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ROJAVA. La Turquie transfert des mercenaires d’Afrin vers la Libye

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SYRIE / ROJAVA – Le premier mai, une centaine de mercenaires appartenant à «l’Armée nationale» et destinés à se rendre en Libye ont été emmenés du canton kurde d’Afrin vers la Turquie.
 
Les mercenaires ont été emmenés en Turquie depuis le village de Surke à Raco en bus, via un nouveau pont.
 
Des sources locales indiquent que 2 groupes de mercenaires s’étaient opposés à l’idée de se rendre en Libye, mais ils ont été convaincus par les renseignements turcs (MIT).
L’Observatoire syrien des droits de l’homme(OSDH / SOHR) a déclaré en avril que le nombre de mercenaires envoyés par le régime turc à Tripoli était de 5 300, tandis que près de 2 100 autres étaient restés en Turquie pour suivre des cours de formation.
 

ROJAVA. Les gangs de la Turquie détruisent les tombes yézidies à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Les Yézidis d’Afrin réfugiés à Shehba se plaignent de la destruction de leurs lieux saints et leurs cimetières par les gangs de la Turquie dans le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie.
 
Les attaques de l’État turc et de ses mercenaires islamistes contre les les régions occupées d’Afrin et de Shehba se poursuivent. Accusés d’être des « infidèles », « zoroastriens » et des « adorateurs du diable », les Yézidis sont particulièrement pris pour cible par l’État turc et ses gangs. Récemment, d’autres tombes yézidies d’Afrin ont été détruites. Fin avril, des gangs soutenus par la Turquie ont détruit le dôme du sanctuaire Sheikh Ali dans le village de Basoufan. Ce sanctuaire est le neuvième sanctuaire détruit par les terroristes de la Turquie.
 
Les déplacés êzdis (yézidis) d’Afrin qui sont à Til Rifat ont parlé des attaques à l’agence ANHA. « D’abord, ils nous ont chassés et maintenant ils détruisent nos tombes à Afrin », disent-ils.
 
Henen Naro , qui a survécu à un massacre par les forces d’occupation, a déclaré: « Après les attaques cruelles, nous avons dû nous rendre à Shehba. Pour nous expulser ne suffisait pas pour l’État turc et ses gangs, maintenant ils ont même détruit nos tombes. Enfin, ils ont détruit la tombe du savant religieux yézidi Şêx Ali à Basûfan. Les institutions juridiques internationales devraient veiller à ce que cette injustice cesse. Nous exigeons la protection de nos lieux saints. »
Le citoyen yézidi Şikri Ebdo a d’abord félicité les musulmans pour le ramadan et a déclaré: « L’État turc et ses milices ne tolèrent même pas nos lieux saints. Nous continuerons de résister à l’occupation turque. Finalement, nous retournerons dans notre patrie. »
 

PEN international demande la fin du harcèlement judiciaire de la journaliste kurde, Nurcan Baysal

« PEN international est profondément préoccupé par le harcèlement judiciaire dont fait l’objet la journaliste et défenseur des droits humains, Nurcan Baysal, lauréate d’un prix, ancienne écrivaine en résidence à PEN anglais.
 
TURQUIE / BAKUR – [La journaliste kurde] Nurcan Baysal est accusée d' »incitation à la haine et à l’inimitié du public » après que deux enquêtes distinctes aient été ouvertes contre elle ces trois dernières semaines.
 
Le 30 mars 2020, Nurcan Baysal a été convoquée au commissariat de police concernant des commentaires sur les précautions prises par le gouvernement turc contre COVİD-19 et leur application dans les villes kurdes.
 
Moins de trois semaines plus tard, le 20 avril 2020, Nurcan Baysal a été à nouveau convoquée au poste de police de Diyarbakir. Elle s’est rendue au poste de police avec son avocat où on leur a dit qu’une nouvelle enquête avait été ouverte concernant deux messages qu’elle avait postés sur son compte Twitter. Le premier message, tweeté plus de deux ans plus tôt en février 2018 et épinglé sur son profil Twitter, se lit comme suit :
 
« Nous avons commencé à reconstruire notre maison démolie à Sur.
(…)
Envoyez une carte à ceux qui sont en prison, soyez solidaires avec leurs familles restées au pays, Sur, Cizre, Şırnak… soyez avec ceux dont les maisons sont détruites
(…) »
 
Le deuxième tweet, d’octobre 2019, était une réponse à un post concernant l’offensive militaire turque en Syrie.
 
