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TURQUIE. Attaques contre la langue et les institutions kurdes

TURQUIE / BAKUR – En Turquie, les pressions visant les Kurdes n’ont pas baissé depuis les années 90. Ces attaques se sont intensifiées au cours des dix dernières années avec la fermeture de la plupart des institutions kurdes après la tentative de coup d’Etat du juillet 2016, et maintenant le turc est imposé même aux sections kurdes des universités.
 
Récemment, la direction de l’université de Dicle a annoncé qu’une thèse ne peut pas être écrite en kurde dans le département de littérature populaire kurde. De plus, la langue d’enseignement du département est le turc. Dans une déclaration après la vidéo de la conférence partagée par Selim Temo sur les réseaux sociaux, l’université a déclaré que les affirmations étaient fausses et a souligné que la langue d’enseignement était le turc. Par la suite, le ministère des transports a déclaré que « le kurde n’est pas une des langues communes » en réponse à la motion d’annonce du kurde dans les avions déposée par la députée du HDP Ebru Günay.
 
Bien que l’AKP ait relâché la pression sur le kurde pendant la période du « processus de paix » avec le PKK, presque toutes les institutions kurdes sont devenues des cibles après la tentative de coup d’Etat du 2016. Les pressions ont été particulièrement intenses. Des administrateurs ont été nommés à la place des élus des municipalités kurdes, les panneaux kurdes ainsi que les lettres kurdes pour les panneaux routiers et piétonniers ont été supprimés. Les locuteurs kurdes dans l’espace public et les chansons kurdes chantées lors des mariages ont été pris pour cible, comme dans les années 90. Après 2016, on a pu se rendre compte à quel point l’assimilation et la pression sur les Kurdes et leur langue ont augmenté.
 
Des écoles kurdes scellées à trois reprises
 
La pression sur les Kurdes avait en fait commencé à se faire sentir pendant le processus de paix. KURDI-DER, MAPER et Eğitim Sen ont ouvert l’école primaire Dibistana Seretayî a Ferzad Kemangar-Ferzad Kemanger dans le district d’Amed Bağlar et l’école primaire Dibistana Seretayî a Berîvan-Berivan dans le district de Cizre, à Şırnak, et l’école primaire maternelle Üveyş à Hakkari Gever en 2014. Dibistana Seretayî a Berîvan a été fermée sur ordre du procureur le lendemain de son ouverture, mais a continué à donner un enseignement en kurde lorsque le sceau a été enlevé par les élèves et leurs familles. L’école a été scellée 3 fois au total. Par la suite, l’enseignement en kurde a été complètement arrêté avec le curateur nommé à Cizre en 2016.
 
L’école primaire Ferzad Kemanger, ouverte à Amed en 2014, qui dispense un enseignement en kurde à 250 enfants âgés de 5 à 11 ans, a été fermée par le décret n° 677. L’école primaire Ali Heriri, qui dispensait un enseignement en kurde à Amed, a également été l’une des écoles fermées. Le collège Dicle Fırat, qui dispensait un enseignement en kurde dans le district de Kayapınar, à Amed, en 2010, faisait partie des écoles fermées en 2016.
 
Les activités du jardin d’enfants Üveyş, qui est en service à Gever depuis 2014 et dont le programme d’études a été préparé par KURDÎ-DER, ont également pris fin avec la nomination d’un administrateur. Dans l’école où au moins 800 enfants ont été éduqués, les alternatives ont également été bloquées pendant les périodes de fermeture. En 2016, avec les couvre-feux, le lieu d’entraînement du parc Ape Musa a été fermé et transformé en poste de police.
 
Une école kurde du village de Yalaza (Kerwas) dans le district de Lice à Amed a été détruite par les forces armées turques en avril 2017, pendant les couvre-feux. Les jardins d’enfants, dont le programme était en kurde et qui étaient soutenus par les municipalités du DBP, ont été transformés en institutions qui dispensent un enseignement turc ou des cours de Coran par les administrateurs nommés à la place des élus des municipalités kurdes.
 
Attaques contre les institutions kurdes
 
Le département de kurdologie au sein de l’Institut des langues vivantes a également été touché par les problèmes de décret de l’université de Mardin Artuklu.
 
L’Institut kurde d’Istanbul, qui travaille sur la langue, la littérature et l’histoire kurdes depuis 1992, a également été l’une des institutions fermées par décret. En 2006, la recherche et le développement de la culture kurde (KURDI-DER), avec ses 37 branches dans différentes provinces, dont le siège est à Amed, a été fermée par le décret statutaire 677. Les organisations de la société civile telles que l’Académie de la langue Ehmedê Xanî et l’Union des écrivains kurdes ont également été fermées par décret.
 
En plus des institutions et des académies, de nombreuses émissions de télévision et de radio en kurde ont été fermées : DENGE TV, JİYAN TV, VAN TV, ZAROK TV et de nombreuses radios ont été fermées par le décret-loi 677. Tous les établissements d’enseignement et de radiodiffusion en kurde ont été la cible de cette attaque.
 
Depuis l’état d’urgence proclamé après le 15 juillet 2016, alors que les institutions et tous les lieux où le kurde était maintenu en vie ont été attaqués par l’État turc. Les nationalistes turcs ont également attaqué régulièrement les citoyens kurdes dans l’espace public.
 

Les Kurdes et le syndrome turc

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KURDISTAN. Il y a cent ans, le démantèlement de l’Empire ottoman donnait aux Kurdes l’espoir – vite trahi – d’obtenir un territoire indépendant, en vertu du Traité de Sèvres. Quoique jamais ratifié, ce texte, vu de Turquie, reste une «plaie» qu’Erdogan ravive aujourd’hui au service d’une logique expansionniste. Article d’Ihsan Kurt

Vivant sur leurs propres territoires, dans des principautés sous domination de l’Empire ottoman et de l’Empire perse, les Kurdes ont connu pour la première fois, il y a tout juste 100 ans, la possibilité de créer leur propre Etat grâce au Traité de Sèvres, qui mettait fin à la Première Guerre mondiale sur le front du Moyen-Orient. Traité qui n’a jamais été respecté.

