RSF: La Turquie utilise les cartes de presse pour faire pression sur les journalistes

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TURQUIE / BAKUR – En Turquie, le métier de journaliste est de plus en plus criminalisé, notamment quand il s’agit d’informations relatives aux injustices subies par les Kurdes ou bien les violences masculines ou encore celles critiquant le régime turc… et l’obtention de la carte de presse devient un moyen de chantage exercé contre les journalistes récalcitrants. Dans un communiqué du 29 juin, Reporters sans frontières (RSF) accuse la Turquie de vouloir faire taire les journalistes critiques en les privant de la carte de presse.

« Reporters sans frontières (RSF) dénonce la politique arbitraire des autorités turques qui sanctionnent les journalistes critiques envers le pouvoir en les privant de leur carte de presse et met en lumière quatre journalistes qui tentent de défier l’arbitraire.

Elle est devenue une arme contre la liberté d’informer. En Turquie, la carte de presse est instrumentalisée, depuis des années, par la Direction des Communications de la Présidence (Cumhurbaşkanlık İletişim Bakanlığı – CIB). Alors que des journalistes pro-gouvernementaux n’ont aucune peine à obtenir le document, malgré des pratiques contestables (ciblage des défenseurs des droits de l’homme, propos de haine, désinformation, etc), des journalistes critiques de renommée ont vu, ces dernières années, leur carte de presse permanente annulée ou leur demande de renouvellement rester sans réponse. Or, en Turquie, les reporters qui ne détiennent pas ce document officiel ne peuvent pas suivre les activités du Président ni de ses ministres, ou risquent d’être arbitrairement empêchés de couvrir les manifestations. Depuis le 27 avril, une directive de la Police nationale leur interdit même de filmer et enregistrer les interventions des forces de l’ordre lors des manifestations, comme ce fut le cas lors des rassemblements du 1er Mai dernier à Istanbul et Ankara.

“Comme il semble exagéré d’espérer une gestion impartiale de l’attribution de la carte de presse de la part d’une instance présidentielle, nous demandons au gouvernement turc de ré instaurer une institution professionnelle autonome de façon à mettre fin à ces pratiques partisanes qui sanctionnent les journalistes critiques”, déclare le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoglu.

Le journaliste et économiste Mustafa Sönmez, visé par plusieurs procès dont un pour “insulte envers le président”, est ainsi privé de carte de presse depuis novembre 2019. En mai dernier, il a cependant obtenu un jugement favorable de la Cour administrative d’Ankara qui a ordonné à l’administration de renouveler la carte de presse du reporter, estimant qu’elle ne pouvait le soumettre à un nouveau traitement alors qu’il avait répondu à tous les critères pour l’obtention du document de façon permanente.

L’ancienne représentante de RSF en Turquie dans les années 90, aujourd’hui conseillère du site d’information Bianet.org, Nadire Mater, est également privée de carte de presse depuis deux ans. La journaliste, qui a saisi la justice, attend qu’une décision soit rendue sur son cas. Auteur du livre de recueil de témoignages d’appelés ‘Le Livre de Mehmet’ (Mehmedin Kitabi), Nadire Mater a été jugée pour “dénigrement des forces de l’ordre” puis définitivement acquittée en 2000.

L’ancien éditorialiste du quotidien Cumhuriyet (République), Aydin Engin, a lui aussi saisi la Cour administrative pour récupérer sa carte de presse permanente qu’il détenait depuis près de 25 ans. Une affaire dans laquelle le Conseil supérieur pénal de la Cour de cassation doit rendre son verdict final. Dans le cadre d’un procès kafkaesque, le journaliste avait été condamné en avril 2018 à sept ans et six mois de prison pour “soutien à une organisation illégale”, dans le cadre d’une opération policière visant son journal, alors sous la direction de Can Dündar.

