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Les soldats turcs ont tué un kolbar kurde sous la torture

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KURDISTAN – Les soldats turcs ont torturé deux kolbars kurdes qu’ils ont capturés dans la zone frontalière d’avec l’Iran. L’un des kolbars, père de trois enfants, a perdu la vie sous la torture. 
 
Les attaques contre les kolbars, porteurs de charges pour le salaire journalier à la frontière entre le Kurdistan oriental et sud, se poursuivent.
 
Des soldats turcs ont capturé deux kolbars dans la campagne du village de Beydoğan (Şexsicih) dans le district de Çaldıran de la province de Van, à la frontière de l’Iran, hier matin. Selon certaines informations, les kolbars Hesen Keçelano (35 ans) et Behnam Semedi, tous deux originaires de Rojhilat (Kurdistan oriental, Iran) ont été torturés par des soldats turcs.
 
Alors que Behnam Semedi a subi de profondes blessures dans plusieurs parties de son corps à la suite de la torture, le visage couvert de sang, Hesen Keçelano a perdu la vie. Semedi a ensuite été laissé à la frontière avec le cadavre de Keçelano.
 
Les proches des deux kolbars ont également confirmé les informations. L’un d’eux a dit:
 
«Après l’arrivée de Semedi dans le village, nous y sommes allés avec les gardes-frontières iraniens qui ont ensuite déclaré que le corps de Keçelano avait été torturé. Les gardes-frontières iraniens ont ensuite appelé les soldats turcs à la frontière et leur ont dit: «Nous ne pouvons pas récupérer ce cadavre à cause de la torture qu’il a subie. Apportez-le légalement au passage de la frontière ». Les soldats turcs ont ensuite repris le corps.»
 
Un habitant du village de Beydoğan à Van a également déclaré avoir été témoin de soldats turcs stationnés à l’avant-poste de Sedat Nezih Özok emmenant deux kolbars à la frontière.
 
La tragédie des kolbars
 
Le Kurdistan oriental a sombré de plus en plus dans la pauvreté au fil des ans en raison des politiques délibérées du régime iranien et se distingue comme l’une des régions les plus pauvres d’Iran. Par rapport à d’autres régions, la région a connu beaucoup moins d’investissements et le développement a été délibérément freiné. L’agriculture et l’industrie ne sont pas autorisées et, par conséquent, le chômage a atteint le niveau le plus élevé en Iran.
 
Face à des politiques de discrimination, d’oppression et d’appauvrissement, le transport de marchandises de contrebande n’est pas un choix mais un must pour survivre.
 
Kolbar vient des mots kurdes, «kol» (dos) et «bar» (charge). Les Kolbars gagnent leur vie en transportant des charges le long de la périlleuse frontière. Leurs charges comprennent des cigarettes, des téléphones portables, des chiffons, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Ils marchent sur des terrains dangereux pour continuer ce commerce entre le Kurdistan méridional et oriental. Les marchandises qu’ils apportent sont vendues à des prix élevés à Téhéran, mais les kolbars qui risquent leur vie pour eux sont payés très modestement.
 
Les intermédiaires qui prennent les livraisons et trouvent des acheteurs dans les villes sont appelés kasibkars.
 
Les kolbars et kasibkars ont entre 13 et 70 ans. Certains n’ont terminé que l’école primaire, tandis que d’autres sont des diplômés universitaires. Ils transportent des charges, car ils ne peuvent trouver aucun autre emploi. Au cours des 5 dernières années, quelque 300 kolbars et kasibkars ont été tués de sang-froid. Il n’y a pas de statistiques réelles disponibles pour le meurtre de Kolbars et Kesikbars par les forces iraniennes ou turques.
 

Ne ratez pas le douzième Festival du film kurde de Londres

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LONDRES – La douzième édition du festival du film kurde de Londres (LKFF) a lieu en ligne à cause de la pandémie du coronavirus. Cette année, le LKFF organise le Festival mondial du film kurde dont le thème de cette année est « Mon Kurdistan ». L’ouverture du festival se fait avec 4 films du cinéaste légendaire Yilmaz Güney.

