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Les femmes de Van s’installent sur les hauts plateaux pour l’été

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TURQUIE / BAKUR – VAN – Quand les grosses chaleurs s’installent à Van, les villageois se déplacent avec leur bétail vers les hautes terres. Malgré les interdictions de l’État turc, les femmes kurdes préservent leur culture.
 
Chaque été, des femmes du village d’Êzdînan (Konalga), dans le district de Şax (Çatak) de la province de Van, mènent leurs troupeaux en transhumance sur les hauts plateaux. Les alpages riches en variétés de plante de haute montagne de Mêrgastran et d’Alandeşt attirent les villageois kurdes.
 
Les femmes d’Êzdînan se lèvent tôt le matin et se rendent sur les hauts plateaux après le petit déjeuner pour traire leurs brebis. Avant cela, les chevaux doivent être sellés. Le sentier de deux heures passe à travers les falaises dangereuses, mais les femmes parlent ou chantent, du lever au coucher du soleil.
 
Heybet Tarten s’occupe des brebis sur les hauts plateaux depuis des années. « Je suis née et j’y ai grandi. Pendant un certain temps, l’accès aux hautes terres a été interdit et l’interdiction a été levée par la suite. La vie sur les hauts plateaux est très agréable, mais aussi épuisante. Nos tentes sont à Mêrgastran mais nous allons à Alandeşt pour traire les brebis. Le trajet dure deux, parfois même trois heures. C’est dangereux, mais nous ne pouvons pas faire grand-chose à cela. Nous passons le temps avec des chansons et des conversations. »
 
Hicret Okan vit d’élevage sur les hautes terres depuis plus de cinquante ans. « Nous nous levons à cinq heures du matin et travaillons jusqu’à huit heures (du soir). Il n’y a que des femmes sur ce plateau, tout le fardeau repose sur nos épaules. L’élevage n’est pas un travail facile et surtout dans un endroit comme celui-ci, les difficultés et les responsabilités sont grandes. J’aime beaucoup la vie sur les hauts plateaux. Pendant un certain temps, on nous a interdit d’y entrer, mais nous n’avons pas abandonné cette vie. A Hakkari et dans de nombreux autres endroits, les hautes terres sont fermées (interdites). Cependant, la population survit, avec ces interdictions, les Kurdes sont économiquement affaiblis et plongés dans la pauvreté. Nous n’abandonnerons pas cette culture et la préserverons toute notre vie. »
 
Cependant, Hizret Altan souligne que la jeune génération rejette la vie sur les hauts plateaux : « Ils ne l’apprécient pas. L’air dans les villes vous rend malade, donc les hautes terres avec leur effet curatif sont préférables. Il y avait près d’une centaine de familles ici, mais ça a changé. »
 

En 1993, un musicien kurde a été brûlé vif parce qu’alévi

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TURQUIE – Le 2 juillet 1993, Des fanatiques islamistes brûlaient vifs 35 Alévis dans un hôtel de la ville de Sivas où devait avoir lieu un festival alévi. Le musicien kurde, Hasret Gültekin, était parmi les victimes de de Madimak.
 
Hasret a payé de sa vie le triple affront qu’il avait commis en étant Kurde, de confession alévie et chanteur kurde dans un pays où il était interdit d’être autre que turc, sunnite et parlant turc.
 
Hasret Gültekin est un des premiers chanteurs à avoir bravé l’interdiction de chanter en kurde avec son album « Newroz », sorti en 1990.
 
Hasret, mort à 22 ans, est devenu père à titre posthume 2 mois après sa mort. En effet, sa femme Étê était enceinte de 7 mois quand on a brûlé son mari. Elle a appelé son bébé « Hasret Roni » (Roni signifie lumière en kurde).
 
Que s’est il passé à l’hôtel Madimak ?

La FEDA rend hommage aux victimes de l’hôtel Madımak

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La Fédération démocratique des Alévis en Europe (FEDA) a publié un communiqué à l’occasion de la date anniversaire du massacre de Madımak, du 2 juillet 1993.

La FEDA a déclaré que le massacre de Madimak était une blessure qui saigne toujours.

Rappelant les nombreux massacres perpétrés par l’Etat turc, le communiqué ajoute :

« Ces crimes contre l’humanité continueront à saigner dans la conscience des Alévis. A moins que les responsables n’en aient rendu compte, les Alévis ne devraient pas être et ne seront pas en paix. (…) Car la population alévie de Sivas et Maras a été réduite au statut de minorité numérique. »

QUE S’EST-IL PASSÉ ? 

