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« J’ai la première place »

Comment faisaient les demandeurs d’asile en France dans les années 1990/2000 pour obtenir un titre de séjours provisoire ? Voici le témoignage d’une femme kurde.

Quand je suis arrivée en France, je n’avais pas de titre de séjour car j’y étais entrée illégalement, sans visa. Par conséquent, j’étais dans la clandestinité et je devais, dans les meilleurs délais, aller à la préfecture de police de la banlieue où j’étais hébergée demander un titre de séjour afin de faire une demande d’asile politique, auprès de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA).
 
Le titre de séjour en question était un récépissé, valable un mois, renouvelable uniquement si l’OFPRA jugeait mon dossier recevable pour un examen. Il me permettait de rester en France dans la légalité, et pour l’acquérir, il fallait avoir un ticket qui nous permettait d’entrer dans les locaux de la préfecture. Les tickets étant limités à quelques dizaines alors que les gens qui faisaient la queue étaient à peu près une centaine, on faisait la queue, pendant plusieurs heures, pour être sûr d’en avoir un.
 
Je m’y rendais seule, vers cinq-six heures du matin pour faire la queue jusqu’à neuf heures, l’heure d’ouverture de la préfecture de police, qu’il pleuve ou qu’il neige. Il m’arrivait d’être la première ou d’être avec un ou deux hommes que je ne connaissais pas mais qui faisaient la queue comme moi alors qu’il faisait nuit et qu’il n’y avait personne d’autre dans les alentours. D’autant que le lieu était entouré d’un immense parking, désert jusqu’à l’ouverture des bureaux. Seulement de temps en temps, il y avait une voiture de police en patrouille qui passait dans les rues alentours. Autant dire que, pendant ces heures d’attente, je ne me sentais pas en sécurité.
 
Une fois, je suis arrivée, il était cinq heures et demie, il faisait nuit et froid, j’étais la première, en tout cas il n’y avait personne. J’avais peur, j’avais froid et mal aux jambes et j’attendais impatiemment que le jour et les gens arrivent. A un moment donné, j’ai vu qu’il y avait un tee-shirt, par terre, à côté de moi, quand je me suis penchée, pour voir de plus près, j’ai vu qu’il y avait aussi un mot écrit sur une feuille blanche à côté du tee-shirt : « J’ai la première place. » Apparemment, quelqu’un tenait à la première place, sans être là, mais moi qui attendait dans le froid et la nuit, avec la peur au ventre, j’ai fait une grimace en me disant que l’auteur du mot se croyait plus malin que les autres en laissant juste un mot pour avoir non seulement une place, mais de surcroît la première, toute en restant au chaud, quelque part, alors que moi, j’avais peur et froid et si c’était aussi simple de réserver une place, je pouvais faire de même : laisser un mot, la veille au soir (l’avait-il laissé la veille au soir ?) et revenir le lendemain vers neuf heures, dire que j’étais la première, et avoir un ticket pour entrer. Je me disais que je n’allais pas laisser le type prendre la première place. Comme les gens étaient beaucoup plus nombreux à vouloir entrer que les tickets distribués, il leur arrivait de revenir plusieurs jours de suite et il y avait souvent des tensions entre eux, pour une place… J’ai même entendu mon frère dire que quand lui s’y rendait, il y a plus de dix ans, la situation était pire, les gens venaient le soir, dormir sur place pour être sûr d’avoir leur sésame et les plus malins en auraient fait un marché noir, en vendant leur ticket aux gens désespérés qui n’arrivaient pas à en avoir.
 
Petit à petit, les gens sont arrivés, comme les autres fois, on était plusieurs dizaines et juste avant l’ouverture des locaux, on a vu un homme arriver, prendre le vêtement et la feuille qui se trouvaient par terre et se mettre devant moi, sans dire un mot. J’étais sidérée de le voir devant moi et je lui ai dit, tant bien que mal (à l’époque je parlais très mal le français et j’avais un vocabulaire de quelques dizaines de mot seulement), qu’il fallait qu’il fasse la queue comme tout le monde. Il m’a dit, en me montrant le mot : « j’étais là avant vous mais comme j’avais oublié un document à la maison, j’y suis retourné le chercher et d’ailleurs, j’ai laissé ce mot pour dire que j’avais la première place. » J’ai dit que je ne le croyais pas, que c’était trop facile, que j’aurais pu faire de même… Les autres personnes ne disaient rien et quand l’agent qui distribuait les tickets est arrivé, je lui ai dit ce qui s’était passé, mais il a donné un ticket à l’homme, sans même me répondre, faisant mine de ne pas m’entendre ! Je me suis dit que la prochaine fois j’allais faire pareil : laisser la veille au soir un vêtement et un mot : « J’ai la première place » et revenir le lendemain un peu avant neuf heure, prendre la tête de la queue, exactement comme cet homme ! Vous y pensez, j’étais une fille beaucoup trop peureuse pour faire une chose pareille, j’étais juste en colère !
 
