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L’écologie, un enjeu de survie pour les Kurdes

La guerre anti-kurde menée par les États colonialistes du Kurdistan ne se limite pas à l’élimination physique des Kurdes ou à leur assimilation forcée, elle implique également la destruction de leurs nature, patrimoine et culture. La disparition de la ville antique d’Hasankeyf ou les dizaines de barrages construits sur les rives d’Euphrate, du Tigre, de Munzur… ne sont que quelques uns des innombrables projets écocides ayant pour but l’éradication des Kurdes.
 
Anouk Colombani et Loez reviennent sur cette guerre écologique qui a lieu au Kurdistan à travers leur article publié sur le site RITIMO.

 

« L’écologie est un champ de lutte important pour les mouvements kurdes, et constitue l’un des piliers du confédéralisme démocratique. Cette écologie est liée à la ruralité qui a longtemps défini les Kurdes. Au début des années 1980, il s’agit encore majoritairement d’une population rurale qui vit principalement d’une agriculture de subsistance et qui est géographiquement et politiquement excentrée à l’intérieur des pays dans lesquels ils et elles vivent. En premier lieu parce que cette population se trouve le long des frontières mais que ces frontières sont des montagnes, peu utiles à ces États. Par ailleurs, cette ruralité équivaut à des régions au développement très faible : routes, services publics… y sont souvent absents. On peut dire que les Kurdes sont à la périphérie des États dans lesquels ils et elles vivent. Cette situation a permis une gestion coloniale de ces territoires qui a aggravé la situation des Kurdes. Les États se sont accaparés les richesses tout en détruisant les modes de vie des humain·es, sans pour autant offrir des existences de meilleures qualités. »

Vous pouvez lire la totalité de l’article ici 

 

IRAK. La Turquie lance une opération militaire contre la guérilla kurde

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – L’armée turque a lancé une opération d’envergure contre le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la région kurde de Gare, dans le nord de l’Irak où elle a installé de nombreuses bases militaires illégales.
 
La branche militaire du PKK, le HPG publié un communiqué sur l’attaque turque: 
 

« L’armée turque d’occupation a lancé une opération globale contre la région de la Gare à 3 heures du matin le 10 février. Des avions de combat turcs ont bombardé les villages de Gundê Guzê, Meyrokê, Siyanê, Çemşerîtkê, Yekmalê et Kanîsarkê et les régions de Deşta Kafya et Deşta Nehlê de 3 h à 6 h.

Les environs du village de Çemrobotkî ont été bombardés deux fois à 4h30 du matin (…).

Simultanément, les environs des villages de Yekmalê et Siyanê ont été bombardés par des hélicoptères de type Cobra.

Des soldats largués près de Siyanê

Les envahisseurs ont largué des soldats près du village de Siyanê après avoir bombardé la zone avec des avions de combat et des hélicoptères Cobra. Des affrontements ont éclaté entre nos forces et les envahisseurs ici, et se poursuivent toujours. Les cobras et skorsky appartenant aux envahisseurs ont été visés par nos forces et, par conséquent, se sont éloignés de la zone.

Le Cobra et le Skorsky utilisés dans cette opération lancée pour envahir la région de Gare, sont venus dans la région depuis la ligne sud, et non depuis le Kurdistan nord.

Attaques aériennes

La zone d’Aris Faris dans la région d’Avaşîn a été bombardée par des avions de combat le 30 janvier à 12h10.

Le 30 janvier à 12 heures, les zones de Küçük Cilo et Karker dans la région de Zap ont été bombardées.

Le 2 février, entre 10 h 30 et 12 h 30, les environs du village de Şînê dans la montagne Mamentiyê dans la région d’Avaşîn ont été bombardés. À la suite de ce bombardement, les vignobles et les jardins appartenant aux villageois ont été endommagés.

Actions des forces de défense aérienne de Şehit Delal sur la colline de Mêrganîş

Le HPG a également fourni les informations suivantes concernant l’action des forces de défense aérienne: « Nos forces de défense aérienne Martyr Delal ont bombardé les envahisseurs positionnés sur la colline de Mêrganîş dans le district de Çelê à Colemerg à 7h30 le 9 février (…). Les cibles déterminées ont été touchées et l’action a été menée avec succès. »

 
Via ANF
 
 

Une chanteuse germano-kurde persécutée en Turquie

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TURQUIE – ISTANBUL – Le procès de la chanteuse germano-kurde Hozan Cane arrêtée pour terrorisme s’est poursuivie mardi à Istanbul, des mois après sa libération conditionnelle.
 
Saide Inac, alias Hozan Cane, vivait à Cologne avant d’être arrêtée en Turquie en juin 2018 pour terrorisme à cause du film «Le 74ème génocide de Shengal». Dans le film, qui traite du génocide des Yézidis à Shengal par Daesh en 2014, la chanteuse porte une arme.
 
Hozan Cane a été remise en liberté conditionnelle le 1er octobre 2020 mais interdite de quitter le pays.
 

« Je suis sortie depuis quatre mois, mais cela me semble toujours une prison », a-t-elle déclaré mardi à la sorti du tribunal. 

Cane a déclaré que c’était sa sixième comparution devant le tribunal, déclarant que son procès était politique. 

La prochaine audience est prévue le 5 mai.

