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L’assassinat du Premier ministre suédois élucidé, les Kurdes demandent des excuses

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STOCKHOLM – La justice suédoise a clôturé l’enquête concernant l’assassinat du Premier ministre Olof Palme en 1986. Le procureur suédois, Krister Petersson a déclaré que l’affaire était close car le principal suspect, Stig Engström, était décédé en 2000. Stig Engström, un graphiste dont le bureau donnait sur le lieu du crime. L’identité de l’assassin enfin dévoilé, les Kurdes demandent des excuses officielles du gouvernement suédois pour avoir accusé à tord le mouvement de libération kurde pour le meurtre de Palme.

 
Le Centre démocratique kurde en Suède ((Navenda Civaka Demokratîk a Kurd li Swêd- NCDK) a publié une déclaration sur la décision du procureur en chef Krister Petersson de clore l’affaire concernant le meurtre non résolu de 1986 du Premier ministre social-démocrate Olof Palme.
 
Voici le communiqué du NCDK:
 
« Palme était un ami des opprimés du monde entier, comme en Afrique du Sud, aux États-Unis, en Palestine, au Kurdistan, en Amérique latine, au Vietnam et bien d’autres. Il luttait pour les droits de l’homme sur la base de la démocratie sociale des valeurs qui prônent la paix, la démocratie et l’autodétermination du peuple.
 
Olof Palme était un ami des Kurdes à cette époque et a continué d’être un symbole et un modèle pour la solidarité internationale après sa mort. Au cours de son dernier mandat de Premier ministre, plusieurs contacts ont été établis avec le mouvement kurde. à se faire entendre et à les soutenir pour le droit à la liberté et à l’autodétermination. Il a estimé que les Kurdes avaient été brutalement colonisés et qu’ils méritaient d’être à l’abri de l’oppression.
 
Malheureusement, le meurtre d’Olof Palme a entraîné les premières mesures visant à criminaliser le mouvement de libération démocratique kurde en Suède. Cela semble être un grand paradoxe par rapport à sa position actuelle sur la question. Les Kurdes se sont méfiés de l’assassinat, qui a conduit à l’interrogatoire et à l’arrestation de centaines de Kurdes. Enfin, le mouvement de libération nationale, le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, a été criminalisé. La criminalisation du PKK a été imposée par la plupart des pays européens pendant les périodes les plus difficiles pour les Kurdes. La lutte pour la liberté a donc été accusée de terrorisme. Le gouvernement a choisi de chasser le chef de la police, mais nous sommes, au sein du mouvement démocratique kurde, nous espérons également les nouvelles déclarations des politiciens aujourd’hui, alors qu’il est désormais clair que les Kurdes sont prouvés innocents de le meurtrier. »
 
Le NCDK a déclaré qu’il « attendait avec intérêt d’entendre des excuses officielles et dépénaliserait nos associations et organisations. Nous attendons également avec intérêt une condamnation encore plus claire du régime d’Erdogan et de la répression violente et brutale. de l’État turc contre le peuple kurde. »
 
Le NCDK exhorte également les médias, tous les Suédois et personnes influentes de Suède ainsi que toutes les organisations respectées à utiliser leurs plateformes pour soulever cette question et réparer l’image du mouvement démocratique kurde auprès du peuple suédois, avant d’ajouter que « Les Kurdes qui ont été victimes suite à ce meurtre continueront à lutter pour obtenir réparation de leurs pertes publiques, privées et nationales devant les tribunaux suédois et internationaux. La justice sera rétablie et nous attendons des excuses de l’État suédois après 34 ans de traitement injuste et d’humiliation. »
 

La démocratie du Rojava fascine, encore et toujours

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Imaginez un modèle de démocratie régionale en temps de guerre qui dure depuis plus de 8 ans, attaqué par un allié de l’OTAN et menacé par le pouvoir central, qui de plus est sous l’embargo total, mais qui fait des envieux jusque dans les plus vieilles « démocraties » occidentales… Oui, on le sait, c’est difficile à imaginer et pourtant, ce modèle existe et il s’épanouit envers et contre tous, tant ses ennemis idéologiques sont nombreux. C’est la révolution du Rojava, l’accomplissement d’un travail et d’une lutte de plus de 40 ans menée le mouvement de libération kurde.