En plus de ce harcèlement judiciaire permanent, Nurcan Baysal et sa famille ont également fait l’objet d’autres formes d’intimidation. Plus récemment, en octobre 2019, alors que Baysal était au Royaume-Uni pour sa résidence avec le PEN anglais, sa maison a été perquisitionnée aux petites heures du matin par la police armée, laissant ses deux fils terrifiés.
 
Nous demandons instamment aux autorités turques de mettre fin au harcèlement permanent de Nurcan Baysal et de veiller à ce qu’elle et d’autres écrivains et défenseurs des droits de l’homme puissent s’exprimer librement sans la menace constante d’une enquête et d’une incarcération.
 
Contexte
 
Nurcan Baysal est l’auteur de quatre livres : O Gün (Ce jour-là), qui explore le développement rural à Kavar ; Kürdistan’da Sivil Toplum (La société civile au Kurdistan), un aperçu de la situation de la communauté kurde au Kurdistan turc co-écrit par Şeyhmus Diken ; Ezidiler : 73. Ferman (Ezidis : 73rd Verdict), basé sur des entretiens approfondis avec des Yazidis qui avaient fui l’ISIS ; et O Sesler (Those Voices), un compte-rendu détaillé des couvre-feux dans sa ville natale de Diyarbakir. Ce dernier est disponible en traduction anglaise auprès de l’éditeur ici.  Nurcan a écrit pour des médias tels que open Democracy et T24 ainsi que pour son propre blog. Elle est actuellement chroniqueuse pour Ahvalnews.
 
Pendant de nombreuses années, Nurcan a travaillé pour les droits de la population kurde et dans le développement rural. Elle est l’une des fondatrices de la Plateforme pour sauver les femmes kidnappées par Daech/ISIS et l’Institut de recherche politique et sociale de Diyarbakir (DISA), membre de PEN anglais et de PEN Turquie, et conseillère auprès de plusieurs organisations à but non lucratif.
 
Comme beaucoup d’autres écrivains et militants en Turquie, Nurcan a été fréquemment prise pour cible par les autorités en représailles de son travail et de ses écrits sur les droits de l’homme. Elle a été détenue à deux reprises – en 2018 et 2019 – et a fait l’objet de raids sur la maison qu’elle partage avec ses deux jeunes fils.
 
En 2017, Nurcan Baysal a reçu le « Prix des femmes journalistes courageuses » décerné par l’Association italienne des femmes journalistes et en 2018, elle a été nommée lauréate mondiale pour les défenseurs des droits de l’homme en danger par nos collègues de Front Line Defenders. Vous pouvez voir une vidéo de Nurcan s’adressant au Sommet de Genève pour les droits de l’homme et la démocratie de 2019 ici. »

IRAN. Disparition inquiétante de la prisonnière kurde Zeinab Jalalian

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IRAN / ROJHILAT – Ce 27 avril, les forces de sécurité ont emmené la prisonnière malade, Zeinab Jalalian, hors de la maison d’arrêt de Khoy sans donner de raisons précises.
On ne sait pas où est Jalalian.
 
Les parents de Jalalian se sont rendus à la prison pour exiger des explications et les responsables ont répondu qu’ils envisageaient d’ouvrir un nouveau dossier contre la prisonnière politique.
 
Condamnée à la perpétuité pour « terrorisme », Zeynab Jalaliyan est en prison depuis 13 ans. Elle souffre d’affections telles que le ptérygion, le muguet (candidose buccale), hypertension et d’autres infections graves. Malgré la détérioration de son état de santé, elle n’a pas reçu de soins médicaux adéquats et se trouve dans un état critique.
 
Jalalian est également interdite d’avoir de la visite de sa famille depuis le 24 décembre 2018.
 
Une campagne de tweets est en cours sur les réseaux pour demander où se trouve Zeynab Jalalian sous les hashtags #WhereIsZeinabJalalian #WhereIsZeynabJalalian.

Les soldats turcs détruisent les tombes des combattants kurdes

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TURQUIE / BAKUR – De nombreuses tombes des combattants kurdes ont été détruites dans des villages de la province de Bingöl.
 