2021 marque le 20e anniversaire du Festival du film kurde de Londres et pour le célébrer, les organisateurs se sont associés à 10 autres festivals de films kurdes à travers le monde.

La 12e édition du Festival du film kurde de Londres (LKFF) a débuté vendredi 

L’édition de cette année est en ligne, comme la précédente, mais c’est une édition spéciale car elle marque le 20e anniversaire du LKFF. Les organisateurs ont déclaré: « Nous avons saisi les circonstances de cette année en saisissant cette opportunité de créer une bibliothèque de films kurdes et de la rendre aussi accessible que possible, en créant et en définissant à notre tour le cinéma national kurde. Nous projetterons deux programmes définis. Le premier sera un  nouveau programme de films de sélection, présentant des courts et longs métrages de fiction, des documentaires et des films d’animation. Le second sera une vitrine soigneusement organisée du meilleur du cinéma kurde  au cours des 20 dernières années, qui comprendra des longs métrages titres de films de fiction et documentaires.

Pour refléter le contenu naturel de cette édition, le thème de cette année est  Mon Kurdistan / Kurdistana min. Le cinéma kurde a connu une croissance exponentielle au cours des deux dernières décennies. Cependant, les films et les talents restent sous-exposés et sous-représenté, avec des films que beaucoup ont du mal à voir ou n’ont pas pu voir depuis leur sortie initiale. Le LKFF a toujours eu pour objectif de célébrer et de mettre en valeur le cinéma kurde pour les 11 dernières éditions (…). »

Le festival peut être suivi ici

ANF

Les femmes kurdes recueillent 235 727 signatures pour la campagne « 100 raisons de juger Erdoğan »

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EUROPE – Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a recueilli 235 727 signatures pour la campagne «100 raisons de poursuivre le dictateur».
 
TJK-E a lancé la campagne «100 raisons de poursuivre le dictateur» le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La campagne a présenté une centaine de femmes assassinées sous le gouvernement d’Erdoğan. Le mouvement des femmes s’était fixé comme objectif de recueillir 100 000 signatures d’ici le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Les premiers résultats de la campagne ont été présentés vendredi à Zurich.
 
Outre les militantes du TJK-E, des représentantes de l’association alévie FEDA, de la campagne «Women Defend Rojava», du PYD, du PDA, de Ni Una Menos, du FIST et d’autres groupes se sont joints à la conférence de presse au centre culturel kurde de Zurich. Comme l’a expliqué Neslihan Kılıç au nom du Mouvement des femmes kurdes, 235 727 signatures ont été collectées dans le monde dans le cadre de la campagne. L’objectif fixé a donc été largement dépassé.
 
« Erdoğan doit recevoir sa juste punition »
 
Les signatures recueillies pour la condamnation d’Erdogan doivent maintenant être présentées à l’ONU et à d’autres institutions internationales. Le TJK-E a déclaré: « Avec ses déclarations, décrets et décisions politiques sexistes, le dictateur Erdoğan est directement responsable des crimes commis contre la société et en particulier contre les femmes et les enfants en Turquie, au Kurdistan du Nord, au Rojava et au nord-est de la Syrie, au Kurdistan du Sud, Shengal et Maxmur. Par conséquent, en vertu du droit international, il doit être inculpé de meurtre, de torture, de privation de liberté et de viol. Selon le droit international, il existe de nombreuses raisons pour que le dictateur Erdogan soit jugé pour crimes contre l’humanité et génocide. Il se cache toujours derrière son bureau de président de la Turquie, mais les gens du monde entier le voient comme un dictateur dont le temps est écoulé et qui doit recevoir sa juste punition. »
 
Le Mouvement des femmes kurdes a également souligné la montée de la violence contre les femmes et la répression massive en Turquie et a ajouté: « C’est une honte pour l’histoire humaine et la justice que les tribunaux internationaux aient enquêté sur les massacres, les meurtres, les viols et les arrestations de milliers de politiciens, les universitaires, les journalistes et les militants ne font que regarder. Cela équivaut à de la complicité. »
 