Enfin, en avril dernier, ce fut au tour de Kazım Güleçyüz, directeur de l’information du quotidien islamiste Yeni Asya (Asie Nouvelle), sans réponse à sa demande de carte de presse, de saisir la justice. Le 23 janvier 2020, le journaliste avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à un an et huit mois de prison ferme pour “propagande de l’organisation FETÖ” en raison de ses partages sur les réseaux sociaux et ses articles.

Des milliers de cartes annulées

Ces quatre cas illustrent la bataille que se livrent les professionnels de l’information et les autorités sur la question de la carte de presse, sur laquelle les autorités ont durci après la tentative de putsch avorté du 15 juillet 2016. En cinq ans, quelque 2 000 cartes de presse détenues par des journalistes proches des cercles du prédicateur exilé Fethullah Gülen (accusé d’être à l’origine de ce coup) ou de journalistes de divers bord politiques (républicain, laïc, pro-kurde, islamiste critique du pouvoir, etc) ont été annulées par les autorités.

En trois ans passés sous le nouveau système politique présidentiel, la CIB a rejeté la demande de 1 371 journalistes sur 10 486 et continuait de traiter le cas de 220 d’entre eux. Depuis 2019, elle a annulé 1 238 cartes de presse. Le président du syndicat des journalistes en Turquie (TGS), Gökhan Durmus estime que seul un quart des 25 000 représentants de la profession est détenteur de la carte de presse.

Pourtant, le 4 novembre 2020, la section des affaires administratives du Conseil d’État, saisi par l’Association progressiste des journalistes (CGD), avait affirmé que la directive relative à la carte de presse, qui définit les pratiques répréhensibles dans des termes particulièrement vagues comme “porter atteinte à ou agir contre l’honneur de la profession”, “agir contre la sécurité nationale ou mettre en péril l’ordre public” ou “faire de ces comportements une habitude”, était “susceptible de créer un climat d’intimidation pour les journalistes”.

Le 21 mai, une nouvelle directive a ainsi été publiée par la CIB, mais le texte est loin de satisfaire la profession : non seulement “un journaliste qui ne trouve pas de travail après un mois de chômage verra sa carte de presse annulée” mais “une commission spéciale pourra décider d’annuler la carte de presse permanente d’un journaliste”. Pour les organisations professionnelles et syndicales (TGC, TGS, DISK Basin-Is, Conseil de la Presse etc), cette structure gouvernementale “n’a pas le droit de dicter qui est journaliste et qui ne l’est pas”.

La Turquie occupe le 153e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021. »

RSF

C’est la Turquie – et non pas les Kurdes – qui participe aux conférences de la coalition anti-EI

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La journaliste Meghan Bodette dénonce la participation de la Turquie – et non pas des Kurdes syriens qui ont défait DAECH – aux réunions de la coalition contre l’État islamique alors que la Turquie est accusée depuis des années d’avoir soutenu le groupe État Islamique (EI/ DAECH / ISIS).
Le 28 juin, les ministres des affaires étrangères des 83 États membres de la Coalition internationale anti-EI se sont réunis à Rome, en Italie, pour discuter des progrès réalisés dans la lutte contre le groupe terroriste.
 
Parmi les participants figurait le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Pourtant, des événements récents ont une fois de plus remis en question la place de la Turquie dans un tel rassemblement, ou même sa place tout court.
 
Au début de cette année, une procédure pénale a été ouverte contre plus de 100 politiciens et activistes principalement kurdes en Turquie, au motif que ces personnes avaient soutenu des manifestations appelant le gouvernement d’Erdogan à prendre des mesures contre DAECH à Kobané en 2014. À l’époque, les responsables de la Coalition avaient eux-mêmes adressé des demandes similaires à Erdogan. L’intransigeance de la Turquie a finalement contraint les États-Unis à soutenir les YPG comme la meilleure option pour vaincre le groupe djihadiste en Syrie, mettant en place les différences entre les États-Unis et la Turquie qui sont devenues un défi pour les décideurs politiques aujourd’hui.
 