Et donc, par la suite, pendant deux ans et demi (le temps qu’il m’a fallu pour avoir un titre de séjour temporaire, valable pendant un an), plutôt que de laisser un mot, j’ai toujours fait la queue, même pendant l’hiver. J’ai fait la queue pendant des heures, en attendant que le jour et les gens arrivent, que j’aie mon sésame, que je ne tombe pas malade à cause du froid, que mes doigts ne se gèlent pas, pour que je puisse signer correctement mon récépissé…
 
Ma seule consolation, pendant ces deux ans et demi-là, a été que je n’ai plus jamais vu de mot disant « J’ai la première place » !
 
Keça Bênav / La fille sans nom (en kurde, Keç signifie « fille » et Bênav « sans nom »)
 
Paris, septembre 2007

Enterrement de la jeune kurde qui s’est suicidée après avoir été violée par un officier turc

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TURQUIE / BAKUR – La jeune Kurde qui est décédée hier suite à une tentative de suicide après qu’elle a été séquestrée et violée par un sergent de l’armée turque dans la province de Batman a été enterrée aujourd’hui. La police turque a attaqué la foule qui voulait participer aux funérailles.
 
I. E. avait été hospitalisée après une tentative de suicide le 16 juillet dernier à Batman / Beşiri, avait déclaré dans une lettre que le sergent Musa O. l’avait violée. Elle a perdu la vie à l’hôpital hier. Depuis, de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux demandent l’arrestation du sergent violeur sous le hashtag #MusaOrhanTutuklansın (Que Musa Orhan soit arrêté).
 
L’officier est toujours libre et à son poste
 
Le sergent turc accusé du viol, a été arrêté sur la plainte de la famille mais a été libéré sous contrôle judiciaire malgré le rapport médico-légal confirmant le viol. Au cours de son interrogatoire, l’officier a nié avoir eu des relations sexuelles avec İ.E. et a déclaré avoir été « ivre » au moment des faits et il a été relâché aussitôt.
 
Le dossier d’I. E. a été classé confidentiel tandis que l’officier est accusé d’ « abus sexuel qualifié » mais continue à exercer son métier comme si de rien n’était.
 
Après l’autopsie, le corps de la jeune femme de 18 ans a été rendu à la famille vers 3 heures aujourd’hui. Le cercueil d’IE a été transporté au cimetière de Batman Asri et enterré sous une forte présence policière qui a autorisé uniquement la famille à entrer dans le cimetière. (ANF)
 
Les gens qui voulaient assister aux funérailles ont réagi à la police qui à son tour a attaqué la foule. Le responsable du parti HDP Siirt Sıdık Taş a également été attaqué par la police turque.
 
Le viol est une arme de guerre utilisée contre le peuple kurde
 
Ces derniers temps, on assiste à de nombreux cas de viols ou tentatives de viol des femmes et adolescentes kurdes par des soldats turcs protégés par l’uniforme militaire. C’est actes nous montrent clairement que l’Etat turc utilise le viol comme une arme de guerre contre le peuple kurde depuis des décennies. Le viol de cette adolescente par un sergent turc n’en est que le dernier de ce crime de guerre visant les femmes.
 
Le viol, la torture et le meurtre des femmes, fillettes et combattantes kurdes par l’armée turque sont le fruit d’une politique bien précise de l’Etat turc et non pas des actes isolés commis par des individus au sein des forces armées turques. Et nous avons raison de craindre que tant que le Kurdistan sera colonisé et le peuple kurde opprimé, ces crimes continueront car tous les Etats qui occupent le Kurdistan veulent exterminer le peuple kurde par tous les moyens.

TURQUIE. Plus de 80% mairies kurdes d’HDP saisies par le gouvernement

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TURQUIE / BAKUR – Le gouvernement turc poursuit une politique de coup d’État dans les régions kurdes, où 81% des municipalités du Parti démocratique des peuples (HDP) ont été saisies par le parti au pouvoir depuis 2016, déclare l’HDP qui a publié un rapport aujourd’hui.
 
Au total, 51 des 63 municipalités gagnées par le HDP ont été saisies par le gouvernement turc au cours de l’année dernière, tandis qu’un total de 146 fonctionnaires (kayyum) nommés par l’État ont été affectés aux municipalités du HDP au cours des quatre dernières années.
 
Le gouvernement accuse HDP de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Depuis la tentative de coup d’État ratée de 2016, Ankara a intensifié la répression contre le mouvement kurde, détenant au moins 20 maires du HDP et reprenant les municipalités dirigées par le HDP dit « pro-kurde ».
 
«(Le président turc Recep) Tayyip Erdoğan est un putschiste», a déclaré un cadre arménien d’HDP, Garo Paylan, qui a partagé le rapport. « La volonté du peuple est actuellement détenue. Nos co-maires, membres du conseil municipal et élus sont incapables de faire leur travail. Nous exigeons qu’ils soient renvoyés à leurs postes. »
 
Les anciens coprésidents du HDP, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, font partie des principaux responsables du parti qui sont en prison depuis 2016 dans le cadre de la répression du gouvernement anti-HDP.
 