Deuxième étape de la campagne
 
Dans la deuxième étape de sa campagne, le TJK-E veut poursuivre la bataille juridique. Les demandes appropriées à cet effet doivent être soumises à l’ONU. « Nous continuerons d’être la voix de toutes les femmes et d’exiger des comptes pour les crimes commis. Dans le même temps, nous lutterons pour que le féminicide soit qualifié de crime contre l’humanité au niveau international. »
 
Le mouvement des femmes fixe deux priorités pour la deuxième étape de la campagne: la punition des responsables des meurtres politiques des trois révolutionnaires kurdes Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez le 9 janvier 2013 à Paris et la lutte pour les femmes enlevées, violées et assassinées pendant l’occupation turque à Afrin.
 

Des sénateurs et députés exhortés à agir contre la criminalisation des Kurdes en France

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LYON – « Nous vous demandons (…) de bien vouloir interpeller (…) le gouvernement français pour exiger que de véritables sanctions soient prises à l’encontre des Loups Gris et que cesse la criminalisation des Kurdes dans notre pays. »

Suite à l’attaque des Loups Gris turcs contre une association kurde de Lyon le 3 avril dernier qui a fait 4 blessés côté kurde qui s’ajoutait à l’arrestation d’une dizaine de militants kurdes dans plusieurs villes de France le 23 mars dernier, la Coordination Lyonnaise Solidarité Kurdistan s’adresse aux parlementaires du Rhône afin qu’ils interpellent le gouvernement français pour qu’il inflige de véritables sanctions à l’encontre des Loups Gris et qu’il cesse la criminalisation des Kurdes sur le sol français.

Voici la lettre ouverte de la Coordination Lyonnaise Solidarité Kurdistan:

Madame la députée, Monsieur le député,
 
Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,
 
Comme vous le savez, le samedi 3 avril le local de l’association culturelle kurde Mésopotamia de Lyon a subi l’assaut d’une vingtaine d’hommes cagoulés. Ceux-ci, armés de barres de fer et de battes de base-ball, ont saccagé le local et blessé quatre personnes qui ont dû être hospitalisées.
 
Quelques jours auparavant, ce même local avait fait l’objet de tags dont la signature ne laisse aucun doute sur leurs auteurs : ce sont les tristement célèbres « Loups Gris », bande de nervis à la solde du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan agissant de concert avec les services « spéciaux » turcs.
 
Ce sont les mêmes qui cet été se sont livrés à Décines à une scandaleuse démonstration anti arménienne… en toute impunité.
 
Nous sommes en droit d’attendre de notre gouvernement que de réelles sanctions soient prises contre ces nervis néo-fascistes. Certes, leur dissolution a été prononcée mais il apparaît comme une évidence qu’elle ne les empêche en rien d’agir.
 
Qui plus est, le 23 mars dernier, agissant apparemment sur demande du Parquet antiterroriste, la police menait une série d’opérations contre des locaux de la communauté kurde (à Marseille, Paris et Draguignan) faisant plus d’une dizaine d’arrestations et de gardes à vue. Les motifs étaient « financement de terrorisme, extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Quel message veut envoyer le gouvernement français par cette opportuniste opération médiatique ?
 
Ces opérations ont lieu alors qu’en Turquie le régime d’Erdoğan durcit toujours plus la répression contre toute opposition démocratique en Turquie (des milliers d’emprisonné.es, presse bâillonnée…) et multiplie les agressions militaires en Irak et en Syrie. Quand toute critique est assimilée de façon récurrente à du terrorisme, on ne peut que se poser la question : « qui sont les terroristes et où sont-ils » ? Ajoutons que l’Union Européenne, que la France, ne font rien pour que la Turquie respecte l’arrêt T-316/14 du 15 novembre 2018 de la CJUE (Cours de Justice de l’Union Européenne) rendant illégale l’inscription du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) sur la liste des organisations terroristes, qualification rendant possible les poursuites de la « justice » turque au prétexte de terrorisme.
 
