TURQUIE. Attaque raciste contre des ouvriers agricoles kurdes à Düzce

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TURQUIE – Une autre attaque raciste contre 8 ouvriers agricoles kurdes a eu lieu à Duzce. Une foule rassemblée devant leur appartement a cassé leur fenêtre à coup de pierres et les a menacés disant qu’ils ne toléreraient pas les Kurdes dans la région. Les 8 Kurdes quittent la région.
 
Huit ouvriers agricoles kurdes ont été attaqués hier par des racistes turcs dans le district d’Akçakoca, à Düzce, dans le nord-ouest de la Turquie. Les Kurdes de Mardin y étaient employés à la récolte des noisettes.
 
Muhammed Günel, l’un des travailleurs attaqués, a déclaré que le groupe de huit Kurdes de Mardin était à Düzce depuis un mois. Lundi soir, une fenêtre de l’appartement où loge le groupe a été brisée à coups de pierre. Deux personnes se tenaient devant l’appartement, déclarant qu’elles ne toléreraient pas les Kurdes à Düzce. Selon Günel, ces personnes ont menacé de revenir avec des pierres et des fusils si le groupe ne quittait pas l’appartement dans les dix minutes.
 
Muhammed Günel a déclaré: « Il y avait des femmes dans l’appartement. Quand la fenêtre a été cassée, tout le monde a eu peur. Nous sommes sortis et avons parlé. Après cela, a-t-il dit, vingt à trente autres personnes sont sorties de l’appartement. Il a ensuite appelé la police à deux reprises et a décrit la situation. Un policier a répondu qu’il ne pouvait rien faire tant qu’il ne se passait rien.
 
Au bout d’un moment, la police est arrivée quand même. Au lieu de s’occuper des agresseurs, les policiers ont fouillé les travailleurs kurdes. Les policiers ne les ont pas touchés et m’ont emmené au poste de police avec mes collègues Hasan Çiçek et Mehmet Furkan Çiçek. Dans le procès verbal, nous étions présentés comme les coupables. Nous avons refusé de le signer. Après cela, nous avons été emmenés à l’hôpital; j’avais des bris de verre dans la main. Nous voulions obtenir un rapport médical, mais cela a été empêché par les policiers. Ils ont même fait effacer le procès verbal notant notre passage à l’hôpital. Nous avons également subi un test d’alcoolémie. Sur les trente agresseurs, seules deux personnes ont été amenées avec nous mais ils n’ont pas eu à faire de test. Après cela, on nous a ramenés au poste et on nous a dit de ne pas porter plainte pour l’attaque. »
 
Günel a déclaré que des voisins avaient filmé ce qui s’était passé devant l’appartement après le jet de pierre mais n’avaient pas diffusé la vidéo à cause de la peur des assaillants. Les huit Kurdes préparent leurs affaires pour retourner à Mardin, au Kurdistan du Nord.
 

PARIS. Présentation du livre « Nous vous écrivons depuis la révolution »

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PARIS – Les autrices du livre « Nous vous écrivons depuis la révolution » organisent deux rencontres avec le public à Paris les 23 et 24 septembre.
 
Le livre de témoignages de plusieurs femmes internationalistes, journalistes, militantes… qui ont eu la chance de découvrir ou faire partie de la révolution féministe du Rojava initiée par les Kurdes syriens et leurs alliés arabes a été publié par les éditions Syllepse en mars 2021.
 
Deux rendez-vous à ne pas manquer:

La première rencontre avec les autrices de « Nous vous écrivons depuis la révolution, récits de femmes internationalistes au Rojava » aura lieu ce jeudi 23 septembre, à 19h, au siège du Conseil démocratique Kurde en France (CDK-F), 16 rue d’Enghien, 75010 Paris.

La deuxième rencontre aura lieu le vendredi 24 septembre, à 18h30 à la librairie La Brèche, 27 Rue Taine, 75012 Paris.
Cette rencontre se fait en deux parties: à 18h30 il y aura une discussion sur l’actualité du Rojava et à 20h la présentation du livre, de la révolution des femmes et de leur rôle dans la construction d’une alternative.
 
« Ce livre est parti d’un désir et d’une nécessité: partager les expériences, les rencontres et les émotions qui nous ont traversées au cœur de la révolution du Rojava. Un désir, parce qu’autant de beauté, d’énergie et d’espoir doivent être diffusés le plus largement possible et doivent pouvoir imprégner chacune de nos vies, chaque lutte à travers le monde. Une nécessité parce qu’il est de notre responsabilité de ne pas faire de ce temps au Rojava une expérience personnelle, mais de faire connaître le projet et la réalité révolutionnaire de celles qui nous ont tant appris. »

L’ouvrage été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient.

Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base…

Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d’approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques. Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas. »

Anwar Muslim: Pour réussir notre projet démocratique, nous devons être unis

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SYRIE / ROJAVA – Le coprésident du parti kurde PYD, Anwar Muslim a déclaré que pour réussir leur projet démocratique, chaque membre de la société doit en porter la responsabilité, afin de surmonter ensemble les pressions exercées par l’État turc et ses gangs islamistes contre la Syrie du Nord et de l’Est, dans son discours prononcé lors de la célébration du 18e anniversaire de la fondation du PYD.
 
Le Parti de l’Union démocratique (PYD) a célébré le 18e anniversaire de la fondation du parti, dans le village de Hilinc, au sud de Kobanê. La célébration a été limitée au discours du coprésident du parti Anwar Muslim, en raison des restrictions dues à la pandémie du coronavirus.
 
La célébration qui a réuni des responsables du Parti de l’Union Démocratique a débuté par une minute de silence. Ensuite, le coprésident du Parti de l’Union Démocratique Anwar Muslim a prononcé un discours dans lequel il a rappelé l’histoire du fête.
 
https://www.hawarnews.com/ar/uploads/files/2021/09/20/160110_anwr-mslm.jpgAnwar Muslim a déclaré : « Notre parti a pu se frayer un chemin difficile ces dernières années dans les circonstances difficiles dans lesquelles nous avons été confrontés à des régimes fascistes, tels que le régime syrien et l’État d’occupation turc, qui ont essayé de nous exiler par le biais des accords qui ont été secrètement conclu entre eux. Laissez-nous réussir dans ce projet et être en mesure de contrecarrer ces plans. Chaque personne dans notre communauté doit assumer la responsabilité de la prochaine étape afin que nous puissions ensemble faire de notre projet un succès dans la région.
 
Notre parti était porteur d’un projet national populaire. C’est pourquoi il a réussi et a pu jouer son rôle dans la révolution du 19 juillet et amener les peuples de la région à administrer eux-mêmes leurs territoires, et pour cette raison La Turquie essaie de contrecarrer notre projet dans la région en général et dans l’arène kurde en particulier, et cela n’a pris que l’occupation de beaucoup de nos régions. »
 
En conclusion de son discours, Anwar Muslim a souligné que « même les montagnes du Kurdistan n’ont pas échappé à l’état d’occupation, et malheureusement le Parti démocratique du Kurdistan l’aide en cela, et nous espérons que ce parti s’éloignera des Turcs et reviendra à la ligne nationale du Kurdistan. »
 

Les Loups Gris turcs bientôt sur la liste des groupes terroristes des USA et d’Europe?

