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Panorama historique des situations politico-identitaires de la langue kurde

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KURDISTAN – Privés d’État et de droits, les Kurdes subissent également un génocide linguistique dans les 4 parties du Kurdistan (même si dans la région autonome kurde d’Irak, et depuis peu au Rojava, ils font revivre leur langue). Mais, malgré leur statut de colonisés, l’élite patriotique kurde s’est efforcée depuis un siècle à faire vivre la langue kurde qui fut interdite au milieu du XXème siècle.

Pour les Kurdes, la survie de la langue kurde est étroitement liée à leur survie ethnique et reste une question éminemment politique. Le jeune doctorant en langue kurde, Serdar Ay revient sur l’aspect politico-identitaires de la langue kurde dans son article « Panorama historique des situations politico-identitaires de la langue kurde », publié sur le site de RITIMO.
 

L’intelligentsia kurde du début du XXe siècle, dans la dernière époque de l’Empire ottoman, se donne le devoir d’éduquer son peuple. Elle le considère comme un peuple endormi, inculte, à l’état animal. Il faut le réveiller, le sortir de sa torpeur. L’éveil, c’est l’éveil à la civilisation d’une part, l’éveil national d’autre part. [1] Cet éveil national pour accéder à la civilisation n’est possible qu’avec l’éducation. La langue devient ainsi une question cruciale. Cette vision que l’intelligentsia kurdes a du monde est bien lisible et visible dans la presse kurde de l’époque. [2] La langue n’est pas pensée ni comme source ni comme âme de la Nation. [3] C’est un outil pratique qui permet d’éduquer le peuple, de former la Nation pour accéder à l’Histoire et à la civilisation. Et pour parvenir à ces fins, la langue doit être renouvelée.

Plus tard, l’intelligentsia kurde exilée au Levant sous mandat français, qui a dû quitter la jeune République turque fondée après la fin de la Première Guerre Mondiale, se trouve devant l’impossibilité d’obtenir l’indépendance du Kurdistan, ou du moins une autonomie par la force. Elle perçoit le nouvel ordre régional du Moyen-Orient (avec la division du territoire kurde, la dispersion des intellectuels kurdes, la censure de l’identité kurde…) comme un nouveau défi pour l’identité kurde ou comme une « menace ». [4] En effet, les Kurdes n’ont pas obtenu un État qui puisse garantir la survie de la langue et de la Nation kurdes, à la différence de leurs voisins. Le danger est d’autant plus grand que la langue kurde et les autres éléments constitutifs de la kurdicité sont pris pour cible par les mesures du régime kémaliste en Turquie. [5] A partir de là, cette intelligentsia privilégie le travail sur la langue (la consolidation du sentiment de communauté kurde par la restauration de la langue, le développement de l’instruction en kurde et la renaissance de la littérature populaire comme une façon de nationaliser le folklore kurde) et la culture kurdes afin de créer les conditions nécessaires à un éventuel réveil de la conscience nationale parmi les Kurdes. C’est pourquoi, les périodiques, journaux et surtout revues, dirigés par l’intelligentsia kurde, sous la direction de Djeladet et Kamuran Bedr Khan, deviennent le lieu et le milieu de mémoire et de sauvegarde d’un trésor culturel qui risque de disparaître ; le but étant de permettre l’accès à la civilisation, la modernisation et la nationalisation de la société kurde, et de mettre en valeur la singularité de la kurdicité, à la façon herderienne, à travers surtout la langue – en tant que condition sine qua non de la « kurdicité consciente » [6] –, la littérature et les recueils folkloriques. [7]

Première couverture de la revue Hawar

Après une longue période de silence, un mouvement politico-culturel kurde appelé « Doğuculuk », traduit en français par le terme d’ « Estisme », ou mouvement pour la « promotion de l’Est », émerge dans les années 1960 en Turquie. L’Est est, à cette période, avant tout défini non par sa situation géographique mais par sa situation ethno-démographique ; habité par des populations non assimilées à la turcité (appartenance à un groupe ethnique turc). En ce sens l’usage du terme est proprement un euphémisme pour éviter le mot kurde dont la simple prononciation résonne en Turquie comme une provocation délibérée. Ce mouvement se concentre principalement sur l’inégalité économique entre les régions kurdes (l’Est) et le reste de la Turquie, et attire l’attention sur l’ampleur de cette inégalité. Il considère que cette négligence consciente envers l’ « Est », en particulier dans le cas des politiques économiques menées par l’État, est voulue au nom de l’assimilation du peuple de l’ « Est » ; elle vise la démolition de la langue, des mœurs et des différences régionales du peuple de l’Est. Cet argument conjugue la critique des politiques assimilationnistes de l’État turc et l’appel à la reconnaissance des différences ethniques, culturelles et linguistiques kurdes. Or, la langue kurde est définie au sein de l’ « Estisme » comme composante de la situation « sous-développée » de l’ « Est » ainsi que
comme élément constructif et représentatif de la contestation et du
contre-discours kurde. [8]

