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TURQUIE. Les Kurdes retournent dans leurs villages brûlés par l’Etat turc dans les années 1990

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TURQUIE / BAKUR – L’État turc a brûlé et vidé près de 4 000 villages kurdes dans les années 1990 pour vider le Kurdistan de ses habitants. Aujourd’hui, après de longues années de mal du pays, certains Kurdes ont commencé à retourner dans leurs villages.

 

Les incendies de villages et le déplacement forcé de personnes dans l’est de la Turquie étaient des pratiques courantes en Turquie dans les années 1990, liées aux politiques de l’État concernant le nationalisme, l’identité et la sécurité contre le peuple kurde pendant cette période.

Après des années à aspirer à leurs terres, de nombreux villageois déplacés ont maintenant commencé à rentrer. Gülizar Taş en fait partie, qui a été déplacée alors qu’elle n’était qu’une petite fille.

Taş avait 14 ans lorsque sa famille a été forcée de migrer du village Han du district de Qisle à Dersim, une province de Turquie à majorité ethnique kurde et religieuse alévie.

Le village a été évacué par les forces armées turques en 1993, forçant Taş et sa famille à dire au revoir à leur village natal.

Taş est récemment revenue dans son village où elle a relancé la connaissance des plantes qu’elle avait apprise de sa mère et dirige la reconstruction de son village.

«Quand nous sommes revenus pour la première fois, nous n’avons pas pu reconnaître notre village. Les arbres, les rochers, le sol étaient tous réduits en cendres. Mais la nature a senti notre retour et a commencé à ressusciter de ses cendres», a-t-elle dit.

L’interdiction d’entrer dans le village n’a pas encore été complètement levée et de temps en temps des coupures de courant continuent d’être imposées.

«Nous, les femmes, sommes les protectrices de notre langue, de notre culture. Alors ne laissez pas vos valeurs être détruites», a déclaré Taş, évoquant le rôle des femmes dans la préservation de la culture.

«Malgré les difficultés, je peux dire que ce sont les femmes qui mènent la reconstruction du village. Les femmes assument une responsabilité collective. En tant que femmes, nous travaillons toutes ensemble dans la solidarité. Et grâce à cette solidarité, nous avons réussi à transformer notre village, autrefois incendié et détruit, en un lieu de vie.

L’État a détruit et brûlé ces lieux. Nous avons de nouveau restauré nos villages. Maintenant, lorsqu’il y a des funérailles, les gens ont le village pour se rassembler et partager de la nourriture et des mots tous ensemble», a-t-elle ajouté.

Elle est déterminée à vivre dans son village pour le reste de sa vie, car elle veut rattraper toutes ces années passées loin de là où elle s’est toujours sentie appartenue. «Nous mourrions plutôt que de quitter à nouveau nos terres. Ils ont détruit nos villages, mais ils ne pouvaient pas nous détruire. Nos mères sont mortes en aspirant à leurs terres. Nous sommes retournés dans nos villages pour préserver leurs souvenirs», a-t-elle déclaré.

«Mon seul souhait est que ce territoire ne soit plus jamais abandonné mais protégé par les générations à venir.»

LIVRES. Les filles du Kurdistan, un combat pour la liberté

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PARIS – Journaliste et réalisatrice Mylène Sauloy retrouve son public avec un roman-graphique inspiré de son documentaire « La guerre des filles » (2016) mettant en scène les combattantes kurdes du Rojava en guerre contre l’État islamique. 

La couverture de « Les filles du Kurdistan »

L’occasion pour nous de donner la parole à cette femme engagée qui a fait de nombreux voyages au Kurdistan pour connaitre de près la lutte du peuple kurde en général et celle des femmes kurdes en particulier.
 
D’où vous est venu l’idée de faire un roman-graphique inspiré de votre documentaire « La guerre des filles » qui a eu beaucoup de succès et primé de nombreuses fois?
 
C’est un producteur, ancien reporter, qui a eu l’idée de lancer une collection de romans graphiques écrits par des grands reporters. Il avait vu la Guerre des Filles et m’a proposé d’en faire une BD. Avec un.e dessinateur.rice bien sûr. J’ai trouvé magique l’idée que l’épopée de ces femmes libres puisse s’installer dans l’intimité des gens, être feuilletée au gré de l’humeur, persister.. parce qu’un film, on le voit, et il disparait, il n’a pas de matière. Un livre, c’est un compagnon de route, une source d’inspiration sur laquelle on revient quand on veut.. Et puis on peut y donner un visage à toutes les femmes qui, pour des raisons de sécurité, ne peuvent être filmées. C’était une manière de rendre hommage à nouveau à cette épopée. et sans doute de toucher un autre public.

Cela fait de nombreuses années que vous travaillez sur la lutte du peuple kurde en général et celle des femmes kurdes en particulier. Vous vous êtes rendue dans de nombreuses régions kurdes (Bakur, Sinjar, Bashur, Rojava). Vos derniers voyages avaient pour destination le Rojava où les femmes ont joué un rôle central dans la lutte contre DAECH mais également pour la mise en place de la révolution du Rojava. Selon vous, la place des femmes du Rojava, dans le nord de la Syrie, est-elle différente de celle des femmes dans les autres régions du Kurdistan? Si oui, à quoi cela est-il dû d’après vous?
 
Oui bien sûr. Mais surtout à cause de la répression et du patriarcat rance et violent qui règnent ailleurs. Le régime turc a lancé une campagne de diffamation et de répression sans précédent contre toutes les organisations kurdes. Il ne peut supporter l’idée même de démocratie et encore moins la parité dans les institutions et l’émancipation des femmes. Au nom d’un fatras dogmatique pseudo-religieux, il rêve de réduire les femmes à leur capacité de procréation. Au Bashur, elles sont soumises à un système tribal au nord et un peu moins sauvage au sud, mais les crimes d’honneur continuent, et la situation n’est pas brillante. Hero Talabani a sans doute aidé à changer l’image des femmes. Ca n’a pas suffi.. Elles continuent pourtant à se battre pour leurs droits au Bakur comme à Bashur.
 
