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Demonstrations in Iran. Call for help to break the digital blackout

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IRAN / ROJHILAT – A Kurdish activist living in Europe calls for help to break the media blackout imposed on the whole of Iran where the population has rebelled against its corrupt and criminal leaders.
 
« Just now I was able to talk to one of the civil activists living in Iran. It seems that the situation is worse than expected, especially in Kurdistan. Media activists and civil activists are in dire need of help from IT professionals, including providing up-to-date proxies.
 
Full message from a civil activist who currently is residing in Iran:
 
Internet has been completely shut down, Marivan has been devastated, more than 5 injured, more than 10 killed. As of now, three bodies are yet to be released to their families. They were shot dead yesterday evening during the protests. The bodies are now being held hostage. The other bodies were buried under strict security measures, at 11 pm. I’m in the city of … right now, we are broadcasting the news from here and we have no contact with the under siege city of Marivan. There are countless forces in and around Marivan that have been unprecedented in the past forty years. Jash (Kurdish mercenaries) forces brutally opened fire on people, hundreds were arrested and held in the Marivan IRGC Intelligence office. Today they had arrested a bank employee, who said to me that “I saw a big hall full of people”. The number of people arrested is on the rise at any moment. They were beaten with batons.
 
Javanrood’s is in a totaal chaos situation, nearly 20 people have been killed.
 
Tehran is also pregnant with major events, especially on the outskirts of Robat Karim and Shahriar, which are expected to turn against government forces in the coming days.
We need up-to-date proxies here. »
Picture via RÛPELA NÛ 

Manifestations en Iran. Appel à l’aide pour briser le black-out informatique

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IRAN /ROJHILAT – Un activiste kurde vivant en Europe appelle à l’aide pour briser le black-out médiatique imposé à l’ensemble de l’Iran où la population s’est révoltée contre ses dirigeants corrompus et criminels.
 
« Tout à l’heure, j’ai pu parler à l’un des militants civils vivant en Iran. Il semble que la situation soit pire que prévu, surtout au Kurdistan. Les militants des médias et les militants civils ont un besoin urgent d’aide de la part des professionnels des technologies de l’information, et des moyens de communication pour palier à l’absence de l’internet.
 
Message complet d’un activiste civil qui réside actuellement en Iran :
 
« L’internet a été complètement fermé, Marivan a été dévasté, plus de 5 blessés, plus de 10 tués. Pour l’instant, trois corps n’ont pas encore été remis à leurs familles. Ils ont été abattus hier soir pendant les manifestations. Les corps sont maintenant retenus en otage. Les autres corps ont été enterrés sous des mesures de sécurité strictes, à 23 heures. Je suis dans la ville de [qu’on ne peut mentionner pour des raisons de sécurité] en ce moment, nous diffusons les nouvelles d’ici et nous n’avons aucun contact avec la ville assiégée de Marivan. Il y a d’innombrables forces armées dans et autour de Marivan qui sans précédent au cours des quarante dernières années. Les forces de Jash (mercenaires kurdes) ont brutalement ouvert le feu sur des personnes, des centaines d’entre elles ont été arrêtées et détenues dans le bureau de renseignement de l’IRGC de Marivan. Aujourd’hui, ils avaient arrêté un employé de banque, qui m’a dit : « J’ai vu une grande salle pleine de monde ». Le nombre de personnes arrêtées augmente sans cesse. Ils ont été battus à coups de matraques. »
 
Javanrood’s est dans un chaos total, près de 20 personnes ont été tuées.
 
On s’attend à des événements majeurs à Téhéran également, en particulier à la périphérie de Robat Karim et Shahriar, qui devraient se retourner contre les forces gouvernementales dans les prochains jours. »
Image via RÛPELA NÛ 
 
 
 

La Turquie continue ses attaques sanglantes contre le Rojava

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La sale guerre d’Erdogan contre les Kurdes du Rojava ne s’est pas arrêtée. Armes chimiques, bombardements d’ambulance, des faveurs pour DAECH/ISIS qui a multiplié les attaques. Rapport du front syrien qui ne fait plus la Une des médias occidentaux.
 
À distance, cela peut sembler être l’un des nombreux Tell. En arabe, cela signifie colline et, du nom qui caractérise cette région, de nombreuses villes de la région frontalière entre la Syrie et la Turquie sont nommées, telles que Tell Abiad ou Tell Tamer. Mais celui que l’on voit sur la route à l’horizon n’est pas du tout une colline. C’est une montagne, une montagne de fumée noire qui domine le paysage environnant.
 
