarité. Les revendications pourraient viser le gouvernement turc, la société autrichienne Andritz, qui dirige le consortium Ilisu Project, et demander au gouvernement irakien de prendre des mesures urgentes pour lutter contre la désertification imminente de sa région, une question sur laquelle il reste étrangement silencieux.
 
Par rapport aux précédentes journées d’action Hasankeyf, nous prévoyons cette fois d’élargir la variété des types d’action. Dans environ une semaine, nous vous informerons avec des propositions.
 
N’hésitez pas à nous contacter ou à nous informer de votre projet d’action.
 
Hasankeyf est notre culture et le Tigre notre nature ! »
 
L’Initiative pour sauver Hasankeyf et le Mouvement écologique de Mésopotamie
 
Email: hasankeyfgirisimi@gmail.com
Web site: www.hasankeyfgirisimi.net
Twitter: @hasankeyfdicle
facebook: www.facebook.com/hasankeyfyasatmagirisimi

La Turquie attaque la guérilla kurde en Irak sans que Bagdad et Erbil réagissent

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KURDISTAN DU SUD / IRAK – Depuis plusieurs jours, l’armée turque a intensifié ses attaques contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la région kurde de Qandil, dans le nord de l’Irak. Pour les Kurdes, ces attaques sont directement liées aux élections municipales d’Istanbul qui doivent avoir lieu 23 juin prochain.

Attaquer les Kurdes, à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières turques, est devenu une routine pour le pouvoir turc chaque fois qu’il sent son pouvoir menacé, notamment lors d’élections. En effet, le parti d’Erdogan a essuyé un revers historique aux dernières élections municipales du 31 mars 2019, perdant plusieurs grandes villes du pays, dont Istanbul. Même s’il a réussi à faire annuler les résultats pour Istanbul, rien ne dit que les nouvelles élections ne seront pas une gifle encore plus cinglante pour lui.

Le site d’information RFI rapporte que cette agression turque au Kurdistan d’Irak se fait sans que le gouvernement central de Bagdad et le gouvernement régional kurde (GRK ou KRG en anglais) critiquent vraiment cette incursion sur le sol irakien car la Turquie aurait promis d’aider à la reconstruction de l’Irak…

L’article de RFI est à lire ici

4 000 habitants d’Idlib transférés à Afrin

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AFRIN – L’occupation turque a installé plus de 4 000 habitants d’Idlib à Afrin après avoir déplacé de force les habitants indigènes de la région.

Depuis l’occupation du canton d’Afrin le 18 mars 2018, l’occupation turque et ses mercenaires pratiquent des politiques de changement démographique et de déplacement de la population autochtone, en particulier les Kurdes. Les observateurs déclarent que l’occupation turque pratique la politique de nettoyage ethnique contre la population d’Afrin.

Après l’occupation du canton d’Efrin, l’occupation turque a déplacé plus de 350 000 civils, qui survivent dans le canton d’al-Shahba, mais les pratiques d’occupation ne se sont pas arrêtées aux déplacements et aux changements démographiques.

L’occupation turque et ses mercenaires ont installé à Afrin environ 200 000 personnes de diverses régions de Syrie, en particulier de Damas, Homs, Daraa et leurs campagnes.

Selon des sources fiables, l’occupation turque a installé plus de 4 000 civils originaires d’Idlib, pour la plupart des familles des mercenaires de Heyat Tharir al-Sham (HTS, anciennement Jabhet al-Nosra) et d’autres gangs de mercenaires dans les villages et districts d’Afrin depuis début mai.

Les familles ont été installées dans les villages et centres des districts de Janders, Shera, Bulbul, Shia et Sherawa, après avoir chassé les populations autochtones de leurs maisons et vidé certains villages tels que Kokan Tahtani et Kokan Fokani dans le district de Mobata, Basota dans le district de Sherawa et Qazelbasha dans celui de Bulbul.

D’autre part, les sources ont confirmé qu’après l’établissement d’une base militaire, l’occupation turque avait construit une base pour hélicoptères dans le village de Darwish dans le district de Rajo, où la population a été déplacée de force par l’occupation.

