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Newroz: le feu de la résistance kurde

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PARIS – A l’occasion du nouvel-an kurde Newroz, le Conseil démocratique kurde en France (CDKF) a publié un communiqué sur l’héritage du Newroz dans la lutte du peuple kurde contre les colonisateurs du Kurdistan.

Voici le communiqué du CDKF:

« Le Newroz ou l’autre nom de la résistance

 
Le Newroz marque, pour de nombreux peuples du Moyen-Orient et d’Asie centrale, l’entrée dans la nouvelle année et le début du printemps, autrement dit la renaissance de la nature. Pour les Kurdes, cette journée a une signification supplémentaire : elle incarne la résistance, la victoire contre l’oppression. Le feu du Newroz allumé partout au Kurdistan le 21 mars remonte à des milliers d’année, au jour où le forgeron Kawa alluma un feu sur la montagne pour annoncer la victoire du peuple contre le tyran Dehak. Depuis, les Kurdes n’ont cessé de se révolter contre les régimes oppresseurs qui ont cherché à les rayer de la carte.

Divisés entre quatre États, les Kurdes luttent aujourd’hui pour la reconnaissance de leur identité et de leurs droits. Mais pas seulement : ils travaillent aussi sans relâche à la mise en œuvre d’un système de gouvernance alternatif qui serait une solution aux guerres et aux crises permanentes qui déchirent le Moyen-Orient. La démocratie, l’émancipation des femmes, la coexistence entre les peuples et l’écologie sont au cœur de ce modèle de société préconisé par le leader kurde Abdullah Öcalan et actuellement mis en œuvre au Rojava.

Aujourd’hui, le régime turc d’Erdogan représente la plus grande menace pour les Kurdes et les autres peuples de la région. C’est aussi, indéniablement, un danger pour la paix dans le monde. À l’instar du tyran Dehak qui s’abreuvait du sang des jeunes Kurdes pour prolonger sa vie, Erdogan se nourrit de guerre, de massacres et de répression pour se maintenir au pouvoir.

Ces dernières années, le fascisme turc s’est manifesté dans toute son ampleur. Le régime islamo-nationaliste turc a semé la terreur au Nord-Kurdistan et pratiqué une répression politique à outrance – Les médias ont été bâillonnés, la société civile réduite à néant et toutes les voix d’opposition étouffées. Parce que la démocratie et le pluralisme sont une menace pour la survie du régime d’Erdogan, il a fait arrêter des milliers d’élus, de dirigeants et militants du Parti démocratique des Peuples (HDP). Des centaines de Maires et de députés ont par ailleurs été déchus de leur mandat. Beaucoup croupissent aujourd’hui dans les geôles turques, à l’instar de Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, anciens coprésidents du HDP, et de Gulten Kisanak, ex-maire de la ville métropolitaine de Diyarbakir, maintenus en otage depuis plus de trois ans.

 

Un autre otage du régime turc est le leader kurde Abdullah Öcalan. Détenu en isolement depuis 1999 sur l’île-prison d’Imrali, M. Öcalan est totalement coupé du monde extérieur, privé de tout contact avec ses proches ou ses avocats. Parce que le message de paix que pourrait transmettre le leader kurde est une menace pour un régime fondé sur la guerre.

Aujourd’hui, le gouvernement liberticide d’Ankara s’attaque aux dernières étincelles de la démocratie et de la liberté d’expression : Après avoir déchu de son mandat le député HDP Ömer Faruk Gergerlioglu, fervent défenseur des droits humains, les autorités turques ont engagé une procédure pour dissoudre le HDP. Le lendemain, l’on apprenait par ailleurs l’arrestation du coprésident de l’Association des Droits de l’Homme, Öztürk Türkdogan.

Le régime despotique d’Erdogan ne se contente pas de la répression à l’intérieur de ses frontières. Enivré par ses ambitions expansionnistes, le digne héritier de l’empire ottoman sème la guerre au nord de la Syrie, au Sud-Kurdistan, dans le Haut-Karabakh, en Libye. Au mépris de toutes les normes internationales, il a envahi et occupé plusieurs zones du nord de la Syrie mises à feu et à sang par ses chiens de guerre que sont les mercenaires recrutés au sein des formations djihadistes en Syrie. Cela ne lui suffit pas : il cherche à étendre son occupation à tout le Rojava et convoite aussi le Sud-Kurdistan, en particulier la région yézidie de Shengal.

Mais c’est sans compter sur le combat du peuple kurde qui, aujourd’hui comme hier, lutte avec détermination pour construire la liberté et la paix. Le 21 mars, où qu’ils se trouvent – dans les villes, les villages ou les montagnes, dans les quatre parties du Kurdistan ou dans la diaspora – les Kurdes allumerons le feu du Newroz, la flamme qui renouvelle leur résistance. Comme l’a dit le célèbre poète kurde Musa Anter assassiné en 1992 par les escadrons de la mort turcs, « Résistance est l’autre nom de la vie ».

Corse solidaire de Nudem Durak, chanteuse kurde tenue en otage en Turquie

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CORSE – A l’appel de l’association France Kurdistan, le groupe de musique corse « Cantu in fiure » et l’association Per à Pace (Pour la paix), ont chanté en soutien à Nudem Durak, chanteuse kurde condamnée à 19 ans de prison en Turquie pour avoir chanté dans sa langue maternelle des louanges à la lutte kurde. (à écouter ici)
 
Par ailleurs, le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, des militants de Per a pace, d’Inseme, d’a Manca, du Parti Communiste, de Corsica Palestina, d’Utopia, de Corsica Rojava, des Tunisiens de Corse et de la CGT ont manifesté pour demander la libération de Nudem Durak. (Via Journal de la Corse)
 
19 ans de prison pour la musique kurde ou la fausse fraternité des peuples de Turquie
Cela fait six ans que la chanteuse kurde Nûdem Durak est en prison pour avoir osé chanter dans sa langue maternelle. (Pour rappelle, l’année dernière, Hêlin Bölek et Ibrahim Gokçek, deux membres du Grup Yorum, sont morts en grève de la faim car leur groupe de musique contestataire est persécuté par le pouvoir turc.) Nudem doit retrouver sa liberté en 2034. Un châtiment de 19 ans pour lui enlever le goût de chanter les chansons de son peuple… ou montrant la fausseté du discours officiel turc parlant de leurs « frères kurdes ».
 
La justice turque a condamné la chanteuse kurde Nudem Durak à 19 ans de prison pour avoir fait la « promotion de la propagande kurde » en enseignant des chansons folkloriques kurdes à des groupes de musique pour les jeunes.

Coup dur pour les femmes de Turquie qui se retire de la Convention d’Istanbul

TURQUIE / BAKUR – La Turquie s’est officiellement retirée de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes au sein du foyer, dont le viol conjugal et les mutilations génitales féminines.

Les femmes vont descendre en masse dans les rues aujourd’hui pour condamner cette déclaration de guerre faite aux femmes et aux enfants alors que les violences masculines et les féminicides, ainsi que les agressions des femmes et des enfants qui ne cessent d’augmenter en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays.

La Turquie s’est officiellement retirée de la Convention d’Istanbul avec un décret présidentiel publié aujourd’hui au Journal officiel qui stipule que « La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, qui a été signée par la Turquie le 11 mai 2011 et approuvée par le décret ministériel n ° 2012/2816 le 10 février 2012, sera résiliée par la Turquie. conformément à l’article 3 du décret présidentiel n ° 3. »

Suite au décret présidentiel publié à minuit, des défenseurs des droits des femmes, des avocats et des politiciens, ont condamné la décision de se retirer de la Convention et ont rappelé qu’elle avait été approuvée à l’unanimité au Parlement turc.

Les femmes descendront dans la rue pour protester contre le décret. Des actions sont attendues à Istanbul / Kadikoy aujourd’hui à 17 heures, devant la municipalité de Çankaya à Ankara à 17 heures également et à Izmir à 16 heures. Des manifestations auront également lieu à Eskişehir, Adana, Hatay et Mersin. (ANF)

Qu’est-ce que Newroz, le nouvel-an kurde ?

Après le confinement du mars 2020 qui a empêché les célébrations du Newroz (nouvel an kurde), le Kurdistan célèbre de nouveau le Newroz de 2021. Mais, le climat tendu au Bakur occupé par la Turquie où le parti HDP est menacé d’interdiction et des rumeurs concernant Abdullah Ocalan font craindre des débordements dus à la colère du peuple kurde dont les droits élémentaires sont sans cesse bafoués. 
 
En attendant l’arrivée des jours meilleurs pour les Kurdes, revenons sur l’origine de cette fête ancestrale qui est devenue au fil du temps en un moment de révolte contre les tyrans oppresseurs du peuple kurde.
 
Newroz ou Nawroz fait référence à la célébration du Nouvel an zoroastrien dans la culture kurde. Avant l’islamisation des peuples iraniens en Asie, les ancêtres des Kurdes étaient des adeptes du zoroastrisme. Dans la doctrine zoroastrienne, le feu est un symbole de vision, de bonté et de purification. Angra Mainyu, l’esprit démoniaque opposé au dieu Ahura Mazda dans le zoroastrisme, était défié chaque année par un grand feu par les Zoroastriens. Dans la légende kurde, la fête célèbre la délivrance des Kurdes du tyran Dehak et elle est considérée comme une autre façon de démontrer le soutien à la cause kurde.
 
La fête du Newroz – célébré depuis au moins 3 000 ans et profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme – coïncide avec l’équinoxe de mars, qui tombe généralement le 21 mars et se déroule habituellement du 18 au 24 mars. Le festival occupe une place importante en termes d’identité kurde pour la majorité des Kurdes. Les Kurdes se rassemblent pour accueillir la venue du printemps. ils portent des vêtements colorés et dansent ensemble.
 
Voici le mythe du Newroz selon les Kurdes :
 
Il y a bien longtemps, entre les grands fleuves d’Euphrate et du Tigre, il y avait une terre appelée la Mésopotamie (le pays entre deux fleuves). Au-dessus d’une petite ville de la Mésopotamie, sur le flanc des montagnes des Zagros, il y avait un énorme château en pierre avec de hautes tourelles et des hauts murs sombres.
 
Le château était taillé dans la roche de la montagne. Les portes du château étaient fabriquées à partir du bois du cèdre et sculptées en forme de guerriers ailés. Au fond du château vivait un roi assyrien cruel appelé Dehak. Ses armées terrorisaient tous les habitants du pays, alors que tout allait bien avant le règne de Dehak en Mésopotamie.
 
Les rois précédents avaient été bons et gentils et avaient encouragé les gens à irriguer la terre et à garder leurs champs fertiles. Ils mangeaient des aliments composés uniquement de pain, d’herbes, de fruits et de noix. C’est sous le règne d’un roi nommé Jemshid que les choses ont commencé à tourner mal. Il se croyait au-dessus des Dieux du soleil et commença à perdre la faveur de son peuple. Un esprit appelé Ahriman le Mal, a saisi l’occasion de prendre le contrôle.
 
Il choisit Dehak pour prendre le trône, qui tua ensuite Jemshid et le coupa en deux. Le mauvais esprit, déguisé en cuisinier, nourrit Dehak de sang et de chair d’animaux et un jour, alors que Dehak le complimentait sur ses plats de viande, il le remercia et lui demanda d’embrasser les épaules du roi. Alors qu’il embrassait les épaules de Dehak, il y eut un grand éclair de lumière et deux serpents noirs géants sortir de chaque côté de ses épaules. Dehak était terrifié et a tout essayé pour s’en débarrasser. Ahriman le Mal s’est déguisé à nouveau, cette fois en médecin et a déclaré à Dehak qu’il ne pourrait jamais se débarrasser des serpents et que lorsque les serpents auraient faim, Dehak ressentirait une douleur terrible, qui ne serait soulagée que lorsque les serpents seraient nourris avec le cerveau des jeunes enfants. C’est ainsi qu’à partir de ce jour sombre, deux enfants ont été choisis dans les villes et villages qui se trouvaient sous le château. Ils ont été tués et leurs cerveaux ont été emmenés aux portes du château et placés dans un grand seau fait du bois de noyer et maintenu fermement par trois fines bandes d’or.
 
Le seau de cervelle fut ensuite soulevé par deux gardes forts et emmené chez le méchant Dehak et les cerveaux ont été dévorés par les serpents affamés. Depuis que le roi serpent a commencé son règne sur le royaume, le soleil a refusé de briller. Les cultures, les arbres et les fleurs des paysans se sont mis à faner. Les pastèques géantes qui y avaient poussé pendant des siècles ont pourri sur pied. Les paons et les perdrix qui se pavanaient autour des grenadiers géants étaient partis. Même les aigles qui avaient volé haut dans les vents de la montagne étaient partis. Maintenant, tout était froid et sombre. Les gens du pays étaient très tristes. Tout le monde était terrifié par Dehak. Ils chantaient des lamentations tristes et douloureuses qui exprimaient leur douleur et leur détresse. Et le son envoûtant d’une longue flûte en bois résonnait toujours dans les vallées. Sous le château du roi vivait un forgeron qui fabriquait des fers pour les célèbres chevaux sauvages de Mésopotamie et des chaudrons et des casseroles pour les habitants de la ville. Il s’appelait Kawa. Lui et sa femme étaient affaiblis par le chagrin et haïssaient Dehak car il avait déjà pris 16 de leurs 17 enfants.
 
Chaque jour, transpirant à la sortie du four, Kawa frappait son marteau sur l’enclume et rêvait de se débarrasser du roi maléfique. Et tandis qu’il frappait le métal chaud rouge, de plus en plus fort, les étincelles rouges et jaunes s’envolaient dans le ciel sombre comme des feux d’artifice et pouvaient être vues à des kilomètres à la ronde. Un jour, l’ordre vint du château que la dernière fille de Kawa devait être tuée et son cerveau devait être amené à la porte du château dès le lendemain. Kawa passa toute la nuit sur le toit de sa maison, sous les étoiles brillantes et les rayons de la pleine lune, pensant comment sauver sa dernière fille des serpents de Dehak.
 
Alors qu’une étoile filante glissait dans le ciel nocturne, il eut une idée. Le lendemain matin, il est monté sur le dos de son cheval, tirant lentement la lourde charrette en fer avec deux seaux en métal qui cliquetaient sur le dos. La charrette a grimpé la route pavée escarpée et est arrivée à l’extérieur du château. Il vida nerveusement le contenu des seaux métalliques dans le grand seau en bois à l’extérieur des énormes portes du château. Alors qu’il se retournait pour partir, il entendit les portes se déverrouiller, trembler et se mettre à grincer lentement.
 
Il a jeté un dernier coup d’œil et s’est dépêché de partir. Le seau en bois a ensuite été lentement soulevé par deux gardes et emmené dans le château. Les cerveaux étaient donnés aux deux serpents géants affamés qui avaient poussé sur les épaules de Dehak. Quand Kawa est rentré chez lui, il a trouvé sa femme agenouillée devant un feu de bois rugissant. Il s’agenouilla et souleva doucement son grand manteau de velours. Là, sous le manteau, il y avait leur fille. Kawa balaya ses longs cheveux noirs et épais de son visage et embrassa sa joue chaude. Au lieu de sacrifier sa propre fille, Kawa avait sacrifié un mouton et avait mis son cerveau dans le seau en bois. Et personne ne l’avait remarqué. Bientôt, tous les habitants de la ville en ont appris la malice de Kawa. Alors quand Dehak leur a demandé un sacrifice d’enfant, ils ont tous fait la même chose. Ainsi, des centaines d’enfants ont été sauvés. Alors tous les enfants sauvés allèrent, dans l’obscurité, dans les montagnes les plus hautes et les plus éloignées où personne ne les trouverait. Ici, dans les hauteurs des montagnes des Zagros, les enfants ont grandi en liberté.
 
Ils ont appris à survivre par eux-mêmes. Ils ont appris à monter à cheval, à chasser, à pêcher, à chanter et à danser. De Kawa, ils ont appris à se battre. Un jour, ils retourneraient dans leur patrie et sauveraient leur peuple du roi tyran. Le temps passa et l’armée de Kawa était prête à commencer sa marche sur le château. En chemin, ils traversaient des villages et des hameaux. Les chiens des villages aboyaient et les gens sortaient de leurs maisons pour les encourager et leur donner du pain, de l’eau, du yaourt et des olives.
 
Alors que Kawa et les enfants approchaient du château de Dehak, les hommes et les femmes quittèrent leurs champs pour les rejoindre. Au moment où ils s’approchaient du château, l’armée de Kawa s’élevait à plusieurs milliers. Ils s’arrêtèrent devant le château et se tournèrent vers Kawa. Kawa se tenait sur un rocher. Il portait son tablier de forgeron et tenait son marteau à la main. Il se retourna et fit face au château et leva son marteau vers les portes du château. La foule s’avança en masse et déferla sur les portes du château qui avaient la forme de guerriers ailés et qui ont rapidement pris le dessus sur les hommes de Dehak.
 
Kawa se précipita directement dans la chambre de Dehak, descendit les escaliers de pierre sinueux et, avec son marteau de forgeron, tua le roi serpent maléfique et lui coupa la tête. Les deux serpents se flétrirent. Il grimpa ensuite au sommet de la montagne au-dessus du château et alluma un grand feu de joie pour dire à tous les habitants de Mésopotamie qu’ils étaient libres. Bientôt, des centaines de feux furent allumés dans tout le pays pour répandre le message et les flammes s’élevèrent haut dans le ciel nocturne, l’illuminant et purifiant l’air de l’odeur de Dehak et de ses mauvaises actions. Les ténèbres avaient disparu. Avec la lumière de l’aube, le soleil est venu de derrière les nuages sombres et a réchauffé la terre montagneuse une fois de plus. Les fleurs commencèrent lentement à s’ouvrir et les bourgeons des figuiers éclatèrent en fleurs.
 
Les pastèques ont recommencé à pousser, comme elles l’avaient fait pendant des siècles auparavant. Les aigles sont revenus et ont volé sur les vents chauds entre les sommets de la montagne. Les paons éventèrent leurs magnifiques panaches qui scintillaient sous le soleil chaud du printemps. Des chevaux sauvages aux longues crinières noires galopaient sur les plaines plates et poussiéreuses. Les perdrix se perchaient et chantaient sur les branches des poiriers. Les petits enfants mangeaient des noix mûres enveloppées dans des figues fraîches et l’odeur du pain fraîchement cuit dans les fours en pierre atteignait leur nez à l’aide d’une légère brise. Les feux brûlaient de plus en plus haut et les gens chantaient et dansaient en rond en se tenant la main avec les épaules qui montaient et descendaient rythmées par la flûte et le def ou daf.
 
Les femmes en robes pailletées de couleurs vives chantaient des chansons d’amour et les hommes répondaient en se déplaçant autour des flammes comme un seul homme. Quelques-uns d’entre eux planaient au-dessus du feu, ivres au son de la musique, les bras tendus comme des aigles qui volent dans le ciel. Maintenant, ils étaient libres. Jusqu’à ce jour, le même jour de printemps de chaque année, le 21 mars (qui est aussi l’équinoxe du printemps), les Kurdes, les Perses, les Afghans et les autres peuples du Moyen-Orient dansent et sautent au-dessus des flammes pour se souvenir de Kawa et de la libération de la tyrannie et de l’oppression et pour célébrer la venue du nouvel an. Ce jour s’appelle Newroz ou Nouveau-jour. C’est l’une des rares « fêtes populaires » qui a survécu et précède toutes les grandes fêtes religieuses. Bien que célébré par d’autres peuples, Newroz est particulièrement important pour les Kurdes car il marque également le début du calendrier kurde et consacre la longue lutte des Kurdes pour la liberté.

Afrin représente l’échec de la communauté internationale à préserver les valeurs humaines et le droit international

SYRIE / ROJAVA – Il y a trois ans, l’armée turque et ses gangs islamistes sont entrés dans le canton kurde d’Afrin après 3 mois de bombardements intenses. Depuis, l’occupation turque y commet des crimes de guerre, crimes contre l’humanité, des féminicides, détruit la nature en abattant les oliviers de la région, pille et saccage les sites archéologiques et les lieux de culte yézidis et chrétiens…  
 
Dès l’occupation d’Afrin, la Turquie a changé la démographie de la région en installant des Syriens islamistes venus d’autres régions syriennes dans les foyers des Kurdes, Yézidis et Alévis chassés de la région. L’occupation turco-jihadiste a également turquifié la région d’Afrin en imposant la langue turque (à côté de la langue arabe) à toutes les institutions publiques et à l’école où le kurde a été interdit.
 

L’invasion turque d’Afrin a commencé le 20 janvier 2018. Après environ deux mois de résistance contre la deuxième armée de l’OTAN, les unités de défense ont décidé de se retirer afin d’éviter de nouveaux massacres de la population civile. Afrin est occupée depuis le 18 mars.

« Afrin représente l’échec de la communauté internationale à préserver les valeurs humaines et le droit international. » Par ces mots, le commandant général des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazlum Abdi, a rappelé que cela faisait maintenant trois ans que la Turquie occupait le canton autonome d’Afrin au Rojava. La communauté internationale garde le silence sur cette violation du droit international et ferme les yeux sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui y sont commis depuis trois ans.

Sous le nom cynique d’ « Opération Rameau d’Olivier », la Turquie a déclenché une guerre d’agression contre Afrin le 20 janvier 2018, jusqu’à ce que le centre-ville soit finalement occupé le 18 mars 2018. La région à population majoritairement kurde est l’un des anciens pays de montagne peuplés. Le canton est entouré de deux provinces turques – au nord Kilis et à l’ouest de Hatay – et comprend la région Çiyayê Kurmenc (Montagne des Kurdes) et contient les villes d’Afrin, Shêrawa, Jindirês, Mabeta, Reco, Bilbilê, Shiyê et Shera. Le nom Afrin signifie «création bénie» en kurde.

Dans sa guerre d’agression, la Turquie a profité du soutien des milices djihadistes, qui sont entraînées, équipées et financées par l’État turc, et utilisent, entre autres, des armes allemandes – telles que les chars Leopard 2. Voici quelques-uns des crimes commis par la Turquie et ses mercenaires:

– Environ un demi-million de personnes, dont des centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays, ont été déplacées. La plupart d’entre eux vivent encore dans des villes de tentes dans le canton voisin de Shehba

– Plus de 7 000 civils ont été enlevés; le sort d’environ la moitié d’entre eux reste inconnu

– Des centaines de personnes, dont de nombreuses femmes et enfants, ont été tuées; À eux seuls, 498 personnes ont perdu la vie dans les attentats à la bombe de 2018. Les meurtres se poursuivent à ce jour: le nombre de personnes tuées dans les lieux de torture des troupes d’occupation est élevé, tout comme le nombre de cas non signalés. Plus d’un millier de personnes ont été blessées dans les attaques des occupants

– Environ 65% des maisons de la population d’origine d’Afrin ont été confisquées. La plupart des familles islamistes turkmènes et arabes originaires d’autres régions syriennes telles que la Ghouta se sont installées dans ces maisons.

– La nature d’Afrin n’a pas non plus été épargnée par l’oppression des forces d’occupation. Cette destruction massive de l’environnement est allée de pair avec des effets économiques dévastateurs sur la région et ses habitants. Depuis l’occupation, plus de 315 000 arbres ont été abattus et vendus comme bois de chauffage, dont 300 oliviers rares et anciens, 15 000 chênes et plus de 11 000 arbres forestiers. Plus d’un tiers des 33000 hectares de terres agricoles d’Afrin ont été incendiés

– Au moins 105 sites archéologiques ont été pillés et les forces d’occupation ont construit des bases militaires sur des monticules de peuplement historiques qui ont été nivelés au préalable

– Alors que le nombre d’étudiants inscrits avant l’invasion était de 50 855, il n’y en a actuellement qu’environ 13 000, mais uniquement dans la région de Shehba. Au moins 64 des écoles d’Afrin ont été détruites ou converties au cours de l’attaque – y compris l’Université d’Afrin. Dans les écoles qui ont été rouvertes par l’occupation, le kurde et l’araméen ont été retirés du programme – les seules langues d’enseignement sont le turc et l’arabe. En outre, le système juridique islamique (charia) est une matière obligatoire dans toutes les institutions – cela s’applique également aux enfants appartenant à des minorités

– Les lieux de culte chrétiens, yézidis et alévis ont été transformés en mosquées sous les auspices des autorités turques. Les noms de la plupart des rues, places, lieux publics et historiques du canton ont été échangés avec les noms de personnalités turques et islamiques et certains ont été nommés d’après ceux qui ont commis des crimes contre le peuple kurde.

Afrin a été soumis à un processus planifié de longue date de réinstallation et de rééducation. Cet état de fait continue à ce jour. Le silence de la communauté internationale sur l’invasion du territoire syrien en violation du droit international a encouragé l’État turc à poursuivre d’autres agressions contre la région. Avec la soi-disant «Opération Source de la Paix», qui a débuté en octobre 2019, la Turquie a occupé les villes de Serêkaniyê et Girê Spî et a poursuivi sa politique de déplacement.

 
ANF 

TURQUIE. Depuis sa prison, Leyla Guven soutient la campagne pour la langue kurde

TURQUIE / BAKUR – La Plate-forme de la langue kurde et le Réseau de la langue et de la culture kurdes ont lancé le 21 février une pétition pour que le kurde devienne une langue officielle et éducative en Turquie où plus de 20 millions de Kurdes sont privés de leurs droits linguistiques. Des dizaines de milliers de signatures ont été recueillies jusqu’à présent dans le cadre de la campagne qui se poursuivra jusqu’au 15 mai. (Le lien vers la campagne de signature est ici)
 
La coprésidente du Congrès de la société démocratique (DTK) et ancienne députée HDP, Leyla Güven, a appelé à soutenir la campagne dans sa lettre écrite depuis la prison d’Elazığ.
 
Voici la lettre de Leyla Güven :
 
« Salutations chaleureuses depuis la prison d’Elazığ ;
 
J’espère que tout le monde va bien. Sans aucun doute, nous sommes dans des conditions difficiles et il n’est pas facile de rester bien. Cependant, c’est la réalité du peuple kurde qui a été sous pression dans ce siècle et c’est pourquoi nous disons toujours « vivre c’est résister ».
 
Mes chers camarades, nous sommes 8 femmes ici. Je ne ressens pas le besoin d’expliquer les conditions de détention. Tout le monde connaît bien ces conditions. Les prisons sont un espace de résistance et de lutte depuis 40 ans. Les prisonniers sont en grève de la faim depuis plus de 100 jours. Nous espérons que leurs demandes seront acceptées.
 
Chers volontaires kurdes, nous rencontrons de nombreuses difficultés dans les médias et la communication. Pour cette raison, nous avons du mal à obtenir des nouvelles de l’extérieur. Nous avons appris par la chaîne de télévision du Parlement que vous avez lancé une pétition le 21 février, Journée internationale de la langue maternelle. Nous sommes très heureux de ce travail important. Nous tenions à vous féliciter pour cette campagne. La langue kurde a été protégée de l’assimilation grâce aux mères kurdes. Cependant, comme les politiques sales envers le kurde n’ont jamais cessé, nous ne pouvons pas arrêter de travailler. La langue kurde a atteint un tel stade qu’elle est menacée de disparaître à cause des politiques d’assimilation. La principale raison de cette situation est l’hostilité envers la langue kurde.
 
Partout où le kurde est parlé, il est enregistré comme « X » [langue inconnue]. Partout où le kurde est parlé, il y a eu massacre, génocide culturel, ignorance d’un peuple. Malgré toutes ces attaques, les Kurdes n’ont pas cessé de parler dans leur langue maternelle. Malgré ces politiques, nous n’oublions pas la langue kurde. Nous continuerons à parler, en luttant comme toujours. La langue kurde a survécu jusqu’à aujourd’hui grâce à la résistance kurde. Nous n’abandonnerons pas la résistance. Nous soutenons la campagne que vous avez lancée et nous vous souhaitons de réussir dans votre travail. »
 

SYRIE. La Turquie à l’origine d’une nouvelle crise de l’eau au Rojava

SYRIE / ROJAVA – En réduisant le débit du fleuve Euphrate desservant la Syrie, la Turquie provoque une nouvelle crise de l’eau dans les régions syriennes dirigées par les Kurdes qui assurent la sécurité alimentaire du pays en produisant de grandes quantités de céréales. Sans eau, la région fait face à une mauvaise récolte et à la famine.
 
L’administration autonome dirigée par les Kurdes contrôle une grande partie de la région depuis 2012, lorsque les forces fidèles au régime de Bachar al-Assad se sont largement retirées vers d’autres régions.
 
La Turquie accuse l’administration d’avoir des liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avec lequel elle est engagée dans un conflit interne depuis 1984, et a lancé une série d’incursions militaires dans le nord de la Syrie, en plus de coupure d’eau de l’Euphrate qu’elle utilise comme une arme de guerre contre les Kurdes.
 
Les bas niveaux d’eau avaient également un impact sur la production d’électricité, le débit dans les turbines de la centrale électrique du barrage de Tichrine ayant chuté de 500 mètres cubes à seulement 200 mètres cubes par seconde ces derniers mois.
 
L’été dernier, la Turquie a bombardé à plusieurs reprises la station de pompage d’Allouk, privant des milliers d’habitants de l’eau courante pendant la pandémie de COVID-19. (VOA)

Roza Salih, une réfugiée kurde engagée en politique en Ecosse

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Comme beaucoup de femmes kurdes qui se frayent un chemin dans tous les domaines de la vie, tant au Kurdistan qu’en diaspora, Roza Salih a été imprégnée de la politique et du patriotisme dès son plus jeune âge. Petit à petit, elle a remporté un succès, elle est maintenant la candidate numéro un du SNP (parti national écossais)  pour la région de Glasgow au Parlement britannique.  

ECOSSE – GLASGOW – Roza Salih, une demandeuse d’asile kurde du Kurdistan du Sud s’est retrouvée avec sa famille à Glasgow, en Écosse. Elle est maintenant engagée dans la politique et dans de nombreuses autres campagnes et questions humanitaires. L’agence de presse, ANHA l’a interviewée.  

Les lecteurs veulent savoir qui est Roza Salih ?

RS : Je suis née au Kurdistan et j’ai grandi en Ecosse, je suis en Ecosse depuis presque 22 ans, je suis arrivée à Glasgow en tant que réfugiée, Glasgow nous a accueillis, moi et ma famille, c’est notre maison depuis lors, maintenant je veux représenter Glasgow et j’aimerais avoir un rôle de leader au Parlement écossais.

Ma famille a été impliquée politiquement et s’est battue pour la liberté et la démocratie au Kurdistan ; deux de mes oncles et mon grand-père ont été exécutés par le régime irakien (Saddam Husain) ; l’un de mes oncles était un combattant de la Peshmergha et est mort sur les montagnes alors qu’il se battait ; l’autre a été emprisonné dans la prison d’Abu Ghraib pendant plus de 15 ans ; ma famille s’est battue pour les droits des Kurdes et cela (le contexte politique de ma famille) m’a toujours accompagné. Lorsque je suis arrivée à Glasgow, j’ai pris conscience de la situation de l’asile en Écosse et au Royaume-Uni, et je suis devenue très active dès mon plus jeune âge, j’avais 15 ans, et j’étudiais à la Drumchapel High School, j’ai fait campagne pour les droits des réfugiés.

Notre campagne a eu tellement de succès que nous avons mis fin aux pressions et tensions des enfants au Royaume-Uni. Nous avons donc eu le soutien de tous les partis, nous étions connues sous le nom des Glasgow Girls (les filles de Glasgow), qui sont très connues à Glasgow, en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. Cela m’a donné envie, très jeune, de m’engager dans la politique, ce qui m’a poussée à étudier le droit et la politique à l’université de Strathclyde, qui est vraiment au cœur de Glasgow et qui est une très bonne université. C’est pour cela que j’ai voulu représenter l’université en me présentant aux élections. J’ai gagné et représenté 20 000 étudiants en 2013 et 2014. À Strathclyde, nous avons donné le titre de membre honoraire à vie à Abdullah Ocalan en 2014, cela m’a donné une sorte d’inspiration pour lire sur Abdullah Ocalan et sur mes racines en tant que kurde.

2014 a été une année remarquable pour moi, il y avait aussi le référendum écossais, donc j’ai été très activement impliquée dans les activités de l’université pour s’assurer que les étudiants sont enregistrés et expriment leurs voix parce que j’étais un pro-indépendance, je suis devenu un agent sabbatique dans le corps universitaire pour parler pour les étudiants qui m’ont élu. Ma campagne pour l’égalité et la diversité est venue de l’université, et l’université de Strathclyde est devenue la première institution à offrir des bourses aux demandeurs d’asile, ce qui m’a passionné, je voulais que l’éducation soit inclusive, pour tout le monde, et les demandeurs d’asile ont alors cette opportunité.

J’ai été impliquée dans le syndicat, puis j’ai voulu devenir députée locale à Glasgow, ce qui m’a donné plus d’occasions de parler au nom du peuple kurde au Parlement britannique et de m’assurer que les voix kurdes sont entendues, en particulier sur Afrin, Kobane et de nombreux autres aspects de la révolution du Rojava, de la protection des droits des Kurdes et de la défense de la démocratie au Moyen-Orient.

Le voyage du Kurdistan à l’Écosse 

Je suis allée en Ecosse par hasard. De Londres, nous avons été dispersés à Glasgow par le système d’émigration, c’était donc un hasard, mais je suis heureuse que cela soit arrivé, car je vois des similitudes entre le peuple écossais et le peuple kurde.

Comment avez-vous trouvé votre chemin vers le SNP, qui est un parti nationaliste ?

RS : Je pense que j’ai trouvé ma voie en 2014 lors du référendum lorsque les Écossais ont pu voter en s’assurant qu’ils pouvaient le faire de manière démocratique. Je me suis impliquée dans ce référendum et j’ai été inspirée par le parti.

Similitudes et différences entre les Kurdes et les Écossais

La question du peuple kurde est très complexe. Le Kurdistan du Sud cherche toujours à obtenir l’indépendance, l’idéologie d’Abdullah Ocalan demande également une sorte d’auto-gouvernance et d’autonomie, donc je pense que c’est similaire à bien des égards, mais nous avons une identité différente, des langues différentes et nous cherchons à nous gouverner nous-mêmes.

Le peuple kurde rêve de devenir indépendant un jour, ce qui n’est pas facile, mais pour que le peuple kurde puisse réaliser ce rêve, nous devons d’abord avoir la démocratie. Si nous n’établissons pas la démocratie, il n’y a aucun moyen de parvenir à l’indépendance, et ce qui est formidable dans ce pays – l’Écosse – où je vis, c’est qu’il y a la démocratie, les gens ont le droit d’exprimer leur voix sur un bulletin de vote, ce qui est très différent du Moyen-Orient où il n’y a pas de démocratie ni de droits de l’homme, et les gens se battent avec des armes à feu, contrairement à ici où les gens se battent avec leurs stylos.

La crise syrienne depuis 10 ans

Je pense que le conflit syrien est très complexe. Il a commencé par un soulèvement pacifique en raison du taux de chômage élevé et de la corruption, ainsi qu’avec la demande de se libérer de Bashar Assad. Ce soulèvement s’est transformé en une guerre civile engendrant de nombreux morts et disparus en plus de millions de réfugiés, ce qui est très catastrophique.

Il y a beaucoup de dimensions à cela, l’une d’entre elles est que les puissances étrangères ont été impliquées dans la région principalement pour leurs propres intérêts, l’Iran, la Russie, la Turquie, les États du Golfe et l’Amérique et l’Europe et ainsi de suite. De l’argent et des armes ont été envoyés et beaucoup de personnes ont été impliquées contre des extrémistes comme ISIS qui a été considéré par la communauté internationale comme une menace majeure. Le peuple kurde a combattu ISIS et ses idées très extrêmes. Kobanê a été une grande bataille. Nous avons organisé des manifestations pour Kobané, nous avons créé des t-shirts en solidarité avec Kobané pour vaincre ISIS. C’était un symbole d’espoir pour le peuple kurde de vaincre ISIS et je pense que le peuple kurde l’a fait, mais la dynamique de la lutte du peuple kurde pour l’autonomie et les droits s’est distinguée dans la région, je pense que le peuple kurde n’a pas combattu Assad.  L’ONU n’a pas non plus réussi à engager des pourparlers de paix dans la région. L’ONU a récemment accepté de tenir des élections libres et équitables dans un avenir proche, ce qui, je l’espère, redonnera espoir au peuple syrien.

La dimension kurde au Rojava

Le peuple kurde doit défendre ses propres droits et examiner ce qui est bénéfique pour lui, car il se trouve dans une situation où la Turquie l’attaque – occupation d’Afrin et d’autres régions du nord-est de la Syrie – et les Kurdes n’ont pas beaucoup d’amis et sont entourés de nombreux ennemis. Le peuple kurde n’avait pas le choix, il devait saisir cette opportunité et, en tant que Kurde vivant en Écosse, je pense qu’il a pris la meilleure décision pour l’avenir du peuple kurde.

Feu vert turc au Rojava

De nombreux intérêts économiques sont en jeu. Le capitalisme joue un rôle clé dans cette situation, ce qui donne une sorte de silence face aux atrocités, aux meurtres et à toutes les histoires cruelles que nous entendons sur les agissements de la Turquie, même les reporters et les journalistes sont tués pour avoir rapporté les vraies histoires. Je suis au courant de la situation et je pense que la communauté internationale n’a pas pris de mesures appropriées contre la Turquie parce qu’ils ont beaucoup d’intérêts, en particulier avec les réfugiés. Nous avons vu la Turquie menacer les pays européens d’ouvrir la frontière pour que les réfugiés puissent passer en Europe et c’est ainsi que la politique turque fonctionne. C’est ainsi que fonctionne la politique turque, elle menace et manipule les gens et pour cela elle est très douée. Elle l’a fait avec la communauté internationale, avec l’Allemagne et c’est le problème pour lequel nous avons besoin de plus d’amis en Europe pour parler en faveur du peuple kurde et cela implique un rôle clé à jouer par les femmes en Europe pour soutenir la révolution parce que c’est une révolution féministe.

La révolution du Rojava et le peuple écossais

Les Écossais considèrent que la coprésidence et le système communal de voisinage, où les gens prennent réellement des décisions et sont impliqués dans la démocratie directe dans ces communes et ces quartiers sont très inspirants.  La révolution sociale au Rojava a été très bien perçue en Écosse et en Europe en raison de cette approche différente, de la création d’une forme d’autonomie dans le nord de la Syrie, d’un système qui fonctionne pour les peuples en essayant de réaliser une vie nouvelle porteuse d’espoir pour l’avenir.

La révolution féministe du Rojava  

En tant que Kurde vivant en Écosse, j’ai été inspirée par la bravoure des femmes kurdes qui ont joué un grand rôle dans la révolution en combattant ISIS et dans tous les aspects de la société dans lesquels elles sont impliquées, comme les secteurs de la santé et de l’enseignement, et bien d’autres. Tout cela a été très inspirant et m’a donné le courage de regarder ces femmes et de penser que je pourrais être une voix ici. L’égalité m’a inspirée en tant que personne, mais la révolution féministe est tellement plus grande et a joué un rôle très important dans la communauté internationale.  Les femmes ont joué un rôle clé dans cette révolution et ont promu l’égalité des sexes, ce qui est essentiel pour les femmes kurdes qui luttent contre le fascisme tout en réclamant l’égalité et en essayant de restaurer leur rôle clé dans la société.

C’est exactement ce que ces femmes ont essayé de faire, et je pense qu’elles y sont parvenues au Rojava, en étant actives dans tous les domaines de la vie, ce qui est tout à l’honneur des femmes du Rojava, qui n’est pas une révolution, mais une révolution des femmes. Nous avons vu d’autres révolutions dans d’autres pays, mais elles n’avaient pas les femmes à leurs cotés ;  la moitié de la population était ignorée, et bien sûr vous ne pouvez pas avoir de révolution quand la moitié de la population est ignorée, c’est une source d’inspiration pour les femmes du Rojava qui font la différence.

La situation dans la prison de l’île d’Imrali

J’ai fait partie de la délégation virtuelle d’Imrali qui a lieu chaque année pour sensibiliser  à la situation en Turquie et, en tant que déléguée, j’ai eu l’occasion de voir les conditions de vie en Turquie. En tant que prisonnier politique, même en tant que prisonnier, Ocalan n’a aucun droit. Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe, il pourrait être torturé, nous avons vu son avocat être arrêté pour avoir protégé ses droits, donc la cruauté continue encore et encore même contre le peuple kurde à cause de son idéologie, et vraiment juste parce qu’il est kurde. La cruauté et les violations des droits de l’homme et de la démocratie se sont intensifiées et les droits des femmes ont reculé. Il y a eu beaucoup d’opposition aux conventions d’Istanbul sur les droits des femmes. De nombreuses femmes n’ont pas reçu la protection demandée. 

La communauté internationale n’a pas fait grand-chose, elle n’a pas fait grand-chose du tout, ce qui est très inquiétant parce que le confédéralisme démocratique développé par Ocalan et né au Rojava, est un modèle très riche et important. Il demande une production coopérative, l’égalité des sexes et l’égalité en général. Ce modèle donne beaucoup d’espoir aux peuples du Rojava, mais la Turquie a très peur de son influence en Turquie. C’est la raison pour laquelle la Turquie est très inquiète, alors qu’elle ne devrait pas avoir peur. Mais avec la corruption en Turquie, la population se reveillera un jour , en espérant qu’un jour la démocratie prévaudra en Turquie.    

Le jour du Newroz !

Newroz piroz be, j’espère qu’un jour nous serons libres.  Continuons le combat, nous y arriverons.

https://www.hawarnews.com/en/haber/glasgows-snp-roza-salih-fighting-our-way-to-freedom-h23555.html

Des entreprises européennes complices de Saddam dans le génocide des Kurdes du 1988

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KURDISTAN – Alors qu’on commémore les 33 ans du génocide kurde (Anfal*) commis par le dictateur irakien, Saddam Hussein, et que les complices de ce génocides, dont 25 entreprises européennes qui ont vendu des armes chimiques à Saddam qui les a utilisé contre les Kurdes n’ont pas été traduites en justice, Amnesty International publie un dossier sur la complicité européenne dans ce génocide dans un article publié ce jeudi 18 mars sous le titre « Armes chimiques, quand Saddam Hussein faisait son marché en Europe« , accompagné d’une vidéo (Toxic affair).
 
A quand la justice pour les survivants d’Halabja ?
 
Le 16 mars 1988, la ville kurde d’Halabja, au Kurdistan du Sud, fût bombardée à l’arme chimique sur ordre de Saddam Hussein, faisant plus de 5.000 morts, dont de nombreux enfants qui sortaient de chez eux au cri de « Ça sent la pomme » (odeur du gaz chimique)…

En mars 2018, 5.500 proches de victimes ont assigné en justice 25 entreprises européennes et des Irakiens accusés d’avoir aidé Saddam Hussein à développer son stock d’armes chimiques.
 
En attendant les audiences contre les 25 entreprises européennes (française, allemande, hollandaise…) et des Irakiens complices du génocide d’Halabja qui commencent en juin 2021, 142 des enfants kurdes envoyés en Iran à l’époque du génocide pour être protégés ne sont jamais revenus chez eux 33 ans après leur départ et 486 grands malades de l’attaque chimique d’Halabja ne sont pas pris en charge ni par les autorités irakiennes ni par les autorités kurdes malgré les promesses…
 
Les survivants d’Halabja demandent également que l’ONU et les institutions internationales qualifient officiellement la campagne d’Anfal de génocide contre l’humanité.
 
*Le génocide kurde, aussi connu sous le nom d’Anfal, a eu lieu de février à septembre 1988. Plus de 180 000 Kurdes ont été tués lors de la campagne Al-Anfal menée par Ali Hassan al-Majid, sur ordre du président Saddam Hussein, contre le Kurdistan irakien, à la fin de la guerre Iran-Irak.
 
Le nom de la campagne porte le nom du chapitre 8 du Coran (al-ʾanfāl), qui a été utilisé comme nom de code par l’ancien gouvernement baasiste irakien pour les attaques systématiques contre les combattants kurdes entre 1986 et 1989. La Suède, la Norvège, la Corée du Sud et le Royaume-Uni reconnaissent officiellement la campagne Anfal comme un génocide.

TURQUIE. Menacé de fermeture, le HDP appelle à la solidarité dans la lutte pour une véritable transformation démocratique du pays

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TURQUIE / BAKUR – « Les luttes historiques et les traditions politiques sur lesquelles le HDP (…) a été établi continueront à avoir un impact profond sur la politique turque et kurde vers une véritable transformation démocratique du pays, même si le HDP pourrait ne pas être en mesure de survivre à cet assaut en tant qu’entité politique. »
 
Hier, un procureur a envoyé, un acte d’accusation à la Cour constitutionnelle turque demandant l’ouverture d’un procès pour interdire le Parti démocratique des peuples (HDP), parti de gauche qui est la troisième force politique du pays et la seule à prôner une solution pacifique à la question kurde en Turquie. Cette demande d’interdiction du HDP n’est que l’acte final d’une guerre ouverte qui a vu l’arrestation milliers de militants du parti ainsi que celle des la majorité de ses maires et 13 de ses députés.
 
Dans le communiqué suivant, le HDP déclare qu’ils continueront leur lutte pour une véritable démocratie en Turquie, tout en appelant la communauté internationale à « à adopter une position de principe, à renforcer davantage la solidarité internationale et à agir contre les manœuvres politiques mesquines du gouvernement AKP visant à interdire le HDP et à nier la volonté de millions de personnes. »
 
« Le Parti démocratique des Peuples (HDP) est confronté à une attaque féroce du gouvernement de l’AKP, qui a été évincé des villes clés lors des élections locales et doit faire face à d’immenses problèmes économiques exacerbés par la pandémie. Le 17 mars 2021, la condamnation définitive prononcée contre le député HDP Ömer Faruk Gergerlioğlu a été lue en séance plénière du Parlement et celui-ci a été déchu de son mandat de député. Quelques heures plus tard, on apprenait que le procureur général de la Cour de cassation avait déposé une plainte auprès de la Cour constitutionnelle pour interdire complètement le HDP. Ces attaques contre le HDP sont survenues peu de temps après que le président Erdoğan ait déclaré un nouveau plan d’action pour les droits de l’homme, présenté comme comprenant des réformes législatives.
 
Le 2 mars 2021, le procureur général de la Cour de cassation a lancé une enquête sur le HDP fondée sur l’inculpation de neuf députés du HDP en relation avec les « manifestations de Kobanê » d’octobre 2014. Deux semaines plus tard, le procureur a indiqué dans l’acte d’accusation que le HDP avait tenté, à travers les actions et les déclarations de ses membres, de « détruire l’intégrité indivisible de l’État turc avec sa nation. » Il est important de noter que l’enquête et le procès de fermeture sont intervenus après les appels répétés de Devlet Bahçeli, le président du Parti d’Action nationaliste (MHP), allié du gouvernement, aux hautes cours de Turquie pour interdire le HDP.
 
La fermeture de partis politiques, en particulier de partis pro-kurdes, n’est pas exceptionnelle dans l’histoire de la Turquie. Jusqu’à présent, la Cour constitutionnelle a interdit six partis politiques pro-kurdes. Le premier fut le Parti du travail du peuple (HEP) créé le 7 juin 1990. Le HEP a rejoint le Parti social-démocrate (SHP) pour les élections générales de 1991 et obtenu 22 sièges à l’assemblée nationale turque. En juillet 1993, la Cour constitutionnelle a interdit le HEP. Ensuite, ce fut le tour du Parti de la Liberté et de la Démocratie (OZDEP) : fondé en mai 1993, il a été interdit le 23 novembre 1993. Le Parti de la démocratie (DEP) lui a succédé. En mars 1994, le Parlement turc a levé l’immunité de six députés du DEP, qui ont ensuite été condamnés à 15 ans de prison pour « terrorisme ». Le 16 juin 1994, la Cour constitutionnelle a interdit le DEP. Puis a été fondé le Parti de la Démocratie du Peuple (HADEP), le 11 mai 1994. Lors des élections locales de 1999, le HADEP a remporté 37 municipalités dans la région kurde, dont sept grandes villes. Pourtant, en mars 2003, la Cour constitutionnelle turque a également interdit le HADEP. Le 9 novembre 2005, a été fondé le Parti pour une Société démocratique (DTP). Ses candidats se sont présentés de manière indépendante aux élections générales de 2007, obtenant 22 sièges au parlement turc. Lors des élections locales de 2009, le DTP a remporté des mairies dans plus de 100 villes et villages de la région kurde. La Cour constitutionnelle turque a interdit le parti le 11 décembre 2009.
 
Comme on peut le constater, le HDP a hérité d’une longue histoire de répression et de fermetures, et bien que le président Erdoğan ait affirmé à plusieurs reprises dans le passé qu’il était opposé à la fermeture de partis politiques, son parti, l’AKP, a repris la politique répressive de la Turquie à l’encontre des Kurdes et d’autres minorités. Le HDP a déjà subi une pression politique intense de la part du gouvernement. Et maintenant, nous sommes à la veille d’une nouvelle tentative scandaleuse d’éliminer un parti politique.
 
Cette dernière phase d’attaque intense a commencé avec la rupture par le gouvernement turc du processus de paix avec le mouvement kurde en 2015. Elle s’est intensifiée sous l’état d’urgence en 2016 lorsque nos anciens coprésidents, M. Selahattin Demirtaş et Mme Figen Yüksekdağ, ont été arrêtés avec plusieurs autres députés (la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a récemment rendu une décision ordonnant la libération de M. Demirtas, décision que le gouvernement turc a refusé d’exécuter jusqu’à présent). L’attaque s’est poursuivie avec l’arrestation d’autres députés et la déchéance de 11 députés du HDP de leur mandat parlementaire. Depuis lors, des milliers d’administrateurs et de membres du HDP ont fait l’objet de détentions et d’arrestations, et il ne se passe pas un jour sans que d’autres ne viennent s’ajouter à la liste. Les élus locaux ont également reçu leur part de ces attaques. En 2016, près de cent municipalités kurdes ont été usurpées et placées sous la tutelle de fonctionnaires nommés par le gouvernement, et de nombreux co-maires kurdes ont été arrêtés. Le gouvernement turc a poursuivi cette politique coloniale sur les villes kurdes après les élections locales du 31 mars 2019. Jusqu’à présent, 48 des 65 municipalités gérées par le HDP ont vu leurs maires élus remplacés par des administrateurs d’État. Six autres co-maires du HDP se sont vu refuser l’attribution de leur mandat, sous prétexte qu’ils avaient été précédemment licenciés par des décrets d’état d’urgence. À ce jour, 14 co-maires kurdes élus en mars 2019 et plusieurs maires élus en 2014 sont derrière les barreaux.
 
Le HDP représente plus que quelques bâtiments et une entité politique formelle. Nous représentons effectivement des histoires politiques diverses et une sociologie puissante de luttes multiples pour la reconnaissance et la justice. Nous vous assurons que les luttes historiques et les traditions politiques sur lesquelles le HDP a été établi en premier lieu continueront à avoir un impact profond sur la politique turque et kurde vers une véritable transformation démocratique du pays, même si le HDP pourrait ne pas être en mesure de survivre à cet assaut en tant qu’entité politique.
 
L’oppression du gouvernement sur le HDP et les autres forces démocratiques va certainement s’intensifier dans les mois à venir, tout comme notre lutte. Par la présente, nous invitons une fois de plus la communauté démocratique internationale à adopter une position de principe, à renforcer davantage la solidarité internationale et à agir contre les manœuvres politiques mesquines du gouvernement AKP visant à interdire le HDP et à nier la volonté de millions de personnes. »
 
Feleknas Uca et Hişyar Özsoy
Co-porte-paroles du HDP pour les affaires étrangères

Newroz : le nouvel-an kurde sous le signe de la révolte

KURDISTAN – Alors que les Kurdes se préparent pour Newroz, le nouvel-an kurde devenu symbole du renouveau et de la révolte contre la tyrannie, le régime turc a ordonné la fermeture du parti HDP porté par le mouvement kurde et qui a eu plus de 6 millions d’électeurs aux dernières élections. Ainsi, les célébrations du 21 mars prochaines risquent d’être perturbées par des manifestations de masse ou des actions coup de poing à travers la Turquie où plus de 20 millions de Kurdes sont privés de tous leurs droits (linguistiques, ethniques, culturels, politiques…).
 
Le Conseil de coprésidence de KONGRA-GEL (e Congrès du peuple du Kurdistan) a publié un message à l’occasion du 21 mars, jour du Newroz, en saluant Abdullah Öcalan, tous les prisonniers de la liberté, les peuples du Kurdistan et du Moyen-Orient et « tous les camarades qui défendent leur peuple et leur pays sur différents fronts ».
 
Remarquant que les peuples du Kurdistan accueillent le Newroz cette année « avec la joie de la victoire de la Gare », KONGRA-GEL a déclaré : « L’État turc est le principal ennemi du peuple kurde et du Kurdistan. Leur concept de combat reposant sur la haute technologie a été mis en échec par la guérilla et ils ont subi de lourds coups à Heftanin et à Garê [au Kurdistan d’Irak]. »
 
Voici la suite du message de KONGRA-GEL:
 
« N’ayant pas réussi à obtenir des résultats grâce à son concept de guerre basé sur la technologie contre le HPG, le gouvernement fasciste AKP-MHP menace maintenant les peuples du Kurdistan et le Mouvement de la Liberté par le biais de nouvelles sur la vie du Leader Apo (Öcalan).
 
Pour cette raison, le Newroz devrait être une occasion pour les peuples du Kurdistan de répondre aux menaces du fascisme d’État turc. Le leader Apo appelle les Kurdes libres et les peuples du Kurdistan « peuple du Newroz ». Par conséquent, les peuples du Kurdistan doivent assurer une participation plus forte que jamais aux célébrations du Newroz, manifester leur engagement et leur amour pour le Leader Apo et transmettre ainsi leur message à toutes les parties. La participation aux célébrations du Newroz en cette période revêt une importance particulière.
 
Le leader Apo est la ligne rouge de notre peuple et de notre mouvement ; pour nous, il est une question d’existence ou d’anéantissement. Il doit y avoir une forte réaction publique pour que les membres de la famille et les avocats rencontrent le Leader Apo et que les portes d’Imralı soient ouvertes. Pour cette raison, les célébrations de Newroz sont une grande opportunité pour notre peuple et nos amis.
 
Les célébrations du Newroz contribueront également à étendre la campagne « L’heure de la liberté » dans le pays et à l’étranger. En tant que peuples du Kurdistan, nous sommes redevables au Leader Apo. L’isolement et la torture sont exécutés sur les peuples du Kurdistan en la personne du Leader Apo. Avec la campagne « L’heure de la liberté », nous disons « assez » à cette atrocité. L’ordre fasciste centenaire de l’État turc connaît une crise majeure grâce à la résistance du Leader Apo, du Mouvement pour la Liberté et de notre peuple. Ils cherchent à couvrir leur désespoir contre le HPG par des attaques contre le peuple et le HDP. Cependant, peu importe ce que l’État turc peut faire, il ne sera pas en mesure d’empêcher la défaite de son ordre fasciste. C’est la période où le fascisme sera vaincu et où la liberté du leader Apo et des peuples du Kurdistan sera réalisée. La défaite du système fasciste turc ouvrira la voie à la démocratie dans les quatre parties du Kurdistan et pour tous les peuples de la région.
 
Sur cette base, nous saluons la résistance de notre peuple, souhaitons un joyeux Newroz aux peuples du Kurdistan et souhaitons un grand succès à notre peuple. »
 
Image JINnews

TURQUIE. Sur le darkweb turc, des esclaves yézidies

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TURQUIE – Une fillette yézidie de 7 ans mise en vente en février dernier sur le net par un ancien membre de DAECH / ISIS réfugié en Turquie a été secourue par la police.

Le criminel avait posté une photo de l’enfant yézidi dans l’un de ces salons de discussion avec des informations en arabe et en kurde disant qu’elle était « en vente » le 23 février.

Elle fut sauvée in extrémis mais combien d’autres femmes et enfants yézidies n’ont pas eu cette « chance » et vivent encore l’enfer depuis qu’ils ont été kidnappés par DAECH / ISIS en août 2014 à Shengal ?

Le journaliste de France inter, Anthony Bellanger est revenu sur cette histoire sordide qui n’est qu’un exemple parmi d’autres des crimes de traite humaine commis par les membres de l’État Islamique installés en Turquie ou dans des régions syriennes détenues par des terroristes islamistes.

A lire ici : Sur le darkweb turc, des esclaves yézidies