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CORONAVIRUS. Quatre Kurdes sont morts à Amed

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TURQUIE / BAKUR – Quatre personnes sont décédées à Amed et Silvan à cause du Covid-19.
 
On a appris que deux personnes qui étaient au soins intensifs ont perdu la vie samedi soir. Le nombre de personnes qui ont perdu la vie à cause du coronavirus (Covid-19) est de 4 dans la ville kurde Diyarbakir (Amed), au Kurdistan du Nord (Bakur).
 
À Silvan, dans la province d’Amed, 2 personnes qui étaient atteintes du Covid-19 étaient décédées auparavant.
 
On a appris que l’une des personnes décédées avait 85 ans et a apparemment contracté le virus d’un parent venu d’Irak qui avait contracté le Covid-19. Les membres de la famille ont été mis en quarantaine.
 

Les femmes artistes du Rojava rendent hommage à Helin Bölek

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SYRIE / ROJAVA – Le mouvement culturel et artistique des femmes du Rojava a rendu hommage à Helin Bölek, chanteuse du Grup Yorum, qui a perdu la vie après 288 jours de grève de la faim alors qu’elle protestait contre l’interdiction de faire de la musique contestataire en Turquie.
 
Kevana Zêrîn, le mouvement culturel et artistique des femmes kurdes du Rojava, a déclaré: « Comme l’a dit Helin Bölek, résister seul ne suffit pas, la résistance ne peut être forte qu’avec l’organisation. »
 
Voici la déclaration de Kevana Zêrîn :
 
« L’humanité doit son existence à ses bardes. Ils étaient les guides les plus simples et les plus authentiques des gens. Ils nous ont montré d’où nous venions, qui nous sommes et où aller.
 
Notre amie Hêlîn Bölek, qui était la voix de l’art de la révolution, a également rejoint la longue liste des bardes qui ont perdu la vie en servant leur peuple. Nous rendons hommage à Helin et nous rendons hommage à sa famille.
 
En tant que mouvement culturel et artistique des femmes Kevana Zêrîn Rojava, nous promettons à Helin Bölek que nous porterons sa résistance et son art vers un avenir libre sur la base de l’organisation. La révolution du Rojava est une révolution des femmes. Si nous transformons Helin la résistance en action organisée, nous gagnerons tous. Notre amie Helin Bölek vivra et aura toujours une place parmi les peuples et les poètes mésopotamiens avec sa position d’artiste, son essence et sa résistance. »
 

CUISINE. « La salade des Zagros »

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CUISINE – Des mauvaises nouvelles dues au coronavirus viennent du quatre coins du monde. Nous sommes des milliards de confinés à cause du Covid-19. Mais nous avons l’espoir que l’humanité retrouvera enfin son chemin après des siècles d’errance la menant à sa perte. Alors, pour mettre des couleurs à nos vies devenues « otage » d’une pandémie mondiale, on vous propose une recette de salade qu’on a renommée « salade des Zagros », une chaîne de montagnes du Kurdistan.
 
Ingrédients :
 
1 gros oignon
3 tomates
Jeunes pousses d’épinard
5 radis
Quelques olives noires
1 citron
Huile d’olive
Une c-à-s de graines de sésame
Sel, piment ou poivre
 
Préparation :
 
Émincez finement l’oignon, faites-le mariner pendant une heure ou deux dans le jus de citron, du sel, du piment, graines de sésame et huile d’olive.
Coupez les tomates et les radis dans un grand saladier. Versez-y les jeunes pousses d’épinard; les olives et l’oignon mariné.
 
A déguster accompagné d’un plat de riz ou de boulgour.
 
Nocican be / Bon appétit

COVID19. Mutinerie dans une prison de la ville kurde de Batman

TURQUIE / BAKUR – Alors que l’épidémie du coronavirus se propage dans les prisons de la Turquie, des prisonniers politiques kurdes de Batman ont mis le feu à la prison de Batman pour protester contre leur détention malgré les risques réelles de morts annoncées.

La mutinerie semblent embraser d’autres prisons de la Turquie.

En Turquie, plus de 50 000 journalistes, écrivains, politiciens (dont de nombreux Kurdes comme Selahattin Demirtas), musiciens, universitaires, défenseurs des droits humains, enseignants, médecins, avocats, étudiants, hommes d’affaires et femmes au foyer sont incarcérés pour terrorisme. En pleine épidémie du Covid-19, les prisons turques risquent de se transformer en un cimetière si elles ne sont pas vidées.

