Accueil Blog Page 400

FRANCE. Un député interpelle Darmanin face à la répression des Kurdes sur le sol français

0
PARIS – Devant la nouvelle vague de répression « inique et indigne » des Kurdes en France qui « entame profondément le crédit et la parole » de la France, le député Jean-Paul Lecoq a interpellé Gérald Darmanin en déposant une question parlementaire adressée au ministre de l’Intérieur.
Jean-Paul Lecoq, le député communiste, membre du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, a déposé une question parlementaire attirant l’attention du ministre de l’Intérieur sur la vague de repressions visant les Kurdes en France.
 
Voici la question écrite de député Lecoq publiée le 30 avril 2024 dans le Journal Officiel:
 
« Depuis plusieurs décennies, une importante communauté a trouvé refuge dans le pays. Persécutée en Turquie, elle s’est engagée dans la lutte contre Daesh, aux côtés de la coalition internationale. Leur courage force l’admiration alors que l’État islamique constitue toujours un danger majeur Avec l’assassinat de trois militantes à Paris, voici onze ans, commandité par l’État turc, les Kurdes paient un lourd tribut pour leur engagement en faveur de la liberté et la démocratie. Parce que la France partage ces valeurs, les autorités du pays entretiennent de bonnes relations avec cette communauté qui respecte la République française.
 
Depuis plusieurs mois, les Kurdes de France et plus particulièrement les réfugiés politiques, font l’objet d’une politique répressive inédite. Les poursuites pénales se multiplient contre des individus accusés de financer le Parti des travailleurs du Kurdistan alors que cette organisation est au premier rang de la lutte contre Daesh et a sauvé des milliers de Yézidis. D’autres ont leurs avoirs gelés arbitrairement pour simple participation à la vie associative bouleversant le quotidien de familles entières.
 
Plus récemment, des réfugiés ont perdu leur statut de réfugiés et sont menacés d’expulsion vers la Turquie où ils risquent la torture et la mort. Dernièrement, Serhat Gültekin, un réfugié politique, a été expulsé brutalement vers la Turquie alors que de nombreux recours étaient engagés. Ses droits les plus élémentaires ont été bafoués. De plus, il souffre du syndrome de Marfan et ne recevra aucun traitement en Turquie pour cette pathologie grave. Condamné à 15 ans de prison pour ses activités militantes, son expulsion a fait l’objet d’une humiliante mise en scène médiatique par les autorités turques. Jeté en prison dès son arrivée, il a d’ores et déjà, selon ses avocats, subi de mauvais traitements de la part des services secrets (MIT).
 
Cette répression contre les Kurdes de France, qui sont ses alliés, est inique et indigne. Elle entame profondément le crédit et la parole du pays. Dans ce contexte, il l’interroge sur les mesures que la France compte prendre pour faire cesser cette répression. »
 

SYRIE. Un Kurde tué sous la torture dans la prison d’Al-Rai

0

SYRIE / ROJAVA – Des mercenaires de la Turquie ont tué sous la torture Jankin Naasan, un civil kurde d’Afrin détenu avec plusieurs membres de sa famille dans la prison d’Al-Rai gérée par la milice jihadiste Jabhat al-Shamiya. Tous les membres de la famille (huit personnes au total) de Naasan, y compris des bébés, ont été torturés. Deux des femmes de la famille avaient été libérées. L’une d’elle est morte dans des circonstances tragiques, tandis que l’autre a est devenue folle à cause des viols subis et son bébé torturé sous ses yeux…

Jankin Naasan, de 36, a été arrêté avec ses parents et ses frères et sœurs ainsi que sa femme et ses enfants (huit personnes au total, dont des personnes âgées et des nourrissons) le 7 juin 2020 dans une prison de la milice de l’Armée nationale basée à Al-Raï dans le nord d’Alep. Les maisons et tous les autres biens de ces familles ont été confisqués par les gangs islamo-turcs.