Un siècle plus tard, alors que l’actuelle armée turque mène des opérations militaires dans les quatre parties du Kurdistan [turc, irakien, iranien et syrien] pour briser leur espoir de liberté, les Kurdes espèrent surmonter les effets du Traité de Lausanne qui, en 1923, a annulé celui de Sèvres. Les Kurdes irakiens se battent pour protéger leur entité fédérale, reconnue par la Constitution irakienne. Leurs frères du Rojava [Kurdistan syrien] subissent les politiques du marteau et de l’enclume entre Damas et Ankara. Quant aux Kurdes d’Iran et de Turquie, leurs revendications identitaires autonomistes pâtissent des politiques négationnistes et des répressions de la part de deux régimes islamo-nationalistes – l’Iran chiite d’une part et la Turquie sunnite d’autre part.

Kurdistan ottoman amputé

Après la Première Guerre mondiale et la chute de l’Empire ottoman, quelques Etats-nations ont été créés. En mars 1920, Constantinople (Istanbul) est occupée par les Français et les Britanniques. L’avenir de la région est largement entre les mains des puissances occidentales. Afin d’obtenir des conditions de paix clémentes, le dernier sultan ottoman, Mehmet VI (dit Vahdettin) décide de coopérer avec les Alliés. L’Angleterre et la France, deux des puissances victorieuses de la Grande Guerre, ont promis l’indépendance aux Kurdes et aux Arméniens. Le 10 août 1920, un traité de paix est signé à Sèvres, en France, entre la Turquie ottomane vaincue et les puissances occidentales qui l’ont acculée à la défaite à la suite de l’armistice de Moudros, conclu le 30 octobre 1918.

Le Traité de Sèvres, qui confirme l’armistice et entérine le démembrement de l’Empire ottoman, prévoit notamment la création d’une Arménie indépendante (section VI, Arménie, art. 88 à 93) et d’un Kurdistan autonome en Turquie, mais qui pourra toutefois devenir indépendant sous certaines conditions (section III, Kurdistan, art. 62 à 64). La décision de créer ces deux entités a été prise par le Conseil suprême des Alliés lors de sa réunion à Londres en février 1920.

Le même Conseil, réuni en avril 1920 à San Remo, a attribué à l’Angleterre le mandat sur «l’Irak et le vilayet (département) de Mossoul» – la distinction entre ce vilayet et l’Irak étant une question liée aux ressources pétrolières. Le statut du Kurdistan est au cœur de la question kurde actuelle en Irak, dans le contexte de l’occupation de Mossoul par l’Organisation d’Etat islamique (EI) et compte tenu des ambitions néo-ottomanes de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.

Le mandat sur la Syrie et le Liban a été reçu par la France, et l’Arménie a été placée sous mandat des Etats-Unis. Les dispositions du Traité de Sèvres ne précisent pas les frontières des entités politiques à créer, à l’exception de quelques vagues indications générales. Tout est renvoyé à plus tard (lire ci-dessous le texte du Traité de Sèvres).

Les dispositions internationales amputent donc le Kurdistan ottoman, autonome ou indépendant, de régions considérables. Et le Kurdistan iranien n’est point mentionné, la Perse n’ayant pas participé à la guerre.

Les articles 88 et 89 du traité, relatifs à l’Arménie – dont le peuple a subi le premier grand génocide du XXe siècle, perpétré par l’Empire turco-ottoman –, désignent les frontières avec la Turquie. Les vilayets de Van, Bitlis et Erzeroum déterminent la frontière entre le Kurdistan turc qui serait devenu autonome, le cas échéant indépendant, et cette même Arménie. Thomas Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, ne tardera pas à désigner les frontières jusqu’à Trébizonde, sans consultation préalable de leurs populations.

Surréalisme

En évoquant le Traité de Sèvres, on ne peut s’empêcher penser que son aboutissement tient du surréalisme: «On a donc créé à Paris une Arménie indépendante sans Arméniens, un Kurdistan autonome sur papier et, au surplus, amputé ces deux entités des deux-tiers de leurs territoires». 1

Selon le traité, La Turquie proprement dite est démembrée, réduite politiquement à l’état de protectorat, et limitée à l’Anatolie centrale avec Ankara, et un littoral sur la mer Noire. Dans un tel contexte, Mustafa Kemal Pacha se lève pour défendre la patrie turque. Il initie son mouvement depuis Erzeroum afin d’obtenir le soutien des Kurdes qui ne veulent d’aucune manière être placés sous un gouvernement arménien, protégé par les Etats-Unis. Mustafa Kemal crée une «Association pour la défense des provinces orientales» et se pose en défenseur de «la Nation ottomane» menacée et d’une «communauté islamique fraternelle de Kurdes et de Turcs» dont les droits ethniques seraient respectés. Au congrès d’Erzeroum d’août 1919, il flatte les délégués kurdes, qui le soutiennent.

Bénéficiant aussi de l’aide, en or et en armement, envoyée par le jeune gouvernement soviétique, les troupes kémalistes remportent la victoire sur le front du Caucase. Les Kurdes participent aussi aux combats sur le front ouest, où les forces grecques seront défaites quelques mois avant l’ouverture de la Conférence de la paix à Lausanne. Inutile de dire que les Kurdes seront trompés par les kémalistes lors des négociations de cette conférence, ainsi qu’à l’occasion du traité signé le 24 juillet 1923 à Lausanne.

C’est ce traité qui a biffé celui de Sèvres. Les Arméniens et les Kurdes, qui étaient agréés à la Conférence de la paix à Sèvres, n’ont pas été invités, même à titre d’observateurs. Il va pourtant s’agir, à Lausanne, de leurs intérêts vitaux et de leur destin. Compte tenu des promesses qui leur ont été faites par les puissances sorties victorieuses de la guerre, cette attitude s’apparente à une trahison, à une lâcheté qu’on préfère appeler «raison d’Etat».

