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Collaboration spéciale #JO Turquie-France sur le dos des Kurdes?

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PARIS – Macron livre-t-il les Kurdes à la Turquie pour qu’Erdogan informe Paris d’éventuelles attaques jihadistes ciblant les #JO? Les Kurdes doivent-ils payer pour tous les péchés du monde?

Hier, lors de la conférence au barreau de Paris sur la répression des Kurdes en Europe, introduite par l’ancien bâtonnier de Paris Christian Charrière Bournazel, l’avocat des familles de 3 militantes kurdes tuées à Paris en 2013, Antoine Compte a dénoncé le cynisme de la justice française dans le traitement des affaires touchant les militants kurdes. Presqu’au même moment, dix militants kurdes étaient arrêtés en région parisienne dans le cadre d’une enquête ouverte après la manifestation du 27 mars dernier dans l’aéroport de Roissy – Charles de Gaulle contre l’expulsion du militant kurde Firaz Korkmaz visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) que la France livrait à la Turquie où il fut immédiatement emprisonné pour « terrorisme ».

La journaliste Arian Bonzon déclare que des avocats ayant assisté à la conférence au barreau de Paris sur la répression des Kurdes en Europe affirment que l’intensification actuelle de la répression contre les militants kurdes ou du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) est liée au soucis de Paris d’obtenir la collaboration turque en matière d’échanges d’information concernant les attaques jihadistes possibles lors des Jeux Olympiques de cet été à Paris.

Voici ce qu’écrit Arian Bonzon sur X:

IRAN. Trois prisonniers kurdes exécutés

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IRAN / ROJHILAT – Le prisonnier religieux kurde de Mahabad emprisonné depuis 15 ans, Khsraw Besharat a été exécuté ce matin à Karaj. Hier, deux autres prisonniers kurdes (Reza Gholamhosseini et Farrokh Khan Mohammadi) ont été exécutés à Ilam. Depuis début 2024, le régime iranien a exécuté des centaines de prisonniers, dont plus de 77 en avril.

Un prisonnier politique exécuté après 15 ans de prison

La condamnation à mort de Khsraw Besharat, un prisonnier religieux kurde de Mahabad, a été exécutée après avoir passé 15 ans dans la prison Ghezel Hesar à Karaj. Il a été transféré à l’isolement deux semaines avant son exécution.

Khosrow Besharat

Selon un rapport reçu par l’Organisation Hengaw pour les droits de l’homme le mercredi 15 mai 2024, Khsraw Besharat, emprisonné depuis quinze ans, a été exécuté dans la prison Ghezel Hesar à Karaj.

Coïncidant avec l’exécution de l’un de ses coaccusés, Anwar Khezri, Khsraw Besharat a également été placé à l’isolement le mercredi 1er mai 2024.

Condamnant fermement l’exécution de Khsraw Besharat, l’ONG Hengaw souligne que ce prisonnier politique risquait d’être condamné à mort au terme d’une procédure totalement opaque, injuste et illégale au sein du système judiciaire de la République islamique d’Iran.

Outre l’exécution d’Anwar Khezri ces dernières semaines, quatre autres personnes appartenant au groupe des coaccusés de Khsraw Besharat, à savoir Davud Abdullahi, Ayoub Karimi, Qasim Abeste et Farhad Salimi, ont également été exécutées dans la même prison.

Khsraw Besharat, Farhad Salimi, Anwar Khezri, Qasim Abeste, Davoud Abdullahi, Kamaran Shekha et Ayoub Karimi ont été appréhendés le 7 décembre 2009 par les forces de sécurité et ont ensuite été transférés au centre de détention des services de renseignement de la ville d’Urmia.

La 28e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran, sous la direction du juge Moqiseh, a prononcé la peine de mort contre ces prisonniers. Les charges retenues contre eux dans l’affaire du meurtre présumé d’Abdul Rahim Tina incluaient « action contre la sécurité nationale », « propagande contre le gouvernement », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre ».

L’audience d’accusation contre ces 7 prisonniers religieux kurdes a eu lieu en mars 2015, les peines mentionnées leur ayant été officiellement communiquées le 25 mai 2016.