TURQUIE. Que prévoit Erdogan face aux défis internes et externes qui le guettent ?

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TURQUIE / BAKUR – La guerre anti-kurde en Syrie et en Irak, changement de ton du côté de l’allié américain, jadis plus clément sous le règne de Trump, la pauvreté toujours plus exacerbée dans une économie en berne, la révolte du monde estudiantin et universitaire – comme on le voit avec les manifestations de soutien aux étudiants de l’Université de Bosphore – le Président Erdogan s’acharne à consolider son pouvoir bancal alors que les défis se multiplient et que l’usure du pouvoir s’accentue…
 
Le journaliste Chris Den Hond a écrit un article détaillé sur les nombreux défis d’Erdogan et ses tentatives pour les « résoudre » à sa manière. 
 
 
Recep Tayyip Erdoğan traverse une mauvaise passe. L’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis annonce un durcissement des relations américano-turques. Et sur le plan interne, le président turc se trouve de plus en plus isolé, avec comme seul allié les redoutables « Loups gris » du Parti d’action nationaliste (MHP). Alors que les élections se profilent en 2023, Erdoğan semble en difficulté et fait feu de tout bois.
 

L’horizon s’obscurcit pour Recep Tayyip Erdoğan, à la fois sur le plan de ses relations avec les États-Unis, mais aussi sur plusieurs fronts intérieurs et régionaux. Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, le président turc peut craindre que la politique américaine au Proche-Orient soit beaucoup plus dure pour Ankara que celle de Donald Trump. Une des premières mesures prises par le président américain a été de nommer Brett McGurk conseiller de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient. En 2015, McGurk supervise la coalition militaire internationale en Syrie. Il démissionne de son poste en 2018, après la décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie, laissant l’armée turque attaquer les Kurdes syriens. Son retour au premier plan ne plaît pas à tout le monde à Ankara.

Le journaliste Ragip Duran, ancien correspondant de la BBC, de l’AFP et de Libération estime, comme la plupart des analystes, que « le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP [Parti de la justice et du développement] n’était pas du tout content de la victoire de Biden. D’ailleurs, Erdoğan a été l’un des derniers à lui envoyer un message de félicitations. De plus, la nomination de Brett McGurk comme coordinateur pour le Moyen-Orient a été reçue comme une claque par les médias turcs gouvernementaux et par l’AKP ». Pour ce reporter qui a fait de la prison dans les années 1990 pour la simple publication d’un article, les raisons du mécontentement d’Erdoğan sont multiples. « Il y avait une relation commerciale entre la famille de Trump et celle d’Erdoğan. Trump a des intérêts économiques personnels en Turquie, avec deux énormes buildings à Istanbul. Erdoğan craint aussi que le président Biden ne le laisse pas mener des opérations militaires en Syrie, en Irak, en Libye ou dans le Haut-Karabagh. Antony Blinken, le nouveau secrétaire d’État, a déjà déclaré dans un message clair et net que Washington sera du côté des Chypriotes, des Grecs et des Kurdes ».

Un autre journaliste, Fehim Taştekin ajoute que « la Turquie est membre de l’OTAN, ce qui détermine toute sa politique. Il peut y avoir des conflits temporaires et des petits jeux d’influence, mais en fin de compte, cette alliance avec les États-Unis au sein de l’OTAN reste déterminante. C’est la raison pour laquelle Erdoğan fait les yeux doux à Biden, mais tout ça sonne très faux ». Taştekin collabore à Al-Monitor ; il a aussi travaillé pour des journaux comme Radikal et Hurriyet, et à la principale télévision d’opposition IMC, aujourd’hui fermée par Erdoğan. Comme la plupart de nos interlocuteurs, il a quitté la Turquie pour pouvoir poursuivre son travail. « Sans l’autorisation de la Russie, Erdoğan n’aurait jamais pu entrer en Syrie, poursuit-il. Ce sont des opérations contre les Kurdes, pas contre l’État islamique. L’objectif stratégique est d’empêcher les Kurdes de réaliser un corridor entre Qamishli, Kobané et Afrin. Mais Erdoğan ne laissera pas tomber les États-Unis en faveur de la Russie. Le calcul d’Erdoğan est simple : s’il peut améliorer un peu la relation entre la Turquie et la Russie, il peut faire du chantage sur les États-Unis et l’Union européenne en raison de l’importance géostratégique turque ».

Le partenariat entre les États-Unis et les Kurdes en Syrie avait rendu Erdoğan furieux et il avait commencé à jouer la Russie contre les États-Unis. Après avoir flirté avec Moscou pour un soutien à ses interventions turques en Syrie et pour l’achat des missiles S-400, il a besoin d’un rééquilibrage dans ses relations avec ces deux superpuissances. Le président turc fait donc désormais les yeux doux aux Occidentaux.