Retour sur une barbarie commise par les gangs de la Turquie

Le 7 juin 2020, les mercenaires sous commandement de la Turquie ont kidnappé un couple âgé et leurs enfants ainsi que leurs petits enfants (trois génération de personnes) dans le quartier Ashrafiyeh d’Afrin: Majid Naasan (65 ans) et Zainab Abdo (60 ans), leurs enfants Sheyar (30 ans), Jankin (32 ans), sa femme Zulaikha et leur deux enfants, Muhammad (28 ans) et sa femme Jaylan Hamalo ainsi que leur bébé. Tous, y compris des nourrissons, ont été torturés, les jeunes femmes violées dans une prison gérée par la milice jihadiste Jabhat al-Shamiya.

Zulaikha Walid Omar (Zelîxe Welîd Omer) a été libérée quelques mois après. Elle avait perdu la raison et errait dans les rues d’Afrin à cause des sévis subis en prison et surtout de la torture infligé à son bébé d’un an qui a probablement été tué sous ses yeux. Elle a été prise en charge par une famille d’Afrin.

Zelîxe Welîd Omer après sa libération de la prison

Zainab Abdo (60 ans) a également été libérée en août 2021 après des sévices atroce subis en prison comme tous les membres de sa famille. Son corps calciné a été découvert en décembre 2021. On affirme que les gangs jihadistes l’ont tuée.

Crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Depuis l’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie en mars 2018, les forces turco-jihadistes ont commis des milliers de crimes de guerre et crimes contre l’humanité: ils ont arrêté en masse des civils (femmes, enfants, personnes âgées…), torturés tous, violé la majorité des femmes et des fillettes mais aussi certains des hommes, tués sous la torture de nombreuses personnes, confisqué les maisons et les les biens des familles kurdes chassées de leurs terres… Bien que ces crimes soient connus de la communauté internationale (ONU, HRW, Amnesty International), la Turquie étant un allié de l’Occident (OTAN), ces crimes commis par les forces sous son commandement sont passés sous silence. Ce qui l’encourage à commettre d’avantage de massacres et à pousser sa guerre colonialiste jusqu’au sud du Kurdistan (nord de l’Irak).

KURDISTAN. Deux autres civils tués par des drones turcs

0
IRAK / KURDISTAN – Deux civils kurdes qui ramassaient des plantes sauvages ont été tués lors d’une frappe de drone turc dans les montagnes de Bradost, dans le nord-est de la province d’Erbil.
 
Les corps de deux civils kurdes d’Iran, Ahmed Haidari et Rasul Younesi, ont été retrouvés après qu’ils aient été tués lors d’une frappe présumée d’un drone turc dans les montagnes de la région de Bradost, au nord-est d’Erbil, selon l’ONG CPT.
 
Les victimes, âgées de 45 à 55 ans, étaient des habitants de la ville de Mahabad, au Kurdistan iranien. Le 27 avril, ils étaient entrés dans la région du Kurdistan depuis la zone frontalière de Shino pour récolter des herbes printanières. Le lendemain, ils ont été pris pour cible et tués par des drones turcs présumés. La région est connue pour la présence active du PKK, où des affrontements avec l’armée turque sont souvent signalés.
 
Après trois jours d’attente, leurs proches ont pu récupérer leurs corps dans les montagnes de Khnera, où les civils ont perdu la vie lors de l’attaque du drone. 
Depuis le début de l’année 2024, 6 civils ont été tués et 2 autres ont été blessés lors d’opérations militaires turques ciblant les régions kurdes d’Irak, selon Community Peacemaker Teams (CPT), ONG internationale de réduction de la violence et de défense des droits humains, qui qualifie de « crimes de guerre » les attaques turques ciblant les civils au Kurdistan irakien.

« La presse kurde perquisitionnée à Denderleeuw : une nouvelle tentative d’étouffer le mouvement »

0
BRUXELLES – Le média indépendant belge, Bruxelles Dévie dénonce le raid policier ayant ciblé la presse kurde basée à Denderleeuw le 23 avril et déclare qu’il s’agit d’une des tentatives d’étouffer le mouvement kurde en Europe.
 
