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TURQUIE. C’est Erdogan qui est dans l’illégalité mais c’est le HDP qui est interdit !

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TURQUIE – Aujourd’hui, la Cour constitutionnelle turque a rejeté la demande du HDP de reporter sa décision sur une possible interdiction du parti kurde pour « terrorisme » après les élections présidentielle et législatives du 14 mai.

Le 24 janvier, l’ancien co-président du HDP tenu en otage dans une prison turque, Selahattin Demirtas dénonçait l’illégalité de la candidature du président Erdogan et annonçait qu’il va saisir l’autorité électorale afin d’empêcher Erdogan de briguer un troisième mandat.

Le politicien kurde emprisonné, Selahattin Demirtas a déclaré que le président Recep Tayyip Erdogan n’était pas légalement éligible pour se présenter à la prochaine élection présidentielle et qu’il contesterait sa candidature auprès de l’autorité électorale du pays.

Demirtas a déclaré sur son compte Twitter, qui est géré par ses avocats, qu’Erdogan ne peut pas se présenter pour la troisième fois au plus haut poste de l’État conformément aux lois turques et que les lois s’appliquent à lui ainsi qu’à tous les autres citoyens.

Le politicien, également avocat derrière les barreaux depuis novembre 2016 pour des motifs politiques et malgré les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme demandant sa libération, a déclaré qu’il soumettrait une pétition au Conseil électoral supérieur (Yüksek Seçim Kurulu, abrégé YSK) pour s’opposer à la candidature d’Erdogan.

« Est-ce qu’Erdogan est un roi à qui les lois ne sont pas appliquées ? Pardonnez-moi, mais je me fiche des rois », a déclaré Demirtas, ajoutant que la candidature d’Erdogan enfreint la loi non seulement parce qu’il n’a pas de diplôme universitaire, mais parce que, même s’il en avait un, il ne peut briguer un troisième mandat.

Les débats entre politiciens turcs sur l’éligibilité d’Erdogan à se présenter à l’élection présidentielle de 2023 ont été relancés après qu’Erdogan a récemment proposé de tenir des élections présidentielles et parlementaires prévues en juin le 14 mai.

Erdogan a été élu pour la première fois président pour un mandat de cinq ans renouvelable en 2014 par un vote direct dans le cadre du système parlementaire. La Turquie est passée au système de gouvernance présidentiel avec un référendum en 2017 et a organisé des élections présidentielles et parlementaires anticipées en 2018, lorsque Erdogan a de nouveau été élu président. Dans le cadre du système présidentiel, une personne peut être élue président pour un mandat renouvelable de cinq ans si l’élection a lieu comme prévu.

Erdogan a également été au centre d’une controverse concernant son diplôme universitaire, car la détention d’un diplôme universitaire est une condition préalable pour occuper le poste de président en Turquie.

Étant donné que le bureau du président n’a fourni aucun document satisfaisant sur son diplôme, le débat sur les études universitaires d’Erdogan est en cours depuis 2014.

Demirtas a déclaré que l’approbation de la candidature d’Erdogan par le YSK ne change rien au fait qu’il n’est pas éligible pour un autre mandat, mais qu’en fait, le YSK enfreint la loi.

Le YSK est critiqué pour avoir agi en faveur d’Erdogan et de son parti tout en prenant des décisions contre les partis d’opposition et les politiciens.

Les déclarations de Demirtas sont venues en réponse aux remarques controversées du principal chef de l’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu, qui a déclaré que son parti ne contestait pas la candidature d’Erdogan parce qu’il pensait qu’elle était vouée à l’échec.

Kilicdaroglu a déclaré que tous les membres du YSK sont nommés par Erdogan et qu’il est peu probable qu’ils prennent une décision contre la candidature d’Erdogan.

Le politicien a suscité de nombreuses critiques, même de la part de ses propres partisans, pour avoir fait preuve d’« impuissance » face à ce qu’ils ont qualifié de violation de la loi.

Le CHP fait partie d’un bloc d’opposition, appelé la « Table des Six », qui n’a pas encore annoncé son candidat commun à la présidentielle qui défiera Erdogan aux élections.

#GaspVar

 

Le film « Kobanê » diffusé sur quatre chaînes de télévision kurdes

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Le film « Kobanê » de la cinéaste Özlem Yaşar sera diffusé sur quatre chaînes de télévision kurdes aujourd’hui et demain.

La résistance héroïque des Kurdes face aux terroristes de DAECH à Kobanê a été portée au cinéma à travers le film « Kobanê » réalisé par la Commune du Film du Rojava sous la direction de la réalisatrice Ozlem Yaşar.

Le film sera diffusé aujourd’hui sur les chaines Ronahî TV et Stêrk TV, et demain, 27 janvier, sur Jin TV et Medya Haber.

Le casting du film « Kobanê » est composé principalement de combattants des YPG et YPJ qui ont participé à la libération de la ville. Par exemple, Awar Ali, l’un des principaux acteurs qui joue le combattant Gelhat, ainsi que certains membres de la brigade Shams Al-Shamal d’Abu Leyla. Les personnages secondaires tels que les mères qui cuisinaient pour le front, les équipes de la médecine d’urgence militaire ou celles qui creusaient des tombes pour les morts jouent également leur propre rôle.

Synopsis

En 2014, l’Etat islamique (DAECH / ISIS) était au sommet de sa force et contrôlait la moitié de la Syrie et de l’Irak. Il avançait vers la ville de Kobanê.

Le film, d’Ozlem Yaşar, suit Zehra, qui a 32 ans, fait partie des forces féminines kurdes (YPJ) là-bas. Avec ses camarades, elles combattent l’Etat islamique de toutes leurs forces dans les zones rurales autour de la ville, mais l’Etat islamique continue d’avancer avec ses forces brutales.