ANHA

YPJ internationalistes : Lettre ouverte à nos sœurs gauchistes du monde

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Le bureau d’information des combattantes internationalistes des YPJ a publié une lettre ouverte à toutes les femmes qui sont de gauche les appelant à renforcer la lutte féministe. (English below)
 
« Lettre ouverte à nos sœurs gauchistes du monde
 
Depuis des milliers d’années, les femmes sont victimes de l’oppression et de la domination de la figure masculine, dans toutes les sociétés et cultures différentes. Notre société s’est développée selon les règles du système capitaliste en utilisant le patriarcat et le sexisme comme principaux outils. Nous pouvons en voir le résultat aujourd’hui : Les attaques contre le corps des femmes sont légitimées par les lois, les États, les institutions, et avec l’aide du système capitaliste, une guerre contre les femmes a été créée. Cela ne peut être ignoré. Au fil du temps, la société nous a traités de sorcières, d’hystériques, de folles, de faibles… La société veut que nous soyons soumises et silencieuses. Nous avons été enfermées, tuées, humiliées et punies pour la simple raison que nous sommes nées femmes. Est-il si surprenant qu’aujourd’hui, partout dans le monde, des femmes se soulèvent ? La libération des femmes est notre priorité. Nous ne pouvons imaginer un monde libéré de l’oppression sans nous débarrasser de la première forme d’oppression et de violence. Des sœurs d’Argentine, du Chiapas, du Soudan, d’Europe, d’Inde, d’Afghanistan, d’Irak et du nord de la Syrie participent à cette lutte. Nous sommes toutes liées par le même objectif : la révolution des femmes.
 
Pour y parvenir dans le monde entier, nous aimerions vous montrer l’approche du Mouvement des femmes kurdes, qui s’est développé dans un contexte avec des défis uniques, à commencer par un système féodal. Au sein de la formation militaire des YPJ et des YPG, nos méthodes sont claires. Les structures de pouvoir sont découpées et utilisées comme base des opérations. Cette approche comprend une unité composée uniquement de femmes. Nous pouvons voir comment les femmes entretiennent des relations entre elles et comment les hommes entretiennent des relations révolutionnaires et libératrices avec les femmes. Un exemple parfait est le suivant : les hommes ne peuvent pas prendre de décisions concernant les femmes, mais les femmes peuvent participer aux processus de prise de décisions concernant les hommes. Les hommes en sont venus à comprendre et à faire confiance aux femmes de manière significative – ils savent que les femmes ne quitteront jamais la lutte, qu’elles sont ce qui garantit le succès de la révolution. Les mots des femmes ont le même poids que ceux des hommes dans les assemblées, et nous portons les mêmes uniformes. Un autre exemple est le suivant : les femmes ne critiqueront pas ou ne seront pas en désaccord avec d’autres femmes devant des camarades masculins d’une manière qui [peut la rabaisser] par les hommes ou qui montre des vulnérabilités exploitables aux hommes, mais elles se soutiendront mutuellement jusqu’à ce qu’elles soient dans un espace entièrement féminin où nous pourrons discuter des différends et en donner la perspective. Dans la vie militaire, il n’y a pas de fréquentations ou de relations sexuelles. Cela change les interactions entre camarades parce que cela change les désirs, les besoins et les attentes des hommes à l’égard des femmes, et vice versa. Les femmes sont capables de travailler avec les hommes, mais elles sont autonomes par rapport à eux. De cette façon, en tant que femmes, nous apprenons à nous respecter et à nous aimer nous-mêmes et à aimer les autres femmes. Cette unité est à son tour la base pour laquelle les hommes, le reste de l’armée, la société et le monde nous regarderont. Ces nouvelles relations de genre se sont développées indépendamment. Notre construction de la féminité n’est pas en référence aux hommes.
 
Historiquement, la guerre a toujours été la prérogative des hommes, mais cette révolution ne l’est pas. Le monopole de la stratégie militaire n’est pas laissé à un processus décisionnel exclusivement masculin. Bien au contraire : comme nous l’avons vu dans l’opération de Raqqa, qui était dirigée par une femme. La perspective des femmes ajoute beaucoup à la compréhension de la lutte armée – il est clair pour nous que la victoire militaire et la libération des terres ne marquent pas la fin de la lutte – le vrai travail est plus profond que cela et se poursuit maintenant.
 
Une révolution n’est pas une résolution claire et simple, c’est un effort incessant qui ne cesse d’avancer ensemble et qui se poursuit encore aujourd’hui. Un vrai changement vient de la compréhension de nos erreurs et des contradictions en nous-mêmes. Nous ne sommes pas à l’abri des influences du patriarcat, alors quand nous luttons pour le déconstruire, nous devons analyser nos comportements, et chercher les ombres du patriarcat en nous aussi, afin de ne pas tomber dans ses pièges.
 
