La lutte des femmes kurdes pour exercer leur métier de journaliste criminalisé par le régime turc

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TURQUIE / BAKUR – La Plateforme des femmes journalistes de la Mésopotamie a publié un communiqué à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Les journalistes kurdes ont réitéré la promesse journalistique faite à leurs collègues jetés en prison par le régime turc.
 
Voici le communiqué de la Plateforme des femmes journalistes de la Mésopotamie (Platforma Rojnamegerên Jin yê Mezopotamya yê – MKGP):
 
« Nous pensons que la Turquie, classée 153ème sur 180 pays répertoriés dans l’Index de la liberté de la presse, ne laisse aucune raison d’être fière. Aujourd’hui, beaucoup de nos amis sont en prison et ceux qui travaillent sur le terrain sont soit détenus, soit poursuivi ou battu pour les nouvelles qu’ils couvrent.
 
La dernière loi a prouvé que le journalisme a cessé d’être une profession et s’est transformé en un champ de résistance pour nous. Aujourd’hui, ce n’est pas un jour pour célébrer la liberté de la presse pour nous. Aujourd’hui, c’est le jour où nous rappelons que nous ne nous mettrons pas à genoux devant les assaillants.

(…) Ni vos lois ni de vos interdictions, nous continuerons à être sur le terrain. »
 
La Plateforme des femmes journalistes de la Mésopotamie a terminé son communiqué en ajoutant qu’elles ont fait une promesse de journalisme à leurs collègues emprisonnés. (Via ANF)
 
La Turquie enregistre le plus grand nombre de menaces et d’attaques contre des journalistes, dont des reporters femmes
 
A l’occasion de la la Journée mondiale de la liberté de la presse, la Coalition pour les femmes dans le journalisme (CFWIJ) a déclaré que la Turquie enregistre le plus grand nombre de menaces et d’attaques contre des journalistes, dont des reporters femmes.
 
Le CFWIJ a étroitement surveillé et documenté 114 cas de harcèlement juridique, de détentions et d’attaques sur le terrain à travers le pays. Au moins 50 femmes journalistes ont comparu devant le tribunal pour des nouvelles qu’elles ont publiées ou les publications qu’elles ont partagées sur les réseaux sociaux. En Turquie, les femmes journalistes font souvent face à des accusations de diffamation ou liées au terrorisme. Trois femmes journalistes ont été condamnées à des peines de prison depuis le début de l’année.
 
Müyesser Yıldız, directrice d’Oda TV News, faisait partie des femmes journalistes condamnées à la prison le 8 mars, Journée internationale de la femme. Müyesser a été condamnée à près de quatre ans de prison pour espionnage. Les journalistes Şehriban Abi et Nazan Sala, qui ont été arrêtées en raison des nouvelles des villageois kurdes jetés d’un hélicoptère militaire à Van, ont comparu devant le tribunal une fois l’acte d’accusation terminé. Les journalistes sont restées derrière les barreaux pendant près de six mois. Lors de leur première séance du procès, elles ont été libérés sous condition. Les femmes journalistes sur le terrain sont également confrontées à des pressions croissantes et à des violences policières.
 
Lors des manifestations des étudiants de l’Université de Boğaziçi, les restrictions sur les événements prévus pour la fête du travail du 1er mai et le retrait de la Convention d’Istanbul, a amené des mouvements de masse suscités par les développements critiques dans le pays. Quatorze femmes journalistes ont été arrêtées après avoir été soumises à des violences policières alors qu’elles couvraient les troubles civils en Turquie. (Le rapport peut être lu ici)

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