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L’Université de Kobanê accueille le sociologue Eric Fassin

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VISIOCONFERENCE – L’Université kurde de Kobani accueille le sociologue Éric Fassin pour une conférence en ligne dans le cadre d’une série de conférences universitaires organisées en 2021.
 
Le sociologue et universitaire français, Éric Fassin s’exprimera sur les sujets réunis sous le titre « Démocratie et politique des minorités. Genre, race et intersectionnalité »

Cet événement en anglais, qui sera modéré par l’universitaire Nazan Bedirhanoglu, aura lieu le 28 mai prochain à 19 heures (pour l’Europe centrale). Le sociologue kurde, Engin Sustam présentera son collègue et ami Éric Fassin.
Nazan Bedirhanoglu
 
Engin Sustam

La visioconférence sera diffusée en direct sur la page Facebook de l’Université de Kobanê

Des soldats turcs blessent un autre berger kurde dans la campagne d’Hakkari

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TURQUIE / BAKUR – En Turquie, les Kurdes sont considérés comme des suspects potentiels. Ils deviennent des cibles faciles des forces armées turques quand ils se trouvent dans les régions frontalières avec les autres parties du Kurdistan. À Derecik, à la frontière d’Irak, un autre berger kurde a été grièvement blessé par balle. Il y a 5 jours, les soldats turcs ont blessé un autre berger et un kolbar dans la même région.
 
Dans la campagne d’Hakkari / Derecik, des soldats turc ont blessé à la jambe Mehmet Dinç, 18 ans, qui faisait paître son troupeau de moutons. Il a été hospitalisé.
 
Dans la même zone, Şahap Şendol (23 ans) et Celil Ekinci (17 ans) ont été grièvement blessés par des coups de feu tirés par des soldats turcs le 18 mai. Şendol a dû se faire amputer deux doigts et Celil Ekinci, 17 ans, a reçu une balle dans le dos et a subi jusqu’à présent trois opérations.
 
Derecik est une zone largement militarisée. Une garnison militaire dans le district à la frontière avec l’Irak sert également de base aux mercenaires syriens soutenus par la Turquie, qui sont déployés dans le cadre de l’invasion actuelle du sud du Kurdistan. Les mercenaires de l’Armée nationale syrienne (ASN / SNA) sont partiellement retirés de Libye à cet effet.
 
La sphère d’influence de l’armée turque s’étend bien au-delà du territoire national de la Turquie. En juin 2019, le PDK du Kurdistan du Sud avait remis la région le long de la frontière près de Şemdinli et Derecik à l’État turc. La zone s’étend à Mergesor, Soran et Choman. En particulier, les collines à partir desquelles la région peut être surveillée ont été remises à l’armée turque par les peshmergas du PDK. Ce transfert a ouvert la voie à la Turquie pour envahir la zone du PKK à Xinere.
 

ROJAVA. 4 hauts commandants de l’Etat islamique sont à Serê Kaniyê

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SYRIE / ROJAVA – L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que 4 commandants de l’Etat islamique font partie des mercenaires installés par la Turquie dans la ville kurde de Serê Kaniyê.
 
Des sources de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) dans les zones du «Printemps de la paix» ont révélé l’identité des membres de l’Etat islamique, dont 4 «émirs» (hauts commandants) travaillant pour les factions de l’ «armée nationale» soutenue par la Turquie dans la ville de Ras al-Ain (Sere Kaniye) dans la campagne d’al-Hasakah. Les militants de l’OSDH ont documenté les noms de quatre émirs syriens de l’Etat islamique des provinces d’Alep et de Deir Ezzor dans les rangs de l’ «armée nationale».
 
Cette information confirme des rapports antérieurs de l’OSDH sur la présence de membres et de commandants de l’Etat islamique dans les rangs des factions soutenues par la Turquie.
 
Le 29 avril, des sources de l’OSDH ont rapporté que des miliciens soutenus par la Turquie avaient battu un employé du département de l’électricité du «Conseil civil» de la ville de Ras al-Ain (Sere Kaniye) dans la campagne d’Al-Hasakah, car il refusait de suivre des miliciens et réparer un groupe électrogène leur appartenant.
 
Le 14 avril, des sources de l’OSDH ont rapporté que trois civils avaient été blessés ce soir en raison d’affrontements avec des membres de la division Al-Hamza soutenue par la Turquie dans la ville de Ras Al-Ain.
 
Selon des sources de l’OSDH, les affrontements ont éclaté à la suite d’un désaccord entre des membres de la division Al-Hamza et des serveurs dans un service de restauration pendant le Ramadan, au cours duquel les gangs soutenus par la Turquie ont lancé une grenade et tiré un obus qui a blessé trois civils et causé des dégâts matériels.
 

Commentaire anti-kurde de Monsieur Krikor Amirzayan

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Dans un article daté de ce 23 mai, le journaliste franco-arménien, Krikor Amirzayan se permet un commentaire raciste visant la communauté kurde (et azérie) de Géorgie alors qu’il relate des heurts violents récents opposant ces deux communautés dans les villes de Dmanis et de Tbilissi.
 
Krikor Amirzayan conclue son article (publié sur le site Armenews) par cette phrase « Encore une affaire qui témoigne de cette Géorgie gangrénée par les violences et incivilités de ses minorités nationales. »
 
On doute que Krikor Amirzayan ait des connaissances réelles sur la situation des Kurdes, de confession yézidies, qui vivent en Géorgie où ils sont discriminés dans tous les domaines de la vie. Plutôt que de nous dire l’origine des heurts entre ces deux communautés en question, monsieur Amirzayan prétend qu’il s’agit de « violences et incivilités » venant des Kurdes et d’Azéris de Géorgie. Un discours qui nous rappelle celui de la Turquie selon lequel, les Kurdes sont des sauvages des cavernes que l’État turc a tenté de civiliser à coups de massacres, génocides, déportation et d’assimilation forcée…
 

TURQUIE. Nouvel espoir pour les familles des victimes du JITEM

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TURQUIE / BAKUR – La cour d’appel turque a annulé la décision d’acquittement de 19 personnes qui étaient poursuivies pour la disparition forcée et l’exécution arbitraire de 19 civils kurdes dans les années 1990. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Mehmet Ağar et ses co-accusés seront jugés de nouveau.

Mehmet Ağar

Namik Erdoğan, l’une des 19 personnes disparues de force et exécutées à Ankara dans les années 90, et Savaş Buldan, homme d’affaire kurde et époux de la politicienne Pervin Buldan, retrouvé mort le 4 juin 1994, après son enlèvement la veille à Istanbul sont parmi les victimes pour lesquelles Agar et ces 18 co-accusés doivent être jugés.

 
Le procureur turc avait exigé en décembre 2019 l’acquittement des accusés dans l’affaire de « JITEM – Ankara » ou « JITEM – Susurluk ». (Le JITEM* est accusé de la disparition forcée de nombreux Kurdes dans les années 1990.)
L’accusation a soutenu qu’Ayhan Çarkın (ancien membre de l’équipe spéciale de JITEM qui a décidé de faire des aveux) n’avait présenté aucun élément de preuve à l’appui de l’accusation et des déclarations qu’il a faites.
Le dossier du tueur à gage Mahmut Yıldırım (Yeşil) a été séparé tandis que les autres accusés avaient été acquittés pour « manque » de preuves.
* Qu’est-ce que le JİTEM ?
 
JİTEM est le nom du service de renseignements de la gendarmerie turque. JİTEM est l’abréviation de Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie).
 
Le JİTEM a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JİTEM.
 
Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JİTEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JİTEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)

Visioconférence: Pourquoi faut-il lever le secret défense dans l’enquête sur l’assassinat des militantes kurdes tuées à Paris?

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PARIS – Plus de huit ans se sont écoulés depuis l’assassinat de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête judiciaire.
 
Grâce à la persévérance des familles des trois victimes, le dossier du triple meurtre a été réouvert le 14 mai 2019 pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Plus d’un an après la relance de l’affaire, les familles des victimes et la communauté kurde demandent la levée du secret défense dans l’enquête de ces assassinats politiques.
 

 

Le jeudi 27 mai, les associations France-Kurdistan, Amitiés Kurdes de Bretagne et le Conseil démocratique kurde en France organisent une visioconférence concernant l’enquête sur ce triple assassinat en répondant aux questions suivantes:

Pourquoi faut-il lever le secret défense dans l’enquête sur le triple assassinat des trois militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 ? 8 ans plus tard, où en sommes nous de l’enquête et des espoirs de vérité et justice.
 
Quels sont les éléments nouveaux qui accréditent la responsabilité des services secrets turcs (MIT) dans cet attentat terroriste ? Où en sont les réponses des ministères de la défense et de l’intérieur à la demande de la levée du secret défense ?
 
Avec la participation de l’un des avocats de l’affaire, Jean-Louis Malterre, la présidente de l’association France-Kurdistan Sylvie Jan, présidente de l’association Amitiés Kurdes de Bretagne André Métayer, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France Agit Polat et l’ancien maire du 10ᵉ arrondissement de Paris, le sénateur PS Rémi Féraud. 
RDV le 27 mai, à 18h30
 
Pour participer à la réunion Zoom:
 
https://zoom.us/j/98279374046?pwd=Y2MyODFEZmU3aGxLemlOSTRLcjFhQT09

TURQUIE. Négligée et pillée, une église arménienne de 500 ans est sur le point de s’écrouler

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TURQUIE / BAKUR – L’église arménienne de 500 ans, Surp Sarkis, vit ses derniers jours. Les pierres de basalte de l’église qui est sur le point de s’écrouler et se trouvant dans la ville kurde d’Amed, ont été pillées.
 
Les lieux historiques du Kurdistan du Nord sont pillés par l’État turc et menacés de destruction. L’église Surp Sarkis, qui a été construite au 16ème siècle et est connue sous le nom d’église Çeltik (Hızır İlyas), a été utilisée comme grenier par les seigneurs locaux pendant le génocide arménien. En raison de la négligence, elle est maintenant devenu une ruine fréquentée par des toxicomanes et des chasseurs de trésors. 
 
La croyance dominante en Turquie étant l’islam, les lieux de culte de croyances différentes sont soit utilisés à d’autres fins, soit menacés de disparition en raison de la négligence. L’un de ces endroits est l’église Surp Sarkis, située dans le quartier Alipaşa d’Amed / Diyarbakir, avec une histoire de 500 ans.
 
Un lieux fréquenté par des toxicomanes
 
Après le génocide arménien de 1915, cette église historique a été utilisée comme grenier par les seigneurs de cette période. L’église, également connue sous le nom d’église de Çeltik parmi la population locale, a été laissée sans surveillance et négligée pendant environ 20 ans. Beaucoup de ses pierres ont été volées et pillées par les chasseurs de trésors.
 
Seules les colonnes du bâtiment historique sont intactes. L’église historique, détruite à 70%, est ainsi devenue un lieu fréquenté par les toxicomanes. Plusieurs réunions ont eu lieu avec la Fondation arménienne et la Chambre des architectes et ingénieurs pour la reconstruction et la restauration du bâtiment.
 
Des pierres taillées dans le basalte noir
 
Étant donné que l’église historique a été négligée, de nombreuses parties de celle-ci ont été démolies et d’énormes trous ont été percés dans les murs restants. Toutes les pierres inscrites à l’intérieur des murs de l’église ont été enlevées et volées.
 

A cause d’une telle destruction et négligence, il n’est également possible de voir la magnificence de l’église uniquement sur les photographies. L’église historique a été construite avec des pierres de basalte noir se trouvant uniquement dans la région d’Amed. Des pierres de basalte, parfaitement taillées, ont été utilisées dans les arcs, portes, contreforts et fenêtres du bâtiment historique. A l’entrée de l’église, il y a la section rituelle, la salle de baptême et la cour ont été détruite.

 

La Communauté Internationale doit assumer ses responsabilités vis-à-vis de la résistance kurde

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PARIS – Alors que la Turquie a intensifié ses attaques militaires contre le PKK dans la région autonome kurde d’Irak, le Collectif Solidarité Kurdistan 13 appelle la communauté Internationale à assumer ses responsabilités face à l’agression coloniale turque visant le peuple kurde et à retirer le PKK de la liste des organisations terroristes.

Voici le communiqué du Collectif Solidarité Kurdistan 13:

Appel à la Communauté Internationale à assumer ses responsabilités :

La résistance du peuple kurde, nous concerne toutes et tous 

La légalisation du PKK, nous la lui devons

En mai 2002, l’Union Européenne inscrivait le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) sur la liste des organisations terroristes sous l’injonction des États-Unis, sans aucune preuve d’actes ciblés contre les intérêts de l’Europe ou quelconque autre pays. 

Le PKK est né pour résister à la férocité de l’État turc qui a toujours visé une seule intention : le déni du peuple kurde à l’autodétermination telle que définie dans le droit international. 

Ficher le PKK comme un mouvement terroriste, consiste à exclure une réalité historique, humaine et géopolitique mais aussi à nier le combat de libération de millions de personnes victimes du terrorisme d’État. Le parti des travailleurs du Kurdistan traverse toutes les strates de la société kurde et porte un projet politique fondé sur les valeurs humanistes qui sont les nôtres.

Depuis les années 80, sous le fallacieux argument de la « lutte contre le terrorisme », la Turquie, membre du Conseil de l’Europe et de l’OTAN, viole les Conventions de Genève.

  • Le PKK sur la liste des organisations terroristes, ce sont ces milliers de prisonniers politiques, tortures, procès iniques, villes martyres, viols, massacres maquillés, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, patrimoines ravagés, spoliations de biens, guerres infondées, bombardements, invasions, barbaries djihadistes et déplacements permanents de populations dans les régions du Kurdistan.

 

  • Le PKK sur la liste des organisations terroristes, c’est l’incarcération du leader Abdullah Öcalan, depuis 22 ans en isolement sur l’île d’Imrali. 

 

  • Le PKK sur la liste des organisations terroristes, ce sont ces politiques de criminalisation et de répression qui trouvent leur prolongement en France et en Europe contre les réfugiés et les associations kurdes.

 

  • Le PKK sur la liste des organisations terroristes, c’est l’exécution de trois militantes kurdes de la paix, Sakîne Cansiz, Fidan Doğan (Rojbîn) et Leyla Söylemez en plein cœur de Paris le 9 janvier 2013.

 

  • Le PKK sur la liste des organisations terroristes, c’est l’octroi d’un arsenal d’armes immatérielles d’épuration massive contre un peuple millénaire en concédant à l’État turc et ses dirigeants l’impunité absolue.

Depuis 2014, le régime Erdoğan ne cesse de signifier à l’Europe et au reste du monde que la Turquie se situe au-dessus des lois et des accords internationaux. Pour justifier ses politiques génocidaire et expansionniste, il utilise la guerre contre le PKK en exploitant, recyclant, exportant les mercenaires djihadistes. 

Hier, la communauté internationale, dont la France, s’appuyait sur les forces kurdes dans leur combat sans concession contre l’État Islamique. Au prix d’immenses sacrifices, les combattantes et les combattants du PYD (Parti de l’Union Démocratique) et du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), ont servi de remparts humains pour sauver le monde des hordes de Daesh. 

De tradition, la Turquie a toujours considéré comme « terroriste » tout individu ou structure qui remet en question tant « l’autorité » que « l’unité » de l’État, un moyen imparable de légitimer les violations de tous les droits fondamentaux. Cette culture politique ancrée dans l’autoritarisme constitue une opposition au dialogue, une interdiction au pluralisme, un refus à la paix et une concession à la guerre. Signataire de la Convention de Genève, le PKK n’a jamais reculé devant une table des négociations dans le cadre d’une résolution pacifique et politique du conflit. 

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) sanctionne régulièrement la Turquie. Mais à chacune de ses condamnations, le gouvernement d’Ankara s’applique à rappeler que l’élu, le syndicaliste, le journaliste, l’avocat, le militant des droits humains… est condamné en raison « d’appartenance à une organisation terroriste » : le PKK, inscrite sur la liste des organisations terroristes par l’Union Européenne. Des milliers de victimes sont ainsi prises en otage par le cynisme et l’hypocrisie du système. Le même mécanisme qui permet de persécuter la communauté kurde vivant en Europe et notamment sur le territoire français.

Dans ce double jeu de la Communauté Internationale, le peuple kurde est l’allié que l’on sacrifie à souhait sur l’autel de la diplomatie turque, au gré des ententes politiques, des enjeux économiques et géostratégiques.

Aujourd’hui les pays membres de l’Europe, dont la France, se positionnent hors la loi sur le plan de la Justice Européenne : l’inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes est illégale comme l’affirme l’Arrêt T-316/14 du 15 novembre 2018 de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE).

Dans leur obstination à ne pas légaliser le PKK, à ne pas sanctionner la Turquie, les puissances occidentales portent une lourde responsabilité à couvrir d’épouvantables atrocités. En filigrane, ce maintien du PKK sur la liste des organisations terroristes confine à une implicite complicité, de ce qu’on doit appeler sans détournement : une épuration ethnique. 

En témoigne le verdict du Tribunal Permanent des Peuples sur la Turquie et les Kurdes de mai 2018 au Parlement Européen : « Le Président de l’État turc, Recep Tayyip Erdoğan, est directement responsable pour les crimes de guerre et les crimes d’État commis en particulier dans le sud-est de l’Anatolie »

Compte-tenu de l’obligation qu’a tout État de respecter et de faire respecter les Conventions de Genève, tout État a le devoir de contraindre la Turquie à respecter le droit international. 

Mesdames et Messieurs les dirigeantes et dirigeants de la France et de l’Europe, nous vous posons les questions suivantes :

  • Si le PKK est une organisation terroriste, comment expliquer que la coalition internationale, dont la France, se soit battue aux côtés des forces kurdes du PYD et du PKK dans la guerre contre Daesh ?


  • Sur quelle définition se base l’Union Européenne pour classifier le PKK d’organisation terroriste ? Alors qu’il n’existe aucune définition qui soit reconnue et admise du terme « terrorisme » sur la scène internationale. Même l’ONU coince sur cette question.


  • Comment justifiez-vous l’absence de reconnaissance de l’auto-défense et qu’aucune distinction n’est faite entre actes de terrorisme et luttes légitimes d’un mouvement de libération de plus 30 millions d’individus ? Dans ce cas de figure doit-on entrevoir une dérive judiciaire ? 


  • Pour quelles raisons ne respectez-vous pas le verdict de la CJUE ? Les arguments avancés pour maintenir le PKK sur la liste des organisations terroristes sont non justifiés.

Mesdames et Messieurs les dirigeantes et dirigeants de la France et de l’Europe, nous vous demandons expressément d’arrêter vos politiques de complaisance, de mettre fin à des décennies d’injustice et de souffrance et de prendre en considération toute l’importance de la dynamique kurde. La question du PKK traverse la Syrie, la Turquie, l’Irak et l’Iran; face à l’obscurantisme et au despotisme, il est l’interlocuteur incontournable pour un retour à la paix et à la stabilité au Proche et Moyen-Orient.

Mesdames et Messieurs les dirigeantes et dirigeants de la Communauté Internationale, nous vous demandons, sans plus attendre, d’assumer vos responsabilités, de sanctionner fermement le régime autoritaire turc et de retirer le PKK de la liste des organisations terroristes.

Voilà 19 ans que le mouvement du PKK est sur cette liste noire. 

L’étiquette « PKK – Terroriste » est un crachat à la figure du peuple kurde. 

La légalisation du PKK nous la lui devons, tout comme le droit de vivre en paix !

 

Signé par :

Centre Démocratique Kurde Marseille (CDKM) – Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Marseille – Marche Mondiale des Femmes (MMF) 13 Paca – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) 13 – Mouvement de la Paix 13 – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) 13 – Parti Communiste Français (PCF) 13 – Parti de Gauche 13 – Solidarité & Liberté Provence – Union Départementale CGT.

PARIS. Exposition: « Ici le déluge »

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PARIS – Une exposition photo relatant l’engloutissement de la ville kurde d’Hasankeyf sous les eaux du barrage Ilisu construit par la Turquie sur les rives du fleuve Tigre est accueillie par la Médiathèque Françoise Sagan, à Paris, du 3 juin au 3 juillet 2021.
 
Les architectes Lou-poko Savadogo et Anna Ellermets se sont rendues dans le Kurdistan du Nord observer les 22 barrages principaux construits sur les rives des fleuves du Tigre et de l’Euphrate dans le cadre du projet d’Anatolie du Sud-Est (Güneydoğu Anadolu Projesi ou GAP).
 
A travers les photos qu’elles ont prises, Savadogo et Ellermets essayent de sensibiliser l’opinion publique aux conséquences dramatiques, tant au niveau politique, sociale, écologique et culturel, de ces barrages pour les Kurdes de Turquie mais aussi pour les Irakiens et les Syriens plus en aval:
 
« Nous avons vu l’eau monter.
Nous l’avons observée au cœur du Moyen Orient. Sous ce territoire actuellement morcelé sommeille l’antique Mésopotamie, du grec meso « entre » et potamós « fleuves », littéralement le pays « entre les fleuves ».

La Mésopotamie berce nos rêves et nos songes. Ces fleuves nourriciers imprègnent les récits mythiques, lesquels content autant la fertilité des terres qu’ils traversent que la menace que représente la fluctuation de leur débit.

Ce que nous avons observé dans le Sud Est de la Turquie, ce sont des rivières sous contrôle. L’accumulation des contraintes sur le Tigre et l’Euphrate suite à la mise en œuvre par le gouvernement du projet G.A.P. (Great Anatolian Project) et ses 22 barrages fait planer la menace d’un déferlement d’eau. À chaque mise en eau, des centaines de villages sont submergés et avec eux les vestiges de civilisations kurde, arménienne, chaldéenne, grecque et assyrienne.

On rapproche cette submersion avec celle contée dans les plus vieux récits de l’humanité, tel le Déluge.

L’étude de ce projet d’aménagement témoigne des mécanismes de l’état-Nation turc. Face à un grand récit national qui engloutit, niant les lieux emblématiques des cultures minoritaires, faisons émerger les récits symboliques, servons nous-en comme refuge d’une mémoire culturelle en danger.

Seul le temps mythique est celui du devenir. Nous ressentons le besoin d’ouvrir un espace de transmission. »

Anna Ellermets et Lou-Poko Savadogo vivent et travaillent à Paris. Diplômées d’école d’architecture, elles questionnent, à travers leur travail, les relations entre mémoire et transmission et architecture.

Exposition organisée par l’association Acort Culture
Vernissage le 3 juin, à 18 heures
A la Médiathèque Françoise Sagan
Au 8 rue Léon Schwartzenberg
75010 Paris

Turquie, un État mafieux

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Depuis début mai, Sedat Peker, un des parrains de la mafia turque, actuellement en fuite à l’étranger, publie via Youtube des informations compromettantes pour le gouvernement du Président Erdogan mais également pour des anciens responsables du pays. Le politicien kurde, Fayik Yağızay déclare que ce que Peker raconte n’est que la partie visible de l’iceberg des relations entre la mafia et le gouvernement turc depuis des décennies. 
 
Voici l’article de Fayik Yağızay sur l’État mafieux turc:
 
Tout le monde en Turquie a parlé des vidéos de Sedat Peker, l’un des chefs de la mafia turque. Il a posté six vidéos depuis le 2 mai et chacune a été regardée par 4 à 5 millions de personnes. Pour nous, Kurdes, ces vidéos sont considérées comme ne révélant que la partie visible de l’iceberg des relations entre la mafia et le gouvernement.
 
Pour ceux qui ne connaissaient pas la situation, ou qui ont fait semblant de ne pas savoir, elles ont été un choc. Ceux qui ne savaient pas sont choqués de voir que l’État est si pollué et qu’il s’est transformé en État bandit. Ceux qui savaient mais faisaient semblant de ne pas savoir sont choqués par la facilité avec laquelle cette saleté se répand. Ceux qui ont été mentionnés dans les vidéos qui ont été publiées jusqu’à présent ont été poussés par la peur à faire des déclarations très malveillantes, et se sont enfoncés plus profondément en parlant. Ceux qui s’attendent à ce que leurs noms soient annoncés ensuite, cherchent craintivement des moyens d’empêcher cela.
 
Nous savons que tout ce que Sedat Peker a dit sur les relations de l’État avec la mafia est vrai. Nous savons également qu’ils entretiennent une relation sale, bien plus étroite que ce qui a été révélé. Toutefois, même si une partie seulement de ce que dit Peker est vraie, dans un État de droit qui fonctionne, le gouvernement et le président démissionneraient, les procureurs ouvriraient une enquête approfondie, et ceux qui ont commis des crimes seraient poursuivis et recevraient la punition qu’ils méritent. Cependant, la justice turque, qui a récemment envoyé un député parlementaire en prison à cause d’un tweet, n’a rien fait. Pas un seul procureur n’a élevé la voix. Le nom d’Erdogan n’a pas été mentionné dans les vidéos qui ont été publiées jusqu’à présent, et il est resté silencieux. Il est fort probable qu’il accepte cette affaire comme un « don de Dieu » et qu’il s’en serve pour se débarrasser du ministre de l’intérieur problématique, Süleyman Soylu, et de ses proches.
 
Voici quelques exemples de ce que Sedat Peker a dit sur les relations entre l’État et la mafia. Concernant le lien entre lui-même et le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu, il nous dit : « Süleyman Soylu m’a envoyé un message disant qu’un dossier avait été préparé à mon sujet, et que si j’étais en danger, il me le ferait savoir à l’avance. En outre, il m’a dit qu’il était la garantie que je serais acquitté et que je pourrais rentrer en Turquie ».
 
Il y avait un risque et Soylu avait été prévenu que Sedat Peker était à l’étranger depuis un an et demi et que les tribunaux avaient émis un mandat d’arrêt à son encontre. En d’autres termes, un ministre de l’intérieur contacte un chef de la mafia pour lui permettre d’éviter une arrestation et de s’enfuir à l’étranger ! Il garantit ensuite que son ami mafieux pourra revenir en Turquie sans problème. Même si Sedat Peker était universellement reconnu comme un chef de la mafia, le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu, lui a attribué une protection policière. Cette protection d’État l’a accompagné dans ses voyages à l’étranger, et il a même reçu un brouilleur de signaux afin que ses téléphones ne puissent pas être mis sur écoute.
 
Peker nous apprend également qu’un membre du parlement a été battu par ses hommes de la mafia au centre de détention de la police jusqu’à ce qu’il doive être hospitalisé afin de le punir pour avoir insulté la femme d’Erdogan.
 
Les allégations de Peker concernant l’ancien ministre de l’intérieur et chef de l’État profond, Mehmet Ağar, sont encore plus dévastatrices. Il affirme que le fils de l’ancien ministre, Tolga Ağar, qui est actuellement député AKP, a violé Yeldana Kahraman, qui était étudiante à Elazig et également journaliste, et que lorsque Kahraman a déposé une plainte pénale, elle a été retrouvée morte le jour suivant ! Selon Peker, Mehmet Ağar a fait enlever son fils par hélicoptère, la plainte de Kahraman a été détruite et l’incident a été maquillé en suicide.
 
En juin dernier, le ministre colombien de la défense a annoncé que 4 tonnes 900 kilos de cocaïne confisqués en Colombie étaient destinés à la Turquie. Sedat Peker affirme que cette cocaïne était en route pour le port d’Izmir, qui est sous le contrôle de Mehmet Ağar. Il affirme également que le port de Marina Yacht, appartenant à un homme d’affaires azéri à Bodrum, a été saisi par Mehmet Ağar. Tout en répondant à ces affirmations, Mehmet Ağar a tenté de se défendre en arguant que sans eux, la mafia mettrait la main sur Marina. Peker continue ses revendications, qui sont autant de gros scandales.
 
Sedat Peker a été libéré de prison en 2015, depuis lors, il est traité comme un homme d’affaires « respectable », entretenant des relations très étroites avec de nombreux hommes politiques, dont Erdogan. Il a organisé des rassemblements électoraux pour Erdogan auxquels ont participé des dizaines de milliers de personnes ; et il a menacé publiquement de mort les universitaires qui ont publié une déclaration de paix. En novembre 2015, le ministère de la Culture lui a décerné le titre de « Grand Hakan de la turcité » et, en mai 2017, Milliyet, l’un des plus anciens journaux de Turquie, l’a déclaré l’homme d’affaires le plus bienveillant de l’année.
 
Dans l’une des vidéos, on voit l’image d’une note sur laquelle on peut lire « Des armes pour la Syrie ». Jusqu’à présent, Peker n’a rien dit à ce sujet. La spéculation veut qu’il s’agisse d’un message à Erdoğan. On a compris qu’il s’agissait de dire : « Si tu ne t’occupes pas de moi, je ferai du mal à toi aussi ».
 
Nous savons que, depuis sa création, la République de Turquie a eu recours à des méthodes illégales, notamment à l’égard des Kurdes. Parfois, ces méthodes ont été mises en œuvre par des personnes ou des groupes qui seraient généralement reconnus comme étant liés au crime organisé. À d’autres moments, les auteurs de ces actes faisaient officiellement partie de l’État. Les exemples sont innombrables, mais examinons certains crimes parrainés par le gouvernement dans un passé récent. Dans les années 1990, environ 17 000 exécutions extrajudiciaires ont eu lieu en Turquie. Les victimes étaient principalement des Kurdes – hommes politiques, journalistes, hommes d’affaires et bien d’autres. La plupart de ces meurtres ont été perpétrés par des organisations paramilitaires fondées et dirigées par Mehmet Ağar, qui était ministre de l’Intérieur à l’époque. Au Kurdistan du Nord (sud-est de la Turquie), le gouvernement a parfois fait appel à une organisation qu’il avait lui-même créée sous le nom de Hezbollah. Parfois, il a utilisé une organisation appelée JITEM, qu’il a créée sous le commandement de la gendarmerie. Et parfois, ils ont fait appel à leurs relations dans le monde de la pègre.
 
Ces liens ont été révélés par un accident de voiture mortel survenu à Susurluk, en 1996. Sur le siège du conducteur se trouvait un directeur de la police. Il était accompagné d’un député du parti au pouvoir, le DYP, et d’Abdullah Çatlı, un chef criminel qui était officiellement recherché en vertu d’un mandat d’arrêt. La licence pour la fausse carte d’identité et l’arme trouvée sur Çatlı avait été délivrée par Mehmet Ağar, alors ministre de l’Intérieur. Ağar a démissionné de son poste en réponse à la pression de l’opposition et de la société en général, mais il a échappé à un examen plus approfondi, arguant : « Nous avons mené un millier d’opérations et avons ainsi réussi à maîtriser le terrorisme. Si vous retirez une brique, le mur s’effondre ».
 
Mme Tansu Çiler, qui était Premier ministre à l’époque, a annoncé : « J’ai une liste d’hommes d’affaires qui soutiennent le terrorisme ». C’est sous ce prétexte qu’elle a justifié l’enlèvement puis le meurtre de nombreux hommes d’affaires kurdes.
 
Toujours au nom de la « lutte contre le terrorisme », environ 5 000 villages kurdes ont été évacués. La plupart d’entre eux ont été incendiés sans aucune procédure légale et sans aucune compensation. De cette façon, environ 4 millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer pour lutter pour leur survie dans les zones métropolitaines de l’ouest de la Turquie.
 
Nous pouvons également nous pencher sur les actions du gouvernement AKP d’Erdoğan dans la période récente – et surtout après l’intervention de l’État turc dans la guerre syrienne et la fin des négociations de paix de deux ans avec le mouvement kurde. Erdoğan a commis de nombreuses actions qui peuvent être considérées comme des crimes contre l’humanité. Il a soutenu de nombreuses organisations terroristes – notamment Al-Nosra et Daech – afin de contrer la lutte des Kurdes en Syrie et de les empêcher d’acquérir un quelconque statut.
 
La quasi-totalité des djihadistes qui se sont rendus en Syrie depuis l’étranger sont passés par la Turquie. Lorsque, malgré les actions de la Turquie, les Kurdes ont vaincu Daesh, Erdogan a obtenu le feu vert de la Russie pour envahir Afrîn, et des États-Unis pour envahir Ras al Ayn et Til Abyad ; et partout où ils ont pris pied, ils ont mis en œuvre des politiques de nettoyage ethnique. Dans ces régions, les maisons des Kurdes et des autres minorités ont été saisies par les djihadistes avec le soutien de l’État turc. Leurs champs ont été confisqués et toutes leurs richesses ont été pillées. Dans ces terres occupées, qui se trouvent légalement à l’intérieur des frontières de la Syrie, la lire turque est utilisée en violation du droit international, les noms de lieux ont été convertis en turcs et un enseignement turc est dispensé dans les écoles.
 
Des expéditions illégales d’armes ont régulièrement été effectuées de la Turquie vers ces régions. Lorsque le journaliste Can Dündar a dénoncé ces faits, il a été poursuivi et jugé, et a fait l’objet d’une tentative d’assassinat devant le palais de justice. Il est maintenant en exil en Allemagne. (Rappelez-vous la remarque sur les armes qui partent en Syrie dans l’une des vidéos de Sedat Peker).
 
Erdogan a envoyé des milliers de mercenaires djihadistes d’Idlib, Afrîn, Ras ul Ain et Tıl Abiyad – tous actuellement sous le contrôle de la Turquie – en Libye et au Nagorno Karabakh. Certains de ces combattants djihadistes ont partagé des vidéos des abus qu’ils ont commis. Nous entendons maintenant dire que des centaines de djihadistes ont été amenés de Syrie pour combattre dans l’invasion et l’occupation en cours par la Turquie du sud du Kurdistan (irakien).
 
Pendant les campagnes électorales de 2015, Daesh a mené des attentats à la bombe contre des rassemblements du Parti démocratique des peuples (HDP). Beaucoup pensent que ceux-ci n’auraient pas pu se produire sans que les services de renseignement de l’État en soient informés. Après les élections de juin, lorsque le HDP a dépassé le seuil électoral pour obtenir quatre-vingts députés et priver le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan de sa majorité, ce dernier a intensifié sa guerre contre le parti et ses partisans. Les bombes de Daesh ont tué 33 jeunes gens à Suruç alors qu’ils se rendaient à Kobanê pour y apporter de l’aide ; et deux bombes lors d’un rassemblement pour la paix à Ankara ont tué 103 personnes et en ont blessé environ 500 autres. Lors du nouveau scrutin de novembre, organisé juste après ces attaques, Erdogan a assuré sa majorité au parlement.
 
En 2015-16, de nombreuses villes kurdes ont été détruites au nom de la « lutte contre le terrorisme ». Des centaines d’innocents ont été tués et environ 500 000 personnes ont été déplacées.
 
Erdogan a qualifié la tentative de coup d’État ratée du 15 juillet 2016 de «don de Dieu». Il l’a utilisé comme excuse pour réprimer toute opposition. Il est passé d’un système parlementaire à un système présidentiel «à la turque», rassemblant tout le pouvoir entre ses propres mains.
 
Il a fait licencier 120 000 personnes par décret, a mis des dizaines de milliers de personnes en prison et a contraint des dizaines de milliers de personnes à vivre en exil. Contrairement à la Constitution, l’immunité de 150 parlementaires a été levée en une seule journée. De nombreux députés, maires et dirigeants de partis, y compris les coprésidents du HDP, ont été mis en prison. Erdogan a renvoyé les maires élus du HDP avec une circulaire du ministère de l’Intérieur et a nommé des bureaucrates d’État comme administrateurs à leur place.
 
Lors des élections locales de 2019, les maires du HDP ont été réélus, mais ils ont de nouveau été révoqués et des administrateurs nommés à leur place. Alors que les maires du HDP ont été emprisonnés, les maires de l’AKP ont utilisé des passeports de service pour faire passer des personnes en Europe et n’ont fait l’objet d’aucune action à leur encontre.
 
En 2020, une loi d’amnistie a été promulguée en réponse aux dangers de surpopulation carcérale pendant la pandémie, et de nombreux prisonniers ont été libérés. Alors que les prisonniers politiques – journalistes, universitaires, parlementaires, chefs de partis, maires et représentants d’organisations non gouvernementales – ont été exclus du champ d’application de l’amnistie, des criminels de droit commun reconnus coupables de meurtre, de viol, de corruption, de fraude et de vol ont été libérés.
 
L’une des personnes libérées était Alaattin Çakıcı, le chef de la plus grande organisation criminelle de Turquie. Ce chef de la mafia, qui a été reconnu coupable du meurtre de son ex-femme, a été libéré par l’amnistie, mais les prisonniers politiques qui sont en prison pour leurs discours au parlement restent en prison! Devlet Bahçeli, chef du Parti du mouvement nationaliste (MHP), partenaire au pouvoir de l’AKP, s’était précédemment rendu en prison à Çakıcı et avait ouvertement demandé une amnistie pour lui. Après sa libération, il a été accepté par le gouvernement AKP-MHP comme un patriote respecté et a même reçu la protection de la police.
 
Lors d’une discussion sur la Turquie au Conseil de l’Europe en octobre 2020, le chef de la délégation britannique Roger Gale a utilisé le terme «État voyou» pour désigner l’État turc. M. Gale était président du groupe conservateur du Conseil de l’Europe, qui comprenait l’AKP, lorsque ce groupe a nommé l’actuel ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Çavuşoğlu, président de l’Assemblée parlementaire en 2010. Maintenant, cette même personne a défini la Turquie comme un «État voyou».
 
Quand on regarde cette histoire, il est difficile de distinguer ce qu’est un gang et ce qu’est l’État. Une fois la primauté du droit détruite, l’État n’est pas différent d’un gang. Parfois, les gangs agissent au nom de l’État, parfois l’État s’implique dans les activités des gangs. Et les deux se mélangent, comme en Turquie maintenant.
 
Mais aujourd’hui, on peut dire qu’Erdogan est le chef de la plus grande organisation criminelle de Turquie.
 
Fayik Yağızay est le représentant du Parti démocratique des peuples (HDP) auprès des institutions européennes à Strasbourg.
 
 

La Turquie transfère 560 mercenaires syriens de Libye au Kurdistan

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KURDISTAN – L’armée turque, qui a subi de lourdes pertes lors des opérations d’invasion au Kurdistan du Sud, aurait transféré plus de 560 mercenaires de Libye à Hakkari/Derecik pour les utiliser dans les attaques contre la guérilla kurde dans le nord de l’Irak.
 
Selon l’agence de presse Mezopotamya (MA), 560 mercenaires ont été amenés dans la province kurde d Hakkari / Derecik dans le but de les utiliser lors de l’opération menée contre le PKK dans les régions de Zap, Avashin et Metina.
 
D’abord, des membres spécialement formés de l’Armée syrienne libre (ASL / FSA) et des peshmergas Roj, puis des soldats de l’armée irakienne et des peshmergas du PDK ont été inclus dans l’opération. Enfin, des membres de l’ASL ont été envoyés pour renforcer l’opération où des gardes villageois avaient auparavant été envoyés de force.
 
Selon MA, un groupe de 560 combattants de l’ASL, que la Turquie aurait retiré de la Libye, a été placé dans l’unité militaire de Derecik, à Hakkari, prêt à être inclus dans l’opération. Auparavant, environ un millier de membres de l’ASL se trouvaient sur la base turque de Bamernî.
 

TURQUIE. La guérilla kurde mène 2 attaques aux drones contre l’armée turque

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TURQUIE – La nuit dernière, le PKK a attaqué avec des drones le centre de commandement des avions de reconnaissance de l’armée turque dans les villes kurdes de Batman et Şırnak. C’est la deuxième attaque de même genre en 2 jours.
 
Le ministère de la Défense nationale a annoncé qu’une attaque a été lancée contre le commandement des avions de reconnaissance à Batman et le commandement de la 23e division d’infanterie à Şırnak.
 
Publiant un communiqué sur la tentative d’attaque à Batman, le bureau du gouverneur a déclaré que l’incident s’est produit la nuit dernière à 23h10 : « Une tentative d’attaque a eu lieu en utilisant 3 drones. Tous les modèles d’avions utilisés ont été neutralisés et aucune victime n’a été signalée. »
 
Le ministère de la Défense nationale a également publié une déclaration sur les réseaux sociaux concernant les tentatives d’attaques dans les régions kurdes sous l’occupation de la Turquie.
 
Indiquant que les tentatives d’attaques avec des drones visaient le commandement de la base des systèmes d’avions de reconnaissances à Batman et le commandement de la 23e division d’infanterie à Şırnak, il a déclaré : « Les deux attaques ont été déjouées grâce à la vigilance des forces de sécurité, sans aucune victime ni aucun dommage. »
 
Incident similaire à Diyarbakır le 19 mai
 
Dans la nuit du 19 mai 2021, une tentative d’attentat a également visé la base des avions de guerre dans la ville kurde de Diyarbakır (Amed). Dans une déclaration à ce sujet, le ministère de la Défense nationale a déclaré qu’ « il n’y a pas eu de victime ou de dommage », ajoutant que les mesures de sécurité ont été renforcées.