La Turquie otage du «syndrome de Sèvres»

Le dépeçage de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale reste une «profonde humiliation» pour le peuple turc. Tous les dirigeants turcs de gauche comme de droite utilisent cette rhétorique nationaliste face aux masses populaires ou dans les manuels scolaires: «invasion de l’extérieur, trahison des minorités chrétiennes, trahison des élites ottomanes elles-mêmes».

Le récit nationaliste qui découle de cette historiographie illustrée par le «Nutuk», ce discours fleuve que Mustafa Kemal a prononcé en octobre 1927 à l’Assemblée nationale, intègre ces éléments selon une ligne historique simple, qui forme la base de l’éducation nationale et de la vision politique régénérant et protégeant tout à la fois le pays. La modernisation forcée, l’étatisme, l’homogénéisation culturelle et l’exaltation du caractère national turc fondent l’utopie de la modernité kémaliste. «Peut-être ne se distancie-t-elle pas des idéologies fascisantes de son temps que sur un point: elle n’est pas impérialiste», selon Dorothée Schmidt, spécialiste de la Turquie.2

Or les rêves impérialistes néo-ottomans, d’une part, et l’instrumentalisation du Traité de Sèvres à des fins tactiques, de l’autre, sont devenus des pratiques banales en Turquie. C’est en via cette instrumentalisation que le gouvernement islamo-nationaliste de Recep Tayyip Erdogan mène ses guerres de reconquête au Rojava syrien et au Kurdistan irakien et iranien sous prétexte de la lutte contre «le terrorisme».

Ces politiques sécuritaires et nationalistes, fort utiles en temps de crise économique et politique pour attiser les plaies du «syndrome de Sèvres», sont les nouveaux instruments populistes de l’homme fort d’Ankara. Le président turc, qui déploie également ses troupes dans le conflit syrien ainsi que des milices djihadistes sur le front libyen, entend plus que jamais rétablir la puissance de la Turquie afin d’avoir la main sur les ressources énergétiques vitales pour l’Europe.

Quant aux Kurdes, divisés entre quatre Etats de la région, ils continuent à revendiquer leurs droits à l’autodétermination, tout en rappelant au monde civilisé ses devoirs politiques et moraux envers cette grande nation privée d’Etat, forte de plus de 35 millions d’âmes. Un siècle après le Traité de Sèvres, pendant que la carte du Moyen-Orient est redessinée par les mêmes acteurs historiques, les Kurdes vont-ils en profiter?

Ihsan Kurt est Président de l’Association pour le fonds kurde Ismet Chérif Vanly (AFKIV)

LE TRAITÉ DE SÈVRES

Ont assisté à la signature de ce «Traité de paix entre les Puissances alliées et associées et la Turquie», non ratifié, l’Angleterre, la France, l’Italie, le Japon, l’Arménie, la Belgique, la Grèce, l’Hedjaz (Arabie), la Pologne, le Portugal, la Roumanie, l’Etat serbe-croate-slovène, la Tchéco-Slovaquie et la Turquie. Dans la section III, Kurdistan, a été décidé:

«Article 62: Une commission siégeant à Constantinople et composée de trois membres respectivement nommés par les gouvernements britannique, français et italien, préparera, dans les six mois à dater de la mise en vigueur du présent traité, l’autonomie locale pour les régions, où domine l’élément kurde, situées à l’est de l’Euphrate, au sud de la frontière méridionale de l’Arménie, telle qu’elle pourra être déterminée ultérieurement, et au nord de la frontière de la Turquie avec la Syrie et la Mésopotamie, conformément à la description donnée à l’article 27, II-2e et 3e. A défaut d’accord unanime sur quelques questions, celles-ci seront référées par les membres de la Commission à leurs gouvernements respectifs. Ce plan devra comporter des garanties complètes pour la protection des Assyro-Chaldéens et autres minorités ethniques ou religieuses dans l’intérieur de ces régions et, dans ce but, une commission comprenant des représentants britannique, français, italien, persan et kurde visitera les lieux pour examiner et décider quelles rectifications, s’il y a lieu, devraient être faites à la frontière de la Turquie là où, en vertu des dispositions du présent traité, cette frontière coïncide avec celle de la Perse. […]

Article 64: 1) Si dans le délai d’un an à dater de la mise en vigueur du présent traité, la population kurde, dans les régions visées à l’article 62, s’adresse au Conseil de la Société des Nations en démontrant qu’une majorité de la population de ces régions désire être indépendante de la Turquie, et si le Conseil estime alors que cette population est capable de cette indépendance, et s’il recommande de la lui accorder, la Turquie s’engage, dès à présent, à se conformer à cette recommandation et à renoncer à tous droits et titres sur ces régions.

2) Les détails de cette renonciation seront l’objet d’une convention spéciale entre les principales puissances alliées et la Turquie.

3) Si ladite renonciation a lieu et lorsqu’elle aura lieu, aucune objection ne sera élevée par les principales puissances alliées à l’encontre de l’adhésion volontaire à cet Etat kurde indépendant, des Kurdes habitant la partie du Kurdistan comprise jusqu’à présent dans le vilayet de Mossoul.»

Sèvres, 10 août 1920

NOTES

  1. Ismet Chérif Vanly (discours), Conférence internationale sur le Traité de Lausanne et ses conséquences à l’occasion du 75e anniversaire du Traité, les 24-25 juillet 1998, Lausanne.
  2. Dorothée Schmid, «Turquie: le syndrome de Sèvres, ou la guerre qui n’en finit pas», Politique étrangère 2014/1 (Printemps), Institut français des relations internationales (IFRI).

Aram Tigran, un chanteur arménien adulé par les Kurdes

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Le 8 août 2009, le grand chanteur arménien, Aram Tigran décédait à Athènes, en Grèce, créant l’émoi chez la communauté kurde. En effet, bien qu’arménien, Tigran chantait surtout en kurde et il était presque vénéré par les Kurdes qui se sont approprié ses chansons. D’autant plus que Tigran avait fait sienne la douleur des Kurdes colonisés et subissant massacres sur massacres. Mais Tigran ne chantait pas que la douleur des Kurdes, il célébrait aussi la résistance, l’amour, la langue kurde, l’enfance, la joie… dans un répertoire riche de 230 chansons en kurde.
 