À LA RECHERCHE D’HYPOTHÉTIQUES ALLIÉS

Erdoğan est aussi en difficulté sur la scène politique intérieure. Pour l’instant, il n’a qu’un allié, le Parti d’action nationaliste (MHP), un parti d’extrême droite. Depuis plus d’un an tous les sondages annoncent que l’AKP et le MHP obtiendraient moins de 50 % des voix. « C’est pourquoi Erdoğan est à la recherche de nouveaux alliés, mais ça risque d’être compliqué, parce que l’animosité avec les principaux partis d’opposition reste très vive, explique Ragip Duran. Erdoğan a fait un pas envers son ancien parti Saadet partisi [Parti de la Félicité], mais qui n’obtient que 0,7 % des intentions de vote. Il ne peut plus s’entendre avec les Kurdes du HDP [Parti démocratique des peuples], ni avec le principal parti de l’opposition CHP [Parti républicain du peuple], ni avec une importante scission du MHP, le IYI Partisi [le Bon parti] de Meral Akşener qui totalise environ 10 % d’intentions de vote ».

FACE À LA CONFRÉRIE GÜLEN

Mais ce n’est pas la première fois qu’Erdoğan se trouve en difficulté, et il a la réputation de s’en sortir en jouant les uns contre les autres. Dans les années 1990, après la chute de l’Union soviétique, l’Union européenne (UE) amorce un processus d’élargissement. La Turquie, qui fait déjà partie du Conseil de l’Europe et de l’OTAN, est candidate à l’adhésion. L’UE pose comme condition principale une réforme libérale économique et politique, les fameux « critères de Copenhague ». La Turquie est le seul pays de l’OTAN dont le ministre de la défense doit demander l’autorisation au chef d’état-major de l’armée avant de voter une résolution. Or, et c’est un bouleversement dans ce pays, la proposition européenne impliquait que les organes de l’armée devaient désormais être subordonnées aux institutions politiques.

Recep Tayyip Erdoğan, qui commence sa carrière comme maire d’Istanbul en 1994 pour le parti Refah, devenu l’AKP en 2001, est d’abord marginalisé par l’État républicain et laïc. Issu d’un coup d’État en 1980 (le troisième en vingt ans), le conseil de sécurité nationale, un organe de l’armée, dicte la loi. Quand Erdoğan devient premier ministre en 2003, il continue de prôner une intégration de la Turquie dans l’Union européenne en acceptant de diminuer le poids de l’armée dans la vie politique. Il a alors besoin d’alliés pour briser son isolement politique. « En accédant au pouvoir gouvernemental en 2002, le parti d’Erdoğan manque cruellement de personnel pour faire fonctionner l’État, explique Fehim Tastekin. Il se tourne vers la confrérie Gülen pour y remédier ».

Exilé aux États-Unis depuis 1999, Fethullah Gülen est le « « parrain » de cette confrérie qui s’est fortement développée dans les années 1970 et surtout 1980. Influente dans les médias, elle est composée d’un réseau d’associations locales, de clubs patronaux, d’établissements scolaires. Dans les années 1980, la confrérie Gülen prend des positions dans l’armée turque. Avec l’accession de l’AKP au pouvoir, elle prospère et ses officiers avancent dans l’appareil militaire. Erdoğan fait appel à des cadres gülénistes pour remplacer les fonctionnaires kémalistes dans la police ou la justice, mais aussi dans l’armée, la diplomatie et les médias.

Mais avec une armée dont le poids s’est érodé, la principale menace pour le pouvoir d’Erdoğan vient désormais de la confrérie, qui essaie de contrôler l’État au détriment de l’AKP d’Erdoğan. Le début de la rupture apparaît en 2009 quand Erdoğan découvre des fichiers secrets de lui et de sa famille fabriqués par Gülen. Des scandales de famille éclatent au grand jour.

JEU DE DUPES FACE AUX KURDES

Un point plus important de discordance entre Gülen et Erdoğan concerne les Kurdes. En 2006, Erdoğan entame des négociations directes avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Gülen est farouchement contre ces pourparlers. Erdoğan les poursuit néanmoins pour plaire à l’UE, et surtout pour avoir un point d’appui électoral pour ses ambitions présidentielles. Les voix kurdes représentent autour de 15 % de l’électorat. Mais selon Adem Uzun, un des principaux négociateurs kurdes, ces pourparlers ne sont jamais allés au fond des choses.

« Le processus de paix commence avec la « navette diplomatique » en 2006, se souvient Adem Uzun. Cela a pris trois ans avant de se trouver en 2009 directement en face de membres des services de sécurité turcs, soutenus par leur gouvernement et par Recep Tayyip Erdoğan lui-même. Entre 2009 et juin 2011, plusieurs réunions ont eu lieu en Europe. Du côté turc, on promettait beaucoup de choses sans jamais les concrétiser. On s’est rendu compte qu’Ankara gagnait du temps, tout en accélérant la construction de gigantesques casernes dans la région kurde. En 2011, Erdoğan déclare à la télévision : « Si j’avais été premier ministre en 19991, je l’aurais exécuté”. Erdoğan rompt le dialogue et récupère la vieille chanson nationaliste sur la Turquie : une seule nation, un seul drapeau, une seule langue ».

Après une interruption, les négociations entre l’État turc et le PKK reprennent en janvier 2013, mais trois femmes kurdes responsables sont assassinées à Paris. Pour Adem Uzun, « C’était une tentative de sabotage du processus de paix par l’État profond turc ». Entretemps, la guerre en Syrie avait éclaté.