À partir des années 1970, à l’époque où l’autonomisation de la politique kurde et, parallèlement, où la concrétisation de la question nationale kurde s’accélèrent, un homme politique charismatique kurde, le Dr. Şivan, passionné par l’histoire des mouvements de libération nationale anticolonialiste et dé-coloniale, définit la question kurde en Turquie comme une « contradiction nationale interne aux pays sous-développé », en partant d’un critère principal, l’existence de politiques d’assimilation et de négation culturelle. Selon lui, parmi toutes les formes d’oppression et d’exploitation nationale, l’assimilation est la forme « la plus barbare, méprisable et sauvage ». C’est pourquoi, le Dr. Sivan croit en la nécessité d’apprendre, de lire et d’écrire le kurde, la réalité que la langue étant un des éléments nécessaires à l’existence nationale. [9] Sa conception marxiste, ou plutôt stalinienne, de la langue, veut que celle-ci ne soit pas une superstructure et n’ait aucun caractère de classe. [10] Ainsi, dans le but de faciliter la lecture et l’écriture du kurde, puis de créer des conditions utiles pour que la langue, la littérature, l’art, le folklore et tous les sujets culturels puissent être traités et publiés en kurde, il appelle toutes les personnalités kurdes à apprendre à lire et à écrire le kurde, et à travailler à l’unification de la langue et de l’alphabet kurde. Pour lui, il s’agit d’un « devoir » que d’être kurde ou de le devenir. De ce fait, contester les politiques de négation et d’assimilation de l’État envers les Kurdes et combattre ces politiques d’État constitue la ligne idéologique principale dans les lieux et milieux influencés par les idées du Dr. Şivan. [11]

Pendant les années 1990, dans la nouvelle ère de la sphère kurde sous la forte influence du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), un mouvement linguistico-littéraire kurde éclot aux seins des périodiques, qui sera à l’origine de la construction du champ littéraire kurde en Turquie. Ce mouvement est porté par une jeune « Génération de Lumière » (Nifşê Rewşenê). Se plaignant de l’indifférence des Kurdes envers leur langue, ce mouvement se penche sur la « psychologie des dominés » des Kurdes. Car la domination et l’assimilation de la culture et de la langue kurdes ont eu un effet d’aliénation et ont engendré un complexe d’infériorité chez les Kurdes, qui « se sont éloignés de l’esprit kurde ». Critique envers le PKK, ce mouvement souligne la force et le rôle de la langue dans le combat national pour mettre fin à la domination. En ce sens, selon cette génération, l’écriture en kurde est à la fois une façon de contribuer au combat du peuple kurde contre la domination, une façon de « décoloniser l’esprit », et une scène d’autocritique et de déconstruction. [12]

Dans la nouvelle atmosphère des années 2000, le mouvement kurde insiste sur les droits culturels, linguistiques et identitaires des Kurdes et leur reconnaissance. Par exemple, l’on peut voir dans les actes du 7ᵉ congrès du PKK, publiés en février 2000, l’annonce de la nouvelle politique du parti (par ailleurs légitimée par le contexte du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne), en vertu de laquelle la langue et l’identité seront les nouvelles sources mobilisables en politique dans la sphère kurde du pays. Le TZP-Kurdî, un mouvement pour la langue et l’éducation en kurde (Tevgere ziman û perwerdeya kurdî) est fondé en 2006. Il a pour objectif de lutter en tant que mouvement organisé pour la cause de la langue kurde, son enseignement, et la prise de conscience linguistique chez les citoyen·nes kurdes, afin de lutter contre l’infériorité et l’humiliation qui découlent de l’assimilation. Un réseau s’est constitué dans le pays afin d’enseigner le kurde, de former les enseignant·es et de conduire les mobilisations. [13] Au-delà des cours-ateliers de l’enseignement du kurde dans ses centres, en collaboration avec les mairies pro-kurdes et ses diverses composantes, TZP-Kurdî organise de nombreuses conférences, des séminaires, des panels mais aussi des ateliers et des cours linguistiques dans les quartiers populaires des villes kurdes. Elle se charge également de toutes les affaires et des services en kurde des mairies pro-kurde.

Par le biais d’une de ses composantes, l’Association de Recherche et de Développement de la Langue Kurde (Kurdî-Der, Komelaya Lêkolîn û Pêşvebirina Zimanê Kurdî, 2006) – qui dispose de vingt-six centres dans toutes les grandes villes des régions kurdes (jusqu’à 2015-16) –, TZP-Kurdî se lance également dans une entreprise de collecte, afin de recueillir des chansons, des expressions, des mots, épopées, contes populaires. Cela, dans la perspective de pouvoir retrouver et valoriser les racines populaires et les formes culturelles d’existence du peuple kurde jusqu’ici cachées, enfouies, muettes dans la terre censurée. Les centres de Kurdî-Der préparent de nombreux projets de dictionnaires kurdes spécifiques aux différentes régions, des dictionnaires des expressions et des dictionnaires consacrés à l’économie, la géographie, les plantes, l’agriculture, le droit. Certains de ces travaux ont déjà été publiés soit par la mairie de Diyarbakır, soit par l’Institut Kurde d’Istanbul, l’Institut Kurde de Diyarbakır ou par d’autres éditeurs kurdes. Kurdî-Der est la première association de recherche et de développement de la langue kurde dans les régions kurdes en Turquie, qui a fait preuve de grandes capacités ethnographiques ou archéologiques. Elle a investi les sources folkloriques du peuple kurde et a donné ainsi naissance à un courant de recherche qui par la suite sera approfondi.

Il convient de souligner que ce mouvement linguistique est né au sein du nouveau mode organisationnel des années post 2000 du PKK [14], un complexe multi-niveau d’organisations politiques, sociales, culturelles, économiques, mais aussi militaires, et des organisations qui y sont affiliées. [15] Cet univers organisationnel du PKK est basé sur le confédéralisme démocratique, nation démocratique ou démocratie radicale d’Abdullah Öcalan, fortement influencée par le municipalisme libertaire. [16]

Notes

[1Scalbert-Yücel Clémence, Conflit linguistique et champ littéraire kurde en Turquie, Paris I, thèse de doctorat, 2005, p. 170.

