PARIS. Concert kurde contre l’invasion du Kurdistan par la Turquie
SYRIE. A Qamishlo, les forces du régime menacent d’arrêter des employés de l’administration kurde
Le Rojava se prépare pour des élections générales
SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes syriens et leurs alliés se préparent pour des élections générales qui auront lieu vers la fin de l’année 2021. Ils vont réécrire le contrat social du Rojava avant les élections.
TURQUIE. Deux maires kurdes jugés pour avoir introduit le système de coprésidence homme/femme
Le procès contre les anciens co-maires d’Amed (Diyarbakır) Gülten Kışanak et Fırat Anlı et 63 membres du conseil municipal se poursuit. Les politiciens kurdes déposés et emprisonnés Kışanak et Anlı ont été inculpés pour avoir introduit le système de coprésidence reposé sur la parité homme / femme au conseil municipal de l’Amed. Pour cela, selon le parquet, ils devraient être condamnés à des peines d’emprisonnement allant de neuf mois à quatre ans pour « abus de fonction ». Les conseillers municipaux risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour avoir accepté ce système.
Gülten Kışanak est tenue en otage dans une prison depuis 2016, Fırat Anlı vit en exil. Aucun d’eux n’a assisté à l’audience de vendredi. Parmi les prévenus, les anciens membres du conseil municipal Eşref Mamedoğlu, Zeynep Çelik, Murat Alökmen, Zuhal Tekiner, Cihan Aydın, Sezai Aydın, Adnan Akgül, Mustafa Emra, Hayrettin Satar et Zahit Çiftkuran ont assisté à l’audience avec leurs avocats. Le procès a commencé lorsque le juge a demandé aux accusés de se lever et d’attendre leur tour de témoigner. Les accusés et leurs avocats ont rejeté cela comme une violation des règles de procédure. Le juge a ensuite fait expulser quatre des accusés de la salle d’audience par la police.
Les avocats Resul Tamur, Bahar Aslan, Mehmet Öztekin, Eyyüp Aydeniz, Burhan Arta et Berfin Dayan ont déposé une requête pour partialité contre le juge et ont quitté la salle d’audience en signe de protestation. Le procès a été ajourné au 8 octobre.
Fin de la criminalisation des YPG kurdes sur les réseaux sociaux?
Hommage au musicien kurde/alévi Hasret Gültekin brûlé vif par des islamistes turcs il y a 28 ans
TURQUIE. Il y a 28 ans, des islamistes turcs brûlaient des Alévis à Sivas / Madimak
Les Etats-Unis placent la Turquie sur la liste des pays impliqués dans l’utilisation d’enfants soldats
RSF: La Turquie utilise les cartes de presse pour faire pression sur les journalistes
TURQUIE / BAKUR – En Turquie, le métier de journaliste est de plus en plus criminalisé, notamment quand il s’agit d’informations relatives aux injustices subies par les Kurdes ou bien les violences masculines ou encore celles critiquant le régime turc… et l’obtention de la carte de presse devient un moyen de chantage exercé contre les journalistes récalcitrants.
Dans un communiqué du 29 juin, Reporters sans frontières (RSF) accuse la Turquie de vouloir faire taire les journalistes critiques en les privant de la carte de presse.
« Reporters sans frontières (RSF) dénonce la politique arbitraire des autorités turques qui sanctionnent les journalistes critiques envers le pouvoir en les privant de leur carte de presse et met en lumière quatre journalistes qui tentent de défier l’arbitraire.
Elle est devenue une arme contre la liberté d’informer. En Turquie, la carte de presse est instrumentalisée, depuis des années, par la Direction des Communications de la Présidence (Cumhurbaşkanlık İletişim Bakanlığı – CIB). Alors que des journalistes pro-gouvernementaux n’ont aucune peine à obtenir le document, malgré des pratiques contestables (ciblage des défenseurs des droits de l’homme, propos de haine, désinformation, etc), des journalistes critiques de renommée ont vu, ces dernières années, leur carte de presse permanente annulée ou leur demande de renouvellement rester sans réponse. Or, en Turquie, les reporters qui ne détiennent pas ce document officiel ne peuvent pas suivre les activités du Président ni de ses ministres, ou risquent d’être arbitrairement empêchés de couvrir les manifestations. Depuis le 27 avril, une directive de la Police nationale leur interdit même de filmer et enregistrer les interventions des forces de l’ordre lors des manifestations, comme ce fut le cas lors des rassemblements du 1er Mai dernier à Istanbul et Ankara.
“Comme il semble exagéré d’espérer une gestion impartiale de l’attribution de la carte de presse de la part d’une instance présidentielle, nous demandons au gouvernement turc de ré instaurer une institution professionnelle autonome de façon à mettre fin à ces pratiques partisanes qui sanctionnent les journalistes critiques”, déclare le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoglu.
Le journaliste et économiste Mustafa Sönmez, visé par plusieurs procès dont un pour “insulte envers le président”, est ainsi privé de carte de presse depuis novembre 2019. En mai dernier, il a cependant obtenu un jugement favorable de la Cour administrative d’Ankara qui a ordonné à l’administration de renouveler la carte de presse du reporter, estimant qu’elle ne pouvait le soumettre à un nouveau traitement alors qu’il avait répondu à tous les critères pour l’obtention du document de façon permanente.
L’ancienne représentante de RSF en Turquie dans les années 90, aujourd’hui conseillère du site d’information Bianet.org, Nadire Mater, est également privée de carte de presse depuis deux ans. La journaliste, qui a saisi la justice, attend qu’une décision soit rendue sur son cas. Auteur du livre de recueil de témoignages d’appelés ‘Le Livre de Mehmet’ (Mehmedin Kitabi), Nadire Mater a été jugée pour “dénigrement des forces de l’ordre” puis définitivement acquittée en 2000.
L’ancien éditorialiste du quotidien Cumhuriyet (République), Aydin Engin, a lui aussi saisi la Cour administrative pour récupérer sa carte de presse permanente qu’il détenait depuis près de 25 ans. Une affaire dans laquelle le Conseil supérieur pénal de la Cour de cassation doit rendre son verdict final. Dans le cadre d’un procès kafkaesque, le journaliste avait été condamné en avril 2018 à sept ans et six mois de prison pour “soutien à une organisation illégale”, dans le cadre d’une opération policière visant son journal, alors sous la direction de Can Dündar.
Enfin, en avril dernier, ce fut au tour de Kazım Güleçyüz, directeur de l’information du quotidien islamiste Yeni Asya (Asie Nouvelle), sans réponse à sa demande de carte de presse, de saisir la justice. Le 23 janvier 2020, le journaliste avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à un an et huit mois de prison ferme pour “propagande de l’organisation FETÖ” en raison de ses partages sur les réseaux sociaux et ses articles.
Des milliers de cartes annulées
Ces quatre cas illustrent la bataille que se livrent les professionnels de l’information et les autorités sur la question de la carte de presse, sur laquelle les autorités ont durci après la tentative de putsch avorté du 15 juillet 2016. En cinq ans, quelque 2 000 cartes de presse détenues par des journalistes proches des cercles du prédicateur exilé Fethullah Gülen (accusé d’être à l’origine de ce coup) ou de journalistes de divers bord politiques (républicain, laïc, pro-kurde, islamiste critique du pouvoir, etc) ont été annulées par les autorités.
En trois ans passés sous le nouveau système politique présidentiel, la CIB a rejeté la demande de 1 371 journalistes sur 10 486 et continuait de traiter le cas de 220 d’entre eux. Depuis 2019, elle a annulé 1 238 cartes de presse. Le président du syndicat des journalistes en Turquie (TGS), Gökhan Durmus estime que seul un quart des 25 000 représentants de la profession est détenteur de la carte de presse.
Pourtant, le 4 novembre 2020, la section des affaires administratives du Conseil d’État, saisi par l’Association progressiste des journalistes (CGD), avait affirmé que la directive relative à la carte de presse, qui définit les pratiques répréhensibles dans des termes particulièrement vagues comme “porter atteinte à ou agir contre l’honneur de la profession”, “agir contre la sécurité nationale ou mettre en péril l’ordre public” ou “faire de ces comportements une habitude”, était “susceptible de créer un climat d’intimidation pour les journalistes”.
Le 21 mai, une nouvelle directive a ainsi été publiée par la CIB, mais le texte est loin de satisfaire la profession : non seulement “un journaliste qui ne trouve pas de travail après un mois de chômage verra sa carte de presse annulée” mais “une commission spéciale pourra décider d’annuler la carte de presse permanente d’un journaliste”. Pour les organisations professionnelles et syndicales (TGC, TGS, DISK Basin-Is, Conseil de la Presse etc), cette structure gouvernementale “n’a pas le droit de dicter qui est journaliste et qui ne l’est pas”.
La Turquie occupe le 153e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021. »
C’est la Turquie – et non pas les Kurdes – qui participe aux conférences de la coalition anti-EI
La journaliste Meghan Bodette dénonce la participation de la Turquie – et non pas des Kurdes syriens qui ont défait DAECH – aux réunions de la coalition contre l’État islamique alors que la Turquie est accusée depuis des années d’avoir soutenu le groupe État Islamique (EI/ DAECH / ISIS).