Alors que la guerre atteint le centre-ville, Dijwar, le commandant en charge des forces à Kobanê, prend peur et s’enfuit. Zehra, qui avait déjà perdu beaucoup de ses camarades, se voit contrainte de devenir commandante en chef et mène la résistance dans la ville assiégée de Kobanê.

L’avancée de l’Etat islamique est ralentie par l’arrivée de Gelhat, un guérillero expérimenté, et de ses camarades habitués à la guerre urbaine. Mais cela ne dure qu’un temps : DAECH, plus fort en nombre et en armes, les assiège.

Épuisés, perdant du territoire, devenant moins nombreux et sur le point de manquer de munitions, les combattants kurdes élaborent un plan pour reprendre la ville. Pourtant, le plan s’effondre lorsque l’Etat islamique leur lance férocement une attaque écrasante de tous les côtés.

Gelhat et bien d’autres tombent en martyrs, mais Zehra et ces compagnons résistent de toutes leurs forces. Alors que les membres de l’Etat islamique perdent courage et commencent à se disperser, Zehra mène l’attaque qui brise le siège. La libération de la ville commence.

C’est une histoire de foi, de résistance, d’héroïsme, de sacrifice, d’amour, de camaraderie, d’espoir, de trahison, d’immoralité, de peur et de perte avec l’intensité de la guerre et de la révolution : « Plus rien ne sera comme avant ».

 

 

Deux journalistes turc exilés en Europe sur la liste des opposants à abattre?

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Cela fait des années que des opposants kurdes et turcs réfugiés en Europe mettent en garde les pays européens contre les escadrons de la mort téléguidés depuis la Turquie. Malgré les deux attentats terroristes ciblant les Kurdes à Paris à 10 ans d’intervalle et d’autres tentatives d’assassinats et les menaces de morts reçus par les opposants de Turquie en Europe, les États européens n’ont toujours pas déclenché des poursuites face au régime turc, mettant en danger la vie de centaines d’activistes, politiciens et de journalistes sur le sol européen.

Hier, sur sa chaine Youtube, le journaliste Erkam Tufan Aytav a déclaré qu’une Allemande d’origine turque arrêtée à Dubaï – où elle devait tuer le parrain Sedat Peker – a déclaré avoir été engagée par le gouvernement turc pour tuer également les journalistes Cevheri Güven et Abdullah Bozkurt qui vivent en Europe. La femme était en possession des photos et des adresses des deux journalistes en question, a déclaré Erkam Tufan Aytav.

Ces révélations sont une nouvelle preuve montrant le danger qui guète les opposants kurdes et turcs en Europe et dont l’État turc a décidé de liquider, comme on l’a vu lors des attaques terroristes de la rue d’Enghien le 23 décembre 2022 et de la rue La Fayette le 9 janvier 2013.

Il y a presque deux ans, le journaliste Maxime Azadî avait publié une enquête détaillée sur ces tueurs à gage téléguidés depuis la Turquie pour assassiner les opposants kurdes et turcs en Europe. Un des hommes clés de ce réseau de tueurs à gage n’est d’autre qu’Ismail Hakki Musa, l’ancien ambassadeur de la Turquie à Paris, d’après l’enquête. Il est accusé d’être le coordinateur de l’équipe de tueurs à gage.

Ismail Hakki Musa était déjà cité dans le dossier du meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête judiciaire.

« Ismail Hakkı Musa est la figure clé qui organise des meurtres en Europe », avait déclaré à l’époque le coprésident du Congrès du peuple du Kurdistan (Kongra-Gel), Remzi Kartal au sujet de l’article de Laure Marchand paru dans le journal de Dimanche et qui attirait l’attention sur le rôle d’Ismail Hakki Musa dans le meurtre des militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013.

 

 

 

 

ROJAVA. Il y a 8 ans, les Kurdes libéraient Kobanê des mains de DAECH

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SYRIE / ROJAVA – Il y a huit ans jour pour jour, les combattants kurdes ont libéré la ville de Kobanê après 4 mois de combats acharnés face aux jihadistes de DAECH lourdement armés. Aujourd’hui, cette ville héroïque est dans le viseur de l’État turc qui veut envahir la région pour mettre fin à l’autonomie kurde en Syrie.

La petite ville de Kobanê a été attaquée par les terroristes de DAECH le 15 septembre 2014. Alors que le monde entier s’attendait à une capitulation rapide des combattants kurdes, ces derniers ont livré une lutte acharnée, faisant subir aux terroristes islamistes leur première défaite depuis l’instauration du « califat islamique » en Syrie et en Irak. Dès lors, les femmes kurdes sont devenues le cauchemar des jihadistes qui pensent qu’ils ne peuvent aller au paradis s’ils sont tués par des femmes.

Le 15 septembre 2014 au matin, l’EI a lancé une attaque sur le front sud. L’offensive menée jusque-là sur trois fronts s’est alors étendue sur les fronts sud-est et sud-ouest, avec un grand déploiement de combattants djihadistes lourdement armés.

LE SIÈGE DE KOBANÊ

Les mercenaires de l’Etat islamique ont lancé la première attaque contre la ville de Kobanê dans la nuit du 14 au 15 septembre. Le siège durera jusqu’au 26-27 janvier 2015. Ces mois de batailles verront une défense des valeurs de l’humanité avec un esprit épique d’abnégation qui est entré dans l’histoire.

Le matin du 15 septembre, l’Etat islamique a lancé une attaque sur le front sud. Contrairement aux attaques simultanées précédentes sur les trois fronts, les gangs de l’Etat islamique ont désormais déployé des armes et des militants dans les parties sud-est et sud-ouest également, et ont lancé une offensive sur cinq fronts.