COUP D’ÉTAT, LE TOURNANT

« Quand les gülenistes exposent le contenu des pourparlers État turc-PKK dans la presse, ils boycottent une éventuelle issue, explique Fehim Taştekin. Dans la même période, le Rojava en Syrie devient une réalité avec la victoire des Kurdes à Kobané. En 2013, Erdoğan essaie de convaincre Öcalan d’arrêter le projet d’autonomie du Rojava en Syrie, en échange de quelques droits linguistiques pour les Kurdes en Turquie. Öcalan le rejette en disant : « Le Rojava est ma ligne rouge. » Erdoğan lui répond : « Pour moi aussi, c’est la ligne rouge, elle devrait être détruite » ».

Quand le dirigeant charismatique et candidat présidentiel pour le HDP, Selahattin Demirtaş dit publiquement à Erdoğan : « Nous ne vous permettrons pas de devenir président », au printemps 2015, le fragile processus de paix est mort-né. Erdoğan quitte toutes les tables de négociation avec le mouvement kurde et se tourne vers l’extrême droite : le MHP.

« Le partenariat AKPMHP est basé sur deux points majeurs : écraser les gülenistes et les Kurdes, ajoute Fehim Tastekin. Le coup d’État des gülenistes en 2016 était un signe de désespoir. Erdoğan avait fiché 8 000 gülenistes dans l’armée et se préparait à les limoger ou à les emprisonner. Dans ces circonstances, si tu as une arme, tu l’utilises. Et c’est ce qui s’est passé. Donc, d’abord Erdoğan avait besoin des gülenistes contre l’armée, ensuite, il avait besoin des Kurdes contre les gülenistes, et quand ça ne fonctionnait pas, il se tournait vers l’extrême droite pour s’assurer un régime présidentiel autoritaire ».

La répression fait des ravages dans le mouvement güleniste et dans toute l’opposition, qu’elle soit kurde, de gauche, associative, arménienne ou autre. Plus de 50 000 arrestations, dont des députés, et le licenciement de plus de 100 000 employés du secteur public, un exode de journalistes, politiques, chercheurs… Du jamais vu. Plus de cinquante maires kurdes démocratiquement élus sur la liste HDP ont été révoqués et remplacés par des fidèles d’Erdoğan. Le HDP risque d’être interdit et la plupart de ses dirigeants se trouvent déjà en prison. Celles et ceux qui continuent à militer sont désormais confrontés à des mises en accusation pour des prétextes étonnants, comme avoir organisé en Turquie des marches de solidarité avec Kobané en 2014 contre l’organisation de l’État islamique (OEI).

Dernière épisode : Erdoğan vient de remplacer le recteur de l’université du Bosphore à Istanbul par un membre conservateur de son parti. Les manifestations des étudiants sont réprimées à coups de matraque, et le ministre de l’intérieur s’en est pris au mouvement LGBT, partie très active dans la protestation, en les qualifiant de « détractés du LGBT ». « Nous allons mener vers l’avenir, non pas une jeunesse LGBT, mais une jeunesse digne de l’histoire glorieuse de cette nation », a ajouté Erdoğan le 1er février 2021 au cours d’un discours au ton menaçant. Tous les opposants démocrates attendent maintenant avec impatience la chute d’un régime dont les tendances autoritaires sont désormais largement contestées.

 
Chris den Hond,
 
Vidéo-journaliste et auteur de plusieurs reportages, notamment sur les Kurdes, les réfugiés palestiniens et Gaza.

IRAN. Un Kurde tué dans un accident provoqué par les forces iraniennes

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IRAN / ROJHILAT – Le commerçant kurde, Behzad Hashemi-Asl a perdu la vie à l’hôpital de Khoy, le 8 février, après avoir été grièvement blessé après que sa voiture s’est renversée suite à des coups de feu tirés par les forces de l’ordre iraniennes.
 
Une source a confirmé la nouvelle au Kurdistan Human Rights Network (KHRN) et a déclaré: « Samedi soir, le 6 février, les forces militaires ont poursuivi la voiture de l’homme d’affaires sur la route Khoy-Mako, et sa voiture s’est renversée après avoir qu’une balle ait touché son pneu. »
 
Selon la source, Behzad Hashemi-Asl a été gravement blessé et est tombé dans le coma à la suite de l’incident. Il est décédé le 8 février après avoir été hospitalisé pendant deux jours.
 
Behzad Hashemi-Asel, 32 ans, était originaire du village de Bahik, à Salmas, et père de trois enfants.
 

IRAN. Un jeune activiste kurde tué sous la torture dans une prison iranienne

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IRAN / ROJHILAT – Mehrdad Taleshi, un activiste kurde de 21 ans, a été tué après trois jours de torture dans les geôles iraniennes. Le gouvernement iranien a déclaré la guerre aux activistes de la société civile kurde, arrêtant au moins 115 Kurdes ces dernières semaines.

La police iranienne chargée des enquêtes criminelles a torturé et tué Mehrdad Taleshi, originaire de la ville de Diwan Darreh, le 3 février, après l’avoir arrêté pour des raisons inconnues à Téhéran, le 1er février.

Une ne connaissance du jeune homme, qui ne voulait pas être nommé pour des raisons de sécurité, a confirmé la mort du jeune homme. Taleshi a été arrêté et transféré au centre de détention de Shapur de l’Office de renseignement iranien. À 5 heures du matin le mercredi 4 février, le corps du jeune homme a été transporté à l’hôpital depuis le bureau des renseignements, et sa famille a été informée de son décès par l’hôpital.
 