 
 
 

Décès d’une jeune Kurde violée par un officier turc

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TURQUIE / BAKUR – Les cas les plus récents de viols par des militaires turcs visant les femmes et adolescentes kurdes nous montrent clairement que l’Etat turc utilise le viol comme une arme de guerre contre le peuple kurde depuis des décennies. Le décès survenu aujourd’hui d’une adolescente kurde violée par un sergent turc n’en est que le dernier de ce crime de guerre visant les femmes.
 
Une jeune Kurde de 18 ans, séquestrée et violée pendant 20 jours par un sergent turc, est décédée à Batman. Elle avait été hospitalisée après avoir tenté de se suicider le 16 juillet dernier.
 
I. E. avait été hospitalisée après une tentative de suicide le 16 juillet dernier à Batman / Beşiri, avait déclaré dans une lettre que le sergent Musa O. l’avait violée. Elle a perdu la vie à l’hôpital aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, des appels pour l’arrestation du sergent violeur se font sous le hashtag #MusaOrhanTutuklansın.
 
Alors qu’elle était à l’hôpital, sa famille a trouvé une lettre dans laquelle elle donnait les détails concernant la séquestration et le viol par l’officier turc, qui avait été arrêté après que la famille avait porté plainte.
 
Au cours de son interrogatoire, l’officier a nié avoir eu des relations sexuelles avec İ.E. et a déclaré avoir été « ivre » au moment des faits et il a été relâché aussitôt.
 
Cependant, le rapport de l’institution de médecine légale, qui a été révélé par l’Agence Mezopotamya, indique clairement qu’elle a été violée.
 
Une ordonnance de confidentialité a été imposée sur l’affaire et le sergent Musa O a été remis en liberté. L’officier est accusé d’ « abus sexuel qualifié ».
 
La famille de İ.E. avait ensuite demandé l’aide de l’Association des droits de l’Homme (İHD).
 
La députée du Parti démocratique du peuple (HDP) Feleknas Uca a soumis une question parlementaire sur l’affaire au ministre de la Justice Abdulhamid Gül.
 
Le procureur général de Batman a ouvert une enquête contre l’éditeur du journal Jiyan Haber, İdris Yayla, suite à des publications concernant cette affaire. (via ANF)

Les gardes iraniens tuent un kolbar et en torturent un autre

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IRAN / ROJHILAT – Bénéficiant d’une impunité totale, les gardes-frontières iraniens ont une fois de plus attaqué les kolbars kurdes près de la frontière.
 
Selon Kolbarnews, les forces du régime iranien ont attaqué jeudi des kolbars (porteurs de marchandises entre le Kurdistan du Sud et de l’Est) dans la région frontalière d’Henge Zal, près de la ville de Bane de la province de Sinê (Sanandaj), au Kurdistan oriental.
 
L’attaque a coûté la vie à l’un des kolbars, identifié comme étant Hadi Xizri.
 
Selon Kolbarnews, un autre kolbar a été torturé par les gardes-frontières iraniens le 11 août. Le kolbar, Raza Ebdulahi du village de Tawaguz près de la ville de Salasi, aurait été gravement blessé à la tête.
 
La tragédie des kolbars
 
Le Kurdistan oriental a sombré plus profondément dans la pauvreté au fil des années en raison des politiques délibérées du régime iranien et se distingue comme l’une des régions les plus pauvres d’Iran. Par rapport à d’autres régions, la région a connu beaucoup moins d’investissements et le développement a été délibérément freiné. L’agriculture et l’industrie n’ont pas été autorisées à se développer et, par conséquent, le chômage a atteint le niveau le plus élevé en Iran.
 
Face à des politiques de discrimination, d’oppression et d’appauvrissement, le transport de marchandises de contrebande n’est pas un choix mais une nécessité pour survivre.
 
Kolbar vient des mots kurdes, «kol» (dos) et «bar» (charge). Les Kolbars gagnent leur vie en transportant des charges le long de la périlleuse frontière. Leurs charges comprennent des cigarettes, des téléphones portables, des tissus, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Ils marchent sur des terrains dangereux pour continuer ce commerce entre le Kurdistan méridional et oriental. Les marchandises qu’ils apportent sont vendues à des prix élevés à Téhéran, mais les kolbars qui risquent leur vie pour eux sont payés très modestement.
 
Les intermédiaires qui prennent les livraisons et trouvent des acheteurs dans les villes sont appelés kasibkars.
 