Lors de leur réunion en visioconférence du 25 mars, les dirigeants des 27 pays de l’Union Européenne semblaient décidés à sanctionner la Turquie. Espoir déçu pour les démocrates : les dirigeants européens ont noté « le ton constructif » du tyran turc, le président Macron ajoutant lors de sa conférence de presse que « s’agissant de la Turquie, nous avons pu constater des avancées positives de la part d’Ankara » !
 
Les opérations contre les militant.es kurdes en France sont-elles donc le prix à payer pour s’attirer les faveurs d’Erdoğan?
 
Nous ne pouvons alors que constater que les arrestations de militant.e.s kurdes en France, que la criminalisation des organisations kurdes dans notre pays, ne peuvent que servir la politique dictatoriale d’Erdoğan, à un moment où il conduit son pays de plus en plus gravement dans la crise économique dont témoigne l’effondrement récent de la bourse turque.
 
Nous ne pouvons que constater que l’impunité dont jouissent les Loups Gris en France ne peut que les encourager à multiplier leurs agressions criminelles.
 
C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur, de bien vouloir interpeller de la façon que vous jugerez la plus appropriée le gouvernement français pour exiger que de véritables sanctions soient prises à l’encontre des Loups Gris et que cesse la criminalisation des kurdes dans notre pays.
 
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération.
 
Lyon le 16 avril 20121
 

Association Culturelle Mésopotamie, Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes, Association France Kurdistan du Rhône, Confédération nationale du travail, Ensemble Rhône, Génération.s, Mouvement de la Paix, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) du Rhône, Parti Communiste Français (PCF) du Rhône, Parti de Gauche du Rhône, Presse Fédéraliste, UD CGT 69, Union Syndicale Solidaires du Rhône

 

Théophobos, un général kurde dans l’Empire romain d’Orient (2/2)

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Voici un article qui nous rappelle que tant d’illustres Kurdes sont passés à la postérité dépouillés de leurs origines ethniques. Ils sont soit devenus arabes, turcs, soit perses et ce, depuis plus de mille ans déjà…

Le journaliste Emile Bouvier a sorti des vieilles pages de l’histoire le général kurde Théophobos*, de son vrai nom Nusayr, originaire du Rojhilat (Kurdistan d’Iran), qui a vécu au IXème siècle et qui a failli devenir Empereur romain d’Orient.

Voici la deuxième partie de l’article « Qui est Théophobos, ce général kurde qui faillit devenir Empereur romain d’Orient ? (2/2). Les campagnes arabo-byzantines de 837 et 838 : l’apothéose et la chute de Théophobos »
 
A lire ici la première partie de l’article « Qui est Théophobos*, ce général kurde qui faillit devenir Empereur romain d’Orient ? (1/2). Du rebelle khurramite** défait au général byzantin acclamé »
 

*Théophobos ou Théophobus (en grec : Θεόφοβος) dont le nom original est Nasir le KurdeNasr ou Nusayr est un général kurde entré au service de l’Empire byzantin lors du règne de l’empereur Théophile (Wikipedia)

**Khurramites: Les Khurramiya ( persan : خرمدینان Khorram-DINAN , ce qui signifie « ceux de la religion Joyful ») est un mouvement religieux et politique avec ses racines dans la zoroastrien secte fondée par Mazdak . Un autre nom pour le mouvement est le Muḥammira ( arabe : محمرة , « Ones-Rouge », Portant en persan : سرخجامگان Sorkh-Jâmagân ), une référence à leur robe rouge symbolique. (Wikipedia)

 

 

L’importance du pluralisme ethnique, linguistique et confessionnel au Rojava / Syrie du Nord et de l’Est

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La revue A Contre Temps publiait en février dernier un entretient réalisé avec Gulistan Sido, coprésidente de l’Université du Rojava, une universitaire kurde polyglotte qui parle kurde, arabe et français et qui est une fervente défenseur du pluralisme linguistique et culturel, comme l’est toute l’administration autonome du Rojava. D’ailleurs, dans une région où vivent tant de peuples avec des croyances et cultures différentes, comment faire autrement? A moins de nier l’existence des peuples et des croyances, comme le font tous les États islamo-nationalistes du Moyen-Orient, dont les pires sont de loin la Turquie et l’Iran, sans parler des conflits ethno-confessionnels qui ont détruit l’Irak et le Liban.
 