La campagne de destructions des tombes des combattant.e.s kurdes tombé.e.s au combat s’intensifie encore plus dans le Kurdistan du Nord. Après l’augmentation importante des destructions systématiques en avril dans les provinces de Van et Amed (Diyarbakir), les mêmes actes se sont maintenant étendus à d’autres régions. Un grand nombre de tombes de guérilleros ont été détruites dans les cimetières de la province de Bingöl.
 
La tombe de la combattante Sevda Serinyel est également touchée par la campagne de destruction. La combattante de l’Armée populaire de libération (Halkın Kurtuluş Ordusu, HKO), la branche armée du Parti communiste maoïste (MKP), est morte en août 2017 dans le district Ovacık dans la province de Dersim lors d’affrontements avec des unités opérationnelles turques. Sa dépouille est enterrée dans le cimetière du village de Karer, dans le district Adaklı.
 
La famille de Serinyel a été appelée et convoquée au poste militaire le 14 avril. Le commandant de l’avant-poste a ordonné à la famille qui a posé cette pierre tombale et écrit les inscriptions dessus d’enlever la pierre tombale. La famille a rejeté cet ordre, disant que l’inscription sur la pierre tombale ne constituai pas un crime.
 
Après cela, les soldats turcs ont profané la tombe de Serinyel et enlevé les inscriptions « Mercan » et « Nous sommes morts pour vivre ».
 
Après l’incident, les soldats ont appelé la famille à plusieurs reprises, faisant pression sur elle pour qu’elle retire la photo sur la pierre tombale. Les membres de la famille de Serinyel ont alors commencé à surveiller le cimetière pour éviter une autre attaque.
 
D’autre part, des soldats turcs ont profané des tombes de guérilleros du HPG (branche armée du PKK) dans les villages de Gözeler (İbrahiman), Karer et 9 autres villages habités par des Kurdes alévis. Les soldats ont alors appelé les familles et leur ont dit d’ « enlever les pierres brisées ».

Remerciements des Kurdes de Lavrio pour la solidarité internationale

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ATHÈNES – Deux camps de réfugiés kurdes de Lavrio, à 60 km d’Athènes, accueillent actuellement 600 réfugiés, dont des femmes, des enfants, venus essentiellement du Kurdistan du Nord (Bakur) et du Kurdistan de l’Ouest (Rojava).
 
« Traditionnellement les Kurdes de Lavrio manifestent le premier mai à Athènes.
 
Cette année ils ont estimé qu’il ne serait pas judicieux de déplacer plusieurs centaines de réfugiés car le risque de contagion due au coronavirus (COVID-19) est grand.
 
D’autre part les militants du « convoi solidaire » ne peuvent toujours pas se rendre à Lavrio pour cause de confinement.
 
D’un commun accord [les réfugiés kurdes et les militants internationalistes], nous avons décidé de montrer que le premier mai est la journée de la solidarité internationale.
 
C’est pourquoi les Kurdes de Lavrio ont décidé d’envoyer un message de solidarité a toutes les associations et syndicats qui participent depuis des années aux « convoi solidaires » à destination de Lavrio.
 
Les photos ci-dessous sont les marques de reconnaissance des Kurdes envers les solidaires internationaux.
 
La solidarité est l’arme des peuple ! »
 
Jacques Leleu
 

ISTANBUL. La police turque attaque le rassemblement du 1er mai: 25 arrestations

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TURQUIE – ISTANBUL – Ce matin, la police turque a attaqué le rassemblement du premier mai à Istanbul. (En Turquie, attaquer les rassemblements du premier mai est devenue une tradition depuis de nombreuses années.) Au moins 25 personnes, dont la présidente du DISK, Arzu A. Çerkezoğlu, et le secrétaire général de la confédération syndicale de Turquie (DISK) ont été arrêtées lors de l’attaque survenue devant le bâtiment du DISK à Istanbul / Beşiktaş.
 
Pour rappel, en Turquie, le confinement dû au coronavirus (COVID-19) n’est mis en place que le week-end… Donc, cette attaque n’a rien à voir avec des mesures de protection mises en place pour lutter contre la pandémie du COVID-19. 

TURQUIE. Homos, Kurdes, réfugiés… tous responsables du COVID-19 ?

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TURQUIE / BAKUR – Le président de l’autorité religieuse turque Diyanet, Ali Erbaş vient de trouver le coupable idéal qui est derrière la pandémie du Coronavirus: Les homosexuels !
 
