TURQUIE. Aveux turcs concernant l’assassinat de 3 femmes kurdes à Paris

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TURQUIE –  Ismail Hakki Pekin, ancien chef du renseignement de l’état-major turc entre 2007 et 2011, vient d’avouer que la Turquie est derrière l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris de 2013. L’aveu est intervenu lors d’une émission télévisée turque du 16 février au sujet de l’opération militaire turque visant le PKK dans le nord de l’Irak qui s’est soldée par un échec et la mort de 13 otages turcs tués par un bombardement turc.

 

Pékin appelle la Turquie à cibler et à tuer les politiciens et militants kurdes en Europe : « Ils ont aussi leurs éléments en Europe. Nous devons faire quelque chose dans ce sens en Europe. Cela a déjà été fait une fois à Paris ».

Les responsables turcs appellent maintenant publiquement au meurtre des politiciens et militants kurdes en Europe. Qui va garantir la sécurité des Kurdes en Europe ?
 

Dans une émission télévisée diffusée le 16 février sur CNN Türk, l’ancien chef du service des renseignements de l’état-major, Ismail Hakkı Pekin, a admis que les meurtres de Paris du 9 janvier 2013 étaient une opération de l’Etat turc. Le 9 janvier 2013, Ömer Güney a assassiné les trois militantes kurdes Sakine Cansız, Leyla Şaylemez et Fidan Doğan à Paris. De nombreux éléments de l’enquête ont toujours pointé la responsabilité des Services de renseignement turcs (MIT).

Ömer Güney, le meurtrier arrêté, est décédé dans des circonstances douteuses dans une prison française avant l’ouverture du procès. Les autorités françaises et allemandes font tout leur possible pour stopper l’enquête. Aujourd’hui, l’ancien haut fonctionnaire du gouvernement turc, Ismail Hakkı Pekin relance l’affaire avec un commentaire qui à la télévision turque. Lors d’une émission télévisée sur les attaques contre la région de la Gare dans les zones de défense de Medya, Pékin a déclaré qu’il devait y avoir des liquidations ciblées de dirigeants du PKK / KCK en Irak, en Syrie et en Europe. « Ils ont aussi leurs éléments en Europe », a déclaré l’officier du renseignement. « Nous devons faire quelque chose de ce genre en Europe… ça a déjà été fait à Paris … »

Suite à cet aveu, la Confédération des Associations kurdes en Europe (KCDK-E) et le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) ont appelé les gouvernements européens et en particulier la France à agir face à ces menaces d’assassinat visant les Kurdes en Europe.

 

La KCDK-E et le TJK-E ont publié un communiqué appelant les gouvernements européens, en particulier la France, à traduire Erdogan et les autres responsables de l’assassinat des trois femmes devant un tribunal international.

« Après la lourde défaite de Garê, un représentant de l’État turc a reconnu en direct, devant les caméras, le massacre de Paris et répandu de nouvelles menaces et une propagande sale contre les Kurdes en Europe. Avec ces menaces, l’État turc veut dissimuler sa défaite et sa responsabilité dans le massacre des soldats turcs et des agents du MIT capturés. Ces déclarations dans les médias de l’État fasciste équivalent à des ordres de meurtre contre les représentants du mouvement de libération kurde. »

La France complice

Le communiqué se poursuit ainsi : « L’ancien chef des services de renseignement Ismail Hakkı Pékin a ouvertement annoncé dans ses propos que de nouveaux massacres comme celui de Paris pouvaient être commis. Le dictateur Recep Tayyip Erdoğan a ordonné le massacre des trois révolutionnaires kurdes. Ce sont ses tueurs qui ont perpétré l’assassinat. L’État français a empêché l’enquête sur le massacre, se rendant complice des auteurs. Le gouvernement français devrait considérer ces aveux publics comme des preuves concrètes et rouvrir le procès sur les meurtres. Cela doit créer les bases permettant de traduire Erdoğan et les autres coupables devant un tribunal international et de les condamner. Sur la base de cette déclaration, tous les États européens doivent prendre des mesures pour prévenir les menaces de l’État fasciste turc contre les populations de Turquie et du Kurdistan vivant en Europe. » (ANF )

Les responsables turcs appellent maintenant publiquement au meurtre des politiciens et militants kurdes en Europe. Qui va garantir la sécurité des Kurdes en Europe ?

 

1 COMMENTAIRE

  1. Ne vous y fiez pas, c’est pour en préparer d’autres en toute impunité !
    Combien de fois les prétendus aveux se sont transformés en menaces ultérieures concernant le cessez-le-feu et les pourparlers d’un dialogue entre les Kurdes d’Abdullah Öcalan et l’AKP 🇹🇷 d’Erdogan ?

    La non-défense des Kurdes en Europe depuis 30 ans est autant coupable que la Turquie de l’AKP pour qui, avec l’aval d’une OTAN 🇺🇸 🇫🇷 🇹🇷, se développèrent les camps d’entraînement de Ben Laden en préférence des jihadistes au mouvement démocratique des Kurdes d’Öcalan.

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