Selon cette source, le 6 février, lorsque le corps a été livré à la famille, il a été annoncé qu’il avait perdu la vie en raison d’une crise cardiaque dans le centre de détention, mais contrairement à cette allégation, les effets de la torture sur son corps étaient évidents.
 
La source a ajouté: « En raison des pressions sécuritaires et de l’attente d’un avis médico-légal officiel, la famille a jusqu’à présent refusé de commenter [le meurtre], mais dans les prochains jours, elle prévoit de porter plainte contre les services de renseignement à Téhéran. »

 

Kurdistan Human Rights Network (KHRN)

 

Facebook censure de nouveau la page « Kurdistan au féminin »

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CENSURE – Les pages et les comptes kurdes sont dans le collimateur du Facebook depuis des années. On ne compte plus les pages et comptes kurdes supprimés par Facebook ces dernières années. Mais avec le temps, les agissements de Facebook sont devenus plus sournois. Par exemple, dorénavant, il ne supprime pas forcément les comptes / pages kurdes mais les empêche de partager ou limite leur audience auprès de leurs abonnés. C’est ce qui se passe avec la page « Kurdistan au féminin ». Une des administratrices de la page est interdite depuis ce matin de publier sur la page.
 
Facebook a changé le statut d’une des administratrices de la page en « modératrice ». Lorsque d’autres administratrices de la page tentent de changer son statut, Facebook dit qu’elle est déjà administratrice sur la page. Mais lorsqu’elle se rend sur la page, elle n’est pas autorisée à changer quoi que ce soit et se vois comme modératrice !
 
Par ailleurs, Facebook a limité l’audience de notre page depuis plusieurs semaines et nous avertit qu’il peut la supprimer à tout moment pour des « infractions répétées aux Standards de la communauté ». Facebook-France avait supprimé le 6 avril 2018 la précédente page « Kurdistan au féminin » (KAF), qui avait près de 60 000 abonnés, car elle parlait des Kurdes et des injustices dont ils sont victimes dans les quatre parties du Kurdistan. Le mois dernier, il a supprimé une de nos images* montrant Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. Facebook prétend que cette publication n’est pas conforme à ses standards et prévient que notre « Page est sur le point d’être dépubliée et fait l’objet d’une diffusion limitée et d’autres restrictions en raison d’infractions répétées aux Standards de la communauté ».

La dernière image censurée par Facebook
 

Facebook nous avertit que notre page risque d’être supprimée 

Facebook-France fait taire les voix kurdes pour plaire à la Turquie

Pour nous, la censure de notre page Facebook, basée en Europe, est ordonnée directement par le pouvoir turc qui a déjà banni notre site, ainsi que notre compte Twitter et notre page Facebook sur décision de la « justice ». La Turquie ne se contente pas de massacrer les Kurdes, les chasser de leurs terres, elle mène sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux également, jusqu’en Europe. On vous entend dire « Pourquoi Facebook accepte d’agir dans l’intérêt de la Turquie, même en Europe ? » La réponse est simple: si Facebook veut ne pas être banni en Turquie, il doit accepter les 4 volontés de la Turquie, à savoir la censure des voix kurdes efficaces sur sa plateforme. En effet, les publications de KAF sont essentiellement en français et donc s’adressent à un public européen/occidental. Mais quoi de plus pénible pour la Turquie de voir les Kurdes entendus, vus dans le monde, alors qu’elle s’acharne à les liquider en tant que peuple? C’est pourquoi, elle utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour nous faire la guerre où qu’on soit dans le monde, y compris dans le monde virtuel.

On continuera à dire la vérité kurde, malgré la censure

La suppression de notre page Facebook précédente ne nous a pas empêché de dire la vérité sur ce que nous, les femmes et hommes kurdes, subissons de la part du régime turc. C’est pourquoi, la suppression probable de notre page actuelle ne nous réduira pas en silence. On en créera une autre et on continuer à parler de la réalité kurde, aussi gênante qu’elle soit pour la Turquie.

A bas la censure !

Vive la liberté d’expression, y compris celle des Kurdes !

On ne lâche rien et on compte sur nos lectrices et lecteurs qui seront nos relais à travers leurs sites, réseaux etc.

 

LONRDES. Des militants britanniques lancent la pétition « Free Selahattin Demirtas »

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LONDRES – La campagne « Libérez Selahattin Demirtas » lancée au Royaume-Uni rassemble des signatures sur une pétition demandant à la Turquie de se conformer à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de décembre selon laquelle l’ancien coprésident du HDP devrait être libéré.
 
Selahattin Demirtaş doit être libéré, ont déclaré des militants britanniques ce week-end alors qu’ils lançaient une nouvelle initiative pressant les parlementaires du pays d’obtenir la libération de prison des politiciens kurdes.
 
La campagne « Free Selahattin Demirtas » rassemble des signatures sur une pétition exigeant que la Turquie se conforme à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de décembre selon laquelle l’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) devrait être libéré.
 
Il a été initié par le Center for Kurdish Progress, qui a averti que « la répression de l’opposition politique kurde s’est intensifiée depuis que le virage autoritaire de la Turquie s’est accéléré depuis 2015.
 