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Après l’interdiction des Loups gris turcs en France, il y a eu des appels aux États-Unis et en Europe pour les interdire et les classer comme organisation terroriste.

La semaine dernière, la représentante américaine Dina Titus a proposé de modifier la loi sur l’autorisation de la défense nationale pour l’exercice 2022 afin d’interdire le groupe nationaliste extrémiste turc connu sous le nom de Loups gris, selon l’agence de presse Asia International.
 
Titus a également demandé au secrétaire d’État américain Anthony Blinken de faire rapport au Congrès dans les 180 jours sur les activités des Loups gris – que certains ont décrits comme un escadron de la mort paramilitaire – y compris un examen des critères de désignation de ce groupe comme organisation terroriste étrangère.
 
Le groupe turc d’extrême droite a déjà été interdit par la France après que ses membres ont profané le Mémorial du génocide arménien près de Lyon et attaqué des manifestants arméniens à Vienne et Décines alors que l’Azerbaïdjan avait lancé l’offensive militaire contre le Haut Karabakh.
 
En octobre dernier, le ministre français de l’Intérieur Gérard Darmanin a annoncé l’interdiction des loups gris en France, estimant qu’ils « incitent à la discrimination et à la haine et sont impliqués dans la violence ».
 
En novembre, le Bundestag allemand a adopté une motion exhortant le gouvernement à interdire les branches du groupe, à interdire son incitation sur Internet et à surveiller ses activités.
 
Ce groupe est devenu un escadron de la mort, engagé dans des fusillades, meurtres de rue et des violences dirigées contre les groupes de gauche ou d’autres peuples: Kurdes, Grecs et Arméniens. De plus, de nombreux loups gris se sont portés volontaires pour combattre les Arméniens pendant la première guerre du Karabakh (1988- 1994) et ont été responsables de certaines des pires atrocités perpétrés contre des civils et des prisonniers arméniens.
 
Les loups gris de décembre 1978 étaient responsables du massacre des Kurdes alévis de Maras et du massacre de la place Taksim le 1er mai 1977.
 
Au lendemain du coup d’État de 1980 en Turquie, les Loups gris ont concentré leurs attaques sur les Kurdes en Turquie et ont fortement soutenu l’occupation par Ankara d’une partie de Chypre.
 
Recep Tayyip Erdogan profite des activités des Loups gris pour intimider les Kurdes, les Arméniens et les membres des partis d’opposition en Turquie, et pour mobiliser les Turcs vivant en Allemagne à voter pour l’AKP.
 
Depuis sa coopération avec le Parti du mouvement nationaliste d’extrême droite de Devlet Bahceli, Erdogan a utilisé les loups gris comme son bras long en Europe et dans les pays où il y a une forte population d’origine turque pour soutenir sa politique.
 
Au Parlement européen, un rapport sur les progrès de la Turquie du socialiste espagnol Nacho Sanchez Amor a suggéré de placer les loups gris sur la liste des terroristes de l’UE. Le Parlement a appelé le Conseil européen, l’organe décisionnel de l’UE et les États membres « à étudier la possibilité d’ajouter des loups gris à la liste des terroristes de l’UE ».
 
Le rapport, adopté par 480 voix contre 64 en séance plénière le 19 mai, affirme que les loups gris « menacent particulièrement les personnes d’origine kurde, arménienne ou grecque et toute personne qu’ils considèrent comme étant dans l’opposition ».
 
Bien sûr, il n’est pas du tout certain que le Conseil de l’Union européenne, procède à l’interdiction de ce groupe, car il ne voudra peut-être pas irriter Erdogan, qui fait chanter l’Europe en ouvrant les portes aux réfugiés syriens qui sont en Turquie.
 

Bego, écrire pour briser le tabou autour du génocide kurde de Dersim

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Entre 1837 et 1938, l’Etat turc a massacré plusieurs dizaines de Kurdes alévis dans la région de Dersim. Il a également déporté des milliers d’autres et fait adopter des fillettes kurdes par des familles d’officiers turcs pour les assimiler de force. Plus de 80 ans après les faits, la Turquie refuse toujours de reconnaitre ce génocide, comme elle l’a fait pour celui des Arméniens, Grecs, Assyriens… tous les peuples qui avaient la malchance de n’être ni turc, ni musulman sunnite… Pourtant, les descendants des rescapés de ces génocides tentent d’obtenir justice et réparation depuis des décennies. Le père de Rose Polat Agum, Bego Polat n’avait que 10 ans quand les soldats turcs ont attaqué la région de Dersim et exterminé sa famille comme des milliers d’autres. Il a miraculeusement échappé à la mort certaine et, après une vie d’errance, a pu fondé une famille sur les terres arrosées du sang de son peuple. Des décennies plus tard, sa fille a voulu écrire l’histoire de son père, sa vie d’après le massacre pour laisser un témoignage aux générations futures et surtout pour qu’on n’oublie pas le génocide de Dersim* qui est un crime contre l’humanité, en attendant sa reconnaissance en tant que telle par la communauté internationale. Le livre « Bego, Dersim 1938… et ensuite » a été publié d’abord en turc sous le titre « Bego-Dersim 1938 ve Sonrasi ». Vous pouvez commander sa version française auprès de l’autrice au 38 Grande rue, 77630 Barbizon, ou sur internet.
Rose Polat Agum
Le génocide de Dersim
Les politiques hostiles de l’État turc visant la province kurde de Dersim, depuis l’époque ottomane, ont atteint leur apogée en 1937 quand les Kémalistes ont massacré plus de 70 000 Kurdes alévis et en ont chassé 100 000 autres, réalisant le rêve que les Ottomans et les Unionistes n’avaient pas pu réalisé jusqu’alors.
 
Historien et chercheur kurde, Sedat Ulugana explique le contexte dans lequel le génocide de Dersim a eu lieu, en mettant en évidence la continuité d’une politique anti-Dersim de l’Etat turc héritée de l’empire ottoman. Un long reportage réalisé par Barış Balseçer: 
 
83 ans se sont écoulés depuis le génocide de Dersim. Selon les chiffres officiels, entre 1937 et 1938, 14 245 [Kurdes alévis] ont été tués lors du massacre, du nom du décret « Opération Tunceli Tenkil », publié avec la décision du Conseil des ministres du 4 mai 1937. Cependant, selon des chercheurs historiques et de nombreuses sources, environ 70 000 personnes ont été tuées lors du génocide, parmi lesquelles des enfants, des personnes âgées et des femmes. Nous avons parlé avec le chercheur-écrivain Sedat Ulugana du génocide de Dersim.
 
Quel genre de transformation politique les Ottomans ont-ils connu avant le génocide de Dersim? Quand on regarde ce massacre commis par les Kémalistes, est-il possible de dire qu’une inimitié historique a été perpétuée ?
 