Il convient de noter que le verdict a été annulé par la 41e branche de la Cour suprême iranienne, dirigée par le juge Razini, en 2017. Un appel a été interjeté auprès de la 15e branche du tribunal révolutionnaire islamique iranien à Téhéran, où, en juin 2017, Khsraw Besharat et six autres coaccusés ont de nouveau été condamnés à mort par le juge Abolqasem Salvati.

Ce verdict a été confirmé par la 41ème chambre de la Cour suprême iranienne sous la pression répétée du département de renseignement iranien à Ourmia. Le lundi 4 mars 2020, elle a été officiellement communiquée à Mahmoud Walizadeh Tabatabai, l’avocat représentant ces sept prisonniers religieux kurdes.

Ces sept individus ont été initialement incarcérés à la prison de Gohardasht puis transférés à la prison de Ghezel Hesar à Karaj le 1er août 2023, suite à l’évacuation de la prison de Gohardasht.

Deux prisonniers kurdes exécutés à Ilam

Les deux prisonniers kurdes d’Ilam ont été exécutés dans la prison centrale d’Ilam. Les identités de ces deux prisonniers, Reza Gholamhosseini et Farrokh Khan Mohammadi, ont été vérifiées par Hengaw.

 

Reza Gholamhosseini et Farrokh Khan Mohammadi

Selon un rapport reçu par Hengaw, le mercredi 15 mai 2024, les exécutions ont eu lieu à l’aube du mardi 14 mai 2024. Ces prisonniers avaient été condamnés à mort pour meurtre avec préméditation.

Reza Gholamhosseini, 21 ans, a été arrêté l’année dernière, tandis que Farrokh-Khan Mohammadi, 60 ans, a été arrêté il y a 14 ans. Ils ont tous deux été reconnus coupables par le système judiciaire de la République islamique d’Iran.

TURQUIE. Libération de l’ancienne maire de Dersim

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TURQUIE – Nurhayat Altun, ancienne co-maire de la ville kurde de Dersim qui fut démise de ses fonctions en 2016, a été libérée de la prison de Kandıra après 7,5 ans de captivité.

Nurhayat Altun, élue co-maire de la municipalité de Dersim pour le Parti démocratique du peuple (HDP) en 2014 et emprisonnée le 17 novembre 2016, a été libérée aujourd’hui.

Nurhayat Altun a été libérée d’une prison de Kocaeli après 7 ans et 5 mois d’emprisonnement. La femme politique a été accueillie par des membres et des dirigeants du Mouvement des femmes libres (TJA), de l’Association d’assistance et de solidarité avec les prisonniers et les familles condamnées de Marmara (MATUHAYDER), du Parti pour l’égalité des peuples et la démocratie (DEM Parti), de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) ainsi que ses proches.

Nurhayat Altun, qui a été accueillie par des applaudissements et des fleurs, a déclaré : « C’est bien d’être dehors, mais mon cœur est avec mes amies que j’ai laissés en prison. Une partie de mon cœur est toujours à l’intérieur. Notre esprit est toujours et partout libre ».

Nurhayat Altun s’est ensuite rendue à Ankara avec sa famille et ses amis.

RSF : Le nouveau « projet de loi sur l’espionnage » turc menace les médias soutenus par des fonds internationaux

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LIBERTÉ DE LA PRESSE. Le gouvernement turc s’apprête à introduire un « projet de loi sur l’espionnage » ciblant les « opérations d’influence » dans le but de faire taire les médias, notamment la presse kurde, menaçant d’avantage la pluralité des médias du pays dominés par une presse étroitement lié au pouvoir. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ce nouveau projet qui menace les médias soutenus par des fonds internationaux.
 
L’ONG RSF exhorte le gouvernement turc à abandonner son projet d’amendement sur les « agents d’influence » en vertu duquel les journalistes travaillant pour des médias financés à l’échelle internationale pourraient être emprisonnés. Une telle législation mettrait en danger le journalisme indépendant, affirme RSF.
 

L’organisation a averti que les journalistes travaillant pour des médias financés par des organisations internationales pourraient être emprisonnés en vertu de cette loi, mettant ainsi en danger les activités des médias indépendants. RSF a appelé la Turquie à retirer cette disposition.