Voici le communiqué de Bruxelles Dévie daté de 1er mai 2024:
 

La presse kurde perquisitionnée à Denderleeuw : une nouvelle tentative d’étouffer le mouvement

 
Le mardi 23 avril dernier, aux alentours de 1h30 du matin, la police belge a perquisitionné les locaux des médias Kurdes « Stêrk» et « Medya Haber » à Denderleeuw, non loin de Bruxelles. Ces perquisitions, entreprises par la police fédérale belge, interviennent alors que de nombreuses agressions ont été commises à l’encontre de membres de la communauté kurde depuis qu’une famille kurde de la province du Limbourg ait été attaquée à son domicile le 24 mars dernier. En menant ces perquisitions, l’État belge comme ses voisins français et allemand, montre son intention de réprimer le mouvement Kurde.
 
La perquisition, intervenue en pleine nuit, a eu lieu sans notification préalable auprès d’avocat·es ou de représentant·​​​​​​​es des sociétés visées et a donc été effectuée dans un cadre totalement illégal. De plus, de manière très symbolique, celle-ci s’est déroulée lors de la journée internationale de la presse kurde qui lutte pour sa liberté partout où le peuple kurde est opprimé. Lors de la perquisition, qui a duré de 1h30 à 6h du matin, une grande quantité de matériel médiatique a été saisi ou saboté par la police. Certains câbles de diffusion ont par exemple été coupés et une partie des ordinateurs a été détruite.
 
Selon différents journaux, la descente de police qu’ont connu ces deux médias kurdes mardi passé à Denderleeuw a été effectuée à la demande l’État français, qui depuis quelque temps entreprend une large vague de répression à l’encontre de ressortissants kurdes sur son territoire. La France, en toute complicité avec l’Etat turc, a récemment livré trois militants kurdes à la Turquie. De plus, en parallèle de cette descente de police, 9 personnes d’origine kurde ont été arrêtées en Île-de-France.
 
Cette vague de répression à l’encontre de la communauté kurde est entretenue par la Turquie qui, en plus de commettre des crimes de guerre dans le sud-ouest de son territoire, tente de réprimer le mouvement kurde partout où celui-ci fleurit. Face à ces perquisitions, nous tenons à affirmer notre soutien à la presse kurde qui lutte pour la liberté d’un peuple opprimé et pour la propagation d’une langue et d’une culture qui est la sienne.
 
Dans leur communiqué, les médias concernés par cette descente de police appellent l’Etat belge a clarifier ses liens avec le régime d’Erdogan, et rappellent que ces perquisitions, menées sans mandats, sont une violation de la loi et que leurs avocat·​​​​​​​es comptent porter plainte.

PHOTOS. Manifestation du 1er mai à Paris

0
PARIS – Environs 50 000 personnes (selon les syndicats) ont défilé aujourd’hui à Paris dans le cadre de la Journée des travailleur.e.s. On signale qu’il y a eu des accrochages entre la police et des manifestants vers la place de la Nation, terminus du défilé. Par ailleurs, l’explosion d’engin explosif aurait fait plusieurs blessés parmi les forces de l’ordre qui étaient présents en masse aux abords de la manifestation.
 
La paix dans le monde, fin de la guerre à Gaza et au Kurdistan, demande de libération du chef kurde Abdullah Ocalan, des meilleurs salaires pour toutes et tous… les revendications multiples pouvaient se lire sur les pancartes et banderoles portées par les manifestants.
Cette année, la Palestine occupait une place centrale pendant le défilé du 1er mai, avec des innombrables drapeaux palestiniens et des discours ainsi que des pancartes appelant à la fin de la de la guerre à Gaza. L’année dernière, c’était les femmes d’Iran (suite au meurtre barbare de Jina Mahsa Amini) et du monde qui étaient mises en avant pendant le 1er mai et le 8 mars (Journée des droits des femmes), l’année d’avant, c’était les Ukrainien.e.s. Ni la situation politique en Iran, ni la guerre en Ukraine n’ont évolué, mais, malheureusement, chaque nouvelle tragédie dans le monde a tendance à éclipser les toutes les autres… 

Et maintenant, voici quelques photos prises sur la place de la République que les Kurdes ont investie dès midi avec leurs danses, chants révolutionnaires et de la musique jouée en direct.
 