Contrairement à d’autres endroits du Kurdistan, Dersim est une zone que les Ottomans ne pouvaient pas contrôler complètement jusqu’aux Tanzimat (« réorganisation » en turc ottoman – ère de réformes qui ont eu lieu entre 1839 et 1876). Dersim a un statut relativement indépendant par rapport aux autres émirats kurdes. Bien qu’il semble parfois être lié à l’émirat de Çemişgezek, Dersim était une région tribale et les Ottomans ne purent y entrer vraiment qu’au milieu des années 1800. Le processus des Tanzimat que l’histoire officielle turque nous offre comme «occidentalisation et modernisation» est en fait l’imposition d’une autorité centrale au Kurdistan. Avec ce processus, le transfert à Istanbul du capital accumulé chez les Mîrs (émirs) kurdes a été planifié et mis en pratique.
 
Dans le processus des Tanzimat, les Ottomans tentent d’établir une autorité à Dersim, mais quand on regarde le Kurdistan, c’est le seul endroit où les Ottomans ont échoué. De l’ère Abdülhamit aux Tanzimat, les tribus sont sévèrement punies. Immédiatement après ce processus, le projet des régiments «Hamidiye» a été lancé en 1892. En fait, de nombreuses tribus alévies kurdes de Dersim souhaitent également participer à ce projet. Parce qu’ils voient ce projet comme un «statut» et une «capitulation» pour eux-mêmes. Un autre nom de ce processus est «la paix de l’État et des tribus». Le processus des régiments Hamidiye est la paix de l’État avec les tribus. Donc les Tanzimat sont aussi un projet pour les Kurdes. Cependant, malgré toutes les demandes, aucune tribu kurde-kizilbash de Dersim n’a été inclue aux régiments Hamidiye [Les Hamidiés étaient des régiments de cavalerie légère de l’armée ottomane créé en 1891 et recrutés principalement parmi les tribus kurdes. Leur nom « Hamidiye » vient de celui du sultan Abdülhamid II]. On inclus dans le projet des régiments Hamidiye uniquement des tribus kurdes sunnites.
 
Les relations entre les tribus Cibran et Xormeks, limitées à Dersim, jouent un rôle très important pour Dersim. Dersim devint alors le refuge des tribus Kizilbash. En plein pillages des régiments Hamidiye, les tribus des Xormek et des Lolan de Varto pouvaient riposter contre les pillages effectués par la tribu Cibran.
 
Pendant l’İttihat Terakki (Comité Union et Progrès – CUP, en turc İttihat ve Terakki Cemiyeti) il y eu une certaine calme à Dersim. Surtout avec la dissolution des régiments d’Hamidiye et la sécularisation de la politique d’islamisation Abdulhamid accès sur le sunnisme, Dersim peut enfin respirer. Mais la période de détente a lieu pendant les premières années de l’İttihat Terakki. Par la suite, l’İttihat Terakki met en place la politique de « turquification ». A partir de 1913, l’Etat renoue avec les méthodes de l’époque d’Abdulhamid pasha. Avec la mise en oeuvre des politiques de turquification, l’Etat mettra sur sa liste Dersim qui faisait partie de quelques régions jamais soumises. C’est à dire que l’Etat a décidé qu’a Dersim, la pensée étatique devait prévaloir. Cette liste a été léguée aux Kémalistes après l’İttihat Terakki.
 
Dersim est l’un des endroits que le kémaliste Abdülhalik Renda, l’un des noms importants de l’époque, député de Çankırı, a cités dans ses rapports en 1926, « Il y a trois lieux de problèmes au Kurdistan ». Dersim fait partie de ces lieux cités par Renda. L’hostilité anti-Dersim du pouvoir ottoman citée dans ces rapports, se lège au régime des Tanzimat; Du régime Tanzimat à l’Ittihat Terakki; Il est passé du Comité d’union et de progrès et enfin aux Kémalistes. En 1937, les Kémalistes ont réalisé le rêve que les Ottomans et les Unionistes n’avaient pas pu réalisé jusqu’alors.
 
Dersim est situé au centre du Kurdistan, c’est le cœur du Kurdistan. C’est une région très difficile [du fait sa position géographiques montagneuse difficile d’accès] . En raison de l’incapacité de l’État d’y régner, Dersim devient un port où toutes les tribus des environs peuvent se réfugier, une base pour les Kurdes. Tout comme le Rojava est une base à la fin des années 1920, Dersim est un port interne pour les mouvements kurdes. L’État sait que les codes kurdes de Kizilbash étaient très forts à cette époque. Déjà, en regardant les lettres de Seyid Rıza, la forte revendication kurde est perceptible. Dans de nombreux rapports préparés au cours de cette période, Dersim a été déclaré comme le «centre du kurdisme». Conformément à ces informations, le régime kémaliste a décidé de disposer de cette base et a mis en œuvre le projet d’anéantissement complet des Kurdes.
 

Alors, peut-on dire que les tribus ont pris part à la résistance contre le massacre?

Certaines tribus ne participent pas à la résistance. Mais ce n’est pas seulement un cas spécifique à Dersim. Dans toutes les sociétés où le féodalisme est fort, il est extrêmement facile de profiter des conflits internes et d’activer la dynamique interne de ces sociétés. En fait, en s’en prenant à Dersim, on cible Seyid Rıza. Parce qu’il y a la lettre qu’il a envoyée à Sèvre en 1920. La raison pour laquelle Dersim est une cible est l’insistance de Dersim en kurdicité.

 
Quand nous regardons l’histoire officielle de l’État turc, on s’aperçoit qu’ils donne comme prétexte la rebelion comme étant la cause profonde des massacres qu’ils ont commis et en même temps, dans leurs discours, ils qualifiaient de «réactionnaires-féodaux», etc. afin de donner une justification légale au massacre. en ajoutant des discours. Pourquoi est-ce ainsi ?
 
Depuis la rebelion de Bitlis en 1914, jusqu’en 1938, l’État s’efforce de dépouiller toutes les révoltes et résistances kurdes d’une personnalité politique pour le revêtir d’un «déguisement judiciaire». Telle est la politique de l’État et cette politique a commencé avec le processus de rébellion de Bitlis en 1914. Ils ont codé le processus Bitlis comme « un soulèvement réactionnaire contre le régime constitutionnel ». Ils ont également fait témoigner les leaders des tribus et les notables arméniens dans ce sens. Le consul russe de Bitlis de l’époque le reconnaît. Lors de la rébellion de Şêx Said en 1925, une opération a été menée auprès de la presse, et en particulier, on a fait pression sur la presse pour qu’elle présente la rébellion comme étant «réactionnaire, une révolte pour la charia».
 
Pour la rébellion d’Ağrı, qui est intervenue entre ces deux rebellions, on ne peut trouver un tel alibi. Alors, on la qualifie d’ « agissement de gang » et d’ « incitation des États étrangers », et on accuse l’Iran et les Britanniques. Le terme de « pouvoirs extérieurs » d’aujourd’hui remonte en fait à cette époque. Pour Dersim, on a utilisé la qualification de «liquidation du féodalisme». Quand nous regardons le codage de toutes ces révoltes par le régime républicain, ils ont trouvé un alibi pour chaque rébellion afin de les vider de la kurdicité.
 