En plus de poursuivre les citoyens turcs qui se sont opposés à DAECH sur le plan politique, la Turquie cible également les ressortissants syriens qui ont combattu ISIS sur le terrain. Des combattants kurdes, assyriens et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont été transférés de Syrie en Turquie et emprisonnés pour des motifs anti-étatiques en vertu du droit turc, en violation des Conventions de Genève. Certains auraient été torturés, et tous ont été soumis à des procès politisés et inéquitables.
 
Un rapport récent de Syrians for Truth and Justice, organisme de surveillance des droits de l’homme, fait état de la présence de 27 anciens membres connus de DAECH dans les rangs de l’armée nationale syrienne soutenue par la Turquie, notamment la police militaire, Ahrar al Sharqiyah et la division Hamza. Ces groupes ont tous été jugés responsables de violations des droits humains à l’encontre des femmes, des Kurdes, des Yézidis et d’autres groupes également visés par DAECH.
 
Des exemples plus anciens de soutien turc à des groupes djihadistes syriens ont également refait surface à l’ordre du jour, grâce aux révélations du chef de la mafia turque en exil, Sedat Peker. Dans une récente déclaration vidéo, Peker a évoqué les transferts d’armes turques à al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida. Il a affirmé que les armes qu’il espérait envoyer aux rebelles turkmènes syriens ont en fait été détournées vers al-Nosra par SADAT, une entreprise de défense turque étroitement liée au président Recep Tayyip Erdogan et à son Parti de la justice et du développement (AKP).
 
Aucune de ces questions ne s’est avérée pertinente pour la réunion de la Coalition, bien que son communiqué final ait souligné la nécessité pour les États membres de « continuer à être vigilants face à la menace du terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, de s’appuyer sur les succès obtenus et de continuer à agir ensemble contre toute menace à ce résultat et d’éviter les vides sécuritaires que DAECH/ISIS pourrait exploiter ».
 
La persécution par la Turquie des forces anti-EI et l’hébergement d’anciens membres d’ISIS dans les rangs de ses alliés syriens montrent qu’elle n’est pas vraiment engagée en faveur d’un tel résultat. Pourtant, elle conserve une position privilégiée dans l’organe mondial de lutte contre DAECH – une position qui est refusée aux forces terrestres qui ont mené la majorité des combats contre le groupe en Syrie.

Bien que le général Mazloum Abdi des FDS ait partagé un message sur son compte Twitter concernant le rapatriement des combattants étrangers et de leurs familles, ni lui ni aucun représentant des FDS ou de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) n’a été invité au rassemblement.
 
Cela est probablement justifié par leur manque de statut reconnu en tant qu’État, région fédérale ou autre entité officielle. Les responsables de la coalition rencontrent également leurs homologues du nord et de l’est de la Syrie sur le terrain dans la région, et les États-Unis ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de poursuivre la coopération avec les FDS dans un avenir prévisible.
 
Pourtant, exclure des discussions internationales de haut niveau les forces politiques et militaires qui ont eu le plus d’impact sur la guerre contre DAECH et ses conséquences, alors que les États qui ont activement entravé cette lutte sont présents, témoigne d’un certain agenda politique – qui occulte les causes profondes de l’EI et nuit aux efforts visant à le vaincre réellement.
 

SYRIE. Des mercenaires liés au régime syrien kidnappent des commerçants kurdes à Hasakah

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SYRIE / ROJAVA – Plusieurs Kurdes, notamment les propriétaires des magasins situés au centre-ville d’Hasekê, ont été kidnappés par les mercenaires lié au régime syrien.
 
Des sources à l’intérieur du marché central de la ville d’Hasaka ont rapporté que des mercenaires des soi-disant Forces de défense nationale ont enlevé un certain nombre de Kurdes dans le centre-ville et que des magasins appartenant à des Kurdes ont été pillés. Suite aux tensions crées par les kidnappings et le pillage, tous les magasins ont été fermés dans le centre-ville.
 