Pierre Bance, auteur d’ « UN AUTRE FUTUR POUR LE KURDISTAN ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique » revient avec un nouveau livre pour nous parler du Rojava, ou plus précisément du Contrat social du Rojava, un texte qui tient lieu d’une Constitution en l’état actuel des choses et qui permet l’organisation de la société à tous les niveaux.

 
« La Fascinante Démocratie du Rojava – Le Contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord » est le titre du nouveau livre de Bance à paraître aux éditions Noir et Rouge en octobre 2020.
 

Voici le résumé du livre fait par les éditions Noir et Rouge :

« Pour mettre en place une société se réclamant des Droits de l’Homme et de l’écologie sociale, fondée sur la commune autonome et le fédéralisme, les acteurs civils et politiques de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord s’appuient sur un texte constituant, le Contrat social. Ils tentent de concilier dans un même système politique, démocratie directe et démocratie parlementaire. Si les progrès en matière de droits et libertés sont considérables, le fonctionnement démocratique des institutions fédérales est entravé par le contexte géopolitique. Les autorités comme la population sont-elles en capacité de dépasser le stade d’une social-démocratie libertaire, pour parvenir à une société sans Etat ou avec si peu d’Etat, le but annoncé ? »
 
 
Vous pouvez lire ici la longue interview de Pierre Bance autour de son nouveau livre qui a été publiée sur Mediapart par Nestor Romero.

IRAN. Un prisonnier politique kurde exécuté et enterré dans un lieu secret

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IRAN / ROJHILAT – Le 10 juin, la famille du prisonnier politique kurde Hedayat Abdollahpour apprenait que leur fils avait été pendu il y a 20 jours. Comme tous les Kurdes exécutés par le régime iranien, le corps* d’Abdollahpour n’a pas été remis à sa famille mais enterré dans un lieu secret.
 
Le père d’Hedayat Abdollahpour a appris hier l’exécution de son fils. Ni sa famille ni son avocat n’ont été informés de l’exécution et n’ont pas eu la «dernière visite» habituelle avec leur proche.
 
Hedayat Abdollahpour**, qui se trouvait dans le quartier des condamnés à mort de la prison centrale d’Urmia, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, depuis 2017, a été transféré dans un lieu tenu secret le 9 mai 2020.
 
Sa famille en détresse a demandé des informations sur son sort auprès des autorités iraniennes. Cependant, elles ont tous refusé de leur fournir des informations sur le sort de leur fils.
 
Les Kurdes victimes de la guerre des cadavres
 
*Les Kurdes du Rojhilat, le Kurdistan de l’Est sous l’occupation iranien, sont discriminés, condamnés à la pauvreté et privés de leurs droits élémentaires en tant que peuple et sont punis de toutes les manières. Une des punitions que le régime iranien leur impose est le refus de remettre aux familles les corps des Kurdes exécutés en les enterrant dans des lieux tenus secrets. Ainsi, le régime sanguinaire des Mollahs continue à « punir » les familles en deuil, en les privant du corps de leurs défunts, pour lesquels on ne peut faire de cérémonies mortuaires, ni même avoir un lieux de recueillement. Ce refus de rendre le corps d’un prisonnier exécuté plonge ses proches dans une détresse sans fin, spécialement les mères, qui jusqu’à leur mort, restent tourmentées par l’absence de cet être chéri qu’on leur a arraché et que personne ne peut les aider alors qu’elles hurlent de douleur et de désespoir devant de telles cruautés.
 
Mort pour avoir voulu vivre libre

 

**Hedayat Abdollahpour a été arrêté avec au moins six autres Kurdes dans un village près de la ville d’Oshnavieh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, le 15 juin 2016. Les sept détenus ont été accusés d’avoir fourni de la nourriture et un abri aux combattants du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) lors d’affrontements avec les Pasdarans (les Gardiens de la révolution).

Hedayat est le seul de ces détenus à avoir été condamné à mort pour « rébellion » à la suite d’une plainte des Gardiens de la révolution et d’un jugement de la 1ère branche du Tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh.

Sa condamnation a été annulée par la 47e chambre de la Cour suprême et renvoyée devant la 2e chambre du tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh pour être réexaminée. Hedayat a de nouveau été condamné à mort par cette branche, et la condamnation a finalement été confirmée par la 47e branche de la Cour suprême.