Le mari de l’ancienne députée kurde d’HDP, Gülser Yıldırım, le médecin Kamuran Yıldırım, a déclaré récemment que la pandémie de Covid-19 représentait un grand risque pour les prisonniers politiques et a ajouté: « S’ils les gardent là, les prisons se transformeront en morgues. »

ROJAVA. Un incendie tue 4 enfants dans un camp de réfugiés à Dêrik

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SYRIE / ROJAVA – Quatre enfants ont perdu la vie et trois autres ont été blessés à la suite d’un incendie dans le camp de Newroz, situé au nord de la ville kurde de Dêrik, au Rojava.

Un incendie s’est déclaré dans le camp de Newroz, où vivent des familles forcées fuir  Serêkaniyê et Zirgan à la suite des attaques d’invasion menées par la Turquie et les gangs islamistes.
 
Dans l’incendie, les enfants Teysîr Mihemed Îlêwî El-Sacir (6), Diyana El-Sacir (8), Beraa El-Sacir (2) et Esed El-Saric (8) ont perdu la vie.
 
Fatima El-Sacir (12 ans) nés à Serêkaniyê et Miyeser El-Sacir (10 ans) et Ehmed Mihemed Xelîl (3 ans) nés à Zirgan ont été blessés.
 

TURQUIE. Un prisonnier politique kurde ramené en prison malgré un AVC

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TURQUIE – La pandémie du coronavirus (COVID-19) fait des ravages en Turquie où des milliers de prisonniers malades croupissent dans les prisons turques. Le prisonnier politique kurde, Sabri Kaya fait partie de ces malades et il a été ramené à la prison après était hospitalisé à Osmaniye pendant 10 jours à la suite d’une crise cardiaque et d’une hémorragie cérébrale.
 
Sabri Kaya, qui avait été amené à l’hôpital d’Osmaniye à la suite d’un accident vasculaire cérébral et d’une hémorragie cérébrale qu’il avait subis le 25 mars alors qu’il se trouvait dans la prison d’Osmaniye, a été ramené en prison.
 
Kaya est détenu à l’infirmerie de la prison depuis jeudi.
 
La fille de Kaya, Dilan, a déclaré que son père avait été ramené en prison jeudi. Elle a ajouté qu’elle avait pu parler à son père au téléphone et que sa voix était très faible.
 
L’avocat de Kaya, Şiar Rişvanoğlu, a demandé au juge d’exécution d’Osmaniye de demander le report de la peine de son client.
 

CORONAVIRUS. Quatre Kurdes ont perdu la vie à Mardin

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TURQUIE / BAKUR – L’épidémie du COVID-19 se propage à une vitesse folle dans les régions kurdes du Bakur. On vient d’annoncer la mort de quatre personnes dans la province de Mardin après avoir contracté le coronavirus.
 
Le couple kurde, Verdê Çetin et Cahit Çetin sont décédés à un jour d’interval. Tous deux étaient soignés dans le district de Kızıltepe. Deux autres personnes étaient décédées auparavant, H. Nuri Ercan (66) dans le district de Midyat et Rıdvan Kaya (70) dans le district d’Artuklu.
 
On ne sait pas si ces personnes figurent sur la liste annoncée par le ministère turc de la Santé. Cependant, aucun décès n’a été signalé à Mardin, dans le Kurdistan du Nord, dans la liste du 1er avril, seuls 34 cas ont été signalés.
 

UNESCO: La littérature et les arts aident Slemani à faire face au COVID-19

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KURDISTAN DU SUD – L’UNESCO vient de mettre en honneur la ville kurde de Slemani, mais la présentant comme une ville irakienne… Nous les Kurdes, allons être les éternels dépossédés de l’histoire? En effet, on nous vole notre culture, notre langue, nos traditions… tout notre passé alors que notre présent reste interdit !
 
Voici le communiqué de l’UNESCO :
 
« Slemani, une ville d’Irak, est devenue une Ville créative de littérature de l’UNESCO en 2019. La littérature joue un rôle actif dans le développement culturel et économique de Slemani – un centre culturel régional.
 
La littérature et la création littéraire ont une influence sur la ville, qui est également une capitale régionale de la traduction et qui abrite sept grandes maisons d’édition. Aujourd’hui, la ville accueille de grands festivals littéraires, dont le festival annuel de Galawezh, fondé en 1996, qui invite des écrivains kurdes, arabes, persans, turcs et irakiens à participer et à contribuer à leur travail.
 