Le massacre de Sivas ou Madımak fait référence à l’incendie de l’hôtel Madimak qui, le 2 juillet 1993, a causé la mort de 35 personnes, principalement des intellectuels alévis et deux employés d’hôtel.

Les Alévis s’étaient réunis à l’hôtel Madımak, à Sivas, pour un festival culturel célébrant la vie du poète alévi du XVIe siècle, Pir Sultan Abdal.

Parmi les intellectuels se trouvait le célèbre écrivain de gauche Aziz Nesin qui était très détesté par les extrémistes islamistes.

Une foule d’extrémistes a assiégé l’hôtel et a fini par y mettre le feu. Nesin lui-même a pu échapper à l’incendie, mais des dizaines d’autres intellectuels ont perdu la vie. Parmi eux se trouvaient des poètes, des musiciens, mais aussi des touristes et du personnel hôtelier.

La police n’est pas intervenue

Plusieurs personnes ont été arrêtées à la suite de l’incendie. Au fil des ans, un certain nombre de procès ont eu lieu et des peines ont été prononcées. Pourtant, le sentiment que justice n’a pas été faite demeure chez les proches des victimes.

Le 28 novembre 1997, la Cour de sûreté de l’Etat a finalement condamné à mort 33 accusés pour leur rôle dans le massacre. En 2002, peu après que la Turquie eut suspendu l’application de la peine de mort, les peines ont été commuées en peines d’emprisonnement à vie.

ANF

KURDISTAN DU SUD. Création de l’Initiative de paix contre la guerre

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KURDISTAN DU SUD – HEWLER – L’Initiative de paix contre la guerre a été créée à Hewlêr (Erbil) pour contrer les attaques de la Turquie contre le Kurdistan du Sud.

Un grand nombre d’universitaires, d’intellectuels, d’avocats, d’érudits religieux et de militants se sont réunis au Centre du Parti communiste du Kurdistan à Hewlêr pour lancer l’Initiative de paix contre la guerre suite aux attaques menées par la Turquie au Kurdistan du Sud (Bashur).

Zirek Gerdi, membre de l’Initiative de paix contre la guerre, a déclaré : « Nous avons lancé une initiative contre les attaques et l’occupation de l’Etat turc. Dans les prochains jours, nous visiterons les partis politiques, les consulats du Kurdistan du Sud ainsi que le président et le parlement irakiens. Notre objectif est de prévenir les attaques de l’Etat turc contre le [Kurdistan du Sud] ».

ANF

ROJHILAT. Fin du Festival de la culture et de l’art kurde

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ROJHILAT – URMIYÊ – Des milliers de personnes ont assisté au 4ème Festival de culture et d’art kurde dans la ville d’Urmiye, au Rojhilat.

Le festival qui a duré 3 jours a attiré des gens d’Urmiye, Mako, Seqiz, Xoyê et Xoresan. De nombreux artistes sont montés sur la scène du festival.

Le comité de préparation a déclaré : « De nombreuses manifestations ont eu lieu au festival kurde. La musique, la culture, les costumes et les pièces de théâtre kurdes ont été présentés. Des plats kurdes, du miel, du fromage, du pain ont été exposés au festival pour montrer la richesse de notre culture. »

Pendant 3 jours, de nombreux artistes, en particulier des dengbêjs [bardes], sont montés sur scène, ainsi que des groupes de danses kurdes de différentes régions.

ANF

AFRIN. 300 civils enlevés dans le district de Mabeta

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AFRIN – Les sources locales rapportent que les forces d’invasion turques et les mercenaires alliés ont perquisitionné les maisons des Kurdes du district de Mabeta, à Afrin, le samedi soir.

Selon certaines informations, 300 civils, dont des femmes et des enfants, auraient été enlevés lors des raids. Les civils ont été victimes de violences physiques et d’insultes et leurs téléphones portables ont été saisis.

Aucune information concernant le lieu où ils se trouvent n’est disponible alors qu’ils risquent d’être torturés, exécutés, arrêtés ou utilisés pour demander une rançon à leurs proches.