[2Ay, Serdar, La littérature kurde kurmandji en Turquie entre émergence et (re)découverte. Écrire, par le biais des revues, l’histoire d’une littérature de combat, Paris, thèse de doctorat, Inalco, janvier 2021, pp. 42-115.

[3Scalbert-Yücel Clémence, id. p. 172.

[4Gorgas, Tejel Jordi, Le mouvement national kurde de Turquie en exile. Continuités et discontinuités du nationalisme kurde sous le mandat français en Syrie et au Liban (1925-1946), Paris, thèse de doctorat, EHESS, 2004.

[5Bayrak, Mehmet, Kürtler‟e Vurulan Kelepçe Şark Islahat Planı, Ankara, Özge Yayınları, 2009.

[6Nivîsanoqa Hawarê, « Heyîneqe Yeqsalî », Hawar, Damas, Çapxana Terekî, n°20, mai 1933, pp. 1-3 (Diyarbakır, Belkî, 2012, pp. 314-316).

[7« Armanc, Awayê xebat û Nivîsandina Hawarê », Hawar, Damas, Çapxana Terekî, n°1, mai 1931, p. 1 (Diyarbakır, Belkî, 2012, p. 10).

[8Ay, Serdar, id., pp. 214-247.

[9Id., pp. 260-264.

[10Scalbert-Yücel, Clémence, id., p. 222.

[11Ay, Serdar, ibid.

[12Id., pp. 342-350 et 360.

[13Id. pp. 389-394.

[14Voir, Ay, Serdar, La littérature kurde kurmandji en Turquie entre émergence et (re)découverte. Écrire, par le biais des revues, l’histoire d’une littérature de combat, Paris, thèse de doctorat, Inalco, janvier 2021

[15Voir, Çiçek, Cuma, « La formation d‘un espace sociopolitique kurde sous le pouvoir d‘AKP en Turquie », Anatoli, 8 | 2017. p. 151-181.

[16Bance, Pierre, Un Autre Futur Pour Le Kurdistan ? Municipalité libertaire et confédéralisme démocratique, Paris, Noir et Rouge, 2017.

 
Serdar AY est doctorant d’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Il est l’auteur de la thèse intitulée « La littérature kurde kurmandji en Turquie entre émergence et (re) découverte. Écrire, par le biais des revues, l’histoire d’une littérature de combat ».

Le Hezbollah turc, un des deux mouvement terroristes islamistes turcs

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TURQUIE / BAKUR – Pour ceux qui ne connaissent pas les organisations islamistes turcs qui agissent en étroite collaboration avec l’État turc pour détruire le mouvement de libération kurde, l’article suivant écrit par Emile Bouvier est pour vous.

« De fait, le nom de « Front islamique du grand Orient », également appelé « Combattants du Front du grand Orient islamique » (IBDA-C : İslami Büyük Doğu Akıncılar Cephesi) fait résonner en Turquie les échos d’une époque trouble, celle des années des deux dernières décennies du XXème siècle : mettant fin à l’atmosphère de guerre civile des années 1970, le coup d’Etat du 12 septembre 1980 vient bouleverser les dynamiques socio-politiques en Turquie et de nouveaux groupes clandestins apparaissent ou décident de prendre les armes : le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), créé en 1978, décide de passer aux actions armées en 1984 et sera suivi, six ans plus tard, par l’IBDA-C, créé en 1970. Créé en partie en réaction à la création du PKK, un autre mouvement kurde verra le jour en 1983 mais portera en lui des revendications islamistes : il s’agira du « Hezbollah turc », nommé ainsi par opposition au Hezbollah libanais créé durant la même période (entre 1983 et 1985 particulièrement), ou encore nommé « Hezbollah kurde », en référence au caractère éminemment kurde du mouvement. »

A lire sur Les Clés du Moyen-Orient 

IRAN. Les députés kurdes critiquent les abus visant les nationalités non persanes

IRAN / ROJHILAT – Quinze députés kurdes ont critiqué les abus répétés visant les nationalités non persanes en Iran. L’un des députés a déclaré que les Kurdes étaient le plus vieux peuple autochtone d’Iran.
 
Les parlementaires kurdes en Iran ont adressé une lettre ouverte au dirigeant iranien, Ali Khamenei, dans laquelle ils critiquaient les « insultes répétées aux nationalités du pays de la part des responsables et des invités des programmes télévisés iraniens ».
 
Un présentateur de télé se moque d’un tenu traditionnel kurde
 
Selon Asharq Al-Awsat, la critique intervient après qu’un programme télévisé sur la chaîne officielle 2 a suscité la colère des Kurdes d’Iran, le présentateur ayant comparé, d’un air moqueur, le vêtement folklorique kurde à des « vêtements de bergers » et a demandé à son invité, un universitaire kurde, la raison de porter un tel vêtement, et en retour, l’invité répond d’une manière calme en expliquant la signification du vêtement masculin kurde et ses racines historiques, en disant que cela était le symbole de se débarrasser de l’emprise de l’injustice.
 