Conférence performance : La voix des femmes dengbêjs, avec Hêja Netirk

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BERLIN – Ce vendredi 2 juin, musicienne, écrivaine et actrice kurde, Hêja Nêtirk réalise une performance artistique lors d’une visioconférence autour des femmes dengbêj (bardes) qui perpétuent une tradition ancestrale réservée surtout aux hommes.
 
La performance de Hêja Nêtirk fait partie de l’exposition d’œuvres d’artistes kurdes qui se tient à Berlin du 26 juin à 15 août 2021 sous le titre de « Bê welat – the unexpected storytellers » (Apatride(s): les conteurs inattendus). De nombreux écrivains, universitaires, musiciens, cinéastes et conteurs… kurdes y participent.
 
Lors de cette visioconférence, Hêja Netirk analysera quelques chansons interprétées par des femmes « dengbêjs » – des bardes musicaux qui préservent oralement le passé et le présent kurdes. Elle se concentrera également sur le contenu, à savoir l’histoire et l’utilisation de la langue et l’effet de la culture et de l’interprète sur le texte pour retracer les modes de production des femmes dans ces chansons.
 
Hêja Netirk est une chanteuse et actrice basée à Hambourg. Elle est née à Mêrdîn, en 1988, dans le nord du Kurdistan. Alors qu’elle étudiait l’anglais et la littérature à l’université de Boğaziçi, elle a rejoint le club de musique folklorique et a commencé à recevoir une éducation musicale. Elle a également fait des recherches sur la musique traditionnelle kurde et a participé à des projets de compilation musicale. En même temps, elle s’est concentrée sur la littérature et a travaillé au club de littérature où elle a publié un magazine kurde pendant de nombreuses années.
 
RDV le 2 juin, à 18 heures, sur l’application ZOOM via le lien ci-dessous:
 

IRAN. L’emprisonnement d’un activiste kurde yarsan à Kermanshah

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IRAN / ROJHILAT – Kheyrollah Haghjouyan, un militant kurde yarsan, a été emprisonné par le régime iranien aujourd’hui à Sahneh, dans la province de Kermanshah, pour  « avoir insulté les valeurs sacrées iraniennes et les responsables de la République islamique d’Iran ».
 
Le tribunal de district de Sahneh, ordonné l’emprisonnement de Kheyrollah Haghjouyan, membre du Conseil consultatif des militants des droits civiques des Yarsans (minorité religieuse kurde), dans la prison de Dizel Abad, à Kermanshah. Lors de l’audience d’aujourd’hui, Haghjouyan a été interrogé et inculpé pour ses activités politiques et civiles, a déclaré une source au Kurdistan Human Rights Network (KHRN). L’enquêteur a émis une caution de 500 millions de tomans iraniens – près de 20 000 dollars américains– pour la libération provisoire du militant. Cependant, il a refusé cette importante caution et nié les charges retenues contre lui, a ajouté la source. Le Conseil consultatif des militants des droits civiques des Yarsans a confirmé la nouvelle, ajoutant qu’Haghjouyan avait entamé une grève de la faim contre sa détention. Ces dernières années, cet éminent militant des droits des Yarsans a prononcé des discours lors de diverses cérémonies indépendamment ou au nom du Conseil consultatif des militants des droits civiques de Yarsan, critiquant la situation politique et économique du pays et en particulier les discriminations contre la communauté Yarsani. Haghjouyan a prononcé son dernier discours le 5 juin sur la tombe de Nimmard Taheri dans la ville de Sahneh. Nikmard Taheri était un civil kurde de Sahneh, Kermanshah, qui est décédé en juin 2013 après s’être immolé. Sa mort était l’un des trois immolations des adeptes de la religion yari (yarsan) qui ont eu lieu en juin et en août à Hamadan et à Téhéran en 2013. Un jour avant Taheri, Hassan Razavi, du village de Pol-e Shekasteh dans la province de Hamadan, s’est immolé devant le bâtiment du gouvernorat. Près de deux mois plus tard, Mohammad Ghanbari, du village de Qarah Dash dans la province de Qazvin, est décédé en s’immolant devant le bâtiment de l’Assemblée consultative islamique à Téhéran. Cette chaîne de protestations d’immolation était une réaction mortelle contre la discrimination légale visant le peuple yarsan et l’outrage à ses coutumes. Le rasage forcé de la moustache d’un des adeptes de la religion Yari dans la prison de Hamadan a été l’étincelle qui a déclenché les protestations. Le rasage de la moustache est un acte considéré comme une insulte aux croyants de cette religion. La communauté yarsan est l’une des minorités religieuses en Iran qui n’est pas reconnue comme une religion à part dans la constitution. Ses adeptes sont privés de presque tous les droits politiques et sociaux. Les Yarsans vivent principalement dans les provinces de Kermanshah, Lorestan, Hamadan, Kurdistan, Azerbaïdjan, Qazvin, Alborz, Téhéran, Gilan et Mazandaran. La province de Kermanshah est connue comme le centre principal de cette religion. Bien qu’il n’y ait pas de statistiques officielles sur le nombre d’adeptes de cette religion, la population des Yarsans en Iran, certaines sources parlent d’un à trois millions de Yarsans.
 