Le président des Affaires religieuses Ali Erbaş vient de créer un débat virulent en Turquie après avoir accusé l’homosexualité d’être à l’origine, entre autre, de maladies et a appelé le peuple à la combattre. Le barreau d’Ankara a lancé une enquête contre Erbaş, tandis que le président turc Erdogan a apporté son soutien à ce dernier.
 
«L’Islam considère l’adultère comme l’un des plus grands péchés (…) et maudit l’homosexualité en tant que «vecteur de maladies», a déclaré Erbaş lors d’un sermon du vendredi 24 avril et a suggéré que l’homosexualité « corrompt les générations » et « amène des maladies ».⠀
 
« Des centaines de milliers de personnes par an sont exposées au virus VIH [sida] causé par ce grand haram, qui est l’adultère (…) dans la littérature islamique. Battons-nous ensemble pour protéger les gens de ce mal », a-t-il déclaré.
 
Plutôt que de protéger la population face au COVID-19, avec des mesures efficaces, ce genre de « responsables » cherchent à trouver des bouc-émissaires idéals par de tel discours. Après, on va s’entonner que des hordes haineux et fascistes turcs se lâchent impunément contre les LGBT+, les Kurdes, les minorités religieuses, les réfugiés syriens… les coupables idéals de toux les maux du pays.
 
 
 

Kurdes, les enragé-e-s de la vie…

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On a beau mordre la poussière avec nos gueules cassées
On a beau saigner de nos cœurs écorchés
On a beau compter nos morts entassés
Au quatre coins du Kurdistan
Au fil des siècles, au fil des décennies
On croit en les jours meilleurs
Avec la rage de vivre qui est en chacun-e de nous
Nous, les Kurdes damnés…
 
Par Keça Bênav

Photo d’enfants kurdes du camp de réfugiés de Lavrio, en Grèce, par Richard Hannard

COVID-19. Les Kurdes de France poursuivent leur campagne d’aide destinée au personnel soignant

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PARIS – Les Kurdes de France continuent leur campagne de fourniture de masques et de nourriture au personnel soignant dans plusieurs régions de la France.
 
Aujourd’hui, un groupe de militants kurdes a apporté des masques qu’ils ont fabriquées eux-mêmes et de la nourriture au personnel soignant de l’Hôpital Robert Ballanger, à Villepinte, en Île de France.
 
Dans plusieurs villes européennes, des militants kurdes mènent des actions de solidarité pour le personnel soignant en première ligne face à la pandémie du coronavirus (Covid-19). En France, la campagne est coordonnée par le Conseil démocratique kurde en France.

Ibrahim Gökçek demande aux intellectuels et aux artistes d’agir vite avant que ce soit trop tard

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TURQUIE – ISTANBUL – Ibrahim Gökçek, bassiste de Grup Yorum, est en grève de la faim depuis 318 jours ce 30 avril. Il vient d’adresser une lettre aux intellectuels et aux artistes pour qu’ils agissent alors qu’il est sur le point de mourir.
 
Dans sa lettre, Gökçek a déclaré :« Bien sûr, moi aussi, je veux vivre », et a appelé les intellectuels et les artistes à « parler avec le ministère compétent et la présidence et s’assurer que nos demandes soient satisfaites sans perdre de temps ».
 
26 jours après le décès de la chanteuse Hêlin Bölek, son camarade de scène, İbrahim Gökçek se meurt sous nos yeux après 318 jours de grève de la faim.
İbrahim Gökçek, membre du groupe de musique Grup Yorum*, comme Hêlin Bölek, demande la fin des persécutions étatiques les empêchant de chanter et qui les accusent de terrorisme pour avoir fait de la musique contestataire !
Il faut agir avant qu’İbrahim Gökçek nous quitte, comme Hêlin, dont le prénom siginfie « nid » en kurde. Personne ne doit mourir pour la musique.
*Helin Bölek et İbrahim Gökçek, membres du groupe de musique Grup Yorum, ont débuté une grève de la faim depuis le 16 mai 2019 en raison des restrictions à leur liberté d’expression artistique imposées par les autorités. En raison des chants politiques de Grup Yorum, le gouvernement turc considère les membres comme des terroristes et a emprisonné plusieurs membres du groupe pour « appartenance à une organisation terroriste ». D’autres membres du groupe se sont réfugiés à l’étranger pour échapper à la prison.
 