Les révoltes kurdes sont-elles connectées les unes aux autres?
 
Toutes ces révoltes et résistances kurdes entre 1914-1938 sont interconnectées. Il s’agit en fait d’un mouvement monolithique. Mais ce sont des projets que l’État a brisés; les empêchant de fusionner entre-eux. Lors de la Rébellion de Bitlis en 1914, si les instructions de Bedirxan avaient étaient attendues, c’est-à-dire si la rébellion avait éclate pendant la guerre, la Première Guerre mondiale aurait pu changer le sort de la rébellion. Cela aurait pu entraîner un résultat positif pour les Kurdes. Mais à cette époque, l’État a pris toutes les précautions pour qu’elle reste locale. L’État a arrêté les membres du clan Bedirxan, en a exécuté quelques-uns, en a exilé plusieurs et en a acheté certains.
 
On voit les mêmes motivations dans la rébellion de Şêx Said en 1925. C’est un calcul remarqué plus tard. Pour le pouvoir ottoman, c’est la revanche sur la rebelion de Bitlis. Cette année-là, Cibranlı Halit Bey avertit de ne pas tenter de soulèvement. Nous n’avons pas de documents, mais je pense que Cibranlı Halit Bey et Alişer se connaissaient, notamment sur la ligne Erzurum. Halit Bey est la seule personne de la tribu Cibran que les tribus Xormek et Lolan respectent . Si la rébellion de 1925 avait été dirigée par Cibranlı Halit Bey, il aurait pu réaliser les unités tribales kurdes et alévies, en particulier au sein du Dersim. Il existe également une telle possibilité.
 
Quel le degré de véracité quand on décrit le massacre de Dersim comme un massacre d’Alévis ?
 
Quand on regarde Tokat, Kastamonu, Bandırma, en dehors de la géographie du Kurdistan, par exemple, les codes alévis des Turcs sont plus radicaux que les codes alévis kurdes. En d’autres termes, le régime kémaliste n’a pas de problème avec l’alévisme tel quel. Par conséquent, il ne suffit pas de qualifier le massacre de Dersim de «massacre d’Alevis» seulement. La raison prédominante orientant l’État contre Dersim est qu’il est kurde. Et c’est le pouvoir que les Kızılbaş (Qizilbash, l’ordre soufi chiite des Safavides auquel certains des Kurdes alévies ont adhéré) ont ajouté à la kurdicité.
 
Quel est le nombre de personnes massacrées et déplacées à Dersim?
 
Étant donné qu’une ou deux personnes de presque toutes les familles ont été anéanties à Dersim, il s’avère qu’entre 70 et 80 000 habitants de Dersim ont été massacrés. Beaucoup de gens ont été tués par le typhus et le choléra dans les prisons où 50 personnes ont été enfermées dans des cellules pour 10 personnes. Il y a beaucoup de gens qui sont morts sur les routes de l’exil. Il y a ceux morts de faim. Cela signifie qu’au moins la moitié de la population de Dersim a été assassinée.
 
Mais les dirigeants kurdes ne pouvaient-ils pas voir un tel massacre ou l’attention de l’État?
 
C’était absolument prévu. Surtout chez les Kurdes après le génocide arménien de 1915, Il y a la suspicion de « Ce qui a été fait aux Arméniens pourrait-il nous arriver? » Quelques années plus tard, le massacre de Koçgiri arrive comme une réponse à cette suspicion. On se disait : « L’Etat fera des massacres, mais chez les Kurdes alévis ». Cette fois-ci, on s’est dit : « Le feront-ils aux Kurdes sunnites? ». 4-5 ans plus tard, dans le triangle Palu-Genç et Lice, lorsque les villages kurdes ont été incendiés, avec enfants, vieillards, femmes, il était devenu certain qu’on allait massacrer tous les Kurdes.
 
Après le massacre de Zilan en 1930, la géographie du Kurdistan a été sérieusement réduit en silence. Dersim connaissait très bien le massacre de Zilan en 1930. De toute évidence, ils en avaient peur. Mais les habitants de Dersim n’avait pas d’autre choix. Donc, quoi qu’ils fassent, l’État allait commettre ce massacre. On a réfléchi à la manière de prévenir le massacre et des mesures ont été prises pour l’empêcher. La phrase de Seyid Rıza qui aurait dit , «je viendrai me rendre, pourvu que vous n’attaquiez pas Dersim», et le fait que le massacre ait tout de même eu lieu est une indication que l’État ne voulait en aucun cas faire de compromis. A Dersim, le gouvernement veut liquider complètement celui qu’il considère comme un « bandit », « nuisible à la turquicité », et il le fait.
 
Quelle est l’attitude des autres États face à cela ?
 
Aucun Etat ne réagit. Des avions britanniques ont même été utilisés à Zilan. Certains documents ont été rendus publics. «Nos avions ont été utilisés lors de la rébellion d’Ağrı. Nous nous demandons les forces de manœuvre. Mais les Kurdes en ont abattus quelques-uns ». Les Britanniques ont donné des armes à l’État turc à cette époque et ont transformé le Kurdistan en laboratoire. Des documents indiquant que les gaz toxiques utilisés à Dersim appartiennent à l’Allemagne sont également apparus récemment. En dehors de cela, il y a des lettres envoyées par Seyid Rıza à l’Angleterre et à la France, mais ces pays n’entendent pas le cri de Dersim, ils bouchent leurs oreilles.
 
Je suis tombé sur la correspondance interne de la France à cette époque. «Dans ce processus, l’État kémaliste a tué tant de Kurdes à Dersim. Nous entendons cela ». Mais il n’y a aucun commentaire sur les documents. Ils prennent juste l’information, c’est tout. Je n’ai pas trouvé de déclaration condamnant les massacres. Mais surtout avant le massacre de Dersim, les Français ont empêché les Xoybunistes de venir depuis la frontière syrienne. En bloquant les frontières, ils ont apporté un soutien implicite à l’État turc.
 
Quelle est la raison principale du soutien international au Kémalisme?
 
En réalité, les kémalistes se sont en fait battus contre les Grecs, les Arméniens et les Kurdes. Il n’y a pas de combat avec des puissances européennes telles que les Français, les Britanniques, etc., comme le décrit l’histoire officielle. Le régime kémaliste a dominé l’Anatolie à cette époque, en échange de la cession de la province de Mossoul aux Britanniques et de la province d’Alep aux Français et de renoncer à d’autres terres au Moyen-Orient. Il a amélioré ses relations avec les bolcheviques. Les Russes ont abandonné le Kurdistan aux Kémalistes. En fait, il n’y a pas de victoire comme le prétend l’histoire officielle turque. Le sultan Vahdettin allant en Angleterre, le régime ottoman est devenu le régime kémaliste. Les limites sont les mêmes. Le seul changement aux frontières est l’inclusion d’Hatay en 1937 et l’annexion de Chypre en 1974.
 