Hier, à l’occasion d’onzième anniversaire de sa disparition, les Kurdes ont rendu hommage à Aram Tigran en partageant notamment ses chansons sur les réseaux sociaux.
 
Le barde du Moyen-Orient

Aram Tigran, qui a donné vie à des chansons célèbres comme Ey « Dilberê » et « Bilbilo », a continué à chanter ses chansons jusqu’à son dernier souffle. Tigran a composé 500 chansons en kurde, arménien, syriaque, arabe, grec et turc.
Aram Tigran (né Aram Melikyan) était un chanteur arménien contemporain qui chantait principalement en kurde. Il a enrichi considérablement le répertoire de la musique kurde. Ses chansons ont été reprises par les grands musiciens kurdes comme Ciwan Haco, Berfin ou encore par Mem Ararat… 
 
Tigran est né en 1934 à Qamishli, au Rojava, dans le nord-est de la Syrie. Les Ottomans avait chassé sa famille de Diyarbakır (Amed), au Kurdistan du Nord sous l’occupation turque, lors du génocide arménien.
 
Le joueur d’oud hors pair, Tigran a donné son premier concert public lors des célébrations du Newroz (nouvel-an kurde) en 1953. En plus de la langue kurde, Tigran chantait également en arménien, syriaque, arabe, turc, en grec.
 
Pendant 18 ans, Tigran a travaillé à la radio d’Erevan (en Arménie) qui avait des émissions en langue kurde. Il est considéré comme l’un des meilleurs musiciens kurdes contemporains. Il a enregistré 230 chansons en kurde, 150 en arabe, 10 en syriaque, 8 en grec.
 
Tigran est décédé à Athènes le 8 août 2009. Il voulait être enterré à Diyarbakır, mais les autorités turques ont refusé cette demande et il a dû être enterré à Bruxelles.

TURQUIE. Les cas de Covid-19 augmentent dans les régions kurdes

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TURQUIE / BAKUR – Au Kurdistan du Nord (Bakur), où le nombre de contaminations au Covid-19 ne cesse d’augmenter, 346 agents de santé ont été testés positifs à dans la province de Diyarbakir (Amed). Les Kurdes accusent le gouvernement turc d’éviter délibérément de prendre des mesures contre l’épidémie dans les régions kurdes.
 
La normalisation rapide observée après les mesures de quarantaine mis en place pour lutter contre l’épidémie du coronavirus (Covid-19) a conduit à des avertissements concernant une deuxième vague qui pourrait survenir plus tôt que prévu. Cependant, le gouvernement turc n’a pas pris de mesures et les données n’ont pas été correctement fournies, ce qui a incité l’Association médicale turque à dire à plusieurs reprises que l’assouplissement était dangereux.
 
Les médias ont rapporté que le nombre de cas avait augmenté d’Amed à Cizre(régions kurdes) et finalement la plateforme de santé de Diyarbakır a annoncé que 346 travailleurs de la santé de la ville avaient été testés positifs au Covid-19 le 6 août.
 
Selon le communiqué, l’infection, qui a été diagnostiquée principalement chez les infirmières et les sages-femmes, était de 95 pendant 2 mois après le premier cas, et a augmenté à 251 après le retour progressif à la normalisation après le 1er juin.
 
S’adressant à l’ANF, le médecin en oncologie Halis Yerlikaya a déclaré qu’il y a environ 600 patients dans les hôpitaux d’Amed et beaucoup sont mis en quarantaine à domicile. « La situation n’est pas réconfortante. Le nombre de patients à Diyarbakır est très élevé, il n’y a pas de place dans les unités de soins intensifs. Nous avons environ 300 patients par jour à Diyarbakır. Certains de ces patients se présentent aux urgences et reçoivent des médicaments et sont renvoyés chez eux, puis, lorsque leur état s’aggrave, ils sont ramenés à l’hôpital. De nombreux patients observent la quarantaine à domicile, tandis qu’environ 600 personnes se trouvent dans les hôpitaux de Diyarbakır. »
 
Déclarant que le gouvernement a suivi le modèle d’immunité collective, Yerlikaya a souligné que cette politique était encore plus mise en œuvre dans la région [kurde]: « En fait, les gens d’ici sont presque abandonnés à leur sort. Le gouvernement agit en fonction de préoccupations économiques et non de données épidémiologiques et scientifiques. Le nombre de cas a augmenté encore plus avec les mesures de normalisation rapide prises après le 1er juin, car les préoccupations économiques sont au premier plan plutôt que la santé publique. »
 
Yerlikaya a déclaré que les mesures prises sont insuffisantes: « Vous ne pouvez pas résoudre ce problème en augmentant simplement le nombre de lits de soins intensifs dans les hôpitaux. Cette question doit être traitée sur une base scientifique. La façon de faire est de tester tout le monde. Actuellement, si l’un des membres de la famille est positif, les autres ne sont pas testés, ce qui est bien sûr un problème. Les gens ne prennent pas beaucoup de précautions. Nous avertissons toujours que le masque doit être utilisé pour couvrir la bouche et le nez, que la distance sociale doit être maintenue, que l’hygiène doit être respectée, en particulier dans les environnements fermés. L’une des raisons les plus importantes de l’augmentation du nombre de cas dans la région est que les gens se rassemblent dans des environnements fermés, par exemple pour les mariages et les funérailles. Mais en fin de compte, cela ne peut pas être traité avec des mesures individuelles. Ce que fait actuellement le gouvernement se limite à faire des appels sur cette question. Mais cela ne suffit pas, les gens doivent aussi jouer leur rôle et le gouvernement doit s’acquitter de ses responsabilités en s’appuyant sur des données scientifiques. »
 

Le COVID-19 se propage au Rojava: 16 nouvelles contaminations et un décès

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SYRIE / ROJAVA – La pandémie du coronavirus continue sa propagation dans les régions syriennes contrôlées par les forces arabo-kurdes. Les autorités sanitaires du Rojava ont enregistré 16 nouveaux cas de coronavirus, portant à 82 le nombre d’infections dans les régions de la Syrie du Nord et de l’Est, en plus d’un décès.
 