Les kolbars et les kasibkars ont entre 13 et 70 ans. Certains n’ont fréquenté que l’école primaire, tandis que d’autres ont des diplômes universitaires. Ils transportent des charges, car ils ne peuvent trouver aucun autre emploi. Au cours des 5 dernières années, quelque 300 kolbars et kasibkars ont été tués de sang-froid. Il n’y a pas de statistiques précises disponibles concernant le nombre de kolbars morts sur les chemins du kolbarî.
 

Selon l’office de migration d’Allemagne il n’y a pas de torture dans les prisons turques

ALLEMAGNE – L’Agence pour l’immigration et les réfugiés (BAMF) a refusé la demande d’asile du réfugié kurde Idris Isen, prétendant qu’il n’y a pas de torture systématique en Turquie et que le système pénitentiaire est conforme aux normes de l’Union européenne.
 
Idris Isen risquait plus de 6 ans de prison pour sa lutte pacifique pendant ses années universitaires. Il a cherché refuge au Kurdistan du Sud en 2011 après que sa peine a été confirmée par la Cour suprême. Isen, qui travaille comme ingénieur civil depuis de nombreuses années au Kurdistan du Sud, a subi les pressions et le harcèlement exercés par le PDK depuis 2018. Pour fuir le harcèlement, il s’est rendu en Allemagne et a demandé l’asile l’année dernière.
 
L’Agence pour l’immigration et les réfugiés (BAMF) a examiné la demande d’asile d’Isen, qui se trouve toujours dans un camp de réfugiés dans l’État de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et a rejeté sa demande.
 
ANF ​​a pu voir la décision de 18 pages du BAMF qui fait l’éloge du régime Erdogan et affirme que la Turquie est un État de droit. Suite à la décision turque, le BAMF a affirmé qu’Isen avait été condamné à la prison pour «appartenance à une organisation terroriste [PKK]» et n’avait donc pas le droit d’obtenir l’asile.
 
Affirmant qu’Isen avait un procès équitable en Turquie, le BAMF a prétendu qu’il pouvait y être envoyé. La résolution a également allégué qu’il n’y a pas de torture systématique en Turquie selon leurs informations et que le système pénitentiaire est conforme aux normes de l’Union européenne.
 
Réagissant à la décision de l’Agence allemande pour l’immigration et les réfugiés, Isen a déclaré: « J’ai dû quitter le Kurdistan à cause des pressions du PDK, et maintenant je suis confronté à une décision illégale en Allemagne. »
 

« Ils sont tués dans les casernes parce qu’ils sont kurdes, alévis ou arméniens »

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TURQUIE / BAKUR – Alors que les morts suspectes de soldats dans les casernes restent d’actualité, Ercan Aktaş de l’Association d’objection de conscience a déclaré que les jeunes kurdes, alévis, arméniens et socialistes étaient visés et a appelé les familles à ne pas envoyer leurs enfants faire leur service militaire [qui est obligatoire mais qui peut être acheté contre de l’argent].
 
En Turquie, entre 1992 et 2002, 2 220 morts suspectes de soldats ont été enregistrés comme «suicide». Bien qu’il n’y ait pas de données sur la mort de soldats dans les casernes entre 2002 et 2020, après l’arrivée de l’AKP au pouvoir, on déclare que les chiffres sont très élevés, la question étant fréquemment à l’ordre du jour. Les morts suspectes de soldats, qui sont récemment devenues courantes au sein de l’armée, sont couvertes par les mots «suicide», «balle accidentelle» et «crise cardiaque». La demande de justice des familles est ignorée sous l’emprise du pouvoir judiciaire et de la bureaucratie et il n’y a pas d’enquête effective concernant les responsables de ces décès suspects.
 
