Accueil Blog Page 793

TURQUIE. Frapper le Kurde avec une main kurde

0
TURQUIE / BAKUR – L’instrumentalisation de certains Kurdes contre les Kurdes qui luttent contre le colonialisme du Kurdistan est une arme redoutable que la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie a utilisée / utilisent depuis plus d’un siècle. Bien que souvent cette instrumentalisation soit utilisée dans la mobilisation armée de certains Kurdes collabos contre les Kurdes patriotes, elle s’exprime également à travers l’art, comme on vient de le voir lors de l’exposition du peintre kurde Ahmet Güneştekin à Amed/Diyarbakir où l’armée turque a commis des crimes de guerre pas plus tard qu’en 2015/2016…
 
Des cercueils anonymes qui blanchissent un État criminel
 
Le samedi 17 octobre, Ahmet Güneştekin inaugurait en grande pompe son exposition « Hafıza Odası » (Salle de mémoire) dans le quartier historique de Sur, détruit en grande partie par l’armée turque pendant l’hiver 2015/1016. De nombreux politiciens turcs et kurdes ainsi que des personnalités kurdes et turques se sont empressés sur les lieux de l’expo qui avait plusieurs thèmes : « Alphabet perdu », « mur des mères », « vous n’y étiez pas », « colline de la mémoire », « décomposition » et « couloir n° 5 » 
 
L’artiste kurde a déclaré fièrement qu’il avait organisé cette exposition dans sa ville natale pour rappeler à son peuple qu’on doit garder en mémoire toutes les injustices et crimes dont les Kurdes ont été victimes sur ces terres depuis des décennies… Ces crimes qui sont les disparitions forcées, la torture, la prison, les déportations, massacres massifs des civils, interdiction de la langue et la culture kurdes, etc.  
 

Tandis qu’une partie des politiciens, journalistes, artistes… kurdes accueillaient avec enthousiasme cette exposition, d’autres criaient à l’imposture qui blanchit les mains ensanglantées du régime turc. En effet, tous ces crimes dénoncés sont l’œuvre de l’État turc qui continue le génocide kurde encore aujourd’hui. Inviter des responsables turcs sur le lieu du crime comme s’ils n’y étaient pas pour quelque chose est pour le moins indécent et explique la colère de ces innombrables Kurdes envers Ahmet Güneştekin. Les Kurdes ont une bonne mémoire et n’ont pas besoin de cercueils colorés exposés sous leurs nez pour se rappeler leurs cadavres ensevelis par l’armée turque sous les décombres de Sur, Nusaybin, Silopi, Idil… il y a 5 ans. C’est l’État turc qui doit se rappeler que le peuple kurde lui demander des comptes tôt ou tard pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il a commis au Kurdistan colonisé.

Lors de l’enterrement de Dilber Bozkurt, qui a été tuée à Sur/Diyarbakir, la police turque attaquait ceux qui portaient le cercueil avec du gaz lacrymogène et des canons à eau à Mardin / Dargeçit.
 
Pavaner sous le nez des mères qui cherchent les cadavres de leurs enfants
 
Lors de l’assaut de l’armée turque contre les localités kurdes qui ont déclaré l’autonomie locale, des centaines de civils ont été tués par les forces turques. D’autres ont été ensevelis vivants sous des décombres par les soldats turcs qui ont empêché les enterrements des victimes, ont attaqué les cercueils…, privant les familles de faire leur deuil…

Souvenez-vous de Cemile Çağırga, 10 ans, Taybet Inan, 57 ans. Toutes les deux ont été tuées par les forces turques et privées d’enterrement pendant des jours.
 
Taybet Inan a été abattue par les forces armées turques devant chez elle, à Silopi, le 19 décembre 2015. Son cadavre est resté dans la rue, sous les yeux de ses enfants pendant 7 jours car les soldats turcs tiraient sur tous ceux qui sortaient de la maison. Cette mère de 11 enfants avait reçu 10 balles.
 
La petite Cemile a été tuée à Cizre, un district de Şırnak (Şirnex), le 7 septembre 2015. Sa mère a gardé le corps dans le congélateur pendant des jours car les soldats turcs leur avaient interdit de l’enterrer.
 
Aujourd’hui, exposer des cercueils colorés vides sous le nez de ces familles qui ont été privées de faire leur deuil car elles n’ont pas trouvé les cadavres de leurs proches ou ont été interdites d’organiser des funéraires est d’une perversité sans nom. On retourne le couteau dans leur plaie ouverte qui saigne depuis près de six ans maintenant.
 
Des personnalités et des politiciens kurdes dansant la ronde avec leurs bourreaux
 
Des politiciens et personnalités kurdes et turques avec Ahmet Güneştekin

Le coprésident du HDP, Mithat Sancar, Mithat Sancar, İhsan Arslan, l’avocate Türkan Elçi, la journaliste Nurcan Baysal étaient parmi les personnalités et politiciens kurdes qui étaient aux côtés des responsables turcs dont le maire kémaliste d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu et l’ancien député du Parti de la justice et du développement (AKP), parti d’Erdogan qui sème la terreur au Kurdistan, y compris au Rojava et au Bashur.

Certaines de ces personnalités kurdes sont allées jusqu’à danser la ronde avec ces représentants de l’État turc aux pieds des remparts historiques d’Amed, à Keçi Burcu alors que ce même régime vient d’interdire le concert organisé à l’occasion du 30e anniversaire du Centre de Culture Mésopotamienne (Navenda Çanda Mezopotamya, en kurde) à Istanbul….

*Ahmet Güneştekin est un artiste visuel, dont les œuvres couvrent la peinture, l’art conceptuel et la sculpture. 

Plusieurs Kurdes sur la liste d’individus et d’organisations dangereux de Facebook

0
CENSURE – Le géant des Réseaux Sociaux, Facebook a mis plusieurs Kurdes – dont Sakine Cansiz assassinée en janvier 2013 à Paris – et le PKK ainsi que ses affiliés sur sa liste d’individus et d’organisations « dangereux », rendant un énorme service au régime turc dans sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux…
 
Un document de Facebook divulgué par Intercept révèle que l’entreprise considère les mentions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de 15 autres individus et organisations affiliés qualifiés de « dangereuses » justifiant leur éventuel bannissement.
 
Le document interne d’une centaine de pages publié par Intercept contient les noms de plus de 4 000 organisations, partis politiques et individus signalés par la société de réseaux sociaux comme « dangereux ».
 
Il y a 16 mentions de groupes et d’individus affiliés au PKK dans le document, notamment le groupe armé lui-même et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), ainsi que plusieurs autres organisations et individus kurdes.
 
Dans une interview par e-mail avec Rudaw, Facebook défend sa politique mettant ces gens sur cette liste.
 
« Nous avons des règles interdisant aux terroristes, aux groupes haineux ou aux organisations criminelles d’utiliser notre plate-forme et de supprimer le contenu qui les loue, les représente ou les soutient chaque fois que nous le trouvons », a déclaré un porte-parole de Facebook à Rudaw, affirmant qu’ils ont des obligations légales liées aux sanctions américaines qui guident leur politiques sur les organisations dangereuses.
 