El Pais: La nouvelle route de la cocaïne passe par la Turquie

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Le plus grand journal espagnol, El Pais publie un article sur la Turquie déclarant que celle-ci devient une porte d’entrée de la drogue dans l’Union européenne (EU). Une information qui tombe mal pour l’État turc accusé d’être lié à la crime organisé par notamment le mafieux Sedat Peker, depuis des semaines…
 
« Les mafias turques ont pris du poids dans la distribution de cette drogue en Europe et au Moyen-Orient après avoir conclu des alliances avec des organisations comme celle du galicien Sito Miñanco ou le cartel mexicain de Sinaloa », écrit El Pais.
 
Selon El Pais, sur cette capture d’écran tirée de l’une des vidéos, des criminels turcs envoient leurs salutations au cartel de Sinaloa et à son chef, « el Mayo » Zambada, en faisant le signe des Les Loups Gris, symbole identitaire de l’extrême droite turque.
 
« Le 16 juin, à la suite d’un signalement, les agents des douanes du port de Mersin (dans le sud de la Turquie) ont ordonné une fouille des conteneurs d’un navire marchand en provenance de l’Équateur. Le scanner a montré des images suspectes et les chiens policiers l’ont confirmé : parmi la cargaison de bananes se trouvaient 1 300 kilos de cocaïne, la plus grosse découverte de l’histoire de la Turquie. Sept jours plus tard, dans le même port et toujours dans un conteneur de bananes équatoriennes, 463 kilos supplémentaires ont été trouvés. Cela peut sembler étonnant dans un pays qui n’est pas traditionnellement lié à la drogue [pour l’Occident peut-être mais les Kurdes disent depuis des décennies que l’État turc finance ses guerres avec l’argent du tourisme et de la drogue], mais ce n’est pas le cas. Le nom de la Turquie commence à résonner fortement sur les routes du trafic de cocaïne, puisque c’est la destination des 4,9 tonnes saisies l’année dernière dans le port colombien de Buenaventura ; des plus de 1 000 kilos trouvés dans le port panaméen de Cristobal l’année précédente ; des 500 kilos supplémentaires dans un navire inspecté à l’entrée du canal de Panama en mai dernier ? Sont également turcs les membres d’équipage de plusieurs bateaux chargés de cocaïne qui ont été saisis par la police espagnole dans les eaux de l’Atlantique ces dernières années, » ajoute El Pais. (A lire l’intégralité de l’article en espagnol ici)
 
L’Europe n’avait pas besoin d’un casse-tête lié à la drogue arrivant par la Turquie alors qu’elle avait déjà du mal à gérer le dossier des réfugiés syriens que la Turquie est censée garder loin de l’Europe en échange de milliards d’euros…

ROJAVA. L’Université du Rojava cherche conférenciers, professeurs et doctorants pour l’année 2021/2022

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SYRIE / ROJAVA – Au milieux de menaces militaires, économiques et politiques, les Kurdes du Rojava continuent à dispenser une éducation gratuite et accessible à tous de l’école élémentaire jusqu’à l’université. Pour cela, ils ont besoin de personnes qualifiées et du matériel éducatif.
 