Quand nous regardons le présent, nous voyons que la politique néo-ottomane est toujours menée par Erdogan et le bloc au pouvoir. Comment les Kurdes peuvent empêcher cette tentative d’occupation?
 
Surtout en 1920, il y a une conspiration internationale contre les Kurdes dans le cadre du traité de Sèvres. Les Kurdes doivent tenir compte du fait que cette conspiration sera répétée. La seule chose qui déjouera cette conspiration est «l’unité nationale».
 
Le rapport de Mustafa Abdülhalik Renda
 
Mustafa Abdülhalik Renda est l’une des rares personnes à connaître l’esprit de la rébellion kurde et à avoir étudié les révoltes kurdes. Ce sont des gens de Roumélie (la partie de la péninsule balkanique sous domination ottomane), du Comité de l’Union. Pendant leur séjour à Roumélie et dans les Balkans, ce sont les unionistes qui ont connu la guerre avec les insurgés des Balkans et ont lu le concept de rébellion de la littérature française sur le plan politique. Renda a été trouvée dans différentes parties du Kurdistan de 1913 jusqu’au milieu des années 1920. C’est une personne qui dit ne pas avoir digéré le « kurdisme » de son propre aveux, en parlant de la période allant de la rébellion de Bitlis qui a eu lieu en 1914 à la rébellion de Şêx Said en 1925. Le rapport qu’il a préparé en 1926 est important. Dans le rapport, «Il y a trois districts au Kurdistan. La première de ces régions est le mont Ararat et le ruisseau de Zilan; le deuxième est Sason et le troisième est Dersim ». Ils ont perpétré le massacre de Zilan en 1930. Ils ont perpétré un massacre à Sason en 1935. Ils ont perpétré le massacre de Dersim entre 1937 et 1938.
 
L’origine du Comité de l’Union
 
Quand on regarde toutes les révoltes kurdes, on voit que presque tous les commandants turcs qui ont organisé des massacres ou préparé des rapports étaient d’origine thracienne ou balkanique. Comment dois-je lire ceci?
 
Le lieu où le Comité d’union et de progrès a été créé n’est pas le territoire anatolien, c’est Roumélie. Ces personnes sont principalement des immigrants Roumélie. L’Armée du Mouvement, dont l’Union et les progressistes ont pris le commandement, est arrivée à Istanbul de Thessalonique. Cette équipe s’assure que tous les officiers des quartiers de Thessalonique et Roumélie arrivent à des postes clefs. En fait, ce sont ces cadres qui ont fondé la république kémaliste. En d’autres termes, tout en faisant la promotion du turc anatolien ou d’un officier d’origine kurde, arabe et albanaise promu capitaine; Le régime kémaliste – également lié au fait qu’Ataturk soit originaire de Thessalonique – garantit que les immigrants de Roumélie de l’armée montent jusqu’au grade de général. Ce fut le cas jusqu’aux dernières années.
 
Première; ce sont des Serbes, Bulgares, etc. islamisés. Ce sont des peuples des Balkans. En d’autres termes, ce sont des personnes issues de familles islamisées il y a plus de 100-200 ans. Il n’y a aucun autre endroit où ces gens peuvent aller. Ils voient l’Anatolie comme une patrie.
 
De Cevdet Sunay à Fevzi Çakmak, Salih Omurtak, Alpdoğan… Ces personnes sont des officiers de réserve diplômés en tant qu’étudiants militaires, bien avant le génocide de Dersim. Ce sont la génération prometteuse de l’Ittihat Terakki. Ces personnes avaient déjà appris comment le génocide pouvait se faire systématiquement. Cette génération a réalisé le génocide à Zilan en 1930, ils ont théorisé complètement le génocide. Par la suite, ils ont publié des livres éducatifs appelés «guides de recherche de passeurs et de bandits» dans les écoles de gendarmerie. Le but principal de ces livres est de savoir comment tuer des Kurdes et comment faire des massacres. Les directives ont été publiées entre 1930 et 1933. Ils ont été formés au massacre et au génocide dans les écoles de gendarmerie et d’officiers.
 
L’importance de Nuri Dersimi et d’Alişer
 
Quelle est l’importance de Nuri Dersimi et Alişer en termes d’histoire kurde?
 
Contrairement aux intellectuels kurdes, Nouri Dersimi est également un militant. L’anxiété intellectuelle est plus dominante quand on regarde Celadet Ali Bedirhan ou Memduh Selim. Nuri Dersimi est un homme de lutte, d’action. Plus que Seyid Rıza, je pense que Nuri Dersimi n’a pas agit indépendamment d’Alişer. Nuri Dersimi avait un lien politique important avec le Mouvement Xoybun qui était en Syrie. De même, dans son livre, il essaie d’exprimer qu’il a des réseaux de renseignement. À cette époque, nous voyons que le Xoybun existait sous forme d’organisation clandestine presque partout au Kurdistan. En ce sens, je pense que Nuri Dersimi est en fait l’un des rares cadres politiques de la Résistance de Dersim.
 
Un autre de ces cadres politiques est bien sûr Alişer. Alişer a une ambition. Dans sa lettre de 1920, il apparaît comme un acteur kurde ayant l’intention de porter le fardeau de tout le Kurdistan (avec les sunnites, les alévis et les Êzîdîs) et d’être leur dirigeant. Dans sa lettre, il dit: « J’ai parlé aux Russes au nom de 8 millions de Kurdes ». Quand on regarde la lettre qu’Alişer a écrite en 1920, on voit aussi qu’il a suivi attentivement les travaux de la kurdologie de l’époque.
  *Des documents fuités en mai 2019 révélaient que le fondateur de la Turquie, Ataturk avait acheté des armes chimiques à l’Allemagne nazie (1937) pour les utiliser lors du massacre des Kurdes à Dersim. 

29 ans après son assassinat, Musa Anter fait encore peur à l’État turc

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TURQUIE / BAKUR – «Si ma langue maternelle secoue les fondations de ton État, cela signifie que tu as probablement construit ton État sur mes terres. »
 
Musa Anter, écrivain, poète, journaliste et activiste kurde persécuté pendant des décennies, a été tué par des paramilitaires turcs (JITEM) le 20 septembre 1992. Le gouverneur de Mardin a interdit tout événement dans la province de Mardin pendant 15 jours pour empêcher la commémoration qui se tiendra dans le village de Sitîlîlê (Akarsu) du district de Nusaybin où se trouve la tombe de Musa Anter. 29 ans après son assassinat, Musa Anter fait encore trembler le régime fasciste turc.
 
Musa Anter, alias Apê Musa (littéralement «oncle Musa» en kurde), était un écrivain, journaliste et intellectuel kurde important qui a été assassiné par le JITEM* turc en septembre 1992.