Slemani se concentre sur la conception et la mise en œuvre de politiques et de mesures visant à soutenir à la fois les créateurs et la création de nouvelles littératures.
 
Face à l’épidémie de coronavirus, la ville de Slemani a lancé une initiative intitulée « Littérature et arts en tant que compagnons et thérapeutes » pour aider les personnes en situation de confinement et qui vivent la distanciation sociale à rester résilientes et unies.
 
L’initiative vise également à soutenir les patients du COVID-19, en particulier en leur fournissant des œuvres littéraires et des matériaux créatifs et inspirants. Des écrivains, auteurs, artistes et journalistes d’autres villes littéraires créatives ont été invités à partager leurs créations et visions optimistes, ainsi que leurs expériences de vie positives pour aider les personnes à s’adapter et à se rétablir.
 
À ce jour, les villes créatives de Durban (Afrique du Sud), Melbourne (Australie), Oulianovsk (Fédération de Russie), Óbidos (Portugal) et Odessa (Ukraine) ont manifesté leur intérêt et contribué à cette initiative.
 
Les œuvres littéraires collectées seront intégrées et numérisées dans une collection intitulée « Caring for Each Other is a Human Right » qui sera mise en ligne et diffusée parmi les villes créatives participantes. »
 

Etre Kurde ou ne pas l’être, si Hêlîn pouvait nous entendre…

ASSIMILATION. Hier, la musicienne kurde du Grup Yorum, Helin* (« nid » en kurde) Bölek nous quitté après 288 jours de grève de la faim. Nous lui avons rendu hommage en musique. Mais une de nos abonnés a été scandalisée qu’on parle de l’identité kurde d’Hêlîn Bölek… Pourquoi ?
 
Le Grup Yorum a été, et l’est encore aujourd’hui, contre le mouvement de libération kurde, l’accusant d’être « nationaliste » et « agent » des USA, alors qu’on essaye tout simplement de survivre au milieux de centaines de massacres et de génocides. Notre identité est niée, notre langue et notre culture interdites, pillées… Tout cela, même si il lui arrive de chanter des chansons kurdes, comme « Keçe Kurdan ». On voulait tout de même rendre hommage à notre sœur Hêlîn qui a subit l’assimilation, on rappelant que nous sommes tant de Kurdes dans sa situation.
 
Nous sommes doublement tristes qu’une chanteuse kurde soit morte pour une idéologie anti-kurde dont Grup Yorum s’est fait le chantre… Quelle repose en paix après tant de souffrances endurées durant près de 300 jours. 
 
Est-ce que cela pourrait aider les autres Kurdes assimilés à se poser des questions ?

Les deux musiciens du Grup Yorum Helin Bölek et İbrahim Gökçek étaient en grève de la faim depuis plus de 288 jours. Ils été abandonnés à la mort par les autorités turques alors que l’épidémie du coronavirus (COVID-19) se propage dans le pays à une vitesse folle. Ils payent de leur vie l’envie de faire de la musique contestataire en Turquie.
PS : Ce poste est un mis au point après le quiproquo qui a suivi notre hommage d’hier.

COVID-19. Le Rojava produit ses propres respirateurs

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SYRIE / ROJAVA – Menacé par l’épidémie du coronavirus, le Rojava n’a que 27 ventilateurs sur l’ensemble de son territoire. Trois personnes ont donc décidé de fabriquer des respirateurs pour d’éventuels cas de Covid-19 en Syrie du Nord et de l’Est.
 
Les territoires du nord et de l’est de la Syrie sont sous l’embargo total et les fournitures médicales atteignent la région très difficilement. Les populations comptent sur leurs propres ressources et solidarité face à la pandémie du coronavirus et prennent des mesures créatives. En raison du petit nombre de ventilateurs médicaux, l’administration autonome fait tout son possible pour obtenir du matériel supplémentaire. Contre la catastrophe de la pandémie de Covid-19, trois personnes à Amûdê ont décidé de suivre la demande du Croissant Rouge kurde, Heyva Sor a Kurdistanê, et de développer un respirateurs.
 
L’ingénieur électricien Mehmûd Mihêmed Xêr et les techniciens électriciens Mesûm Silêman et Serdar Tahir Selîm sont à l’origine du développement d’un premier prototype, qu’ils ont présenté à l’agence de presse nord-syrienne ANHA.
 