La plus grande différence avec le Rojava, c’est que depuis le Contrat social de 2014 et la constitution de 2016, les droits des femmes y sont inscrits dans la loi. Et que la participation massive des femmes dans la lutte contre Daesh a changé leur image dans la société. Comme partout ailleurs, le contrat implicite entre hommes et femmes, c’est l’homme protège, la femme sert. Or si elle se défend toute seule, le contrat doit changer ! Même si le patriarcat y coule encore de beaux jours, même si on ne change pas les mentalités à coup de lois, on sent bien que les nouvelles générations grandissent dans un environnement plus respectueux des femmes, et sous une administration largement influencée par une avant-garde féminine. Il faut parier sur un changement profond des mœurs et des mentalités pour la génération à venir !

Vous aviez une fois déclaré être surprise d’entendre des femmes kurdes, lors d’un de vos voyages au Rojava, vous dire qu’elles plaignaient la condition féminine en France. Pouvez-vous nous raconter de nouveau cette anecdote ?
 
Ah mais ça je l’ai entendu de nombreuses fois. D’abord au Qandil, en 2003, par un jeune passé par l’ « Académie de rééducation des hommes » ! Il mettait le doigt sur la subtilité de l’oppression des femmes dans les démocraties occidentales, et sur la difficulté à s’en défaire. Puis par une femme âgée de la Malajin (Maison des femmes) de Qamishlo, qui se disait prête à venir donner des leçons d’émancipation aux femmes européennes. Puis par une internationaliste allemande, médecin, qui combat de longue date aux côtés des Kurdes et me disait recevoir plein de demandes de conseils de la part de femmes en Allemagne ! Ou encore par une amie dans un séminaire de Jineologî qui ironisait : « En Europe, les femmes se croient libres. Ici, au moins, elles se savent opprimées ! »

Vous nous avez déclaré récemment que, dès que les conditions sanitaires dues au coronavirus vous le permettront, vous partirez pour le Rojava. Pouvez-vous nous parler de votre nouveau projet au Rojava?
 
C’est un projet de film participatif, mêlant tournage réel et animation, sur la construction de la démocratie. A travers des ateliers d’animation, menés par un ami co-réalisateur, chacun et chacune fabriquera et animera son personnage, pour lui faire revivre les étapes de la construction d’une démocratie horizontale, égalitaire, respectueuse de l’environnement. Le rêve quoi ! Et moi je filmerai la prolongation des ateliers dans la vie réelle. Un film pour nous donner des idées ici, depuis le Rojava ! et nous apprendre à nous, ici, comment s’y prendre !
 
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« À travers les histoires d’abord parallèles puis croisées de trois filles, de Paris à Kobané, en Syrie, du Kurdistan de Turquie au Sinjar en Irak, Mylène Sauloy témoigne du mouvement des femmes kurdes luttant contre Daesh, héritières d’une longue tradition de résistance.
 
Un village en construction quelque part au nord de la Syrie. Tout autour, des ruines. Une ambiance de fourmilière : des centaines de femmes, certaines en treillis, d’autres voilées, des jeunes et des moins jeunes s’activent, portant d’énormes briques de terre, piochant, creusant, érigeant. Elles construisent un village de femmes ! Sur les ruines d’une guerre aux ingrédients religieux, impérialistes, pétroliers et post guerre froide, dans une région gangrénée par un patriarcat rance, des imams assassins, des dictateurs et théocrates de tout poil, pousse donc une société rêvée dont l’avant-garde est résolument féminine… Et qui pourrait bien nous donner des leçons de démocratie et de parité ! », écrit l’éditeur de la BD « Les filles du Kurdistan, un combat pour la liberté ».
 
Une combattante kurde dans « Les filles du Kurdistan »

Le dessinateur de BD, Clément Baloup a réalisé les dessins de « Les filles du Kurdistan, un combat pour la liberté » publiée aux éditions Steinkis et dont la sortie est prévue finalement le 26 août 2021. (Prix 18 euros).

Sauloy a réalisé également « La révolution par les femmes », un autre documentaire remarquable sur la lutte des femmes kurdes.

Une zone naturelle protégée de Van devenue zone d’entraînement de la police turque

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TURQUIE / BAKUR – L’État turc saccage avec acharnement la nature du Kurdistan. Hier, des soldats turcs tiraient sur des villageois kurdes du village de Yurtbaşı, à Van, afin d’empêcher une manifestation contre l’ouverture d’une carrière de marbre. Les soldats amenés sur place à la demande de la société privée chargée de l’exploitation de la future carrière ont ouvert le feu sur les habitants du village et rasé plusieurs étables. Quatre personnes ont été interpellées.
 
Depuis plusieurs semaines, au Kurdistan du Sud, des sociétés turques coupent les forêts de la région occupée par l’armée turque et exportent le bois obtenu vers la Turquie. Mais, là, on va vous parler d’une zone naturelle protégée de Van devenue terrain d’enterrement de la police turque qui y explose des bombe à gaz !
 
Une zone protégée près du lac de Van
 
Une zone près du lace de Van enregistrée comme « zone de protection de la nature » l’année dernière a été transformée en zone d’entraînement à la bombe à gaz pour la police turque.
 
Les bombes à gaz utilisées dans la zone d’entraînement endommagent à la fois le tissu historique et l’environnement naturel.
 
Bazi Aslan, membre du conseil d’administration de la Van Environment Association (ÇEV-DER), a déclaré: « L’entraînement à la bombe à gaz constitue une grande menace pour les êtres vivants dans les marécages de la région.
 
J’exhorte le gouverneur, le département de police et les députés à s’occuper de cet endroit le plus tôt possible. De telles armes ne devraient pas être autorisées dans ces zones. »
 
Sait Bilmez, un habitant du quartier Buzhane dans le district d’İpekyolu, a souligné que le problème est apparu il y a quelques années: « Ils lancent des bombes à gaz; nous avons des patients alités. Nous ne voulons pas que cela se fasse ici. Ils lâchent ces bombes à gaz sur le lac de Van et dans les espaces vides. Nos petits enfants ne peuvent pas sortir. L’odeur du gaz affecte le quartier, on ne peut pas sortir. »
 

Les mères du samedi luttent depuis 26 ans pour retrouver leurs proches disparus de force

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TURQUIE – ISTANBUL – Il y a 26 ans, les mères du samedi descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Selon les « mères du samedi », l’État turc n’a jamais enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur enlèvement / arrestation par les autorités turques.
 
Il y a vingt-six ans, le 27 mai 1995, des mères se sont installées pour la première fois sur la place Galatasaray, au centre d’Istanbul, pour protester contre la pratique répandue consistant à tuer des personnes (majoritairement des Kurdes) en détention et à faire disparaître les corps.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres par les paramilitaires (JITEM) ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.
 
Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une femme de plus de 80 ans. Depuis le début de la Pandémie de coronavirus, leurs actions ne se se déroulent qu’en ligne.
 
* Qu’est-ce que le JITEM?
 
JITEM (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie) a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JITEM.
 
Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JITEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JITEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)

La Turquie commet un ethnocide contre les Yézidis d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Islamisation forcée, kidnappings, meurtres, viols… depuis l’occupation du canton d’Afrin par la Turquie et des gangs islamistes, en 2018, la population yézidie d’Afrin a été particulièrement visée par les massacres et les expulsions, dans la continuité du génocide commencé à Shengal par DAECH.
 
Juste après le début de la révolution au Rojava le 19 juillet 2012, le village yézidi de Qestel Cindo a été attaqué par des milices islamistes à Afrin. Lorsque l’armée turque est entrée à Afrin le 20 janvier 2018, le village est redevenu la cible d’attaques. Malgré toutes les attaques, les Yézidis d’Afrin se sont organisés dans tous les domaines de la vie depuis le début de la révolution du Rojava et ont fait partie du gouvernement autonome démocratique.
 
Au cours de l’attaque de la Turquie en violation du droit international et sous l’occupation qui a suivi, il y a eu à nouveau d’innombrables attaques contre les colonies et les sites religieux des Yézidis, les structures démocratiques qu’ils avaient construites et la population yézidie dans son ensemble. En installant des familles de miliciens djihadistes d’autres régions de la Syrie ou de l’étranger, l’État turc change la démographie de la région. Des mosquées et des colonies pour les djihadistes et leurs familles se développent dans les villages yézidis.
 
En 2018, le nombre de Yézidis à Afrin était encore d’environ 25000, mais aujourd’hui seuls 2000 membres de cette communauté vivent dans la région. Ils sont exposés à la persécution ethnique et à la violence à motivation religieuse de la part des milices soutenues par l’État turc.
 
La violence des islamistes a contraint beaucoup de gens à fuir
 
Après la fin de l’Empire ottoman, la République turque a été impliquée à plusieurs reprises dans des massacres de Kurdes yézidis. Le nettoyage ethnique pendant l’occupation d’Afrin, qui avait déjà duré plus de trois ans, s’est accompagné d’une politique d’islamisation des yézidis et des alévis dans la région.
 
Mais les Yézidis d’Afrin ne sont pas seulement devenus une cible de l’Etat turc depuis le début de l’occupation. Juste après le début de la révolution en 2012, la Turquie a utilisé les milices de la soi-disant «armée syrienne libre» (ASL / FSA) pour attaquer les villages yézidis.
 
Au début de la guerre civile syrienne, 30 000 à 35 000 Yézidis vivaient à Afrin et 5 000 autres à Alep. La guerre a également marqué le début de la promotion des groupes djihadistes par la Turquie et d’autres États de la région. La violence des islamistes contre ceux d’autres confessions a contraint de larges segments de la population yézidie à fuir vers l’Europe. L’un des premiers de ces actes de violence a été l’attaque par les milices de l’ASL d’Azaz dans le nord d’Alep contre le village yézidi de Qestel Cindo dans le district de Shera en octobre 2012. Elle a été suivie par d’autres attaques contre le village et d’autres endroits tels que Qitme. Le village de Êlî Kino a été complètement occupé en 2012-2013 et de nombreux Yézidis qui y vivaient ont été enlevés.
 
Les attaques contre les villages yézidis se sont poursuivies les années suivantes. L’attaque de la milice terroriste État islamique (EI) contre la région yézidie de Shengal dans le nord de l’Irak et les menaces incessantes des milices turques dans les régions autour d’Afrin ont poussé davantage de personnes à fuir vers l’Europe.
 
Cependant, une partie non négligeable de la population yézidie a insisté pour ne pas quitter leur patrie et construire leurs propres institutions dans le cadre de l’autonomie démocratique et de la préservation de l’identité yézidie.
 
Avec le début de l’invasion turque en janvier 2018, une grande partie de la population yézidie a été contrainte de fuir les villes. La majorité de ceux qui étaient initialement restés dans les villes ont également été forcés de fuir au cours de l’occupation en raison de politiques caractérisées par des massacres, des viols, des enlèvements et l’islamisation. L’Association yézidie d’Afrin, qui a été contrainte de déménager son siège dans la région voisine de Shehba en raison de l’occupation, estime le nombre de Yézidis restant à Afrin à environ 2 000.
 
Les milices soutenues par la Turquie menacent les Yézidis de génocide
 
Au début de l’invasion, la première attaque était à nouveau dirigée contre le village de Qestel Cindo, qui était également la première cible des milices de l’ASL dans les premières heures de la révolution du Rojava. La milice «Armée nationale syrienne» (ANS / SNA), construite par la Turquie, a menacé la population yézidie des villages autour de Shera et Sherawa, faisant référence au génocide commis par l’EI en Irak: « Nous ferons à Afrin ce que nous avons fait à Shengal. »
 
L’ancien président de l’Association yézidie d’Afrin, Süleyman Cafer, raconte ses expériences peu avant l’invasion: «Environ quatre jours avant, nous étions assis devant le centre de l’association lorsqu’un groupe de femmes est passé.« Nous avons toutes du poison sur nous. Si les djihadistes viennent à Afrin, nous nous enlèverons la vie. Nous ne permettrons pas que la même chose nous arrive comme ce qui est arrivé aux femmes de Shengal», nous ont-elles dit. La Turquie et ses milices ne sont pas différentes de l’EI. Beaucoup parmi eux étaient des combattants de l’EI auparavant. Tous les commandants étaient avec l’EI. Tout comme l’EI a attaqué la population yézidie à Shengal parce qu’ils étaient des « infidèles », ils ont attaqué Afrin sous le slogan « Nous allons détruire les infidèles. »
 
D’innombrables lieux saints ont été détruits
 
Au cours des attaques généralisées et de l’occupation qui a suivi, d’innombrables sites sacrés de la foi yézidie ont été détruits. Le 26 janvier 2018, une frappe aérienne turque a transformé le temple d’Ain Dara, vieux de 3300 ans, en un champ de gravats. Avant l’invasion, il y avait 19 lieux saints yézidis dans la région d’Afrin. Cinq de ces sites et deux cimetières ont été pillés et complètement détruits. De nombreux autres sites ont été dévastés et les arbres à souhaits typiques de la foi yézidie ont été abattus.
 