Depuis lors, les maires de district et de province du HDP ont été démis de leurs fonctions sur de fausses allégations et des milliers de responsables du parti ont été arrêtés et emprisonnés », a-t-il indiqué dans un communiqué.
 
M. Demirtaş est derrière les barreaux depuis une vague d’arrestations de parlementaires du HDP en novembre 2016 après qu’un amendement constitutionnel a supprimé l’immunité de poursuites des législateurs.
 
Il risque au total 142 ans de prison pour des accusations de terrorisme forgées de toutes pièces. Mais la CEDH a statué le 23 décembre que son maintien en détention était « politiquement motivé » et qu’il devait être immédiatement libéré.
 
Le président autoritaire turc Recep Tayyip Erdogan a ignoré le jugement, insistant sur le fait que le leader politique charismatique doit rester en prison, soulevant de nouvelles accusations contre lui dans le cadre de la soi-disant affaire Kobanê.
 
Cela voit M. Demirtas et 107 autres hauts responsables du HDP risquent la réclusion à perpétuité pour une série d’accusations, dont 37 chefs d’homicide liés à des personnes tuées par les services de sécurité lors des manifestations de 2014 pour la défense de Kobanê alors qu’il était assiégé par Isis.
 
M. Erdogan a été accusé d’avoir bloqué l’aide et l’accès pour aider les Kurdes alors qu’ils faisaient face au massacre tout en facilitant les djihadistes alors qu’ils traversaient la frontière avec la Syrie.
 
La paix au Kurdistan (PIK) s’est félicitée de cette initiative et a souligné la récente motion adoptée au Parlement européen, dans laquelle les députés ont voté à une écrasante majorité pour faire pression sur le Conseil de l’Europe, dont la Turquie est un État membre, afin qu’il prenne des mesures fermes pour appliquer la décision de la CEDH.
 
Dans une déclaration, le PIK a déclaré: « La Turquie ne peut tout simplement pas être autorisée à se soustraire au droit international et aux décisions des institutions démocratiques. Mais il est temps que les députés britanniques prennent position et dénoncent l’écrasement de la démocratie et l’emprisonnement de parlementaires démocratiquement élus.
 
Selahattin Demirtaş et le HDP sont la volonté du peuple kurde. Des millions de personnes ont voté pour lui et le parti lors de nombreuses élections. Ce qui se passe est un génocide politique. Nous encourageons tout le monde à signer cette pétition et à envoyer un message clair à leurs députés: libre Selahattin Demirtas. »
 
La pétition peut être signée ici
 

Résistance de l’Université du Bosphore. A quand la convergence des luttes en Turquie ?

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TURQUIE / BAKUR – Depuis un mois, les étudiants de l’Université du Bosphore (Bogaziçi) sont mobilisés contre le nouveau recteur Melih Bulu nommé par Recep Tayip Erdogan. La mobilisation réprimée par le pouvoir a reçu le soutien de presque toute la société turque, y compris celui des associations et partis politiques kurdes. En cela, le mouvement Bogaziçi nous rappelle celui du mouvement protestataire de Gezi, à Istanbul / Taksim, en 2013.
 
Des organisations et partis politiques de gauche, des syndicats, des associations de LGBT+, le mouvement kurde… tous s’étaient unis derrière le mouvement Gezi qui avait été provoqué quand la mairie avait voulu couper les arbres du parc Takim pour y construire un centre commercial.
 
Comme les protestataires de Gezi il y a 7 ans, ceux soutenant les étudiants de l’Université de Bosphore viennent d’horizons divers englobant tous les segments du pays. On y trouve des partis politiques, des universitaires, des organisations de gauche et des syndicalistes, les partis et organisations kurdes, des associations de défense des LGBT+ et une myriade d’autres organisations représentant la diversité de la société qui va au-delà d’une nation turco-sunnite … 
 
Ce nouveau élan de solidarité qui défit le régime d’Erdogan à travers la Turquie crée l’enthousiasme dans un pays gagné par la pauvreté, l’autocratie et la violence. Le journaliste Fehim Tastekin fait partie de ceux qui voient dans le mouvement de protestation de Boğaziçi un sursaut de révolte prometteuse. Dans son article « Les «vandales». Sur la lutte des étudiants de l’université de Boğaziçi », Tastekin écrit que:

« Voir des êtres humains qui ne se soumettent pas inquiète le pouvoir turc. Les jeunes de l’université, avec leur intelligence, leur conscience, leur volonté non atrophiée, savent dire non. Ils montrent comment des gens de différentes ethnies, religions, croyances, tempéraments, genres, peuvent lutter et vivre harmonieusement. Voilà la raison de la colère du pouvoir. »
 
Seul bémol, pourquoi on ne voit pas ces « jeunes de l’université, avec leur intelligence, leur conscience, leur volonté non atrophiée [qui] montrent comment des gens de différentes ethnies, religions, croyances, tempéraments, genres, peuvent lutter et vivre harmonieusement », dans les régions kurdes où le pouvoir turc nomme des administrateurs aux mairies, associations … kurdes dont les dirigeants élus sont jetés en prison?
 
