JAPON – Murat Çiçek, scénariste et acteur kurde, est décédé le 3 juillet au Japon alors qu’il était placé en garde à vue, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation le 25 juin.
Selon ses proches, il serait mort des suites de tortures subies dans le centre de détention. La famille exige des réponses claires des autorités japonaises.
C’est un employé du consulat de Turquie au Japon qui a informé la famille, le 8 juillet, en appelant pour demander : « Que faire du corps ? » La nouvelle de la mort, survenue cinq jours plus tôt, leur a ainsi été annoncée de manière brutale.
La famille réclame désormais des explications officielles :
Pourquoi Murat Çiçek a-t-il perdu la vie ?
Où était-il détenu au moment de son décès ?
Pourquoi n’a-t-il pas été transféré à l’hôpital ?
Quels sont les traitements qu’il a subis en garde à vue ?
Un artiste en quête de retour aux sources
Âgé de plusieurs années de vie au Japon (où il résidait depuis sept ans), Murat Çiçek avait participé l’année dernière au Festival du film de Tokyo avec un long-métrage dans lequel il jouait. Avant son départ, il avait travaillé comme acteur et scénariste pour BKM en Turquie.
Ces dernières années, très déprimé, il exprimait régulièrement son désir de rentrer définitivement au Kurdistan à l’automne. Il projetait de faire construire une maison dans son village natal de Peyanis, à Hakkari, et de s’y installer pour s’occuper de la terre et des animaux. Il avait partagé ce rêve avec ses proches et amis depuis de nombreuses années.
Au moment de sa mise en détention, il avait d’ailleurs informé les autorités japonaises de son souhait de regagner son pays au plus vite.
Sa sœur et son beau-frère se sont rendus au Japon pour rapatrier le corps.