Une militante kurde porte une photo d’Abdullah Ocalan demandant sa libération « Freedom For Ocalan »

 

Un manifestant porte une pancarte dénonçant le commerce turco-israélien avec une photo d’Erdogan accompagnée de la légende « C’est moi qui vend le carburant des avions de combat à Israël »

 

 

 

« Ici, on rafle les Kurdes »

0
 
PARIS – La militante, amie des Kurdes de longue date, Mirelle Court dénonce la répression des Kurdes sur le sol européen après les récentes arrestations de militants kurdes en France en parallèle au raid policier ciblant les télés kurdes StêrkTV et Medya Haber (Medya News) à Denderleeuw (Flandre orientale).
 
Mirelle Court condamne le traitement réservé aux Kurde en Europe dans l’article suivant:
 

Solidarité avec la communauté kurde en France et en Belgique

 
« Ici on rafle les Kurdes. Telle pourrait être la devise du ministre Darmanin et du gouvernement français puisque la communauté kurde a une nouvelle fois été victime de perquisitions, arrestations et gardes à vue dans la nuit du 23 au 24 avril, ordonnées par le parquet antiterroriste français.
 
«À une heure du matin, tout le monde dormait, la police a cassé notre porte, fait irruption chez nous, tout retourné dans l’appartement, renversé les lits, vidé les placards par terre et emmené mon père », nous raconte un jeune de Drancy, encore sous le choc. La scène s’est répétée à Marseille : huit personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue au milieu de la nuit. Sept ont été relâchées depuis, mais mises en examen sous contrôle judiciaire. Une seule reste détenue.
 
Dans le même temps, toujours en pleine nuit, la police belge, sur ordre du parquet anti­terroriste français, investissait la station des télévisions kurdes basée à Denderleeuw près de Bruxelles, saccageait les locaux et rendait la poursuite des émissions impossible.
 

Pression d’Erdogan

On est en droit de se demander pourquoi cette opération de police se déroule en France (et en Belgique) alors que les Kurdes n’ont jamais représenté la moindre menace pour l’État français, bien au contraire. C’est le sacrifice de milliers de jeunes combattantEs kurdes des YPG-YPJ qui a permis, aux côtés des combattants arabes des FDS (Forces démocratiques syriennes) de prendre le bastion de Daesh, Raqqa en Syrie, et de stopper les attentats qui ont ensanglanté Paris en 2015.
 
On ne peut qu’émettre des hypothèses. La plus crédible étant celle de la pression du gouvernement turc de R.T. Erdogan. Le président turc et son parti islamiste l’AKP ont subi un revers lors des dernières élections municipales de mars en Turquie, mais sous la pression du MHP, son allié ultranationaliste d’extrême droite, il continue à réprimer les Kurdes de Turquie, emprisonner les cadres et les éluEs du parti DEM (anciennement HDP) et bombarder la région autonome du nord-est de la Syrie.
 
Paupérisation de la région autonome du nord-est de la Syrie
Profitant de sa position stratégique dans la région et de son poids dans l’Otan, de la guerre en Ukraine et du génocide en cours à Gaza qui focalisent l’attention des médias et des gouvernements occidentaux, il poursuit ses manœuvres de déstabilisation de la région autonome du Nord-Est de la Syrie. En bombardant les sites de production du pétrole, il la prive d’une grande partie de ses revenus, ce qui entraîne une augmentation du chômage et la paupérisation de la population. Un terreau bien sûr favorable à Daesh dont la résurgence est très nette : les attentats dans les villes, les attaques contre les FDS et l’armée syrienne se multiplient. Les milices djihadistes soutenues financièrement et militairement par la Turquie qui contrôlent la région d’Idleb mais aussi une partie de la Syrie, à Afrin et Tell Abyad ne cachent pas leur connivence avec les commandos de Daesh.
 
C’est le moment que choisit l’État français pour harceler les Kurdes, en expulsant vers la Turquie de jeunes militants réfugiés et demandeurs d’asile, au mépris du droit international et du droit français, en mettant en examen de tranquilles pères de famille dont le seul tort est d’être actifs dans la solidarité avec les Kurdes de Turquie et du Rojava. »
 
Article initialement publié sur le site L’Anticapitaliste 

La discrimination contre les minorités en Turquie est « persistante et de grande ampleur »

0

 

TURQUIE – La discrimination contre les minorités (Kurdes, alévis, Armeniens…) en Turquie est « persistante et de grande ampleur », avec ses racines dans le nationalisme turc, a révélé un récent rapport du Minority Rights Group International (MRG).