« NOUS ALLONS GAGNER CETTE GUERRE »

Il n’a pas fallu longtemps pour se rendre compte de l’ampleur de l’offensive et de l’immense inégalité des forces en présence. Les commandants des YPG (Forces de Protection du Peuple) et des YPJ (Forces de Protection des Femmes) ont compris qu’il ne s’agissait pas d’une attaque ordinaire. Ils/elles devaient combattre une armée colossale avec des moyens techniques et humains dérisoires. Les djihadistes qui avaient concentré toutes leurs forces et leurs armes autour de Kobanê comptaient occuper la ville en très peu de temps. « Ce ne sera pas une bataille ordinaire, mais une confrontation entre la sauvagerie à dominante masculine et la volonté spirituelle de la modernité démocratique. Nous allons gagner cette guerre », avait alors proclamé Meryem Kobanê, commandante des YPJ.

ARÎN MÎRKAN DEVIENT UN SYMBOLE À MISHTENUR

Après avoir attaqué avec des armes lourdes la colline de Mishtenur, au sud de Kobanê, un lieu sacré pour les habitants de la région, les gangs de l’EI en ont pris le contrôle le 5 octobre, non sans avoir affronté une résistance acharnée des combattants YPG/YPJ durant plusieurs jours. La commandante des YPJ Arîn Mîrkan était furieuse que la colline de Mishtenur soit tombée sous le contrôle des djihadistes. Convaincue qu’il fallait frapper durement les gangs qui assiégeaient Mishtenur, elle a réussi à atteindre leur point de rassemblement où elle a déclenché les explosifs qu’elle portait sur elle, tuant des dizaines de djihadistes. Les gangs de l’EI ont alors compris qu’ils ne pourraient pas prendre la ville en une semaine et qu’ils allaient vivre un enfer à Kobanê.

UN ENFER POUR l’EI

Après Mishtenur, les troupes de l’organisation terroriste ont commencé à entrer dans le quartier de Kaniya Kurda par l’est. À l’ouest, la colline Izae était tombée sous leur contrôle, et les combattants des YPG/YPJ avaient pris position dans les tranchées creusées dans la colline Til Sheir. Au sud, les gangs avaient atteint le cimetière de Martyr Dicle, près de l’entrée de la ville.

La commandante des YPJ Meryem Kobanê avait alors déclaré : « Daesh va maintenant entrer dans la ville par Kaniya Kurda. Mais cette ville sera un enfer pour lui. »

Voyant que Kobanê n’était pas tombée après une semaine, les médias turcs et le gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement du président turc Erdogan) ont tenté de faire croire que la ville tomberait « automatiquement » si les terroristes atteignaient le centre. « Kobanê est sur le point de tomber », s’était d’ailleurs félicité le Premier ministre de l’époque, l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan, lorsque l’EI a pénétré dans la ville. Alors qu’Erdoğan se frottait les mains à cette idée, la commandante générale des YPJ, Meysa Ebdo, lui a répondu : « Kobanê ne tombera que dans ses rêves. La résistance ne fait que commencer, Kobanê sera un enfer pour Daesh et ses partisans. »

La promesse de Meysa Ebdo s’est concrétisée au fur et à mesure de la résistance inouïe des YPG/YPJ contre l’avancée des hordes de Daesh.

Après deux mois de résistance, les combattants kurdes sont passés à l’offensive. À partir du début du mois de décembre, ils ont progressivement nettoyé le centre-ville de la présence des djihadiste et fini par récupérer la colline de Mishtenur, réalisant ainsi le rêve d’Arîn Mîrkan et de nombreux autres combattantes et combattants kurdes tombés dans cette lutte contre l’obscurantisme. Après Mishtenur, la seconde opération de grande envergure a été menée sur le front sud. Elle a permis d’éradiquer totalement les djihadistes de cette zone.

LE COUP FINAL

Le deuxième jour de l’opération, le commandant du front est, Mazlum Kobanê, a déclaré : « Nous annoncerons très bientôt la libération », et c’est ce qui s’est passé. Le troisième jour de l’opération, les préparatifs ont été achevés pour donner le coup final, fatal, aux bandes de Daesh. L’annonce de la libération de la ville devait avoir lieu le jour anniversaire de la déclaration du canton, le 27 janvier.

L’opération Kaniya Kurda a alors commencé. Quelques heures après le début de l’opération, des chants de victoire ont commencé à retentir, retransmis par la radio. « Bijî Serok Apo » (vive le leader apo), « Bijî Berxwedana Kobanê » (vive la résistance de Kobanê), criaient les combattants. Puis l’un d’eux a laissé échapper sa joie : « Les amis ont pris Kaniya Kurda ! »

Kobanê devait être déclarée libre après la prise de Kaniya Kurda. Les combattants étaient agités par l’excitation. Ce n’était pas facile. Pendant plus de quatre mois, ils s’étaient battus bec et ongles, le doigt sur la gâchette en permanence, dans le froid, sans sommeil, avec peu de nourriture, des munitions insuffisantes. Insistant toujours pour vivre librement, affrontant la mort, une résistance défiant presque les lois de la nature.

LE DRAPEAU DES YPG FLOTTE AU-DESSUS DE KANIYA KURDA

Les combattants kurdes se sont précipités sur la colline de Kaniya Kurda (fontaine kurde) pour y planter un drapeau géant des YPG.

« Sur la colline de Kaniya Kurda d’où ils [les djihadistes] sont entrés dans la ville, nous annoncerons au monde entier que Kobanê est un enfer pour Daesh ». Ces paroles de Meryem Kobanê sont devenues réalité au 134e jour de la résistance acharnée. La résistance kurde a marqué un tournant crucial dans l’histoire. Il y a désormais un « avant Kobanê » et un « après Kobanê ».

ANF

IRAN. Une Kurde enceinte sous la menace d’une exécution imminente

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IRAN / ROJHILAT – Shahla Abdi, une femme kurde enceinte accusée d’avoir brûlé un portrait de Khomeini, a été condamnée à mort et risque d’être exécutée à tout moment.