« Vague et formulé de manière large »

Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, a déclaré dans un communiqué que : « Compte tenu des pratiques judiciaires répressives bien connues en Turquie, nous craignons que cet amendement au Code pénal turc ne menace d’emprisonnement les journalistes travaillant pour des médias soutenus par des fonds internationaux. Malheureusement, cette disposition offre aucune garantie pour empêcher les abus judiciaires. Si cette loi vague et rédigée en termes généraux est adoptée par le parlement, tout journaliste qui déplaît aux autorités pourrait facilement être pris pour cible en tant qu’agent d’influence soutenant prétendument les intérêts d’un pays étranger ».

Le paysage médiatique turc est largement dominé par des conglomérats médiatiques étroitement liés au gouvernement. Dans cet environnement, les fonds internationaux jouent un rôle en soutenant les médias qui ne sont pas alignés sur le bloc au pouvoir ou sur le principal parti d’opposition, même si ces médias ne disposent pas des ressources financières et du capital humain des grandes entités médiatiques.

RSF a également fait référence à la « loi sur la désinformation » entrée en vigueur en octobre 2022 dans son communiqué. Notant que cette loi a été utilisée contre plus de 30 journalistes en 18 mois, RSF s’inquiète : « Accuser les journalistes d’être des agents d’influence risque d’affaiblir encore davantage la pratique d’un journalisme libre, pluraliste et indépendant en Turquie. »

La Turquie se classe 158e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2024 établi par RSF. Ce classement, en amélioration de sept places par rapport au 165e rang de 2023, ne signifie pas une évolution positive en matière de liberté des médias mais indique que la Turquie reste dans la catégorie « très grave » pour les questions de liberté de la presse. (Bianet)

IRAN. Les forces iraniennes tuent un autre civil kurde

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IRAN / ROJHILAT- Moein Tawfiqpour, un civil kurde qui travaillait comme chauffeur dans la ville de Bane, au Rojhilat (Kurdistan sous l’occupation iraniennes), a été assassiné par les tirs directs des forces du régime iranien.

Le régime iranien a directement ouvert le feu sur un véhicule dans la zone frontalière du village de Çoman dans la ville de Bane. À la suite des tirs, un civil kurde nommé Mûîn Tofiq Pûre, habitant du village de Çoman, a été tué.

Au cours des deux dernières semaines, au moins six kolbars et civils kurdes ont été assassinés à la suite de tirs directs des forces du régime iranien. Depuis le début de l’année, le nombre de kolbars et de citoyens assassinés cette année par le régime iranien au Rojhilat a atteint 33. En outre, 210 kolbars et civils ont été blessés.

TURQUIE. Arrestations politiques à Istanbul et à Izmir

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TURQUIE – Au moins 31 personnes ont été arrêtées lors de raids politiques à Istanbul et à Izmir. Les perquisitions ont eu lieu dans le cadre des protestations contre la tentative d’usurpation à Van.

Au moins 15 personnes, dont Ünal Yusufoğlu, membre de l’Assemblée du parti (PM) du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti), des dirigeants de l’Association des détenus et des familles de condamnés et de solidarité de Marmara (MATUHAYDER) et de nombreux membres du parti kurde, ont été arrêtés lors de perquisitions à domicile à Istanbul. Alors que les détenus ont été emmenés au commissariat de police d’Istanbul à Fatih.

Certaines des personnes arrêtées sont les suivantes : Adil Gümüş, Fikri Baş, Zübeyir Taş, Vildan Doğan, Ünal Yusufoğlu, Alamettin Demir, Necla Aktay, Suat Yıldız, Ertan Hamitoğlu, Zübeyde Gülsüm, Suzan Gezici, Ahmet Altınışık, Bingüzel Ulu, Filiz Aydın et Yaşar Gokdemir.

Izmir

Un mandat d’arrêt a été émis contre 19 personnes à Izmir. 16 personnes ont été placées en garde à vue lors des perquisitions à domicile effectuées par la police ce matin. Parmi les personnes arrêtées figuraient des membres du Parti de la liberté sociale (TÖP), du Parti des travailleurs turcs (TİP), de l’Initiative de lutte socialiste, de la Jeunesse démocrate et des Maisons du peuple.