La mort de soldats dans la caserne est revenue sur le devant de la scène après la mort suspecte du soldat Osman Özçalimli, menacé à cause de son identité kurde alors qu’il servait à la prison fermée d’Izmir Aliağa.
« Le militarisme, c’est la mort »
Évaluant le nombre croissant de morts de soldats suspects, Ercan Aktaş, un volontaire de l’Association d’objection de conscience, a déclaré que les jeunes kurdes, alévis, arméniens et socialistes ne devraient pas entrer dans les casernes militaires qui manquaient de légitimité. «Les familles ne devraient pas livrer leurs enfants aux militaires», a déclaré Aktaş, et en tant qu’objecteurs de conscience qui lutte contre le service militaire obligatoire depuis de nombreuses années, déclarant que « le militarisme, c’est la mort ».
Aktas a rappelé les paroles du père d’Osman Özçalimli, décédé de façon suspecte dans la prison d’İzmir Şakran, qui avait dit que son fils lui avait téléphoné deux fois et qu’il lui avait dit qu’il était menacé par d’autres soldats qui l’accusaient d’être un traître à la patrie car il était kurde, et a dit que cette déclaration révélait toute la réalité.
« La caserne est une zone de violence »
« S’il y a quelque chose d’aussi facile pour le militarisme que de créer un ennemi, c’est de tuer cet ennemi créé », a déclaré Aktaş, ajoutant que la caserne était une zone de violence. « Pourquoi une personne se suiciderait-elle à quatre heures de la fin de son service militaire? Combien de jeunes mourront des suites d’une balle de l’arme de son ami? C’est claire et net : Uğur Kantar, Kurde et Alévi; Sevag Şahin Balıkçı, Arménien; Deniz Yurtsever, socialiste; Osman Özçelimli, Kurde, ont été tués par leurs pairs et commandants dans les casernes [à cause de leur identité ou idées politiques]. »
« Le devoir patriotique peut être acheté »
Soulignant la nécessité d’évaluer la mort suspecte des soldats dans le contexte du service militaire obligatoire dans des pays raciste et militariste comme la Turquie, Aktas rappelé que le service militaire existait dans très peu de pays. Aktas a déclaré qu’en Turquie, de nombreuses personnes évitent de faire le service militaire dit « sacré » par ailleurs, en l’achetant. « La société ne devrait pas accepter cela. Aujourd’hui, le monde est dans une dimension complètement différente en ce qui concerne la conscription. A part la Turquie, à quelques exceptions près comme la Grèce, la conscription est présente dans très peu de pays. Mais notre mentalité est si arriérée qu’ils pensent que le service militaire obligatoire est un outil par lequel il peut inculquer la conscience nationale en mettant les gens dans les casernes et en dispensant une formation militariste. C’est une pratique qui a été abandonnée il y a longtemps dans le monde. Cependant, il est toujours appliqué de manière persistante en Turquie », a-t-il déclaré.
Rappelant la déclaration de l’historien Michael Howard, « Le militarisme est la perception des valeurs militaires sous-culturelles comme les valeurs dominantes de la société », Aktaş a déclaré: « Si l’expression est élargie davantage, le militarisme peut être défini comme la glorification des valeurs et des pratiques militaires et la formation de la sphère civile. Des jeunes entre 20 et 21 ans meurent dans la caserne. Une société qui se demande « s’il est devenu martyr ou non? », « Il avait des tatouages, si la prière doit être faite ou non », est pourrie. Cet esprit militaire est l’un des plus grands obstacles pour affronter les terribles souffrances et vivre dans un pays sans violence, oppression et guerre. Pour cette raison, il est nécessaire de mener certaines discussions de manière plus dimensionnelle et plus approfondie. Allons-nous oublier Osman Özçelimli, comme nous avons oublié İsmail Akça, Osman Bulut et Yılmaz Köse (…)? Ce qu’on vit, c’est le militarisme alimenté par le racisme / nationalisme. Les jeunes kurdes, alévis, socialistes et arméniens ne devraient pas entrer dans ces casernes qui manquaient de légitimité. Les familles ne devraient pas livrer leurs enfants là-bas. Le HDP devrait être impliqué dans un travail politique plus efficace que de porter au parlement la mort survenue dans chaque caserne ».
«On ne s’habituera pas à cette situation»
Aktaş a déclaré que bien que le militarisme semble tout à fait réussi à naturaliser le meurtre de jeunes avec des politiques nationalistes pendant des années, les objecteurs de conscience, les opposants à la guerre et les antimilitaristes ne s’habitueront pas à cette situation. Aktaş a noté qu’ils continueront à se demander pourquoi Osman Özçelimli a perdu la vie afin que les gens ne s’habituent pas à cette situation.
 

 

L’Irak demande au Conseil de sécurité de l’ONU de mettre fin aux violations turques

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L’armée turque est en guerre ouverte contre les Kurdes au Rojava, dans le nord de la Syrie, et au Bashur, dans le nord de l’Irak, depuis plus de 2 ans avec la complicité de la communauté internationale. Hier, elle a franchi une nouvelle étape en tuant deux hauts gradés irakiens dans le nord du pays.

Le 11 août, un drone de l’armée turque a ciblé un véhicule appartenant aux gardes-frontières irakiens dans la région kurde de Bradost, au nord d’Erbil (Hewler). Mohammed Rushdi et Zubair Hali, deux hauts gradés irakiens, ont été tués lors de l’attaque.
 
Suite à cette énième attaque turque dans le nord de l’Irak, Bagdad vient d’annuler la visite d’un ministre turc et a convoqué l’ambassadeur turc après cette nouvelle attaque turque contre le Bashur (le Kurdistan du Sud), dans le nord de l’Irak, en violation du droit international.
 
Hier, le Parlement irakien a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir d’urgence pour mettre fin aux violations répétées de la Turquie.
 
Le premier vice-président du Parlement, Hassan Karim Al-Kaabi, a déclaré hier que les attaques turques contre la souveraineté de l’Irak nuisent aux relations historiques entre l’Irak et la Turquie, ajoutant que ces attaques sont une violation flagrante de tous les principes de la Charte des Nations Unies, des lois internationales et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir d’urgence pour mettre fin aux violations répétées et affirmer le respect des principes de bon voisinage. (ANHA)
 
Al-Kaabi a fermement dénoncé la persistance des forces turques dans leur agression dans le nord de l’Irak où l’armée turque sème la terreur parmi les civils kurdes pour les inciter à quitter leurs terres.
 