Anter, qui a écrit des articles dans le quotidien Ozgur Gundem et l’hebdomadaire Yeni Ulke, a été tué par balle à Diyarbakir. Attirés de son hôtel par un appelant qui lui a demandé de l’aider à régler un litige immobilier, Anter et un ami sont partis en taxi avec un inconnu, âgé entre 25 et 30 ans. Quand ils ont commencé à soupçonner qu’un piège était en train d’être tendu, ils ont exigé de sortir du taxi. L’homme qui les accompagnait est également sorti et, ayant marché devant eux, a commencé à leur tirer dessus avec un pistolet.

Anter a été touché par quatre balles et est décédé peu après. L’ami, touché par deux balles, a été grièvement blessé. Amnesty International a signalé qu’un pistolet de 9 coups de 9 mm avait été utilisé lors de l’attaque, qui aurait eu lieu en périphérie de la ville près d’un poste de police et d’un poste de contrôle de la circulation. Anter, qui ne vivait pas à Diyarbakir, visitait la ville pour signer ses livres lors d’un festival culturel. Les principaux livres d’Anter sont :
  • Birina Reş – Blessure noire (1959)
  • Qimil – Punaise des bois (1962)
  • Ferhenga Kurdî-Tirkî – Dictionnaire kurde/turc (1967)
  • Hatıralarım I – Mes souvenirs I (1991)
  • Hatıralarım II – Mes souvenirs I (1992)
  • Vakayiname (1992)
  • Fırat Marmara’ya Akar – Euphrate coule vers le Marmara (1996)
  • Çinara Min – Mon platain (1999)

«Musa Anter, explique Me Jacoby, est un écrivain et un journaliste kurde de grande renommée qui ne peut absolument pas passer pour un extrémiste. Il était à Diyarbakir pour assister au Festival des trois cultures. On est venu le chercher à son hôtel sous prétexte d’un rendez-vous avec les acheteurs d’un terrain qu’il possédait dans la région et qu’il désirait vendre. Un ami, journaliste lui aussi, l’accompagnait. On les a emmenés en voiture dans le nord de la ville où ils ont été abattus. Musa Anter est mort et son ami, Orhan Miroglu, a été très grièvement blessé. Trois journalistes du journal local, «Diyarbakir aujourd’hui», alertés par téléphone par la police, se sont dirigés vers le lieu du crime. Ils ont croisé une ambulance, dont le chauffeur leur a conseillé de faire demi-tour, puis une voiture dont ils ont relevé le numéro et qui les a fait stopper. Il y avait à bord trois hommes en civil armés jusqu’aux dents. Ces hommes les ont braqués, puis deux d’entre eux sont monté dans leur voiture et les ont contraints, sous la menace de leurs armes, à suivre l’autre véhicule. Ils ont ainsi parcouru plus de 70 kilomètres en franchissant de multiples barrages de police qui laissaient passer les voitures sans problème. Les trois journalistes ont été tabassés et interrogés sans relâche; puis après avoir pris des consignes par talkie-walkie, leurs bourreaux les ont abandonnés sur le bord d’un chemin. Ils ont eu la vie sauve parce que le rédacteur en chef de leur journal est un ami très proche du super-préfet de la région.»

 
Car les trois braqueurs étaient évidemment des flics et la voiture, vérification faite grâce au numéro minéralogique, appartenait à la police. Il est clair que si les journalistes avaient travaillé pour le journal «Ozgur Gundem», comme Musa Anter et la plupart de leurs confrères assassinés, ils n’auraient pas eu le loisir de venir raconter leur histoire. Ils l’ont d’ailleurs fait, précise Me Jacoby, contre l’avis de leur rédacteur en chef, qui s’est contenté de publier le lendemain un appel aux autorités militaires pour qu’elles protègent ses journalistes. «Ce qui était le plus poignant, dit-elle, c’est que ces hommes, comme les autres témoins qui sont venus nous parler, nous disaient en partant qu’ils n’étaient pas sûrs d’être encore en vie le lendemain. Même les journalistes étrangers n’osent pas rester plus de quelques heures dans la région de peur d’un mauvais coup. Le stade de la torture et des arrestations arbitraires est largement dépassé. On en est à celui des escadrons de la mort.»
 

Humanité, septembre 1992.

*JİTEM : Organisation de renseignement de gendarmerie turque – Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele ou Jandarma İstihbarat Teşkilatı (JİTEM), était actif surtout dans dans les années 1990.

L’éducation comme clé de la révolution: au Rojava, la démocratie s’enseigne et s’apprend