Le complexe du temple d’Ain Dara détruit par la Turquie
 
Le centre de l’Association des Yézidis fondée en 2013 a été miné et détruit par les occupants en juin 2018. Dans l’explosion, la statue historique de Zarathoustra qui y était conservée a également été complètement détruite. D’innombrables livres de la foi yézidie avaient été rassemblés au centre. Après la destruction, une école coranique de la milice a été construite sur le même site.
 
Le plus grand cimetière yézidi de Syrie sur le mont Şex Berkêt (Cheikh Barakat) à Dar Taizzah a été pillé et remplacé par une base militaire turque. Dans le cadre de cette reconstruction, toutes les preuves de la foi yézidie ont été supprimées et remplacées par des symboles islamiques.
 
La foi musulmane est imposée aux Yézidis
 
Depuis le début de l’occupation, au moins 13 civils yézidis ont été tués et 42 enlevés à Afrin. Onze des personnes enlevées étaient des femmes. Aucune information n’a été fournie sur le sort d’Afiyet Cuma, 35 ans, et de Sedika Ibo, 32 ans, depuis leur enlèvement du village de Qitme par des miliciens en octobre 2019. Omer Şemo, 66 ans, a été exécuté par des miliciens des coups de feu après avoir refusé de se convertir à l’islam.
 
Le 21 mars 2021, la « société salafiste Ebadullah » (« les amis d’Allah ») a envahi le village de Qibar. Le groupe, composé de 15 personnes, dont des ressortissants syriens, est resté dans les maisons de 23 résidents yézidis pendant environ deux semaines dans le but de les convertir de force à l’islam, selon des sources du village. Pendant le ramadan, les maisons de divers villages yézidis ont été visitées par des miliciens en uniforme de l’EI et les habitants ont été invités à observer le jeûne.
 
A Afrin, des règles similaires à celles introduites par l’EI dans son ancienne «capitale» Raqqa s’appliquent sous l’occupation. Il est interdit aux femmes de quitter la maison sans voile noir. Les enfants doivent fréquenter les madrasas, explique l’actuel coprésident du groupe de défense des yézidis, Suat Huso.
 
La démographie et la culture de la région changées
 
Au cours de l’occupation, qui a duré plus de trois ans, l’État turc a installé plus de 450 000 personnes à Afrin en provenance d’autres régions de la Syrie, ainsi que d’autres pays. Beaucoup d’entre eux sont des djihadistes et leurs familles. Ainsi, la démographie de la région autrefois multiethnique a été considérablement modifiée. Les djihadistes étaient également installés dans les villages yézidis. Les traces de la culture yézidie et kurde ont dû céder la place aux mosquées et aux écoles coraniques.
 
Avant l’occupation, 90% des habitants de Qestel Cindo étaient des Yézidis, tandis que les autres habitants étaient des Kurdes musulmans. Sur 450 familles yézidies, il ne reste aujourd’hui que 25 familles dans le village, la plupart âgées. Trois maisons de familles yézidies ont depuis été converties en mosquées.
 
Comme dans tous les autres villages anciennement yézidis, plusieurs maisons du village de Shadire ont été converties en mosquées. Seule une poignée de familles yézidies vivent encore dans le village, où l’État turc réinstalle des personnes du bastion islamiste d’Idlib. À côté de Shadire, une colonie de 96 maisons est en cours de construction pour les proches des djihadistes décédés.
 
Certains villages subissent une pression particulière
 
Les villages de Baflûnê à Shera) et Basûfane à Sherawa subissent une pression particulièrement forte de la part des occupants. Sur les 3 500 habitants yézidis de Basûfane, il n’en reste aujourd’hui que 200. L’armée turque a établi une base dans le village et a initialement installé des mercenaires de la milice «Faylaq-al-Sham». Récemment, des membres du Front al-Nosra dérivé d’al-Qaïda s’y sont également installés. Selon les rapports, l’armée turque prévoit de coloniser entièrement le village avec des membres de Nosra et leurs familles en raison de sa proximité avec le canton de Shehba, qui est toujours sous le contrôle de l’administration autonome.
 
En octobre 2020, les miliciens Faylaq-al-Sham ont commencé à construire une mosquée à Basûfanê. Après des manifestations mondiales, la construction a été interrompue, mais au moins trois anciennes maisons ont été converties en mosquées et les enfants yézidis restants continuent d’être contraints de fréquenter les mosquées.
 
Une situation similaire existe dans le village de Baflûnê, dont toute la population a été contrainte de fuir en raison des bombardements intenses lors de l’invasion. Le village et un camp adjacent de 70 huttes sont désormais habités par des mercenaires des groupes Furqat al-Hamza, Ahrar al-Sharqiya et Ahrar al-Sham. Les résidents d’origine se voient refuser le retour et, encore une fois, certaines des maisons ont été converties en mosquées.
 
«Aujourd’hui, ce sont les petits-fils des Ottomans qui nous chassent»
 
Suleyman Cafer souligne la continuité historique de la violence contre les Yézidis, en disant: «Alors que les 72 premiers génocides contre la communauté yézidie ont été perpétrés par l’Empire ottoman, ce sont aujourd’hui« les petits-enfants des Ottomans »qui massacrent et expulsent les Yézidis. Pas une seule œuvre historique appartenant à la culture kurde n’est restée à Afrin. Tous ont été emmenés en Turquie. De plus, les lieux saints ont été détruits. Je pense qu’Erdoğan sortira bientôt des livres et des cartes disant: « Afrin appartient aux Turcs, il n’y a rien de kurde ici. » La situation des Kurdes et des Yézidis à Afrin est actuellement très mauvaise. La Turquie ne veut pas qu’un seul Yézidi reste à Afrin. Parce que, comme le disait Abdullah Öcalan: «S’il n’y a plus de Yézidis, alors la culture kurde n’existera plus».
L’Etat turc a détruit tous les lieux historiques et saints des Yézidis et des mosquées sont en cours de construction dans les villages yézidis. Des vêtements religieux islamiques sont imposés aux enfants et aux femmes yézidis, et tous les yézidis sont forcés de se convertir à l’islam. L’humanité doit enfin élever la voix contre cela. Il doit rompre son silence. La Turquie a occupé Afrin et tente de transformer une zone kurde en zone turque. Pour cela, il mène une politique génocidaire contre les Yézidis et les Kurdes. Chacun doit faire entendre sa voix contre cette politique. La Turquie doit se retirer d’Afrin, de Serêkaniyê et de toute la Syrie. L’humanité doit enfin élever la voix contre cela. »
 
ANF

ROJAVA. Les gangs de la Turquie torturent les civils à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – De nouveaux témoignages d’actes de torture commis par les forces d’occupation turques dans le canton kurde d’Afrin parviennent au public. I.H. a pu fuir l’enfer d’Afrin après deux ans et demi passés entre les mains des gangs de la Turquie. Son récit jette une lumière crue sur la situation alarmante des habitants d’Afrin.
 
