La Turquie massacre les Kurdes, l’OTAN et l’ONU contemplent

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KURDISTAN – Alors que les partis kurdes rivaux du Rojava viennent de signer un accord historique pour l’unité kurde, la Turquie a lancé une nouvelle opération militaire contre la région kurde d’Irak. Depuis, plusieurs civils kurdes ont été massacrés dans des bombardements turcs devenus quotidiens, sans que la communauté internationale s’émeuve.
 
La Turquie s’en prend au Rojava et au Bashûr
 
Après des semaines de discutions, le Conseil national kurde en Syrie (CNK) et les partis d’unité nationale kurde (partis alliés au Parti de l’Union démocratique, PYD) sont parvenus à un premier accord pour l’unité kurde à Hasakah, au Rojava, le 17 juin déclarant que leurs discussions se poursuivraient sur la base de l’accord de Duhok de 2014. Au même moment, la Turquie débutait une nouvelle guerre d’invasion contre Shengal, la patrie des Kurdes yêzidîs, les réfugiés du camp de Makhmour et dans la région de Qandil, au Kurdistan su Sud (Bashûr), en violant l’intégrité territoriale de l’Irak. Depuis, au moins 5 civils kurdes ont trouvé la mort dans les bombardements turcs contre la région de Chêladizê.
 
Dans la nuit de 15 juin, les jets turcs ont bombardé le camp de réfugiés à Maxmur, les zones civiles et les positions des combattants yézidîs à Shengal et celles du PKK à Qandil. On déplorait 4 blessés du côté des combattants yézidis. Deux jours après, la Turquie déployé ses commandos de forces spéciales qui agissent désormais au sol au Kurdistan d’Irak, en plus des frappes aériennes -régulières dans la zone et menées tant dans la région autonome que dans des territoires disputés dépendants des autorités centrales de Bagdad.
 
3 civils kurdes ont été tués ce vendredi 19 juin par les jets turcs contre un village de Chiladzi, une localité de la province de Dohouk aux confins de la Syrie, de la Turquie et de l’Irak. La veille, un berger du nom de Abbas Maghdid avait été tué également à Sidakan.
 
En outre, dans la même province, un civil porté disparu depuis mercredi a été retrouvé vendredi sans vie, annonçait Serbast Sabri, maire de Kani Massi, dans la même région.
 
Ces attaques sanglantes ont lieu en parallèle aux attaques commis par les gangs de la Turquie dans les régions occupées du Rojava qui sont Afrin, Serê Kaniyê… Chaque fois que les Kurdes colonisés sur leurs terres tentent d’avoir leur autonomie ou d’avoir des droits en tant que peuple, la Turquie sort la grosse artillerie et commet des massacres, aussi bien à l’intérieur de ses territoires que dans les pays voisins qui sont la Syrie et l’Irak, considérant les acquis des Kurdes comme une menace pour sa propre existence.
 
L’OTAN et l’ONU complice du massacre des Kurdes
 
La Turquie, pays membre de l’OTAN et de l’ONU agit en toute impunité dans le massacre des Kurdes et l’invasion de leur terres en Syrie et en Irak. En effet, ni l’OTAN, ni l’ONU n’ont jamais levé la voix contre leur allié turc pour ces massacres. Ainsi, les Kurdes apatrides payent de leur vie les intérêts inter-étatiques entre la Turquie et ses alliés occidentaux.

Un génocide centenaire est en cours depuis la chute de l’empire ottoman, dont les plus grands perdants sont des dizaines de millions de Kurdes avec leurs terres partagées entre quatre Etats du Moyen-Orient où règne le chaos et où une solution pacifique à la question kurde aurait permis un autre destin aux peuples de la région qu’on veut condamner à la guerre et à la famine.
 

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