La fumée noire plus sombre et plus dense provient des pneus brûlés spécifiquement pour obscurcir l’espace aérien. Le calme apparent des pâturages, celui des enfants qui jouent parmi les moutons dans des villages sur la route, est bouleversé par l’image d’un soldat des Forces démocratiques syriennes (SDF dans son acronyme anglais) qui pointe son arme sur un bouc solitaire (…).
 
Les panneaux en haut indiquent en grosses lettres: Alep 325 km, Raqqa 180 km, Ras al-Aïn 35 km. La seule indication qui manque est celle déjà annoncée par la montagne de fumée noire: huit kilomètres du front. Et à neuf heures, ponctuellement après quelques heures de pause, les bombardements turcs commencent.
 
Le 9 octobre, la Turquie a lancé l’opération « Source de la paix » dans le nord-est de la Syrie, une attaque contemporaine – et encouragée par – le retrait des troupes américaines ayant soutenu les FDS dans la longue bataille contre DAECH. La violence, les crimes et le projet d’ingénierie démographique de l’incursion d’un État membre de l’OTAN, la Turquie, et de ses alliés syriens, des groupes djihadistes rassemblés sous le nom d ‘ »Armée nationale syrienne », rappellent beaucoup les occupation de la province d’Afrin, au nord-ouest du pays, au début de 2018.
 
Les combats et les bombardements toujours en cours ne suggèrent pas la fin prochaine. Toujours dans le nord-ouest de la Syrie, détruites par huit années de guerre, les bombes du régime syrien assistées par la frappe aérienne russe – et dans autant de semaines, ainsi que pendant des mois, des années – la province d’Idlib, dernier bastion des groupes les rebelles où vivent trois millions de personnes.
 
Jamila passa une autre nuit blanche. Fumer une cigarette après l’autre et siroter un café au soleil sur le toit de l’hôpital. De l’autre côté, le téléphone et le talkie-walkie attendent des appels d’urgence. Le bruit des explosions et de la fumée noire forme la toile de fond de son petit-déjeuner debout.
 
« Nous étions près du front pour aider les blessés jusqu’à trois heures du matin, puis nous avons dû nous cacher parce que nous sommes l’une des cibles de l’attentat à la bombe. » Jamila Hemê est la coordinatrice médicale de l’hôpital de Lêgerîn du Croissant-Rouge kurde de Tell Tamer,une ville qui, avant l’attaque, comptait environ 50 000 habitants, principalement des chrétiens assyriens qui avaient déjà fui entre 2013 et 2015 avec les incursions de Jabhat al-Nusra et d’Isis. Il a un regard profond et combatif encadré par des cheveux noirs.
 
L’hôpital où il dort depuis un mois maintenant, construit grâce à la contribution de la campagne de financement participatif « Un hôpital pour Rojava » de l’organisation à but non lucratif Croissant rouge du Kurdistan en Italie et au soutien d’Un ponte Per, une organisation italienne présente dans le nord-est de la Syrie par Quatre ans plus tard, il porte le nom du médecin argentin décédé des suites d’un accident de voiture et travaillant à la reconstruction d’un système de santé publique dans la région.
 
Il n’a pas fini le premier des nombreux cafés ni l’histoire de la veille lorsque l’appel a été lancé: il s’est jeté du toit aux escaliers et des escaliers à la voiture d’ambulance. L’équipe est prête à partir. Il court à l’avant. D’autres ambulances et points médicaux sont encore plus proches de l’hôpital et c’est à travers eux que sont reçus les blessés et les morts. L’ambulance traverse sauvagement les rues de Tell Tamer, puis se dirige vers le village non loin des combats, où des civils ont été blessés et tués. Parmi les rares survivants de l’invasion turque, de nombreux habitants ont été contraints de fuir.
 