Dans le message, le parlementaire a critiqué l’approche de la télévision iranienne face aux personnes d’autres nationalités, avertissant qu’elle était « erronée et opposée à la sécurité et à la cohésion nationales », et a indiqué que la télévision iranienne s’employait ainsi à « répandre la haine, la falsification et les abus. »
 
Le député Kamal Por Hosseini a déclaré dans un ultimatum adressé à la télévision depuis la tribune parlementaire, que « le peuple kurde est parmi les nationalités les plus anciennes (…) d’Iran. Pourquoi sur la télévision nationale (…) il y a des insultes quotidiennes contre les nationalités iraniennes telles que les Kurdes, les Lors, les Turkmènes et les Baloutches? »
 
Le député a demandé: « Pourquoi autorisez-vous [qu’on] insulte les nationalités iraniennes d’autres origines? Nous, les Kurdes, ne permettrons à personne d’offenser les nationalités. »
 

« Nous résisterons jusqu’à ce qu’Afrin soit libéré »

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SYRIE / ROJAVA – Il y a 3 ans, la Turquie a lancé un assaut militaire contre le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Après trois mois de bombardements meurtriers visant délibérément les civils, des centaines de milliers de Kurdes ont dû fuir la région pour échapper à l’armée turque et ses mercenaires islamistes. La majorité des réfugiés d’Afrin se sont installés dans des camps du canton voisin de Shehba.
 

Hier, à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion turque, le conseil du canton d’Afrin a organisé une marche dans le camp de Berxwedan avec la participation des habitants de Fafin et d’Ehdas pour protester contre l’occupation d’Afrin par l’État turc.

La marche a été suivie d’un rassemblement. Les habitants tenaient une bannière disant «Non à l’occupation», «Nous gagnerons avec l’esprit des martyrs» et «Non au changement de la structure démographique».

Le rassemblement organisé sur la place du camp Berxwedan a commencé par une minute de silence.

S’exprimant lors du rassemblement, Hêvin Elus, membre du Conseil des familles des martyrs d’Afrin, a condamné les attaques de l’Etat turc contre les habitants d’Afrin.

Déclarant que les habitants d’Afrin résistent toujours, Hêvin Elus a déclaré: ‘Nous avons résisté pendant 58 jours. La résistance d’Afrin a écrit son nom dans l’histoire en lettres d’or. »

Le membre du conseil du camp de Serdem, Şoreş Isa, a déclaré: « L’Etat turc continue de commettre des crimes contre la population d’Afrin. Ils jouent avec la structure démographique. Notre lutte continuera jusqu’à ce qu’Afrin soit libéré. »

 

IRAN. Vague d’arrestations de civils et activistes kurdes au Rojhilat

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IRAN / ROJHILAT – Depuis début janvier 2021, des dizaines de civils et d’activistes kurdes ont été arrêtés par le régime sanguinaire iranien dans le Kurdistan de l’Est (Rojhilat), annonçant une nouvelle vague de répression qui attend les Kurdes d’Iran en 2021. Parmi les Kurdes arrêtés se trouvent plusieurs femmes, dont Asrin Mohammadi, Darya Talabani et Azima Naseri. 

Les trois femmes arrêtées début janvier se trouvaient au centre de détention des renseignements du Corps des gardiens de la révolution iranien (CGRI) à Urmia. Asrin Mohammadi, Darya Talabani et Azima Naseri, qui figuraient parmi les civils kurdes détenus lors d’arrestations massives à Buchan, Mahabad et Téhéran plus tôt en janvier, ont été transférées au centre de détention d’al-Mahdi, a rapporté lundi le Kurdistan Human Rights Network (KHRN) basé à Paris.
 
Le KHRN a déclaré ne pas savoir pourquoi elles avaient été arrêtées ou si des accusations avaient été portées contre elles.
 
«Les forces de sécurité de la République islamique d’Iran ont détenu au moins 24 civils kurdes et militants politiques à travers le pays depuis le 9 janvier», ont déclaré des sources informées au KHRN le 15 janvier. Le 11 janvier, le réseau a rapporté au moins 11 étudiants kurdes et des militants arrêtés à travers l’Iran en l’espace de trois jours seulement.
 
L’Organisation Hengaw pour les droits de l’homme a rapporté le 11 janvier qu’au moins 14 étudiants kurdes avaient été arrêtés depuis le 7 janvier. Leurs familles ne savaient pas encore où se trouvaient de nombreuses personnes arrêtées, mais les membres de la famille de certains détenus l’ont dit à Hengaw qu’ils ont reçu un appel d’une minute de leurs proches pour les informer de leur arrestation. Ils auraient été forcés de parler en persan.
 
Le CGRI est connu pour la torture et les traitements sévères dans ses quartiers pénitentiaires, détenant généralement des prisonniers politiques.
 
Au moins 2000 personnes ont été arrêtées en Iran en 2019 pour avoir rejoint les forces armées kurdes ou pour un activisme jugé suspect, selon les données fournies à Rudaw par le fondateur de KHRN, Rebin Rahmani. Au moins 400 personnes ont été arrêtées en 2020, a déclaré Rahmani.

En janvier, au moins 34 personnes ont été arrêtées, dont deux ont ensuite été libérées, a déclaré lundi le directeur de Hengaw, Arsalan Yarahmedi, à Rudaw English. Depuis l’intensification des tensions américano-iraniennes et la réimposition des sanctions américaines contre l’Iran en 2018, les autorités iraniennes ont intensifié la repression visant les militants syndicaux, les journalistes, les satiristes, les écologistes, les militants contre la peine de mort et les chercheurs, les détenant en masse et en condamnant certains dans des procès dont l’équité a été mise en doute.