Cette approche différente de la libération que nous apprenons ici aboutit à une sorte de liberté que nous n’avons jamais connue auparavant. Dans les sociétés occidentales, le concept de liberté est présenté comme quelque chose de très individuel. Les libertés individuelles sont élevées au-dessus de tout, et la liberté collective ne fait guère partie de la conversation. Les femmes sont encouragées par la société, en cherchant le respect des hommes, à se séparer des autres femmes : à chercher à être plus intelligentes (…) plus ambitieuses et à dépasser les autres femmes. Cette compétition divise notre force et nous apporte très peu. Ici, nous cherchons la libération pour les femmes collectivement. Nous comprenons que notre liberté est inextricablement liée à celle des autres femmes, et que nous ne pouvons vraiment avancer dans notre lutte pour la liberté qu’ensemble. En vivant ensemble et en apprenant à nous aimer vraiment, révolutionnairement, nous sommes capables de devenir plus libres qu’aucune d’entre nous ne pourrait l’être seule.
 
Nous ne rejetons pas les hommes et nous les comptons certainement parmi nos camarades. Nous avons une organisation distincte qui fonctionne de façon autonome. En collaboration avec les YPG, nous poursuivons sur cette voie pour continuer à bâtir le monde que nous savons possible. Abdullah Ocalan, leader idéologique du mouvement kurde, a déclaré : « Libérer la vie est impossible sans une révolution radicale des femmes. » Les femmes kurdes ont certainement créé un front contre le patriarcat dans le monde entier que des personnes de diverses origines ethniques, culturelles, économiques, politiques et nationales ont reconnu comme tel et l’ont rejoint en sachant que nos luttes sont toutes liées et ne peuvent être séparées par des frontières, ce qui a donné naissance à un bel élément nouveau : Camaraderie [Hevaltî en kurde]. Cela se produit lorsque les femmes vivent et luttent collectivement pour atteindre le même objectif révolutionnaire dont il a été question plus haut : Libération de toutes les femmes.
 
Heval peut se traduire par « camarade », mais pour nous c’est beaucoup plus. La camaraderie entre les femmes est à la fois une tactique de lutte contre la domination et le fruit de la révolution des femmes. En partageant intimement nos vies à tous les niveaux, comme nous le faisons aux YPJ, nous détruisons l’isolement et l’individualisme créés et imposés par le capitalisme. La vie collective radicale fait de chacune de nous un miroir, nous nous voyons dans les yeux de l’autre et nous sommes forcées de confronter nos défauts, d’utiliser nos forces et d’apprendre à communiquer honnêtement les unes avec les autres. En nous connaissant nous-mêmes et en nous connaissant les unes les autres, nous construisons chacune ensemble une personnalité plus révolutionnaire.
 
Hevaltî est une redéfinition du mot amour. […] L’amour n’est pas ce qui se vend dans un magasin pour la Saint-Valentin. L’amour n’est pas un document légal donné par l’État, et ce n’est pas un pacte conclu dans une église. Ce ne sont pas les femmes qui se donnent aux hommes. L’amour, c’est les femmes qui luttent ensemble. L’amour, c’est la légitime défense, et se défendre l’une l’autre. L’amour, c’est construire un monde nouveau où chaque femme peut être en sécurité et libre. L’amour est discipline et dur labeur. L’amour nouveau est révolutionnaire. C’est la camaraderie et il se répand déjà à travers le monde, unissant chaque femme et l’assurant : Tu ne marcheras plus jamais seule. »
 

Bureau d’information des combattantes internationalistes des YPJ

YPJ International Fighters Info Office

– An open letter to our leftist sisters of the World –

For thousands of years woman have been the subjects of oppression and domination by the male figure, in all different societies and cultures. Our society has been developed following the rules of the capitalist system using patriarchy and sexism as principle tools. We can see the result of this in the present day: Attacks on woman’s bodies are legitimized by laws, states, institutions, and with the help of the capitalist system, a war on women has been created. This cannot be ignored. Through the years, society has called us witches, hysterics, lunatics, weak… Society wants us to be submissive and silent. We have been locked up, killed, humiliated, and punished for the simple reason that we were born women. Is it so surprising that today, women all over the world are rising up? Women’s liberation is our priority. We cannot imagine a world free of oppression without getting rid of the first form of oppression and violence. Sisters from Argentina, Chiapas, Sudan, Europe, India, Afghanistan, Iraq and here in Northern Syria all share in this struggle. We are all connected by the same aim: a woman’s revolution.