Des responsables judiciaires iraniens ont condamné à mort une femme enceinte d’une vingtaine d’années, et son exécution est imminente, selon le site IranWire.

Shahla Abdi, une Kurde de la province du nord-ouest de l’Azerbaïdjan occidental, a été arrêtée à Ourmia mi-octobre au plus fort des manifestations nationales déclenchées par la mort en septembre de Mahsa Amini sous la garde de la police des mœurs.

Abdi aurait reçu la peine capitale pour avoir brûlé un portrait de Ruhollah Khomeiny, le père fondateur de la République islamique.

Une autre détenue a déclaré à IranWire qu’Abdi avait été détenue à la prison centrale d’Ourmia pendant environ un mois. Certains prisonniers disent que la jeune femme a été transférée à la prison de Tabriz il y a environ trois semaines ; selon d’autres, elle a été emmenée au centre de détention du ministère du Renseignement.

« Quand j’ai vu cette femme, elle avait l’air très jeune mais faible et maltraitée, et j’ai réalisé qu’elle était enceinte de quatre mois », a déclaré la détenue.

Une autre détenue a déclaré qu’Abdi avait 21 ou 22 ans.

Abdi a été détenue à l’isolement dans la prison centrale d’Ourmia. Au magasin de l’établissement, deux agents l’accompagnaient toujours pour s’assurer qu’elle ne parlait à personne.

« Elle était dans un état très choqué. Il était évident qu’elle n’avait pas pris de douche depuis longtemps et ses cheveux étaient très en désordre. Elle avait très peur », a déclaré une autre détenue. Elle ne savait pas exactement de quoi Shahla avait peur.

Cette prisonnière a déclaré que les conditions de vie dans la prison sont très difficiles.

« Une femme a été malade pendant deux mois et ils ne lui ont même pas donné un seul comprimé », a-t-elle déclaré.

Les militants affirment que plus de 500 personnes ont été tuées dans la répression déclenchée par les autorités iraniennes contre les manifestations antigouvernementales et plus de 18 000 ont été arrêtées, dont des femmes enceintes.

Zahra Nabizadeh était enceinte de six mois lorsqu’elle a été arrêtée le 18 janvier dans la ville de Mahabad, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, selon l’ONG Hengaw.

Hengaw a déclaré que Nabizadeh avait fait une fausse couche après que les forces de sécurité lui aient donné un coup de pied dans le ventre lors de son arrestation.

Nabizadeh a été condamnée à mort et attend maintenant son exécution en prison.

Au moins deux autres manifestantes enceintes ont été arrêtées ces dernières semaines et sont toujours derrière les barreaux.

IranWire

L’initiative Justice For Kurds tiendra une conférence de presse à Bruxelles

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BRUXELLES – L’Initiative Justice For Kurds tiendra une conférence de presse le 31 janvier à Bruxelles avant la remise des millions de signatures demandant le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes.

L’initiative internationale Justice For Kurds (Justice pour les Kurdes) a émis une demande urgente exhortant la Commission de l’Union européenne à retirer le PKK de la liste des organisations terroristes, « dans l’intérêt de la paix, de la démocratie et des droits humains ».

L’Initiative Justice pour les Kurdes tiendra sa conférence de presse le mardi 31 janvier 2023 à 13h30, sur la place Schuman, devant la Commission européenne.

Lors de la conférence de presse, l’Initiative Justice pour les Kurdes exigera de nouveau le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes et présentera à la Commission européenne les millions de signatures demandant le retrait du PKK des organisations terroristes recueillies à travers le monde seront remises aux représentants de la Commission européenne après la conférence de presse..

De nombreux politiciens européens prendront la parole lors de la conférence de presse où des centaines de militants qui ont recueilli les signatures seront également présents.

Pour assister au conférence, inscrivez-vous en envoyant une demande à l’adresse électronique: info@justiceforkurds.info

ANF

TURQUIE. Découverte d’ossements des victimes du JITEM

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans un village de la province kurde de Riha (Urfa), des ossements humains ont été découverts sur l’ancien site de détention géré par les renseignements de la gendarmerie turque (JITEM*). Le cite aurait été utilisé comme centre de torture et d’exécution des Kurdes dans les années 1990.

Les districts d’Hilvan et Sewerêg (Siverek) de la province kurde d’Urfa (Riha) sont considérés comme des lieux profondément dévastés par le terrorisme d’État. Un conglomérat de paramilitaires du clan Bucak et des services secrets de la police militaire JITEM y dirigeait des centres de torture et d’exécution dans les années 1990 et terrorisait la population avec des escadrons de la mort. Les restes de personnes « disparues » et des victimes de l’escadron de la mort mis en place par le JITEM et Sedat Bucak sont constamment retrouvés lors de travaux de construction et agricoles. Plus récemment, le 7 juin 2022, les restes de trois hommes dans des sacs en plastique ont été retrouvés dans le village d’Arabuk alors qu’un champ était en train d’être déblayé après un changement de propriétaire. De nombreux autres corps sont à craindre dans la zone contrôlée par le célèbre clan des gardes du village de Bucak.

D’autres ossements ont été retrouvés

À la demande du propriétaire foncier auprès du gouverneur d’Urfa, une fouille a été effectuée le 21 juillet sous la supervision de la police militaire et du parquet, au cours de laquelle neuf autres morceaux d’os ont été trouvés. La découverte des ossements dans une zone alors propriété du clan Bucak, qui servait de quartier général au JITEM dans les années 1990, met en alerte les proches des « disparus », toujours à la recherche de leurs restes. Des tests ADN correspondants sont actuellement en cours. Des témoins du massacre avaient rapporté que les ossements pourraient être les restes de Faik Kevci. Il y a des tentatives répétées pour dissimuler les crimes. Des parties des os ont déjà disparu, dont un crâne.