Des dizaines de milliers de personnes sont détenues comme prisonnières politiques dans les prisons iraniennes, pour avoir défendu la démocratie et la promotion des droits des femmes ou des travailleurs.

Les minorités ethniques, dont les Kurdes et les Azéris, sont détenus de manière disproportionnée et plus sévèrement condamnés pour des actes de dissidence politique, selon un rapport de juillet 2019 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran.
 

Russes et Kurdes au Moyen-Orient (XIXe-XXe siècles)

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Séminaire RUSKURD 2020-2021 (EHESS – Science Po Lille)
 
« Le séminaire se tient chaque mardi, de 13h à 15h, à partir du 12 janvier 2021. En raison des conditions sanitaires et afin d’accueillir des auditeurs et participants se trouvant à l’étranger, le séminaire se tient entièrement en distanciel. Les 7 premières séances du séminaire sont consacrées à une analyse générale de l’histoire des relations entre Russie et Moyen-Orient, les 5 séances suivantes étant consacrées aux enjeux spécifiques des relations russo-kurdes et aux axes de recherche du projet RUSKURD.
 
Le séminaire est destiné principalement aux étudiant(e)s de master et aux doctorant(e)s, mais est librement accessible sur demande auprès des organisateurs.
 
Contacts : Masha Cerovic (masha.cerovic@ehess.fr), Adnan Çelik (oskizama@gmail.com) et Etienne Peyrat (etienne.peyrat@sciencespo-lille.eu). »
 
(…)
 

Il y a 3 ans, la Turquie a lancé un assaut génocidaire contre Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Il y a 3 ans, la Turquie a lancé un assaut militaire contre le canton kurde d’Afrin, avec la complicité de la Russie, dans le nord de la Syrie. Après trois mois de bombardements meurtriers visant délibérément les civils, des centaines de milliers de Kurdes ont dû fuir la région pour échapper à l’armée turque et ses mercenaires islamistes.

Depuis, les rares Kurdes qui sont restés dans la région d’Afrin vivent l’enfer entre les mains de leurs bourreaux turco-islamistes qui commettent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

En trois ans, des centaines de femmes et filles d’Afrin ont été kidnappées, certaines tuées, d’autres devenues des esclaves sexuelles des mercenaires syriens alliés à la Turquie. Les biens des civils ont été confisqués, les lieux de cultes yézidis ou chrétiens pillés et détruits, les populations non musulmans convertis de forces à l’islam. La langue turque a remplacée la langue kurde. Les kidnappings pour demander des rançons devenus quotidiens, des civils accusés d’avoir travaillé avec l’administration kurde emprisonnés en masse, torturés, d’autres tués… Le sort de nombreuses personnes capturées restent inconnues. D’autres ont été transférées dans des prisons en Turquie… Plus de 300 000 oliviers abattu/brûlés tandis que la récolte d’olives est volée par l’occupation turque…

La liste des crimes barbares commis par la Turquie et ses alliés islamistes à Afrin est bien trop longue. Mais ceux énumérés suffisent pour que la Turquie soit jugée devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Toutefois, les victimes (kurdes) de la Turquie étant un peuple apatride et la Turquie étant membre de l’OTAN et une (in)fidèle alliée des USA, rien ne bouge dans la région, malgré le rapport de l’ONU datant de septembre 2020 et qui dénonce les crimes de guerre commis contre les civils et le changement démographique opéré dans la région d’où les Kurdes ont été chassés en masse et remplacés par des Arabes sunnites transférés d’autres régions syriennes.

Les centaines de civils d’Afrin qui ont fui l’invasion turque vivotent dans des camps de fortune installés dans le canton voisin de Shehba, dans l’espoir de retourner dans leurs terres après la fin de l’occupation turque, mais la Russie et les Etats-Unis qui soutiennent la Turquie ne semblent pas être prêts à demander à la Turquie de quitter la région. Ainsi, on craint que ce ne soit pas pour demain la fin des souffrances des Kurdes d’Afrin et du Rojava qui reste dans le viseur de la Turquie…

L’ AKP a transformé la Turquie en un État policier absolu

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TURQUIE – La Turquie avec l‘AKP est passé d’un régime militaire à un État policier absolu.  En 2010, un processus a commencé avec le débat constitutionnel portant sur les paragraphes censés garantir que les soldats puissent être jugés par des tribunaux civils. Mais rien de tel ne s’est produit.

État policier au lieu de démocratisation


Au lieu de mettre en œuvre la démocratisation promise de la Turquie, l’État policier s’est élargi de plus en plus.  Surtout après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, l’armement des forces de sécurité a pris des proportions toujours plus gigantesques.  Le nombre de policiers a considérablement augmenté et de nouvelles unités, appelées gardes de quartier, unités de réserve et autres forces spéciales et unités paramilitaires ont proliféré.  Dans le même temps, les compétences ont été élargies.  Non seulement les unités de police, mais aussi les unités civiles telles que les gardes de quartier étaient armés.

Des centaines de milliers de policiers et paramilitaires


Le nombre de policiers en Turquie et au nord du Kurdistan a augmenté de 26% au cours de la dernière décennie.  Selon les chiffres officiels, le nombre de policiers était de 187 510 en 2007;  255 974 en 2018 et 262 185 en 2020. Si l’on ajoute des unités de réserve et des paramilitaires, le nombre atteint 305 734.  En 2020, par exemple, il y avait 21295 gardes de quartier.