La coprésidente de l’Autorité sanitaire de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie, Joan Mustafa, a annoncé aujourd’hui, samedi, que 16 nouvelles contaminations au coronavirus avaient été enregistrées dans le nord et l’est de la Syrie.
 
Les cas de COVID-19 selon les régions :
 
11 cas à al-Hasakah
 
3 cas à Qamishlo
 
1 cas à Deir-ez-Zor
 
1 cas à Kobanê
 
Mustafa a également révélé qu’un homme de 83 ans était décédé après avoir contracté le virus à Hasakah.
 
Le nombre total de cas de coronavirus dans les régions du nord et de l’est de la Syrie a atteint 82, dont quatre décès.
 

ROJAVA. Ouverture d’un restaurant géré exclusivement par des femmes

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SYRIE / ROJAVA – Après des décennies d’interdiction empêchant les femmes de gérer leurs propres entreprises, un restaurant dirigé par un personnel entièrement féminin a ouvert ses portes dans la ville kurde de Derik, dans le nord-est de la Syrie.
 
Dalia Shebliy, une Syrienne d’environ 30 ans qui a décidé d’ouvrir un restaurant avec un personnel entièrement féminin dans la ville de Derik, a raconté son expérience à North Press.
 
«Mon projet se distingue par ses cadres féminins, la cuisine est mon passe-temps et je suis très professionnelle dans la préparation des repas de plusieurs cultures de la région», a-t-elle déclaré.
 
Shebliy a commencé comme cuisinière dans une institution de l’administration autonome du nord du pays, puis elle a décidé d’améliorer son expérience en gérant sa propre entreprise.
 
« J’ai toujours voulu avoir mon propre restaurant, je voulais le pratiquer de manière indépendante et être propriétaire de mon entreprise plutôt que de travailler pour d’autres. »
 
Sept femmes travaillent dans le restaurant, partageant le travail sur deux équipes, matin et soir, et elles proposent des plats populaires tels que de la viande grillée, des tartes et de la restauration rapide comme la pizza.
 
Shebliy dit qu’elles sont strictes sur les règles d’hygiène. Elles portent des gants et des masques pour empêcher la propagation du coronavirus et de toute autre maladie, car la plupart de leur travail dépend des bons de livraison.
 
À la maison, elle a dit que son mari était d’une aide précieuse pour elle dans l’éducation de leurs enfants. «Nous avons tous les deux nos propres entreprises, il me soutient tout le temps, il participe même aux travaux ménagers et s’occupe de nos enfants», a-t-elle ajouté.
 
Shaha Ahmed, 40 ans, une employée du restaurant Arya Stark, a déclaré qu’elle était heureuse de travailler dans le restaurant avec un groupe de femmes et qu’elle avait décidé d’y travailler pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants après la mort de son mari.
 
Mohamed Abdel Hanan, un revendeur à Dirk, a déclaré: «J’adore déjeuner au restaurant Aria Stark, car tous les employés sont des femmes qui sont des cuisinières professionnelles.»
 
«J’encourage de tels projets dirigés par des femmes», a-t-il déclaré.
 
Plusieurs projets gérés par des femmes ont été ouverts dans la ville de Derik ces dernières années.
 
En 2017, quatre sœurs kurdes de la ville de Kobanê ont créé une boulangerie prospère dans la ville de Derik, surmontant les stéréotypes de genre.
 
En 2018, un groupe de femmes de la société civile du Rojava a ouvert un marché populaire pour que les femmes vendent leur artisanat dans la ville de Derik.
 

ROJAVA. Les familles d’enfants autistes font face à des brimades et au manque de centres de réadaptation

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SYRIE / ROJAVA – Cinq années difficiles se sont écoulées avant que cette mère kurde ne voie son enfant de six ans, Shiyar, la regarder dans les yeux et répéter pour la première fois le mot «maman». C’est un mot que Midia Jemo a toujours espéré entendre après des tentatives constantes pour trouver un diagnostic précis de son état, que les médecins n’arrivent pas à comprendre depuis plus de quatre ans.
 
«Votre fils est atteint d’autisme modéré», voilà comment les médecins de Damas ont diagnostiqué son cas. Jemo a déclaré à North Press: « J’avais beaucoup de pensées en tête avant d’entendre ce diagnostic, mais je n’ai jamais eu peur ou désespéré. »
 
Après des années épuisantes à rechercher un diagnostic précis, elle entreprendra une nouvelle recherche de traitement à la lumière du manque de centres de soins spéciaux pour ces enfants dans une communauté qui considère le cas de son fils comme un trouble mental.
 
Qu’est-ce que l’autisme?
 
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’autisme comme une perturbation de la croissance linguistique, comportementale, émotionnelle et expressive. Cette définition ne couvre pas les défis les plus simples auxquels les familles de ces enfants sont confrontées, en particulier dans les pays déchirés par la guerre comme la Syrie.
 
 
Les statistiques de l’OMS montrent que l’autisme est courant et qu’un enfant sur 160 est autiste. Pourtant, la plupart des gens ne savent toujours pas comment gérer les enfants autistes.
 
L’intimidation de la société
 
En raison de leur comportement inconnu, les enfants autistes et leurs familles sont souvent victimes d’intimidation. Un enfant autiste fait souvent du bruit et peut crier, tandis que d’autres ont tendance à être hyperactifs ou à ne pas répondre aux appels de leurs parents, de sorte que les spécialistes considèrent qu’il est facile de les qualifier de malades mentaux.
 