ANF

TURQUIE. Il y a 26 ans, des fanatiques islamistes brûlaient des intellectuels alévis à Sivas

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TURQUIE – SIVAS – Le 2 juillet 1993, des fanatiques islamistes ont mis le feu à l’hôtel Madımak et ont brûlé vifs 37 personnes, dont 33 intellectuels alévis. 26 ans après, ce feu brûle encore pour les proches des victimes de Madimak car ils ont le sentiment d’être privés de justice…

Après la prière du vendredi, plus de 15 000 islamistes appelant à la charia et à la mort d’infidèles se sont réunis autour de l’hôtel Madımak, dans la ville de Sivas, en Turquie, où étaient logés les participants du festival alévi Pir Sultan Abdal.

 
Les islamistes protestaient au début contre la présence dans l’hôtel de l’écrivain Aziz Nesin, qui a traduit et publié les « Versets sataniques » de Salman Rushdie et critiqué l’Islam. Mais la protestation s’est transformée en une attaque violente et finalement, les assaillants ont mis le feu à l’hôtel.
 
Nesin a pu être exfiltré de l’hôtel, mais on a sorti des décombres 37 corps : ceux des artistes, dont Hasret Gültekin, musicien kurde-alévi, intellectuels, simples touristes, un enfant de 12 ans, des adolescents, deux employés de l’hôtel… Les forces de sécurité ont été critiquées pour ne pas avoir arrêté la foule.
 
Le massacre de Sivas a visé non seulement Aziz Nesin, mais aussi la minorité alévie de la Turquie qui est la deuxième plus grande communauté religieuse en Turquie.
 

Plusieurs personnes ont été arrêtées à la suite de l’incendie. Au fil des ans, un certain nombre de procès ont eu lieu et des peines ont été prononcées. Pourtant, le sentiment que justice n’a pas été faite demeure chez les proches des victimes.

Le 28 novembre 1997, la Cour de sûreté de l’Etat a finalement condamné à mort 33 accusés pour leur rôle dans le massacre. En 2002, peu après que la Turquie eut suspendu l’application de la peine de mort, les peines ont été commuées en peines d’emprisonnement à vie.

De lourdes mesures de sécurité sont prises chaque année le 2 juillet alors que des milliers de personnes arrivent à Sivas pour rendre hommage aux victimes de l’hôtel Madimak.
 

PARIS. Meeting de solidarité : La répression des militant.e.s kurdes doit cesser !

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié le communiqué ci-dessus annonçant un meeting de solidarité avec les militant-e-s kurdes contre leur persécution par les autorités françaises alors qu’ils subissent par ailleurs les menaces des nervis du pouvoir turc !
 
MEETING DE SOUTIEN AUX MILITANT-E-S KURDES
 
SAMEDI 6 JUILLET 2019
RENDEZ-VOUS A PARTIR DE 17h
Prise de parole à partir de 17h30
 
AU 147 RUE LAFAYETTE, 75010 PARIS
Lieu où ont été assassinées les trois militantes kurdes,
Fidan DOGAN, Sakine CANSIZ et Leyla SAYLEMEZ
 

« Collectif de soutien du CDK-F : La répression des militant.e.s kurdes doit cesser !

Nous, organisations politiques, syndicales, de la société civile française, condamnons la vague de répression menée actuellement par la justice française à l’encontre de militant.e.s kurdes, engagé.e.s dans la recherche d’une solution politique pour le Kurdistan.

 
Le 12 juin 2019, la veille de la visite en Turquie du Ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, plusieurs perquisitions ont été menées par la police française dans le but d’arrêter des militant.e.s du mouvement démocratique kurde. Son homologue turc l’a même félicité de l’action menée par la France contre le mouvement kurde. Ces perquisitions ont pu également toucher des soutiens extérieurs au mouvement kurde, dont des syndicalistes français.e.s.
 
De plus, deux militants, Agit Polat et Vedat Bingöl, respectivement porte-parole et ancien Coprésident du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), ont vu leurs avoirs gelés sur la décision des ministères de l’économie et de l’intérieur. Ces deux mêmes personnes ont été explicitement menacées de mort de manière indirecte. Dans le cas de l’un d’entre eux, son jeune fils a été abordé dans un parc où il jouait par un inconnu qui a proféré des menaces à l’encontre de son père.
 
En 2013, trois militantes kurdes ont déjà été assassinées en France. L’enquête conduite par la justice française a démontré que les commanditaires de cet acte ignoble étaient des responsables de premier plan des services secrets de Turquie (MIT). La justice n’a pas pu être rendue en raison du décès du meurtrier. Il serait insoutenable qu’un nouveau drame se produise. Nous demandons que l’État français prenne ses responsabilités, et protège les militant.e.s politiques kurdes qui ont trouvé refuge ou sont né.e.s sur son sol contre toute atteinte à leur vie ou à leur liberté d’expression et d’organisation politique.
 