Le MRG est une organisation non gouvernementale basée au Royaume-Uni qui œuvre pour garantir les droits des minorités ethniques, religieuses et linguistiques et des peuples autochtones du monde entier. Elle travaille avec plus de 300 organisations dans 60 pays et dispose du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC).

Dans son rapport intitulé « Dévoiler la discrimination : les minorités en Turquie » publié lundi, l’ONG a déclaré que les minorités du pays sont confrontées à une marginalisation en raison non seulement de leur origine ethnique, de leur religion ou de leur langue, mais également de facteurs tels que le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap et le statut migratoire.

Selon le Traité de Lausanne de 1923, seuls les chrétiens orthodoxes apostoliques arméniens, les juifs et les chrétiens orthodoxes grecs sont officiellement reconnus comme minorités en Turquie, tandis que le rapport examine non seulement les minorités officiellement reconnues mais toutes les minorités ethniques, linguistiques et religieuses du pays.

Le rapport se concentre sur la discrimination ancrée dans les politiques de l’État à l’égard des minorités, qui a persisté en Turquie au fil du temps et se poursuit encore aujourd’hui, et affirme que le nationalisme qui sous-tend les relations entre l’État et les minorités peut être considéré comme son fondement.

Beaucoup parlent d’une montée du nationalisme en Turquie, en particulier depuis que le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a formé une alliance électorale avec le Parti du mouvement nationaliste (MHP) d’extrême droite avant les élections présidentielles et législatives de 2018.

L’alliance AKP-MHP est accusée de jouer sur les nerfs nationalistes du pays en prétendant que leurs rivaux de l’opposition soutiennent des groupes terroristes.

Le rapport indique qu’il existe un « écart notable » entre le cadre juridique pour la prévention de la discrimination et la protection des droits des minorités et leur mise en œuvre pratique en Turquie.

Bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles concernant les minorités en Turquie, les deux plus grandes minorités démographiques sont les Kurdes et les Alévis. Le plus petit groupe minoritaire est celui des non-musulmans, représentant près de 0,4 pour cent de la population.

Alors que les perceptions négatives, les obstacles bureaucratiques et les problèmes de sécurité persistent pour les Alévis dans le pays, les défis en matière de participation et de représentation politiques affectent principalement la population kurde, selon le rapport.

La Turquie est un pays majoritairement sunnite, avec une partie de la population conservatrice et religieuse qui considère les Alévis comme des apostats ; par conséquent, les personnes adhérant à la foi alévie évitent généralement de révéler leurs croyances en public par crainte d’être victimes de discrimination ou d’aliénation sociale.

Le pays a longtemps rejeté les demandes des Alévis de reconnaissance de l’État, et les lieux de culte alévis, connus sous le nom de cemevis, ne sont pas officiellement reconnus par l’État et ne reçoivent donc aucune aide financière.

 La répression contre la participation et la représentation kurde comprend l’emprisonnement de dirigeants politiques, le licenciement d’élus et la répression contre les médias kurdes accusés de liens avec le terrorisme, notamment avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)(…).

Le rapport souligne également l’exclusion, la discrimination et la violation des droits auxquelles sont confrontées les minorités linguistiques, les défis rencontrés dans l’éducation dans les langues minoritaires et les facteurs contribuant au déclin des langues minoritaires et conduisant à une turquification rapide, tels que la migration urbaine, la domination du turc dans le les médias et les réseaux sociaux et les déficits éducatifs.

Le MRG a déclaré que la supériorité perçue de la religion islamique, enracinée dans le passé ottoman, et du « système Millet [peuples] » conduisait à une discrimination entre les minorités. Introduit au milieu du XVe siècle, le système du mil classifiait les gens en musulmans et non-musulmans, le « Millet » faisant référence à des communautés religieuses spécifiques telles que les chrétiens orthodoxes arméniens, les chrétiens orthodoxes grecs (Rums) et les juifs.