Parmi les personnes détenues par la police provinciale d’Izmir figurent: Erkan Gökber, Tuğçe Kızıldemir, Mehmet Kasar, Emine Akbaba, Berfin Büyükertaş, Arda Duvarcı, Azat Kunur, Elif Yerlikaya, Muhammet Arda Bulgan, Nilüfer Yıldız, Samet Sağnıç, Serdar Aktürk, Sezgin Zevkibol et Sude Timagur.

« Un pain en turc » ou linguicide kurde

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A l’occasion de la Journée de la langue kurde célébré ce 15 mai, nous voulons vous raconter un exemple tragi-comique de l’interdiction de la langue kurde imposée dans les années 1980 dans le Nord du Kurdistan par l’État colonialiste turc. 

 

« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle

Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il fallait bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.

 

Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »

 

En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)

 

Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite dans la pratique, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…

« Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

SUISSE. La veuve d’un Kurde tué à Berlin dit que l’assassin de son mari enseigne à l’université de Princeton

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Le 17 septembre 1992, les opposants kurdes d’Iran, Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et leur traducteur Nouri Dehkordi ont été assassinés au restaurant grec Mykonos, à Berlin, en Allemagne par des agents iraniens. Mais les commanditaires de ce massacre n’ont pas été inquiétés par la justice allemande. 
 
Dans un récent discours, Kajal Abbasi, épouse de Fattah Abdoli, assassiné au cœur de l’Europe avec 3 autres Kurdes, déclare que Seyed Hossein Mousavian, ambassadeur de l’Iran en Allemagne au moment du massacre, est un des commanditaires et enseigne actuellement à l’université de Princeton, aux Etats-Unis. Elle demande à ce que « ce tueur [soit] jugé afin que la justice soit rendue et que les droits des familles des victimes ne soient pas bafoués. »

Sadegh Sharafkandi
 
Voici le discours de Kajal Abbasi:
 
« Je suis l’épouse de Fattah Abdoli, membre du Comité central et responsable des affaires étrangères du Parti démocratique du Kurdistan qui a été assassiné au restaurant Mykonos, situé sur la rue PragerStrasse à Berlin le 17 septembre 1992 avec Dr Sadegh Sharafkandi, le secrétaire général du Parti démocratique, M. Homayun Ardalan, le chef du Comité allemand du Parti démocrate du Kurdistan et M. Nouri Dehkordi, un ami kurde, par des terroristes de la République islamique d’Iran et ont rejoint les nombreux martyrs kurdes.
 
Les dirigeants du Parti démocratique du Kurdistan (PDK-Rojhilat) étaient à Berlin pour participer au Congrès international du Parti social-démocrate, qui s’est déroulé du 13 au 16 septembre. Après la conférence du 16 septembre, ils ont rencontré plusieurs membres de l’opposition iranienne au restaurant de Mykonos appartenant à un iranien nommé Aziz Ghaffari pour discuter de l’avenir politique de l’Iran.
 
Il était presque minuit، mon petit fils et moi étions dans notre appartement, noyé dans la vague de la mer de la ville de Paris lorsque le téléphone a sonné et la voix à l’autre bout du fil a dit : « Nous avons eu une catastrophe, tous sont mort en martyrs ». La tragédie a commencé pour mon fils de quatre ans et demi et moi.
 
Cette nuit-là, pour faire dormir mon enfant, je lui ai raconté que son père lui apporterait une voiture rouge à son retour. Mon fils apprécie ces petits cadeaux. Dans son monde unique et petit de son enfance. Il m’a raconté comment, lorsque son père reviendrait, il sauterait dans ses bras et lui demanderait immédiatement de lui donner sa voiture. Dans ses doux souvenirs d’enfance, il nous guidait en voyage avec cette voiture et nous emmenait dans les endroits qu’il aimait et profitait des beautés de la vie d’une famille heureuse. Après que son père ait été assassiné par des terroristes de la République islamique d’Iran, son souhait de passer du temps avec lui est devenu un rêve irréalisable pour toujours.
 