La France ne doit pas se faire la supplétive de la Turquie en participant à la répression du mouvement démocratique kurde. La fraternité des peuples ne se marchande pas contre une poignée de contrats. Les partis kurdes se réclamant du confédéralisme démocratique, PKK en tête, ont mené la lutte contre l’obscurantisme de Daesh au prix d’immenses sacrifices qui se sont traduits par la mort de jeunes hommes et femmes kurdes. Durant cette période, la Turquie fournissait un appui militaire, logistique et financier aux criminels de l’Etat Islamique. Les Kurdes ont ainsi contribué à protéger l’Europe des attaques de Daesh. Les organisations kurdes tentent de mettre en place au Moyen-Orient une alternative démocratique, basée sur le progrès social, l’émancipation des femmes et l’égalité ethnique et religieuse. Que signifie alors pour la France le fait de réprimer leurs militant.e.s qui mènent une action politique légale, à visage découvert ?
 

Les poursuites à l’égard des militant.e.s kurdes doivent être abandonné.e.s, et la France doit reconnaître la légitimité du PKK comme acteur politique de premier plan au Moyen-Orient, en commençant par le retirer de la liste des organisations terroristes. »

Premiers signataires : France-Kurdistan, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP), Conseil de Coordination des Organisations arméniennes de France (CCAF), Parti communiste français (PCF), Parti de Gauche (PG), France insoumise (FI), Union communiste libertaire (UCL),  Confédération nationale du Travail (CNT), Collectif des Amazighs en France, SOS Racisme

 
Image Baris Balseçer

YPJ. Lettres des combattantes de la liberté : Stonewall Inn

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Voici la lettre des combattantes internationalistes des YPJ qui rend hommage à la lutte de Stonewall Inn (English below) :
 
« En tant que femmes internationalistes de la Syrie du nord et de l’est, et plus particulièrement du Kurdistan, nous écoutons jour après jour des histoires d’oppression parce que les gens parlaient une certaine langue, vivaient une certaine culture ou étaient même habillés d’une manière que le système de l’État-nation considérait comme une menace. Nous voulons nous souvenir d’une autre lutte d’une autre communauté dans un autre contexte que nous commémorons pour leur résistance contre l’oppression de l’État : les émeutes de Stonewall – En ce jour de 1969, ou plutôt tard dans la nuit et tôt le matin [nuit du 28 juin], une communauté a spontanément pris des mesures pour se défendre contre la police. Ce faisant, ils ont découvert entre eux une puissance qui a été ressentie par des gens de tous les États-Unis et, éventuellement, par des gens du monde entier. Cette communauté se composait des habitués turbulents et marginaux du Stonewall In* : un bar gay sur Christoper Street à New York City. Ce groupe coloré de personnes était uni par le fait que ce bar était l’un des seuls endroits où ils pouvaient bâtir une communauté, une communauté pour se protéger les uns les autres et pour s’entraider.
 
Dans les années 60, les bars gays de New York ont fait l’objet de descentes hebdomadaires, et les personnes qui s’y rassemblaient ont été arrêtées pour un certain nombre de crimes contre l’État, comme le port de vêtements que l’État définissait comme quelque chose pour un autre sexe. C’est ainsi que le genre a été réglementé parmi d’innombrables autres façons, et s’écarter de ces idées d’une manière qui menaçait le pouvoir de l’État a été considéré comme un crime et appliqué en tant que tel. Nous reconnaissons qu’aucun État n’est en mesure d’enseigner aux femmes ce que nous sommes et que le pouvoir de décider à quoi ressemble une femme, à quoi elle ressemble, à quoi elle ressemble et à quoi elle a droit, appartient uniquement aux femmes. Aucun État ne peut définir : comment les femmes devraient être. Aucun État ne peut nous dire quoi que ce soit au sujet d’une femme ou de sa liberté, ou en fait au sujet de la liberté de toute personne. Aucun État ne peut nous libérer.
 