Annonce de l’Université du Rojava
 
L’Université du Rojava cherche pour l’année scolaire 2021/22 des conférenciers, professeurs ou doctorants dans les spécialités suivantes :
 
Physique, chimie, sciences naturelles, mathématiques, littérature arabe, littérature anglaise, beaux-arts, géographie, ingénierie pétrolière et pétrochimie, éducation (professeur de classe), architecture, ingénierie agricole, commerce et économie (comptabilité-gestion).
 
Pour plus d’information, écrire à l’Université du Rojava à info@rojavauni.com

Zherzemin : La féminité et sa place dans la culture et la société kurdes

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KURDISTAN DU SUD – SULAIMANI – Dans l’obscurité d’un sous-sol qui était autrefois une prison notoire de torture utilisée par le régime irakien de Saddam, aujourd’hui, les histoires de femmes et de féminité dans la société kurde sont racontées par les jeunes femmes de Silêmanî.

Une femme verse du chocolat sur elle-même, l’image d’une autre femme en isolement se brise. Sur la photo suivante, une femme change de forme tous les jours. Ci-contre, des photos de femmes aux visages défigurés, une femme vêtue d’une robe blanche arrangeant ses cheveux. Le bruit des talons hauts se fait constamment entendre sur les échos des murmures des jeunes et des adultes dans le public dans un sous-sol chaud et faiblement éclairé de cellules de prison et de cellules d’isolement.

Zherzemin, qui veut dire « sous-sol » en français, est un projet d’art féministe composé de douze œuvres en photographie, vidéo et installations sonores. Il y a des performances vidéo en plus du collage et de la photographie de neuf artistes kurdes.
 
« Zherzemin est fondamentalement un projet de sous-sol, qui est au sous-sol, dans l’obscurité, parce que nous essayons de mettre en place un mouvement, ou une nouvelle perspective. Toutes les idéologies, toutes les choses qui se sont passées, d’abord c’était dans l’obscurité, ou c’était dans un petit endroit et à un endroit qui est [re]jeté », a déclaré Niga Salam, conservatrice du projet.
 
Le projet, qui est expérimental et une série d’autres activités ultérieures telles que des débats, des écrits et des discussions de critiques et du public, vise à présenter les pensées et les problèmes de la nouvelle génération de femmes, des problèmes qui datent parfois de plusieurs décennies et qui continuent d’exister. De plus, il travaille à connecter la nouvelle génération «totalement différente» et l’ancienne génération d’artistes qui ont vécu une vie de guerre, explique Salam.
 
Salam a elle-même participé à deux œuvres d’art, intitulées « -ing » et « Moi ».
 
L’œuvre d’art intitulée « Moi », une installation artistique d’un cube de cheveux, était une déclaration de Salam sur l’association des cheveux avec les femmes.
 
« Si les femmes veulent dire cheveux, voici tous mes cheveux et me voici, ne suis-je plus une femme ? Ou comment ce cube définit-il mon identité, ma sexualité, ma place culturelle dans la communauté, ma place politique dans la communauté, ou comment je ne suis pas acceptée ou même acceptée ? » dit Salam.
 
« Historiquement, cet endroit était autrefois plein de corps, les gens ne pouvaient pas descendre à cause de la mauvaise odeur des corps ici », a déclaré Salam, ajoutant que maintenant, des groupes de femmes y réalisent un projet artistique.
 
Kizhan Khasraw, l’une des artistes, dit que pour elle, travailler sur un concept vient de problèmes auxquels on a été confronté.
 