Près de 31 ans après l’incident, je ne sais toujours pas quelle a été la suite de la conversation téléphonique. Tout ce que je sais, c’est que tous mes souvenirs de mon compagnon, de mon ami, de mon copain, de mon mari et du père de mon enfant allaient et venaient comme un drame bouleversant avec des questions sans réponse. La principale question était de savoir comment dire à mon fils que son rêve de passer du temps avec son père était malheureusement devenu un rêve inaccessible.
 
Près d’un an après cette tragédie, le 28 octobre 1993, la première audiance du procès de l’affaire « Mykonos » a commencé et le 10 avril 1997, après trois ans et demi d’enquête et 250 réunions, le tribunal prouva que cette équipe terroriste appartenait à la République Islamique d’Iran.
 
Dans le procès de Mykonos, Kazem Darabi, un ressortissant iranien, est reconnue coupable pour l’assassinat de Dr Sadegh Sharafkandi et ses camarades par l’état d’allemand.
 
Dans sa décision du 10 avril 1997, le tribunal a émis un mandat d’arrêt international contre le ministre des renseignements Ali Fallahian, après avoir déclaré que, d’après les preuves, l’assassinat avait été ordonné par Ali Khamenei et Hachemi Rafsandjani et ces deux derniers étaient les principaux auteurs du cet acte terroriste.
 
Selon des documents judiciaires de l’affaire Mykonos, Kazem Darabi, membre de l’union des étudiants musulmans d’Europe, une organisation affiliée au Corps des Gardiens de la révolution islamique, avait été désigné par le ministre du Renseignement Fallahian afin d’organiser cet assassinat.
 
Le combat, la lutte et les efforts des kurdes de Rojhelat (l’est du Kurdistan et la partie colonisée par l’Iran ) sous la direction du PDKI pour le droit à l’auto-détermination lors de la révolution de 1979 avait fâché le régime iranien. Le PDKI avait été connu comme un parti politique d’opposant et un mouvement contestant les fondements de la république islamique d’Iran, les raisons pour lesquelles le régime iranien avait décidé de réprimer le PDKI et éliminer physiquement les chefs du parti.
 
Le combat de Ghassemlou et Sharafkandi, leurs qualités humaines et leur sagesse en ont fait deux figures incontournables au sain dans l’histoire de la lutte kurde. Le lien direct entre l’assassinat du Dr Ghasemlou et de ses camarades le 13 juillet 1989 à Vienne et du Dr Sharafkandi et trois autres personnes selon les preuves présentées au tribunal de l’affaire Mykonos, était évident et indéniable. Les documents et les rapports du tribunal de Mykonos indiquent que l’assassinat des dirigeants kurdes à l’étranger a été planifié et dirigé directement par l’ambassade iranienne en Allemagne avec l’aide de diplomate iranien et de terroristes tels que Seyed Hossein Mousavian*.
 
Mousavian, aujourd’hui professeur à l’Université de Princeton, doit être tenu responsable de son implication dans ces crimes odieux. Ce tueur doit être jugé afin que la justice soit rendue et que les droits des familles des victimes ne soient pas bafoués. »
 
*Seyed Hossein Mousavian a été ambassadeur d’Iran en Allemagne de 1990 à 1997. Durant le mandat de Mousavian, 23 Iraniens ont été assassinés en Europe. En 1997, un tribunal allemand a conclu que les dirigeants iraniens, y compris le ministère des Affaires étrangères, étaient les organisateurs des meurtres et que le siège de leur complot était l’ambassade iranienne. Au cours du procès, Abolghasem Mesbahi, un ancien espion de la République islamique d’Iran, a déclaré que « Mousavian était impliqué dans la plupart des crimes commis en Europe. » [Wikipédia]

 

KURDISTAN. Les Kurdes victimes d’un génocide linguistique

Les Kurdes vivant dans les régions occupées par l’État turc où un génocide ethnique, culturel et linguistique est en cours depuis près d’un siècle, subissent de plein fouet l’interdiction de parler leur langue. En effet, les Kurdes ne peuvent recevoir un enseignement en langue kurde, ne peuvent faire leur défense devant la justice, etc. ni même prétendre qu’ils ont une langue qui s’appelle le kurde car la Turquie nie l’existence même de cette langue millénaire et la fait passer dans les registres comme étant une « langue X » (X comme pour dire « inconnue ») !

 

Pour « couper » la langue kurde à la racine, dès les années 1980, l’État turc avait décidé de créer des internats pour les enfants kurdes Dès l’âge de 7 ans, les Kurdes passaient leur année scolaire en internat à la merci des enseignants et des surveillants dont la mission était d’inculquer la langue turque à des enfants qui n’en connaissaient pas un mot et de les turquifier en les coupant de leur familles, leur culture, leur langue.

Cette décision mise en œuvre a plutôt réussi, avec des effets dévastateurs qu’on peut facilement deviner sur le plan psychique et/ou socio-culturel chez les enfants kurdes et les adultes qu’ils sont devenus.

 

Dans les autres parties du Kurdistan, en Irak, Iran et Syrie, on avait à peu près les mêmes interdictions. Aujourd’hui, au Kurdistan autonome d’Irak et au Rojava, on enseigne en langue kurde tandis qu’en Iran, le kurde continue à être criminalisé… C’est pourquoi, aujourd’hui beaucoup de Kurdes, ceux en Turquie essentiellement, ne parlent plus leur langue mais ils sont nombreux à lutter pour avoir le droit de la réapprendre et de la parler; de s’approprier de nouveau leur musique, leurs us et coutumes, pillés et interdits par leurs colonisateurs. Le prix à payer pour les Kurdes, afin d’obtenir ce qu’ils veulent, reste très élevé. Cela coûte souvent des vies mais ils restent déterminés.

Pour finir avec les droits ou interdits concernant la langue kurde, voici une histoire écrite par un écrivain kurde qui relate l’interdiction du kurde et ce qui nous attendait si on la bravait.

 

« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle

Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.

 

Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »

 

En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)

 

Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite dans la pratique, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…

 

« Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

15 mai, Journée de la langue kurde

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Depuis 2006, les Kurdes célèbrent la Journée de la langue kurde chaque 15 mai. Une date associée à la parution de la revue kurde « Hawar » en 1932 en alphabet latin qui a remplacé l’alphabet arabe.
 
Le 15 mai 1932, paraît à Damas, le premier numéro de la revue kurde Hawar, sous la direction de Celadet Elî Bedirxan (Celadet Bedir Khan) et de ses amis, exilés en Syrie après la fondation de la République de Turquie en 1923. Revue à caractère littéraire, mais aussi politique, Hawar joue un rôle extrêmement important dans la renaissance et le développement de la langue kurde qui est menacée par les nouveaux États-nations occupant le Kurdistan.

Écrite essentiellement en kurmancî, principal dialecte kurde, mais aussi en soranî et zazakî (zaza, dimilkî ou encore, kurmanckî), en plus de quelques publications en français, la revue bimensuelle contribue à la formation de grands noms de la littérature et de la langue kurde, comme le poète Cegerxwîn, et connaît un grand succès, avec ces 57 numéros publiés entre 1932 et 1943.

Outre son intérêt littéraire et linguistique, Hawar a pour particularité d’introduire l’alphabet latin dans l’écriture du kurde qui était jusqu’alors transcrit en alphabet arabe.

Fêtée depuis 2006, la journée de la langue kurde est l’occasion d’élever la revendication de l’enseignement dans la langue maternelle et de dénoncer les politiques répressives des États à l’encontre du kurde.

Des quatre États qui occupent le Kurdistan (Turquie, Iran, Irak, Syrie), c’est la Turquie qui a déployé les plus grands efforts visant à l’assimilation et la disparition de la langue kurde.