Il y a eu une forte augmentation des exécutions en prison dans les zones kurdes ces derniers mois. La mise en œuvre des peines infligées aux prisonniers dont les affaires sont soumises à la Commission d’amnistie et de grâce est illégale, mais pas sans précédent. Ramin Hossein Panahi, un prisonnier kurde, a été exécuté à la prison de Rajaï Chahr à Karaj le 8 septembre 2018, alors que son affaire était toujours à la Commission d’amnistie et de grâce.
 

Connaissez-vous la fête kurde de la pluie « Bûka Baranê » ?

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ROJHILAT – Le rituel traditionnel consistant à prier pour la pluie, également appelé « Bûka Baranê » (« la mariée de la pluie »), fait partie des traditions anciennes des Kurdes du Rojhilat (Kurdistan de l’Est sous l’occupation de l’Iran).

Il existait chez les Kurdes plusieurs rîtes visant à assurer la pluie en tant de sécheresses. Certaines impliquent des serpents, d’autres des humains et d’autres encore des poupées. La mariée de la pluie (bûka baranê) est l’une de ces traditions, une coutume qui était jadis répandue chez d’autres peuples du monde, comme la « danse de la pluie » par exemple. La tradition de la mariée de pluie est cependant encore pratiquée dans certaines régions du Kurdistan d’Iran.
 
Buka Baranê est une fête traditionnelle kurde célébrée en période de sécheresse mettant en danger les récoltes de l’année. Le terme « Bûka Baranê » (prononcer : bouka baranê) signifie « la mariée de la pluie » et « arc-en-ciel » et représente sans doute une divinité ancienne de la pluie.
 
Le festival a plusieurs variations régionales, mais en général, elle a essentiellement les mêmes coutumes et partage le même but.
 
L’ancien rituel dans les zones kurdes est basé sur un mécanisme traditionnel et vise à parer à la sécheresse. Une poupée symbolisant la mariée est utilisée par les habitants comme moyen de dialoguer avec Dieu et de remonter le moral de l’opinion publique en période de sécheresse. La poupée est faite sous la forme d’une croix. Les enfants, en particulier les filles, assistent toujours à la cérémonie.
 
Comme le nom du rituel l’indique, la poupée appelée « bûkê» (mariée) offre la possibilité de réunir les enfants. La poupée est généralement fabriquée par une mère ou une grand-mère.
 
Par la suite, l’un des membres de la famille, en particulier une mère ou une grand-mère, commence à distribuer des cadeaux, notamment des œufs, de l’argent ou des noix, aux enfants. Elle verse également de l’eau sur la bûkê et attache des épingles à cheveux à ses vêtements. Ensuite, les enfants du foyer rejoignent les groupes pour rendre visite à d’autres maisons du village. A chaque porte, ils chantent « Bûka Baranê » (en kurde soranî) :
 
« Buke barane awî dewé.
Awî néw genmanî dewé
chorchorey soybanî dewé… »
c’est-à-dire :
« La mariée de la pluie veut de l’eau,
elle la veut pour les champs de blé,
elle veut la voir déborder des toits… »
 
Ils s’attendent à ce que les gens de la maison ouvre la porte pour verser un seau d’eau sur la mariée, et pour obtenir des cadeaux pour les jeunes qui accompagnent la mariée de la pluie. Ensuite, ils se rassemblent tous quelque part en dehors de la ville ou du village et prient pour la pluie. Finalement, ils se dirigent vers une rivière voisine et jettent la mariée de la pluie dans la rivière.
 
La fête de la pluie célébrée sous le nom de Bûka Baranê a été inscrit au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2014. La fête a encore lieu dans certaines régions en période de sécheresse.

Appel d’une mère pour la libération de sa fille kidnappée par les gangs de la Turquie à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Depuis l’invasion du canton kurde d’Afrin par l’armée turque et ses mercenaires islamiste en mars 2018, les Kurdes, notamment les femmes vivent l’enfer sur terre où l’armée d’occupation turque et ses mercenaires alliés continuent de perpétrer des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans le canton kurde d’Afrin.
Féminicides, viols, mariages forcés, kidnappings, tortures… les attaques et les violences d’une brutalité extrême ciblent en particulier les femmes. Depuis l’occupation d’Afrin en mars 2018, on a enregistré quelque 1 654 crimes contre les femmes à Afrin.
 