2 après le mouvement Gezi, dès juin 2015, quand le parti « kurde », HDP est entré au parlement turc, causant sa première défaite à Erdogan qui perdait la majorité parlementaire, il a déclaré la guerre au HDP et aux régions kurdes coupables d’un tel crime de lèse-majesté. Entre 2015 et 2016, plusieurs villes kurdes (Cizre, Sur, Silopi, Nusaybin…) ont été détruites par l’armée turque, plus de 1 500 civils kurdes tués et des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villes…
 
A cette époque, pendant que les Kurdes subissaient des massacres, la jeunesse turque, comme le reste de la société turque, jouait les trois singes qui n’ont rien dit, vu et entendu. Pour eux, l’État « mettait de l’ordre » dans l’ « Est du pays » [pour pas dire le Kurdistan du Nord] attaquée par des « séparatistes/terroristes kurdes ».

Aujourd’hui, alors que des milliers de députés, maires, militantes, féministes, journalistes, médecins, enseignants, artistes ou simples citoyens kurdes croupissent dans les prisons turques, la nature du Kurdistan « turc » détruite, on n’entend pas l’indignation de la « société turque » devant un tel génocide ethnique, linguistique, culturelle et écologique visant les millions de Kurdes de Turquie.

Tant que la société turque ne reconnaitra pas le statut de colonisé du peuple kurde, et tant qu’il n’y aura pas de convergence de luttes et une conscience politique en Turquie, tout mouvement de contestation est voué à l’échec, comme on l’a vu à Gezi. La société turque a beaucoup à apprendre du mouvement de libération kurde qui a plus de 40 ans d’expérience en la matière, malgré la violence étatique implacable qu’elle subit. Si la société turque veut en finir avec le dictateur Erdogan, elle doit accepter que le peuple kurde a le droit à son auto-détermination et le soutenir. Sinon, on ne voit pas pourquoi elle mérite autre chose que l’enfer Erdogan.

TURQUIE. Un jeune Kurde grièvement blessé par des soldats turcs à Van

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TURQUIE / BAKUR – Ali Nametoğulları, un jeune Kurde blessé grièvement par des soldats turcs à Van, est dans le coma. Le père a déclaré que son fils était descendu du véhicule les mains en l’air à la demande des soldats mais qu’il avait reçu deux balles dans le dos.
 

M. Ali Nametoğulları, 20 ans, a été abattu par un soldat turc à proximité du poste de police d’Erçek, à Van / Ipekyolu. Le jeune homme est hospitalisé dans un état critique. Nametoğulları a été touché par 2 balles et devra subir une intervention chirurgicale très complexe s’il n’y a pas d’amélioration de sa santé dans les deux jours. Son poumon est endommagé.

Nametoğulları avait quitté la maison et se rendait à Van pour amener sa soeur chez le médecin. Afin d’éviter d’être arrêté par des soldats et interrogé pour avoir violé le couvre-feu contre le coronavirus, Nametoğulları est passé par le commissariat de police d’Erçek.

Lorsqu’il est sorti du véhicule après avoir reçu l’ordre de «s’arrêter», il a reçu une balle dans le dos. Nametoğulları, dont les 3 côtes étaient cassées et les poumons endommagés suite à la balle reçu dans le dos, a été emmené à l’hôpital universitaire de Van Yüzüncü Yıl Dursun Odabaşı.

Iskender Nametoğulları, le père du jeune homme, a déclaré que la vie de son fils était en danger et a ajouté: « S’il ne reprend pas conscience, il subira une intervention chirurgicale dans un jour ou deux. Sa sœur lui a demandé de l’emmener chez le médecin, c’est pourquoi il était en route pour Van. Il a été arrêté par des soldats. Nous supposons qu’il a été blessé par le feu ouvert par les militaires du commissariat d’Erçek. Nous attendons toujours, il témoignera quand il sera guéri (…). »

 

SHENGAL. Le Conseil yézidi jure qu’ils demanderont des comptes aux responsables du génocide yézidi

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SHENGAL – Hier, les restes de 104 Yézidis tués lors du massacre commis par l’Etat islamique (EI) dans le village de Kocho, à Shengal, ont été enterrés dans le cimetière du village lors d’une cérémonie religieuse. Leurs restes ont été identifiés suite à un énorme travail comprenant des analyses ADN. Nadia Murad, prix Nobel de la paix et ancienne esclave sexuelle sous Daech, était également présente à la cérémonie lors duquel un de ses frères tués par DAECH a été enterré.
 
Sur plus de 500 corps retrouvés autour de Kocho et analysés ces dernières années, 104 ont pu être identifiés. Au total, Daech / ISIS aurait laissé selon l’ONU plus de 200 charniers, contenant jusqu’à 1 000 corps.
 
A l’occasion de la cérémonie d’enterrement des 104 victimes yézidies, le Conseil autonome démocratique de Shengal (Meclisa Xweseriya Demokratîk a Şengalê, MXDŞ) a publié un communiqué, promettant qu’ils demanderaient des comptes à tous ceux impliqués dans le génocide des Yézidis.
 
Voici le communiqué de MXDŞ:
 
« En tant que Conseil autonome démocratique de Shengal, nous commémorons tous les martyrs yézidis, et en particulier les martyrs de Kocho, avec respect en ces jours difficiles. Nous nous inclinons vis-à-vis de tous les martyrs d’Êzidxan [pays des Yézidis].
 