Au cours des dernières années, la mère de Shiyar a entendu des mots terribles décrivant le comportement de son fils, tels que « Votre fils n’entrera pas à l’école parce qu’il est mentalement retardé … il ne se mariera pas, ne se fera pas d’amis … vous ne l’élevez pas correctement. »
 
De plus, les écoles et jardins d’enfants n’ont pas accueilli son fils en raison du manque de centres de soins spécialisés dans la réadaptation et le développement des personnes autistes du nord et de l’est de la Syrie et du pays en général.
 
Un seul centre
 
Maher Jaalo travaille au centre Bisan pour enfants autistes et troubles de la parole, en coopération avec un groupe de bénévoles et de spécialistes pour traiter des dizaines de cas d’autisme depuis la création du centre en 2018. C’est le seul centre du nord-est de la Syrie, et récemment, un nouveau centre a été créé dans la ville d’Amuda, à l’est de Qamishlo.
 
Jaalo a déclaré à North Press que «l’intimidation de ces enfants et de leurs familles les conduit à ignorer et à ne jamais mentionner les cas de leurs enfants».
 
De nombreuses familles rejettent l’idée d’envoyer leurs enfants au centre par les bus spéciaux, craignant des abus verbaux ou physiques si leurs parents et voisins savent que leurs enfants vont au centre, tandis que la plupart des familles traitent leurs enfants en secret et que d’autres familles enregistrent leurs enfants au centre avec de faux noms.
 
Hasna Ahmad, mère d’un enfant autiste, a déclaré: « Je souhaite construire une ville privée dans laquelle mes enfants et moi vivons seuls, où nous pourrions marcher sans violence verbale ou physique, et personne ne jettera à nos enfants ces regards pleins de pitié et choqués. »
 
Jemo a refusé de cacher le cas de son enfant ou d’avoir honte d’en parler, et a décidé de le soutenir en lisant sur l’autisme et en enregistrant les étapes et les stades de développement de son fils.
 
Elle est restée en contact avec son fils par sa passion, et a décrit son bonheur quand Shiyar l’a finalement regardée dans les yeux et a dit «maman».
 
Elle a ajouté: « Je suis devenue plus patiente et plus mature qu’avant, car mes priorités et mes intérêts ont changé; je ne me soucie plus du discours des gens et des aspects de la vie. »
 
Après son expérience, elle a trouvé l’ambition de rechercher et d’aider les enfants autistes, alors elle a décidé de rejoindre un atelier de formation pour les enfants autistes afin de développer ses compétences au centre Bisan.
 
Elle a créé un compte Facebook dans lequel elle a partagé les activités de son enfant, dans le but de transmettre un message à toutes les mères: « Vos enfants sont les plus beaux cadeaux de Dieu; aimez-les malgré leur différences. »
 
En raison de ses efforts dans ce domaine, le centre Bisan lui a décerné le prix de la mère idéale en juillet, l’un d’une série de récompenses mensuelles que le centre offre aux mères qui suivent de près les cas de leurs enfants.
 
Différents, pas dérangés
 
Maysam Hosary, le seul spécialiste du nord-est de la Syrie qui travaille au centre de Bisan, a déclaré: « Ces enfants ne sont pas mentalement retardés, mais différents et distingués. Ils peuvent vivre leur vie normalement, entrer à l’école et s’impliquer dans la communauté après avoir reçu les soins appropriés. De plus, ils ont des capacités mentales et distinctives qui peuvent être développées. »
 
Pas de statistiques, pas de spécialistes
 
Il n’y a pas de statistiques précises sur le nombre d’enfants autistes dans le nord-est de la Syrie. Il y a un petit nombre qui sont enregistrés dans des centres et des organisations s’occupant des enfants autistes.
 
Dans le centre de Bisan, il y a 125 enfants, dont 18 ont rejoint en 2020. 53 ont quitté le centre en 2018 et 2019.
 
L’absence de soutien
 
Ceux qui travaillent avec des enfants autistes pensent que les centres spéciaux pour ces enfants réduisent le fardeau des voyages et les coûts élevés pour les familles des enfants dans le nord-est de la Syrie. Cependant, le centre a déclaré qu’il ne recevait aucun soutien des organisations internationales s’occupant des enfants.
 
Maher Jaalo a ajouté que le centre s’appuie principalement sur les dessins d’enregistrement des enfants et que le centre d’Amuda a récemment été menacé de fermeture en raison d’un loyer élevé, mais une organisation médiatique locale a fourni un soutien pour poursuivre le travail du centre.
 
 
 

ROJAVA. 16000 membres de sécurité intérieur mobilisés pour le couvre-feu anti coronavirus

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SYRIE / ROJAVA – Un haut responsable kurde du Rojava a déclaré jeudi que 16000 membres des Forces de sécurité intérieure (Asayesh) avaient été déployés pour contrôler le processus de couvre-feu imposé dans la région pour enrayer la propagation du coronavirus après 54 nouveaux cas de contaminations découverts en une semaine.
 
Kan’an Barakat, codirecteur de l’Autorité de l’Intérieur, a noté que des centaines de points de contrôle ont été ajoutés aux entrées des villes et villages pour contrôler le couvre-feu et arrêter la propagation du coronavirus dans la région.
 
L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est a imposé un couvre-feu complet jeudi en fonction de l’augmentation du nombre de cas confirmés de coronavirus à 54 cas dans la région autonome.
 
Les autorités kurdes de Syrie ont déjà pris des mesures de précaution pour empêcher la propagation de la pandémie dans leur région, où le système de santé a été gravement endommagé et surtaxé par près d’une décennie de guerre civile.
 
Malgré ces mesures, le danger très réel d’une épidémie locale de coronavirus existe toujours et est exacerbé par les restrictions laxistes dans les territoires contrôlés par le régime syrien qui contrôle le nord-est, en particulier les points de contrôle à la périphérie des provinces de Deir al-Zor, Raqqa et Manbij.
 