Le fondateur de JITEM lui-même était actif sur ce site 

Aujourd’hui, il y a de plus en plus d’indications qu’Arabuk était un site central de torture et d’exécution du JITEM, où le fondateur du JITEM, Arif Doğan, a également été directement impliqué dans les exécutions et la torture. Selon des témoins de la région, Arif Doğan a personnellement participé à des interrogatoires et procédé à des exécutions dans les zones rurales des comtés de Hilvan et de Sewerêg dans les années 1990. De plus, un grand nombre de personnes de Mêrdîn et d’Amed ont été amenées dans la région pour être assassinées. Si la zone était minutieusement fouillée, les ossements de dizaines d’autres personnes pourraient certainement être découverts. Le village d’Arabuk et ses environs ont joué un rôle important en tant que base des escadrons de la mort.

Des recherches et des fouilles conformément au protocole du Minnesota pour enquêter sur les exécutions extrajudiciaires sont nécessaires de toute urgence et sont également demandées par les familles des disparus. Le protocole du Minnesota fournit un ensemble de directives internationales pour enquêter sur les décès potentiellement injustifiés, en particulier pour enquêter sur les décès suspects dans lesquels la responsabilité d’un État est suspectée. (ANF)

*JITEM est le nom du service de renseignements de la gendarmerie turque. JİTEM est l’abréviation de Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie). Il a été actif notamment dans les années 90 pendant lesquelles des milliers d’opposants ou civils kurdes ont été enlevés, tués par le JITEM et déclarés « portés disparus » par les autorités turques. Ces enlèvements et disparitions forcées sont à l’origine de la création du collectif des Mères du Samedi qui ont commencé à se réunir tous les samedi sur la place Galatasaray, à Istanbul, exigeant qu’on fasse la lumière sur le sort de leurs enfants « portés disparus ».

LIVRE. La Poésie des femmes kurdes

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PARIS – Un recueil de poèmes des femmes kurdes sortira le premier février 2023 aux éditions Le Merle moqueur.

Des poèmes de 45 poétesses kurdes ont été sélectionnés pour cette anthologie réunie et présentée par Maram al-Masri:
Kajal Ahmad – Sara Aktaş – Khonav Ayoub – Lara Ayoub – Ronak Aziz – Wiam Badrakhan – Kosert Ahmed Bakes – Nazand Beghikhani – Leyla Mexso Berazî – Yara Biran – Majda Dary – Sarwin Darwish – Evin Dibo – Tarifa Dusky – Elham Erfan – Roonak Faradji – Fatima Harsan – Maha Hasan – Mizgin Hasko – Bahar Hosseini – Even Ibrahim – Xunav Kano – Dunea al-Marchawi – Bejan Matur – Sarwah Osman Mustafa – Wida Nabil – Narin Omar – Koestan Omarzadeh – Shahinaz Rachid – Fatma Savci – Avin Shakaki – Maryam Sheikho – Mahin Shekralpour – Rudi Suleiman – Evin Temmo – Meryem Timer – Axin Wallat – Tugce Eve Yasar
Yézidies : Amira Khaled Al-Abdiko – Rehab Fawaz Hussein – Laila Sarhan Issa – Vian Juma – Sînîn Çaycî

Extrait :

Le Kurde part à la guerre en chantant la vie
Il revient victorieux
Alors il chante pour ses camarades
pour ceux qui ne sont pas revenus
Le Kurde ne perd jamais
il revient martyr ou il ne revient pas
Il n’a jamais attaqué personne
Il a toujours été défenseur
et depuis quand la défense est-elle trahison ?
Le Kurde est un prophète
c’est pourquoi toutes les religions le poignardent
S’ils lui avaient laissé sa terre
son chant arriverait jusqu’au septième pays
Si son ennemi avait compris ses chansons
alors il se serait assis et aurait pleuré mille ans
car c’est un amant dont le coeur est brûlé par l’absence
Même quand il ajuste son fusil
et pose son doigt sur la gâchette
il pense que c’est un instrument de musique,
le « saz »
alors il veut jouer, il veut vivre
mais il se fait surprendre par le bruit du poignard
dans son dos.

« Le Kurde », Khonav Ayoub

Nouvelle annoncée par le site Printemps des Poètes qui présente ce autrices ainsi:

« Le monde entier a découvert le rôle essentiel que les femmes kurdes ont joué dans le combat contre Daech. On sait la place qu’elles prennent dans l’action pour une société démocratique, respectueuse de l’égalité, de la diversité des opinions et des croyances.

Souvent, les femmes kurdes sont représentées comme des combattantes en armes et portant l’uniforme. Par ce choix de poèmes, Maram al-Masri a voulu montrer qu’elles étaient aussi des combattantes des mots, pour la dignité, la liberté, la paix, le droit de vivre sur sa terre et d’être reconnue dans son identité, sa personnalité.

Cette anthologie, qui ne se veut pas exhaustive, présente quarante-cinq femmes poètes, de Syrie, d’Irak, de Turquie, d’Iran. Certaines vivent dans des régions autonomes, reconnues ou combattues. Toutes ont connu la guerre, souvent l’exil, mais leur poèmes parlent aussi de l’amour, des rapports avec les hommes, de la nature, de la vie tout simplement. Certains de ces poèmes ont été écrits dans une des langues kurdes, le kurmandji ou le sorani. D’autres ont été écrits en arabe, en turc, parfois dans une autre langue et sont présentés aujourd’hui au public français. »

TURQUIE. Un politicien kurde emprisonné après être refoulé par la Grèce

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TURQUIE – Le politicien du HDP, Mehmet Sayit Demir a été emprisonné en Turquie par les garde-frontières grecs qui l’ont arrêté avec sa femme Feride Demir et les ont remis illégalement aux soldats turcs.

