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Le Rojava fait renaître les langues maternelles

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SYRIE / ROJAVA – Les enseignants de langues kurde, arabe et syriaque ont déclaré qu’après la mise en place de l’administration autonome du Rojava, ils ont pu enseigner librement dans leur langue maternelle, soulignant que la langue est ce qui maintient les peuples en vie.

« Depuis plus de 100 ans, notre langue est  interdite ;  les ennemis et les occupants nous ont refusé l’apprentissage de notre langue. S’il y a un peuple sans langue, il ne peut pas dire qu’il a une identité. La langue ne se développera pas si les gens ne reçoivent pas une éducation dans la langue maternelle, et pour la protéger, elle doit être enseignée et apprise. La composante kurde doit d’abord être identifiée par sa langue maternelle, car les peuples qui ne parlent pas leur langue sont voués à disparaître ».

Jour après jour, les composantes du nord et de l’est de la Syrie en apprennent davantage sur leur langue maternelle, en particulier les composantes kurde et syriaque, interdites par le gouvernement de Damas avant la révolution du Rojava.

Dès le début de la révolution du Rojava et de la mise en place de l’administration autonome, chaque composante des régions du nord et de l’est de la Syrie a pu apprendre librement sa langue maternelle.

Le 21 février, Journée internationale de la langue maternelle, célébrée par les peuples du monde, revêt une importance particulière pour les composantes de la population des régions de l’administration autonome, en particulier les syriaques et les kurdes qui ont assisté à un renouveau linguistique ces dernières années.

« La langue garde les peuples en vie »

Samira Hanna, professeure de langue syriaque à la Fondation Ulf Tau, déclare : «La langue syriaque est un héritage culturel et un badge sur notre poitrine, et nous sommes fiers de notre langue. Il est nécessaire de parler sa langue maternelle et de la diffuser dans le monde entier. Il est nécessaire qu’une personne apprenne sa langue, pour que ses enfants l’apprennent après lui, et ainsi elle restera vivante pour toujours »

« Libre après la mise en place de l’administration autonome »

« Auparavant nous étions arrêtés par l’État et devions faire face à une enquête ou à passer notre vie en prison, maintenant, après la mise en place de l’administration autonome, nous ne ressentons plus la peur et apprenons notre langue facilement, avant la mise en place de l’administration, nous ne l’étions pas. »

« Chaque composante doit pourvoir étudier dans sa langue maternelle »

Dalal Ramadan, professeure d’arabe enseignant la langue syriaque à la Fondation Ulf Tau, déclare : « Les étudiants doivent lire dans leur propre langue et se familiariser avec elle, afin que chacun puisse  protéger leur langue maternelle, et chaque composante  doit le faire pour protéger sa langue. »

« Les Kurdes doivent être avant tout chose identifiés par leurs langues »

Dans un contexte connexe, le coprésident de la Fondation de la langue kurde, Ezzeddin Suleiman, affirme que pour chaque être humain, la langue est une identité et une question d’existence, en particulier pour les peuples persécutés, au premier rang desquels se trouve le peuple kurde.

« Depuis plus de 100 ans, notre langue est  interdite ;  les ennemis et les occupants nous ont refusé l’apprentissage de notre langue. S’il y a un peuple sans langue, il ne peut pas dire qu’il a une identité. La langue ne se développera pas si les gens ne reçoivent pas une éducation dans la langue maternelle, et pour la protéger, elle doit être enseignée et apprise. La composante kurde doit d’abord être identifiée par sa langue maternelle, car les peuples qui ne parlent pas leur langue sont voués à disparaître ».

ANHA

La guerre de survie de la langue kurde

« Qui peut dire que dérober sa langue à un peuple est moins violent que la guerre ? » Ray Gwyn Smith
 
« Je suis kurde mais je ne parle pas le kurde. » est une phrase que l’écrasante majorité de la nouvelle génération de Kurdes prononcent de nos jours. En effet, depuis la division du Kurdistan au début du XXe siècle, les États occupants du Kurdistan ont voulu mettre fin à l’existence du peuple kurde en mettant en place des politiques de génocide linguistique car il était très difficile d’exterminer physiquement des millions d’individus, malgré les nombreux massacres perpétrés, comme à Dersim, Zilan, Halabja… Alors, ces Etats (Turquie, Iran, Syrie, Irak*) ont interdit sévèrement la pratique du kurde dès la deuxième moitiés du XXe siècle. 
 
Les Kurdes ne peuvent recevoir un enseignement en langue kurde, ne peuvent faire leur défense devant la justice, etc. ni même prétendre qu’ils ont une langue qui s’appelle le kurde car la Turquie nie l’existence même de cette langue millénaire et la fait passer dans registres comme « langue X » (X comme pour dire « inconnue ») ! Retour sur un génocide linguistique centenaire à travers le regard d’une rescapée à l’occasion de la Journée Internationale de la langue maternelle.
 
Ma famille vivait dans une ferme isolée dans la montagne, au Kurdistan du Nord (Bakur) sous occupation turque. Pendant l’hiver, le seul lien qu’on avait avec le monde extérieur était le poste de radio que mon père s’était achetée et de rares invités qui venaient des villages alentour quand il n’y avait pas trop de neige qui bloquait les sentiers menant à la montagne. Un jour, alors que j’étais encore bébé, mon père a déclaré à ma mère que dorénavant tous les enfants devaient parler que le turc, car l’Etat turc avait interdit formellement notre langue, sous peine d’amande et ou de la prison etc.
 
Cette interdiction de parler notre langue maternelle allait causer des traumatismes insoupçonnés chez les nouvelles générations. Il m’a fallu des années pour que je m’en rende compte de sa gravité. De nombreux flash-backs me rappelle cette lente destruction d’un peuple à travers sa langue bannie.
 
Notre village, où il y avait une école primaire récente, était à plusieurs km de notre ferme et les mois d’hiver enneigés empêchaient mes frères et sœurs de s’y rendre. Alors, mon père a dû les envoyer dans un internat.
 
Pour « couper » la langue kurde à la racine, dès les années 1980, l’État turc avait décidé de créer des internats** pour les enfants kurdes. Dès l’âge de 7 ans, les Kurdes passaient leur année scolaire en internat à la merci des enseignants et des surveillants dont la mission était d’inculquer la langue turque à des enfants qui n’en connaissaient pas un mot et de les turquifier en les coupant de leur familles, leur culture, leur langue. Je ne veux même pas m’attarder sur les sévisses psychiques, physiques et sexuels dont étaient victimes de nombreux enfants kurdes dans ces internats de l’horreur…
 
Quelques années après, on a dû abandonner notre ferme et nous nous sommes rapprochés de la petite ville où mes frères et sœurs étaient internés. Ainsi, ils ont pu quitter l’internat et revenus à la maison. Mais, on parlait tous le turc entre nous et notre père. Le kurde était réservé à notre mère qui parlait très mal le turc.
 
Le fait que les enseignants nous disent à langueur de jour qu’il n’y avaient pas de Kurdes en « Turquie » (car pour la Turquie il n’y avait ni Kurdes, ni Kurdistan), moi, petite fille, je me sentais coupable. Coupable d’exister alors qu’en toute logique, je le devais pas puisque c’est ce que nos enseignants disaient. Coupable aussi de parler, en cachette, une langue qui n’existait pas. Alors, un jour que notre maître a demandé s’il y avait des enfants qui ne savaient pas parler le kurde et qu’il fallait qu’ils lèvent le doigt, je me suis exécutée aussitôt. J’étais la seule et j’étais pas trop fière de moi…
 
Avec l’école, la télé et la radio turques, on n’avait plus besoin de faire d’effort pour oublier cette langue clandestine. L’Etat turc avait tout prévu pour nous. On n’avait qu’à se laisser faire. Notre vocabulaire du kurde diminuait de jour en jour, remplacé par le turc, jusque dans nos rêves, et ceci sans « aucun » regret. De toute façon, on n’aimait pas cette langue illégale. Qui aime l’illégalité, surtout quand vous êtes un enfant qui veut tout bien faire ?
 
Moi, la petite fille « sage » et « intelligente », j’étais la chouchoute de mes enseignants et j’avais même eu droit au surnom « la Turque » dans le voisinage pour avoir commencé à parler le turc avant le kurde tandis que les autres enfants avaient plus de difficultés à devenir de parfaits petits Turcs du jour au lendemain. Et que dire de la honte que je ressentais devant ma mère qui ne maîtrisait pas le turc ? Honte d’appartenir à un peuple qui ne devait pas exister, un peuple « arriéré », selon la définition de l’Etat colonialiste qui voulait en finir avec nous en nous turkisant bien comme il faut.
 
Une fois adulte et devenue exilée dans un pays occidental (France), dont je ne connaissais pas la langue, j’ai tout de suite voulu apprendre le français pour me défaire du turc car cet exil physique a été le déclic pour un retour mental à mes origines. Soudain, j’ai commencé à avoir les fameux flash-backs qui me rappelaient toutes les humiliations qu’on avait subi en tant que Kurdes et enfants et l’interdiction de parler notre langue sur notre propre terre.

Je passais mes journées à écouter des cassettes d’apprentissage du français, je lisais, je discutais avec des non-kurdes pour apprendre vite le français. La nuit, j’avais le dictionnaire « Le Petit Robert » dans mon lit (je dis toujours que Petit Robert fut mon premier amant français !) En quelques mois, j’ai réussi a me débrouiller bien et au bout de quelques années, le français est devenue ma première langue. Mais je ne parlais toujours pas correctement ma langue maternelle et mon entourage m’avait surnommée cette fois-ci « la Française » !
 
L’année dernière, je discutais avec un ami kurde qui m’avait demandé si j’étais née en France car mon français était « très bien ». Je lui ai dit que non, que j’étais venue à l’âge adulte, sans passer par la case école. Il me croyait à peine ! Je lui ai parlé de mes deux surnoms liés aux langues, avant d’ajouter que j’avais réussi à être turque et française et que maintenant, il était temps que je (re)devienne kurde et qu’on m’appelle enfin « Kurdê » (la Kurde) !
 
Aujourd’hui, je lis et écris le kurde, avec difficulté, sauf quand ce sont des poèmes orphelins qui viennent frapper à ma porte pour m’emmener au pays. Mais, je ne désespère pas, je vais réussir à devenir une « vraie Kurde » qui parle sa langue, même si ça va être difficile, qu’il me faudra trébucher sur les mots, tomber à terre, après tant d’années passées dans une paralysie linguistique imposée et vive la revanche des « vaincus » ! (Keça Bênav)
 
*Dans les autres parties du Kurdistan, en Irak, Iran et Syrie, on avait à peu près les mêmes interdictions. Aujourd’hui, au Kurdistan autonome d’Irak et au Rojava, on enseigne en langue kurde tandis qu’en Iran, le kurde continue à être criminalisé… C’est pourquoi, aujourd’hui beaucoup de Kurdes, ceux en Turquie essentiellement, ne parlent plus leur langue mais ils sont nombreux à lutter pour avoir le droit de la réapprendre et de la parler; de s’approprier de nouveau leur musique, leurs us et coutumes, pillés et interdits par leurs colonisateurs. Le prix à payer pour les Kurdes, afin d’obtenir ce qu’ils veulent, reste très élevé. Cela coûte souvent des vies mais ils restent déterminés.
 
** Cette décision mise en œuvre a plutôt réussi, avec des effets dévastateurs qu’on peut facilement deviner sur le plan psychique et/ou socio-culturel chez les enfants kurdes et les adultes qu’ils sont devenus.
 
Pour finir avec les droits ou interdits concernant les langues, voici une histoire écrite par un écrivain kurde qui relate l’interdiction du kurde et ce qui nous attendait si on la bravait.
 
« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle
 
Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.** » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.
 
Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »
 
En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)
 
Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…
 
** « Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

Visioconférence: Peuples sans État

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PARIS – En tant que peuple colonisé sans État et privé de droits, nous les Kurdes, nous sommes sensibles aux débats / réflexions autour de la situation des peuples apatrides à travers le monde. C’est pourquoi, nous vous informons qu’il y aura une visioconférence le jeudi 4 mars 2021 où les intervenants venus de nombreux pays nous parleront des projets sociaux et politiques ouverts sur les mouvements de solidarité transnationaux qui débordent des frontières des États-nations et où les minorités ethniques, relieuses, tous ceux mis au banc de la société s’organisent malgré de nombreux obstacles en tout genre.  
 
Peuples sans État 
 
La visioconférence « Peuples sans État » est organisée par les étudiants de la Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie de l’Université PARIS VIII (LLCP-Paris 8).
 
« Les Peuples sans État nés de la modernité politique et coloniale parlent des langues différentes de l’histoire, du social, de la vie commune et de la politique. L’injonction étatique-nationale, fondée sur l’unicité de l’État, de la nation, de l’histoire, de l’identité et de la langue où l’État organise à son bénéfice les rapports de production sociale, de classe, de genre, d’origine etc. a ainsi généré autant de frontières auxquelles ils ne peuvent être assignés.
 
Nous voulons proposer à l’occasion de cette journée des perspectives à contrario inter- et transdisciplinaires qui s’attachent aux autres formes de l’histoire et du récit, à même d’interroger les termes de la recherche, et des perspectives transfrontalières à l’intérieur et à l’extérieur des États existants, là où les conditions de vie et la différenciation des statuts imposés, l’absence de droits, ont donné lieu à l’aspiration à de nouveaux projets sociaux et politiques ouverts sur les mouvements de solidarité transnationaux. »
 
Avec la participation de:
Sonia Dayan-Herzbrun (LCSP-Université de Paris/Institut des Humanités Medfil)
Naji El Khatib (Institut des Humanités Medfil)
Samah Saleh (Université An Najah)
Silvana Rabinovich (IIFL et FFyL-UNAM/LLCP-Paris 8)
Zara Bakshi et alii (Zanaan Wanaan)
Gulistan Sido et alii (Université du Rojava)
Guillaume Sibertin-Blanc (LLCP-Paris 8)
Sardar Saadi (SSHRC-Université de Toronto/RSO-WUR/Université du Rojava)
Mansur Tayfuri (LLCP-Paris 8/Centre Sohrawardi)
Béatrice Rettig (LLCP-Paris 8)
 
INVITATION  

Peuples sans État
Journée d’études — 4 mars 2021
Université Paris 8 en ligne
Visioconférence : https://us02web.zoom.us/j/86787286303
Mexico 06h00-15h00 (UTC-6) – Toronto 07h00-16h00 (UTC-5) – Londres 11h00-19h00 (UTC+0) – Paris 12h00-20h00 (UTC+1) – Naplouse 13h00-21h00 (UTC+2) – Qamishli 13h00-21h00 (UTC+2) – Srinagar 17h30-00h30 (UTC+5:30) – https://time.is
 
Cette journée est organisée par les Jeunes chercheur·e·s du LLCP-Paris 8 dans le cadre du projet de recherche et création « L’Archive entre poétique, politique, et violence de l’histoire ».
 
Contact : peuplessansetat@gmail.com
Groupe d’études transglobales
Département de philosophie de l’Université Paris 8
Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie LLCP-Paris 8
École Universitaire de Recherche ArTeC (MIP 2020-2021)
Image : Nafir Art 2015

La France sommée d’agir après les menaces d’assassinats turques visant les Kurdes d’Europe

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PARIS – Après les récentes menaces d’assassinats visant des militants kurdes en Europe émises par un ancien haut responsable turc, les Kurdes d’Europe et de France sont plongés dans l’effroi devant de tels propos et demandent aux pays européens de prendre des mesures pour protéger la vie des Kurdes d’Europe.
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France demande à la justice française de lever le secret défense dans l’affaire de l’assassinat de Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan, militantes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013:
 
« Le 16 février 2021, à peine deux mois après le 8ème anniversaire du triple assassinat des militantes kurdes, surviennent des aveux effrayants faits par l’ancien chef du Département des renseignements généraux de l’armée turque.
Lors d’une émission sur la chaine de télévision CNN Türk, ayant pour sujet l’échec d’une opération militaire qui a abouti à la mort de 13 agents de l’État turc détenus par le PKK depuis 2016 dans la région de Garê, au Sud-Kurdistan, Ismail Hakki Pekin, ancien chef du renseignement militaire turc, s’est exprimé sur la nécessité de changer de stratégie dans la lutte contre le PKK.
« …Ils (le PKK) ont aussi des éléments en Europe. Nous devons faire quelque chose contre leurs éléments en Europe. Cela a déjà été fait à Paris », a dit Ismail Hakki Pekin lors de l’émission télévisée diffusée en direct.
Répondant aux questions d’un journaliste le contactant par téléphone, le lendemain de son intervention télévisée, Ismail Hakki Pekin a déclaré : « …Je pense que ce sont les services de renseignements turcs qui ont commis les assassinats à Paris et ils ont bien fait… ».
Les aveux explicites du lieutenant-général turc viennent confirmer nos déclarations concernant les cellules dormantes des services de renseignements turcs en Europe, notamment en France.
Avec ces aveux, d’une part, Ismail Hakki Pekin reconnait ouvertement la responsabilité des services de renseignement turcs (MIT) dans l’affaire du triple assassinat des militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013, et d’autre part, il divulgue un nouveau concept confidentiel visant l’assassinat de dirigeants kurdes en Europe.
Il est urgent que les États européens, en particulier la France, prennent la mesure de cette menace terroriste imminente de l’État turc contre les dirigeants kurdes en Europe.
Les services de renseignement français doivent impérativement intervenir, avant qu’il ne soit trop tard, pour démanteler les réseaux en question, afin de prévenir de nouveaux assassinats de militants kurdes en France et ailleurs en Europe.
Le gouvernement français doit lever le secret défense dans l’affaire du triple assassinat afin de mettre à la disposition des autorités judiciaires tous les éléments concernant l’implication du MIT. »
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France

Une députée allemande appelle à la réouverture de l’enquête du meurtre des militantes kurdes à Paris

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BERLIN – Après qu’un ancien haut responsable turc a appelé à des assassinats ciblés des militants kurdes en Europe et qui a donné comme exemple l’assassinat de Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan, militantes kurdes tuées à Paris en 2013, la députée allemande Ulla Jelpke a demandé la réouverture de l’enquête qui piétine depuis 8 ans.

 

Suite aux aveux de l’ancien chef du département des renseignements de l’état-major général, Ismail Hakkı Pekin dans une émission télévisée selon laquelle le triple meurtre de révolutionnaires kurdes à Paris en 2013 était une opération de l’État turc, la députée allemande du Parti de gauche Ulla Jelpke a déclaré: « Le massacre doit faire à nouveau l’objet d’une enquête et l’Allemagne doit mettre les politiciens kurdes sous protection policière. »

L’ancien chef du département des renseignements de l’état-major turc, Ismail Hakki Pekin a déclaré dans une émission télévisée turque qu’il devait y avoir des liquidations ciblées de dirigeants du KCK / PKK non seulement à Qandil, au Kurdistan du Sud, mais aussi en Europe.

Suite aux remarques de Pekin, la parlementaire fédérale du Parti de gauche allemand Ulla Jelpke a lancé un appel à la France et à l’Allemagne.

« LES REMARQUES DE PEKIN RECONNAISSENT LA TERREUR DE L’ÉTAT »

Jelpke avait soumis plusieurs questions parlementaires à l’Assemblée fédérale sur le massacre du 9 janvier à Paris et les activités et les préparatifs d’assassinat de l’Organisation nationale du renseignement (MIT) de Turquie en Allemagne.

Jelpke a déclaré que le terrorisme d’État faisait partie du régime d’Erdogan. « Les remarques de Pekin sont une confession importante sur cette question, qui devrait conduire à un réouverture de l’affaire », a-t-elle déclaré.

« L’ALLEMAGNE DOIT PROTÉGER LES POLITICIENS KURDE »

La sécurité des personnes politiques kurdes en Allemagne est en danger, a déclaré Jelpke, ajoutant que le gouvernement fédéral allemand avait également une énorme responsabilité. La porte-parole des Affaires intérieures du Parti de gauche a appelé le gouvernement fédéral sous Angela Merkel:

« Le gouvernement fédéral doit prendre ces paroles au sérieux et protéger les Kurdes qui vivent et mènent un travail politique en Allemagne. L’Allemagne enverra ainsi un message important au régime d’Erdogan. La meilleure réponse aux menaces turques serait de lever l’interdiction du PKK. »

ANF

« Au nom d’Erdogan »: un militant kurde condamné à la prison en Allemagne

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ALLEMAGNE – Le militant kurde Gökmen Çakil a été condamné à plus de 3 ans de prison pour appartenance au PKK par le tribunal régional supérieur de Coblence. Les observateurs présents au procès ont réagi avec colère au verdict à motivation politique.

Après un procès de quatre mois, le Sénat de protection de l’État du tribunal régional supérieur de Coblence a condamné le militant kurde Gökmen Çakil à trois ans et cinq mois de prison. Après 15 jours d’audience, le tribunal a estimé qu’il était prouvé que Çakil était impliqué dans le PKK et avait ainsi commis une infraction terroriste au sens de l’article 129b du code pénal allemand. Avec le verdict, le Sénat de la protection de l’État est tombé à peine trois mois avant la demande du parquet.

Le prononcé du verdict a été suivi par un grand nombre de personnes. Le public a répondu à la phrase «Au nom du peuple» lorsque le verdict a été annoncé par un cri de colère «Au nom d’Erdogan!».

Gökmen Çakil s’était exprimé à plusieurs reprises au cours du procès. Lors de l’audience du 25 janvier 2021, il a exprimé son regret que « Kurdes et Allemands doivent s’affronter dans de tels procès ». Il s’est dit convaincu que ses activités n’avaient « nui ni à l’Allemagne, ni au peuple allemand, ni à la démocratie allemande. Il trouve les accusations « vraiment blessantes ». Définissant la guerre comme « une chose triste et damnée » et « une malédiction pour l’humanité ». « Que pouvez-vous faire lorsque vous êtes attaqué avec des chars, des fusils et des avions? On ne peut pas s’attendre à ce que les Kurdes « se rendent à leurs assassins », a-t-il ajouté.

Le Fonds d’aide judiciaire d’Azadî a déclaré ce qui suit avant l’annonce du verdict: « Le procès 129b ne portent pas sur la justice ou l’indépendance des décisions judiciaires, mais sur les intérêts de politique étrangère et économique auxquels les sénats de protection de l’État des tribunaux régionaux supérieurs doivent se soumettre. Enfin, ce procès repose également sur l’autorisation du ministère fédéral de la Justice de poursuivre les militants politiques du Parti des travailleurs du Kurdistan. Dans le cas de Gökmen Çakil, cette autorisation générale a été accordée le 6 septembre 2011 et ne nécessite pas La Chancellerie fédérale, le Ministère des affaires étrangères et le Ministère fédéral de l’intérieur ont été / sont impliqués dans la décision. »

ANF

Des militants kurdes en Europe face aux menaces de mort émises par la Turquie

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Un ancien chef du renseignement de l’état-major turc appelle à l’assassinat de militants kurdes en Europe, jetant l’effroi parmi la diaspora kurde d’Europe où on assiste à une certaine hostilité anti-kurde à travers la collaboration entre des pays européens et la Turquie sur le dos des Kurdes. Un responsable associatif kurde d’Europe appelle cette dernière à prendre au sérieux les menaces turques et d’y agir en conséquence. 

Ismail Hakki Pekin, ancien chef du renseignement de l’état-major turc, a avouer que la Turquie était derrière l’assassinat de Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan, militantes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. L’aveu est intervenu lors d’une émission télévisée turque récente au sujet de l’opération militaire turque visant le PKK dans le nord de l’Irak où 13 otages turcs fussent tués par un bombardement turc.
 
Ismail Hakki Pekin a appelé à la vengeance en tuant des cadres du PKK / KCK au Kurdistan et en Europe. Il a donné l’exemple du meurtre de trois femmes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013 et dont le crime est resté impuni 8 ans après.
 
Dans une émission télévisée diffusée le 16 février sur CNN Türk, l’ancien chef du service des renseignements de l’état-major, Ismail Hakkı Pekin, a admis que les meurtres de Paris du 9 janvier 2013 étaient une opération de l’Etat turc. Le 9 janvier 2013, Ömer Güney a assassiné les trois militantes kurdes Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan à Paris. De nombreux éléments de l’enquête ont toujours pointé la responsabilité des Services de renseignement turcs (MIT).
 
Ömer Güney, le meurtrier arrêté, est décédé dans des circonstances douteuses dans une prison française avant l’ouverture du procès. Les autorités françaises et allemandes font tout leur possible pour stopper l’enquête. Aujourd’hui, l’ancien haut fonctionnaire du gouvernement turc, Ismail Hakkı Pekin relance l’affaire avec un commentaire qui à la télévision turque. Lors d’une émission télévisée sur les attaques contre la région de la Gare dans les zones de défense de Medya, Pékin a déclaré qu’il devait y avoir des liquidations ciblées de dirigeants du PKK / KCK en Irak, en Syrie et en Europe. « Ils ont aussi leurs éléments en Europe », a déclaré l’officier du renseignement. « Nous devons faire quelque chose de ce genre en Europe… ça a déjà été fait à Paris … »
 
Zübeyir Aydar, membre du Conseil exécutif de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK), a déclaré que les aveux d’İsmail Hakkı Pekin, ancien chef du département des renseignements généraux de l’état-major, concernant les meurtres de Paris et son appel à de nouveaux assassinats étaient graves.

Zübeyir Aydar, membre du Conseil exécutif de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK), a parlé à l’ANF des aveux de Pékin et a souligné que «İsmail Hakkı Pekin n’est pas une personne ordinaire, il est l’ancien chef du Département des renseignements généraux de l’état-major.

Après sa retraite, Pékin est devenu actif dans la politique et la vie publique. Il sait tout très clairement sur les activités de l’État profond. Ses déclarations sont importantes. »

D’ABORD, C’EST UNE CONFESSION!

Soulignant l’importance des remarques de Pékin sous deux aspects, Aydar a déclaré:

« D’abord, il a fait cette confession concernant les meurtres de Paris en tant qu’officier supérieur du renseignement. Il a révélé un secret, il est important de le confesser. Ce n’est pas la première fois que les autorités turques l’avouent. Il existe déjà des documents officiels. Auparavant, lors de son conflit avec le parti au pouvoir pour la justice et le développement (AKP), le mouvement Güleniste a publié des enregistrements vocaux et des documents de la Communauté (Cemaat) et de l’Organisation nationale du renseignement (MIT). Plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdogan a blâmé le mouvement Gülen à Urfa et à Ağrı lors d’une campagne électorale de 2014. Les aveux d’İsmail Hakkı Pekin révèlent également la politique d’assassinat de l’État turc.

Lors du rassemblement électoral à Urfa en mars 2014, Erdogan avait pointé du doigt son ancien partenaire, le mouvement Gülen. D’abord, ils ont saboté le processus d’Oslo, puis ils ont voulu arrêter le chef du MIT. Ils ont également commis des assassinats à Paris.

L’enquête menée à Paris et les informations et documents inclus dans l’acte d’accusation, pointaient Ankara. Les enregistrements vocaux, les documents top secrets portant les signatures des administrateurs du MIT, les appels téléphoniques secrets, les visites en Turquie du meurtrier, les déclarations des responsables du MIT capturés par le PKK et de nombreuses autres preuves indiquent que le massacre a été organisé par Ankara. »

DEUXIÈME, C’EST UNE MENACE

Aydar a déclaré ce qui suit sur le deuxième aspect important de la confession:

« Pekin dit qu’il y a des éléments et des cadres du KCK en Europe et qu’ils devraient être traités. C’est un aveu et une menace. Ce n’est pas seulement une déclaration personnelle de Pékin, il fait partie de ces personnes qui encadrent l’État profond. »

C’EST GRAVE, NOUS LE PRENONS AU SÉRIEUX

Aydar a rajouté que :

« Nous nous positionnerons en conséquence. Nous prendrons des mesures. Il y a des activités d’assassinat menées par l’Etat turc dans ces régions depuis longtemps. Des éléments émergent en Allemagne, en Belgique, en France. Il y a des tentatives d’assassinat contre des gens, dont moi. Il y a des enquêtes dans ce sens. Il y a eu quelques procès en Allemagne, certains ont été jugés. Des enquêtes sont toujours en cours en Belgique et en France. Il existe un dossier de grande envergure en Belgique sur cette question.

En juin 2017, la police belge a arrêté trois suspects dans un véhicule conformément aux informations fournies par les organisations kurdes. Cet incident a conduit à la reprise de l’enquête à Paris. Les trois personnes dans le véhicule préparaient l’assassinat du coprésident de KONGRA GEL, Remzi Kartal. L’un des suspects était un ancien soldat turc. Un autre a montré sa carte d’identité de la police turque. Selon des informations obtenues de sources proches de l’enquête, ces deux personnes sont restées à Paris avec quatre personnes d’origine turque depuis le 16 juin. L’une d’elles serait un tireur d’élite. Selon des sources kurdes, la police belge soupçonne qu’un haut diplomate turc à Paris coordonnait ces activités. Les autorités belges ont ouvert une enquête, mais le dossier est frappé d’une ordonnance de confidentialité. »

TENTATIVES D’ASSASSINATS  DEPUIS 2011

Rappelant que les tentatives d’assassinat ne sont pas nouvelles, Aydar a déclaré: « Elles ont commencé en 2011 et elles se poursuivent jusqu’à ce jour. Il est important pour nous que cela ait été admis par un tel chiffre, nous prenons les précautions nécessaires. »

IMPACT SUR LE TRIPLE ASSASSINAT DE PARIS

Aydar a déclaré que les aveux de Pékin devraient également avoir un impact sur le cas de trois femmes révolutionnaires kurdes assassinées à Paris.

«L’Etat turc a commis un meurtre ouvertement à Paris. (…) La Turquie est en fait un État terroriste», a-t-il noté.

Aydar a souligné que les autorités judiciaires françaises devraient s’occuper de l’affaire, déclarant: « Une procès pour meurtre doit être ouverte contre la Turquie en France. Ce n’est pas seulement le travail d’un tueur à gages comme Ömer Güney. Les gens d’Ankara qui ont donné l’ordre doivent être traduits devant le tribunal. Nous attendons des autorités judiciaires françaises qu’elles s’y concentrent plus sérieusement. Ce n’est pas un incident [impliquant] une seule personne. C’est un meurtre basé à Ankara organisé par le MIT, il a été commis  au coeur de Paris. L’État turc et ses dirigeants à l’époque en sont responsables. »

ANF

La Journée internationale de la langue maternelle chez les Kurdes

En l’an 2000, l’UNESCO a proclamé le 21 février « La Journée internationale de la langue maternelle ». Depuis, chaque 21 février, les États-membres qui siègent à l’UNESCO célèbrent cette journée pour promouvoir la diversité linguistique et culturelle et le multilinguisme. La Turquie fait partie des États siégeant à l’UNESCO mais elle refuse aux Kurdes – qu’elle veut assimiler de force – d’avoir un enseignement dans leur langue maternelle. Retour sur un génocide linguistique visant les Kurdes en Turquie et en Iran…

Les Kurdes victimes d’un génocide linguistique

Les Kurdes vivant dans les régions occupées par l’État turc où un génocide ethnique, culturel et linguistique est en cours depuis près d’un siècle, subissent de plein fouet l’interdiction de parler leur langue. En effet, les Kurdes ne peuvent recevoir un enseignement en langue kurde, ne peuvent faire leur défense devant la justice, etc. ni même prétendre qu’ils ont une langue qui s’appelle le kurde car la Turquie nie l’existence même de cette langue millénaire et la fait passer dans registres comme « langue X » (X comme pour dire « inconnue ») !

 

Pour « couper » la langue kurde à la racine, dès les années 1980, l’État turc avait décidé de créer des internats pour les enfants kurdes Dès l’âge de 7 ans, les Kurdes passaient leur année scolaire en internat à la merci des enseignants et des surveillants dont la mission était d’inculquer la langue turque à des enfants qui n’en connaissaient pas un mot et de les turquifier en les coupant de leur familles, leur culture, leur langue.

Cette décision mise en œuvre a plutôt réussi, avec des effets dévastateurs qu’on peut facilement deviner sur le plan psychique et/ou socio-culturel chez les enfants kurdes et les adultes qu’ils sont devenus.

 

Dans les autres parties du Kurdistan, en Irak, Iran et Syrie, on avait à peu près les mêmes interdictions. Aujourd’hui, au Kurdistan autonome d’Irak et au Rojava, on enseigne en langue kurde tandis qu’en Iran, le kurde continue à être criminalisé… C’est pourquoi, aujourd’hui beaucoup de Kurdes, ceux en Turquie essentiellement, ne parlent plus leur langue mais ils sont nombreux à lutter pour avoir le droit de la réapprendre et de la parler; de s’approprier de nouveau leur musique, leurs us et coutumes, pillés et interdits par leurs colonisateurs. Le prix à payer pour les Kurdes, afin d’obtenir ce qu’ils veulent, reste très élevé. Cela coûte souvent des vies mais ils restent déterminés.

Pour finir avec les droits ou interdits concernant les langues, voici une histoire écrite par un écrivain kurde qui relate l’interdiction du kurde et ce qui nous attendait si on la bravait.

 

« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle

Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.

 

Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »

 

En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)

 

Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…

 

* « Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

TURQUIE. Aveux turcs concernant l’assassinat de 3 femmes kurdes à Paris

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TURQUIE –  Ismail Hakki Pekin, ancien chef du renseignement de l’état-major turc entre 2007 et 2011, vient d’avouer que la Turquie est derrière l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris de 2013. L’aveu est intervenu lors d’une émission télévisée turque du 16 février au sujet de l’opération militaire turque visant le PKK dans le nord de l’Irak qui s’est soldée par un échec et la mort de 13 otages turcs tués par un bombardement turc.

 

Pékin appelle la Turquie à cibler et à tuer les politiciens et militants kurdes en Europe : « Ils ont aussi leurs éléments en Europe. Nous devons faire quelque chose dans ce sens en Europe. Cela a déjà été fait une fois à Paris ».

Les responsables turcs appellent maintenant publiquement au meurtre des politiciens et militants kurdes en Europe. Qui va garantir la sécurité des Kurdes en Europe ?
 

Dans une émission télévisée diffusée le 16 février sur CNN Türk, l’ancien chef du service des renseignements de l’état-major, Ismail Hakkı Pekin, a admis que les meurtres de Paris du 9 janvier 2013 étaient une opération de l’Etat turc. Le 9 janvier 2013, Ömer Güney a assassiné les trois militantes kurdes Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan à Paris. De nombreux éléments de l’enquête ont toujours pointé la responsabilité des Services de renseignement turcs (MIT).

Ömer Güney, le meurtrier arrêté, est décédé dans des circonstances douteuses dans une prison française avant l’ouverture du procès. Les autorités françaises et allemandes font tout leur possible pour stopper l’enquête. Aujourd’hui, l’ancien haut fonctionnaire du gouvernement turc, Ismail Hakkı Pekin relance l’affaire avec un commentaire qui à la télévision turque. Lors d’une émission télévisée sur les attaques contre la région de la Gare dans les zones de défense de Medya, Pékin a déclaré qu’il devait y avoir des liquidations ciblées de dirigeants du PKK / KCK en Irak, en Syrie et en Europe. « Ils ont aussi leurs éléments en Europe », a déclaré l’officier du renseignement. « Nous devons faire quelque chose de ce genre en Europe… ça a déjà été fait à Paris … »

Suite à cet aveu, la Confédération des Associations kurdes en Europe (KCDK-E) et le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) ont appelé les gouvernements européens et en particulier la France à agir face à ces menaces d’assassinat visant les Kurdes en Europe.

 

La KCDK-E et le TJK-E ont publié un communiqué appelant les gouvernements européens, en particulier la France, à traduire Erdogan et les autres responsables de l’assassinat des trois femmes devant un tribunal international.

« Après la lourde défaite de Garê, un représentant de l’État turc a reconnu en direct, devant les caméras, le massacre de Paris et répandu de nouvelles menaces et une propagande sale contre les Kurdes en Europe. Avec ces menaces, l’État turc veut dissimuler sa défaite et sa responsabilité dans le massacre des soldats turcs et des agents du MIT capturés. Ces déclarations dans les médias de l’État fasciste équivalent à des ordres de meurtre contre les représentants du mouvement de libération kurde. »

La France complice

Le communiqué se poursuit ainsi : « L’ancien chef des services de renseignement Ismail Hakkı Pékin a ouvertement annoncé dans ses propos que de nouveaux massacres comme celui de Paris pouvaient être commis. Le dictateur Recep Tayyip Erdoğan a ordonné le massacre des trois révolutionnaires kurdes. Ce sont ses tueurs qui ont perpétré l’assassinat. L’État français a empêché l’enquête sur le massacre, se rendant complice des auteurs. Le gouvernement français devrait considérer ces aveux publics comme des preuves concrètes et rouvrir le procès sur les meurtres. Cela doit créer les bases permettant de traduire Erdoğan et les autres coupables devant un tribunal international et de les condamner. Sur la base de cette déclaration, tous les États européens doivent prendre des mesures pour prévenir les menaces de l’État fasciste turc contre les populations de Turquie et du Kurdistan vivant en Europe. » (ANF )

Les responsables turcs appellent maintenant publiquement au meurtre des politiciens et militants kurdes en Europe. Qui va garantir la sécurité des Kurdes en Europe ?

 

MONDE. Les Kurdes manifestent pour Afrin le 20 février

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Il y a presque que trois ans, la Turquie et ses gangs islamistes envahissaient le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie, où ils ont commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité visant les Kurdes qui ont été chassés en masse de leurs terres. Les Kurdes descendront dans la rue le 20 février contre l’occupation d’Afrin par l’État turc à l’occasion du troisième date anniversaire de l’invasion turque.
 
Les partis et institutions kurdes en Europe et l’Union des forces démocratiques européennes ont publié un communiqué concernant la série d’actions prévues pour Afrin le 20 février prochain.
 
Voici le communiqué :
 
« Le samedi 20 février, nous organiserons des marches et des rassemblements en Europe, au Canada et en Australie pour soutenir Afrin avec la devise » Non à l’occupation, non aux féminicides ». Nous invitons tout le monde à soutenir la résistance à Afrin et à protester contre les massacres et féminicides commis par l’État turc envahisseur et ses gangs à Afrin.
Des manifestations de masse auront lieu dans tous les pays pour Afrin avec la participation de tous ceux qui s’opposent à l’occupation turque au Kurdistan, au meurtre de civils à Afrin et aux attaques contre les réalisations kurdes.
 
Nous espérons que toutes les parties et les participants à ces manifestations montreront au public mondial que le peuple kurde est déterminé, confiant et vivant.
 
Exposons, avec tous les partis politiques du Kurdistan, les intellectuels, les artistes et notre peuple, les photos des femmes massacrées et kidnappées par les envahisseurs à Afrin pour dénoncer l’invasion de l’Etat turc et ses gangs. Encore une fois, crions les slogans de résistance du peuple d’Afrin, qui s’est battu héroïquement et a résisté à l’invasion de l’Etat turc et des gangs.
 
En tant que partis et organisations kurdes d’Europe et de l’Union des forces démocratiques européennes, qui ont les signatures ci-dessous, unissons-nous avec une position et un réflexe nationaux dans les actions que nous prendrons dans toute l’Europe, au Canada et en Australie le 20 février sous le slogan « Non à l’occupation, non aux féminicides ».
 
En tant que Kurdes et leurs amis, nous appelons à participer aux actions qui seront menées contre l’occupation d’Afrin par la Turquie misogyne et ses gangs, avec l’esprit de résistance de la révolution du Rojava. »
 

Introduction à la littérature orale kurde

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PARIS – Le 11 février dernier, l’universitaire kurde, Gulistan Sido a participé à une conférence en ligne organisée par Groupe d’études transglobales de l’Université de Paris VII pour y parler de la littérature orale kurde.

Vous pouvez écouter l’intervention de Sido sur le site Groupe d’études transglobales de l’Université de Paris VII qui présente l’introduction à la littérature orale kurde ainsi:

« L’intervention propose une première introduction à la littérature orale et la culture populaire kurdes, présentes dans toutes les situations de la vie sociale et dans l’art de dire des dengbêj, art performé de l’énonciation en quelques uns de ses différents genres, parmi eux les épopées narrant la tragédie kurde et la beauté du Kurdistan perdu, l’amour, l’histoire, la nature. Les salons de dengbêji, qui étaient aussi des écoles, faisaient partie de la vie artistique kurde auparavant du tracé des frontières entre le nord et le sud du Kurdistan, interdits à l’arrivée du régime Baas, et qui ont aussi souffert de la guerre récente.

Divisé par les traités de Qasr-i-Chirin entre les empires séfévide et ottoman (1639) puis de Sèvres entre la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak (1920), le Kurdistan grand d’environ 40 millions d’âmes divisées en désormais quatres régions et la diaspora trouve dans la littérature et la langue souvent proscrite au cours de l’histoire et ses arts parlés, du récit et du chant une ressource vitale, en un continuum du kurmandji, hawrami, sorani, gorani, du zazaki et d’autres parlés, écrites dans les alphabets latin, arabe, cyrillique et arménien.

On peut entendre parmi les extraits choisis, un extrait de l’épopée romantique de Mamê Alan dans les voix de Eyşe Şan et Cemîlê Horo, le chant de lamentation Kobani (Vay Lımınê) de Viyan Peyman.

Voir aussi le site de l’Institut de l’Héritage Kurde de Souleimaniye, et une introduction aux ressources kurdes en ligne publiée par Hazine. »

 

Gulistan Sido, après un cursus de littérature française, et de traduction et d’arabisation à l’Université d’Alep, a poursuit ses études à l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) dont elle est titulaire du master de Lettres Modernes, puis amorce un second master à l’INALCO qu’elle se voit obligée d’interrompre en 2009. Elle a enseigné l’arabe et le français à partir de 2003 à Alep.
 
Membre fondatrice de l’Institut de Littérature et Langues Kurdes « Viyan Amara » à Afrin, Vice-présidente du Comité Éducation-Rojava-Afrin, Vice-présidente de l’Université du Rojava à Qamishli où elle est aussi Responsable du Comité Académique et membre du Comité des relations internationales.
 
Domaines de recherche : Théories de l’oralité, Littératures orales kurdes, Révolution sociale et luttes des femmes.

LIVRE. Sortie de la pièce de théâtre « Gravité » écrite par l’écrivain kurde Mîrza Metîn

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PARIS – La pièce de théâtre « Gravité » (Erdkêşî), écrite par l’écrivain kurde Mîrza Metîn, est sortie en version française. Gravité raconte l’histoire de deux Kurdes qui se croisent alors que l’un tente de s’enfuir en Europe, l’autre, vivant en Allemagne, veut retourner dans sa patrie, retrouver ses racines…

Ferhad a fui Shengal (région yézidie de Şengal), livrée à la barbarie, et tente de trouver son chemin vers l’Occident. À Istanbul, il croise Şêrîn, une Kurde d’Allemagne qui tente de retourner à ses racines. Au moment où ils se rencontrent, le temps s’arrête et leurs cœurs s’emballent. Mais aucun n’interrompt son voyage, car pour chacun d’entre eux c’est une question existentielle. Mais leur parcours est semé d’embûches. Parviendront-ils à se retrouver ?

Gravité est un texte basé sur des histoires vraies, qui se concentre sur les tragiques massacres subis par les Kurdes yézidis et les dilemmes rencontrés par les Kurdes de la diaspora. Une histoire d’amour poursuivie par la guerre.

Mîrza Metîn est né en 1980 à Kars, au Kurdistan du Nord. Il a suivi plusieurs formations en art dramatique et en danse de caractère, et mené différentes recherches, publiées notamment par l’université de Cambridge. Auteur, metteur en scène et acteur, il a participé à différents projets alternatifs, et notamment Promenade dans le parc de Gezi. En 2008 il fonde le théâtre Şermola Performans à Istanbul, qu’il sera contraint de fermer en 2016 en raison du contexte politique. Invité au Royal Court de Londres en 2013, il travaille avec Mark Ravenhill et Zinnie Harris. Ses textes sont publiés en anglais chez Laertes et en allemand dans Theater der Zeit, et largement représentés à New York, Berlin et Istanbul. Il vit actuellement à Cologne.

Gravité
Auteur: Mîrza Metîn
Traduit du kurde par Atilla Balıkçı
Préface de Frank Heuel
Avec le soutien du Centre national du livre
ISBN 978-2-37572-027-1
60 pages – 14 euros
En librairie le 18 février 2021
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Les éditions l’Espace d’un instant sont une coproduction
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