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Comment apprend-on la démocratie quand on a été colonisé pendant trop longtemps ? La réponse kurde est l’éducation qui est devenue la clé de la révolution du Rojava. Article rédigé par Müslüm Örtülü L’éducation comme clé de la révolution : dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie s’enseigne et s’apprend Comment apprend-on la démocratie ? C’est une question centrale pour la révolution du Rojava. La réponse est l’éducation, l’éducation et encore l’éducation. Une société qui a été colonisée pendant des décennies et n’a eu aucun droit de participation est soudainement confrontée au grand défi de développer son propre système démocratique par le biais des communes et des structures communales. Ce n’est pas un défi facile auquel les populations du nord et de l’est de la Syrie sont confrontées. Le processus est long, parfois marqué par de grandes difficultés et contradictions. Mais la volonté de construire leurs propres structures se fait sentir partout. Ces structures sont censées résoudre les problèmes sociaux, qui ne sont pas vraiment peu nombreux compte tenu de la situation de guerre actuelle. Bien sûr, la légitime défense est un pilier central de la reconstruction. Mais au cours des trois mois que j’ai maintenant passés dans la région, J’ai été témoin que l’autodéfense signifie bien plus que d’avoir des structures militaires puissantes. L’autodéfense la plus efficace est une société avec une conscience politique démocratique. Et la prise de conscience doit se faire à travers des activités éducatives collectives et diversifiées. Dans son livre « Sociologie de la liberté », Abdullah Öcalan, le cerveau derrière la révolution du Rojava, plaide à plusieurs reprises en faveur de la construction de vos propres structures éducatives qui vont au-delà des structures existantes de pouvoir et de savoir. Pour lui, ces structures sont la pierre angulaire de la formation d’une « société politico-morale ». Selon Öcalan, l’éducation est une méthode centrale pour la société de transmettre les connaissances et l’expérience de la génération plus âgée aux plus jeunes. Mais l’éducation est un domaine contesté. Les États, en tant que représentants du système civilisé officiel, se sont également appropriés la méthode de la connaissance. Par le biais de leurs institutions éducatives, ils essaient d’utiliser les jeunes dans le sens de leur système. Öcalan appelle donc à la construction d’établissements d’enseignement, qui n’imitent en aucun cas les institutions éducatives de ce système de civilisation. Les établissements d’enseignement de la modernité démocratique doivent être des lieux où les enseignants et les apprenants peuvent apprendre les uns des autres et jeter ensemble les bases d’une société démocratique.   La vie collective selon les principes démocratiques Voilà pour la théorie, mais comment tout cela est-il mis en pratique ? Dans le nord et l’est de la Syrie, les académies jouent un rôle central dans cet effort. Les « Académies pour une société démocratique » sont des lieux où la société est censée apprendre l’état d’esprit de la modernité démocratique. Ces académies se trouvent dans toutes les grandes villes. Ils ont été fondés en 2014, à l’époque sous le nom de `Akademiya Nûrî Dêrsimî`. La recherche et l’enseignement ont lieu dans ces académies. Les participants aux académies sont des membres de la société elle-même. Les structures communales et les organisations civiques peuvent proposer leurs membres pour participer aux formations. La durée des formations varie de quelques semaines à plusieurs mois. Ils se déroulent soit en arabe, soit en kurde. Dans ces éducations, les gens traitent de leur propre histoire, avec l’idéologie de l’État et avec les concepts de révolution. En plus de l’éducation elle-même, cependant, vivre ensemble est également un élément central. Les gens vivent collectivement et selon des principes démocratiques. Après chaque leçon, il est possible de critiquer les enseignants et de faire des suggestions d’amélioration. Les enseignants des académies évaluent également leur travail après chaque formation terminée et essaient de le développer davantage. Lors des congrès annuels des académies, l’ensemble des structures de travail est mis à l’épreuve. Par exemple, lors du dernier congrès, il a été décidé qu’à l’avenir il faudrait des unités éducatives à plusieurs niveaux. Dans la première étape, les participants apprennent à connaître les idées de la révolution et ses principes. Dans les prochaines étapes, les participants développent la conscience et les compétences nécessaires pour assumer des responsabilités de premier plan dans les structures sociales. Ainsi, les structures éducatives ne sont jamais figées. Des voies et moyens sont toujours recherchés pour améliorer le travail des académies et les adapter aux besoins de la société.   Construire vos propres structures éducatives Les participants de chaque éducation ont des antécédents très différents. Ce sont des gens de tous les horizons de la société. Ce qui les unit, c’est la volonté de faire quelque chose pour leur société. L’intérêt des gens est grand. Ils posent des questions, participent à des discussions et partagent leurs idées et leurs réflexions les uns avec les autres. J’ai appris dans mes conversations qu’il y avait eu des doutes sur le travail des académies dans les zones arabes au début, surtout parce que les femmes et les hommes y participent. Ces préoccupations ont depuis été inversées. Un enseignant m’a dit à quel point les discussions sont enthousiastes sur l’éducation dans des villes comme Tebqa ou Raqqa. Et chez les femmes en particulier, la volonté d’apprendre et de se débarrasser des vieilles structures de pensée est immense.   Créer une nouvelle conscience démocratique est une tâche de longue haleine. C’est parce que le vieil état d’esprit « étatique » est omniprésent. Beaucoup de gens attendent des structures d’auto-administration qu’elles apportent des solutions aux problèmes de la société sans y voir leur propre responsabilité. Le système d’auto-administration est souvent mesuré par sa capacité à résoudre les problèmes économiques des gens. La possibilité d’une participation démocratique dans les structures de la municipalité au conseil municipal joue souvent un rôle secondaire. Apprendre que la recherche de solutions aux problèmes est une tâche collective et non celle d’une « structure de gouvernance » de quelque nature que ce soit est finalement un chemin long et difficile.   Dans le nord et l’est de la Syrie, cependant, les gens se sont engagés dans cette voie. Ils construisent leurs propres structures éducatives pour permettre à la société de suivre cette voie. Les « Académies pour une société démocratique » font partie de ces structures. Il y a aussi les académies des femmes, les universités, les formations des communes, les mairies, les partis politiques et les autres structures sociales. Au cours de mes conversations lors de mes déplacements dans la région, j’ai entendu maintes et maintes fois parler de l’importance de ces unités éducatives. Avant même la fin d’une éducation, les diverses structures sociales avec lesquelles j’ai été en contact sont déjà occupées à organiser la suivante. L’éducation fait partie de la vie quotidienne et est la pierre angulaire de la révolution. Ainsi, dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie est vraiment enseignée et apprise.   Article publié en anglais par Kurdistan Report

IRAN. Kolbarî ou la dignité bafouée des Kurdes pour un salaire de misère

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IRAN / ROJHILAT – Condamnés à une pauvreté étatique, des milliers de Kurdes du Kurdistan de l’Est sous domination iranienne travaillent comme kolbars (porteurs de charges) pour un salaire de misère dans les régions montagneuses entre l’Iran, l’Irak et la Turquie. En plus du travail éreintant et dangereux qu’ils effectuent en empruntant des chemins abrupts hiver comme été avec de la marchandise sur leur dos, les kolbars kurdes sont également victimes d’exactions commis par les gardes frontaliers iraniens et turcs (rappelez-vous le massacre de Roboski) et de la raquette extorquée par ces gardes frontaliers. La digité des Kurdes est bafouée encore une fois par leurs colonisateurs pour qui les Kurdes doivent s’assimiler de force ou disparaitre de la surface de la terre.
 
L’ONG kurde basée à Paris, Kurdistan Human Rights Network rappelle dans une vidéo publiée sur Facebook que pas moins de 70 000 Kurdes tentent de survivre grâce à la kolbarî malgré tous les dangers cités plus haut: 
 
« Des milliers de civils kurdes doivent travailler comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie.
 
Les Kolbars sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant.
 
Selon des statistiques officieuses de mars 2020 à mars 2021, le nombre de kolbars dans les provinces frontalières occidentales est de plus de 70 000 personnes.
 
Les lois de la République islamique d’Iran considèrent le travail comme kolbar comme de la « contrebande ». Pour les marchandises de contrebande, selon leur nature et leur montant, des amendes et des peines d’emprisonnement sont prises en considération. Cependant, les forces de sécurité ciblent les kolbars indépendamment de la loi sur l’usage des armes à feu, sans avertissement préalable et à courte distance.
 
Selon les rapports officiels publiés par le gouvernement, les kolbars ne sont responsables que de 0,5% des marchandises qui entrent dans le pays par des voies non officielles. Les provinces frontalières occupent les derniers rangs pour divers indicateurs économiques. Un indicateur clé est le revenu par habitant, qui est bien inférieur à la moyenne nationale.
 
Kurdistan Human Rights Network (KHRN) est une organisation indépendante et à but non lucratif basée en France qui promeut les droits humains et la documentation des violations dans la région kurde d’Iran. »
 
 
Qui sont les kolbars et les kesibkar?
 
Kolber ou «Kolbar» est composé des termes kurdes – «kol» – le dos et «bar» – le fardeau. Les kolbars vivent du transport de charges au-dessus de frontières dangereuses. Ces produits sont principalement des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Les kolbars utilisent ces moyens dangereux pour faire du commerce entre les différentes régions kurdes. Les marchandises sont vendues à des prix très élevés dans des centres commerciaux comme à Téhéran. Mais les kolbars qui risquent leur vie pour ce travail ne reçoivent qu’un salaire dérisoire.
 