(…)Aujourd’hui, des centaines de fosses communes n’ont pas encore été fouillées. En tant que MXDŞ nous demandons où étaient ceux qui ont fait une déclaration lors des funérailles des martyrs hier le 15 août 2014 [allusions aux responsables kurdes du Kurdistan irakien qui ont abandonné les Yézidis à la veille de l’arrivée des gangs de DAECH]? Que faisaient-ils? Il y a une autre question à poser ici. Pourquoi ceux qui ont abandonné Shengal et qui sont partis n’ont-ils pas été arrêtés et jugés jusqu’à présent?
 
Malheureusement, ceux qui ont causé ces massacres sont toujours en service, au lieu d’être jugés. Aujourd’hui, ils essaient de mettre de côté Shengal et les massacres des Yézidis. Ils agissent comme si de rien ne s’était passé à Shengal. Ils considèrent les massacres comme normaux ou changent les faits. De nombreuses mains étrangères [allusions aux tentatives d’invasion de la région par la Turquie] ont des plans sur Shengal en ce moment. Ils veulent faire ce que Daech n’a pas pu accomplir et veulent envahir les terres de l’Êzidxan. Les ennemis de notre religion, de nos croyances et de notre culture veulent à nouveau faire subir un génocide au peuple yézidi. Mais nous résistons pour la liberté et l’autonomie d’Ezidîxan depuis le premier massacre. (…) Nous demanderons à ceux qui ont causé le massacre de rendre compte un par un. Quiconque attaque les Yézidis nous trouvera devant eux. »
 

Il y a 5 ans, l’armée turque a brûlé vif près de 180 civils kurdes à Cizre

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TURQUIE / BAKUR – Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le siège de la ville kurde de Cizre par l’armée turque en 2015-2016. Le point culminant de ce crime de masse fut le massacre de 80 civils brûlés vifs par l’armée turque dans les sous-sols de deux immeubles de Cizre où ils s’étaient réfugiés dans l’attente des secours, les 7 et 10 février. Les corps d’au moins 14 autres civils de Cizre tués lors de ces massacres n’ont toujours pas été retrouvés 5 ans après ces crimes de guerre restés impunis.
 
Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le couvre-feu de 79 jours imposé par le gouvernement turc sur la ville kurde de Cizre, du 14 décembre 2015 au 2 mars 2016. Beaucoup ont été tuées par les forces de sécurité, tandis que d’autres, blessées ou malades, ont perdu la vie car l’armée turque a empêché l’arrivée des secours, condamnant à la mort tous les civils restés à Cizre pour leur faire payer leur refus de quitter la ville.
 

La ville de Cizre, dans la province de Sirnak, est l’un des 49 districts du Nord-Kurdistan assiégés par l’armée turque à cette époque. Ses 131 000 habitants ont été encerclés, électricité, internet et téléphone ont été coupés. Les enseignants et les fonctionnaires ont été mis en congé pour une durée indéterminée avant le début du couvre-feu. Des chars et des obusiers ont été déployés sur les hauteurs de la ville, d’où des tirs étaient effectués sur les quartiers de Cudi, Nur, Sur et Yafes.

Les habitants de la ville n’étaient plus autorisés à subvenir à leurs besoins quotidiens. Les gens qui sortaient de chez eux pour aller chercher de l’eau étaient ciblés et abattus par les snipers du régime. Au 20e jour du siège, il y avait environ 120 000 personnes dans la ville. Dans les jours qui ont suivi, les habitants ont été chassés de chez eux et les maisons sont devenues un champ de bataille pour les militaires.

Les sous-sols de la mort

Selon les rapports des organisations des droits humains, au moins 177 personnes ont été brûlées ou abattues par les forces de sécurité dans les « sous-sols de la mort de Cizre ». Au total, au moins 288 personnes sont mortes. Celles et ceux qui s’étaient réfugiés dans les sous-sol ont été brûlés vifs par les militaires ou abattus avant d’être brûlés avec de l’essence. Les corps de 14 personnes tuées dans les caves de la mort de Cizre n’ont toujours pas été retrouvés. Sept d’entre eux auraient été enterrés dans des fosses communes en dehors de Cizre.

Plus de 110 000 civils ont été chassés de leurs foyers 

Les dégâts les plus importants ont eu lieu dans les quartiers de Cudi, Yafes, Sur et Nur. 80 % de ces zones ont été rasées. 500 bâtiments ont été complètement détruits et 2 000 maisons ont été gravement endommagées. Au bout de 20 jours, 110 000 personnes ont été expulsées de force de la ville. Après le couvre-feu, 500 autres maisons ont été démolies par l’agence nationale de construction TOKI. Les anciens bâtiments ont été détruits et 6 500 appartements ont été construits dans des bâtiments préfabriqués contrôlés par les militaires.

Les enquêtes sur 121 décès sont au point mort

Bien que cinq années se soient écoulées depuis les massacres de Cizre, l’enquête sur la mort de 121 civils est restée au point mort. 83 des procédures ont été classées sans suite. Sur ces 83 affaires, 51 ont été portées devant la Cour constitutionnelle turque. Quatre autres procédures ont été suspendues, tandis que 34 dossiers ont été jugés irrecevables pour incompétence.