Nadia Suleiman, une des femmes kidnappées par les gangs de la Turquie à Afrin
 
Nadia Hassan Suleiman, 20 ans, du village de Quzilbasha du district de Bulbul, et son mari Ahmed Rashid, 23 ans, du village de Bibaka, du même district, ont décidé de retourner à Afrin occupée après leur mariage. Ils ont pu quitter Shahba en passant par Kobanê, d’où ils se sont dirigés vers Manbej et sont entrés dans la région de Jarabulus, qui est sous l’occupation turque.
 
Cependant, les gangs islamistes de la Turquie ont enlevé Ahmed sur la route de Kafar Jannah – Afrin, ce qui a forcé sa femme, Nadia, à se rendre chez son oncle, en attendant que son mari sorte de la prison, mais son oncle est parti pour Alep entre temps, ce qui l’a amenée à aller chez l’une de ses amies, mais plus tard une patrouille armée a fait une descente dans la maison et a kidnappé Nadia et la famille d’accueil (un homme et sa femme).
 
Le nom de Nadia est apparu dans un rapport pour l’organisation des droits de l’Homme à Afrin. Elle faisait partie des kidnappés qui figuraient dans la vidéo divulguée après l’assaut de la milice Ahrar al-Sham et de l’Armée de l’Islam contre le quartier général de la Division al-Hamza dans l’ancien bâtiment de sécurité (Asayish).

Dans le contexte, Afrinpost a rencontré la mère de Nadia, qui est déplacée dans les zones d’Al-Shahba, et elle s’appelle Zeenat Hasan Suleiman, qui a déclaré: «Je viens du village de Qazilbasha (Afrin – Bulbul) et je m’appelle Zeenat Hasan Suleiman. Nous avons été déplacés de force d’Afrin et sommes venus ici, à Tal Rifaat. »

Elle a ajouté: « Nous n’avons rien su de notre fille pendant deux ans, son nom est Nadia Hassan Suleiman, nous ne savons rien d’elle ou de son mari. » Tout d’abord, son mari a été kidnappé, puis ma fille est allée chez son oncle pour rester chez lui jusqu’à la libération de son mari Ahmed, mais son oncle est parti pour Alep et elle a dû se rendre chez son amie pour rester avec elle. »

Soulignant qu’ « une patrouille d’hommes armés a fait une descente dans la maison et l’a kidnappée, son amie et son mari», et elle a déclaré: «J’espère qu’elle sera libérée. J’ai hâte de la voir, d’autant plus que mon mari est mort, et je suis seule à l’attendre. » (Afrinpost)

 

TURQUIE. Villageois kurdes tabassés et des vaches abattues par l’armée turque à Amed

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TURQUIE / BAKUR – Des soldats turcs viennent de commettre un nouveau crime dans la campagne d’Amed où ils ont tabassé des villageois kurdes et abattu leurs animaux.
 
L’armée turque a mené une opération militaire le mardi 9 juin dans la campagne située entre les districts de Lice, Hazro, Silvan et Kulp dans la province d’Amed (Diyarbakir). Le 8 juin, un jour avant le début de l’opération, le village d’Üçdirek a été pris d’assaut et fouillé par les forces turques. Des villageois ont été menottés, menacés et frappés par des soldats turcs qui les ont emmenés à travers le village et ses environs en leur demandant de montrer la cachette de combattants kurdes qui seraient dans la région.
 
Pendant l’opération, les gens n’ont pas été autorisés à quitter leurs maisons. Les vaches qui étaient dans les pâturages ont été visées par des hélicoptères de l’armée turque. Une vache est morte et six autres ont été grièvement blessées. Cinq de ces vaches ont dû être abattues d’urgence. De nombreux animaux ont fui pendant l’attaque. En raison de menaces militaires, les villageois ne peuvent pas rechercher leurs animaux en fuite.
 

Le régime iranien a exécuté un prisonnier politique kurde

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IRAN / ROJHILAT – Les Kurdes n’en finissent pas de mourir, que ce soit au Rojhilat, au Rojava ou au Bakûr. Dans les quatre parties du Kurdistan colonisé, on tue les Kurdes, tantôt pour avoir chanté ou parlé en kurde, tantôt pour avoir demandé le droit à l’existence en tant que peuple libre… Hedayat Abdollahpour, un prisonnier kurde, a lui aussi payé de sa vie le désir de vivre libre. 
 