Un corps immobile, le visage recouvert de terre et le sang de la plaie sur l’abdomen mélangés à la même terre et collés au vêtement, ne laissent entrevoir qu’un jeune de vingt ans dont le seul défaut est de ne pas être déplacé. Jamila est bientôt à ses côtés dans l’ambulance avec Namiran, une infirmière de seulement dix-neuf ans qui n’a pas quitté Tell Tamer depuis un mois, voire un mois. Jamila en a quarante-deux au lieu de sept ans et se déroule sur différents fronts de la guerre de Syrie, en particulier ces dernières années à Raqqa et à Deir Zor, dans la bataille contre Isis. Une autre course, une autre sirène vers Tell Tamer. Une fois à l’hôpital, le jeune homme blessé est rapidement transporté du canapé de l’ambulance au canapé de la salle d’urgence: pas même après une première intervention pendant le voyage en ambulance, il semble avoir repris conscience. Il doit être transféré à l’hôpital de la ville de Hasake, à 40 kilomètres du front, pour être soigné.
 
Alors que l’ambulance qui la portera commence, entre un rugissement et l’autre, dans une petite pièce derrière l’hôpital, quatre femmes de la « Martyrs Family Foundation » sont déjà prêtes à nettoyer les corps de plus en plus rigides de civils pour les envelopper tissus blancs: la poitrine entourée des bras, puis des mains, enfin une couverture grise qui recouvre tout et facilite le transport.
 
Le premier des deux corps est déposé dans le camion frigorifique qui se rendra également à l’hôpital de Hasake. Le second corps a peu de chose à emballer: il ne reste que les deux jambes raides, le reste a été mutilé par l’explosion. Une des femmes de la Fondation s’éloigne un instant du travail pour pleurer en silence, se mordre la main et secouer la tête. Puis il recommence à aider son collègue. Ils font ce travail tous les jours depuis un mois. Certains, comme Jamila, depuis des années et des années. « Nous pensions que nous allions nous reposer un peu après la défaite de Daesh », a déclaré Jamila en utilisant le sigle arabe qui signifie EI. « Ce n’est jamais fini. »
 
L’armée syrienne d’Assad, blessée, arrive également à l’hôpital: le drapeau du régime est visible dans les jeeps et les ambulances. C’est un paradoxe de les avoir si proches, sachant que bon nombre des personnes qui travaillent à l’hôpital (et pas seulement) se trouvent dans les prisons de Damas pour leur activisme politique ou encore aujourd’hui, elles sont recherchées par le régime pour avoir déserté le service militaire, participé à la révolution. Syrienne depuis sa création ou affiliée aux institutions de la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie.
 
La plus grande organisation humanitaire kurde, non affiliée à la Croix-Rouge internationale, traite tous les blessés, civils et militaires, mais l’un des plus grands défis du mois dernier a été de se sauver eux-mêmes. « Il est absurde qu’une ambulance s’en aille pour secourir les blessés et doit aider ses propres membres. Nous étions encore à dix kilomètres du front à attendre pour aller chercher les blessés quand le missile frappé de notre côté m’a fait sortir de la voiture « , a déclaré Dildar Abdelkarim, un volontaire, évoquant l’attaque du 12 octobre. «J’ai conduit 15 kilomètres à l’hôpital avec nos collègues blessés et j’ai perdu conscience et dérapé en nous éloignant du front. Il n’y a pas de pitié même pour nous qui aidons « .
 
Le 9 novembre, les vitres brisées sur la mâchoire d’un conducteur d’ambulance et le sang sur les sièges étaient le dernier signe d’une série d’attaques d’ambulances perpétrées contre diverses organisations médicales, allant des institutions du Croissant-Rouge à l’ONG Free Burma Rangers, un groupe humanitaire indépendant. Bien que la Turquie continue de nier les attaques ciblant le personnel et les établissements de santé, au moins cinq secouristes ont été tués et sept blessés, trois ont été kidnappés et exécutés en quelques semaines. Dans une autre phase de la guerre en Syrie qui a déjà fait plus d’un millier de morts en un mois, six mille blessés, environ trois cent mille personnes déplacées.
 
« Vous ne comprenez pas ce que l’on ressent à être près d’un homme blessé qui saigne et ne peut pas y aller parce que des drones et des missiles tombent entre vous et cette personne, pour nous empêcher de passer », dit Jamila, retenant ses larmes, les nerfs brisés par le peu des heures de sommeil que seule une autre cigarette peut étirer un instant. « L’attaque contre le personnel médical et les installations médicales est-elle un crime de guerre, car aucun pays ne dit rien à la Turquie? »
 
Originaire de Qamishlo, Jamila a été élue, il y a deux ans, avec Sherwan Beri, à la direction de Heyva Sor Kurd (Croissant-Rouge kurde), fondée en 2012 par un petit groupe de bénévoles qui se sont organisés avec peu de moyens de répondre. le besoin de soins médicaux et d’ambulances dans une situation où des civils ont été laissés seuls au milieu du conflit en l’absence de services de santé nationaux. La coprésidence et la direction d’une organisation ou institution d’un homme et d’une femme font partie du système d’administration autonome du nord de la Syrie et du projet de confédéralisme démocratique qui place la femme au centre du projet politique révolutionnaire dans les instances décisionnelles, politiques, sociales, militaires et culturelles. « Au début de la révolution syrienne, nous espérions qu’il y aurait plus de justice et de liberté. Lentement, c’est devenu un cauchemar: nous avons vu des camarades d’université rejoindre des groupes djihadistes et une guerre sans fin », explique Sherwan, qui a étudié pour devenir dentiste et qui s’est retrouvé ces sept dernières années sur le front de la guerre avec la moitié de la Syrie, avec Jamila.
 
« Avec le projet de confédéralisme démocratique, nous réclamons plus de droits pour tous, mais nous sommes seuls, écrasés entre les régimes syrien et turc, et les groupes djihadistes et le Kurdistan irakien, qui est le droit politique du Kurdistan. Mais il faut continuer ». Depuis un mois, les attaques de cellules de DAECH ont augmenté de 48%, selon les statistiques enregistrées par le centre d’information Rojava. En un seul jour, le 11 novembre, l’Etat islamique a revendiqué l’assassinat d’un prêtre arménien et de son père sur la route allant de Hasake à Der Zor, où ils allaient surveiller la rénovation d’une des églises de A Qamishlo, trois voitures piégées ont explosé près du marché, faisant 5 morts et 35 blessés. Les FDS ont mis fin aux fréquents raids et arrestations de membres de l’Etat islamique, qui espère seulement suivre les paroles de son chef, Abu Bakr al-Baghdadi, avant sa mort: libérer les prisonniers. Pendant ce temps, le Croissant-Rouge fait pression pour ouvrir une enquête sur une possible attaque avec des armes chimiques interdites ayant fait plusieurs blessés, comme l’ont constaté des médecins à Hasake, brûlés à la peau.
 
En début d’après-midi, Jamila dirige à nouveau une ambulance pour secourir de nouveaux blessés. En raison du bombardement continu, ils devront attendre une heure avant de pouvoir être emmenés à l’hôpital. Cette fois, ce ne sont pas des civils, mais des combattants des YPG, les unités de protection du peuple, la composante kurde des FDS. Entre-temps, trois sont morts et deux autres ont été blessés, l’un criant de colère et ne souhaitant pas être soigné par les médecins: ce n’est pas la douleur de la blessure qui le fait hurler, mais la perte de son camarade Kurde pendant le combat. Les corps n’ont pas encore été retrouvés et il veut seulement les récupérer. Les mêmes cris de larmes et de douleur qui accompagnent les marches et les funérailles des martyrs qui ont lieu tous les jours dans toutes les villes de Syrie en raison de la perte d’êtres chers. Un rendez-vous si fréquent ces dernières années mais auquel personne ne s’habitue jamais. Pas même ceux qui sont en première ligne. « Nous en avons trop vu, nous avons également besoin d’un soutien psychologique », demande Sherwan. « Mais notre vie est entièrement consacrée à cela, nous ne nous arrêterons pas », conclut Jamila avant qu’un autre appel urgent ne parvienne du front.

Reportage de Marta Bellingreri, pour L’ESPRESSO
Image via ANHA

Manifestations en Iran. Les villes kurdes assiégées, familles de manifestants tués menacées

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IRAN / ROJHILAT – Après quatre jours de manifestations à travers tout l’Iran, les écoles élémentaires et secondaires de Marivan, dans la région du Kurdistan iranien, ont été fermées les 18 et 19 novembre, de même que l’université Payam-e Nur et les bureaux du gouvernement. Les magasins et les marchés ont également été fermés et les marchands de bazar ont organisé une grève pour exprimer leur colère face à la violence et au meurtre de manifestants. Après la fermeture des routes des villes voisines de Hejrat (Jejsazi) et de Kanindinar, le lundi 18 novembre au soir, toutes les routes menant à la ville ont été bloquées et une interdiction de circulation a été mise en place.
 
Le mardi 19 novembre vers 1 heure du matin, les corps de deux manifestants tués dans les troubles ont été restitués à leurs familles. Les autorités ont ordonné aux familles d’enterrer les corps immédiatement et leur ont dit que personne en dehors des familles ne devait être informé de l’inhumation ni assister aux funérailles.
 
Trois manifestants blessés de Marivan ont également été emmenés dans des hôpitaux de Sanandaj et de Kermanshah mardi et se trouveraient dans un état critique.
 
La situation est similaire dans les autres villes kurdes de Kermanshah, Javanrood, Bookan, Shilêr Dadwend et Sanandaj (Sinê) où les forces iraniennes tirent à balles réelles sur les manifestants civils. On fait état de plusieurs dizaines de morts recensés dans les régions kurdes. Mais le nombre de morts et de blessés est certainement beaucoup plus élevé que les chiffres avancés car à cause, notamment, de l’internet coupé, il est difficile d’avoir ces détails.
 
L’Iran réprime de nouveaux son peuple affamé et assoiffé de liberté, loin des regards indiscrets.

Image : Shaho Welîdî, un des manifestants tués à Marivan, était un activiste kurde. La photo le montre menant une campagne d’aide aux victimes du séisme meurtrier à Kermanshah, en 2017.

Manifestations en Iran : Le bilan s’alourdit au Rojhilat avec au moins 35 morts

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IRAN / ROJHILAT – Le bilan de la répression sanglante des manifestations dans les régions kurdes d’Iran s’alourdit. Les forces iraniennes, qui ne sont pas tendres avec la population iranienne en générale, sont particulièrement féroces contre les Kurdes du Rojhilat (Kurdistan d’Iran).
 
Les manifestations qui ont éclaté le 15 novembre dans tout l’Iran, après que les autorités ont augmenté le prix du carburant, sont réprimées dans le sang alors que le régime iranien a coupé l’internet afin d’empêcher que les images sanglantes de la répression ne sortent du pays.
 
Selon plusieurs groupes locaux de défense des droits humains, les forces de sécurité utilisent des balles réelles contre les manifestants. Par ailleurs, le corps des Gardiens de la révolution islamique (les Pâsdârân) a menacé lundi de « réagir efficacement » si les manifestations se poursuivaient.
 
Selon les dernières informations, au moins 35 manifestants ont été dans les villes kurdes d’Iran. On fait état de nombreux blessés dont certains se cachent à la maison par peur d’être arrêtés par les forces du régime. Il y aurait par ailleurs plus de 300 manifestants arrêtés au Rojhilat (Kurdistan d’Est).
 
A Kermanshah, les forces iraniennes ont tué au moins 15 manifestants, 15 autres personnes à Javanrood, 8 à Marivan, 5 à Bookan, une personne à Shilêr Dadwend et une autre à Sanandaj (Sinê).
 

IRAN. Au moins sept manifestants tués dans la ville kurde de Marivan

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IRAN / ROJHILAT – MARIVAN – Au moins sept civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés dans la ville kurde de Marivan au cours d’une journée de manifestations antigouvernementales à la suite d’une augmentation soudaine du prix de l’essence dans plusieurs villes kurdes et iraniennes.
 
Adnan Hassanpour, journaliste à Marivan, a déclaré que «les manifestations ont commencé pacifiquement dans la ville mais ont été violemment attaquées par la police et les forces de sécurité».
 
« Des violences sans précédent ont été infligées par les forces de l’ordre et de sécurité qui tirent sur les gens depuis hier », a ajouté Hassanpour en rejetant les rumeurs selon lesquelles il y avait eu des affrontements armés et des manifestants désarmés par la police.
 
À la suite des tirs des forces de sécurité iraniennes, sept civils ont été tués à Marivan le 16 novembre. Par ailleurs, un à quatre autres civils auraient perdu la vie à Marivan, en plus d’un civil à Sanandaj le 17 novembre. En outre, des dizaines de civils ont également été blessés, dont certains ont été emmenés dans les hôpitaux de Bou Ali et de Fajr à Marivan. « Un autre citoyen blessé est soigné chez lui, craignant d’être identifié et détenu s’il était transféré à l’hôpital », a ajouté Hassanpour.
 