L’attaque turque contre la région autonome d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie/le Kurdistan occidental, a commencé le 20 janvier 2018. Avec les restes du groupe État islamique (EI), des fascistes et des mercenaires de divers groupes djihadistes, la Turquie a occupé la majeure partie du canton en mars 2018. Depuis lors, des préparatifs systématiques ont été effectués en vue de l’annexion. La région est placée sous administration turque, la langue turque est introduite, la population kurde est expulsée et un régime de terreur y a été est instauré. Sous le regard complice des institutions internationales telles que l’ONU, l’OTAN, des personnes sont enlevées, torturées et assassinées de manière préméditée.
 
Les victimes du règne de la terreur parlent
 
À maintes reprises, des témoins et des victimes elles-mêmes ont état de ces crimes contre l’humanité. L’un d’entre eux est I.H. Il a été arrêté à Afrin pour ses liens présumés avec l’Administration autonome par la brigade islamiste Sultan Murad, qui fournit une grande partie des forces d’occupation. I.H. a déclaré à l’agence de presse ANHA : « J’ai été torturé pendant 27 jours par le directeur de la prison, Abu Laith. Après cela, j’ai été interrogé par un mercenaire nommé Abu Khaled. J’ai ensuite été remis à Ahmed Zakour de la milice Furqat al-Hamzat. La torture a continué. Là, les mercenaires et les services secrets turcs (MIT) m’ont torturé physiquement et psychologiquement. Ils ont demandé une rançon aux familles de mes 24 compagnons de détention. »
 
Actes de torture sous la supervision des services secrets turcs (MIT)
 
Alors que le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu affirme qu’il n’y a pas eu la moindre allégation de torture depuis quatre ans et demi, le récit d’I.H., parmi de nombreux autres exemples, parle un tout autre langage. I.H. se souvient des tortures qui lui ont été infligées ainsi qu’à ses compagnons de détention : « Ils nous donnaient des chocs électriques et nous arrachaient les ongles. Ils nous ont enfoncé des aiguilles sous les ongles. Ils nous faisaient mourir de faim. Parfois, ils nous jetaient un peu de pain sec ou quelques olives. Tous les interrogatoires ont eu lieu sous la supervision du MIT. Ils m’ont suspendu la tête en bas pendant un mois. Ils nous frappaient avec des matraques. Ils refusaient de nous laisser nous laver. Pendant quelques mois, nous ne pouvions nous laver à l’eau qu’une fois par mois. Les prisonniers avaient tous des poux. La majorité d’entre eux sont morts à cause de maladies contagieuses. Les autorités pénitentiaires utilisaient aussi des drogues. Je suis resté dans cette prison pendant un an et deux mois. »
 
Torturés jusqu’au suicide
 
« En prison, j’ai rencontré Kawa Omer, un enseignant kurde du village de Dargir. Ils ont gravement torturé Omer. Ils ne lui ont pas non plus permis de recevoir des soins médicaux. Les Kurdes étaient constamment insultés. Ils voulaient que les gens meurent lentement sous la torture. Certains prisonniers n’ont pas pu supporter la torture et ont mis fin à leurs jours. » I.H. a été libéré après deux ans et demi de prison et s’est ensuite enfui à Shehba.
 

TURQUIE. Un prisonnier kurde malade de 83 ans menotté au lit d’hôpital

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TURQUIE / BAKUR – Mehmet Emin Özkan, un prisonnier kurde de 83 ans, a été hospitalisé à Amed six fois en huit jours en raison de sa mauvaise santé. Özkan a été transféré à l’hôpital menotté et une fois sur place, il a été menotté au lit pour des « soins ».
 
Mehmet Emin Özkan, 83 ans, prisonnier kurde gravement malade est en prison depuis 25 ans. Il souffre de problèmes cardiaques, de tension artérielle, de résorption osseuse, de maladie rénale, de déficience auditive-vision et de perte de mémoire.
 
Dans une vidéo publiée sur Twitter, on voit des soldats turcs trainer le malade menotté qui peine à marcher à l’entrée de l’hôpital. 

Selma Özkan, fille du prisonnier de 83 ans, a déclaré que son père était dans un très mauvais état. Il a été transporté à l’hôpital six fois en huit jours, a-t-elle déclaré, ajoutant: « Mon père est vieux et gravement malade. Il est en fauteuil roulant et pourtant il a été enchaîné au lit. C’est inacceptable. »
 

SUISSE. Lajîn, L’Assemblée des Femmes Kurdes Vaud

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LAUSANNE – Voici la présentation de l’association des femmes kurdes de Lausanne, dans le canton de Vaud:
 
Date de création : L’Assemblée des Femmes Kurdes Vaud a été créée au mois d’avril 2017.
 
Militantes : L’Assemblée a été créée avec 50 militantes et poursuit ses activités dans la commune de Lausanne et l’agglomération lausannoise.
 
Buts : Notre objectif est de porter la lutte des femmes pour une vie démocratique, écologique et libérée des impératifs du genre. Contre les 5000 ans d’histoire de l’esclavage des femmes, des mouvements de femmes cherchent à créer une vie sociale égalitaire et libre sur la base des actions des femmes elles-mêmes, nous abattons les murs construits autour des femmes par le système patriarcal. Nous développons et soutenons la conscience de soi et la défense de toutes les femmes, en particulier des femmes kurdes – vivant à Lausanne et ses environs – contre toutes formes de violences. Nous organisons des activités éducatives, culturelles, artistiques et politiques pour développer la conscience de genre et la solidarité. Nous travaillons pour contribuer à l’intégration sociale et prévenir le racisme, toutes les formes de discrimination et de harcèlement moral en favorisant le partage des expériences entre les femmes du Kurdistan et toutes les femmes vivant en Suisse. Nous promouvons et participons à toutes sortes d’actions de soutien aux activités culturelles, artistiques, sportives et politiques permettant de favoriser la solidarité entre toutes les femmes. Notre objectif principal est de partager notre lutte pour la liberté et l’organisation des femmes avec les femmes du monde et de poursuivre notre lutte commune.
 