Mehmet Sayit Demir a été arrêté en Turquie après un refoulement illégal depuis la Grèce. L’ancien membre du conseil d’administration du HDP à Diyarbakir (Amed), a traversé lundi le fleuve frontalier Evros avec sa femme Feride pour demander l’asile politique en Grèce. Le couple a été arrêté, volé, maltraité par les gardes-frontières grecs qui les ont ensuite remis à l’armée turque.

Selon le fils du couple, Azad Demir, qui vit en Allemagne, ses parents ont été arrêtés par la police puis remis aux « gangs » qui ont procédé l’expulsion. L’avocat de la famille, Berdan Acun a confirmé l’inforamtion, déclarant que ses clients l’ont appelé et lui ont annoncé qu’ils avaient été pris du côté grec. Il a déclaré: «Ils ont dit que la police avait confisqué leurs téléphones et qu’ils avaient été emmenés à un endroit où les gangs séjournent. Ils ont été maltraités en cours de route. La police militaire grecque se trouvait également sur les lieux. Là aussi, ils ont été maltraites et insultés. Leurs objets de valeur et leur argent ont été confisqués. » Les gangs ont ensuite remis le couple à l’armée turque.

Mehmet Sayit Demir a été condamné à six ans et huit mois de prison en Turquie en février 2021 pour « appartenance à une organisation terroriste » et a été interdit de quitter le pays. Il est actuellement détenu à la prison de type F d’Edirne. Feride Demir a été libérée.

ANF

 

TURQUIE. Une Kurde de 50 ans emprisonnée à Şırnak

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TURQUIE / KURDISTAN – Hazine Oruç, une femme kurde de 50 ans poursuivie pour « terrorisme », a été emprisonnée après qu’un tribunal a confirmé sa condamnation à une peine de 1, 8 ans de prison.

Hazine Oruç, une habitante du village de Hespîst dans la province de Şırnak, a été arrêtée par des soldats turcs à la suite d’une descente chez elle.

La femme de 50 ans a été emprisonnée après qu’un tribunal a confirmé la peine d’un an et 8 mois de prison qui lui avait été infligée.

ANF

Le soutien américain à la guerre de la Turquie contre les Kurdes rapproche Ankara des extrémistes et des autocrates

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Sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, la Turquie a trouvé une cause commune avec des autocrates et des extrémistes : faciliter la montée de l’EI en Irak et en Syrie, diriger la normalisation avec Assad et aligner plus étroitement la dynamique politique intérieure et les intérêts de la politique étrangère d’Ankara avec ceux de Moscou alors que la guerre fait rage en Ukraine.

Les États-Unis se sont dits préoccupés par chacun de ces faits nouveaux. Mais si Washington veut aller au-delà des préoccupations et s’attaquer au comportement déstabilisateur de la Turquie, les décideurs doivent commencer par se regarder dans le miroir.

Le moteur de chacun de ces mouvements était la question kurde longtemps non résolue de la Turquie et les conflits armés qui en résultaient. Des décennies de politique américaine encourageant les solutions militaires absolutistes à la question kurde et décourageant les approches politiques ont créé une tempête parfaite de conditions qui ont facilité ces impacts déstabilisants. Pour atténuer les dégâts, une nouvelle approche fondée sur les principes de la démocratie, du droit international et des droits humains est nécessaire.

Comment la politique américaine a enflammé le conflit kurde

L’alliance de la Turquie avec les États-Unis est basée sur un ensemble étroit de dynamiques de sécurité. Pendant les quatre premières décennies du partenariat, ceux-ci étaient largement liés aux efforts américains pour contrer l’Union soviétique pendant la guerre froide.

En conséquence, les États-Unis réduisent la question kurde de la Turquie à un ensemble de problèmes de sécurité (tels que définis par l’establishment turc de la sécurité nationale) liés à l’insurrection du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les responsables politiques américains supposent à tort que les approches militaires sont la meilleure et la seule façon de résoudre ces problèmes de sécurité étroitement définis.

Ce cadre anhistorique laisse de côté les décennies de répression anti-kurde et les soulèvements kurdes antérieurs à la création du PKK ; le fait que la plupart des violences liées au conflit prennent la forme d’affrontements entre les forces armées turques et kurdes et la violence de l’État turc contre des civils majoritairement kurdes plutôt que des actes de « terrorisme » commis par des groupes kurdes ; et le nombre croissant de preuves que les cadres du « terrorisme » entravent la résolution des conflits armés.

Les politiques américaines basées sur ce cadre ont été un sac à main d’abus de la guerre froide et de la guerre contre le terrorisme : former des putschistes d’extrême droite et des violateurs des droits humains, minimiser les atrocités pour faciliter les ventes d’armes, soutenir des campagnes obscures d’exécutions extrajudiciaires, et au-delà.

De nombreuses preuves indiquent les impacts négatifs de ces politiques dans le monde entier. Quel que soit le fournisseur, « les transferts d’armes à un État augmentent la probabilité d’éclatement d’un conflit ; et, une fois commencés, rendent les conflits plus longs et plus meurtriers », et les régimes autocratiques qui reçoivent des armes étrangères sont plus susceptibles de les retourner contre leurs propres peuples.

Une étude portant sur les 30 principaux bénéficiaires de l’aide américaine à la sécurité entre 1992 et 2011 a révélé que « l’augmentation de l’aide américaine était associée à une incidence élevée de violations des droits humains ». Il a été constaté que la formation militaire américaine augmentait le « capital humain » ou le « soft power » des forces de sécurité par rapport aux gouvernements civils des pays bénéficiaires, doublant ainsi le risque de coups d’État militaires.

L’impact de telles politiques sur la Turquie était évident pour les observateurs contemporains, même sans données académiques. Un éditorial de 1983 dans le Washington Post critiquant le soutien américain au régime militaire turc d’après 1980 affirmait que « la violation des droits humains en Turquie aujourd’hui pourrait bien conduire à une explosion demain », avertissant que les États-Unis « soutiennent habituellement des dictateurs et des juntes qui font la guerre à leur propre peuple puis, après des années et des années, encourent une révolution violente. »

Le PKK a lancé sa guerre contre l’armée turque un an plus tard. À ce jour, ses dirigeants décrivent la répression subie par les prisonniers politiques kurdes après le coup d’État comme un facteur majeur de la décision de prendre les armes.

Un rapport de 1999 de la Fédération des scientifiques américains a averti qu’« une politique ouverte de fourniture d’armes sans conditions strictes sur les droits humains ou une résolution pacifique du conflit kurde pourrait enhardir les partisans de la ligne dure dans l’armée turque qui recherchent une « victoire finale » militaire. »

Plus de 20 ans – et des centaines de millions de dollars de ventes d’armes et d’assistance à la sécurité par les États-Unis – après la rédaction de ce rapport, aucune victoire militaire n’est en vue. Malgré cela, les dirigeants turcs continuent d’insister pour en avoir un et continuent de bénéficier du soutien américain dans leur poursuite.

Comment les mauvais acteurs en profitent

Au cours de quatre décennies de soutien matériel aux solutions militaires absolutistes à la question kurde, la politique américaine a prolongé le conflit kurde et exacerbé les causes profondes de la violence. Bien que cette approche ait rempli les poches des sous-traitants de la défense, elle n’a apporté aucun avantage tangible à la plupart des Américains.

En fait, trois résultats spécifiques de ces conditions offrent des avantages structurels aux adversaires américains. Les combats enracinés entretiennent les perceptions faussées de la Turquie concernant les droits civils, politiques et culturels des Kurdes ; internationalise le conflit d’une manière qui en a fait un vecteur d’instabilité au-delà des frontières de la Turquie ; et donne du pouvoir aux individus et entités les plus nationalistes et militaristes de l’État au détriment des institutions démocratiques et de la société civile.

Perception de la menace anti-kurde

Tant que la Turquie cherchera des solutions militaires à sa question kurde, elle considérera tout acteur étatique ou non étatique, quelle que soit son idéologie ou son orientation géopolitique, comme moins menaçant que les communautés kurdes organisées – une perception de la menace partagée par aucun de ses alliés. Il sera particulièrement disposé à travailler avec des autocrates et des extrémistes notoires lorsqu’ils sont prêts à retourner le poids de leur force répressive contre les Kurdes.

La Turquie a facilité la montée de l’EI en Syrie parce qu’elle espérait que le groupe djihadiste porterait des coups militaires aux forces kurdes, écraserait l’administration autonome naissante à ses frontières et massacrerait ou déplacerait la plupart des Kurdes du nord-est de la Syrie, supprimant la circonscription pour tout type d’autonomie de l’entité kurde dans le futur.

En conséquence, la Turquie a résisté à la coopération avec la campagne anti-DAECH menée par les États-Unis. Les États-Unis n’ont été contraints de s’associer aux YPG en Syrie qu’après avoir fait des tentatives constantes de travailler avec la Turquie et trouvé le gouvernement d’Erdogan peu disposé à s’engager dans la tâche en raison de son hostilité à l’autonomie kurde.

Ankara poursuit maintenant la normalisation avec le gouvernement syrien pour la même raison : il considère Damas comme le meilleur partenaire pour détruire non seulement les Forces démocratiques syriennes (FDS), mais toutes les institutions civiles de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES). Une prise de contrôle complète du nord-est par le gouvernement conduirait également de nombreux Kurdes à fuir par crainte d’un retour à la persécution à laquelle ils étaient confrontés avant 2011 – le même résultat que la Turquie espérait qu’une prise de contrôle de la région par l’Etat islamique obtiendrait il y a près d’une décennie.

Étendre le conflit

L’internationalisation du conflit provoquée par la poursuite indéfinie par la Turquie de solutions militaires infructueuses fait qu’elle agit désormais comme un vecteur d’instabilité dans un nombre croissant de pays et de contextes.

Les exemples les plus évidents de cette dynamique peuvent être observés en Irak et en Syrie, où se déroulent désormais la plupart des combats actifs liés au conflit turco-kurde. L’activité militaire turque ciblant les Kurdes et les groupes liés aux Kurdes qu’elle considère comme des terroristes a entraîné des pertes civiles et des déplacements massifs dans les deux pays, avec des impacts politiques déstabilisants.

Même les pays européens où de nombreux Kurdes ont cherché refuge contre la violence et la persécution politique sont touchés. La diaspora kurde n’a pas abandonné l’identité kurde ou la défense des droits des Kurdes qui restent en Turquie – et donc les politiques répressives de la Turquie les ont suivies. Le gouvernement d’Erdogan considère la diaspora kurde comme une menace suffisante pour retarder l’expansion de l’OTAN pendant une guerre terrestre en Europe à cause de la tolérance de la Suède à l’égard des manifestations kurdes et du refus d’extrader les dissidents.

Renforcer les forces de sécurité et l’extrême-droite

Le soutien étranger à une solution militaire à la question kurde a aidé les forces de sécurité turques à conserver un pouvoir excessif par rapport aux institutions démocratiques et à la société civile et a assuré que le nationalisme de droite reste disproportionnellement influent.

La constitution actuelle de la Turquie, qui institutionnalise de nombreuses lacunes autoritaires du pays, a été formulée par le régime militaire soutenu par les États-Unis à la suite du coup d’État de 1980. Les forces de sécurité turques pourraient compter sur un soutien constant des États-Unis sous la forme d’aide et de ventes d’armes sans conditions pour les violations des droits, encourageant la poursuite des conflits et des actions antidémocratiques.