Le guitariste du Grup Yorum, İbrahim Gökçek et 5 autres membres du groupe ont été placés par la Turquie sur la liste des «terroristes les plus recherchés». Il y a une récompense de 300 000 lires turques (46 000 euros) pour chacun d’entre eux en fuite à l’étranger. Gökçek était emprisonné depuis près de 2 ans sur la base d’une déclaration de «témoin secret» et sans acte d’accusation ni audience.
 

TURQUIE. « La marginalisation des Kurdes est devenue une loi »

TURQUIE / BAKUR – « Aucune pandémie n’est aussi dangereuse que la résurgence des mafias nationalistes en Turquie », déclare le député HDP Musa Farisioğulları à propos de l’impact de la réforme des prisons adoptée par le parlement turc.
 
Alors que la pandémie du coronavirus fait des ravages en Turquie et au Kurdistan du Nord, plus de 300 000 prisonniers, dont 50 000 sont des prisonniers politiques englobant des journalistes, politiciens, artistes ou enfants kurdes, sont interdits de quitter la prison tandis qu’une loi votée récemment permet à 90 000 prisonniers du droit commun, mais aussi aux mafieux ou aux terroristes de DAECH, de quitter la prison.
 
Les prisonniers des prisons surpeuplées de Turquie sont sans défense contre le coronavirus. Selon le ministre de la justice Abdulhamit Gül, 120 cas d’infection ont été détectés dans quatre prisons. Selon le bureau du procureur, 55 infections ont été confirmées dans la seule prison de Konya. Les parents des prisonniers signalent des symptômes de COVID-19 dans des dizaines de prisons. Les prisonniers se plaignent que les soins de santé, déjà rudimentaires, se sont considérablement détériorés depuis le début de la pandémie.

Musa Farisioğulları

Dans ce contexte, le député HDP Musa Farisioğulları demande que des tests complets soient effectués dans les prisons. Lors d’une conférence de presse dans le bâtiment du DTK (Congrès de la société démocratique) à Amed (Diyarbakir), le politicien du HDP s’est exprimé sur la réforme de la loi sur le système pénal adoptée par le Parlement turc. En fait, la réforme devrait s’appeler « amnistie Çakıcı », a déclaré Farisioğulları : « Le projet de loi sur l’exécution des peines, qui a été soumis conjointement par le bloc AKP/MHP et que l’opposition appelle une « amnistie secrète », a été adopté injustement et accompagné d’une musique de marche plus pompeuse. Grâce à cette loi, le parrain de la mafia Alaattin Çakıcı – un ami fidèle du leader du MHP Bahçeli – et des milliers d’autres criminels ont été libérés.
 
En revanche, les prisonniers malades, les femmes, les journalistes et les prisonniers politiques continuent d’être détenus derrière les barreaux. Selon les informations qui nous sont parvenues ces derniers jours, les mesures de protection nécessaires ne sont pas appliquées dans les prisons. Les prisonniers ne reçoivent pas de masques ni de désinfectants pour les mains. Certains ne sont pas emmenés à l’hôpital malgré les symptômes de coronavirus, mais on les laisse mourir. Des tests coronaires doivent être effectués dans toutes les prisons, en particulier dans la prison de l’île d’Imrali. Les prisonniers âgés et malades doivent être libérés immédiatement, tout comme les femmes avec enfants.
 
La coalition gouvernementale AKP/MHP est responsable de tous les décès attendus dans les prisons. Par crainte de perdre le pouvoir, la politique gouvernementale vise à inciter les groupes sociaux à s’opposer les uns aux autres. Une solution à la question kurde a longtemps été mise de côté. Avec la loi d’application, l’État a une fois de plus mis à jour sa politique traditionnellement dirigée contre le peuple kurde. La colère, la vengeance et la rage se sont mêlées à la crainte du bloc AKP/MHP de perdre le pouvoir et ont conduit à une nouvelle poussée de l’idéologie nationaliste. La marginalisation des Kurdes est redevenue une loi. Aucune pandémie n’est aussi dangereuse que la résurgence des mafias nationalistes en Turquie. Le rejet des méthodes de résolution démocratiques et l’adoption de lois sur la mafia entraîneront la société dans un chaos encore plus grand ».
 

Première image : Selahattin Demirtas et la musicienne Nudem Durak, deux des prisonniers politiques kurdes abandonnés à la mort par l’Etat turc.