« À la suite des troubles, 10 manifestants ont incendié 10 succursales de banque, deux stations-service et un magasin de la chaîne Ofogh Korosh, dont beaucoup de citoyens pensent qu’il fait partie des institutions militaires et de sécurité. Certaines autres stations-service ont été démolies au lieu d’être incendiées en raison de leur proximité avec les quartiers résidentiels. Les manifestants ont également perquisitionné plusieurs banques. De plus, les manifestants ont détruit les tracts et les banderoles des agences de sécurité dans les villes de Sanandaj et Marivan. En outre, les lignes téléphoniques ont été coupées constamment », a poursuivi Hassanpour en évoquant l’indignation des citoyens à travers la ville de Marivan.
 
Différentes villes du Kurdistan, ainsi que d’autres villes d’Iran, sont la scène de rassemblements de protestation contre l’augmentation soudaine du prix de l’essence. L’ampleur de la répression et de la violence perpétrées par les forces de sécurité et de police dans les villes [kurdes] de Marivan, Javanrud, Sanandaj et Kermanshah était plus grande que dans d’autres villes [iraniennes].
 

Le comédien kurde, Aram Tastekin réussit à faire rire le public avec un sujet grave

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PARIS – Le comédien kurde, Aram Tastekin, réfugié en France depuis moins de 2 ans, était sur scène hier soir, au Cité international des arts de Paris, dans le 18ème arrondissement de Paris.
 
Aram a joué son spectacle « Happy Dreams – Une histoire kurde » en français, après seulement un an et quelques mois d’apprentissage de cette langue qui lui était inconnue jusqu’alors.
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans un village montagneux du Kurdistan où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams »…
 
Le voyage d’Aram se termine quand il devient comédien dans une troupe d’acteurs kurdes.
 
Malgré son sujet qui est plutôt lourd, le spectacle est assez drôle et nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle de son troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde… Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc. 
 
La pièce a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Guillou a été assisté par Noémie Régnaut dans la mise en scène du spectacle. Une pièce qu’on espère revoir très bientôt.
La soirée était organisée dans le cadre du 3ème festival Visions d’exil.

Image via Aram Tastekin

Chaque Kurde qui quitte le Rojava est une victoire pour Erdogan

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En 2018, plusieurs milliers de Kurdes ont dû quitter le canton d’Afrin, dans le nord de la Syrie, suite à l’occupation de la région par l’armée turque et ses mercenaires jihadistes. La Turquie a remplacé les Kurdes par des milliers de familles d’islamistes transférés d’autres régions syriennes, dont Idlib, Homs et Ghouta.
 
Aujourd’hui, la Turquie veut répéter le même scénario dans le reste du Rojava qu’elle attaque avec les gangs recyclés de DAECH, Al-Qaïda présentés sous l’étiquette de l’ « Armée nationale syrienne » qu’elle a formée spécialement pour l’occupation du nord de la Syrie…
 
Comme pour Afrin, les institutions et les puissances mondiales, dont les Etats-Unis, l’Europe, la Russie, l’ONU… laissent la Turquie commettre un nettoyage éthique au Rojava où elle veut créer son Jihadistan qu’elle va peupler avec des gangs islamistes et des réfugiés syriens actuellement en Turquie.
 
La Turquie, pays membre de l’OTAN, a le soutien ouvert de l’ONU pour mener à bien le nettoyage éthique opéré au Rojava. Une action criminelle qu’elle ose faire passer comme une action positive ayant pour but le « retour » des réfugiés syriens sur leurs terres. Or, il s’agit essentiellement de réfugiés originaires d’autres régions syriennes. L’ONU sait certainement les intentions de la Turquie. Mais comme les Kurdes sont sans Etat, ils n’ont personne pour les défendre devant cette injustice et pour l’ONU et les Etats européens, ceci est un moindre mal pour l’Europe (que la Turquie menace avec ces millions de réfugiés) et les autres Etats impliqués dans le conflit syrien. Ainsi, on sacrifie des millions de Kurdes syriens pour que les alliances étatiques ne souffrent pas de ce conflit alimenté d’ailleurs par ces mêmes acteurs mondiaux. C’est pourquoi, chaque Kurde qui quittera le Rojava est une victoire pour la Turquie et dire « welcome » aux Kurdes victimes de nettoyage éthique n’est pas un service que vous leur rendez car on les chasse de leurs terres pour toujours.
Tout ce que les Kurdes veulent, c’est de vivre en paix sur leurs terres, sans qu’on les oblige à devenir arabes ou turcs, et non pas être les éternels réfugiés chassés de partout !

Zehra Dogan n’est pas la bienvenue aux Etat-Unis

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Les États-Unis on refusé d’accorder un visa à l’artiste kurde Zehra Doğan (Certainement pour ne pas froisser la Turquie d’Erdogan où Trump a des intérêts immobiliers – les deux Trump Towers à Istanbul/Şişli).

Pour info, elle voulait assister à l’ouverture d’une expo où il y avait aussi ses œuvres et non pas pour demander l’asile !

L’artiste et journaliste kurde Zehra Doğan, emprisonnée pendant près de trois ans en Turquie pour avoir fait de l’art offensant le gouvernement turc, s’est vu interdire l’entrée aux États-Unis le mois dernier lorsqu’elle a voulu assister à l’ouverture d’un spectacle au Drawing Center incluant son travail.
 
L’exposition « The Pencil Is a Key: Drawings by Incarcerated Artists (Le crayon est une clé : Dessins d’artistes incarcérés) » présente le travail d’artistes incarcérés, y compris des prisonniers politiques et des détenus des camps de concentration. La jeune femme kurde, Doğan a été accusée par la Turquie d’appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), après avoir peint une photo d’un quartier kurde détruit par les forces de sécurité turques.

Armes chimiques au Rojava : L’OIAC veut-elle protéger la Turquie ?

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BERLIN – L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ne prend aucune mesure pour enquêter sur l’utilisation par la Turquie de produits chimiques dans la région kurde du Rojava.

Ulla Jelpke, députée de DIE LINKE, a interrogé le gouvernement fédéral sur sa connaissance de l’utilisation de bombes au phosphore blanc par l’armée turque dans le nord de la Syrie et de ses conséquences.

 
Les forces de l’État turc ont utilisé des armes chimiques interdites lors de l’invasion du nord et de l’est de la Syrie. Alors que le gouvernement allemand a jusqu’à présent fermé les yeux sur cette question, la députée Ulla Jelpke du parti de gauche allemand (DIE LINKE) a demandé au gouvernement si une enquête serait ouverte contre la Turquie à ce sujet.
 
Répondant à Jelpke, le gouvernement allemand a expliqué qu’il n’était au courant de rapports sur l’utilisation de bombes au phosphore que par le biais des médias, mais qu’il n’avait pas l’autorité nécessaire pour enquêter. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) est chargée d’enquêter sur les allégations, a dit la réponse et a noté que l’OIAC a pris la décision de ne pas enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques au Rojava (…).
 
Jelpke a vivement critiqué l’OIAC pour avoir « deux poids, deux mesures », en disant : « Lorsque les troupes du gouvernement syrien ont été soupçonnées d’avoir utilisé des armes chimiques, l’OIAC a agi rapidement. Mais lorsque des enfants brûlés par les bombes au phosphore de la Turquie, État membre de l’OTAN, montrent leurs blessures, une enquête sur ces événements est refusée. Les agents de guerre chimique sont interdits dans le monde entier. J’attends donc du gouvernement fédéral, qui dispose d’une représentation permanente auprès de l’OIAC, qu’il collabore avec cette organisation pour clarifier les allégations contre la Turquie. Les crimes de guerre devraient faire l’objet de poursuites (…). La cohorte criminelle avec le dictateur Erdogan doit enfin être arrêtée. »
 
ANF

La Région Occitanie solidaire du Rojava

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MONTPELLIER – Les élus régionaux de la région Occitanie ont alloué un don de 100 000 euros pour les populations du Rojava et de la Syrie du Nord-Est chassés de leurs terres par la Turquie et ses mercenaires islamistes.

Communiqué: “Réunis sous la présidence de Carole Delga en assemblée plénière ce jeudi 14 novembre 2019 à Montpellier, les élus régionaux ont voté une aide d’urgence de 100 000€ en faveur des populations kurdes et syriennes contraintes à l’exode suite aux combats se déroulant actuellement dans le Nord-Est de la Syrie.