In order to achieve this worldwide we would like to show you the approach of the Kurdish Women’s Movement, which was developed in a context with unique challenges, starting in a feudal system. Within the Military formation of the YPJ and YPG, our methods are clear. Power structures are carved out and used as a basis of operations. This approach includes a unit which is comprised of only women. We can see how women relate to each other, and how men relate to women in a revolutionary and liberatory way. A perfect example is: men cannot make decisions about women, but women can participate in decision making processes about men. Men have come to understand and trust women significantly—they know that women will never leave the struggle, that they are what guarantees the success of the revolution. Women’s words have the same weight as men’s in assemblies, and we wear the same uniforms. Another example is: women will not criticize or disagree with other woman in front of male comrades in a way that opens her up to being diminished by men or shows exploitable vulnerabilities to men, but instead will support each other until they are in an all female space where we can open up about the disagreements and discuss them, giving perspectives. Within military life there is no dating or sexual relations. This changes interactions between comrades because it changes the wants, needs and expectations that are put on women by men, and visa versa. Women are able to work with but are successfully autonomous from men. In these ways, we as women learn to respect and love ourselves and other women. This unity is in turn the basis for which men, the rest of the military, society, and the world will regard us. These new gender relations have been developed independently, Our construction of womanhood is not in reference to men.

Historically, war has been the prerogative of men, but this revolution is not. The monopoly of military strategy is not left to an all-male decision making process. Quite the opposite: as we have seen in the Raqqa operation, which was lead by a woman. The perspective of women adds much to the understanding of the armed struggle—it is clear to us that military victory and the liberation of land does not mark the end of the struggle—the real work is deeper than this and continues now.

A revolution is not a clear cut and simple resolution, it is an unceasing push forward together, one that continues even now. A real change comes from understanding our mistakes and the contradictions within ourselves. We are not immune to the influences of patriarchy, so when we struggle to deconstruct it, we should analyze our behaviors, and look for the shadows of patriarachy within ourselves as well, so as not to fall into its traps.

This different approach to liberation that we are learning here results in a kind of freedom we have never known before. In Western societies, the concept of freedom is presented as something highly individual. Individual freedoms are elevated above all else, and collective freedom is hardly part of the conversation. Women are encouraged by society, in seeking the respect of men, to separate ourselves from other women: to seek to be smarter, more assertive, more ambitious and to surpass other women. This competition divides our strength and wins us very little. Here, we seek liberation for women collectively. We understand that our freedom is inextricably tied to that of other women, and that we can only truly advance in our struggle for freedom together. By living together and learning to love each other truly, revolutionarily, we are able to become more free than any of us could be alone.

We do not reject men and surely count them among our comrades. We have a separate organization that operates autonomously. Working together with YPG, we push forward on this path to continue building the world we know is possible. Abdullah Ocalan, ideological leader of the Kurdish movement, said: “Liberating life is impossible without a radical woman’s revolution.” The Kurdish women have surely created a front against patriarchy worldwide which people from many ethnic, cultural, economic, political and national backgrounds have recognized as such and have joined with the knowledge that our struggles are all connected and cannot be pulled apart by borders.A beautiful new element emerges as a result of this: Hevalty. This is created when women live and struggle collectively towards the same revolutionary goal discussed above: Liberation of all women. Heval may translate as “comrade,” but to us it is much more. Hevalty among women is both a tactic to combat domination, and is itself the fruit of the women’s revolution. By intimately sharing our lives on every level, as we do in the YPJ, we destroy the isolation and individualism created and forced upon us by capitalism. Radical collective living turns each of us into a mirror, we see ourselves in the eyes of the other and are forced to confront our flaws, to utilize our strengths, and to learn to communicate honestly with each other. By knowing ourselves and each other, together we each build a more revolutionary personality.

comradry is a redefinition of the word love. We are reclaiming love from a capitalist and patriarchal world. Love is not what is sold in a store for Valentine ́s Day. Love is not a legal document given by the state, and it is not a pact made in a church. It is not women giving themselves to men. Love is women struggling together. Love is self defense, and defending each other. Love is building a new world where every woman can be safe and free. Love is discipline and hard work. It is revolutionary. This is comradry, the new love, and it is already spreading across the globe; uniting every woman and assuring them: you will never walk alone again.

YPJ International

27 may 2019 YPJ International Fighters Info Office