Cette nuit-là, pour les « crimes » énumérés ci-dessus et d’autres, de nombreuses personnes à l’auberge Stonewall ont été arrêtées comme d’habitude, mais quelque chose a changé cette nuit-là. Quelque chose de profond dans l’âme des personnes présentes s’est réveillé lorsque la police a frappé une lesbienne qui était arrêtée parce qu’elle ressemblait trop à un homme, et les gens dans la foule ont commencé à résister en lançant des pièces et des bouteilles à la police. Marsha P. Johnson, qui allait consacrer sa vie à faire un travail libérateur pour la communauté, grimpa sur un lampadaire et lâcha un sac de briques sur le pare-brise d’une voiture de police – mais bien plus qu’un pare-brise cassé, et bien plus que détruire des objets matériels, cette émeute a créé un espace pour une résistance unifiée de la communauté entière, une base pour s’organiser.
 
La foule de gays, de lesbiennes et de transgenres a enfermé la police dans le bar, et des centaines de personnes du quartier se sont jointes à eux. Le lendemain soir, des milliers de personnes ont entendu parler des événements de la veille, et des milliers d’autres ont commencé à s’organiser à travers le pays, se réunissant avec leur communauté et les organismes fondateurs. Un exemple en est le Front de libération des homosexuels, qui a également embrassé les idéaux de l’internationalisme et pratiqué la solidarité avec divers mouvements de libération à travers le monde.
 
Ces gens ont ensuite planifié les premières marches de la Fierté, chaque année en juin, pour célébrer et commémorer la nuit qui a libéré l’esprit de tant de gens. Les participants au soulèvement de Stonewall ont ensuite pris des mesures dans leurs communautés pour soutenir les détenus et les sans-abri, et bon nombre d’entre eux ont participé activement à la lutte pour leurs amis et camarades mourants pendant l’épidémie de sida des années plus tard.
 
Cette nuit nous affecte encore aujourd’hui, alors que nous réfléchissons à la signification de cette étincelle révolutionnaire qui s’allume lorsqu’une communauté apprend qu’elle peut se défendre. Aux femmes du soulèvement de Stonewall, et à toutes les personnes présentes cette nuit-là qui se sont opposées à la police, nous en sommes profondément reconnaissants, et si nous pouvions leur parler, nous les remercierions pour leur audacieuse imagination de nouvelles possibilités, pour leur nécessaire espoir d’une manière nouvelle et dans un monde nouveau, et pour le pouvoir qu’elles ont repris quand elles partagent cet espoir entre elles et avec nous même maintenant.
 
En chaque personne qui ressent un profond désir de changement et qui lutte maintenant pour un monde meilleur libéré du système capitaliste, il y a un tournant, un moment où nous en avons assez et où nous avons le choix de résister ou d’être écrasés par l’oppression. C’est le choix auquel les gens du soulèvement de Stonewall étaient confrontés : s’ils se défendaient ou continuaient à se cacher, continueraient à être traînés dans les rues et battus. En tant que YPJ International, nous avons également atteint ce point tournant. Nous avons vu les destructions causées par le capitalisme, le patriarcat et l’impérialisme, et nous avons fait le choix de nous joindre à la lutte. Des personnes d’origines, d’ethnies et de croyances si diverses se sont unies ici pour une vision collective : la libération des femmes, l’autonomie des peuples et une nouvelle approche de la libération nationale, contre l’État-nation et pour une société véritablement démocratique. Nous nous considérons nous-mêmes et tous ceux qui luttent et ont lutté pour que cette libération fasse partie de la même lutte. Nous ne reconnaissons aucune division dans l’espace ou dans le temps de la part d’aucun camarade qui se bat pour la libération des femmes – et aujourd’hui nous sentons la chaleur de cette étincelle d’il y a 50 ans comme quelque chose d’assez proche pour que nous puissions l’attraper dans nos mains. »
 
Bureau d’information des combattantes internationalistes des YPJ
 
29 juin 2019
 
*Les émeutes de Stonewall sont une série de manifestations spontanées et violentes contre un raid de la police qui a eu lieu dans la nuit du  à New York, au Stonewall Inn (dans le quartier de Greenwich Village).
 