Malgré le rôle du soutien des États-Unis et de l’OTAN pour les soutenir, ces acteurs ont tendance à être les plus favorables à l’éloignement d’Ankara de son orbite occidentale traditionnelle. C’est en partie parce que, depuis la reprise du conflit en 2015, ils considèrent des acteurs comme la Russie et l’Iran comme de meilleurs partenaires pour l’agression anti-kurde, en particulier dans le nord-est de la Syrie.

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar et le ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu partagent la distinction douteuse de diriger les structures qui ont le plus bénéficié du soutien américain à la guerre contre les Kurdes tout en étant parmi les principaux partisans turcs de l’antiaméricanisme et d’une relation de sécurité turco-russe plus étroite.

La précipitation de Soylu à accuser les États-Unis et les Kurdes pour un attentat meurtrier à Istanbul dont les auteurs restent inconnus a peut-être été la première fois que ses opinions ont atteint un public international, mais les commentaires étaient à la hauteur de sa vision du monde. Le ministère de la Défense d’Akar a passé ces dernières années à doubler l’acquisition de systèmes de missiles S-400, un effort pour rapprocher l’appareil de sécurité turc de la Russie. Tous deux ont été sanctionnés par les États-Unis en 2019 pour avoir entravé la lutte contre l’EI et mis en danger des vies civiles en Syrie.

Le Parti d’action nationaliste (MHP) d’extrême droite, vers lequel Erdogan s’est tourné en tant que partenaire de la coalition après avoir abandonné les pourparlers de paix avec le PKK à la suite des revers électoraux de juin 2015, a appelé la Turquie à quitter l’OTAN et a été à l’avant-garde de les menaces croissantes contre la Grèce qui s’avèrent être un défi majeur pour les relations américano-turques.

À quoi pourrait ressembler une nouvelle approche ?

Alors que les États-Unis ne peuvent pas réparer du jour au lendemain les dommages structurels causés par des décennies de soutien à une solution militaire à la question kurde turque, ils peuvent ajuster leurs politiques actuelles pour mieux soutenir la paix et la stabilité. Cela pourrait être accompli par voie diplomatique, sans recours à la force. Cela contribuerait à mettre fin aux guerres en cours et à empêcher le déclenchement de nouvelles, aidant les États-Unis à s’éloigner des conflits sans fin au Moyen-Orient.

Une approche idéale se concentrerait sur la prévention à court terme d’une escalade immédiate dans les zones «point chaud» comme le nord-est de la Syrie. Cela répondrait aux tactiques turques qui profitent à des acteurs comme l’EI, la Russie et l’État syrien : y compris les attaques contre les civils et les infrastructures civiles qui entraînent des déplacements et le mécontentement à l’égard des capacités de l’AANES et des FDS et les assassinats ciblés de dirigeants politiques et militaires qui ont mené la lutte contre l’EI . et cherchent maintenant à protéger leur peuple d’Ankara et de Damas.

À partir de là, il étendrait ces efforts pour promouvoir des solutions politiques plus larges qui engagent tous les acteurs politiques et militaires concernés et s’attaquent durablement aux causes profondes de la violence. Pour permettre aux États-Unis d’agir en tant qu’intermédiaire honnête, les politiques et programmes qui incitent la Turquie à rechercher des solutions militaires devraient prendre fin. Une mesure de renforcement de la confiance consisterait à abandonner le soutien à la vente de F-16 et à lier l’opposition à la vente au fait que ces jets sont utilisés contre les communautés kurdes et les forces armées kurdes qui battent l’EI.

Les dirigeants kurdes ont exprimé leur intérêt à obtenir un soutien international pour un règlement négocié du conflit. Les solutions qu’ils promeuvent et que leurs partisans ont déjà tenté de mettre en œuvre résoudraient bon nombre des défis géopolitiques causés par la guerre sans fin de la Turquie.

En Turquie, le programme pro-kurde de décentralisation et de démocratisation limiterait le pouvoir des forces de sécurité et de la droite nationaliste. La fin du conflit armé et un règlement négocié mettraient fin à la présence militaire de la Turquie en Irak et en Syrie et aux perceptions de menace anti-kurde qui la justifient. En Syrie, le règlement négocié du conflit recherché par l’AANES et les FDS préserverait le plus haut degré d’autonomie possible pour le nord-est et garantirait les droits des minorités, offrant la meilleure chance d’empêcher Assad et ses alliés d’imposer au pays un statu quo déstabilisant d’avant-guerre.

Par Meghan Bodette, directrice de recherche au Kurdish Peace Institute

Article à lire (en anglais) ici: U.S. Backing for Turkey’s War on the Kurds Pushes Ankara Closer to Extremists and Autocrats

IRAN. Deux prisonniers exécutés à la prison centrale de Karaj

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IRAN – Les prisonniers kurdes Sharaf Khan Akbari et Sabina Esmaeilzadeh, condamnés à mort pour des accusations liées à la drogue, ont été exécutés à la prison centrale de Karaj. Au cours des trois dernières semaines, au moins 14 prisonniers kurdes du droit commun ont été exécutés en Iran.

Esmaeilzadeh, 30 ans, originaire de Mahabad, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, a été exécuté le 22 janvier, a appris l’ONG Kurdistan Human Rights Network (KHRN).

Esmaeilzade était une étudiante en architecture qui a été arrêtée il y a environ six ans et condamnée à mort pour des accusations liées à la drogue.

Le 18 janvier, les autorités de la prison centrale de Karaj ont également exécuté Akbari, originaire d’Harsin, dans la province de Kermanshah.

Il a été arrêté il y a quelques années et condamné à mort pour trafic de drogue.

Selon les statistiques compilées par l’ONG KHRN, l’Iran a exécuté au moins 14 civils kurdes en janvier dans les prisons de Karaj, Kermanshah, Arak, Salmas, Bandar Abbas et Ilam pour des accusations liées à la drogue et au meurtre.

Kurdistan Human Rights Network (KHRN)