Ces dernières années, des dizaines de civils kurdes ont été tués par l’armée turque dans le nord de l’Irak où la Turquie a des dizaines de postes militaires et elle prétend attaquer les combattants du PKK, sans que la communauté internationale réagisse.
 
On ne sait pas encore si l’Irak stoppera enfin les attaques de l’armée turque dans la région autonome kurde ou s’il profitera de l’occasion pour envoyer ses forces mettre fin également à l’autonomie kurde, comme le craignent certains Kurdes.

Incendies de forêt: La Turquie commet un écocide au Kurdistan

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TURQUIE/ BAKUR – Les incendies de forêt du Kurdistan font partie de la guerre anti-kurde de l’Etat turc. Le militant écologiste Vahap Işıklı parle d’une campagne écologique de destruction.

La nature du Kurdistan souffre de la guerre que l’État turc mène contre le peuple kurde depuis des années. Vahap Işıklı est le porte-parole de l’Alliance pour la protection des jardins historiques du Hevsel à Amed (Diyarbakir) et parle de la destruction de l’environnement au BAKUR (Kurdistan du Nord).  Il explique que les forêts des régions occidentales de la Turquie sont brûlées pour maximiser les profits, cependant, au Kurdistan, la nature est détruite en raison de la politique de guerre de l’État turc.

Le militant écologiste souligne que chaque année, notamment en juin, les forêts sont délibérément incendiées : « Depuis des jours, les forêts brûlent à nouveau et rien n’est fait pour éteindre les incendies. De Nusaybin à Cudi, de Gabar à  Besta, de Lice à Dersim, les incendies de forêt font rage. Au Kurdistan, des avant-postes militaires sont installés sur les zones brûlées. En Turquie, par contre, des bâtiments sont en cours de construction à la place des arbres brûlés. Avant toute opération militaire contre les Kurdes des forêts sont incendiées. Lorsque les incendies sont signalés aux autorités, on dit qu’il n’y a pas d’eau ou pas d’équipes de lutte contre les incendies. La raison en est les opérations militaires. Pour cette raison, une campagne écologique de la destruction est menée contre la nature. Cette campagne d’extermination est complétée par la construction de centrales hydroélectriques et de barrages. »

Selon Işıklı, la destruction de l’environnement conduit à des flambées de maladies : « Cette situation est également présente dans la pandémie du coronavirus. De nombreuses maladies différentes se produisent de cette manière et se propagent rapidement. Les forêts offrent une protection. Il n’y a pas de différence entre les montagnes Ida dans l’ouest de la Turquie, et les montagnes du Kurdistan. Malheureusement, de nombreux écologistes et le grand public voient les choses différemment. Nous devons lutter contre les incendies de forêt et la destruction de la nature partout, où qu’ils se produisent. Tous mettent en danger l’équilibre écologique et constituent donc une menace pour nous tous. Même si un seul arbre subit des dommages, les créatures vivantes de la forêt en souffrent. De nombreux êtres vivants ont été tués dans les incendies de forêt actuels. En tant qu’alliance d’Hevsel, nous surveillons la situation de près. Tous les peuples doivent lutter contre la destruction de l’environnement et se lever pour la nature. »

ANF

Le gouvernement turc s’attaque aux sources sacrées des Alévis à Dersim

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TURQUIE / BAKUR – L’Etat turc mène une guerre globale contre le peuple kurde et la nature du Kurdistan qui est pillée et détruite n’échappe pas à cette guerre. Après l’inondation de la ville antique d’Hasankeyf, dans le cadre du projet GAP, voici que le gouvernement turc a décidé de s’attaquer aux sources d’eau sacrées des Alévis de Dersim.
 
Dans la province de Dersim, le gouvernement turc a débuté son projet de transformation des sources de Munzur dans un but lucratif. Les habitants de la régions sont indignés – et jurent qu’ils vont mener une résistance collective contre la destruction de leur nature et lieu sacrés.
 
Le gouvernement turc a débuté son projet de transformation des sources sacrées des Alévis à Munzur, du district d’Ovacık de Dersim.
 
Le projet a été préparé par l’Agence de développement de Fırat (FKA) et approuvé par le conseil régional de préservation du patrimoine culturel d’Erzurum en juin 2019, sous la coordination du gouvernorat de Tunceli, qui a affirmé que « ce sera bon pour le tourisme ».
 
Le projet de 800 millions de lires comprend des ponts en acier à construire sur Munzur. Le projet a été préparé sans la consultions des habitants de la ville, ni les municipalités et les organisations de la société civile.
 
Il est également prévu de construire deux parkings, l’un près du village de Gözeler.
 
Les écologistes et les citoyens affirment que le projet détruira les sources de Munzur et que l’accès aux sources sera payant.
 