Version originale :
 
– Letters from Freedom Fighters 4 : Stone Wall –
« As internationalist women in Northern and Eastern Syria and specifically in Kurdistan we listen day to day of stories where people were oppressed because they spoke a certain language, lived a certain culture or even dressed in a way that the nation state system saw as a threat. We want to remember another struggle of another community in another context that we commemorate for their resistance against the state oppression: the Stonewall riots – On this day in 1969, or rather late at night and early into the morning, a community spontaneously took action to defend itself from the police. In doing so, discovered a power among themselves that was felt by people all over the United States and eventually people all over the world. This community consisted of the rowdy and marginal regulars of the Stonewall Inn: a gay bar on Christoper Street in New York City. This colorful group of people was united by the fact that this bar was one of the only places they could build a community, a community to protect each other and to care about each other.
In the 60s, gay bars in NYC were raided on a weekly basis, and the people gathering there were arrested for any number of crimes against the state such as wearing clothing that the state defined as something for a different gender. Gender was regulated in this way among countless other ways, and to deviate from these ideas in a way that threatened state power was consider a crime and enforced as such. We recognize that no state is able to teach women about ourselves, and that the power to decide what a woman looks like, acts like, what she is allowed to do, belongs to women alone. No state can define: how women should be. No state can tell us anything about a woman or her freedom, or in fact about the freedom of any person. No state can bring us liberation.
On this night, for the “crimes” listed above and others, many people at the Stonewall Inn were arrested as usual, but something changed that night. Something deep in the souls of the people present was awoken when the police beat a lesbian woman who was being arrested for looking too much like a man, and people in the crowd started to resist by throwing coins and bottles at police. Marsha P. Johnson, who would go on to devote her life to doing liberatory work for the community, climbed a lampost and dropped a bag of bricks on the windshield of a cop car—but much more than a a broken windshield, and much more than destroying material objects, this riot created room for a unified resistance of the entire community, a starting point of self organization.
The crowd of gay, lesbian and trans people locked the police in the bar, and hundreds of people from the neighborhood joined in. The next night, thousands showed up having heard of the events from the night before, and thousands more started organizing across the country, getting together with their community and founding organizations. An example for this is the Gay Liberation Front, that also embraced ideals of internationalism and practiced solidarity with various movements for liberation across the world.
These people went on to plan the first Pride marches, every year in June, to celebrate and commemorate the night that freed the spirit of so many. Participants in the Stonewall Uprising went on to take action in their communities to support prisoners and homeless people, and many were active in the fight for their dying friends and comrades during the AIDS epidemic years later.
This night effects us even now, as we reflect on the meaning of that revolutionary spark that flares when a community learns it can defend itself. To the women of the Stonewall Uprising, and to every person there that night who stood up to the police—we hold deep gratitude for this, and if we could talk to them we would thank them for their audacious imagination of new possibilities, for their necessary hope in a new way and in a new world, and for the power they took back when they shared this hope with each other, and with us even now.
In every person who feels a deep desire for change and who now struggles for a better world freed from the capitalist system, there lies a turning point—a moment when we’ve had enough, and we are left with the choice to either resist or be crushed under oppression. This is the choice that the people of the Stonewall Uprising were faced with: should they defend themselves or keep hiding, continue being dragged into the streets and beaten. We as YPJ International have also reached this turning point. We have seen the destruction caused by capitalism, patriarchy, and imperialism, and have made the choice to join the fight. People of so many different backgrounds, ethnicities and beliefs united here for one collective vision: liberation of women, for the autonomy of peoples, and for a new approach to national liberation, against the nation state and for a truly democratic society. We consider ourselves and all those who fight and have fought for this liberation to be part of the same struggle. We recognize no division in space or time from any comrade who fights for the liberation of women—and on this day we feel the warmth of that spark from 50 years ago as something close enough that we could catch it in our hands. »
YPJ International
29 june 2019 YPJ International Fighters Info Office
 

Les feux criminels à Kobanê et dans le nord de la Syrie visent l’unité des peuples

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Le journaliste français, Raphael Lebrujah est actuellement au Rojava. Il décrit la politique de la terre brûlée de Daech / ISIS qui met le feu aux champs de céréale, vitale pour toute la région qui est considérée être le grenier à pain de la Syrie, pour diviser les peuples.
 
Voici son témoignage :
 
« Hier, j’ai un aller-retour entre Qamishlo et l’Euphrate en passant par Kobanê, environ 500 kilomètre de routes près de la frontière turque et de son mur. Il y avait de très nombreux incendies, particulièrement dans les régions à majorité kurde.
 
Cela tend à montrer que la plupart de ces incendies sont d’origines criminelles, beaucoup ont été revendiqués par Daech, et ils visent à déstabiliser les relations entre les différentes communautés dans le nord syrien.
 