Dans les villes de Tabqa, situées au sud-ouest de Raqqa, et à Manbij, les personnes venant des zones du régime et des mercenaires sont contrôlées par les équipes médicales de l’administration pour des symptômes compatibles avec le coronavirus avant d’être autorisées à entrer dans les zones contrôlées par les Kurdes. Des équipes mobiles supplémentaires s’efforcent également de diffuser des informations sur le virus et de faire des recommandations visant à enrayer la contagion.

SYRIE. Accord kurdo-américain autour du pétrole syrien ?

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SYRIE / ROJAVA – La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré que les Kurdes et leurs alliés arabes avaient signé un accord avec une compagnie pétrolière américaine pour moderniser les champs pétroliers de la Syrie du Nord et de l’Est sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes qui ont nettoyé la région de l’Etat islamique. Le régime syrien et ses mentors iraniens, russes etc. crient au « vol » du pétrole syrien et dénoncent « une atteinte à la souveraineté syrienne ». Alors, de quoi s’agit-il au juste ?
 
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance kurdo-arabe dirigée par les YPG kurdes du Rojava, ont libéré le nord et l’est de la Syrie qui est riche en pétrole et abrite d’immenses terres agricoles qualifiées de grenier à pain du pays des mains de DAECH au prix de plus de 30 000 combattant.e.s tombés lors de combats acharnés en neuf ans de guerre. Que devaient faire les Kurdes et leurs alliés ? Remettre à Bachar el-Assad les terres qu’ils ont libérées et accepter le statu quo d’avant guerre où les Kurdes n’existaient même pas officiellement, n’avaient pas de carte d’identité et leur langue interdite ? La réponse est non, bien évidement. Et que veulent les Kurdes ?
 
Les revendications des Kurdes, les véritables héros de la guerre anti-DAECH en Syrie, ne sont toujours pas reconnues par le régime central qui leur refuse le droit à l’autodétermination au sein d’une Syrie fédérale. Alors, en attendant, les Kurdes et leurs alliés arabes, arméniens, turkmènes… ont mis en place un modèle de démocratie pluraliste, féministe et écologiste qui est avant-gardiste à bien des égards. Et le pétrole dans tout ça ?
 
La détérioration des puits de pétrole après neuf ans de guerre et le raffinage sauvage sont à l’origine d’une pollution massive des eaux et des sols dans la région de Deir Ez-Zor. L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est n’a pas les moyens pour remettre en état les installations pétrolières. C’est pourquoi elle fait appelle aux Etats Unis qui étaient par ailleurs leurs alliés dans la guerre contre l’EI… Mais revenons aux accusations du régime syriens visant les Kurdes au sujet du pétrole et de la « souveraineté syrienne ». Où étaient le régime syrien et son mentor russe quand la Turquie a envahi les régions d’Afrin, dont l’espace aérien était contrôlé par la Russie. Idem pour l’invasion par la Turquie des régions syriennes d’Azaz, ainsi que Jarablous, sans parler d’Idlib où la Turquie et les groupes jihadistes tiennent en otage le peuple syrien ? C’est la Turquie qui viole la souveraineté syrienne en occupant militairement la Syrie et non pas les Kurdes qui demandent leurs droits élémentaires au sein de l’Etat syrien ! Mais pet-on faire « confiance » aux USA dans la région ?
 
On pourrait dire que les USA aussi ont trahi les Kurdes à Serekaniyê en 2019 quand la Turquie et ses islamistes ont envahi la région alors que les USA pouvaient les empêcher en fermant l’espace aérien de la région et que les Kurdes devraient se méfier d’eux également, que les USA ont leurs propres intérêts dans la régions… Mais soyons sûrs que les Kurdes pèsent le pour et le contre dans ce genre d’alliances et qu’ils choisissent l’option la moins mauvaise, dans une région où tous les Etats colonialistes du Kurdistan sont unanimes pour détruire le moindre acquis du peuple kurde…
Image via ANF

En juillet, les gangs de la Turquie ont enlevé 78 civils à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires de la Turquie continuent à semer la terreur dans le canton d’Afrin pour forcer les Kurdes à quitter leurs terres. Parmi les crimes commis par les mercenaires, on peut compter les kidnappings et la torture, meurtres, féminicides, viol des femmes et des fillettes, confiscation des biens, la destruction de la nature…
 
«En juillet, les services de renseignement turcs et des mercenaires ont enlevé 78 citoyens, dont 4 femmes. En outre, 12 personnes, dont une femme, ont été torturées. Le sort de 3 enfants disparus est inconnu», a déclaré le porte-parole de l’Organisation des droits de l’Homme d’Afrin.
 
Le porte-parole de l’Organisation des droits de l’Homme d’Afrin, Ibrahim Şêxo, a déclaré que 78 citoyens avaient été enlevés à Afrin par des mercenaires liés à la Turquie.
 
Le 3 août, un garçon nommé Xelîl Nîhad Şêxo (16 ans) du village de Fêrkan dans le district de Şera à Afrin a été abattu par des soldats turcs et son corps a été remis à sa famille après le vol de ses organes dans un hôpital de Kilis où il devait être soigné.
 
S’adressant à l’ANHA au sujet de la brutalité de l’État turc et des crimes qu’il a commis au cours du mois dernier, Ibrahim Şêxo a déclaré que ce qui est arrivé à l’enfant nommé Xelîl Nîhad Şêxo est un crime de guerre, et les organisations internationales et les enfants les organisations de défense des droits devraient en tenir l’État turc responsable.
 
Les soldats turcs ont massacré 464 citoyens syriens aux frontières depuis le début de la crise syrienne, a déclaré Şêxo, ajoutant: « Les pratiques de l’État turc contre les civils syriens, en particulier à Afrin, sont contraires au droit international. »
 
78 citoyens enlevés en juillet
 
Partageant le bilan des crimes commis par l’État turc à Afrin au cours du mois de juillet, Şêxo a déclaré: «Les services de renseignement turcs et des mercenaires ont enlevé 78 citoyens, dont 4 femmes. En outre, 12 personnes, dont une femme, ont été torturées. Le sort de 3 enfants disparus est inconnu.»
 