Alors que le kurde a toujours été interdit dans le sphère publique sous la République fondée par Atatürk, l’AKP, le parti du président Erdogan, avait montré une « tolérance » certaine aux travaux et réalisation autours de la langue kurde dans les années 2000. Avec la première défaite du parti AKP lors élections de 2015, ce dernier s’est attaqué au parti HDP, tenu responsable de cette défaite. Et comme le HDP était un projet kurde pour les peuples de la Turquie, le pouvoir truc a mené une répression sans précédent à partir de 2016 : avec la déchéance et l’arrestation des maires kurdes du Parti démocratique des Peuples (HDP) et leur remplacement par des administrateurs désignés par le gouvernement turc, toutes les structures kurdes – écoles, centres de formation, centres pour la protection des femmes, institut de recherche et de langue, maison d’édition, chaînes de radio et de télévision- destinées à la préservation, la diffusion et le développement de la langue kurde ont été interdites.

Malgré les tentatives centenaires menaçant le kurde d’un génocide linguistique, cette langue reste bien vivante, que ce soit au Rojhilat, Rojava, Bashur et Bakur ou dans la diaspora. Au Rojava (Kurdistan syrien) en particulier, elle connaît un grand essor, avec l’institution par l’administration autonome d’un enseignement généralisé dans la langue maternelle, c’est-à-dire le kurde, mais aussi l’arabe, l’assyrien et l’arménien.

La préservation de la langue kurde occupe par ailleurs une place importante dans les activités des organisations de la diaspora kurde qui déploient de grands efforts pour développer son enseignement et la transmettre aux nouvelles générations.

Cejna zimanê Kurdî pîroz be / Bonne fête de la langue kurde
 

ROJAVA. Le Congrès islamique démocratique prône l’égalité des sexes

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SYRIE / ROJAVA – Le Congrès islamique démocratique du nord et de l’est de la Syrie a élu une femme et un homme comme codirigeants, illustrant l’engagement du mouvement kurde en faveur de l’égalité des sexes, tout en présentant des plans pour renforcer l’éducation culturelle et idéologique, lors de son troisième congrès annuel.

Le Congrès islamique démocratique du nord et de l’est de la Syrie (en kurde:  Kongra Îslama Demokratîk a Bakur û Rojhilatê Sûriyeyê) a conclu dimanche son troisième congrès, avec la participation de 450 délégués au Centre culturel et artistique Mihemed Şêxo à Qamishlo, dans le nord de la Syrie dirigé par les Kurdes. Le congrès a abouti à des décisions importantes, notamment l’élection d’un nouveau leadership et un accent notable sur l’égalité des sexes.

Evîn El Hecî et Mele Mihemed El Xerzanî ont été élus nouveaux coprésidents du Congrès islamique démocratique, dans un engagement marqué en faveur de l’égalité des sexes et de la représentation des femmes. Les résultats du Congrès, ainsi que d’autres décisions clés, ont été partagés dans une déclaration finale, qui a également souligné le haut niveau de participation aux débats.

Les coprésidents de la Conférence sur l’Islam démocratique, Dalal Khalil et Muhammad Al-Ghazrani

Un nouveau conseil consultatif a été créé, composé de représentants du Département de foi islamique de la Faculté des sciences religieuses, d’un représentant de la Faculté de jinéologie qui se concentre sur le travail scientifique sur la libération des femmes, de deux membres exécutifs du Département de foi islamique de l’éducation et de la formation. Conseil d’administration et d’autres membres du Congrès islamique démocratique. Le panel comprenait notamment une érudite religieuse, soulignant encore davantage l’engagement du congrès en faveur de l’inclusion du genre.

La structure comprend une codirection, un Conseil exécutif général de 41 membres et un conseil d’administration de sept membres. La déclaration détaille l’élection de 25 membres au Conseil exécutif général et de 15 membres au comité central, à l’administration et à l’organisation, portant le nombre total des membres du conseil à 41.

Les plans prévoyaient la création de conseils municipaux, municipaux et cantonaux dans les trois prochains mois. Les efforts se concentreront également sur le renforcement de l’aspect idéologique de l’Islam démocratique grâce à des comités de recherche, d’éducation et de communication renforcés. Des programmes éducatifs pour les membres du congrès et des relations diplomatiques accrues avec d’autres institutions religieuses du monde entier étaient également prévus.

« Nos statuts sont organisés selon le Contrat social », a déclaré Mazîn Harûnî, membre du comité de préparation, soulignant l’importance de l’unité et de la participation populaire dans la construction d’une société développée et centrée sur l’humain.