Bien que le système du mil ait officiellement pris fin en 1839, il a eu un impact profond et a façonné le nationalisme turc, indique le rapport, ajoutant que la discrimination et la marginalisation de longue date des minorités se sont poursuivies dans le pays au cours des 22 années de règne du gouvernement AKP.

Selon le rapport, l’AKP exprime son nationalisme ainsi que son soutien aux Frères musulmans, une organisation islamiste sunnite transnationale fondée en Égypte, la résurrection de l’histoire ottomane revitalisant la perception historique des non-musulmans et l’autoritarisme croissant du gouvernement, surtout depuis 2011. (…)

L’ONG a en outre déclaré que l’atmosphère hostile qui régnait dans le pays, perpétuée par une culture d’impunité alimentée par la rhétorique nationaliste et la polarisation ces dernières années, avait entraîné une incidence inquiétante de violations des droits, notamment de discrimination et de discours de haine.

« De plus, au cours des dernières décennies de règne de l’AKP, la menace constante de profilage plane sur toute revendication de droits fondamentaux, exacerbant les défis auxquels sont confrontées les minorités », a déclaré le MRG.

Le rapport propose également des recommandations au gouvernement et au parlement, aux organisations internationales et à la société civile sur la manière de résoudre les problèmes auxquels sont confrontées les minorités turques.

Adopter des réformes législatives pour protéger les droits des minorités, combler le fossé entre la législation et sa mise en œuvre, favoriser un dialogue constructif et un engagement avec les communautés minoritaires pour répondre à leurs préoccupations et garantir un accès équitable aux services publics pour les locuteurs de langues minoritaires figuraient parmi les recommandations adressées au gouvernement turc. gouvernement.

Alors que le MRG a exhorté les organisations internationales à défendre les droits des minorités en Turquie et à surveiller de près leur situation, à fournir un soutien et des ressources aux ONG locales défendant les droits des minorités et à engager un dialogue diplomatique avec le gouvernement pour répondre aux préoccupations concernant les violations des droits, il a recommandé que les organisations de la société civile mènent des campagnes et des programmes éducatifs pour informer le public sur les droits des minorités. (Turkish minute)

La FIJ demande au gouvernement kurde un environnement de travail plus sûr et plus égalitaire pour les femmes

0

«  Nous condamnons les dangers encourus par les femmes journalistes qui, dans de nombreuses régions du monde, mettent leur vie et leur santé en péril pour informer les membres de leur communauté et de leur pays  ». Le 23 avril, à Erbil (Kurdistan), le Conseil du genre de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a adopté une déclaration appelant à redoubler d’efforts pour améliorer la sécurité et parvenir à l’égalité pour les femmes journalistes, ainsi qu’à réviser les objectifs de la Déclaration de Pékin (1995) afin de renforcer l’action des médias pour faire progresser l’égalité en éradiquant les stéréotypes de genre.

Le Conseil du genre de la FIJ s’est réuni dans un format hybride pour sa réunion à mi-parcours les 22 et 23 avril 2024 sous le thème « Renforcer les capacités des femmes journalistes : briser les obstacles vers le leadership syndical et lutter contre la violence et le harcèlement  ». La réunion a été accueillie par le Syndicat des journalistes du Kurdistan, un affilié de la FIJ.

Les participantes et participants ont abordé certaines des principales préoccupations de la FIJ pour les femmes journalistes : la violence en ligne et hors ligne et la manière dont les syndicats peuvent soutenir les femmes ; les femmes journalistes dans la guerre avec l’intervention d’Amal Toman, journaliste de Gaza, en Palestine ; la lutte contre l’abus de pouvoir et la mise en œuvre de la Convention C190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail ; et la manière dont les syndicats peuvent utiliser la Convention pour changer l’approche des médias vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes.

Une session spéciale de la réunion a permis de présenter les projets de la FIJ visant à promouvoir l’égalité des genres au niveau régional, à savoir les formations sur le genre menées en Asie-Pacifique, Rewriting The Story, un projet visant à améliorer la représentation impartiale des femmes politiques en Europe, les formations à la sécurité pour les femmes dispensée dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et l’étude régionale sur les femmes journalistes en Amérique latine et dans les caraïbes.