Activités/Actions organisées:
 
Activités régulières
 
3 grands événements annuels auxquels nous participons conjointement avec la Grève des femmes/grève féministe Vaud :
Le 8 mars : Journée internationale de la femme
Le 25 novembre : Journée de la prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes
Le 14 juin : Grève nationale des Femmes
 
Activités générales
 
Nous participons à l’organisation de toutes sortes d’actions conjointes qui promeuvent la lutte du mouvement des femmes. Nous prenons position contre toutes sortes d’attaques et d’approches discriminatoires à l’égard des femmes, des droits humains et des droits écologiques partout dans le monde, et participons à des événements conjoints avec des femmes du monde entier. Du Chili à la Palestine, du Kurdistan au Congo, la lutte des femmes est commune. Nous organisons des actions et des activités démocratiques contre toutes sortes d’attaques contre les femmes et les militantes. Nous continuons notre lutte pour retrouver toutes les personnes responsables de l’assassinat, le 9 janvier 2013 à Paris, de 3 femmes révolutionnaires kurdes (Sakine, Fidan et Leyla). Comme pour les sœurs Mirabel, les responsables doivent obtenir le châtiment qu’ils méritent.
 
Nous organisons des campagnes de signatures et de solidarité internationale. Nous mettons en place des stands d’information et de solidarité. Nous soutenons et participons au travail d’éducation et d’information en nous basant sur des centaines d’années d’expérience de la lutte des femmes et des mouvements féministes. Nous nous efforçons d’assurer la participation la plus active des femmes au travail, à la culture, à l’art et à la vie politique, et nous soutenons toutes les femmes qui travaillent avec la conscience de la liberté des femmes.
 
Rappel
 
Les Kurdes sont un des plus grands peuples sans Etat du monde dans la région de la Mésopotamie, avec une population d’environ 45 millions de personnes à travers le monde. Le pays du Kurdistan a été divisé entre 4 États par le Traité de Lausanne en 1923. L’assimilation et les massacres ont été mis en œuvre contre les Kurdes depuis ce jour. En tant que femmes immigrées vivant en Suisse, nous poursuivons notre lutte pour la reconnaissance de notre identité. Dans notre propre espace géographique, des milliers de femmes kurdes ont été soumises à des arrestations, à la torture et même à la mort car nos droits culturels et politiques ne sont toujours pas reconnus.
 
L’établissement d’un paradigme de société démocratique-écologique et féministe, qui est une alternative à une société basé sur le patriarcat, est possible en développant l’organisation démocratique des femmes et en poursuivant leur solidarité au-delà des frontières. Toutes sortes de murs qui limitent et enferment les femmes seront renversés par la lutte commune des femmes. Un monde libertaire et vivable peut être établi avec la lutte des femmes, en partenariat ; nous, en tant que femmes kurdes, tendons la main à toutes nos sœurs.
 
Vive la solidarité des femmes!
 
Jin Jîyan Azadî, La Femme, La Vie, La Liberté ! »

Pour plus d’info, écrire à demkurd.lausanne@gmail.com

Une délégation française en visite au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation française a rencontré des représentants de l’administration autonome. Lors de la réunion, les délégations ont abordé plusieurs questions, dont la crise syrienne, les familles et les enfants étrangers de DAECH / ISIS, la contribution de l’Administration autonome à la solution politique à la crise syrienne, la mise en œuvre de la résolution 2254 et les effets de la fermeture du poste frontière de Til Koçer.
 
La délégation française dirigée par Jérémie Chomette, Directeur général chez France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand, a rencontré le service des relations extérieures de l’administration autonome à Qamishlo.
 
La délégation a été accueillie par le coprésident du Département des relations extérieures Ebdulkerîm Ömer, les coprésidents Fener El Giêt et Ebir Ilya, Nafiya Mihemed du bureau de coprésidence et la coprésidente du Comité des gouvernements locaux et de l’environnement Berivan Ömer.
 
Les délégations ont également discuté de l’importance pour la communauté internationale d’assumer la responsabilité des familles des mercenaires de l’État islamique et en particulier des enfants qui doivent être retirés des camps du Rojava et renvoyés dans leur pays.
 
L’importance et le rôle de l’Administration autonome dans l’instauration de la paix et de la stabilité dans la région et la nécessité d’une coordination avec la communauté internationale ont également été abordés.
 

« La Turquie cherche à étendre la guerre dans toutes les régions du Kurdistan »

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Le président honoraire du Parti démocratique des peuples (HDP), Ertugrul Kurkçu, a déclaré qu’à travers ses attaques contre les bases du PKK dans la région autonome kurde d’Irak, l’État turc cherche à remporter une victoire supérieure à sa capacité, ajoutant que: « L’arène de la résistance se développe techniquement ou opérationnellement. »
 
L’État turc occupant poursuit ses attaques contre les bases de la guérilla kurde depuis le 23 avril, au milieu de la résistance héroïque des combattants des Forces de défense du peuple (HPG) et des Unités des femmes libres (YJA STAR), branches armées du PKK, tandis que l’armée d’occupation turque recourt à des technologies de pointe après avoir échoué à avancer sur terre.
 
Dans la deuxième partie de l’entretien que l’agence de presse ANHA a eu avec le président honoraire du Parti démocratique des peuples (HDP), Ertugrul Kurkçu a évoqué les attaques de l’occupation turque contre les zones de légitime défense, les déclarations du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK), en plus des opérations militaires menées par les combattants kurdes contre les attaques de l’armée d’occupation turque, et l’effet de ces attaques sur le Moyen-Orient.
 
Depuis le 23 avril, l’armée d’occupation turque lance des attaques continues contre les zones de légitime défense, en utilisant ses techniques les plus avancées. Que pensez-vous de cette attaque et de la résistance de la guérilla?
 