Pour la population alévie de Dersim, le paysage fluvial et montagneux du Munzur est un symbole de leur région, qu’ils considèrent comme un miracle unique. Outre l’approvisionnement en eau, la pêche et d’autres aspects économiques, le Munzur a un statut «sacré» pour les Alévis. Son importance historique, culturelle et scénique est immense depuis des siècles. Le Munzur est directement associé à presque toutes les mythologies, légendes et traditions de Dersim. Il a été nommé d’après le berger Munzur Baba, qui, selon une légende, a renversé du babeurre dans la région près d’Ovacık, qui aurait donné naissance aux 40 sources de Munzur.
 

TURQUIE, 26 organisations de la société civile exigent l’application de la Convention d’Istanbul

TURQUIE / BAKUR – Alors que les féminicides font la une de l’actualité en Turquie, y compris dans les régions kurdes, 26 organisations de la société civile exigent l’application de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Le gouvernement turc tente d’annuler la ratification de la Convention d’Istanbul sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Avec l’argument de la «protection de la famille», il tente de contrer une réalisation importante du mouvement mondial des femmes. Mais il y a une résistance généralisée dans le pays depuis des mois.

Aujourd’hui, 26 organisations de la société civile se sont exprimées et ont appelé le gouvernement à mettre fin une fois pour toutes aux discussions sur le retrait de la convention et à appliquer les normes juridiques.  Dans une déclaration commune intitulée « La Convention d’Istanbul est une garantie de survie », elles déclarent : « Si la Convention d’Istanbul avait été mise en œuvre, 163 femmes n’auraient pas été assassinées par les hommes les plus proches depuis janvier 2020, et 36 rien qu’en juillet. La violence policière contre les femmes qui réclament leurs droits garantis par la constitution montre que l’État est complice du féminicide. Ce n’est pas une fin à la Convention d’Istanbul, mais sa mise en œuvre doit être garantie. »

Les signataires regroupent des initiatives des victimes du coup d’État aux associations religieuses et idéologiques progressistes, au mouvement démocratique, au Congrès démocratique du peuple (HDK), aux syndicats et au club PEN.

Les noms des initiatives individuelles sont:

2017 Bodrum Yurttaş İnisiyatifi, 78’liler Girişimi, Alevi Düşünce Ocağı Derneği, Ankara 78’liler Girişimi, Ankara Düşünceye Özgürlük Girişimi, Daktilo 1984, Demokrasi İernekler Bİernekler)  Derneği (DİAYDER), Diyalog Grubu, Doğu-Güneydoğu Dernekleri (DGD) Platformu Kadın Meclisi, Doğu-Güneydoğu Dernekleri (DGD) Platformu, Düşünce Suçuna Karşışişokenim, Eşiitiklarerne Hİakläkerne Giratığarıkern Platformu, Düşünce Suçuna Karşışişokroïm, Eşiitiğıkarıkerne İğıklar İğalkerne İğıklar İğlar İğlar İkratığık İğığık İğlığık İğık  (HDK), Oyuncular Sendikası, Özgürlük Araştırmaları Derneği, PEN Yazarlar Derneği, Pir Sultan Abdal Kültür Derneği, Sodev (Sosyal Demokrasi Vakfı), Türkiye Yazarlar Sendikasi (TYS), Üniversite Öğretim Üyeleri Derneği (ÜNİVDER), Yurttaş Girişimi, Yurttaşlık Derneği.

Contexte: La Convention d’Istanbul

La Convention d’Istanbul – la Convention pour la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique – a été élaborée par le Conseil de l’Europe en tant que traité international en 2011 et est entrée en vigueur en 2014. Elle est considérée comme une étape importante dans la lutte contre le patriarcat et oblige les États signataires à lutter contre la violence sexiste et à améliorer les services de prévention et de soutien.

La Turquie a été le premier pays à signer la convention et a ratifié le traité en 2012 au parlement, mais les normes juridiques ne sont pas appliquées dans la pratique.  « Ni les offres d’aide et de protection prévues pour les femmes ne sont mises en œuvre, ni, par exemple, la loi n ° 6284, qui, selon le gouvernement de l’AKP, est destinée à servir de « cape de protection pour les femmes », n’est effectivement appliquée.

Ceci en dépit du fait que dans le pays du Bosphore, la misogynie et la violence contre les femmes ne sont pas rares, mais constituent le fondement patriarcal de la société.  Selon la plate-forme « Nous stopperons les féminicides  » (« Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu »), 474 féminicides ont été enregistrés rien que l’année dernière, mais le gouvernement d’Erdoğan discute de l’opportunité de se retirer de la Convention d’Istanbul – car cela « sape »  les valeurs traditionnelles et fait des hommes des «boucs émissaires».

ANF

ROJAVA. Appel urgent pour les réfugiés d’Afrin menacés par le Covid-19

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ROJAVA – SHEHBA  – Une catastrophe humanitaire se profile pour les réfugiés du canton kurde d’Afrin installés à Shehba, préviennent les organisations du Rojava.