Premier prototype
 
Les trois collègues ont réussi en trois jours de travail à produire un prototype capable d’une ventilation contrôlée. Selon Serdar Tahir Selîm, le prototype peut être utilisé dans les hôpitaux après approbation par les spécialistes et le comité de santé de la région de Cizîrê.
 
Mehmûd Mihêmed Xêr déclare qu’ils ont développé l’appareil selon la norme mondiale et continue : « Nous avons décidé de faire quelque chose pour répondre aux besoins de notre peuple. Avant de commencer, nous nous sommes dit : « Rêvez et faites quelque chose pour réaliser vos rêves ».
 
Tous les tests ont été réussis et le dispositif pourra être utilisé dans les unités de soins intensifs dès qu’il aura été approuvé par le personnel de santé, explique Mesûm Silêman.
 

Coronavirus: 5 Kurdes morts en France

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PARIS – Le militant kurde, Hüseyin Akdoğan est décédé aujourd’hui dans la région parisienne après avoir contracté le coronavirus. Jusqu’à présent, au moins 5 Kurdes sont morts à cause de l’épidémie COVID-19 en France.
 
Le Conseil démocratique kurde de France (CDK-F) a annoncé le décès d’Akdoğan dans un communiqué écrit.
 
Notant que Hüseyin Akdoğan est l’un des plus anciens patriotes de la lutte pour la liberté kurde, le CDK-F a indiqué qu’il est décédé dans la banlieue de Villiers-le-Bel en région parisienne.
 
Voici le communiqué:
 
« Hüseyin Akdoğan, qui vivait à Villiers-le-Bel depuis de nombreuses années, venait du district de Kerboran (Dargeçit) à Mardin et est décédé vendredi en raison du coronavirus qu’il avait contracté.
 
Hüseyin Akdoğan, qui était dans le coma à l’hôpital depuis le 12 mars, a fermé les yeux sur l’éternité aujourd’hui. Hüseyin Akdoğan, qui vit à Paris depuis les années 1980, était l’un des plus anciens et plus importants vétérans de la lutte pour la liberté kurde en France.
 
Avec Hüseyin Akdoğan, décédé aujourd’hui, le nombre de Kurdes morts en France à cause du coronavirus est d’au moins 5, tandis que des centaines de personnes sont en quarantaine et d’autres sont traités dans divers hôpitaux. »
 

ROJAVA / SYRIE. Les unités de protection syriaques / assyriennes

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SYRIE / ROJAVA – « Il est cependant important de préciser que ces personnes ne souhaitent pas se battre. Romantiser le combat nie la réalité de la guerre et ses horreurs et déforme le sens de la prise des armes des femmes syriaques/assyriennes. Créer les Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin leur a permis de se joindre à l’objectif des Forces Démocratiques Syriennes : se concentrer sur, renforcer et défendre les femmes syriaques/assyriennes et les femmes en général, leurs terres d’origine et les populations qui y habitent. Cela permet, de plus, de changer les schémas de pensée qui assimilent la catégorie « femme » à des personnes incapables à se défendre et à se constituer comme sujets (sociaux, politiques, économiques, …). »

Un article détaillé sur les unités de protection des syriaques / assyriennes de la Syrie du Nord et de l’Est alliées aux forces arabo-kurdes.
 
Le paysage défile depuis plus d’une heure avant que nous arrivions à la destination souhaitée, non loin des lignes de front séparant d’un côté l’Etat Turc, de l’autre les Forces Démocratiques Syriennes. En ce début mars, les vastes plaines de Cêzîrê sont recouvertes de végétation. Des drapeaux des Unités de Protection du Peuple (YPG), des Unités de Protection des Femmes (YPJ), du Conseil Militaire Syriaque (MSF), des assyriens et chaldéens ainsi que d’Abdullah Ocalan flottent aux des routes et sur les ronds-points. J’ai la chance de rencontrer en premier lieu Mr. Aram Hanna, commandant du Conseil Militaire Syriaque, en deuxième une des commandantes des Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin (HSNB ), « Bethnahrin » se rapportant à la région relative à la Mésopotamie en langue syriaque.
 
Ces deux instances militaires se coordonnent avec le Parti de l’Union Syriaque (SUP) et le Conseil National de la Mésopotamie (MUB), un parti politique et une organisation politique qui représentent les intérêts des peuples syriaques/assyriens . Le SUP a été créé en 2003 pour « protéger nos populations, notre langue, notre nation et nos religions » indique Mr. Aram Hanna. Il s’agit, selon ce dernier, de pouvoir transmettre librement aux enfants syriaques/assyriens leur culture propre.
 