Gardes de quartier au Kurdistan


En avril 2016, le ministère de l’Intérieur a annoncé son intention de recruter 2 394 gardes de quartier dans cinq provinces. Ces provinces se trouvaient toutes dans le nord du Kurdistan et étaient Şırnak, Hakkari, Urfa, Mardin et Diyarbakır.  Des gardes de quartier ont été envoyés à Sur, Cizre, Nusaybin et Yüksekova pendant les couvre-feux et les attaques contre les villes kurdes.

En juin 2020, les pouvoirs de ces gardiens de quartier ont été massivement étendus.  Ces «policiers auxiliaires» sont désormais autorisés à utiliser la force et les armes à feu.  En vertu de la nouvelle loi, les gardiens de quartier ont le pouvoir de détenir les personnes recherchées pour arrestation ou détention et de les remettre aux forces de sécurité. Ils sont également autorisés à réprimer les manifestations, à vérifier les détails personnels et à fouiller les gens.  Le projet de loi stipule que les gardiens de quartier « peuvent prendre des mesures pour éviter les situations chaotiques causées par des rassemblements et des manifestations jusqu’à l’arrivée des forces de sécurité ».

Le déploiement de l’armée contre la population légalisé avant la tentative de coup d’État


La veille de la tentative de coup d’État du 15 juillet, les pouvoirs de la police ont également été considérablement élargis.  L’amendement à l’article 11 de la loi administrative provinciale n ° 5442 stipule: «Dans les situations où la lutte contre le terrorisme dépasse les capacités des forces de sécurité, ou lorsque des attaques terroristes perturbent gravement l’ordre public, le Conseil des ministres peut déployer l’armée à la demande.  du ministère de l’Intérieur ».

Les partisans du régime sont armés


Après la tentative de coup d’État du 15 juillet, les partisans du régime se sont de plus en plus armés.  En général, le droit de posséder des munitions à titre privé est passé de 200 cartouches à 1000 cartouches par une décision rendue par le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu le 15 mars 2018. Ces réglementations visaient à étendre la capacité des civils et des paramilitaires à être utilisés dans les opérations de contre-insurrection.

Nouvelle réserve de police – Armée privée du palais
En août 2020, un autre service de police s’est ajouté à la multitude d’organes répressifs.  Il a été décidé de créer une direction pour une réserve de secours de la police d’Istanbul.  Cette nouvelle unité de police rend compte directement au palais présidentiel.

Armes de guerre pour la police
Une décision publiée dans le numéro du 6 janvier 2021 du Journal officiel ouvre également la voie à l’utilisation de matériel militaire par la police.  En vertu de l’amendement à l’article 21 de l’ordonnance sur les biens mobiliers des forces armées turques, du MIT, de la direction générale de la sécurité, du commandement général de la gendarmerie (police militaire) et du commandement des garde-côtes, l’utilisation d’armes lourdes par les forces armées turques contre les manifestations et les batailles de rue a  été rendue possible avec l’approbation du ministre de la Défense.  Selon l’amendement, tout bien mobile de l’armée, du MIT et de la police peut être utilisé sans condition préalable en cas de «heurts sociaux, actes de violence ou de terreur qui menacent gravement la sécurité nationale et l’ordre public».  Plus précisément, cela signifie que la police peut utiliser des armes et des véhicules militaires contre des actions de protestation si nécessaire.

Préparatifs à la guerre civile


Les analystes considèrent les paquets législatifs comme une évolution inquiétante.  Alors que le régime AKP / MHP patauge politiquement et économiquement, il semble se préparer à une guerre civile imminente en armant ses partisans, en militarisant la police et en construisant de plus en plus d’unités paramilitaires. Les membres de l’opposition craignent depuis longtemps que le régime ne se retire jamais volontairement à l’issue des élections.

ANF

La Turquie détruit la nature du Kurdistan

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TURQUIE / BAKUR – « Ceux qui mènent ces politiques ciblent spécifiquement la nature kurde. Ils veulent presque se venger de la nature. Ils brûlent et coupent tous les arbres et polluent l’eau de la région. Il s’agit d’une politique spéciale et elle n’est menée qu’au Kurdistan. Avec ces politiques, ils veulent piller les espaces de vie des populations et les rendre inhabitables. Le gouvernement veut rendre les habitants de la région dépendants de lui avec ces politiques. L’Etat a un tel espoir, mais le peuple kurde en est conscient et ne fait jamais de concessions. »

Dans la montagne Cudi, les eaux usées provenant des mines de charbon sont déversées dans le ruisseau de Nerduş et polluent l’eau de la région.

La destruction de la nature augmente de jour en jour au Kurdistan. Les forêts de la région de Şırnak ont ​​été abattues et incendiées pendant les mois d’été. Récemment, il a été rapporté que 500 chèvres sauvages ont été tuées par des gardes de village dans la ville d’Uludere à Sêgirkê en novembre et décembre. Désormais, l’eau des mines de charbon à la périphérie de Cudi se jette dans le ruisseau Nerduş et pollue toute l’eau. L’eau qui coule du ruisseau Nerduş atteint le fleuve Tigre. Nerdüş Stream prend sa source de la montagne Cudi et atteint des dizaines de villages ainsi que la plaine de Silopi et Cizre et se jette dans le Tigre à partir de là. Les habitants de la région sont mécontents et en colère car le ruisseau est contaminé depuis deux ans. En raison de l’eau sale qui coule, les gens ne peuvent pas faire de l’agriculture et de l’élevage.