Le régime sanguinaire iranien a exécuté Hedayat Abdollahpour, un prisonnier politique kurde. L’exécution est la réponse à tous les Kurdes d’Iran qui se battent pour l’autonomie, notamment pour ceux qui veulent respirer la liberté. Sa famille en a été informée aujourd’hui.
 
Hedayat Abdollahpour, le prisonnier politique kurde condamné à mort, avait été transféré de la prison centrale d’Oroumieh vers un lieu inconnu le 9 mai 2020.
 
A l’époque, ses avocats Osman Mozayan et Maziar Tataei, avaient déclaré à IHR : « Nous avons renvoyé l’affaire de Hedayat Abdollahpour devant la branche de la Commission d’Amnistie et de Grâce de l’Azerbaïdjan occidental (Oroumieh), mais cette affaire n’a pas été envoyé d’Oroumieh à Téhéran et elle est toujours à la section d’Oroumieh et nous n’avons reçu aucune réponse. Il est vrai que la condamnation à mort de Hedayat a été confirmée, mais il serait illégal que des mesures soient prises pour exécuter sa peine tant que son affaire est devant la Commission d’amnistie et de grâce. »
 
Hedayat Abdollahpour a été arrêté avec au moins six autres Kurdes dans un village près de la ville d’Oshnavieh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, le 15 juin 2016. Les sept détenus ont été accusés d’avoir fourni de la nourriture et un abri aux combattants du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran lors d’affrontements avec les Pasdarans (les Gardiens de la révolution).
 
Hedayat est le seul de ces détenus à avoir été condamné à mort pour « rébellion » à la suite d’une plainte des Gardiens de la révolution et d’un jugement de la 1ère branche du Tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh.
 
Sa condamnation a été annulée par la 47e chambre de la Cour suprême et renvoyée devant la 2e chambre du tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh pour être réexaminée. Hedayat a de nouveau été condamné à mort par cette branche, et la condamnation a finalement été confirmée par la 47e branche de la Cour suprême.
 
Il y a eu une forte augmentation des exécutions en prison dans les zones kurdes ces derniers mois. La mise en œuvre des peines infligées aux prisonniers dont les affaires sont soumises à la Commission d’amnistie et de grâce est illégale, mais pas sans précédent. Ramin Hossein Panahi, un prisonnier kurde, a été exécuté à la prison de Rajaï Chahr à Karaj le 8 septembre 2018, alors que son affaire était toujours à la Commission d’amnistie et de grâce.
 

TURQUIE. L’armée turque profane des tombes kurdes à Lice

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TURQUIE / BAKÛR – Même morts, les combattants et les politiciens kurdes n’échappent pas à la violence des forces armées turques. Leurs cadavres sont mutilés, torturés, brûlés et leurs ossements déterrés, leurs tombes détruites, profanés par des actes s’inscrivant dans une « tradition nécrologique » centenaire en Turquie.
 
En mai dernier, on découvrait avec effroi que 267 corps de combattants kurdes avaient été enfouis secrètement sous un trottoir d’Istanbul, à Kilyos, alors que de plus en plus de cimetières des combattants kurdes ont été détruits par l’armée turque à Van, Amed, Hakkari, Muş et Şırnak ces dernières semaines.
 
Après avoir attaqué un cimetière à Yolçatı (Sîsê) à Lice, les soldats turcs ont détruit d’autres tombes de politiciens et de combattants kurdes à Çavundur (Licok), toujours dans la province d’Amed (Diyarbakir).
 
La tombe d’Izzet Tugal, assassiné par le JITEM en 1995-1996, a été détruite ainsi que celle de Bahattin Turfan, décédé lors d’une attaque des forces turques contre les funérailles du politicien Vedat Aydın le 10 juillet 1991, ainsi que les tombes des combattants du PKK Aydın Bedran et Inayet Tanriverdi, tombés martyrs lors d’affrontements à Lice et Muş dans les années 90. En outre, les tombes d’Hiyali Zengin et de son fils Mustafa Zengin, qui ont été assassinés par des gardes de village en 1993, ont également été détruits.
 