J’ai remarqué que la région de Kobané était particulièrement touchée par les incendies alors qu’elle est moins sèche et relativement plus froide que les autres régions kurdes parce que l’Euphrate passe tout près. Kobané est devenue un symbole à abattre pour Daech.
 
 
J’ai pu également visiter le cimetière des martyrs de Kobané, où beaucoup de combattants et combattantes kurdes tombés contre Daech sont inhumés.
 
J’ai également constaté la pluralité des pratiques religieuses depuis que je suis ici. J’ai parlé avec des musulmans, des chrétiens, des yézidis, des alaouites et aussi des juifs! Ses derniers sont particulièrement satisfaits de la bienveillance des autorités à leur égard.
 
Les juifs de Syrie sont victime d’un antisémitisme féroce de la part du régime et c’est encore pire quand ils sont kurdes. C’est le cas de ceux que j’ai rencontré. Le régime a une politique qui n’est absolument pas laïque contrairement aux dires des partisans de Bachar El Assad.
 
J’ai pu profité des eaux fraîches de l’Euphrate avant de repartir sur les routes du Rojava. »
 
 
A la question « La complicité de la Turquie dans ces incendies est-elle avérée ? » Lebrujah répond : « Des paysans kurdes ont vue des soldats turcs mettre le feu. Mais c’est pas le gros des incendies criminelles. C’est plutôt Daech ou des suprémacistes arabes. »
 
 

« Les Kurdes sont la force la plus forte et la mieux organisée en Iran »

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IRAN / ROJHILAT – Le coprésident du PJAK, Siyamend Muini, a déclaré que les Kurdes étaient la force la plus forte et la mieux organisée en termes de développement en Iran et dans la région.
 
Le coprésident du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), Siyamend Muini, a été interviewé par l’agence RojNews sur les développements actuels en Iran et au Rojhilat (Kurdistan oriental).
 
Comment jugez-vous la situation en Iran et au Kurdistan oriental ?
 
L’Iran est sous embargo économique. Ce n’est pas une phase normale pour l’Iran. Les développements d’aujourd’hui sont les conséquences de quarante ans de politique en Iran et au Rojhilat. La situation en Iran et au Rojhilat empire de jour en jour. L’embargo menace les relations économiques, politiques, internationales et diplomatiques de l’Iran. Cette situation offre aux peuples la possibilité de gagner la liberté après 40 ans de dictature. La révolution de 1979 pourrait alors reprendre là où elle s’était arrêtée et atteindre ses objectifs.
 
Quelles sont les préparations des forces au Rojhilat contre les développements politiques en Iran ?
 
Les Kurdes sont le facteur fondamental du changement du système d’État-nation dans la région. Il ne s’agit pas seulement de l’Iran, les Kurdes ont montré leur rôle dans la crise des États-nations en Turquie, en Syrie et en Irak. A ce stade, les Kurdes ont proposé des solutions aux problèmes du Moyen-Orient et de l’Iran. C’est la force la plus organisée et la plus puissante d’Iran. Sous les exigences de paix, de liberté et d’égalité, ils ont pu établir une forme d’unité nationale. En ce sens, les Kurdes peuvent représenter une avant-garde pour de nombreux mouvements en Iran.
 
Selon vous, quelles sont les tâches des Kurdes au Rojhilat et celles de l’opposition en Iran ?
 
Il est important que les Kurdes forment une unité politique, organisationnelle et dans d’autres domaines. Compte tenu de l’évolution actuelle de la situation en Iran, l’unité des Kurdes et leur rencontre sur une base commune renforceront la position des Kurdes en vue d’une éventuelle jonction après le régime iranien. Je suis convaincu que les Kurdes ont de très bonnes chances d’atteindre leurs objectifs. Toutes les forces politiques doivent donc se soutenir mutuellement.
 
Quels projets avez-vous concernant l’unité des forces kurdes ?
 
Nous avons présenté un projet décennal visant à renforcer l’unité entre les forces politiques au Rojhilat. Pour ce projet, nous avons visité la majorité des parties à Rojhilat. En même temps, nous l’avons communiqué en public et nous avons fait un rapport sur les bases de la réunion. L’un de ces principes de base est qu’il ne devrait plus y avoir de milices de parti. Nous avons besoin d’une force nationale pour défendre nos réalisations. Nous devons envoyer le message aux États fascistes et à leurs collaborateurs que les Kurdes sont devenus plus forts dans la sphère politique et continueront jusqu’à la victoire.
 