Dans l’entretien publier sous le titre « Comment bâtir une université révolutionnaire au Rojava ? », Gulistan Sido met l’accent sur l’importance de l’ouverture vers les autres, ceux qui diffèrent de nous et qui nous enrichissent. La jeune femme cite un proverbe arabe qui dit « Apprends une langue, tu éviteras une guerre » et ajoute : « Ici, on ne peut donc pas vivre avec une seule culture. C’est pourquoi, quand j’ai commencé à l’Université du Rojava en tant que vice-présidente, nous avons décidé avec le reste de l’administration que j’allais m’occuper plus spécialement des relations interculturelles et internationales.

 

Au Rojava, il est donc très important de protéger et de faire respecter toutes les particularités afin de faire vivre les différentes cultures entre elles. Aller vers les autres, c’est aussi accepter de les écouter. Si ces relations interculturelles sont importantes chez nous, elles ne sont pas pour autant évidentes car les mentalités changent difficilement. Il nous faut cependant continuer à favoriser et à développer ces dialogues pour éviter la guerre. C’est pourquoi, quand je travaillais au TEV-DEM, l’on recevait beaucoup de tribus arabes et de délégations assyriennes. On rencontrait beaucoup d’amis arabes d’autres régions, comme celle de Raqqa. Il est très important pour nous d’entretenir ces relations, autrement les choses deviendront pires qu’en Irak ou au Liban ! »

 
Vous pouvez lire l’entretien réalisé avec Gulistan Sido au sujet de l’enseignement  universitaire au Rojava ici
 

Une photographie du lac Van remporte un concours de la NASA

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TURQUIE / BAKUR – Une image satellite du lac Van dans la province kurde de Van a remporté le concours de photos de la NASA. La photo a été prise par l’astronaute américaine Kate Rubins à bord de la Station spatiale internationale.
 
Une image satellite du lac de Van (Gola Wanê, en kurde) dans la province du même nom au nord du Kurdistan a battu 31 des plus beaux sites naturels du monde au concours de photos Tournament Earth de la NASA. L’image gagnante de l’édition de cette année du concours a été prise par l’astronaute américaine Kate Rubins à bord de la Station spatiale internationale (ISS) le 12 septembre 2016.
 
La photo montre de manière impressionnante une partie du lac de Van. Avec une superficie de 3 740 km², une profondeur maximale de 451 mètres et une longueur de rivage de 430 kilomètres, le lac de Van est le plus grand lac du territoire turc. Le lac de Van est également le plus grand lac de soude ou alcalin du monde avec une salinité d’environ 23 grammes par litre et un pH alcalin de 10. En raison de sa forte concentration en sels, le lac ne gèle pas en hiver froid. L’eau alcaline abrite peu de vie.
 
Le lac de Van s’est formé dans une dépression et est entouré de volcans et de montagnes atteignant 4 000 mètres de haut. Il n’y a pas de sortie; la lave s’écoulant du mont Nemrut à Bitlis a formé une barrière. Son niveau d’eau diminue donc par évaporation. Pendant l’Empire urartéen, le niveau était probablement beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. En 2011, des carottes prélevées sur le lac de Van par des chercheurs de l’Université de Bonn ont révélé 400 000 ans d’histoire évolutive du plan d’eau.
 

KURDISTAN DU SUD. Une jeune femme kurde victime d’un crime d’ « honneur »

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KURDISTAN DU SUD – Un homme tue sa fille de 23 ans accusée d’adultère dans la région kurde de Koya, dans le nord de l’Irak.

Un père a tué sa fille de 23 ans, mère d’un enfant de 6 mois, en la jetant dans la rivière Petite Zab dans un village près de Koya, à l’est d’Erbil (Hewler).