E. K. Au cours de la période récente, l’État turc a exercé une grande pression et une répression sur les masses, dans le but d’éliminer la lutte du peuple kurde à l’intérieur du territoire turc. Cependant, de nombreux facteurs et causes ont obligé la Turquie à abandonner ces méthodes, y compris la situation internationale en général, ainsi que les développements au Moyen-Orient, la situation générale en Syrie, le vide de pouvoir en Irak, ainsi que de nombreux autres développements, parmi lesquels celles liées aux capacités militaires et de combat de l’armée turque, mais en échange et pour trouver une solution à ce problème dans le nord du Kurdistan, elle a commencé à intervenir et à viser le reste du Kurdistan, et à œuvrer pour répandre la guerre dans toutes les régions du Kurdistan, considérant cette stratégie appropriée.
 
« L’Etat turc cherche à mettre fin à l’opération militaire le plus tôt possible »
 
E. K. De cette manière, l’État turc a confirmé les soupçons du peuple kurde. Le Kurdistan est divisé en quatre parties, mais son destin est commun, et dans le but de résoudre le problème du Kurdistan du Nord, une opération militaire a commencé dans le sud et au Rojava; ainsi, nous sommes confrontés à une nouvelle guerre visant tous les Kurdes, et d’autre part des situations militaires ambiguës et peu claires émergent, alors que d’autres forces participent à la guerre, en plus des forces armées turques.
 
La Turquie cherche à contrôler les endroits où elle n’a pas le droit de se trouver. Elle est en conflit avec tous les pays (voisins), elle cherche donc à mettre fin à l’opération militaire le plus tôt possible, mais en raison de l’escalade de la résistance, tous ses plans ont échoué.
 
« La Turquie cherche à se venger de la défaite de Gara »
 
E. K. L’État turc cherche à compenser la défaite qu’il a subie à Gara et à restaurer la confiance du peuple. Il a désespérément besoin de remporter quelques victoires, et la stratégie qu’elle a suivie depuis le début n’était ni légitime ni juste.
 
Ces attaques impliquent des cibles qui dépassent ses capacités et ses énergies, car les capacités techniques peuvent réaliser des gains immédiats, limités et temporaires, mais cela oblige la force attaquée à utiliser les mêmes technologies, et ici certaines pratiques de duplication ont commencé à attirer l’attention sur la Turquie.
 
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les dirigeants du Syndicat des communautés du Kurdistan ont décrit cette guerre «la dernière guerre», que signifie la dernière guerre?
 
E. K. En fait, certains d’entre nous ne sont pas en mesure de connaître cette position, comme le savent ceux qui mènent la guerre, mais ces déclarations indiquent l’importance des situations.
 
Mon examen de ces déclarations est le suivant: ils souhaitent dire: « Si vous voulez lancer une attaque suffisamment forte pour exterminer notre résistance, alors vous devez affronter la population civile. Nous mobiliserons tout le monde, nos capacités. » La raison est d’évaluer la nouvelle étape qui a émergé avec les opérations d’Amed, Şirnak; et Urfa, et je vois que les techniques choisies nous démontrent l’importance et la sensibilité de la situation.
 
Certaines voix déclarent que cette guerre ne vise pas seulement le peuple kurde, mais le reste du Moyen-Orient. La guerre entre l’État turc et le PKK s’étend sur des décennies. Quelle est l’importance de la lutte et de la résistance du PKK au Moyen-Orient? Qu’est-ce que l’État turc cherche à réaliser au Moyen-Orient?
 
E. K. Désormais, la Turquie aspire à réaliser des projets au-delà de ses capacités et cherche avant tout à piller les zones qu’elle occupe à la fois en Syrie et en Irak, au Rojava, au Kurdistan du Sud.
 
Puisque sa stratégie est basée sur l’occupation, il est illogique de dire qu’elle veut quitter les zones qu’elle occupe. Cette guerre ne vise pas uniquement les Kurdes; c’est une guerre contre les gouvernements de la région.
 
« La cible est l’entité kurde »
 
E. K. Quels que soient les moyens et les forces de résistance, le principal problème est l’entité kurde, alors les Kurdes finiront-ils par devenir un peuple libre? Sur le terrain, il y a un mouvement qui a su raviver les grands espoirs et rêves de sa société. Il est devenu une force tangible.
 
Les Kurdes agissent et se déplacent selon les demandes du public, et il ne fait aucun doute que cette question n’aurait pas été réalisée sans une avant-garde, et ce rôle a été atteint grâce à Ocalan et le PKK.
 
Ce mouvement atteindra de grands résultats à la fin, et la deuxième chose est que la lutte actuelle comprend des objectifs historiques, et ces objectifs ne sont pas seulement liés au peuple kurde, mais plutôt, à travers la réalisation de la démocratie dans la région en général, il créerait une nouvelle entité.
 
« Si la situation continue comme elle est, la guerre s’intensifiera »
 
Récemment, des opérations ont été menées contre les bases militaires d’Amed, Urfa et Şirnak, et malgré tout cela, le Gouvernement de la Justice et du Développement (AKP) agit comme si de rien n’était. Qu’est-ce qui attend la Turquie à l’avenir?
 
Les responsables d’État ont tenté, par la guerre psychologique, de dissimuler les opérations militaires à Amed, Urfa et Şirnak, et ont tenté de faire croire que ces opérations étaient menées avec des drones; cependant, la question est très grave, car dans notre situation actuelle, nous avons atteint un stade avancé sur le plan militaire.
 
Je suis triste que ce soit la cause d’une escalade de la guerre, car de grandes pertes humaines se produiront dans la région dans laquelle nous vivons si les politiciens ne transforment pas le cours de la politique des affrontements en négociations.
 
« L’État a poussé la guerre hors des frontières de la Turquie »
 
La Turquie souffre de nombreux conflits, y a-t-il donc une chance pour la paix?
 
E. K. Même si une telle opportunité n’existe pas actuellement, elle doit être trouvée. Qu’a fait le gouvernement? L’action du gouvernement de gérer et de diriger les affrontements à l’extérieur des frontières de la Turquie a ouvert la voie à des impacts négatifs directs sur la vie quotidienne des personnes vivant en Turquie. L’autre point est qu’autrefois il utilisait des soldats, mais maintenant il s’appuie davantage sur ses forces aériennes, ce qui a conduit à une diminution des pertes humaines.
 
Actuellement, des facteurs nouveaux et tangibles sont apparus qui nous poussent à parler de paix. Il y a des indications qu’après l’évolution de la guerre vers la guerre aérienne, nous entrons dans une nouvelle phase d’affrontements, et cette étape se poursuivra, et je pense que le gouvernement tentera dans un premier temps de répondre à cette question, et il s’efforcera de dégénérer cette étape. Sur cette question, il est urgent d’avancer vers la paix.
 