La réunion s’est achevée par l’adoption de la déclaration d’Erbil, qui appelle à redoubler d’efforts pour améliorer la sécurité et parvenir à l’égalité pour les femmes journalistes, ainsi qu’à réviser les objectifs de la Déclaration de Pékin(1995) en ce qui concerne les médias, afin de faire progresser l’égalité en brisant les stéréotypes liés au genre dans les médias. La Déclaration d’Erbil insiste également sur le travail spécifique que doit poursuivre la FIJ pour promouvoir une plus grande égalité des genres dans les syndicats

KURDISTAN. Une frappe turque a fait une victime à Bradost

0
IRAK / KURDISTAN – Le 18 avril dernier, des avions de combat turcs ont visé une voiture civile dans le sous district de Sidakan (Bradost) à Soran. La victime s’appelle Sarwar Qadir. Il avait 46 ans et avait 3 enfants.
 
Crimes de guerre
 
Depuis le début de l’année 2024, 6 civils ont été tués et 2 autres ont été blessés lors d’opérations militaires turques ciblant les régions kurdes d’Irak, selon Community Peacemaker Teams (CPT), ONG internationale de réduction de la violence et de défense des droits humains, qui qualifie de « crimes de guerre » les attaques turques ciblant les civils au Kurdistan irakien.

 

 

TURQUIE. 1ER MAI. Les travailleurs veulent braver l’interdiction de rassemblement à Taksim

0

TURQUIE – Malgré l’interdiction officiel de rassemblement à Taksim pour le défilé du premier mai, les travailleur.e.s, les étudiant.e.s, les femmes, les organisations politiques de gauche, dont les Kurdes, et les syndicats ont commencé à se rassembler dans le parc Saraçhane pour marcher vers la place Taksim pour célébrer le 1er mai.

Une des routes menant à la place Taksim bloquée par la police

Comme vous pouvez le constater sur cette image, toutes les rues et artères menant à la place de Taksim sont barricadées est gardées par des rangées de policiers.
Comme les années précédentes, nous risquons d’assister à des arrestations et à des violences policières à Istanbul à l’occasion de la Journée internationale des Travailleurs…

Les célébrations du 1er mai à Istanbul sont organisées par les syndicats en collaboration avec les travailleur.e.s, les étudiant.e.s, les femmes et les syndicats. La Confédération des syndicats révolutionnaires (DİSK), la Confédération des syndicats des fonctionnaires (KESK), l’Union des chambres d’ingénieurs et d’architectes turcs (TMMOB), l’Association turque des dentistes et l’Association médicale turque (TTB) sont en première ligne. de l’organisation du rassemblement ouvrier.

Suite à la décision du gouverneur d’interdire les rassemblements sur la place Taksim, à Istanbul, la police a bloqué la zone. Les travailleurs ont commencé à se rassembler au parc Saraçhane,

Des dizaines de personnes continuent d’attendre au son de la chanson du 1er mai, tandis que le Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti), des organisations féministes et des écologistes ont organisé une marche depuis Yenikapı Marmaray. Plus tard, les gens se rendront à pied à la place Taksim.

IRAN. Exécution de sept prisonniers baloutches et kurdes

0

IRAN – Le régime iranien a exécuté les prisonniers baloutches Alireza Sargolzaie, Hassan Shadman, Barahouie et Mohsen Karami, (exécutés le 28 avril) et Mahmoud Mangoli (exécuté le 30 avril). Les prisonniers kurdes Faramarz Moradi et Anwar Khezri ont été exécutés aujourd’hui (1er mai).

Les prisonniers kurdes Faramarz Moradi (prison centrale d’Ardabil) et Anwar Khezri (prison de Karaj) exécutés le 1er mai 2024

Les prisonniers baloutches Mahmoud Mangoli, Alireza Sargolzaie, Hassan Shadman, Barahouie et Mohsen Karami, ont été exécutés dans les prisons de Birjand, Qaen et Mashhad.

Selon un rapport obtenu par l’ONG Hengaw, le mardi 30 avril 2024, la condamnation à mort de Mahmoud Mangoli (Gorgij), 42 ans, habitant du comté de Saleh Abad, province du Khorasan Razavi, a été exécutée à Prison centrale de Birjand.