Les peuples syriaques/assyriens subirent avant et durant le vingtième siècle de nombreux massacres. Plusieurs milliers de syriaques/assyrien.ne.s ainsi que des chaldéen.ne.s furent tué.e.s en 1933 en Irak, mais aussi durant le génocide des kurdes entre 1988 et 1989 sous Saddam Hussein. En 1909 à Adana, au sud-est de l’Anatolie, l’Empire Ottoman extermina des civils syriaques/assyriens et chaldéens en parallèle des arméniens . Ces populations connurent dans le courant du XIXème siècle plusieurs pogroms perpétrés par l’Empire Ottoman. Mais c’est lors du génocide en 1915 que l’horreur atteignit son apogée. A Seyfo, plus de 250 000 syriaques/assyrien.ne.s et chaldéen.ne.s y perdirent la vie, soit la moitié de la population de ces communautés de l’époque . Ce génocide coïncide avec le génocide arménien et des grecs pontiques.
 
Aujourd’hui, les deux commandant.e.s rencontré.e.s tiennent des propos similaires par rapport à la vie sous l’administration autonome du nord-est syrien. En effet, les peuples syriaques/assyriens peuvent dorénavant parler leur langue et disposent de leur propre secteur militaire, sécuritaire, éducatif et politique.
 
Le Conseil Militaire Syriaque (MSF)
 
Le Conseil Militaire Syriaque fût créé en 2012 et rejoignit les Forces Démocratique Syriennes en 2015, tout comme les Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin. Mr. Aram Hanna étudiait la langue anglaise avant la guerre, mais décida de se joindre au Conseil Militaire Syriaque après la prise d’une quinzaine de villages de sa région par DAECH / ISIS. « Au début, témoigne-t-il, ce sont les civils qui ont protégés les rues ». Les Forces Démocratiques Syriennes furent ainsi créées pour coordonner les différentes unités tout en respectant les particularités ethniques et religieuses des différentes composantes de la population du Rojava. Le MSF est actuellement présent à Raqqa, Deir el Zor et Cêzîreh et compte en son sein environs 1000 soldats.
 
A propos de l’invasion de Sêrîkanîye par l’Etat Turc en octobre 2019, Mr. Aram Hanna est sans équivoque à l’idée d’une réaction effective par les puissances extérieures : « Sêrîkanîye est un problème international. Un jour avant les premières attaques, les USA l’ont abandonné. Et les Nations-Unies se sont contentés de regarder. […] Mais nous, nous résisterons. Nous resterons jusqu’à la fin ».

Aram Hanna, commandant du Conseil Militaire Syriaque. A sa gauche, le drapeau symbolisant les syriaques/assyrien.ne.s/chaldéen.ne.s. A sa droite, les photos de Shehid (martyrs) tombés au combat

Armée Syrienne Libre ou Daech, les deux groupes armés sont similaires dans les actes d’horreurs qu’ils commettent. « Cela aurait été plus simple si nous possédions plus d’armes lourdes. Et les drones turcs empêchent de pouvoir se déplacer aisément. Nous faisons face à la deuxième armée de l’OTAN ». Comme Mr. Aram Hanna le précise, ils ne comptent plus que sur eux-mêmes. « Nous sommes ici pour défendre nos terres » dira par la suite la commandante des HSNB. « Nous sommes du bon côté. Nous n’avons pas attaqué. Nous défendons les générations futures » déclare Mr. Aram Hanna.
Ce dernier a appris le syriaque deux ans auparavant. Aujourd’hui, il est fier de dire que ce sont ses enfants qui l’apprennent, et ce grâce à chaque homme et femme qui s’est levé contre Assad, Daech ou l’Etat Turc.
 
Les Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin
 
Les Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin ont été créées en 2015 dans un contexte de double violence : violence perpétrée par Daech d’une part, violence patriarcale systématisée d’autre part. Déjà présentes sur la ligne de front en octobre 2015 alors qu’elles furent seulement fondées en août de la même année, les HSNB durent répondre à l’urgence de se constituer en tant que force militaire face à Daech. Depuis lors, l’éducation que les nouvelles recrues bénéficient s’est nettement améliorée. Celles-ci assistent à des cours sur l’idéologie démocratique, sur l’histoire, mais aussi sur l’histoire des femmes, des syriaques/assyrien.ne.s.