Selon des informations obtenues de sources à Afrin, Şêxo a ajouté que les mercenaires liés à l’Etat turc se sont emparés de la récolte de sumac et de noix des habitants des villages de Mabata.
 
La destruction de la nature continue
 
Ajoutant que les occupants ciblent également la nature dans la région, Ibrahim Şêxo a déclaré: « Les envahisseurs étrangers qui se sont installés dans la région coupent des arbres pour se frayer un chemin entre les villages d’Hec Qasimo et Misteşûra à Mabata. » L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) a déclaré que 20 machines de chantier avaient été amenées dans la zone.
 

BORDEAUX. Rassemblement contre l’expulsion d’un militant kurde vers la Turquie

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BORDEAUX – La police française a arrêté le 28 juillet dernier le militant kurde Mehmet Yalçin habitant Bordeaux pour l’expulser vers la Turquie. La communauté kurde organise un rassemblement devant l’Hôtel de Police de Bordeaux, demain, à 11h, pour exiger la libération d’Yalçin dont le seul crime est d’être un militant pacifiste lutant pour les droits du peuple kurde.
 
Voici le communiqué du Conseil Démocratique Kurde de Bordeaux condamnant l’arrestation de Mehmet Yalçin:
 
« Après avoir été condamné par la justice française pour de soi-disant liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un activiste associatif kurde est aujourd’hui menacé d’expulsion vers la Turquie, pays où il risque d’être arrêté et torturé.
 
Condamné en 2019 à deux ans de prison dont un an ferme, Mehmet Yalcin a dû porter un bracelet électronique pendant près d’un an. Il est actuellement sans papiers du fait du rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA, rejet motivé par cette condamnation. Incriminé comme un vulgaire terroriste, privé de papiers, il est maintenant menacé d’être jeté dans la gueule du loup.
 
Le 28 juillet dernier, cet homme marié, père de trois enfants (âgés de 2, 4 et 6 ans), résidant à Bordeaux depuis 2006, a été convoqué au commissariat où il a été immédiatement menotté et placé en rétention. A ce stade, tous les recours déposés par ses avocats ont été rejetés. M. Yalcin dont l’expulsion est prévue le 28 août prochain a fait savoir qu’il entamait une grève de la faim.
 
L’expulsion de Mehmet Yalcin vers la Turquie serait une violation grave de la convention européenne des droits de l’homme et de la Convention de Genève sur les réfugiés. La Turquie n’a rien d’un État de droit. L’orientation franchement autoritaire et répressive prise par le régime d’Erdogan au cours de ces dernières années le démontre largement. Chaque jour, des militants politiques, élus, journalistes, avocats, syndicalistes sont arrêtés et emprisonnés en Turquie. La presse est muselée et les réseaux sociaux en passe d’être entièrement contrôlés par le régime. Par ailleurs, les cas de torture et de mauvais traitements sont en pleine recrudescence, comme le dénonce un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch.
 
Depuis des années, la France mène des opérations contre les associations kurdes et leurs militants, prétextant leur proximité avec le PKK. Les militants associatifs kurdes sont poursuivis, condamnés, détenus. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se voient interdire le territoire français, retirer leur statut de réfugié et placés sous FIJAIT, une sorte de contrôle judiciaire à vie.
 
Jusqu’où va aller la France dans ce harcèlement judiciaire et administratif à l’encontre des Kurdes ? Est-il interdit de militer sur le territoire français pour la reconnaissance des droits et libertés d’un peuple opprimé ?
 
La France doit cesser de se voiler la face. Les Kurdes et leurs activités ne représentent aucun danger, ni en France, ni ailleurs dans le monde. Le véritable danger, c’est le régime fasciste et autoritaire d’Erdogan qui gronde aux portes de l’Europe, ainsi que ses réseaux islamo-nationalistes qui prolifèrent ici et là.
 
Si la France veut lutter contre le terrorisme, comme elle le prétend, qu’elle agisse contre la Turquie et cesse son acharnement politique et judiciaire contre les Kurdes dont le seul tort est de résister face à la violence et l’oppression étatique.
 
Nous demandons instamment aux autorités françaises d’abroger les mesures d’éloignement prises à l’encontre de M. Yalcin et de lui accorder un droit de séjour afin que lui et sa famille puissent vivre en France dans des conditions dignes.
Nous appelons les partis politiques, les élus, les organisations de défense des droits humains et toutes les personnes indignées par cette situation à interpeller les autorités françaises pour empêcher l’expulsion de Mehmet Yalcin. »
 
RDV ce vendredi 7 août, à 11 heures
Devant le Commissariat de Police / Point d’accueil
23, Rue François de Sourdis
33000 Bordeaux

ROJAVA. 54 nouvelles contaminations au coronavirus en une semaine

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QAMISHLI – Les Kurdes du Rojava annoncent 54 nouvelles contaminations au coronavirus dans la Syrie du Nord et de l’Est en une semaine. Les autorités ont pris de nouvelles mesures sanitaires pour endiguer la propagation du COVID19 pour éviter une crise sanitaire qui aurait des conséquences dramatiques dans une région qui compte des millions de réfugiés privés de tout.
 
L’Autorité sanitaire de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie a annoncé jeudi que le nombre d’infections au coronavirus avait atteint 54 cas depuis le déclenchement de la pandémie la semaine dernière.
 
Juwan Mustafa, chef de l’autorité sanitaire, a déclaré que quatre nouveaux cas de coronavirus confirmés au cours des dernières vingt-quatre heures, portant le nombre à 54 cas.
 
Mustafa a déclaré que les quatre cas (trois femmes et un homme) concernaient la campagne du nord d’Alep, dont deux dans la ville de Tel Rifaat, un dans le village de Kafer Naya et un dans le village d’Ahras.
 
Depuis le déclenchement de la pandémie la semaine dernière, un est mort dans le village d’Ahras, dans le nord de la campagne d’Alep.
 
L’administration autonome a imposé un blocage total à partir de jeudi dans la région qu’elle contrôle comme mesure pour arrêter la propagation de la pandémie.