Simultanément, Alireza Sargolzaie, 25 ans, père de deux enfants, originaire de Zahedan, a vu sa peine d’exécution exécutée à la prison centrale de Vakilabad.

Plus tôt, le dimanche 28 avril 2024, trois prisonniers baloutches : Mohsen Karami, âgé de 28 ans ; Hassan Shadman ; et un autre prisonnier nommé Barahouei – ont été exécutés à la prison de Qaen, au Khorasan Razavi.

Ces cinq prisonniers baloutches avaient déjà été arrêtés et condamnés à mort pour des délits liés à la drogue.

La nouvelle de ces exécutions n’avait pas été divulguée dans les médias affiliés au gouvernement, en particulier ceux qui lui sont favorables, au moment de la rédaction de ce rapport.

IRAN. Exécution d’un prisonnier religieux kurde à Karaj

0

IRAN – Le prisonnier kurde détenu depuis 15 ans, Anwar Khezri a été exécuté secrètement dans une prison de Karaj. Il faisait partie de 7 prisonniers religieux kurdes accusés d’« action contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre ». Quatre de ses coaccusés ont déjà été exécutés.

Anwar Khezri, un prisonnier religieux kurde de Mahabad, risquait d’être condamné à mort dans la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, après avoir purgé 15 ans d’emprisonnement. Malgré les récentes exécutions de ses coaccusés Davud Abdollahi, Qasim Abeste et Ayoub Karimi au cours des derniers mois, Farhad Salimi a connu le même sort.

Selon un rapport reçu par l’Organisation de défense des droits humains, HENGAW, le mercredi 1er mai 2024, Farhad Salimi, qui a passé quinze ans en prison, a été exécuté en secret à la prison Ghezel Hesar à Karaj.

Une source bien informée a informé Hengaw que Khezri avait été placé à l’isolement mardi. Sa famille, informée à la dernière minute de son transfert, s’est rendue de Mahabad à Kraj pour avoir un dernier rendez-vous, mais n’a malheureusement pas pu rencontrer Anwar Khezri.

Condamnant fermement l’exécution d’Anwar Khezri, Hengaw souligne que ce prisonnier politique risquait d’être condamné à mort au terme d’une procédure totalement opaque, injuste et illégale au sein du système judiciaire de la République islamique d’Iran.

Il convient de mentionner qu’au cours des derniers mois, quatre autres personnes appartenant au groupe coaccusé d’Anwar Khezri, à savoir Davud Abdullahi, Ayoub Karimi, Qasim Abeste et Farhad Salimi, ont été exécutées dans la même prison.

Davud Abdullahi, Farhad Salimi, Anwar Khezri, Qasim Abeste, Khsraw Besharat, Kamaran Shekha et Ayoub Karimi ont été appréhendés le 7 décembre 2009 par les forces de sécurité et ont ensuite été transférés au centre de détention des services de renseignement de la ville d’Urmia.

La 28e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran, sous la direction du juge Moqiseh, a prononcé la peine de mort contre ces prisonniers. Les charges retenues contre eux dans l’affaire du meurtre d’Abdul Rahim Tina comprenaient « action contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre ».

L’audience d’accusation contre ces 7 prisonniers religieux kurdes a eu lieu en mars 2015, les peines mentionnées leur ayant été officiellement communiquées le 25 mai 2016.

Il convient de noter que le verdict a été annulé par la 41e branche de la Cour suprême iranienne, dirigée par le juge Razini, en 2017. Un appel a été interjeté auprès de la 15e branche du tribunal révolutionnaire islamique iranien à Téhéran, où, en juin 2017, Anwar Khezri et six autres coaccusés ont de nouveau été condamnés à mort par le juge Abolqasem Salvati.

Ce verdict a été confirmé par la 41ème branche de la Cour suprême iranienne sous la pression répétée du département de renseignement iranien à Ourmia. Le lundi 4 mars 2020, elle a été officiellement communiquée à Mahmoud Walizadeh Tabatabai, l’avocat représentant ces sept prisonniers religieux kurdes.

Ces sept individus ont été initialement incarcérés à la prison de Gohardasht puis transférés à la prison de Ghezel Hesar à Karaj le 1er août 2023, suite à l’évacuation de la prison de Gohardasht.