Un travail psychologique est notamment entamé car nécessaire après de longues années au sein d’un environnement familial liberticide. Les femmes normalisent leur objectification à travers la sphère familiale ; s’entourer d’un groupe de femmes solidaires entre elles dans les forces de protection permet ainsi à celles-ci de se développer pleinement. Selon la commandante, « il ne s’agit effectivement pas juste d’un symbole ». La révolution pour elles, c’est sur les lignes de front … au sein même de leur ligne. Elle m’a confié une anecdote lorsqu’elle supervisait des unités d’hommes et de femmes . Tandis qu’une pluie torrentielle s’abattait sur les troupes, une soldate a refusé de rentrer à l’intérieur d’une tente car cela favorisait une promiscuité physique entre combattantes et combattants. Elle a cependant suivi les ordres de la commandante.
 
Se défendre en tant que femme est un tabou, surtout lorsqu’il s’agit de prendre les armes. Il arrive d’ailleurs que des maris viennent essayer de rechercher leur femme à la base militaire. En outre, beaucoup de femmes n’ont pas la capacité de rejoindre la base puisqu’elles sont sujettes à un contrôle social extrême. Elles ont souvent honte de quitter leur famille car il est culturellement admis que ce soient les femmes qui s’occupent des affaires relatives au domaine du « care ». Au vu de ce contexte, réussir à s’investir dans les forces de protection est déjà un acte révolutionnaire. Par leur engagement, les nouvelles recrues souhaitent changer leur condition. Il s’agit effectivement d’échapper à ce que la vie leur réserverait si elles étaient restées dans leur foyer. Elles se soulèvent contre l’Armée Syrienne Libre, mais aussi contre leurs pères, leurs frères et leurs maris. « Nous provenons toutes du même background » déclare la commandante.

Il est cependant important de préciser que ces personnes ne souhaitent pas se battre. Romantiser le combat nie la réalité de la guerre et ses horreurs et déforme le sens de la prise des armes des femmes syriaques/assyriennes. Créer les Forces de Protection des Femmes de Bethnahrin leur a permis de se joindre à l’objectif des Forces Démocratiques Syriennes : se concentrer sur, renforcer et défendre les femmes syriaques/assyriennes et les femmes en général, leurs terres d’origine et les populations qui y habitent. Cela permet, de plus, de changer les schémas de pensée qui assimilent la catégorie « femme » à des personnes incapables à se défendre et à se constituer comme sujets (sociaux, politiques, économiques, …). Comme le rappelle la commandante, le secteur civil et militaire sont intrinsèquement liés. Les représentations sociales doivent être changées et cette révolution est aussi, comme nous l’avons vu, pragmatique.
 
Un article d’India Ledeganck
 
Annotations:
 
« Haylawothe d’Sutoro d’Neshe d’ Bethnahrin » en syriaque.
Nous respectons les dénominations qui ont été utilisées par les acteurs et actrices de terrain.
European Syriac Union (2019), « Simele 1933 : Martyrs Remembrance day », http://www.european-syriac-union.org/press-releases-reader/simele-1933-martyrs-remembrance-day.html
Human Rights Watch (1933), « Genocide in Iraq », The Anfal Aampaign Against the Kurds, A middle East Watch Report, https://www.hrw.org/reports/1993/iraqanfal/index.htm#TopOfPage
Shirinian G. N. (2017), « Genocide in the Ottoman Empire : Armenians, Assyrians, and Greeks, 1913-1923 » éd. Shirinian G. N
Gaunt D.(2009), « The Assyrian Genocide of 1915 », Assyrian Genocide Research Center, https://www.seyfocenter.com/english/38/
Traduction libre de l’anglais : « Bethnahrin Women Protection Forces »
 
Il semble intéressant de noter que le statut de « mère » n’empêche aucunement une femme d’aller sur la ligne de front. Le HSNB compte d’ailleurs en son sein une personne qui est grand-mère. Détail intéressant puisque la Maison des Martyrs d’Amûdê m’avait signalé, lorsque j’avais demandé quel était le montant offert à une famille d’une femme tombée Şehîd et qui avait des enfants, « qu’il n’y avait pas de femmes Şehîd et mères ». Il peut cependant être supposé que cette dernière information pourrait erronée suite à un problème d’interprétation.
 
Les commandantes peuvent diriger des unités d’hommes et de femmes, tandis que les commandants dirigent uniquement les unités d’hommes.