Comment cette rencontre et votre projet se sont-ils rencontrés au Rojhilat ?
 
Nous pouvons apporter des modifications au projet en fonction des suggestions des parties lors de la réunion, et l’enrichir. Nous avons présenté ce projet seul sous le nom du PJAK. À la suite de notre dialogue, la base de notre projet peut être élargie ou d’autres questions peuvent être extraites. Mais tout le monde doit savoir que nous avons préparé notre projet en tenant compte des intérêts politiques du Kurdistan. L’un des points importants est de nommer les représentants des partis et de travailler ensemble sur la base d’une « unité nationale ». Au Rojhilat, ce travail sera effectué pour le compte des parties kurdes. Il ne s’agit pas d’une force appartenant à un parti, mais d’une force interarmées et organisée qui peut protéger nos réalisations.
 
Nous voulons former une force commune. Nous ne voulons pas que les jeunes soient victimes des problèmes des uns avec les autres. Le Kurdistan a soixante ans d’expérience et nous devons maintenant parvenir à une conclusion sur cette base. Un exemple négatif est la façon dont le gouvernement du Sud-Kurdistan fait respecter un référendum sur l’indépendance au nom des Kurdes et remet ensuite la moitié du Kurdistan aux occupants. Quel genre de kurdité est-ce que c’est que c’est si facile de céder la moitié de [sa] terre à l’occupant ? C’est pourquoi il est important que les Kurdes libres et patriotiques expriment clairement leurs revendications et luttent pour la protection de leurs valeurs nationales.
 
Qu’est-ce qui fait obstacle à l’unité kurde ?
 
Les intérêts individuels et économiques des parties les empêchent de se rapprocher les uns des autres. Nous ne disons pas que tous les Kurdes doivent penser de la même façon. Mais les Kurdes, surtout en cette période particulièrement historique, peuvent prendre d’importantes mesures conjointes pour évincer les forces d’occupation du Kurdistan, pour affaiblir le chauvinisme et pour atteindre leurs objectifs. Dans un système démocratique, le peuple peut décider par lui-même, tandis que les partis peuvent proposer différents paradigmes.
 
La phase actuelle est très délicate et toutes les parties doivent en être conscientes et prendre des mesures pour agir dans la paix et l’unité. Quand je parle de partis politiques, je ne parle pas des esclaves du gouvernement au pouvoir. Certains partis sont devenus des outils gouvernementaux. Ils représentent une avant-garde de la Turquie et de l’Iran.
 
La politique au Bashur (Kurdistan du Sud) n’est pas orientée vers les intérêts nationaux. Il sert les envahisseurs du Kurdistan et prolonge leur vie. Ce système est dans les dernières respirations. Un nouvel exemple de projet est donc indispensable non seulement pour l’Iran, mais aussi pour l’Irak et toute la région. L’ensemble de la région peut devenir un modèle de démocratie et, par conséquent, la liberté et l’égalité peuvent être réalisées.
 

L’Etat turc cherche à évacuer 30 régions de Dersim

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TURQUIE / BAKUR – Le gouvernorat de Dersim a décrété 30 zones de la province kurde de Dersim «zones de sécurité spéciales» et demande à ses habitants de partir.
 
30 zones rurales du centre du Dersim et des districts d’Ovacik, de Nazimiye, de Pulumur et de Hozat sont déclarées «zones de sécurité spéciales», du 1er au 15 juillet, par un arrêté du gouvernorat de Tunceli (Dersim).
 
L’arrêté déclare que les habitants de ces zones doivent partir.
 
Les secteurs déclarés «zones de sécurité spéciales» sont :
 
* Centre Dersim: zones Balideresi, Kutudere, Kurutlu Dere, Tapantepe, Karamese, Baylik / Kortepeleri
 
* Nazimiye: zones de Dokuzkayalar, Tavuklu / Dogantas.
 
* Ovacik: Balkayalar, quartier de Kazanc, Gayretbaba, quartier de Yagisli, ruisseau Doganca / Aktas, Sincikyayla, ruisseau de Maden, Karadere, quartier de Yarpuzlu, colline de Ali Gecidi, Eroglu, quartier de Mercan Mouintains, ruisseau de Kiran, colline de Kinikan, plaine du Golan, quartier d’Egerci. , Zones du village d’Aslica
 
* Hozat: Beyazdag, forêt de Kinzir, régions montagneuses du Cigirli
 
* Pulumur: quartier du village de Kizilmescit