Mort d’un Kurde qui s’est immolé à Erbil pour protester contre ses conditions de vie

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KURDISTAN DU SUD – Behzad Mahmudi, un Kurde du Rojhilat, est mort après s’être immolé devant le bureau de l’ONU à Hewler pour protester contre les mauvaises conditions de vie des réfugiés du Rojhilat. Avant son acte désespéré, le jeune homme de 25 ans avait déclaré: « Dois-je vivre comme je vis à cause de mon activité politique? Est-ce cela la vie? Nous vivons comme des chiens errants depuis quatre ans. »
 
Mahmudi, un ancien combattant du Kurdistan de l’Est (Rojhilat), a dû se réfugier au Kurdistan du Sud (Bashur) car il avait été condamné à mort en Iran.
 
Mahmudi, 25 ans, s’est rendu au bureau de Hewlêr (Erbil) des Nations Unies (ONU) pour demander de l’aide le 18 mai.
 
Mahmudî, dont la demande est restée sans réponse, s’est immolé en versant du carburant sur son corps pour protester à la fois contre le gouvernement régional du Kurdistan et contre l’ONU devant les journalistes qui ont suivi son acte désespéré.
 
Brûlé très grièvement, Mahmudi est décédé le matin du 24 mai, après un traitement en soins intensifs pendant 6 jours.
 
Avant de mettre le feu à son corps, Mahmudi a déclaré: « Dois-je vivre comme je vis à cause de mon activité politique? Est-ce cela la vie? Nous vivons comme des chiens errants depuis quatre ans. »
 
«Si je retourne en Iran, je serai exécuté. Nous n’avons plus d’abris ici, sauf pour les parcs publics, les mosquées ou les constructions», s’est-il plaint.
 
Mahmudi, qui vient de la ville de Bokan, a demandé à l’ONU un statut politique en 2017. Mahmudi a déclaré que le PDK a soumis les réfugiés kurdes à la famine et que l’ONU n’a pas répondu à leurs demandes d’assistance.
 

L’État turc vacille sous les aveux d’un parrain de la mafia

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TURQUIE / BAKUR – Sedat Peker, figure de la mafia turque, fait sensation en Turquie depuis des semaines avec ses vidéos YouTube dans lesquelles il accuse également le ministre de l’Intérieur en place Süleyman Soylu de liens avec le crime organisé. Faisant référence à l’ancien ministre de l’Intérieur Mehmet Ağar, Peker a affirmé dans sa dernière vidéo qu’Agar avait également été impliqué dans les meurtres des journalistes Uğur Mumcu et Kutlu Adalı tués dans les années 1990. En outre, Ağar et un fils de l’ancien Premier ministre Binali Yıldırım avaient des liens avec le trafic international de drogue, a déclaré Peker. Il n’y a aucune preuve à l’appui des allégations. Le représentant turc de Reporters sans frontières, Erol Önderoğlu, demande une enquête concernant les accusations de Peker.
 
Jusqu’à présent, Sedat Peker s’en est pris – entre autre – à l’actuel ministre turc de l’intérieur Suleyman Soylu à travers une affaire de trafic de drogue entre la Colombie et la Turquie, à Berat Albayrak, le gendre du président Erdogan, qui fut ministre des finances de 2018 à 2020, mais aussi à Mehmet Agar, un ancien ministre turc de l’intérieur, accusé d’avoir été le chef de l’État profond et qu’il est impliqué dans le meurtre du journaliste Ugur Mumcu et des hommes d’affaire kurdes dans les années 1990.
 
« Savaş Buldan et ses amis ont été tués par ceux qui dirigeaient l’État »

Concernant l’enlèvement et meurtre des hommes d’affaire kurdes dans les années 1990, la politicienne kurde, Pervin Buldan, dont le mari Savaş Buldan fut kidnappé et tué en 1994 à Istanbul, a déclaré que « Savaş Buldan et ses amis ont été tués par ceux qui dirigeaient l’État. »
 

Dans une vidéo publiée aujourd’hui, le parrain de la mafia turque Sedat Peker a accusé l’ancien chef de la police et ministre de l’Intérieur Mehmet Ağar de meurtres non résolus d’hommes d’affaires kurdes dans les années 1990. Entre autres, Peker a nommé Behçet Cantürk et Savaş Buldan. Ce dernier était le mari de la coprésidente du HDP Pervin Buldan et a été enlevé par des personnes en uniforme de la police le 3 juin 1994, avec ses amis Adnan Yıldırım et Hacı Karay alors qu’ils quittaient un hôtel à Istanbul. Un jour plus tard, les corps des trois hommes ont été retrouvés dans la ville de Bolu, à 270 kilomètres de là. Buldan et ses amis avaient été torturés et abattus par balles. De nombreuses brûlures couvraient leur corps et, à certains endroits, la peau s’était décollée.

Quelques heures seulement après la sortie de la nouvelle vidéo de Peker, il a été annoncé dimanche que le « procès JITEM d’Ankara » serait rouvert. Une cour d’appel d’Ankara a annulé les acquittements de dix-neuf accusés dans le procès pour les « disparitions » de 19 politiciens, avocats, hommes d’affaires et fonctionnaires kurdes entre 1993 et ​​1996, dont Savaş Buldan, et ordonné un nouveau procès. Parmi les accusés se trouve Mehmet Ağar, qui avait démissionné de son poste de ministre de l’Intérieur en 1996 à la suite du scandale de Susurluk. À cette époque, un accident de la circulation près de Susurluk avait révélé une coopération entre l’État turc et le crime organisé.

« Nous le disons depuis des années et maintenant encore: Savaş Buldan et ses amis ont été tués par ceux qui dirigeaient l’Etat », a déclaré Pervin Buldan, annonçant une action en justice pour voir les assassins de son mari traduits en justice. Ceux-ci avaient été acquittés lors d’un «procès-spectacle», a-t-elle déclaré, «maintenant nous revenons au début». Buldan avait donné naissance à une fille le jour où son mari avait été assassiné. Zelal Buldan n’a jamais connu son père. Pour marquer l’anniversaire de sa mort, elle a sorti son documentaire «À propos de mon père: la catharsis» en 2020. (ANF)

* Qu’est-ce que le JITEM?

JITEM (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie) a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JITEM.
Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JITEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JITEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)