Les kesibkar sont des commerçants qui voyagent de ville en ville pour trouver des acheteurs pour les marchandises qui ont été amenées à travers la frontière par les kolbars. Des personnes âgées de 13 à 70 ans se trouvent parmi les kesibkar. Certains n’ont qu’un diplôme d’études primaires mais d’autres un diplôme universitaire.

Conférence: La reconnaissance internationale du féminicide comme crime assimilable au génocide

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GENÈVE – Le 23 septembre 2021, le Mouvement des femmes kurdes en Europe, le Club suisse de la presse et la Fondation MAAT pour la paix coorganisent une conférence pour la reconnaissance internationale du féminicide comme crime assimilable au génocide à l’occasion de la 48e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui s’ouvre aujourd’hui et qui durera jusqu’au 8 octobre.
 
Asya Abdullah, cadre du Mouvement des femmes du Rojava (Kongra Star), deux jeunes femmes d’Afrin qui ont pu échapper aux gangs islamistes de la Turquie et d’autres militantes kurdes ainsi que Marion Böker, experte en droits humains et questions de genre, experte en questions féminines et Ann-Kristin « Anki » Sjöberg, co-directrice et fondatrice de Fight for Humanity prendront la parole lors de la conférence. 
 
En présentiel: 
Au Club de la Presse de Genève avec Certificat Covid
Domaine de Penthes
Chemin de l’Impératrice 18
1292 Pregny-Chambésy
 
et en ligne
Pour participer: inscrivez-vous ici
 
Voici l’annonce de la conférence faite par le Club suisse de la presse:
 
Le Club suisse de la presse – Geneva Press Club, en collaboration avec le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) et la Fondation MAAT pour la paix, le développement et les droits humains, a le plaisir d’inviter les journalistes et ses membres à un événement parallèle à la 48e session des Droits de l’Homme Conseil.
 
Modératrice:
 
Manuela Honegger
Fondatrice de Mhonegger Sàrl – Entreprise de Transformation-Design pour les institutions publiques, les ONG et les entreprises
 
Intervenantes:
 
Marion Böker
Experte en droits humains et questions de genre, experte en questions féminines.
 
Ann-Kristin « Anki » Sjöberg
Co-directrice et fondatrice de Fight for Humanity
 
Asya Abdullah
Membre de la coordination du Mouvement des femmes Kongra Star, qui rendra compte de la situation des femmes en particulier à Afrin et au Rojava (L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est)
 
Des membres du Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E)
 
Deux jeunes femmes d’Afrin qui ont pu fuir les mercenaires djihadistes de la Turquie
 
Les crimes contre les femmes sont parmi les crimes contre l’humanité les plus courants. Nous assistons à une nette augmentation des meurtres politiques perpétrés par des États-nations, des forces paramilitaires et des entreprises d’État contre des femmes leaders politiques et communautaires dans le monde entier. Des militantes, des intellectuelles, des avocates, des journalistes, des artistes et des politiciennes progressistes sont visés en raison de leur rôle de premier plan dans la défense des valeurs démocratiques et égalitaires. Dans ce contexte, il est important que nous comprenions la politique du féminicide comme une guerre systématique contre les femmes et que nous la reconnaissions comme telle. Le fait que le féminicide ne soit toujours pas reconnu comme un crime contre l’humanité signifie que les États et les dictateurs n’ont pas peur d’être tenus pour responsables. Tant que le féminicide n’est pas traité comme un crime contre l’humanité, il ne sera pas possible de contester véritablement les attaques contre la société telles que le génocide. Il est temps de traduire ces crimes en justice au niveau international et de demander des comptes aux défenseurs des régimes oppressifs pour le meurtre systématique de femmes.
 
Partout dans le monde, il y a des actes continus de résistance contre la domination du corps féminin et contre le harcèlement et le viol. Beaucoup demandent des comptes pour le massacre des femmes et pour le mépris et l’abus de leurs droits. En 2020, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a lancé une campagne pour la poursuite du président turc Recep Tayyip Erdogan. La campagne « 100 raisons de poursuivre Erdoğan pour sa politique féminicide » (https://100-reasons.org/), est soutenu par 70 mouvements de femmes dans plus de 15 pays. Dans la première phase de la campagne, plus de 200 000 signatures ont été recueillies en soutien. La première phase a sensibilisé, organisé des événements et des actions conjointes, permis la mise en réseau internationale et lancé des initiatives juridiques avec des avocats. Les preuves des 100 études de cas représentatives de la campagne visant à exposer les politiques féminicides de l’État turc seront officiellement remises à l’ONU.
 
La deuxième phase de la campagne sera lancée avec un panel lors de la 48e session du CDH pour lancer le processus de reconnaissance internationale du féminicide en tant que crime contre l’humanité au même titre que le génocide. Cet événement parallèle se concentrera sur deux affaires: La première concerne l’assassinat de trois militantes politiques kurdes, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, à Paris par les services secrets turcs [MIT] le 9 janvier 2013. La seconde concerne le féminicide systématique contre les femmes kurdes commis par des mandataires djihadistes du régime d’Erdogan dans la ville d’Afrin occupée par la Turquie, dans le nord et l’est de la Syrie. Au quotidien, les femmes kurdes d’Afrin sont torturées, violées et kidnappées. Ces crimes ont été documentés dans des rapports de l’ONU.
 
Seront débattus lors de cet événement:
 
-Les meurtres de trois militantes kurdes à Paris en 2013
-Féminicides et autres crimes de guerre commis à Afrin depuis l’invasion par les forces turques et leurs milices par procuration en 2018
-Mise en réseau et coopération internationales pour reconnaître internationalement le féminicide et y mettre fin
 
Pour plus d’informations
Mouvement des femmes kurdes en Europe
 
Inscription pour participer en ligne ou en présentiel (uniquement avec Certificat Covid – Pass Covid)

Conférence: Apartheid et violence systématique contre les minorités ethniques et religieuses en Iran

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BRUXELLES – En Iran, hormis les « Perses », tous les groupes ethniques et religieux sont discriminés et subissent une assimilation forcée. Exécutions, emprisonnements, interdictions relatives à la langue/culture kurde, pauvreté imposée… les Kurdes du Rojhilat (Kurdistan de l’Est sous domination iranienne) sont les plus grandes victimes de cette guerre d’assimilation/extermination menée par les Mollahs iraniens depuis des décennies. Mais, curieusement, on en parle très rarement d’eux en Occident. Alors, une fois n’est pas coutume, le 26 septembre prochain, ancien prisonnier politique kurde, membre de Bureau kurde défenseur des droits humains et interprète bénévole pour les réfugiés kurdes en Belgique, Zarali Nikrawesh parlera en détail de l’apartheid et la violence systématique subis par les minorités ethniques et religieuses en Iran.
 
La conférence aura lieu au Bureau Kurde de Liaison et d’Information de Bruxelles.
Accès libre, dans la limite des places disponibles

Pour contacter le Bureau kurde, appelez au +32 (0)2 219 80 60
 
RDV le 26 septembre 2021, à 16 heures
Adresse : Bureau kurde
Quai aux Pierres de Taille, 11
BRUXELLES