Le magnat des médias sociaux affirme avoir plus de 350 spécialistes concentrés sur la mise en œuvre de leur politique.
 
« Il convient de noter qu’il n’y a bien sûr pas de définition universelle du terrorisme parmi les chercheurs, les agences intra-gouvernementales, et certainement pas entre les gouvernements », a déclaré le porte-parole de l’entreprise. « Nos définitions ont été développées en partenariat étroit avec des chercheurs et des experts de premier plan, et se concentrent fortement sur les cas de violence hors plateforme. »
 
Rudaw: Sakine Cansizs a été assassinée à Paris en 2013. Pourquoi est-elle toujours dans cette liste ?
Sakine Cansiz, militante kurde assassinée à Paris en 2013
 
Porte-parole de la société Facebook : Sakine Cansiz est membre fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le PKK est désigné par les États-Unis comme une organisation terroriste étrangère. Comme nous l’indiquons clairement dans nos normes communautaires, dans le cadre de notre politique relative aux personnes et organisations dangereuses, nous n’autorisons pas les entités désignées par le gouvernement des États-Unis comme des organisations terroristes étrangères (FTO) ou des terroristes mondiaux spécialement désignés (SDGT) à utiliser nos plateformes. En vertu de cette politique, nous interdisons également leurs dirigeants et leurs membres éminents. De plus, nous n’autorisons pas les contenus qui louent, soutiennent ou représentent des individus ou des groupes désignés, y compris des personnages historiques.
 
Pourquoi tant de concentration sur les individus et entités kurdes à la fois en Irak et en Turquie ?
 
Nous avons désigné des individus et des entités comme terroristes partout dans le monde, y compris des organisations basées en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Notre définition du terrorisme est publique, détaillée et a été élaborée avec une contribution importante d’experts et d’universitaires extérieurs. Contrairement à certaines définitions du terrorisme, notre définition est indépendante de la région, de la religion, des perspectives politiques ou de l’idéologie – elle est basée uniquement sur le comportement organisationnel.
 
Que se passerait-il si une publication Facebook liée à ces noms apparaissait sur la plateforme ?
 
Ça dépend du contexte. Nos politiques sont conçues pour permettre aux gens de discuter de ces groupes et individus de manière neutre – de faire rapport sur eux et leurs activités, à condition que les gens indiquent clairement leur intention. Cependant, nous n’autorisons pas les contenus qui louent, soutiennent ou représentent des individus ou des groupes se livrant à des activités terroristes ou à la haine organisée. Facebook ne veut pas que la violence soit organisée ou facilitée sur sa plate-forme et la liste des organisations et individus dangereux est un effort pour empêcher les groupes dangereux de le faire.
 

TURQUIE. Des artistes dénoncent l’interdiction du concert d’anniversaire du centre culturel kurde MKM

0
TURQUIE / BAKUR – Le régime turc a interdit le concert organisé à l’occasion du 30e anniversaire du Centre de Culture Mésopotamienne (Navenda Çanda Mezopotamya, en kurde) à Istanbul.
 
Des artistes d’Amed / Diyarbakir ont protesté samedi contre l’interdiction du concert du 30e anniversaire de MKM, déclarant qu' »aucune interdiction ne détruira la langue et la culture du peuple kurde ».
 
L’interdiction du concert du 30e anniversaire que les artistes du Centre de Culture Mésopotamienne (Mezopotamya Kültür Merkezi, soit Navenda Çanda Mezopotamya*, en kurde) voulaient organiser au Centre culturel d’Istanbul/Bostancı le samedi 16 octobre, a été ordonnée par le bureau du gouverneur du district de Kadıköy. Les artistes du MKM à Amed ont protesté contre l’interdiction par un communiqué de presse.
 
Le membre du MKM, Devrim Demir, a fait une déclaration au nom des artistes qui se sont réunis à l’Association de la culture et de l’art Fırat dans le quartier de Sur à Amed. Demir a déclaré que les artistes du MKM ont résisté et ont continué à faire fonctionner la culture et l’art en kurde pendant 30 ans et a ajouté : « Depuis les années 90, nous résistons. Nos associations ont été fermées à plusieurs reprises. Beaucoup de nos amis ont été détenus et envoyé en prison. Des condamnations ont été prononcées. Nous avons payé un prix très élevé et nous continuons à en payer le prix. »
 
« Une politique de peur et d’oppression »
 
Demir a souligné que les politiques d’intimidation, d’oppression, de massacre et d’assimilation de la langue et de la culture kurdes se poursuivent et a rappelé que même les tenues locales kurdes et la chanson « Tu ki yî » (Qui es-tu) des artistes du MKM ont été interdites lors du rassemblement organisé par l’association des femmes TJA le samedi 16 octobre. Le concert a été interdit pour « mise en danger de la sécurité publique (…) » a déclaré Demir.
 
« La langue et la culture kurdes ne disparaîtront pas »
 
Demir a déclaré : « La langue et la culture du peuple kurde ne disparaîtront pas avec votre politique de déni. Les artistes MKM promettent que nous ne négligerons pas notre langue, notre culture et notre art. »
 
 
*Les Kurdes utilisent souvent le mot « Mezopotamya » (Mésopotamie) à la place du mot « Kurdistan » qui est toujours interdit en Turquie.

SYRIE. Les gangs de la Turquie tuent sous la torture une Kurde enceinte à Afrin

0
SYRIE / ROJAVA – Nemet Behcet Şêxo, une femme kurde de 32 ans, et son mari de 36 ans, Xelil Nesan, ont été kidnappés par des gangs islamistes de la Turquie à Afrin il y a quelque temps.
 
Selon des sources locales, la femme et l’homme ont été interrogé sous la torture intense pendant six heures.
 
La femme enceinte serait décédée des suites de torture et des agents du service de renseignement turc MIT auraient menacé sa famille d’enlèvement si jamais ils dévoilaient la cause de sa mort.
 
Le sort de son mari reste inconnu.
 
DES CIVILS KIDNAPPES CHAQUE JOUR
 
Un régime de terreur et d’oppression a été instauré à Afrin, qui est sous occupation turque depuis mars 2018. Des crimes tels que l’enlèvement, l’exécution, la torture, le pillage et la migration forcée sont devenus une routine quotidienne dans la ville où les crimes de guerre sont monnaie courante.
 
Depuis début septembre, des civils sont kidnappés presque quotidiennement à Afrin. Les organisations de défense des droits humains n’ont pas encore publié de rapport sur la question, mais des sources locales révèlent que des dizaines de personnes ont été enlevées.
 
Selon l’Organisation des droits de l’homme d’Afrin, les forces d’occupation ont enlevé au moins 101 personnes à Afrin entre le 29 juillet et le 23 août. 17 d’entre elles étaient des femmes et 3 d’entre elles étaient des enfants.
 
L’organisation a déclaré que l’État turc et ses mercenaires demandent une rançon pour les civils qu’ils ont enlevés et que leur objectif est d’achever le changement démographique en déplaçant la population locale.
 

Trois guérilleros qui ont survécu à l’attaque chimique turque demandent une enquête internationale

0
KURDISTAN – Trois combattants kurdes du PKK qui ont survécu à l’attaque chimique turque à Girê Sor, près de la frontière turque, ont parlé des effets de l’attaque et déclaré que « les délégations internationales peuvent visiter les tunnels et mener des recherches. Il y a encore des traces chimiques. »
 
L’armée turque a lancé une nouvelle attaque contre les tunnels de guerre le mois dernier après l’échec des calculs utilisés dans l’attaque d’invasion lancée dans la région d’Avasin. L’Etat turc est arrivé dans la zone de Girê Sor le 21 juin avec tous les moyens techniques disponibles, et a utilisé à de nombreuses reprises des gaz chimiques et des explosifs depuis le début de la guerre contre la guérilla kurde. Début septembre, l’armée d’invasion turque, qui avait mené diverses attaques contre Girê Sor, situé au point zéro de la frontière turque, mais sans succès, a eu recours à une autre méthode inhumaine. Six guérilleros ont été tués dans cette attaque menée le 3 septembre 2021, avec un nouveau type d’arme chimique.
 
Trois guérilleros qui ont combattu dans les tunnels de guerre de Girê Sor depuis le début du processus de résistance et ont survécu aux bombardements d’armes chimiques ont parlé à l’ANF des crimes de guerre de l’État turc dans ces régions. Les armes chimiques interdites ont été utilisées par l’armée turque, selon les guérilleros Mizgin, Armanc et Tekosin, et six guérilleros ont été tués lors de l’attaque chimique.

 

« ILS ONT UTILISÉ DU GAZ A L’ODEUR AGREABLE POUR NOUS ATTIRER »

Selon YJA Star Guerrilla Mizgin Dalaho, l’État turc n’a pas tiré une seule balle dans ces tunnels de guerre et a plutôt mené toute la guerre avec des gaz chimiques et des explosifs:

« J’étais dans les tunnels de combats; l’ennemi n’est jamais entré dans les tunnels de combats et s’est engagé dans des combats au corps à corps avec bravoure, mais plutôt avec des explosifs et des gaz chimiques. La fumée et l’odeur de ces gaz chimiques diffèrent les unes des autres. Ils utilisaient parfois du gaz poivré et divers gaz chimiques à d’autres moments. Le premier gaz qu’ils ont utilisé était de couleur verte et avait un goût et une odeur de sucre brûlé. Ce gaz avait une odeur agréable. Ils utilisaient des gaz qui avaient une odeur et un goût agréables, donc nous ne serions pas dérangés par eux si nous les inhalions. Le premier gaz qu’ils ont utilisé était de couleur verte et avait un goût et une odeur de sucre brûlé. Ce gaz avait une odeur agréable. Ils utilisaient des gaz qui avaient une odeur et un goût agréables, donc nous ne serions pas dérangés par eux si nous les inhalions. Le premier gaz qu’ils ont utilisé était de couleur verte et avait un goût et une odeur de sucre brûlé. Ce gaz avait une odeur agréable. Ils utilisaient des gaz qui avaient une odeur et un goût agréables, donc nous ne serions pas dérangés par eux si nous les inhalions.

Le gaz qui a tué Heval Baz (guérilla du HPG, martyr Baz Gever-Fırat Şahin) sentait l’eau de javel. Cela a eu un effet durable sur les gens, c’est pourquoi Heval Baz a été martyrisé un jour plus tard, pas immédiatement. Pendant une journée, Heval Baz a eu un liquide jaune avec des bulles qui sortait de sa bouche, puis il est décédé. Ils ont également utilisé divers gaz entre les deux, dont la majorité étaient de couleur blanc grisâtre. »

La combattante Mizgin Dalaho a déclaré :

« Plus tard, nous sommes allés voir les amis mentionnés pour voir que nos six amis avaient tous été tombés martyrs. Tous avaient un teint rouge violacé. Tous mes amis avaient été tués par le gaz, car ils montraient tous des signes d’étouffement.

C’était une explosion très violente, alors nous avons érigé de lourdes barricades devant les tunnels. La force de la pression avait fait s’effondrer toutes les barricades. Cela a également eu un effet très différent sur nos amis. Le gaz chimique n’est pas une arme à utiliser au combat. Notre peuple ne doit jamais accepter que ses enfants soient tués quotidiennement avec des produits chimiques sous leurs yeux. Il y a eu de nombreux massacres dans le passé, mais cette attaque est sans précédent. L’Etat turc ne peut le nier. Les gens peuvent saisir des preuves et les délégations internationales peuvent visiter ces tunnels pour mener des recherches. Ces produits chimiques sont toujours présents dans les tunnels. Ils peuvent examiner les corps des amis martyrs pour déterminer quels gaz chimiques ont été utilisés. D’abord et avant tout, le public ne doit pas l’accepter. »

« LE CAMARADE BAZ A ÉTÉ TUÉ PAR L’EFFET CHIMIQUE »

Le guérillero du HPG, Armanc Simko est l’un des guérilleros qui a été témoin de ce qui s’est passé dans la région de Girê Sor et fait partie de la résistance depuis sa création. Il a déclaré que ces gaz affectent le système nerveux et la conscience des gens, provoquant la mort par suffocation :

« Lorsque le camarade Baz a été exposé pour la première fois à ce gaz, il n’a pas été affecté ; cependant, l’effet est devenu apparent plus tard. Le camarade Baz avait du mal à respirer, son cœur battait vite et fort et son pouls était irrégulier. Lorsque nous avons tenté de faire un massage cardiaque pour le sauver, de l’eau pétillante jaune est sortie de sa bouche et de son nez. Le camarade Baz y est mort des suites d’une suffocation causée par un gaz chimique. »

« 2 MOIS SE SONT PASSÉS, MAIS JE NE PEUX TOUJOURS PAS CONTROLER MES RÉFLEXES »

Armanc Simko a déclaré que le dernier gaz chimique utilisé par les soldats turcs a eu un effet immédiat sur les gens, et qu’après avoir inhalé ce gaz, il est tombé inconscient pendant 4 heures et n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé:

« J’en ressens encore les effets ; J’oublie la plupart des choses et je ne peux pas contrôler les réflexes de mon corps. »

LAISSEZ LES DÉLÉGATIONS INTERNATIONALES VENIR ICI ET ENQUÊTER

« Dans l’opération Avaşin, ils ont utilisé du gaz chimique à Mamreşo et Girê Sor, et plus récemment dans les zones de résistance de Werxelê.

Malgré cela, la guérilla riposte avec ses propres moyens et sa détermination. Je voudrais faire appel aux chercheurs internationaux. Qu’ils viennent ici et explorent ces tunnels. Ces produits chimiques continuent d’avoir un impact dans les tunnels. L’État turc commet un crime de guerre, ainsi qu’un crime contre l’humanité. Personne ne doit rester silencieux sur cette question. Notre peuple, en particulier, et les familles des martyrs, ne doivent pas rester silencieux sur cette question. L’identité des amis martyrs a été révélée et les familles doivent assister aux funérailles de leurs enfants pour découvrir ce qui est arrivé à leurs corps et demander des explications. Dans tous les cas, l’État turc ne donne pas les corps parce qu’ils ont peur d’une enquête sur les corps et d’une exposition de leurs crimes. (…) Nous allons exiger que l’État turc rende compte de ces crimes de guerre, et nous vengerons ceux qui sont morts à nos côtés. »

La combattante de l’YJA-Star, Tekosin Devrim a décrit les événements ainsi:

Le 21 juin, l’ennemi a lancé une attaque sur la zone de Girê Sor. Le troisième jour de l’opération, ils ont commencé à utiliser du gaz chimique. Ce gaz chimique était de couleur vert vif et sentait fortement le sucre brûlé. Ils ont effectué une explosion. après avoir utilisé chaque gaz chimique. Au cours de cette guerre, nous avons pu constater à quel point les soldats turcs étaient lâches et à quel point ils étaient éloignés de la moralité et de la conscience de guerre. Ils ont utilisé de telles tactiques parce qu’ils ne pouvaient pas briser la résistance de la guérilla. Le gaz gris, en particulier , était concentré dans les tunnels. Ils pompaient ce gaz dans des tuyaux à travers les portes que nous avions précédemment fermées. L’odeur d’eau de Javel était un autre type de gaz qu’ils utilisaient. L’odeur était à la fois nauséabonde et puissante. De plus, ils utilisaient constamment du poivre gaz pour garder les amis à l’intérieur à bout de souffle. Même dans les tunnels dans lesquels nous étions. Les soldats turcs n’ont pas réussi à tirer une balle correctement.

Le 3 septembre, nous étions de garde lorsqu’ils ont utilisé le gaz qui a tué nos amis. Malgré le fait que nos tunnels soient très longs, nous avons subitement ressenti beaucoup de pression. Il n’y a pas eu d’explosion, mais quelque chose ressemblant à un tremblement de terre s’est produit. Il a été rempli de gaz quelques minutes plus tard. Ce gaz ne ressemblait à aucun autre qu’ils aient jamais utilisé. « Quoi qu’il arrive, cette colline ne tombera pas ; nous triompherons ici », disaient toujours les amis. Face à cette détermination, l’utilisation de produits chimiques par l’ennemi était le résultat du désespoir. Lorsque l’ennemi s’est rendu compte qu’il n’y aurait aucun résultat, il a essayé de nouvelles méthodes, ce qui a entraîné cette explosion.

Malgré le fait que nos tunnels soient très longs, un gaz très dense est entré à l’intérieur. Ce gaz ne sentait pas aussi bon que les autres ; au contraire, il dégageait une odeur nauséabonde que les gens ne pouvaient pas supporter. J’étais tombé dans le tunnel et j’étouffais au point de croire que j’allais mourir. Des amis sont venus et m’ont donné un souffle, et c’est ainsi que j’ai repris connaissance.

Mes amis s’évanouissaient et tombaient, et ce gaz faisait perdre la mémoire aux gens. Chacun des six amis mentionnés ci-dessus a été directement martyrisé. Le produit chimique qu’ils utilisaient était si puissant que les gardes étaient incapables d’atteindre les amis tombés au combat. Des amis étaient morts dans des tunnels et des sections. Leurs corps étaient rouges et meurtris, et il était clair qu’ils avaient été étouffés. Certains des pieds des amis étaient retournés. L’état des cadavres indiquait qu’un gaz très puissant avait été utilisé et qu’il s’agissait d’une nouvelle attaque. Ces explosifs et ces gaz n’avaient jamais été utilisés auparavant, et ils ont été mis à l’épreuve sur nous. L’Etat turc se dirige vers les tunnels de guerre dépourvus de moralité et de conscience, et attaque avec des milliers de soldats contre 9 à 10 guérilleros.

Le camarade Botan Özgür était le commandant de la résistance, et il a toujours dit pendant la résistance : « Notre peuple est derrière nous, et notre peuple revendiquera certainement cette résistance et se soulèvera. Notre peuple devrait remarquer ces choses et réagir. Malgré toutes les difficultés, les amis ont résisté pendant des jours quand l’ennemi était sur eux, et ils ont été martyrisés avec des produits chimiques. Notre peuple doit soutenir la résistance de nos camarades sans faille. »

 

 

Une jeune Kurde remporte le concours international de nouvelles pour étudiants

0
KURDISTAN – Une étudiante kurde d’Erbil (Hewler) a remporté la première place parmi d’autres concurrents de différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord lors d’un récent concours de nouvelles.
 
Nilan Araz Sherwani a été récompensée par Cambridge University Press et Cambridge Assessment International Education pour sa nouvelle intitulée « Le mythe du sens ».
 
AIS - L'annonce par Pirmam de l'exploit de Nilan.  16 octobre 2021. (Photo : AIS - Pirmam FB Page)

Le concours était destiné aux élèves de 8e année des écoles internationales de Cambridge en Irak, en Jordanie et en Égypte. Sherwani a participé depuis la sienne, Anna Lindh International School (AIS), à Erbil.

Lina Muhsin Qarani, la directrice d’Anna Lindh, a déclaré à Kurdistan 24 que son école avait été informée de ce concours début 2021 et que les résultats avaient été annoncés pour la première fois en septembre.

Prix ​​Nilan, octobre 2021. (Photo : AIS - Pirmam)
Le certificat décerné à Nilan Araz Sherwani
 

TURQUIE. Les femmes kurdes descendent dans la rue contre le racisme et le sexisme

0
TURQUIE / BAKUR – Aujourd’hui, les femmes kurdes descendent dans la rue à Diyarbakir (Amed) contre le racisme et le sexisme
 
Le rassemblement est organisé par l’organisation de féministes TJA et le parti kurde DBP.
 
Le Mouvement des femmes libres (TJA) et le Parti des régions démocratiques (DBP) se sont rendus dans les quartiers de Yenişehir, Kayapınar et Bağlar à Diyarbakır pour appeler les gens à se joindre au rassemblement d’aujourd’hui qui se tiendra avec le slogan « Edi bese (ça suffit)! Assez de racisme et de sexisme, c’est maintenant l’heure de la liberté des femmes ».
 
La coprésidente du Parti des régions démocratiques (DBP), Saliha Aydeniz, a également appelé à participer au rassemblement.
 
Aydeniz a déclaré: « Nous, les femmes, serons demain à la place de Istasyon pour défendre et crier la paix contre la guerre, la vie contre la mort, la liberté contre l’isolement. Nous disons le moment est venu pour la liberté. Nous disons non au racisme et au sexisme portés par la violence des hommes contre les femmes. »
 
Le rallye débutera à 13h.
 
 

KURDISTAN. Festival de la grenade d’Halabja

0

IRAK / KURDISTAN – La ville kurde d’Halabja a accueilli le septième Festival de la grenade et de l’agriculture malgré une année difficile causée par la sécheresse.

Malgré une baisse spectaculaire de la pluie qui a eu un impact négatif sur le secteur agricole de l’Irak et de la région du Kurdistan au cours de l’année dernière, les agriculteurs de la province de Halabja, dans la région du Kurdistan, ont organisé leur festival annuel de la grenade qui a débuté ce jeudi.

Le Festival d’automne d’Halabja est le septième du genre qui accuille 600 stands avec plus de 450 agriculteurs locaux vendent leurs produits issus de la grenade.

Outre les différentes sortes de grenades produites localement, la foire propose également d’autres produits d’automne tels que des figues, raisins et noix.

Cependant, la sécheresse de cette année a eu un « impact énorme » à la fois sur la qualité et la quantité de grenades cultivées, a déclaré à Kurdistan 24 Najmadeen Omer, chef de la direction des vergers de Halabja.

Environ 14 000 à 15 000 tonnes de grenades ont été produites cette année, une quantité dérisoire par rapport aux 30 000 tonnes produites l’année dernière.

À mesure que l’offre diminue, les prix de la grenade augmenteront probablement, a déclaré Omer, notant que « c’est un principe économique ».

« La sécheresse a eu un impact énorme sur le secteur agricole, en particulier les vergers », a déclaré le responsable agricole.

Le manque de précipitations et les effets croissants du changement climatique en Irak et dans la région du Kurdistan ont exacerbé la sécheresse, ce qui a fait baisser le niveau des cours d’eau et des sources d’eau essentiels au maintien des vergers.

Les plaines d’Halabja et de Sharazur ont la réputation de produire des grenades de haute qualité et de nombreux autres fruits et légumes d’été et d’automne.

L’année dernière, la province a expédié son premier lot de 100 tonnes de grenades au Royaume-Uni, qui a été chaleureusement accueilli par les clients, y compris les politiciens britanniques.

 

Kurdistan24

TURQUIE. L’attaque des cimetières des combattants kurdes par l’armée portée devant l’ONU

0
Les ONG de juristes, Mojust et l’ÖHD ont préparé un rapport de 142 pages sur les attaques contre les cimetières et les cadavres des Kurdes en Turquie entre 2015-2020. Le rapport sera soumis à Mary Lawlor, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains.
 
Les violations des droits humains et des libertés en Turquie ont été suivies de près par les institutions et organisations européennes travaillant dans ce domaine. L’Observatoire international de la justice en Mésopotamie (Mesopotamia Observatory of Justice – MOJUST), une organisation non gouvernementale dont le siège est en Suisse et qui se concentre sur les violations graves des droits humains, en particulier dans les pays du Moyen-Orient, se concentre sur les violations en Turquie.
En se concentrant sur les violations des droits humains dans le domaine du droit international, lois pénales, humanitaire et de guerre et leurs victimes, MOJUST a mis les attaques contre les cimetières et les tombes des Kurdes en Turquie entre 2015-2020 à l’ordre du jour. À la suite du travail conjoint avec l’Association des juristes libres (Özgürlükçü Hukukçular Derneği – ÖHD), un rapport complet de 142 pages a été préparé.

 

UN TRAVAIL MINITIEUX
 
La première partie du rapport, qui n’a été préparée qu’en anglais et se compose de deux chapitres, se concentre sur le contexte historique des politiques d’oppression généralisées et systématiques envers les Kurdes en Turquie. Dans le rapport, qui indiquait que les kémalistes recouraient à des méthodes autoritaires systématiques contre les Kurdes par l’usage de la force militaire et de la violence dans les premières années de la République, il était souligné que des crimes allant jusqu’au génocide avaient été commis entre 1924 et 1938 lorsque certains tribus kurdes se sont opposées à ces politiques. Il a également été déclaré que la nation kurde était voulue pour être détruite en procédant un lavage de cerveaux des enfants kurdes dans les pensionnats, dans un système éducatif colonial, afin de « civiliser » les Kurdes considérés « primitifs » avec une logique coloniale.

Dans le rapport, il a été souligné que « cette stratégie, y compris la politique de relocalisation, s’est poursuivie dans les années suivantes, une guérilla a été lancée en 1984 contre les politiques de destruction mises en œuvre par l’État dans la région kurde, et des crimes graves ont été commis contre les Kurdes pendant l’état d’urgence (OHAL) qui a duré de 1987 à 2002. Selon le rapport, en particulier pendant l’état d’urgence appliqué dans 13 des 17 villes de la région entre 1990-95 ; 3 415 Kurdes ont été évacués de force, près de 4 millions de personnes ont été déplacées, 2 680 civils ont été tués par les forces de l’État, 363 personnes sont mortes à cause des mines, 181 prisonniers sont morts sous la torture, 116 femmes kurdes ont été violées par les forces de l’État, 1 620 personnes ont été tué dans un meurtre non élucidé, 911 personnes ont été exécutées sans jugement, 4 462 personnes ont été torturées et des milliers de personnes ont été détenues. »

LA QUESTION KURDE UTILISÉE COMME UNE ARME POLITIQUE

Le rapport, qui souligne que les crimes commis par l’Etat turc entre 1990-95 notamment, ne laissaient aucun doute, et ajoute que l’AKP, qui est au pouvoir, « utilise la question kurde comme arme politique pour gagner gros bénéfices.

Dans le rapport, qui rappelle que l’AKP a pris des mesures démocratiques pour briser le monopole kémaliste et obtenir le soutien de l’Union européenne (UE) dans les premières années de son arrivée au pouvoir, et a autorisé un usage limité du kurde, le rapport indique également que les pourparlers de paix initiés en 2009 avec des responsables du PKK ont également été menés de la même manière par le régime d’Erdogan. Il a été noté qu’il a été traité tactiquement. Dans le rapport, qui déclarait que la politique d’oppression et d’anéantissement envers les Kurdes avec des méthodes de répression modernes avait été mise en œuvre au cours de cette période, et cela est devenu le principe principal de l’administration, il a été souligné que le gouvernement de l’AKP avait tendance à détruire les Kurdes. à l’intérieur et à l’extérieur avec le secret « Plan d’effondrement » décidé en septembre 2014. Comme l’une de ces étapes, le président Tayyip Erdoğan a blâmé les peuples » Parti démocratique (HDP) au lieu d’enquêter sur l’usage disproportionné de la force contre les manifestants, malgré le fait que de nombreuses personnes ont été tuées, 772 personnes ont été blessées et qu’il y a eu des arrestations lors des attaques contre ceux qui protestaient contre l’attaque de l’EI sur Kobanê. Il a été déclaré qu’il avait fait chanter les Kurdes en menaçant de mettre fin aux pourparlers de paix. »

168 ATTAQUES VISANT LE HDP

Le rapport comprenait les évaluations suivantes : « Comme dans les années 1990, le régime d’Erdogan a adopté les exécutions extrajudiciaires dans la région kurde comme méthode de punition et de dissuasion. Par exemple, 8 civils ont été tués par les forces de sécurité rien qu’à Cizre entre le 27 décembre et le 17 janvier. De plus, les arrestations massives d’activistes kurdes dans la région kurde se sont systématiquement multipliées depuis février 2015. Cette stratégie de destruction a également mené 226 attaques contre les forces du PKK par les forces de l’État, bien que le PKK ait respecté le cessez-le-feu de mai 2014 à avril 2015. d’autre part, parallèlement à ces méthodes de répression, l’AKP a poursuivi les pourparlers de paix avec le PKK. La délégation d’İmralı, composée de députés HDP et du vice-Premier ministre, a signé l’Accord de Dolmabahçe, une déclaration de réconciliation en 10 points pour la résolution pacifique de la question kurde, le 28 février 2015. Considérant le discours du HDP sur la « politique populaire » et la « paix » comme une menace, l’AKP visait à éliminer presque toutes les formes de politique kurde en utilisant le processus de solution comme une arme pour détruire le HDP. Pendant la période électorale entre le 23 mars et le 3 juin 2015, il y a eu 168 attaques et incendies criminels, y compris des attaques armées et des bombardements contre le HDP. Au cours de ces attaques, 5 personnes sont mortes et 522 personnes ont été blessées. Pendant la période électorale entre le 23 mars et le 3 juin 2015, il y a eu 168 attaques et incendies criminels, y compris des attaques armées et des bombardements contre le HDP. Au cours de ces attaques, 5 personnes sont mortes et 522 personnes ont été blessées. Pendant la période électorale entre le 23 mars et le 3 juin 2015, il y a eu 168 attaques et incendies criminels, y compris des attaques armées et des bombardements contre le HDP. Au cours de ces attaques, 5 personnes sont mortes et 522 personnes ont été blessées.

Suite au grand succès du HDP aux élections de juin 2015 en obtenant 13% des voix, il est indiqué dans le rapport que les couvre-feux, qui durent 24 heures par jour, ont été mis en place en tant que norme administrative dans 10 villes, 39 communes et 63 districts. de la région dans une période de 9 mois à compter d’août 2015. Au cours de cette période, il a été souligné que les crimes contre les Kurdes dans les années 1990 par les forces de l’État ont été réitérés avec plus de rigueur. »

PUNITION COLLECTIVE
« Les forces de sécurité de l’État ont transformé la région kurde en champ de bataille et ont puni collectivement plus de 1,5 million de civils kurdes, qui ont été automatiquement qualifiés de « sympathisants du PKK » », indique le rapport. Des civils kurdes qui soutiennent le HDP ont été attaqués sans discernement dans des endroits où des couvre-feux ont été imposés en raison de leur identité ethnique kurde et de leurs opinions politiques privées. Dans les années 1990, l’État a étendu sa politique de châtiment de masse des Kurdes dans les zones rurales de la région kurde aux villes et villages kurdes, et a conçu des attaques militaires similaires à l’approche d’Israël en Palestine, détruisant les moyens de subsistance des Kurdes. Il a été déclaré que cette situation a également été documentée par différentes organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme et le Haut-Commissariat des Nations Unies (ONU) aux droits de l’homme (HCDH).
Dans la deuxième partie du rapport, intitulée « La guerre de la Turquie contre les tombes kurdes », les attaques contre les cimetières de différentes villes et les approches inhumaines des corps enterrés là-bas ont été examinées. »

18 CIMETIÈRES ET 1 644 TOMBES DÉMOLIS
Dans la conclusions du rapport, on apprend que « 18 cimetières ont été complètement détruits par la police et les soldats entre le 17 septembre 2015 et le 4 avril 2020. Dans la province de Şırnak, 900 tombes ont été complètement détruites, 1 475 tombes ont été détruites ; A Diyarbakır, 143 tombes ont été complètement détruites, 340 tombes ont été détruites ; 200 tombes ont été complètement détruites à Batman, 369 tombes ont été détruites ; 150 tombes ont été complètement détruites dans la province du Dersim, 3 d’entre elles ont été détruites ; A Van, 41 tombes ont été détruites, 69 tombes ont été détruites ; 200 tombes ont été détruites à Siirt ; 232 tombes ont été détruites à Mardin ; A Suruç/Urfa, 9 tombes ont été complètement détruites, 3 tombes ont été détruites ; 267 tombes ont été complètement détruites à Bitlis ; A Hakkari, 54 tombes ont été complètement détruites ; 27 tombes ont été complètement détruites et 8 tombes ont été détruites à Muş ; 80 tombes ont été détruites à Bingöl. En raison du nombre de tombes détruites et endommagées par le bombardement par hélicoptère du « Cimetière Martyr Suat Tekin Kızılay » dans la province d’Ağrı, la taille minimale de ces chiffres est très claire ; Le statut du « Cimetière Pakrewangeha Egît Suruç et Ayten Tekin » à Mardin et du « Cimetière Çemçe » dans le quartier Kağızman de Kars est encore inconnu. Comme l’a déclaré MEBYA-DER, les tombes détruites dans ce rapport de recherche correspondent à moins d’un quart des chiffres réels, car les études sur ce sujet ont été entravées et criminalisées de manière persistante. 

Demande d’enquête 
Dans leur rapport, rappelant la législation juridique de la Turquie et les conventions internationales dont elle fait partie, les deux institutions demandent qu’une enquête juste, impartiale et efficace soit menée immédiatement pour identifier les auteurs des attaques, que des dispositions juridiques préventives soient accomplies, et que la Turquie devrait s’excuser auprès des familles pour les événements qui se sont déroulés jusqu’à présent.

 

Le rapport préparé par les deux institutions sera transmis prochainement à Mary Lawlor, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains.

 

TURQUIE. Disparition de Gülistan Doku: Mandat d’arrêt contre le beau-père du suspect

0
TURQUIE / BAKUR – L’étudiante kurde, Gülistan Doku, 21 ans, a disparu en janvier 2020 à Dersim. Un tribunal a émis un mandat d’arrêt contre le beau-père du principal suspect, qui a été démis de ses fonctions de policier pour avoir divulgué des informations privées sur Doku.
 
Un tribunal a délivré un mandat d’arrêt contre le beau-père du principal suspect de la disparition de Gülistan Doku (21 ans) dans la province du Dersim début 2020.
 
Une plainte a été déposée contre Ergin Y., le beau-père de l’ami de Doku, ZA, pour ses publications sur les réseaux sociaux révélant des informations privées sur la femme disparue. Il est accusé d’avoir eu l’intention de « créer l’impression qu’elle s’était suicidée ».
 
En raison de ces postes, Ergin Y. a été démis de ses fonctions de policier en janvier pour violation de la confidentialité de l’enquête.
 
Gülistan Doku étudiait à l’Université Munzur de Dersim. On n’a plus jamais entendu parler d’elle après avoir quitté son dortoir le 5 janvier 2020. Sa famille demande ce qui lui est arrivé depuis 649 jours.
 
La famille et les avocats de Doku ont assisté à la quatrième audience de l’affaire au palais de justice de Tunceli. Le tribunal a émis un mandat d’arrêt contre Ergin Y., qui n’a assisté à aucune audience. La prochaine audience aura lieu le 2 décembre.
 
Sa soeur se bat pour retrouver Gulistan
 
La sœur de Gülistan, Aygül Doku a déclaré : « Nous avons insisté pour qu’il vienne [aux audiences] et cette décision a été rendue. »
 
S’adressant au ministère de la Justice, elle a déclaré : « Rendre justice. Est-ce justice que Gülistan n’ait pas pu être retrouvé pendant 649 jours ?
 
Je cherche ma sœur et je suis également jugée. Je ne sais pas quoi dire à ce sujet.
 
Ils ne recherchent pas le principal suspect. C’est évident. Gülistan est dans le noir depuis 649 jours et je ne veux pas laisser ma sœur dans le noir. C’est pourquoi je veux que chacun fasse ses devoirs.
 
Il y a de sérieux doutes sur cette famille et ces doutes doivent être clarifiés. Pourquoi cette famille a-t-elle soudainement quitté la ville ? Nous ne cherchons pas un tueur. Les doutes doivent être dissipés. Qu’est-il arrivé à Gülistan ? Nous voulons que cela soit révélé.
 
Nous voulons que les responsables, ceux qui ont fait disparaître Gülistan, soient tenus responsables devant la justice. Je suis jugé pour avoir dit cela. Je m’adresse au ministre de la Justice. Peut-il regarder ses enfants en face quand il rentre chez lui ? Il ne peut regarder que si justice est rendue. »
 
Que s’est-il passé?

Le 5 janvier 2020, l’étudiante universitaire Gülistan Doku n’est pas retournée au dortoir pour femmes où elle était logée. Comme ses colocataires ne pouvaient pas la joindre par téléphone, elles se sont inquiétées et ont fait appel à la Direction provinciale de la sécurité de Tunceli. Sa famille a également été informée du problème. La famille est venue à Dersim le 6 janvier et a signalé la disparition de Gülistan Doku à la direction de la sécurité.
 
En consultant ses amis et en suivant les signaux de son téléphone portable, les policiers ont également examiné les caméras de surveillance de la ville et ont découvert qu’elle était montée dans le minibus universitaire à l’arrêt de bus du quartier Atatürk à 11h29. Cependant, même si les caméras de surveillance de la ville en cours de route ont été examinées, il n’a pas été possible de déterminer où elle était descendue.
 
Le chauffeur du minibus a été identifié et entendu. Le chauffeur a déclaré que le minibus n’était pas entré dans l’université car c’était dimanche, le minibus est revenu vide et il ne se souvenait pas où Gülistan Doku était descendu.
 
On suppose que Doku est descendu au pont Sarı Saltuk dans le centre-ville, le seul arrêt de bus hors de vue des caméras de surveillance.
 
Grâce à la lutte des femmes et de la famille Doku, les autorités ont décidé de drainer l’eau du barrage pour la retrouver.
 
Le 17 juin, une requête a été soumise au bureau du procureur général de Tunceli pour arrêter Zeınal Abarakov, le principal suspect du dossier.
 
Le 29 août, le rapport d’expertise était terminé. Par la suite, Ali Çimen, l’avocat de la famille Doku, a fait une autre demande d’arrestation d’Abaravakov. Rejetant cette demande, le parquet général de Tunceli a décidé de prendre sa déposition.
 
Le 4 août, l’examen par des experts des images qui montreraient Gülistan Doku sautant d’un pont a été achevé.
 
Selon l’examen du cabinet du National Criminal Bureau, ce qui est vu dans les images n’est pas Doku sautant du pont Dinar, où elle a été vue pour la dernière fois.
 
« L’effet sur la culée du pont est un résidu de pixels et certainement pas une colonne d’eau créée par une personne ou un objet qui tombe dans l’eau », conclut le rapport.
 
Dans un communiqué publié par le bureau du gouverneur de Tunceli le 18 août 2020, il a été annoncé que les efforts de recherche en cours dans le barrage avaient pris fin.
 
Coordonnés par le bureau du gouverneur, les efforts de recherche ont repris dans le barrage le 15 octobre.
 

Les enfants des camps de réfugiés kurdes de Lavrio ont besoin de nous

0
PARIS – Depuis plusieurs années, les réfugiés kurdes de Lavrio, en Grèce, ne reçoivent plus d’aide de l’État et des organisations officielles d’aide aux migrants à cause de la pression exercée par la Turquie. Alors, ces réfugiés se sont tournés vers l’auto-gestion de leurs deux camps, avec l’aide financière et matérielle apportée par des bénévoles et activistes mobilisés dans plusieurs pays européens, dont France, Corse, Italie, Suisse, Grèce…
 
Régulièrement, les activistes lancent des campagnes d’aide destinée aux camps de Lavrio qui abritent plusieurs centaines de réfugiés, dont des dizaines d’enfants. Grâce aux dons d’argent ou de produits de première nécessité, les réfugiés peuvent se nourrir, réparer les bâtiments vétustes, construire des aires de jeu pour les enfants… etc.  
Les deux derniers projets en cours au Lavrio concernent la construction d’un parc pour les enfants du deuxième camp de Lavrio et le tissage des liens entre des écoles suisses, corses, bretagnes, parisiennes et les enfants des camps de réfugiés kurdes à Lavrio à travers des dessins de colombes la paix dessinés par les enfants.
 
En France, ces projets sont portés notamment par le militant Jacques Leleu qui les explique en détail et appelle à la solidarité.
 
On partage avec vous son message:
 

Compte à rebours du prochain « convoi solidaire » qui sera à Lavrio fin novembre

Deux objectifs:

1 – tisser des liens durables entre des écoles en Suisse, corse, bretagne, région parisienne  et les enfants des camps de réfugiés kurdes de la ville de Lavrio… Comment ? en utilisant des dessins de colombes la paix. Nous demandons aux enfants des écoles de colorier ces colombes et d’écrire leur prénom et pays. Les dessins seront affichés dans les deux camps. A leur tour les enfants kurdes feront des dessins qui seront remis aux participants en Suisse, Corse, Bretagne etc …

2 – nous allons co-construire (avec nos amis, Corses, Bretons, Italiens, grecs …) un deuxième parc de jeux qui sera dans le camp extérieur.

J’ai besoin de vous !!!

En amont du départ (17 novembre), j’aimerais que vous m’envoyez , dès maintenant, (en pièces jointes ou à mon adresse) les dessins coloriés que vous avez récupérés. Mon objectif est de tenir le compte à rebours de notre départ en publiant régulièrement sur ma page Facebook les premiers dessins réalisés.

J’ai encore besoin de vous !!!

Vous savez que l’argent ne tombe pas du ciel. Le budget du prochain convoi est de 5500 euros (achat de la nourriture de base pour 500 personnes pour 2 mois, du fond de médicaments de l’infirmerie du camp, du matériel pour passer l’ hiver – radiateurs électriques et plaques de cuisson).

3500 euros sont nécessaires pour construire le deuxième parc de jeux.

A ce jour, nous avons récolté 60 euros !!!!

Vous pouvez autour de vous, dans vos réseaux,  récolter des dons que nous pouvons défiscaliser à 66 %.

La solidarité est notre force collective

Jacques

 
Les deux dessins colombes de la paix (aşitî en kurde) à faire colorier aux enfants:

ROJAVA. Devenue esclave de l’EI à 9 ans, une Yézidie veut que le monde sache l’enfer jihadiste

0
SYRIE / ROJAVA – Une délégation d’associations franco-belges de victimes de terrorisme s’est rendue au Rojava où les Kurdes détiennent des milliers de terroristes de l’État Islamique (EI/DAECH), dont des ressortissants européens. La délégation a rencontré des responsables kurdes mais également des victimes de DAECH. Torture, viol, privation de nourriture… une jeune Yézidie de 18 ans a raconté à la délégation l’enfer qu’elle a vécu entre les mains des terroristes de DAECH qui l’ont capturée à l’âge de neuf ans.
 
« Ce que j’ai subi m’a appris à me battre. Je sais que je suis l’égale des hommes. Ils ne me font pas peur. Jamais plus je n’aurai peur des hommes. Je suis forte », Whata jeune rescapée yézidie qui a rencontré la délégation des victimes de terrorisme.

Georges Dallemagne, membre de la Chambre des députés belge qui dirige la délégation a publié le témoignage de la jeune yézidie qui a insisté pour sa publication.

Nous le partageons avec vous:
 
Whata est une toute jeune femme. Elle a dix-huit ans. Elle est membre d’une association de survivantes de Daech. Son sourire éclaire un visage d’une grande beauté. Elle est soulagée de nous rencontrer, de se confier à ces Belges du bout du monde qui ont reconnu le crime de génocide commis sur son peuple et cherchent des preuves de l’implication de leurs ressortissants. Elle insiste pour que son témoignage soit publié.
 
Nous prenons place dans les locaux de la Shengal Charities Organisation qui procure aide et réconfort aux réfugiés Yézidis. Dès ses premiers mots les yeux de Whata se voilent, son regard se perd dans les terreurs du passé, sa voix se fait sourde. Malgré la douleur des souvenirs elle veut que le monde sache, que chacun puisse mettre un nom et un visage sur les atrocités subies, que justice soit rendue.
 
Elle nous confie à mi-voix : « Lorsque j’ai été capturée en 2014, trois hommes m’ont achetée. J’avais neuf ans. Ils m’ont revendue à un Saoudien. Il avait l’âge de mon père. Lui et sa femme ont décidé de me violer ensemble. Cette femme était sauvage et brutale et faisait tout pour que ce viol soit violent. Pour eux je n’étais qu’une poupée de chiffon. J’essayais de percevoir s’ils ressentaient la moindre compassion pour moi, mais il n’y avait rien. Ils me traitaient comme si j’étais un robot. Alors, pour survivre, je suis devenue un robot. Je suis devenue folle de douleur. Ils m’ont revendue à un autre Saoudien qui m’a prêtée à un Belge, quelqu’un d’important. Ce Belge se faisait appeler Abou Hamza ».
 
Philippe Vansteenkiste, responsable de V-Europe*, interrompt doucement Whata et, avec sa permission, lui présente des photos de terroristes belges.
 
Son regard se fige sur l’une d’elles. Whata reconnaît formellement Sammy Djedou, – qui se faisait appeler Abou Hamza -, un Laekenois proche d’Oussama Atar, le cerveau des attentats de Paris et Bruxelles.
 
Elle reprend lentement son récit : « Sa femme était enceinte. Je suis restée six mois chez eux. J’avais été tellement frappée et violée par le couple saoudien que je ne pouvais plus marcher, j’étais physiquement et mentalement cassée. Malgré cela, ce couple belge m’a forcée à travailler comme servante. C’était terrible. Ils me battaient. Ils prenaient plaisir à me battre. Il y avait beaucoup d’autres Belges. Je me souviens notamment d’une femme plus âgée, une blonde aux yeux bleus, de type européen qui se faisait appeler Oum Ibrahim al Belgiki. Ces Belges venaient me voir comme une bête curieuse. Ils s’amusaient de voir une fille yezidie, comme si je venais d’une autre planète. »
 
Whata nous explique qu’elle est ensuite revendue à un saoudien qui, enfin, la prend sous sa protection et lui offre un répit inespéré.

« Il s’appelait Abou Khatab. Il a été comme un père pour moi. Il a voulu me mettre avec d’autres filles pour que je ne sois pas seule. Il m’a dit : « Ne me considère pas comme un Daech. Je sais que tu as été violée. Ne pense pas que je vais te violer ».
 
Grâce à lui j’ai survécu. Il voyait que je réclamais mes sœurs, que j’étais malheureuse. Il a entamé des recherches. Il m’a demandé pardon de m’avoir achetée. C’était le seul être humain là-bas. Un jour il a trouvé un passeur pour fuir vers le Kurdistan irakien. Mais il a été assassiné. Il savait qu’il allait être assassiné pour trahison. Je l’ai pleuré deux jours. C’était mon seul espoir.
 
Daech m’a ramenée à Raqqa. Abou Khatab mon regretté protecteur, avait demandé à un ami saoudien qui avait déjà une esclave yézidie, de s’occuper de moi s’il était assassiné. « Si je meurs il faut libérer cette fille » lui avait-il dit. Je suis resté un an chez lui. Il n’a pas respecté sa promesse. Il ne m’a pas libérée. Au contraire, il me torturait, il me privait de nourriture. Et puis il m’a revendue à un Kurde de Turquie. Cet homme m’a demandé de choisir : « Ou tu te maries, ou je te vends à trois hommes en même temps ».

Je me suis résolue à me marier. Mais c’était si dur…j’étais si jeune, j’avais douze ans…il en avait quarante. Je n’ai jamais connu un homme aussi brutal et pervers. Il frappait comme une machine.(…)

Nous avons finalement été capturés par les Forces Démocratiques syriennes**. Ils n’ont pas cru que j’étais yézidie. Ils pensaient que j’étais un membre de Daech. J’ai passé deux ans dans une de leurs prisons. Finalement, grâce à la Croix Rouge, j’ai été libérée…
 
Le récit de ce calvaire sans fin s’arrête dans un long silence.
 
Whata reprend finalement la parole, le regard dans le nôtre, avec plus d’assurance :
 
« Ce que j’ai subi m’a appris à me battre. Je sais que je suis l’égale des hommes. Ils ne me font pas peur. Jamais plus je n’aurai peur des hommes. Je suis forte ».
 
J’ai préféré masquer son visage.
 
* Association belge des victimes de terrorisme.
** la coalition kurde et arabe qui s’est battue aux côtés de la coalition internationale contre Daech.