Des témoins oculaires ont déclaré que les soldats qui ont participé à l’opération militaire lancée dans la région le 4 juin sont responsables de la destruction des tombes. Il a été signalé que des soldats turcs avaient donné des coups de pied aux pierres tombales. (ANF)

La justice suédoise clôture l’enquête sur le meurtre d’Olof Palme

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STOCKHOLM – La justice suédoise a clôturé l’enquête sur le meurtre non résolu du Premier ministre Olof Palme en 1986. Une décision qui ne laisse pas les Kurdes indifférents car la Turquie a tenté de criminaliser le PKK à travers cet assassinat.
 
Le procureur en chef de l’affaire, Krister Petersson, a déclaré que l’affaire était close car le principal suspect, Stig Engström était décédé en 2000.
 
Palme a été abattu à bout portant dans le centre de Stockholm alors qu’il rentrait du cinéma avec sa femme et son fils. La disparition de l’agresseur dans une rue secondaire a déclenché une énorme chasse à l’homme et une multitude de théories du complot.
 
Un petit criminel a été reconnu coupable du meurtre en juillet 1989, mais le jugement a été annulé par la suite, ouvrant le champ à des spéculations pendant des décennies sur l’implication de forces allant des services de sécurité sud-africains à l’armée suédoise et à la CIA.
 
« Ma décision est de mettre fin à cette enquête car le suspect est décédé », a déclaré mercredi le procureur en chef de la Suède, Krister Petersson, lors d’une conférence de presse tenue aux côtés du chef de l’enquête Hans Melander. Ils sont en charge du dossier depuis 2017.
 
Engström a été parmi les premiers à arriver sur la scène du crime en 1986 depuis la compagnie d’assurance Skandia où il travaillait.
 

TURQUIE. La députée kurde, Leyla Guven libérée

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TURQUIE / BAKUR – La députée kurde, Leyla Guven a été remise en liberté.
 
Leyla Guven a été emprisonnée avec Musa Farisoğulları, un autre député HDP, le 4 juin à Amed (Diyarbakir).
 
A sa sortir de prison, Guven a déclaré : « Je suis sortie mais notre lutte continue. (…) Le peuple kurde gagnera sa liberté. Les perdants, ce sont eux [l’Etat turc]. Voilà pourquoi ils font ça. Le HDP continuera de lutter.”  Guven a ajouté que son collègue Farisoğulları était toujours en prison malgré ses problèmes de santé.
 

Güven, libérée après 5 jours de prison, a déclaré: « J’ai été libérée, mais [le député du HDP] Musa Farisoğulları a subi une opération à la tête avant d’être détenu et souffre de nombreux autres problèmes de santé. Comme des milliers d’autres prisonniers laissés à l’intérieur. Pour cette raison, on ne peut pas être heureux de sortir de prison.

Nous savons que c’est un défi. Nous résisterons jusqu’à ce que le peuple kurde gagne sa liberté. Nous ne reculerons jamais. Nous ne sommes pas nés députés. Les zones de combat sont partout, nous n’avons pas besoin d’être des députés. Nous continuerons notre lutte de toutes les manières. Je continuerai à lutter à la fois en tant que femme kurde et en tant que coprésidente du Congrès de la société démocratique, comme le souhaite le peuple kurde. Les Kurdes n’attendent pas aux portes de la prison parce qu’ils sont coupables mais à cause de l’hostilité envers eux. Nous savons d’où nous venons et où nous allons. En tant que peuple organisé, nous gagnerons certainement. Le peuple kurde gagnera sa liberté. Ce sont les perdants. Voilà pourquoi ils font ça. Le HDP continuera de lutter. Qu’avons-nous dit? Berxwedan jiyan e (la résistance, c’est la vie). » 

Le jeudi 4 juin, le Parlement turc a approuvé la levée de l’immunité de 3 députés d’opposition, dont les députés du HDP Leyla Güven, Musa Farisoğulları et le député du CHP (Parti républicain du peuple) Enis Berberoğlu.

La coprésidente du Congrès pour une société démocratique (DTK) et députée du HDP Hakkari, Leyla Güven et Musa Farisoğulları ont été arrêtés peu de temps après la levée de leur immunité parlementaire.