L’Organisation des droits de l’Homme d’Afrin-Syrie, la branche Shehba du Croissant-Rouge kurde (Heyva Sor a Kurd) et les responsables des camps de déplacés de la région de Shehba, dans le nord de la Syrie, ont lancé un appel urgent aux organismes internationaux. Ils demandent aux organisations concernées à jouer leur rôle humanitaire et moral envers le peuple syrien en général et envers les déplacés d’Afrin à Shehba en particulier.

L’appel urgent lancé à l’ONU et à ses organisations sanitaires et humanitaires pour sauver les personnes déplacées d’Afrin du Covid-19 se lit comme suit :

«Le désastre et la situation catastrophiques qui attendent les Syriens et dont les Nations Unies et d’autres organisations avaient mis en garde, concernant la possibilité d’une épidémie incontrôlable du coronavirus en Syrie, est devenu une réalité maintenant.

Aussi misérables qu’ils soient, les Syriens, en général, font face à un destin noir alors que le conflit qui dure depuis dix ans fait toujours rage, laissant le pays en ruines et en lambeaux.

Les infrastructures ont été détruites, les populations appauvries tandis que les secteurs des services et de la santé sont fragiles et faibles, incapables de supporter le lourd fardeau de cette pandémie meurtrière.

Aujourd’hui, ce virus mortel fait des ravages dans le monde entier avec 20 millions de cas actifs et un nombre de morts qui a atteint 720 000 alors que les chercheurs sont lancés dans une course pour trouver des vaccins contre le Covid-19.

Ce sont des moments difficiles car la plupart des pays ont pris des mesures strictes pour contenir ce virus mortel qui se propage rapidement et fait des milliers de morts chaque jour.

Jusqu’à présent, sans vaccin efficace à disposition, la meilleure façon de sauver des vies est d’éviter d’être infecté en brisant la chaîne de transmission de l’infection par la distanciation sociale et en prenant des mesures de précaution.

Les déplacés d’Afrin réfugiés à Shehba menacés par le covid-19

Les déplacés d’Afrin impuissants à Shehba sont les plus sensibles à ce virus avec 10 cas infectés vivants et deux décès au cours des derniers jours.

La région de Shehba est une enclave exiguë qui abrite 200 000 déplacés kurdes de la région d’Afrin dans des camps de réfugiés sordides et des villes et villages déchirés par la guerre, en proie aux mines terrestres, dépourvus des nécessités les plus simples de la vie compte tenu de l’absence de soutien gouvernemental et international pour ces camps comme des services médicaux, sanitaires et sociaux, exacerbant les souffrances des personnes déplacées, dans un moment où des centaines de cas d’infections au Covid-19 ont récemment été découverts dans la ville voisine d’Alep.

La région de Shehba est assiégée de tous côtés à l’exception d’un seul passage qui la relie à la ville d’Alep, mais des mesures draconiennes sont nécessaires pour faire venir des fournitures médicales ou emmener les patients à Alep.

La propagation du virus pourrait s’accélérer et atteindre son apogée fin août et début septembre

Une catastrophe humanitaire se profile à l’horizon, attendant les déplacés d’Afrin ici à Shehba. Il n’existe qu’un seul petit hôpital, l’hôpital d’Afrin, dépourvu du matériel médical nécessaire, de personnel qualifié, d’ambulances et de fournitures.  L’hôpital fournit des services médicaux gratuits, recevant quotidiennement des centaines de patients.

«Des gants, des masques, des blouses et d’autres équipements de protection individuelle, des respirateurs, des diagnostics in vitro, des conteneurs d’oxygène, les médicaments nécessaires sont tous indispensables», déclare le directeur de l’hôpital.

Le Croissant-Rouge kurde a également quelques petits points médicaux ici gérés par des volontaires, mais ils manquent de ressources, de personnel et de fournitures médicales avec la présence de nombreuses épidémies telles que l’hépatite, la leishmaniose et d’autres maladies de la peau qui sévissent dans cette région oubliée.

Selon toutes les lois internationales : « tous les États et les individus ont le droit d’accéder aux soins de santé, le droit d’accéder à l’information et l’interdiction de la discrimination dans la fourniture de services médicaux et autres ».

« Par conséquent, nous lançons un appel à toutes les organisations humanitaires et de défense des droits humains des Nations Unies dans le domaine de la santé, en particulier l’Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF, la Croix-Rouge internationale et toutes les organisations de santé concernées à jouer leur rôle humanitaire et moral envers le peuple syrien, en général, et envers  Les déplacés d’Afrin à Shehba, en particulier, doivent fournir une aide médicale et des secours d’urgence afin d’atténuer la propagation de ce virus, afin que nous puissions réduire l’ampleur de la catastrophe humanitaire qui est sûre de frapper la région bientôt ».

ANF