Selon la police, elle a été forcée de quitter sa maison « pour adultère ». Aujourd’hui, son père l’a noyée dans la rivière.

La police a arrêté quatre personnes : Les parents de la femme, son beau-père et un autre homme qui aurait eu une liaison avec elle. La police a déclaré que le père de la femme a plaidé coupable et a affirmé qu’il l’avait tuée parce qu’il était outré à ce moment-là.

Selon des rapports non officiels, au cours des trois dernières décennies, plus de 20 000 femmes ont été victimes de féminicides dans la région du Kurdistan irakien dans le cadre de crimes d’honneur.

Le « crime d’honneur », qui vise à protéger l’ « honneur » d’une personne ou d’une famille, est généralement commis contre des femmes.

Via Kurdistan Watch

PARIS. Une famille kurde en quête de justice

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PARIS – La famille de Christophe Karadeniz, un franco-kurde condamné à 17 ans de prison, demande sa libération et accuse la justice française d’avoir condamné un innocent. Karadeniz a fait appel de sa condamnation devant la Cour de cassation qui doit rendre son verdict le 27 mai prochain.
 
La famille de Christophe Karadeniz, père de 3 enfants, organise un rassemblement le samedi 24 avril, à 14 heures, sur la place de la République, à Paris, afin de sensibiliser l’opinion publique et les autorités judicaires françaises afin qu’elles reviennent sur cette « condamnation à tort ».
 
Voici le communiqué de la famille de Christophe (Mehmet) Karadeniz demandant sa libération:
 
« De 2015 à 2020, interpellé, perquisitionné, placé en garde à vue, auditionné, interrogé, mis en examen, placé en détention provisoire, remis en liberté, pour être finalement acquitté, puis condamné sans aucun élément nouveau : voici les cinq années d’un engrenage judiciaire subi par Christophe KARADENIZ, un homme innocent.
 
Quel crime lui est donc reproché ? Le fait d’habiter au-dessus d’une épicerie incendiée et dont les flammes ont causé la mort d’un employé, qui était son ami, ou encore le fait que la même année sa mère ait été attaquée à la machette à proximité celle-ci.
 
Marié depuis 12 ans, et père de trois enfants âgés de 9, 6 et 5 ans, il avait été acquitté en 2019 à BOBIGNY, pour être condamné un an plus tard en appel à MELUN à 17 ans de réclusion criminelle et envoyé en prison, sur le seul fondement d’une rumeur, sans aucune preuve.
 
La justice française porte l’entière responsabilité de ce terrible événement.
 
Alors qu’autrefois, on pouvait dire : « Il vaut mieux cent coupables en liberté, plutôt qu’un seul innocent en prison », aujourd’hui, l’État français condamne un homme à 17 ans de prison sur de simples rumeurs.
 
Contre cette injustice, contre cette erreur judiciaire, pour lui et pour tous ceux qui auraient pu être à sa place, Christophe KARADENIZ se bat aujourd’hui, afin de faire tomber cette fausse vérité judiciaire, qui a condamné à tort un innocent. »

PARIS. Discriminations visant une association d’aide aux ressortissants originaires de Turquie

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PARIS – L’ACORT, une association d’aide aux ressortissants originaires de Turquie (Turcs, Kurdes, Grecs, Chaldéens et Arméniens) serait dans le collimateur de Bertil Fort, conseiller du 10ème arrondissement du Groupe Changer Paris. En effet, monsieur Fort aurait demandé que l’octroi d’une subvention à L’ACORT (L’assemblée citoyenne des originaires de Turquie) soit conditionné à une prise de position politique de cette dernière concernant le polémique autour de la future Mosquée de Strasbourg.
 
Dans une lettre ouverte, 18 associations du 10ème arrondissement de Paris demandent à Fort de ne pas faire d’amalgame entre l’ACORT qui est une association laïque, prodémocratie et qui prend régulièrement position contre les dérives islamo-fascistes en Turquie et les officines turques en France.
 