Leyla Guven a déjà été emprisonnée par le passé et d’ailleurs, elle a été élue députée du HDP alors qu’elle était encore en prison où elle a mené une grève de la faim de près de 6 mois.

TURQUIE. Le HDP organise une « marche de la démocratie contre le coup d’Etat »

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TURQUIE / BAKÛR – Le parti politique de gauche, le HDP est dans le viseur du régime turc. Plusieurs milliers de membres du HDP sont emprisonnés en Turquie et l’arrestation des députés HDP Leyla Güven et Musa Farisoğulları le 4 juin dernier n’est que la dernière vague de répression visant le HDP, le seul parti défendant la résolution de la question kurde de manière pacifique.
 
C’est dans ce climat que le HDP va lancer son programme de lutte démocratique contre le cours autoritaire du gouvernement  avec le début de la « marche de la démocratie contre le coup d’État ».
 
Le Parti démocratique des peuples (HDP) commencera son « programme de lutte démocratique » le 15 juin par une marche de cinq jours sur Ankara. La décision a été prise par le conseil exécutif du parti lors d’une réunion extraordinaire à Ankara le week-end dernier. Au début de la semaine dernière, le HDP a présenté sa feuille de route tant attendue, avec des orientations stratégiques contre le cours autoritaire-autocratique de l’État et du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan et a appelé toutes les forces démocratiques du pays à trouver des synergies communes. Avec le retrait du mandat des députés du HDP Leyla Güven et Musa Farisoğulları et leur emprisonnement subséquent la semaine dernière, la mise en œuvre de la feuille de route s’est accélérée.
 
La marche vers Ankara sera organisée sous la devise « Marche de la démocratie contre le coup d’État ». La marche débutera en deux points : Edirne, la grande ville la plus à l’ouest de la Turquie, où l’ancien coprésident du HDP, Selahattin Demirtaş est emprisonné, et Hakkari, la circonscription de Leyla Güven et la ville kurde près la frontière Turquie-Irak-Iran. Sur le parcours, des rencontres quotidiennes avec la population, les organisations de la société civile et les institutions sont prévues dans toutes les villes. Toutefois, le HDP ne se limite pas aux régions kurdes, mais se dirigera également vers la région de la mer Noire, où il rencontrera diverses initiatives. Dans la province d’Hatay, qui est limitrophe de la Syrie, des activités et des réunions sont également prévues avec pour toile de fond la guerre syrienne qui dure depuis neuf ans.
 
Au moment où le gouvernement AKP/MHP tente de liquider le HDP et où les autres partis d’opposition tentent de le faire passer sur le banc des remplaçants, le HDP essaye de promouvoir un ensemble viable de forces démocratiques visant à promouvoir et à façonner le développement démocratique du pays de manière durable. Les réunions avec les groupes d’intérêt social et les activités telles que les protestations de masse et les actes de désobéissance civile devraient se poursuivre après la marche vers Ankara jusqu’à la Journée mondiale de la paix le 1er septembre.
 

TURQUIE. Une militante kurde et sa fille de 5 ans entrent en prison

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TURQUIE / BAKÛR – Le régime turc continue sa guerre anti-kurde en arrêtant les responsables politiques et associatifs kurdes malgré l’épidémie du coronavirus.
Hier matin, Gülistan Nazlıer, membre de l’association de protection des femmes Rosa, a été arrêté dans la ville d’Amed (Diyarbakir). Aujourd’hui, Nazlıer a été emprisonnée avec sa fille Arin, 5 ans.
 
Dans le cadre d’une enquête lancée par le procureur général de Diyarbakır (Amed) contre l’association des femmes Rosa, 18 militantes et des politiciens kurdes ont été détenus le 22 mai. 12 de ces personnes ont été emprisonnées quelques jours plus tard. Elles sont toutes accusées d’ « être membres d’une organisation terroriste [PKK] ». Gülistan Nazlıer, membre de l’association Rosa, a rejoint ses camarades emprisonnées ce matin, accompagnée de sa fille de 5 ans.
 
Gülistan Nazlıer est entrée en prison le jour où Gönül Aslan, une autre membre de l’association Rosa, et son fils Dilgeş, qui n’a que 3,5 ans et souffre d’une maladie rénale, ont été remis en liberté.
 
En Turquie, plusieurs centaines d’enfants de bas âge sont en prison avec leurs mères.