S’exprimant sur le sujet, le député du HDP Hüseyin Kaçmaz a déclaré qu’il y avait eu un pillage de la nature de Şırnak depuis 2015 et a déclaré: «Depuis près de deux ans, l’eau de Nerdüş Creek coule en noir. les montagnes se jettent dans le ruisseau de Nerduş, polluant l’eau et cette eau se jette dans le Tigre. Nos habitants des villages environnants sont également victimes et ont sérieusement réagi à cette situation. Malgré tous nos efforts et les réactions de la population locale, le problème était Auparavant, les institutions étatiques avaient promis de résoudre ce problème, mais comme d’habitude elles n’ont pas tenu leurs promesses et ont fait couler le torrent de Nerduş.

L’eau du ruisseau rendue inutilisable pendant deux ans 

Kaçmaz a déclaré: « Notre peuple n’a pas pu utiliser cette eau pendant deux ans. Le ruisseau Nerdüş est un endroit vital et significatif pour les habitants de la région. Cette région est presque une zone de respiration pour la population locale. Non seulement les habitants de la région mais aussi des milliers de créatures vivantes qui entrent en contact avec l’eau en sont également affectées et l’eau polluée entraîne la mort de créatures vivantes.

De nombreux poissons meurent également de cette eau toxique. C’est comme si tous les espaces de vie avaient été pillés. Nous continuerons de suivre cette situation et d’exposer leurs politiques sales jusqu’à ce que le ruisseau Nerduş retrouve sa forme antérieure. »

Kaçmaz a poursuivi: « une politique sérieuse est menée sur la géographie du Kurdistan depuis 2015. Les montagnes Gabar et Cudi à Sirnak sont incendiées par l’État. L’été dernier, la montagne Cudi a été incendiée par les gardes de village et les soldats environ 50 fois, et des dizaines des milliers d’arbres ont été abattus sur la montagne Cudi par les gardes de village.

Ceux qui mènent ces politiques ciblent spécifiquement la nature kurde. Ils veulent presque se venger de la nature. Ils brûlent et coupent tous les arbres et polluent l’eau de la région. Il s’agit d’une politique spéciale et elle n’est menée qu’au Kurdistan. Avec ces politiques, ils veulent piller les espaces de vie des populations et les rendre inhabitables. Le gouvernement veut rendre les habitants de la région dépendants de lui avec ces politiques. L’Etat a un tel espoir, mais le peuple kurde en est conscient et ne fait jamais de concessions. »

Les mines de charbons tuent les travailleurs

Kaçmaz, qui a attiré l’attention sur les mines de charbon, qui sont récemment devenues une machine à tuer pour les travailleurs, a conclu ses propos comme suit: « Il y a plus de 100 mines de charbon dans la région de Şırnak et aucun ouvrier n’est assuré dans ces mines. Les montagnes restera en tant que zones militaires tant que la question kurde ne sera pas résolue Il n’y a presque aucune chance de vivre et de gagner sa vie dans la région, sauf pour les mines de charbon.

Dans le passé, les habitants de Şırnak vivaient de l’agriculture et de l’élevage. Cependant, malheureusement, les montagnes et plateaux de Şırnak ont ​​été déclarés zones interdites. Pour cette raison, les citoyens sont obligés de travailler dans les mines de charbon. Dans ces mines, aucune sécurité n’est assurée pour les employés. Comme on le sait, la région est riche en charbon et cette richesse revient à la part des partisans de l’AKP. Mais malheureusement, ce sont nos pauvres gens de la région qui ont perdu la vie dans ces emplois.

En raison du manque de sécurité d’emploi, les décès de travailleurs sont couverts plusieurs fois par an. Les partisans de l’AKP sont employés dans les mines de charbon. Personne n’a le droit de dire que les mines de charbon doivent être fermées, mais la sécurité des travailleurs doit absolument être prise. Parce que notre peuple doit travailler dans ces mines comme moyen de subsistance. Toutes les montagnes et tous les plateaux de la ville sont interdits. »

ANF

 

Les fédérations de journalistes, FIJ et FEJ appellent à la libération de 4 journalistes kurdes

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Les Fédérations internationale et européenne des journalistes (FIJ/FEJ) ont appelé à la libération immédiate des quatre journalistes détenus kurdes par la police dans l’est de la Turquie le 6 octobre.
 

Les Fédérations internationale et européenne des journalistes (FIJ et FEJ) avaient lancé un appel demandant la libération immédiate des quatre journalistes détenus par la police dans l’est de la Turquie le 6 octobre à la suite de leurs reportages sur la torture de deux villageois kurdes par des soldats turcs qui les ont ensuite jetés d’un Hélicoptère. Un des villageois est décédés depuis.

Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a déclaré: « Le travail journalistique est essentiel pour découvrir les abus de l’État qui, autrement, restent cachés au public et, par conséquent, restent impunis. Ces arrestations sont une autre preuve scandaleuse que les autorités turques ne tolèrent pas une presse libre. Adnan Bilen, Cemil Uğur, Şehriban Abi et Nazan Sala doivent être immédiatement libérés. »

Le secrétaire général de la FEJ, Ricardo Gutiérrez, a ajouté: « Dans les situations de violations potentielles des droits de l’homme. Le rôle des journalistes en tant que chiens de garde de la démocratie est essentiel. L’arrestation des journalistes qui viennent de faire leur travail dans ce contexte est particulièrement inquiétante. Nous exigeons leur libération mais aussi une clarté totale sur les faits qu’ils couvraient. »

CONTEXTE

La police a arrêté les journalistes  Adnan Bilen et Cemil Uğur, qui travaillent pour l’Agence Mezopotamya (MA), et Şehriban Abi et Nazan Sala, travaillant pour Jin News, dans la province de Van, dans l’est de la Turquie, le matin du 6 octobre. Les locaux de MA et Jin News et les domiciles des journalistes ont été perquisitionnés. L’agence de presse MA a rapporté que la police n’a pas révélé la raison des raids et a interdit aux journalistes d’assister aux recherches. Ils ont également confisqué des appareils de travail tels que des caméras et du matériel journalistique.