« Certaines personnes, lorsqu’elles travaillent, ont vu de la douleur, cela vous fait travailler sur le concept« , a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle n’avait peut-être pas rencontré les problèmes de la même manière qu’ils sont affichés dans son travail, mais qu’elle les a « déplacés [son problèmes] d’autres manières » et les a exprimés différemment.
 
Amna Suraka, ou la sécurité rouge, était autrefois une prison de l’ère Saddam utilisée pour la torture, la détention de prisonniers et les interrogatoires. Il a maintenant été transformé en un musée et un lieu de présentation de la culture. Des gravures et des écritures sur les murs, des impacts de balles, des cellules de torture et d’autres objets restent conservés comme preuves des atrocités de l’ère baasiste contre les Kurdes.
 
L’exposition sera visible jusqu’à mercredi. 
 
Par Khazan Jangiz, pour Rudaw

TURQUIE. Supplice d’un prisonnier kurde de 83 ans et gravement malade

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TURQUIE / BAKUR – Mehmet Emin Özkan, 83 ans, prisonnier kurde gravement malade est en prison depuis 25 ans. Il a des problèmes cardiaques, de l’hypertension, de résorption osseuse, insuffisance rénale, perte de vue et de l’audition et de l’Alzheimer. Malgré cela, les autorités turques persistent à le garder en prison et les rares fois où il est emmené à l’hôpital, il est menotté en chemin mais aussi au lit de l’hôpital, comme si toutes ses souffrances n’étaient pas une forme de torture en soi…
 
Condamné à la réclusion à perpétuité, Mehmet Emin Özkan a été transféré de la prison de Diyarbakır à l’Institut de médecine légale (ATK) d’Istanbul pour un rapport médical. Le transfert suit celui d’Elazığ. Aslıhan Bulut, de l’Association des juristes libres (Özgürlükçü Hukukçular Derneği – ÖHD), a déclaré qu’Özkan avait été emmené à Istanbul par avion samedi matin. Déclarant qu’Ozkan sera transféré à l’ATK à Istanbul aujourd’hui, Bulut a ajouté qu’ils savaient pas dans quelle prison d’Istanbul se trouve Özkan. Özkan, arrêté en 1996 pour « appartenance à une organisation terroriste » à Mersin, a été tenu responsable de la mort du général de brigade Bahtiyar Aydın le 22 octobre 1993 à Lice, province d’Amed, et condamné à la réclusion à perpétuité. Özkan, qui est en prison depuis 25 ans, a subi 5 crises cardiaques en prison et a de nombreux problèmes de santé chroniques. 
 
Le régime turc libère les violeurs, les mafieux et les assassins mais garde en prison les opposants, les Kurdes, les féministes et les défenseurs des droits humains.

TURQUIE. Des soldats turcs ouvrent le feu sur des réfugiés afghans et pakistanais: 2 morts et 12 blessés

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TURQUIE / BAKUR – La nuit dernière, les soldats turcs ont ouvert le feu sur des réfugiés afghans et pakistanais dans la province kurde de Siirt. 2 réfugiés ont été tués et 12 autres blessés.
 
Des soldats turcs ont tiré sur des réfugiés dans la province de Siirt la nuit dernière. Deux personnes ont été tuées et douze autres ont été blessées. Selon les autorités turques, un camion transportant 84 réfugiés originaires d’Afghanistan et du Pakistan a été pris pour cible après avoir prétendument désobéi à un avertissement de s’arrêter. L’incident s’est produit à 1h30 du matin près de la ville de Beğendik dans le district de Pervari.Alors que les blessés ont été transportés à l’hôpital de Siirt, le chauffeur a été arrêté et les réfugiés indemnes auraient pris la fuite. Le bureau du gouverneur de Siirt a affirmé que des coups de feu avaient été tirés depuis le camion au poste de contrôle avant que les forces de sécurité n’ouvrent le feu.