Voici la lettre ouverte envoyée à Bertil Fort:
 
Lettre ouverte des associations du 10eme arrondissement à Bertil Fort, conseiller du 10ème arrondissement du Groupe Changer Paris 

Monsieur Le Conseiller,

Vous avez adressé un courrier le 31 mars 2021 à L’ACORT (L’assemblée citoyenne des originaires de Turquie), dont nous, associations du 10e arrondissement, avons eu connaissance et nous tenons par la présente à vous exprimer notre étonnement, notre indignation et notre désaccord profond.

Notre étonnement tout d’abord de la contradiction manifeste de votre propos qui condamne des prises de positions que vous qualifiez de politiques tout en demandant dans un même temps à L’ACORT d’en prendre sur des sujets qui semble-t-il vous tiennent à cœur.

Nous nous étonnons de votre injonction à une association de s’exprimer sur un sujet spécifique, en l’espèce le financement de la mosquée de Strasbourg, explicitant que cette absence de prise de position serait en lien avec une proximité idéologique avec la municipalité de cette ville… Ce qui est une mise en cause de l’autonomie de l’association.

Pourquoi ne le demandez-vous à d’autres associations ? Ville mains jardins par exemple ? L’exiger de L’ACORT en particulier ne constituerait-il pas un amalgame de sujets aussi divers que Turc, communautarisme et musulman ? Cet amalgame est l’origine de deux tags antimusulmans dont a été victime L’ACORT au cours de ces derniers mois.

Notre indignation car certains termes de votre lettre relèvent de la calomnie publique : « des associations qui portent atteinte, par leurs actions ou leurs discours, aux valeurs et principes fondamentaux de la République Française ».

Vous y avez fait allusion lors de précédentes interventions, L’ACORT a été signataire d’un appel à une manifestation signé par plus de 70 autres associations, de syndicats et de partis politiques condamnant l’existence des discriminations systémiques (dont les contrôles au faciès  reconnus par le gouvernement) et des violences policières (qui est la genèse de l’organisation du Beauvau de la Sécurité). Si cet appel à manifester vous semblait mettre en danger la République, qu’attendez-vous pour agir sur le terrain légal ?

Notre désaccord profond qu’un vote de subvention soit conditionné à une prise de position politique, ce qui pourrait ouvertement passer pour une forme de chantage exercée par un élu…

Tous les citoyens originaires de Turquie (Turcs, Kurdes, Grecs, Chaldéens et Arméniens) sont une partie de l’histoire du 10e, ils sont une partie de l’histoire de la France.

Au même titre que les autres habitants du 10e, ils bénéficient du droit d’association et du droit d’exprimer leurs opinions politiques.

Vous proposez de restreindre les moyens d’action de l’ACORT, acteur  important de la vie associative et reconnu du 10e qui œuvre, toujours dans un cadre laïque, contre les racismes, les sexismes et les discriminations. Depuis 40 ans, l’ACORT a été partie prenante de tous les combats pour l’égalité des droits de toutes et tous, et mène de nombreuses actions d’utilité publique : accès aux droits, médiation, activités culturelles pour les adultes et la jeunesse, cours de français, etc. « une action sociale utile aux Parisiens » comme vous le reconnaissez par ailleurs.

Nous ne pouvons que constater votre méconnaissance de la loi de 1901, une association est l’expression d’une liberté publique qui en France a valeur constitutionnelle, et nous, associations signataires, ne pouvons laisser un élu s’attaquer à L’ACORT ou à une autre association, à son discours et à ses actions.

Recevez, Monsieur le Conseiller, l’expression de nos salutations associatives.