La porte-parole du Mouvement des femmes, Kongra Star, Reyhan Loqo, a souligné le rôle du congrès dans la propagation de la paix et de la fraternité entre toutes les confessions et religions. « Un Islam démocratique, favorisant une société morale et politique, est essentiel pour une vie paisible et sûre. Le Congrès islamique démocratique a travaillé pour atteindre cet objectif, et la foule rassemblée aujourd’hui reflète cet engagement », a-t-elle déclaré.

Ebdurehman Bedirxan, coprésident adjoint du Congrès islamique démocratique, a lu les perspectives d’Abdullah Öcalan sur les religions abrahamiques, qui mettent l’accent sur l’harmonie et la coexistence interconfessionnelle. Les idées d’Öcalan sur l’Islam démocratique, qui prônent une société fondée sur des valeurs morales et politiques, étaient un thème central du congrès. Ces concepts s’alignent sur les principes d’une société pacifique et inclusive, favorisant l’égalité et la justice.

Le congrès a également comporté des hymnes religieux et la lecture du rapport d’activité annuel du Congrès islamique démocratique par le vice-coprésident Mazin Harûnî. L’événement s’est terminé par des discussions sur le statut organisationnel, des lectures de statuts et des élections pour les nouveaux coprésidents, menées en séance à huis clos. (Medya News et ANHA)

 

TURQUIE. Libération de deux otages kurdes après plus de 30 ans de captivité

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TURQUIE / KURDISTAN – Les prisonniers politiques kurdes, Halis Tekin et Yılmaz Suncak ont été libérés après plus de 30 ans passés dans les geôles turques. Tekin et Suncak, tous deux gravement malades, ont été privés de soins jusqu’à présent à cause de leurs engagements en faveur des droits des Kurdes.

Libération de deux prisonniers malades

 
Le prisonnier de 30 ans Halis Tekin a été libéré d’Amed et le prisonnier de 31 ans Yılmaz Suncak (51 ans) a été libéré d’Izmir après avoir purgé sa peine.
Halis Tekin (50 ans), un prisonnier malade détenu dans la prison de haute sécurité de Diyarbakır, a été libéré. Tekin a été accueilli à la porte de la prison par sa famille et les cadres de l’Association d’Assistance aux Familles des Prisonniers (TUAY-DER) avec des applaudissements et des cris. Faisant un bref discours ici, Tekin a déclaré qu’il envoyait ses salutations à tous les prisonniers. Ensuite, Tekin et sa famille se sont rendus chez lui à Diyarbakir (Amed).

Qui est Halis Tekin ?

Tekin, qui a été arrêté à Bitlis en 1994 et jugé par la Cour de sûreté de l’État (DGM) de Diyarbakır, a été condamné à la prison à vie pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Tekin a été détenu dans les prisons d’Amed, Êlih, Mêrdin et Mîdyad pendant 30 ans. Tekin, qui a été emprisonné à l’âge de 20 ans, a été libéré à l’âge de 50 ans. Tekin figure également sur la liste des détenus malades de l’Association des droits de l’homme (IHD).

Yilmaz Suncak libéré également

Yılmaz Suncak (51 ans), prisonnier de 31 ans détenu à la prison d’Izmir Şakran, a été libéré après avoir purgé sa peine. Suncak, qui a été arrêté à Izmir en 1993 et ​​emmené à Mardin et arrêté après avoir été soumis à de graves tortures pendant 50 jours, a été condamné à la prison à vie pour « perturbation de l’unité et de l’intégrité de l’État ».
Suncak, dont la peine a été approuvée alors qu’il était détenu à la prison de Mardin, a été envoyé à la prison d’Ağrı, Ceyhan, Adıyaman, Aydın, Kırıklar, Bolu, Ankara, Kırıklar et enfin de Şakran. Suncak, à qui on a diagnostiqué un cancer de la thyroïde il y a 10 ans dans la prison de Kırıklar et qui a subi de nombreuses interventions chirurgicales, a contracté une bronchopneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) avancée en raison des conditions de détention.