« Face à cette situation humanitaire dramatique pour les populations du Nord-Est de la Syrie déplacées, il est de notre devoir d’exprimer la solidarité régionale. Cette même solidarité inscrite dans l’histoire de l’Occitanie et qui guide mon action à la tête de la Région depuis le début de mon mandat. Dans la continuité du vœu adopté en assemblée plénière le 24 juin 2016 pour une reconnaissance et un jumelage de notre région avec le Rojava, cette aide exceptionnelle de 100 000 € contribuera à apporter une action humanitaire de première urgence aux réfugiés kurdes et syriens contraints à l’exode dans les camps du Kurdistan Irakien. Cette aide sera déployée en lien avec les instances de l’Organisation des Nations Unies, notamment le bureau de coordination de l’aide humanitaire (OCHA) en Syrie et le Haut-Commissariat aux Réfugiés (UNHCR), et avec les ONG les plus aptes à répondre à la situation.» a déclaré la présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée Carole Delga à cette occasion.”

 

L’armée turque a lancé le 10 octobre dernier une offensive dans le Nord-Est de la Syrie afin de déloger les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), majoritairement kurdes, qui l’occupaient depuis 2016, laissant présager une crise humanitaire grave. Cette situation s’avère d’autant plus préoccupante que les organisations non gouvernementales (ONG) internationales ont été contraintes d’arrêter leurs activités et se sont repliées dans l’urgence au Kurdistan Irakien. Avant l’offensive turque, le Nord-Est syrien comptait déjà 861 000 personnes en situation aigüe de besoin et 605 000 déplacés, dont 130 000 personnes dans des camps.

 

Le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) faisait quant-à-lui état le 22 octobre de l’arrivée de 1 000 personnes par jour dans le camp de réfugiés de Bardarash dans le Kurdistan Irakien, majoritairement des femmes et des enfants.”

Fontenay-sous-Bois participe à la campagne de dons en soutien aux Kurdes du Rojava

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FONTENAY-SOUS-BOIS – Le conseil municipal de la ville de Fontenay-sous-Bois a voté pour la participation à la campagne de dons lancée par l’ONG Soleil Rouge (Roja Sor) en soutien au peuple kurde du Rojava.

Voici le compte rendu du Conseil municipal de Fontenay-sous-Bois :
 
« Tout doit être fait pour protéger les Kurdes, défendre le Rojava et enfin trouver une solution politique.
 
Profitant de l’annonce du retrait des troupes américaines, le 9 octobre, l’armée turque a envahi le Rojava, au nord-est de la Syrie. Cette invasion est appuyée par des milices djihadistes issues des branches locales d’Al-Qaida et de groupes salafistes. En pointant par cette intervention les combattants et combattantes kurdes YPG/YPJ comme « terroristes » en raison de leur lien avec le PKK, Erdogan ment.
 
En réalité, Erdogan et les djihadistes veulent en finir avec l’expérience démocratique du Rojava, mise en place du nord-est de la Syrie depuis le début de la guerre en 2011 puis institutionnellement dans le cadre de la région autonome en Syrie en 2016 avec un gouvernement inclusif.
 
Le Rojava a l’immense mérite d’avoir mis en place des institutions et un programme basé sur le féminisme, la répartition des richesses, la laïcité et l’écologie dans des conditions de guerre et de pénurie. Ce programme s’appelle le confédéralisme démocratique.

Tout doit être fait pour protéger les Kurdes, défendre le Rojava et enfin trouver une solution politique. Cette solution passe d’une part par le retrait des troupes d’Erdogan du Rojava.
 
Elle passe également par la libération du leader kurde Abdullah Öcalan, des différents leaders politiques eu HDP et par la restitution de leurs mandats aux co-maires destitués.
Le PKK doit également sortir de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne car il n’est pas possible d’accepter que ces hommes et femmes, en première ligne contre les djihadistes au Moyen-Orient, soient en même temps considérés comme des terroristes.
 
Enfin, et c’est le sens de cette délibération, cette solution passe aussi par une aide matérielle et financière. En effet, la situation humanitaire sur place est cauchemardesque.
 
Roja Sor est la seule association en France qui soit directement reliée au Croissant Rouge Kurde au Rojava, qui fait directement face aux besoins sur place. Avec un réseau d’autres associations, Roja Sor a lancé un appel à l’aide et au soutien humanitaire international et lance une campagne de don.
 
Fontenay, fidèle à sa tradition solidaire et humaniste, s’honore à y répondre favorablement. »