Les journalistes ont été emmenés à la Direction de la sécurité provinciale et n’ont pas pu parler à un avocat pendant 24 heures. Le 7 octobre, leur période de détention a été prolongée de quatre jours supplémentaires, selon MA.

Les journalistes ont rapporté que la sécurité turque aurait torturé les villageois kurdes Servet Turgut et Osman Şiban et les aurait jetés hors d’un hélicoptère. L’une des victimes, Servet Turgut, est décédée des suites de ses blessures le 30 septembre.
Les journalistes ont révélé des documents confirmant leurs accusations, notamment un rapport d’hôpital reconnaissant que les deux villageois avaient été gravement blessés à la suite d’une chute d’une très grande altitude.

 

Les femmes du Rojhilat soutiennent la campagne « 100 raisons de poursuivre le dictateur Erdogan »

A l’occasion de la Journée mondiale de lute contre les violences faites aux femmes, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (Tevgera Jinên Kurd li Ewropayê – TJK-E) a lancé une pétition pour traduire en justice le président turc Erdoğan en donnant 100 raisons pour lesquelles il devrait être jugé. Le TJK-E veut recueillir 100000 signatures à l’occasion de la Journée internationale de lutte des femmes le 8 mars.

Les femmes de Rojhilat vivant au Kurdistan du Sud (Bashur) ont rejoint la campagne « 100 raisons de poursuivre le dictateur » et ont condamné la violence d’Etat visant les femmes en Iran et en Turquie.

Dans la ville de Sulaymaniyah au Kurdistan du Sud (Bashur), des femmes originaires du Kurdistan d’Est (Rojhilat) ont rejoint la campagne «100 raisons de poursuivre le dictateur» et ont condamné l’oppression étatique des femmes en Iran et en Turquie.

Une des participantes, Fatim Seqizî a déclaré: « En tant que femmes du Rojhilat, nous déclarons que nous soutenons cette campagne. Nous condamnons l’isolement d’Abdullah Öcalan et soutenons la grève de la faim qui est menée contre l’isolement. Nous saluons également Leyla Güven et avec elle toutes les femmes qui résistent au Kurdistan du Nord. »

La déclaration faisait également référence à la récente vague de répression contre les militants et les étudiants au Kurdistan oriental. Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté des dizaines de personnes dans plusieurs provinces ces dernières semaines. « Nous sommes en colère et inquiets, mais nous savons que la politique de répression de la société civile du régime iranien ne réussira pas », a déclaré Seqizi, qui a appelé les femmes kurdes à se joindre à la lutte.

ANF

Chomsky: La révolution du Rojava est un miracle que le monde doit voir

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SYRIE / ROJAVA – « Je ne pense pas que Biden sera aussi brutal que Trump. Je ne pense pas qu’il approuvera le meurtre de Kurdes comme Trump l’a fait. L’important est ce que fait la société civile, le soutien qui peut être construit au sein de la société civile et du peuple, car c’est ce qui influencerait les politiques de la nouvelle administration. »

Hier, lors de la conférence inaugurale sur la liberté du Rojava, le philosophe et linguiste américain, Noam Chomsky a déclaré que le Rojava traversait un processus difficile et que c’était un miracle qu’il ait survécu jusqu’à présent. Il a appelé l’opinion publique mondiale à soutenir le Rojava.

Noam Chomsky a prononcé la conférence inaugurale sur la liberté du Rojava organisée par le Département des sciences sociales de l’Université du Rojava. « Le principal problème est de savoir comment les attaques menées par l’Etat turc avec l’approbation des USA peuvent être arrêtées. D’un autre côté, il est important de voir ce qui se produira contre les approches du gouvernement de Damas. Tout dans l’ensemble, c’est un miracle que le Rojava ait survécu jusqu’à présent. Nous comprenons par expérience qu’un soutien international est possible. »

En ce qui concerne la nouvelle administration américaine, Chomsky a déclaré que Biden ne sera pas très différent de l’administration précédente, bien qu’il ait ajouté: « Je ne pense pas que Biden sera aussi brutal que Trump. Je ne pense pas qu’il approuvera le meurtre de Kurdes comme Trump l’a fait. L’important est ce que fait la société civile, le soutien qui peut être construit au sein de la société civile et du peuple, car c’est ce qui influencerait les politiques de la nouvelle administration.

S’il n’y a pas de pression de la part du peuple, les États-Unis continueront à protéger le même système. Biden peut être différent de Trump. Mais il ne faut pas en attendre trop. C’est pourquoi tout le monde devrait faire pression sur Biden. »

Faisant des recommandations à l’administration du Rojava, Chomsky a déclaré: « La première chose à faire est de garantir les droits des femmes. L’Afrique du Sud a réussi les mesures prises à cet égard. Ceci est votre seul espoir. La Syrie du Nord et d’Est est un atout majeur. La valeur de la révolution du Rojava doit être vue partout dans le monde. Vous atteindrez vos objectifs avec le soutien du peuple. »

ANF