Pour les associations signataires
Anick Lestage, Ldh 10-11

Les premiers signataires :

  1. Andes Diffusion
  2. Association AIRES 10 (Centre Social)
  3. Association Culturelles des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT)
  4. Association des Tunisiens en France (ATF)
  5. Association franco-chinoise Pierre Ducerf
  6. Association Le Pari’s des Faubourgs (Centre Social et Culturel)
  7. ATTAC Paris Centre
  8. Centre d’animation de Paris 10ème – CRL10
  9. Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F)
  10. Ensemble, nous sommes le 10e
  11. Espace Fârâbî
  12. Espace Universel
  13. L’Aire à Mots
  14. Ligue des Droits de l’Homme ( LDH Paris 10-11)
  15. Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples ( MRAP Paris)
  16. Union Culturelle Française des Arméniens de France ( UCFAF)
  17. Union Locale CGT  de Paris 10ème
  18. Ville Mains Jardins

14 avril: Journée Commémorative de l’Anfal, opération génocidaire contre les Kurdes

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KURDISTAN DU SUD – Les Kurdes commémorent les victimes du génocide d’Anfal à l’occasion du 14 avril, Journée de commémoration du génocide d’Anfal commis par Saddam Hussein en 1988.

 
Le régime du dictateur irakien, Saddam Hussein a massacré plus de 182 000 Kurdes, dont des femmes, enfants et vieillards, par des armes chimiques et dans des camps de concentration et a détruit 5 000 villages entre février et septembre 1988.
 
Le plus connu de ces massacres à eu lieu à Halabja où plus de 5000 civils kurdes ont péri le 16 mars.
Il y a 33 ans, la ville d’Halabja, au Kurdistan du Sud, était bombardée à l’arme chimique sur ordre de Saddam Hussein. Cette attaque au gaz a fait plus de 5.000 morts kurdes, dont de nombreux enfants qui sortaient de chez eux au cri de « Ça sent la pomme » (odeur du gaz chimique)…
 
Ces jours marquent le 33e anniversaire du génocide d’Anfal commis par le régime baathiste sous le dictateur Saddam Hussein, tuant plus de 182 000 Kurdes, dont des femmes, enfants et vieillards, par des armes chimiques et dans des camps de concentration entre février et septembre 1988.
 
La ville d’Halabja était sous la protection des forces Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan et des habitants de la ville contre le règne de l’occupation baathiste du Kurdistan en mars 1988 et à l’approche de la guerre Iran-Irak à partir de la fin du conflit. À cette époque, le régime baathiste, dirigé par Saddam Hussein, a bombardé la ville de roquettes et d’artillerie sous la supervision d’Ali Hassan al Majid (surnommé Ali le chimique), le 15 mars 1988 et les forces de Peshmerga se sont retirées dans les montagnes, où les femmes et les enfants sont restés dans la ville.
 
Le 16 mars 1988, le régime baathiste jeta des gaz chimiques depuis des avions de combat sur la ville, qui abritait plus de 40 000 civils, pour commettre le massacre le plus flagrant de l’histoire de l’humanité, qui s’est déroulé à l’aide de gaz toxiques. L’attaque a tué plus de 5 000 civils kurdes dans cette ville et contraint des dizaines de milliers de personnes à être déplacées de force dans des camps situés de l’autre côté de la frontière avec l’Iran.
 
La nouvelle du massacre s’est répandue aussi vite que ces armes avaient volé la vie de milliers de personnes en quelques heures ou moins, pour entrer dans la ville dans un calme terrible et paralysant devant le génocide silencieux qui a tué des milliers d’enfants, femmes et hommes sans une goutte de sang ni blessures.
 
Tous ont été tués sur place, dans les rues de la ville et dans des hameaux remplis de cadavres, sur les routes, devant des maisons et à l’intérieur, dans des écoles, des mosquées et des marchés, les corps gisant sans une goutte de sang ni blessure, et peut-être que la plupart des images qui sont restées dans la mémoire du monde en général et du peuple kurde en particulier sont celles d’Omar Hawar embrassant son nouveau-né et de la famille qui a perdu la vie ensemble.
 
Vingt ans plus tard, le général Ali Hassan al-Majid a été pendu en 2010 pour avoir ordonné les attaques au gaz toxique. Il a été condamné à quatre condamnations à mort mais a insisté sur le fait qu’il a agi dans l’intérêt de la sécurité irakienne et qu’il n’exprimait aucun remords.
 
En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités d’Halabja la corde utilisée pour sa pendaison.
 
Saddam Hussein lui-même sera pendu en 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis.