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PARIS. Concert kurde contre l’invasion du Kurdistan par la Turquie

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PARIS – Aujourd’hui, le légendaire (et controversé) musicien kurde, Şivan Perwer sera en concert à Paris dans le cadre des actions menées à travers le monde contre l’invasion du Kurdistan du Sud par la Turquie.
 
Le Trio Gayaneh composé de Richard, Marie-Jeanne et Amandine Khayadjanian qui puisent leur musique dans leurs origines arméniennes, Vicken Tarpinian et Fatoum pour la musique berbère chanteront également lors du concert organisé par le Conseil Démocratique kurde en France (CDKF).
 
Alors que d’invasion turque au Kurdistan du Sud menace l’existence du peuple kurde, le Conseil Démocratique Kurde en France organise ce dimanche 4 juillet une manifestation suivie d’un meeting et d’un concert en présence du chanteur légendaire Şivan Perwer et du Trio Gayaneh composé de Richard, Marie-Jeanne et Amandine Khayadjanian qui puisent leur musique dans leurs origines arméniennes, Vicken Tarpinian et Fatoum pour la musique berbère. Toutes les personnes soutenant la lutte de survie du peuple kurde sont conviées à cet événement.
RDV à 14 heures, à la Gare du Nord pour participer à la marche qui partira en direction de la place de la République où le meeting et le concert auront lieu.
DÉFENDRE LE KURDISTAN CONTRE L’INVASION TURQUE
Grande marche à Paris, le 4 juillet, 14h
Gare du Nord – République

SYRIE. A Qamishlo, les forces du régime menacent d’arrêter des employés de l’administration kurde

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SYRIE / ROJAVA – A Qamishlo, les forces du régime ont mené des raids aux domiciles des employés de l’administration kurde vivant dans des villages sous contrôle du régime d’Assad et leur ont dit qu’ils seraient emprisonnés s’ils continuent à travailler pour l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est / Rojava. 
 
L’information a été donnée par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) qui a écrit:
 
« Des sources fiables ont informé l’Observatoire syrien qu’une patrouille des forces du régime a pris d’assaut les maisons de plusieurs employés travaillant pour l’Administration autonome et vivant dans le village contrôlé par le régime de Zanoud dans la campagne d’al-Qamishli, menaçant de les arrêter si ils ont continué à travailler pour l’Administration autonome.
Ce développement a coïncidé avec des mesures de sécurité strictes sur les civils par les membres stationnés au poste de contrôle de la sécurité militaire près des casernes militaires, près du marché de la ville d’al-Qamishli.
 
Le 30 juin, des militants de l’OSDH ont rapporté que les forces des Forces de défense nationale (NDF) ont libéré tous les détenus civils qui avaient été arrêtés plus tôt de leurs magasins dans un marché de la ville d’al-Hasaka. Selon des sources de l’OSDH, le gouverneur d’al-Hasaka a ordonné le transport des détenus chez eux par les voitures de la direction de la province.
 
D’autre part, les Forces de sécurité intérieure « Asaysh » ont libéré un membre des NDF qui a été arrêté en réponse à l’arrestation d’un groupe de civils sur le marché d’al-Hasaka.
 
Plus tôt, des militants de l’OSDH ont signalé des tensions croissantes entre « Asayish » et NDF dans la ville d’al-Hasakah, après que des membres de la NDF ont arrêté près de dix civils dans leurs magasins sur le marché de la ville d’al-Hasakah pour des raisons inconnues. Pendant ce temps, les forces d’Asayish ont arrêté un membre des NDF. »
 

Le Rojava se prépare pour des élections générales

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SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes syriens et leurs alliés se préparent pour des élections générales qui auront lieu vers la fin de l’année 2021. Ils vont réécrire le contrat social du Rojava avant les élections. 

« Les préparatifs pour les élections en Syrie du Nord et de l’Est/Rojava qui auront lieu avant la fin de 2021 sont en cours, avec un haut comité électoral et une loi électorale bientôt finalisés.
 
Avant les élections, les responsables disent que le contrat social (constitution) du Rojava doit être réécrit. À cette fin, un comité de 150 personnes de toutes les institutions de l’Administration autonome et de la société civile en général va être constitué.
 
Selon le Conseil exécutif de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES), le nouveau contrat social sera approuvé soit par référendum, soit par le Conseil général », écrit sur Twitter Rojava Information Center
 

TURQUIE. Deux maires kurdes jugés pour avoir introduit le système de coprésidence homme/femme

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TURQUIE / BAKUR – Les co-maires emprisonnés de la ville kurde d’Amed, Gülten Kışanak et Fırat Anlı, ainsi que 63 membres du conseil municipal sont jugés pour avoir introduit le système de coprésidence homme/femme au sein du conseil municipal. Les prévenus risquent jusqu’à 4 ans de prison pour « abus de fonction ».
 

Le procès contre les anciens co-maires d’Amed (Diyarbakır) Gülten Kışanak et Fırat Anlı et 63 membres du conseil municipal se poursuit. Les politiciens kurdes déposés et emprisonnés Kışanak et Anlı ont été inculpés pour avoir introduit le système de coprésidence reposé sur la parité homme / femme au conseil municipal de l’Amed. Pour cela, selon le parquet, ils devraient être condamnés à des peines d’emprisonnement allant de neuf mois à quatre ans pour « abus de fonction ». Les conseillers municipaux risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour avoir accepté ce système.

Gülten Kışanak est tenue en otage dans une prison depuis 2016, Fırat Anlı vit en exil. Aucun d’eux n’a assisté à l’audience de vendredi. Parmi les prévenus, les anciens membres du conseil municipal Eşref Mamedoğlu, Zeynep Çelik, Murat Alökmen, Zuhal Tekiner, Cihan Aydın, Sezai Aydın, Adnan Akgül, Mustafa Emra, Hayrettin Satar et Zahit Çiftkuran ont assisté à l’audience avec leurs avocats. Le procès a commencé lorsque le juge a demandé aux accusés de se lever et d’attendre leur tour de témoigner. Les accusés et leurs avocats ont rejeté cela comme une violation des règles de procédure. Le juge a ensuite fait expulser quatre des accusés de la salle d’audience par la police.

Les avocats Resul Tamur, Bahar Aslan, Mehmet Öztekin, Eyyüp Aydeniz, Burhan Arta et Berfin Dayan ont déposé une requête pour partialité contre le juge et ont quitté la salle d’audience en signe de protestation. Le procès a été ajourné au 8 octobre.

 

Fin de la criminalisation des YPG kurdes sur les réseaux sociaux?

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SYRIE / ROJAVA – Hier, le compte Facebook des Unités de protection du peuple (en kurde, Yekîneyên Parastina Gel – YPG) arborait fièrement son badge bleu décerné par Facebook prouvant l’authenticité de leur page qui avait été été supprimée en 2015 à la demande* de la Turquie.
 
Aujourd’hui, Zana Amedi, un des journalistes du service média des YPG, annonce la vérification de leur chaîne YouTube par ce dernier également. Amedi écrit que « La chaîne est active depuis mi-2013 et constitue l’une des rares sources en ligne d’archives d’informations visuelles sur la révolution du Rojava et de la lutte des Kurdes contre Nosra, DAECH, les régimes syrien et turc. Le blocus des médias sociaux et la censure des YPG, motivés par des considérations politiques, sont en train de s’effondrer grâce aux efforts de responsables des médias dévoués au Rojava. »
 
Cette justice rendue aux comptes des YPG par Facebook et Youtube coïncide avec l’inscription de la Turquie, par le département d’État américain, sur la liste des pays impliqués dans l’utilisation d’enfants soldats notamment via le groupe de terroristes islamistes « La division Sultan Murad » qui a enrôlé de force des enfants en Syrie, y compris des enfants kurdes dans le canton d’Afrin, et en Libye.  
 
A priori, il n’y a aucun lien entre ces deux événements, mais espérons que la lutte du peuple kurde portera ses fruits sur la scène internationale, même si la Turquie étant l’alliée des USA (OTAN) et de l’Europe, ces derniers ne lâcheront pas aussi facilement leur partenaire turc…
 
*Comme de nombreux comptes kurdes ou pro-kurdes, les comptes Facebook et Twitter de notre page Kurdistan au féminin ont également été victimes de la censure téléguidée depuis la Turquie de nombreuses fois depuis trois ans.

Hommage au musicien kurde/alévi Hasret Gültekin brûlé vif par des islamistes turcs il y a 28 ans

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TURQUIE / BAKUR – Le 2 juillet 1993, la police turque laissait brûler vifs 33 Alévis par des islamistes turcs dans l’hôtel Madimak, à Sivas, où devait avoir lieu un festival alévi.

Le musicien kurde Hasret Gültekin était parmi les victimes de Madimak*. Ainsi, Hasret a payé de sa vie le triple affront qu’il commettait en étant à la fois kurde, alévi et chanteur kurde dans un pays où il était interdit d’être autre que turc, sunnite et parlant le turc.

Hasret Gültekin, 22 ans, était un des premiers chanteurs à avoir bravé l’interdiction de chanter en kurde avec son album « Newroz » sorti en 1990.

Hasret est devenu père à titre posthume 2 mois après sa mort. En effet, sa femme Êtê était enceinte de 7 mois quand on a brûlé son mari. Elle a appelé son bébé « Hasret Roni » (Roni signifie « lumière » en kurde).

 

*Le 2 juillet 1993, après la prière du vendredi, plus de 15 000 islamistes appelant à la charia et à la mort des infidèles se sont réunis devant l’hôtel Madımak, à Sivas, où des participants vénus pour le festival alévi Pir Sultan Abdal étaient logés.

 

Les islamistes protestaient au début contre la présence dans l’hôtel de l’écrivain Aziz Nesin, qui a traduit et publié les « Versets sataniques » de Salman Rushdie et critiqué l’Islam. Mais la protestation s’est transformée en une attaque violente et finalement, ils ont mis le feu à l’Hôtel Madimak.

Aziz Nesin a été sauvé par les forces de sécurité, mais 33 autres intellectuels et 2 hôteliers ont été tués. La police turque a été critiquée pour ne pas avoir empêché la foule haineuse de mettre le feu à l’hôtel.

Le massacre de Sivas a visé non seulement Aziz Nesin et les versets sataniques, mais aussi la minorité alévie qui est la deuxième plus grande communauté religieuse en Turquie persécutée depuis des décennies.

Quelque 85 suspects ont été condamnés à des peines allant de deux à quinze ans de prison, tandis que 37 autres suspects ont été acquittés en décembre 1994, pour « tentative d’établir un État théocratique en renversant l’ordre constitutionnel laïque. »

 

La Cour d’appel a infirmé cette décision en déclarant que le massacre était dirigé contre « la république, la laïcité et la démocratie ». Le 13 mars 2012, la Cour pénale d’Ankara a abandonné l’affaire du massacre de Sivas pour cause de prescription.

Des mesures de sécurité spéciales sont prises chaque année le 2 juillet alors que des milliers de personnes arrivent à Sivas pour rendre hommage aux 33 victimes devant l’hôtel Madimak.

TURQUIE. Il y a 28 ans, des islamistes turcs brûlaient des Alévis à Sivas / Madimak

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TURQUIE / BAKÛR – Il y a 28 ans, des islamistes ont commis un massacre dans la province kurde de Sivas en brûlant vive 35 personnes, essentiellement des Alévis réunis pour le festival Pir Sultan Abdal, en mettant le feu à l’hôtel Madimak. Le jeune musicien kurde, Hasret Gultekin, 22 ans, était parmi les victimes de ce crime haineux. 
 
Le 2 juillet 1993, après la prière du vendredi, plus de 15 000 islamistes appelant à la charia et à la mort d’infidèles se sont réunis autour de l’hôtel Madımak, dans la ville de Sivas, en Turquie, où les participants du festival alévi Pir Sultan Abdal étaient logés.

Les islamistes protestaient au début contre la présence dans l’hôtel de l’écrivain Aziz Nesin, qui a traduit et publié les « Versets sataniques » de Salman Rushdie et critiqué l’Islam. Mais la protestation s’est transformée en une attaque violente et finalement, ils ont mis le feu à l’Hôtel Madimak.
 
Aziz Nesin a été sauvé par les forces de sécurité, mais 33 autres intellectuels et 2 hôteliers ont été tués (Deux assaillants sont également morts lors de l’attaque, ce qui porte à 37 le nombre de morts total). Les forces de sécurité ont été critiquées pour ne pas avoir arrêté la foule.
 
Le massacre de Sivas a visé non seulement Aziz Nesin et les versets sataniques, mais aussi la minorité alévie qui est la deuxième plus grande communauté religieuse en Turquie persécutée depuis des décennies.
 
Quelque 85 suspects ont été condamnés à des peines allant de deux à quinze ans de prison, tandis que 37 autres suspects ont été acquittés en décembre 1994, pour « tentative d’établir un Etat théocratique en renversant l’ordre constitutionnel laïque. »

La Cour d’appel a infirmé cette décision en déclarant que le massacre était dirigé contre « la république, la laïcité et la démocratie ». Le 13 mars 2012, la Cour pénale d’Ankara a abandonné l’affaire du massacre de Sivas pour cause de prescription.
 
Des mesures de sécurité spéciales sont prises chaque année le 2 juillet alors que des milliers de personnes arrivent à Sivas pour rendre hommage aux 33 victimes devant l’hôtel Madimak.

Les Etats-Unis placent la Turquie sur la liste des pays impliqués dans l’utilisation d’enfants soldats

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Les Etats-Unis placent leurs alliés turcs sur la liste des pays impliqués dans l’utilisation d’enfants soldats notamment via le groupe de terroristes islamistes « La division Sultan Murad » qui a enrôlé de force des enfants en Syrie, y compris des enfants kurdes dans le canton d’Afrin, et en Libye. 
 
L’information a été donnée par la journaliste de Reuters, Hümeyra Pamuk qui a écrit:
« Le département d’État américain vient de placer la Turquie sur une liste de gouvernements impliqués dans l’utilisation d’enfants soldats, en déclarant qu’Ankara a apporté un « soutien tangible » à la division Sultan Murad, en Syrie et en Libye, qui utilise des enfants soldats. C’est la première fois qu’un allié de l’OTAN figure sur cette liste. »
 

RSF: La Turquie utilise les cartes de presse pour faire pression sur les journalistes

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TURQUIE / BAKUR – En Turquie, le métier de journaliste est de plus en plus criminalisé, notamment quand il s’agit d’informations relatives aux injustices subies par les Kurdes ou bien les violences masculines ou encore celles critiquant le régime turc… et l’obtention de la carte de presse devient un moyen de chantage exercé contre les journalistes récalcitrants.

Dans un communiqué du 29 juin, Reporters sans frontières (RSF) accuse la Turquie de vouloir faire taire les journalistes critiques en les privant de la carte de presse.

« Reporters sans frontières (RSF) dénonce la politique arbitraire des autorités turques qui sanctionnent les journalistes critiques envers le pouvoir en les privant de leur carte de presse et met en lumière quatre journalistes qui tentent de défier l’arbitraire.

Elle est devenue une arme contre la liberté d’informer. En Turquie, la carte de presse est instrumentalisée, depuis des années, par la Direction des Communications de la Présidence (Cumhurbaşkanlık İletişim Bakanlığı – CIB). Alors que des journalistes pro-gouvernementaux n’ont aucune peine à obtenir le document, malgré des pratiques contestables (ciblage des défenseurs des droits de l’homme, propos de haine, désinformation, etc), des journalistes critiques de renommée ont vu, ces dernières années, leur carte de presse permanente annulée ou leur demande de renouvellement rester sans réponse. Or, en Turquie, les reporters qui ne détiennent pas ce document officiel ne peuvent pas suivre les activités du Président ni de ses ministres, ou risquent d’être arbitrairement empêchés de couvrir les manifestations. Depuis le 27 avril, une directive de la Police nationale leur interdit même de filmer et enregistrer les interventions des forces de l’ordre lors des manifestations, comme ce fut le cas lors des rassemblements du 1er Mai dernier à Istanbul et Ankara.

“Comme il semble exagéré d’espérer une gestion impartiale de l’attribution de la carte de presse de la part d’une instance présidentielle, nous demandons au gouvernement turc de ré instaurer une institution professionnelle autonome de façon à mettre fin à ces pratiques partisanes qui sanctionnent les journalistes critiques”, déclare le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoglu.

Le journaliste et économiste Mustafa Sönmez, visé par plusieurs procès dont un pour “insulte envers le président”, est ainsi privé de carte de presse depuis novembre 2019. En mai dernier, il a cependant obtenu un jugement favorable de la Cour administrative d’Ankara qui a ordonné à l’administration de renouveler la carte de presse du reporter, estimant qu’elle ne pouvait le soumettre à un nouveau traitement alors qu’il avait répondu à tous les critères pour l’obtention du document de façon permanente.

L’ancienne représentante de RSF en Turquie dans les années 90, aujourd’hui conseillère du site d’information Bianet.org, Nadire Mater, est également privée de carte de presse depuis deux ans. La journaliste, qui a saisi la justice, attend qu’une décision soit rendue sur son cas. Auteur du livre de recueil de témoignages d’appelés ‘Le Livre de Mehmet’ (Mehmedin Kitabi), Nadire Mater a été jugée pour “dénigrement des forces de l’ordre” puis définitivement acquittée en 2000.

L’ancien éditorialiste du quotidien Cumhuriyet (République), Aydin Engin, a lui aussi saisi la Cour administrative pour récupérer sa carte de presse permanente qu’il détenait depuis près de 25 ans. Une affaire dans laquelle le Conseil supérieur pénal de la Cour de cassation doit rendre son verdict final. Dans le cadre d’un procès kafkaesque, le journaliste avait été condamné en avril 2018 à sept ans et six mois de prison pour “soutien à une organisation illégale”, dans le cadre d’une opération policière visant son journal, alors sous la direction de Can Dündar.

Enfin, en avril dernier, ce fut au tour de Kazım Güleçyüz, directeur de l’information du quotidien islamiste Yeni Asya (Asie Nouvelle), sans réponse à sa demande de carte de presse, de saisir la justice. Le 23 janvier 2020, le journaliste avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à un an et huit mois de prison ferme pour “propagande de l’organisation FETÖ” en raison de ses partages sur les réseaux sociaux et ses articles.

Des milliers de cartes annulées

Ces quatre cas illustrent la bataille que se livrent les professionnels de l’information et les autorités sur la question de la carte de presse, sur laquelle les autorités ont durci après la tentative de putsch avorté du 15 juillet 2016. En cinq ans, quelque 2 000 cartes de presse détenues par des journalistes proches des cercles du prédicateur exilé Fethullah Gülen (accusé d’être à l’origine de ce coup) ou de journalistes de divers bord politiques (républicain, laïc, pro-kurde, islamiste critique du pouvoir, etc) ont été annulées par les autorités.

En trois ans passés sous le nouveau système politique présidentiel, la CIB a rejeté la demande de 1 371 journalistes sur 10 486 et continuait de traiter le cas de 220 d’entre eux. Depuis 2019, elle a annulé 1 238 cartes de presse. Le président du syndicat des journalistes en Turquie (TGS), Gökhan Durmus estime que seul un quart des 25 000 représentants de la profession est détenteur de la carte de presse.

Pourtant, le 4 novembre 2020, la section des affaires administratives du Conseil d’État, saisi par l’Association progressiste des journalistes (CGD), avait affirmé que la directive relative à la carte de presse, qui définit les pratiques répréhensibles dans des termes particulièrement vagues comme “porter atteinte à ou agir contre l’honneur de la profession”, “agir contre la sécurité nationale ou mettre en péril l’ordre public” ou “faire de ces comportements une habitude”, était “susceptible de créer un climat d’intimidation pour les journalistes”.

Le 21 mai, une nouvelle directive a ainsi été publiée par la CIB, mais le texte est loin de satisfaire la profession : non seulement “un journaliste qui ne trouve pas de travail après un mois de chômage verra sa carte de presse annulée” mais “une commission spéciale pourra décider d’annuler la carte de presse permanente d’un journaliste”. Pour les organisations professionnelles et syndicales (TGC, TGS, DISK Basin-Is, Conseil de la Presse etc), cette structure gouvernementale “n’a pas le droit de dicter qui est journaliste et qui ne l’est pas”.

La Turquie occupe le 153e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021. »

RSF

C’est la Turquie – et non pas les Kurdes – qui participe aux conférences de la coalition anti-EI

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La journaliste Meghan Bodette dénonce la participation de la Turquie – et non pas des Kurdes syriens qui ont défait DAECH – aux réunions de la coalition contre l’État islamique alors que la Turquie est accusée depuis des années d’avoir soutenu le groupe État Islamique (EI/ DAECH / ISIS).

Le 28 juin, les ministres des affaires étrangères des 83 États membres de la Coalition internationale anti-EI se sont réunis à Rome, en Italie, pour discuter des progrès réalisés dans la lutte contre le groupe terroriste.
 
Parmi les participants figurait le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Pourtant, des événements récents ont une fois de plus remis en question la place de la Turquie dans un tel rassemblement, ou même sa place tout court.
 
Au début de cette année, une procédure pénale a été ouverte contre plus de 100 politiciens et activistes principalement kurdes en Turquie, au motif que ces personnes avaient soutenu des manifestations appelant le gouvernement d’Erdogan à prendre des mesures contre DAECH à Kobané en 2014. À l’époque, les responsables de la Coalition avaient eux-mêmes adressé des demandes similaires à Erdogan. L’intransigeance de la Turquie a finalement contraint les États-Unis à soutenir les YPG comme la meilleure option pour vaincre le groupe djihadiste en Syrie, mettant en place les différences entre les États-Unis et la Turquie qui sont devenues un défi pour les décideurs politiques aujourd’hui.
 
En plus de poursuivre les citoyens turcs qui se sont opposés à DAECH sur le plan politique, la Turquie cible également les ressortissants syriens qui ont combattu ISIS sur le terrain. Des combattants kurdes, assyriens et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont été transférés de Syrie en Turquie et emprisonnés pour des motifs anti-étatiques en vertu du droit turc, en violation des Conventions de Genève. Certains auraient été torturés, et tous ont été soumis à des procès politisés et inéquitables.
 
Un rapport récent de Syrians for Truth and Justice, organisme de surveillance des droits de l’homme, fait état de la présence de 27 anciens membres connus de DAECH dans les rangs de l’armée nationale syrienne soutenue par la Turquie, notamment la police militaire, Ahrar al Sharqiyah et la division Hamza. Ces groupes ont tous été jugés responsables de violations des droits humains à l’encontre des femmes, des Kurdes, des Yézidis et d’autres groupes également visés par DAECH.
 
Des exemples plus anciens de soutien turc à des groupes djihadistes syriens ont également refait surface à l’ordre du jour, grâce aux révélations du chef de la mafia turque en exil, Sedat Peker. Dans une récente déclaration vidéo, Peker a évoqué les transferts d’armes turques à al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida. Il a affirmé que les armes qu’il espérait envoyer aux rebelles turkmènes syriens ont en fait été détournées vers al-Nosra par SADAT, une entreprise de défense turque étroitement liée au président Recep Tayyip Erdogan et à son Parti de la justice et du développement (AKP).
 
Aucune de ces questions ne s’est avérée pertinente pour la réunion de la Coalition, bien que son communiqué final ait souligné la nécessité pour les États membres de « continuer à être vigilants face à la menace du terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, de s’appuyer sur les succès obtenus et de continuer à agir ensemble contre toute menace à ce résultat et d’éviter les vides sécuritaires que DAECH/ISIS pourrait exploiter ».
 
La persécution par la Turquie des forces anti-EI et l’hébergement d’anciens membres d’ISIS dans les rangs de ses alliés syriens montrent qu’elle n’est pas vraiment engagée en faveur d’un tel résultat. Pourtant, elle conserve une position privilégiée dans l’organe mondial de lutte contre DAECH – une position qui est refusée aux forces terrestres qui ont mené la majorité des combats contre le groupe en Syrie.

Bien que le général Mazloum Abdi des FDS ait partagé un message sur son compte Twitter concernant le rapatriement des combattants étrangers et de leurs familles, ni lui ni aucun représentant des FDS ou de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) n’a été invité au rassemblement.
 
Cela est probablement justifié par leur manque de statut reconnu en tant qu’État, région fédérale ou autre entité officielle. Les responsables de la coalition rencontrent également leurs homologues du nord et de l’est de la Syrie sur le terrain dans la région, et les États-Unis ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de poursuivre la coopération avec les FDS dans un avenir prévisible.
 
Pourtant, exclure des discussions internationales de haut niveau les forces politiques et militaires qui ont eu le plus d’impact sur la guerre contre DAECH et ses conséquences, alors que les États qui ont activement entravé cette lutte sont présents, témoigne d’un certain agenda politique – qui occulte les causes profondes de l’EI et nuit aux efforts visant à le vaincre réellement.
 

SYRIE. Des mercenaires liés au régime syrien kidnappent des commerçants kurdes à Hasakah

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SYRIE / ROJAVA – Plusieurs Kurdes, notamment les propriétaires des magasins situés au centre-ville d’Hasekê, ont été kidnappés par les mercenaires lié au régime syrien.
 
Des sources à l’intérieur du marché central de la ville d’Hasaka ont rapporté que des mercenaires des soi-disant Forces de défense nationale ont enlevé un certain nombre de Kurdes dans le centre-ville et que des magasins appartenant à des Kurdes ont été pillés. Suite aux tensions crées par les kidnappings et le pillage, tous les magasins ont été fermés dans le centre-ville.
 

Conférence performance : La voix des femmes dengbêjs, avec Hêja Netirk

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BERLIN – Ce vendredi 2 juin, musicienne, écrivaine et actrice kurde, Hêja Nêtirk réalise une performance artistique lors d’une visioconférence autour des femmes dengbêj (bardes) qui perpétuent une tradition ancestrale réservée surtout aux hommes.
 
La performance de Hêja Nêtirk fait partie de l’exposition d’œuvres d’artistes kurdes qui se tient à Berlin du 26 juin à 15 août 2021 sous le titre de « Bê welat – the unexpected storytellers » (Apatride(s): les conteurs inattendus). De nombreux écrivains, universitaires, musiciens, cinéastes et conteurs… kurdes y participent.
 
Lors de cette visioconférence, Hêja Netirk analysera quelques chansons interprétées par des femmes « dengbêjs » – des bardes musicaux qui préservent oralement le passé et le présent kurdes. Elle se concentrera également sur le contenu, à savoir l’histoire et l’utilisation de la langue et l’effet de la culture et de l’interprète sur le texte pour retracer les modes de production des femmes dans ces chansons.
 
Hêja Netirk est une chanteuse et actrice basée à Hambourg. Elle est née à Mêrdîn, en 1988, dans le nord du Kurdistan. Alors qu’elle étudiait l’anglais et la littérature à l’université de Boğaziçi, elle a rejoint le club de musique folklorique et a commencé à recevoir une éducation musicale. Elle a également fait des recherches sur la musique traditionnelle kurde et a participé à des projets de compilation musicale. En même temps, elle s’est concentrée sur la littérature et a travaillé au club de littérature où elle a publié un magazine kurde pendant de nombreuses années.
 
RDV le 2 juin, à 18 heures, sur l’application ZOOM via le lien ci-dessous: