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KON-MED: Accueillons le criminel de guerre comme il le mérite

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L’organisation faîtière kurde en Allemagne, KON-MED appelle à manifester contre la visite d’Erdoğan à Berlin le 27 janvier, ajoutant qu’il devrait être jugé pour les crimes de guerre qu’il a commis au lieu de venir en visite officielle.

Une manifestation à grande échelle est prévue pour la prochaine visite du chef du régime turc Erdoğan à Berlin. La plus grande organisation faîtière kurde d’Allemagne appelle à manifester et déclare : « Descendons dans la rue par dizaines de milliers en tant que peuple kurde et leurs amis en ce jour. Cela est également un signe de la collaboration du gouvernement fédéral avec le gouvernement fasciste de Turquie : « Montrons que nous n’acceptons pas ces sales affaires ».

« Il devrait être jugé et ne pas venir en visite d’Etat »

L’association considère la visite d’Erdoğan comme faisant partie de sa politique de guerre. Faisant référence aux crimes de guerre perpétrés par l’armée turque dans toutes les régions du Kurdistan et aux meurtres à Paris, KON-MED avertit que l’État turc cherche à obtenir un soutien diplomatique supplémentaire pour la guerre contre le peuple kurde : « Il est absolument inacceptable qu’un tel dictateur, qui commet constamment de plus en plus de crimes et devrait en fait être traduit devant des tribunaux internationaux, vienne à Berlin pour demander de l’aide. Ce silence face à une Turquie où le fascisme est l’idéologie d’Etat renforce la main d’Erdoğan. De cette façon, il obtient à chaque fois un nouveau soutien pour sa sale politique. Il n’y a rien qu’il ne ferait pour empêcher le peuple kurde d’avancer. »

« Erdoğan mène une politique de terreur contre la communauté kurde en Europe »

L’association annonce des manifestations massives : « Nous, le peuple kurde et ses amis, serons là ce jour-là. Le fait que l’État allemand soit un partenaire dans cette sale guerre inquiète profondément le peuple kurde ainsi que le public en Allemagne. Alors qu’Erdoğan mène une guerre au Kurdistan, il poursuit également une politique d’agression et de terreur contre la communauté kurde en Europe, et malheureusement il le fait avec les États européens. Les politiciens lors d’un événement à Neuss ont expliqué à KON-MED que ce discours a eu lieu sur les instructions d’Erdoğan. »

« C’est une contradiction de parler de démocratie et de rencontrer un tueur en série »

En ce sens, l’association voit l’Allemagne à la croisée des chemins : « L’Allemagne doit mettre fin à ses sales relations avec l’Etat turc. C’est une grande contradiction de parler de démocratie et de libertés et de rencontrer et de soutenir un meurtrier de masse. La démocratie et les libertés sont trop précieuses pour être sacrifiées à ces sales relations. Erdoğan exhortera clairement l’Allemagne à devenir hostile aux Kurdes. Il demandera un soutien pour la guerre qu’il mène au Kurdistan tout en appelant à la criminalisation de la population kurde vivant en Allemagne. C’est exactement ce que l’attitude de l’État allemand a été jusqu’à aujourd’hui. »

« Saluons le criminel de guerre comme il le mérite »

KON-MED appelle : « Protestons là en ce jour par dizaines de milliers en tant que peuple kurde et leurs amis. Montrons que nous n’acceptons pas leurs relations sales. Saluons un criminel de guerre, un dictateur meurtrier comme il faut saluer un criminel de guerre. Nous faisons à nouveau appel à l’État allemand. Mettez fin à cette sale alliance. Abandonnez votre politique anti-kurde actuelle.  »

La manifestation débutera le vendredi 27 janvier à 13h devant la Chancellerie à Berlin.

ANF

ROJAVA. Mort d’un civil blessé par un drone turc

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SYRIE / ROJAVA – Hîsem Hesam, un des civils blessés par la frappe d’un drone turc le 18 janvier dans la région kurde de Tirbespiyê, a succombé à ses blessures.

L’attaque d’un drone turc le 18 janvier contre un véhicule civil sur la route entre Qamişlo et Dêrik a fait une autre victime. Hîsem Hesam a succombé à ses blessures ce matin. Ehmed Ebdulxanî Salim, 12 ans, lui aussi grièvement blessé dans l’attaque, était décédé le 21 janvier à l’hôpital de Qamishlo.

L’attaque par drone visait un véhicule circulant sur la route de liaison entre Qamişlo et Dêrik. La frappe aérienne s’est produite à sept kilomètres à l’est de Tirbespiyê dans une station-service du village de Maşûqê.

ANF

EUROPE. Appel à la longue marche kurde

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EUROPE – Le comité organisateur de la longue marche kurde a publié le programme des événements (marche, rassemblements, conférences…) pour l’année 2023.

Le coup d’envoi de la longue marche annuelle demandant la libération d’Abdullah Öcalan sera donné par une conférence internationale le 4 Février en Genève. Deux jours plus tard, le 6 février, les militants internationalistes et kurdes entameront la longue marche qui se terminera par un grand rassemblement à Strasbourg le samedi 11 février 2023. ( détails des événements ci-dessous)

Voici le communiqué du comité organisateur de la longue marche kurde:

Liberté pour Abdullah Öcalan – Appel à la Longue Marche 2023

« Plus de 23 ans ont passé depuis qu’Abdullah Öcalan a été enlevé, séquestré et emprisonné le 15 Février 1999. Cette opération, conduite par les services secrets de différents pays, constitue une violation des lois internationales. Pratiquement coupé du monde, il est depuis placé en isolement dans l’île-prison turque d’Imrali. Depuis 2011, l’État turc viole sans arrêt les droits fondamentaux du prisonnier, notamment en refusant les visites de ses avocats. De plus, depuis 2015, tant les délégations politiques que sa famille se voient eux aussi interdit d’accès. Les conditions d’isolement imposées à Abdullah Öcalan sont particulièrement inhumaines et contraires à toutes les conventions internationales sur la protection des droits des prisonniers.

En dépit de la position centrale indéniable qu’Abdullah Öcalan occupe en vue d’une solution pour la question kurde, le régime d’isolement et d’attrition à Imrali se perpétue. Ainsi torpille-t-on la possibilité d’une issue pour la question kurde et les conflits du Moyen-Orient. L’état de santé d’Abdullah Öcalan et les conditions de son emprisonnement ont une influence directe sur le cours de la guerre et un durcissement de telles conditions pourrait provoquer une escalade du conflit armé. En revanche, un adoucissement du régime carcéral ou la libération d’Abdullah Öcalan aurait une influence positive dans la stabilisation de la région et serait une contribution décisive à un règlement pacifique des conflits actuels.

Malgré les conditions indicibles de l’incarcération, il cultive l’espoir d’une résolution pacifique des conflits au Moyen-Orient. Pendant des années, Öcalan a négocié avec le gouvernement turc afin de parvenir à une solution démocratique pour le Kurdistan. En 2005 et 2006, quelque 3.5 millions de Kurdes ont signé une pétition déclarant qu’ils considéraient Abdullah Öcalan comme leur représentant politique. En 2015, à nouveau, 10.3 millions de signataires ont appuyé une pétition pour sa libération.

Le régime d’isolement qu’ il subit en prison manque de base légale et l’absence d’information sur sa santé attise l’inquiétude de toutes et tous En conséquence, à partir du 6 Février jusqu’au 11 Février, nous voulons prendre les rues ensemble en demande de la libération d’Abdullah Öcalan.

Pour mettre fin à la guerre, à l’isolement et à la persécution politique – pour la paix, la liberté et la démocratie !

Venez à la Longue Marche 2023 ! »

Pour plus d’information, vous pouvez contacter le comité organisateur par e-mail : longmarch2023@proton.me

Longue marche

6e-11e Février : Longue Marche de Genève à Strasbourg – Départ : Genève, Place de Neuve, 9h30
5-11 Février : Longue Marche de Heilbronn à Strasbourg – Départ : Heilbronn, 12h00

Allemagne

2 février : Francfort-sur-le-Main, Bockenheimer Warte, 13 h 30
3 février : Bonn, Marktplatz, 12 h
4 février : Kiel, Kaufland Mettenhof, 10 h
18 février : Hanovre-Laatzen, Leine-Center (Erich-Panitz-Strasse) , 10h

Autriche

10 février : Vienne, Argentinierstraße 14, 12h

Manifestations le 11 février

Une manifestation centrale aura lieu à Strasbourg le 11 février avec la participation des militants venant du nord de la France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas et Belgique. D’autres manifestations sont annoncées à Marseille avec la participation des militants venant du sud de la France. Il y aura également des manifestations à Stockholm et Göteborg pour la Suède et en Autriche, Italie, Angleterre, Grèce, Chypre, Canada, Australie, Norvège, Finlande et Danemark.

Le plan d’action continuera d’être mis à jour.

Pétition pour une famille kurde menacée d’expulsion par la Suisse

SUISSE – Les militants kurdes, Demhat et Berivan Baytas et leurs enfants qui ont demandé l’asile en Suisse en 30 mai 2021 sont menacés d’expulsion vers la Croatie au prétexte qu’ils ont été enregistrés à l’Eurodac, système européen de fichage de réfugiés. Ils ont peur d’être expulsés vers la Turquie à terme et ont lancé une pétition adressée à la Cour suprême fédérale et Secrétariat d’État aux migrations pour qu’ils leur accordent le statut de réfugiés politiques.

Voici leur pétition à signer sur Change.org:

Mesdames et Messieurs

Nous, Demhat et Berivan Baytas avec nos enfants Arjin et Arjen, avons demandé l’asile en Suisse le 30 mai 2021.

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) n’a pas accepté notre demande d’asile car les empreintes digitales de Berivan sont enregistrées en Croatie dans le système Eurodac.

Après plus de 20 mois de litige, la Suisse veut nous renvoyer en Croatie. Nos enfants ont déjà commencé l’école et nous avons trouvé un bon réseau d’amis en Suisse, le SEM veut nous renvoyer en Croatie.

N’ayant pas d’autre choix, nous avons dû nous échapper par un chemin long et dangereux. Pendant des semaines, lors de notre périple, nous avons été témoins de toutes sortes de violences aux frontières de l’Europe. Nous avons été attaqués et arrêtés par la police en Croatie devant nos enfants. Ils nous ont fouillés nus et ont pris toutes nos affaires, dont nos téléphones. C’était inhumain et très difficile pour toute la famille.

De plus, nous ne nous sentons pas en sécurité en Croatie car, en raison de notre passé politique, nous risquons d’être extradés vers la Turquie.

La Croatie viole les droits humains et nous ne voulons pas retourner dans un tel pays.

Nous avons été chassés de Turquie avec nos parents quand nous étions petits et depuis lors, nous vivions dans le camp de réfugiés de Mahmur, au Kurdistan irakien.

Nous soutenons le mouvement kurde pour la liberté et nous ne pouvons donc pas retourner en Turquie.

Nous avons travaillé au Kurdistan irakien en tant qu’enseignants et malgré toutes les mauvaises circonstances, nous ne voulions pas quitter le Kurdistan jusqu’à ce que la Turquie ait intensifié les opérations militaires pendant plusieurs années et les ait étendues à l’ensemble de la région autonome du Kurdistan irakien (…) et au camp de réfugiés de Makhmur (…). De plus, nous avons vécu quotidiennement les bombardements des avions militaires turcs et les meurtres dans les rues publiques par les drones de la Turquie.

Merci pour votre soutien

Cordialement

Berivan et Demhat Baytaş

Lien de la pétition (en allemand) est ici: Schieben Sie die Familie Baytas nicht ab!

TURQUIE. Emprisonnement d’un journaliste kurde refoulé par la Grèce

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TURQUIE – Le journaliste kurde Murat Verim, poursuivi par la « justice » turque pour terrorisme et qui a voulu rejoindre l’Europe via la Grèce, a été refoulé illégalement vers la Turquie où il a été emprisonné aussitôt. Il ne serait pas le seul réfugié refoulé par la Grèce.

Le journaliste kurde Murat Verim a été arrêté en Turquie après être refoulé par les gardes-frontières grecs. Il se trouve actuellement dans la prison de haute sécurité d’Edirne, dans l’ouest de la Turquie, où il purge une peine de quatre ans de prison en raison d’un verdict désormais définitif d’un tribunal de Mardin (Mêrdîn) pour avoir soutenu une « organisation terroriste ». Au moins deux autres affaires pénales contre Verim sont en cours ou en attente d’une audience de révision. Verim est de nouveau accusé de terrorisme, un moyen de censure efficace visant les journalistes et médias libres du pays.

Murat Verim a travaillé pour les médias kurdes. Parmi ses anciens employeurs figure l’agence de presse DIHA, qui a été fermée par décret en 2016 après la soi-disant tentative de coup d’État en Turquie. En raison de cette activité, le journaliste sous surveillance policière depuis 2015, a été arrêté à plusieurs reprises. En 2016, il a perdu également son poste d’attaché de presse de la ville de Kerboran. La municipalité, dirigée par le parti kurde DBP, a été alors placée sous l’administration de l’État, et depuis un administrateur nommé par Ankara a remplacé le maire légitimement élu.

Le fait que Verim ait été arrêté par des gardes-frontières grecs et refoulé vers la Turquie alors qu’il tentait de se rendre en Europe n’a été révélé que par hasard par des avocats représentant des prisonniers politiques de la prison de type F d’Edirne. En plus de Verim, au moins une autre personne, le militant kurde Ebubekir Gezer, se trouve dans le centre de détention. Il a été arrêté par les gardes-frontières grecs il y a quelques jours et refoulé vers la Turquie. Dans son cas, c’est l’équipe de défense de l’ancien coprésident du HDP Selahattin Demirtaş qui a informé les proches du refoulement et de l’arrestation.

Les refoulements violent le droit international

Les refoulements sont des mesures étatiques dans lesquelles les personnes en fuite et migrantes sont repoussées – généralement immédiatement après avoir traversé la frontière. Les refoulements sont illégaux en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Charte des droits fondamentaux de l’UE qui stipulent que, les demandeurs d’asile doivent avoir la possibilité de demander l’asile.

Mais les organisations de défense des droits humains accusent Athènes de refoulements souvent violents, voire mortels. Le gouvernement grec nie toute implication dans le refoulement illégal, qualifiant les accusations de « fausses nouvelles » ou de « propagande » et réprimant ceux qui signalent de tels incidents, y compris sous la menace de sanctions pénales.

La Grèce étend actuellement une clôture en acier d’environ cinq mètres de haut le long de la frontière avec la Turquie sur la rivière Evros. La clôture longue de 37,5 kilomètres doit être prolongée de 35 kilomètres supplémentaires, a indiqué il y a quelques jours le ministre grec de la Protection civile, Takis Thedorikakos. Selon le ministre, environ 400 personnes en provenance de Turquie tentaient chaque jour de se rendre en Grèce et donc dans l’UE. En 2022, les gardes-frontières grecs ont arrêté plus de 260 000 personnes qui essayé de traverser la frontière au niveau de la rivière Evros.

ANF

« Jin, Jiyan, Azadi » ou la lutte kurde 77 ans après la fondation de la République du Kurdistan

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Le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) a publié un communiqué à l’occasion du 77e anniversaire de la création de la République éphémère de Mahabad, alors que les femmes et peuples opprimés d’Iran mènent une révolution « Jin, Jiyan, Azadi » (femme, vie, liberté) contre le régime sanguinaire des mollahs et que les Kurdes de Syrie luttent pour protéger leur autonomie de facto chèrement obtenue.

La République du Kurdistan (ou la République de Mahabad) fut fondée le 22 janvier 1946 dans la ville kurde de Mahabad, au Kurdistan d’Iran. Aujourd’hui, 77 ans plus tard, sur les terres mêmes de la République du Kurdistan, on assiste depuis cinq mois au soulèvement féministe « Jin Jiyan Azadî » provoqué par le meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune femme kurde frappée et arrêtée par la police des mœurs qui lui reprochait sa tenue vestimentaire non conforme aux normes islamiques en vigueur en Iran.

Le Parti pour une vie libre au Kurdistan (Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê – PJAK), actif au Kurdistan iranien, a déclaré dans un communiqué que la création de la République kurde de Mahabad et de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie sont des étapes historiques pour le peuple kurde. (Il ne faut pas oublier l’autonomie de la région du Kurdistan d’Irak reconnue par la constitution irakienne depuis 2005 .)

Le PJAK a souligné que la rébellion « Jin, Jiyan Azadi » en cours en Iran et au Rojhilat (Kurdistan oriental) ainsi que la création de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Rojava) sont les réalisations de la République de Mahabad.

Le PJAK a souligné que ceux qui protègent le patrimoine de la République kurde se battent dans tout le Kurdistan, et a ajouté que le feu de la rébellion aux mains de la jeunesse a atteint le sommet des montagnes.

La République de Mahabad

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Iran a été occupé par les forces britanniques et soviétiques. Dans la ville kurde de Mahahad, le retrait progressif des forces iraniennes a laissé l’occasion aux Kurdes, dirigés par le charismatique Qazi Muhammad, de proclamer l’indépendance kurde. En février 1945, des affrontements entre la police iranienne restante et le peuple kurde de Mahabad ont entraîné la mort de cinq policiers et d’un civil kurde, et le retrait complet de la présence iranienne dans la ville. Qazi Muhammad, qui avait auparavant dirigé le Parti démocratique du Kurdistan iranien, saisit ce moment et, le 22 janvier 1946, proclama la République kurde de Mahabad.

Un an plus tard, cependant, le gouvernement central iranien a écrasé la république socialiste kurde, qui est tombée le 15 décembre 1946. La première « nation kurde libre » a duré moins d’un an et ses dirigeants, dont le président Qazi Muhammad, pendus le 31 mars 1947 par le régime du Shah d’Iran sur la place Çar Çira à Mahabad, où elle avait été proclamée un an auparavant. 77 ans après son existence éphémère, la République kurde de Mahabad symbolise toujours la lutte kurde pour la liberté et l’indépendance.

Kurdes tués dans la rue d’Enghien: Obs dévoile de nouveaux éléments troublants

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PARIS – 6 000 euros d’argent liquide d’origine inconnue, démarche pour un nouveau passeport, des propos incohérents… de nouveaux éléments dévoilés par le magazine d’actualité Nouvel Obs concernant l’attaque armée menée par William Malet contre le centre culturel kurde de la rue d’Enghien le 23 décembre 2022 renforcent les soupçons d’une attaque planifiée d’avance. Suite à l’article d’Obs, Agit Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), a de nouveau exhorté les autorités judiciaires de confier l’enquête au parquet antiterroriste.

Agit Polat a fait part à Medya News de nouvelles découvertes qui commencent à lever le voile du mystère sur l’affaire de la fusillade mortelle au centre culturel kurde de Paris le 23 décembre 2022, que les autorités françaises ont initialement défini comme un crime raciste.

William Malet, un conducteur de train à la retraite de 69 ans soupçonné du meurtre de trois militants kurdes, a été arrêté après avoir été désarmé par des clients et le personnel d’un salon de coiffure dans lequel il était entré à la suite de l’attaque meurtrière au centre culturel kurde.

Malet avait déclaré lors de sa déposition en garde à vue qu’il détestait les « étrangers » et le jour de la fusillade il s’est directement rendu rue d’Enghien dans le 10e arrondissement de Paris, où il a ouvert le feu sur le centre culturel kurde Ahmet Kaya.

Cependant, Polat a déclaré qu’un ticket de métro trouvé sur lui révélait que le matin de la fusillade, il s’était d’abord rendu à Saint-Denis, une banlieue nord de Paris. Lorsqu’on lui a demandé les raisons de ce déplacement, Malet n’a pas fourni de réponse convaincante disant qu’il l’avait oublié. Plus tard, il a expliqué qu’il s’y était rendu pour commettre un attentat mais qu’il n’avait pas trouvé assez d’étrangers à tuer.

Polat a déclaré que suite à ces nouveaux éléments, les familles des victimes soupçonnent Malet d’avoir acquis l’arme du massacre à Saint-Denis.

Malet avait purgé un an de prison dans l’attente de son procès pour avoir attaqué un camp de migrants dans l’est de Paris il y a un an et il avait été libéré environ 10 jours avant la fusillade de la rue d’Enghien.

Polat a relevé qu’après ses déclarations en garde à vue, Malet avait choisi d’exercer son droit au silence devant les juges d’instruction. Son refus de répondre aux questions sur ce qu’il faisait ou s’il a rencontré quelqu’un au cours de cette période de 10 jours, nourrissant des soupçons.

Les enquêteurs ont trouvé 6 000 € en espèces lors des perquisitions de sa chambre. Cet argent, actuellement d’origine inconnue, suscite également des soupçons.

Les enregistrements des caméras et les photographies qui peuvent montrer s’il a collaboré avec quelqu’un lors de l’attaque et si un véhicule l’a laissé sur les lieux ne sont pas encore été versées au dossier.

Polat a souligné que ces nouveaux éléments, qui ont émergé depuis le massacre, ont soulevé des soupçons que cette attaque contre la communauté kurde à Paris était planifiée.

La journaliste Violette Lazard écrit dans l’article de L’OBS publié vendredi que la communauté kurde de France se révolte depuis la fusillade mortelle car « le caractère terroriste de la fusillade qui a fait trois morts et trois blessés n’a pas été reconnu ».

La journaliste a écrit:

« Pourquoi William Malet est-il venu spécialement dans la rue d’Enghien, puis a-t-il gravi les quelques marches qui séparent le trottoir du centre culturel kurde Ahmet-Kaya situé au numéro 16, avant de terminer son parcours meurtrier dans un salon de coiffure, kurde lui aussi ?

Si le sexagénaire, armé d’un Colt 45, de quatre chargeurs et d’une boîte de 25 munitions, était désireux, comme il l’a reconnu, de tuer le plus possible d’étrangers, d’autres cibles, plus évidentes, ne manquaient pas dans ce quartier multiculturel, situé en plein cœur de la capitale. »

Medya News

IRAN. Mahabad International : La révolution, ce sont les gens dans la rue

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IRAN / ROJHILAT – Les Kurdes et les Baloutches, minorités les plus persécutées d’Iran, ainsi que les travailleurs de l’industrie pétrochimique portent le mouvement de protestation et de grève provoqués par le meurtre de Jina Mahsa Amini en septembre 2022 alors que dans les autres régions du pays, les manifestations s’estompent et que les mollahs ont accéléré l’exécution des manifestants depuis début 2023. Pour le comité Mahabad International, « la révolution, c’est le peuple dans la rue en Iran, au Baloutchistan, au Kurdistan. Ils sont la voix du futur. »

Alors que les manifestations de rue régulières diminuent dans la plupart des régions d’Iran, la manifestation des vendredis après la prière se sont encrées au Baloutchistan. Cette association avec les mosquées contribue à l’allégation selon laquelle le mouvement au Baloutchistan est conservateur et axé sur la religion. Mais les gens dans la rue nous convainquent du contraire : des slogans progressistes comme « A bas tous les oppresseurs – que ce soit le mollah ou le chah » et les revendications féministes dominent les manifestations hebdomadaires. Le 20 janvier, malgré le déploiement massif des forces répressives, de milliers de personnes ont de nouveau manifesté à Zahedan.

Le collectif Mahabad International a écrit:

Grèves dans l’industrie pétrochimique

Celles-ci sont historiquement significatives : lors de la révolution de 1979, les grèves dans l’industrie pétrolière, l’un des piliers centraux de l’économie iranienne, ont été parmi les principales forces utilisées pour renverser le régime du Shah. Contrairement à cette époque, cependant, il n’y a pas aujourd’hui d’organisation paritaire et interentreprises des travailleurs, c’est pourquoi seuls les employés officiels ont jusqu’à présent arrêté leur travail et il n’y a pas encore eu de grève générale dans tout le secteur.

Les grèves en cours doivent être replacées dans le contexte de la situation générale de l’industrie pétrolière et gazière : même si l’Iran possède l’une des plus grandes réserves de pétrole et de gaz au monde, il y a eu des coupures de gaz dans le pays ces dernières semaines. Dans des villes comme le nord-est de Torbat-e-Jam, il y a eu des manifestations massives en raison de pannes d’approvisionnement en gaz, qui mettent la vie en danger dans les températures négatives qui prévalent. En plus des sanctions existantes imposées par l’Occident, l’une des raisons des coupures de gaz est que les investisseurs et acheteurs internationaux tels que la Chine et la Corée du Sud commencent à se retirer. Ceci et la crise économique générale entraînent des difficultés de financement.

Classification des Gardiens de la révolution (CGRI) comme organisation terroriste

Le Parlement européen travaille à l’inscription du CGRI sur la liste du terrorisme, mais certains États membres n’ont pas encore donné leur consentement. Même s’il s’agirait d’un signe politique important, nous devons tout de même être conscients d’une chose : par le passé, les interventions militaires des États occidentaux ou de l’OTAN dans les régions du Moyen-Orient étaient le plus souvent légitimées par le « contre-terrorisme », mais il est clair que l’expansion de sa propre sphère d’influence économique et politique.

Surtout dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la perte associée pour l’Occident de la Russie en tant que source bon marché de pétrole et de gaz, nous ne devons pas nous leurrer en pensant que les États occidentaux soutiennent les forces « démocratiques » et néolibérales en Iran pour des raisons morales. et, quoique très timide à s’opposer au régime islamique. Cependant, classer le CGRI comme une organisation terroriste ouvre également la porte à une intervention plus directe.

Effondrement de la coalition de droite ?

La coalition des forces conservatrices et libérales annoncée en début d’année n’a même pas pu maintenir sa cohésion jusqu’à la fin du mois. Depuis quelques jours, certains d’entre eux utilisent un hashtag pour autoriser le fils du Shah, Reza Pahlavi, à diriger ce mouvement. D’une part, cela, comme les forces fascistes à la base de l’aile monarchiste, semble trop radical pour les néolibéraux et ils commencent à s’en détourner. En revanche, cette « coalition », qui ne veut changer que la face mais pas les structures du pouvoir politique et économique en Iran même, connaît des résistances importantes, notamment de la part du mouvement local. Bien qu’ils puissent parfois mobiliser un grand nombre de personnes dans les villes occidentales et sur les plateformes de médias sociaux, mais aucune foule importante ne s’est alignée derrière eux dans les rues d’Iran, même après plus de 120 jours de manifestations. Même si le régime essaie de les utiliser pour détourner l’attention des revendications émancipatrices des protestations, par exemple en infiltrant les manifestations avec des affiches de soutien à Pahlavi, elles sont à plusieurs reprises rejetées par la population. Nous nous réjouissons que ces forces contre-révolutionnaires puissent s’exposer et, espérons-le, disparaître bientôt dans l’insignifiance.

Conclusion

Comme par le passé, ce ne sont ni les coalitions libérales ni les célébrités de la diaspora ni les États occidentaux qui ont quelque chose à dire sur la révolution en Iran ou qui changeront quoi que ce soit pour le mieux. Il est dans la nature de chaque État d’agir de manière impérialiste pour maintenir sa propre économie en marche – nous ne devons jamais l’oublier.

La révolution, c’est le peuple dans la rue en Iran, au Baloutchistan, au Kurdistan ; les travailleurs, les femmes et LGBTIQ, les jeunes et les étudiants. Les comités et organisations locales auto-organisées, les réseaux de soutien aux familles de prisonniers et de martyrs.

Vous êtes la voix du futur. Écoutons ce qu’ils disent et soutenons-les là où nous le pouvons !

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Mahabad International – le Comité de solidarité pour la révolution en Iran est composé d’internationalistes ayant des positions et des expériences sociales différentes qui soutiennent les forces révolutionnaires de gauche et les voix anti-autoritaires en Iran et souhaitent renforcer les liens internationaux pour contrer la cooptation de la révolution par les forces réactionnaires (royalistes iraniens ou moudjahidin). La déclaration complète peut être lue ici : https://mahabad.international/mahabad-international-solidaritatskomitee-fur-die-revolution-im-iran/

TURQUIE. Mort suspecte d’un jeune Kurde dans un centre de justice

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TURQUIE / KURDISTAN – Ferhat Atilgan, un jeune Kurde de 26 ans, est mort de façon suspecte au centre judiciaire de la ville de Yüksekova (Gever), dans le nord du Kurdistan. Le jeune homme était accusé d’avoir participé à la résistance populaire pendant le couvre-feu imposé par l’armée turque en 2015.

Ferhat Atilgan, 26 ans, se serait jeté par une fenêtre du centre de justice de Colemêrg (Hakkari) où il était en garde à vue. Le jeune homme a été transporté à l’hôpital de la ville sous réanimation en cours, mais y est décédé dans la soirée, a rapporté un porte-parole du barreau local. Les autorités de l’État n’ont pas encore fait de commentaires.

Selon son avocat Dilvin Tekin, le jeune homme se trouvait la veille au Palais de justice car il avait été convoqué à une audience par le parquet de Yüksekova. Atilgan était accusé d’avoir produit des cocktails Molotov lors des premiers couvre-feux lors du siège militaire de Gever en 2015, qui auraient été utilisés lors d’attaques contre la police et l’armée.

Selon le parquet, une trace ADN présumée que l’homme aurait laissée sur un gant a joué un rôle central dans l’éveil des soupçons contre Atilgan, a expliqué Tekin. Cependant, il n’y a aucune preuve que le gant, s’il existe, ait effectivement été utilisée pour fabriquer des cocktails Molotov utilisés pour attaquer le pouvoir de l’État. Selon l’avocat, on ne sait pas non plus comment la « preuve du crime » est soudainement apparue après tant d’année et sur quelle base on suppose que c’est Atilgan qui possédait le gant et était responsable de sa fabrication d’engins incendiaires aurait utilisé.

« Nous parlons ici d’allégations du procureur. Cependant, immédiatement après l’interrogatoire, le procureur a informé mon client qu’il le transfèrerait au département pénal du tribunal de district avec une demande de mandat d’arrêt. Peu de temps après, Atilgan, qui était déjà en garde à vue à l’époque, s’est jeté du deuxième étage du palais de justice », a souligné Tekin.

L’Ordre des avocats de Colemêrg accuse le procureur d’avoir commis de graves erreurs lors de l’interrogatoire d’Atilgan. De plus, l’homme peut avoir été délibérément mis sous pression à des fins d’intimidation. Le procureur de la République devait être conscient de la situation psychologique exceptionnelle. Pourquoi Ferhat a-t-il été informé qu’il serait incarcéré, puisqu’il s’agissait d’un premier interrogatoire ? Le jeune homme y est connu comme victime de la méthode de recrutement des informateurs d’État, pratiquée de manière intensive dans la partie kurde du pays notamment.

Et c’est précisément cette autorité répressive qui est censée clarifier le contexte du suicide présumé de Ferhat Atilgan.

ANF

SYRIE. Drame dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud à Alep

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SYRIE – Un immeuble s’est effondré ce matin dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud à Alep, tuant au moins 10 personnes, dont un enfant, ont rapporté les médias syriens.

Un immeuble s’est effondré dans le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep tôt ce matin.

Le bâtiment de cinq étages abritant environ 30 personnes s’est effondré suite aux fuites d’eau qui avaient affaibli les fondations de la structure, selon les témoignages. Des dizaines de pompiers, des secouristes et de riverains couverts de débris et de poussière cherchent dans les décombres les rescapés.

Les deux quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh d’Alep étant soumis à l’embargo du régime syrien, la population manque de tout, y compris des services de santé et des produits de première nécessité.

ROJAVA. Mort d’un enfant de 12 ans blessé par un drone turc

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SYRIE / ROJAVA – Ehmed Ebdulxanî Salim, un enfant de 12 ans blessé lors d’une attaque de drone turc ciblant les régions kurdes de Syrie, est décédé hier.

L’armée d’occupation turque poursuit ses agressions contre les zones relevant de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES).

Le 18 janvier, un drone tueur turc a frappé une voiture sur la route entre Qamishlo et Derik. L’attaque s’est produite dans le village de Maşûqê, à sept kilomètres à l’est de Tirbespiyê.

Ehmed Ebdulxanî Salim, 12 ans, grièvement blessé à la suite de l’attaque, a succombé à ses blessures vendredi soir.

La frappe de mercredi est la septième attaque de drone menée par la Turquie dans la région autonome du nord et de l’est de la Syrie cette année.

Le 3 janvier, les membres du MLKP, Zeki Gürbüz, et Özgür Namoğlu ont été tués par un drone turc à Hassaké. Le même jour, une femme a succombé à ses blessures lors d’une attaque de drone dans un élevage de poulets à Tirbespiye la veille de Noël. A Ain Issa, un gamin de dix ans a été blessé par un drone turc il y a environ une semaine. Dimanche, une attaque de drone a eu lieu dans un village près d’Amude, et il y a une semaine, une voiture a été frappée sur la route entre Qamishlo et Heseke.

Selon les Forces démocratiques syriennes (FDS), la Turquie a mené 120 attaques de drones et 43 frappes aériennes d’avions de combat contre le nord et l’est de la Syrie au cours de l’année écoulée.

ANF

TURQUIE. Une journaliste kurde mise en isolement carcéral

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TURQUIE / KURDISTAN – La journaliste kurde détenue à la prison d’Amed, Derya Ren a été placée à l’isolement pour avoir refusé la fouille à nu.

La journaliste kurde Derya Ren a été placée à l’isolement pendant trois jours par la commission de discipline de la prison pour femmes Diyarbakır (Amed). La correspondante de l’agence de presse féminine JinNews est accusée d’avoir résisté au personnel de la prison.

La journaliste, incarcérée depuis octobre dernier en raison d’une condamnation définitive, devait être contrainte à une fouille à nu après son transfert en prison. Ren qui a refusé de se soumettre au traitement dégradant été battue, insultée et traînée par terre par les cheveux par cinq gardes, selon son avocate, Gülistan Ataş.

Ren a intenté une action en justice contre le personnel de la prison et a déposé une plainte pour agression. Mais au lieu de punir les agents, c’est la victime qui a été sanctionnée.

ANF