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Rojava : Création d’un Accès à la santé & incidences sur un Etat en guerre

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SUISSE – LAUSANNE – La conférence « Rojava : Création d’un Accès à la santé & incidences sur un Etat en guerre » répondra aux questions suivantes :
 

« Quel est le problème de la santé au milieu de la guerre ? Quel type du problème humanitaire se passe au Rojava ? »

Amnesty International Unil (université de Lausanne) vous invite à une conférence avec la participation de Sherwan Berry et Jamila Hami, deux co-presidents de Heyva Sor (Croissant Rouge du Kurdistan) pour répondre à ces questions et d’autre.

Le vendredi 26 octobre 2018 à 15:00
 
RDV à Internef 125
 
Plus d’information sur la page de l’événement Facebook d’Amnesty International – Unil‎ ici

En Turquie & en Syrie – Solidarité avec le peuple kurde, le combat des femmes kurdes pour l’égalité, la liberté, l’émancipation

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Débat : En Turquie et en Syrie – Solidarité avec le peuple kurde, le combat des femmes kurdes pour l’égalité, la liberté, l’émancipation

Avec:

 
Hazal Karakus et Sengul Karaca du Mouvement International des femmes kurdes
 
Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d’Armor, très engagée dans la solidarité internationale, arrêtée par les autorités turques d’Erdogan alors qu’elle observait les violences et illégalités lors des dernières élections dans les régions kurdes de Turquie
 
Hülliya Turan, secrétaire départementale PCF du Bas-Rhin, d’origine kurde de Turquie, arrêtée avec Christine Prunaud et Pascal Torre en Turquie
 
Pascal Torre, animateur secteur international du PCF, spécialisé sur le Proche et le Moyen-Orient
 
Table-ronde animée par Ismaël Dupont
 
Le samedi 1er décembre, à 18h
A la fête de l’Huma Bretagne 2018,
Au Parc des Expositions de Lorient
 

Conférence débat : Renaissance du Moyen-Orient & la révolution des femmes kurdes

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SUISSE – LAUSANNE – Le 26 octobre, l’Assemblée des femmes kurdes de Lausanne (LAJIN) organise le conférence débat : Renaissance du Moyen-Orient & la révolution des femmes kurdes.

Les participantes à la conférence sont :

Zozan Derik, représentante du PYD (Le Parti de l’union démocratique) en Europe

Jamila Hami, coprésidente du Croissant Rouge du Rojava

Rebecca Ruiz, conseillère du Parti Socialiste suisse

Céline Misiego, conseillère communale de Renens du POP

Lena Ajdacic, sociologue

Modératrice : Sevgi Koyuncu

RDV à 18h

Au centre culturel kurde du Kurdistan

Rue de la Borde, 12

LAUSANNE

Turquie : La dictature s’amplifie – Amplifions la solidarité internationale (PCF)

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Dans le communiqué suivant, le parti Parti communiste français (PCF) condamne la répression du pouvoir turc visant le parti HDP et appelle à amplifier la solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui luttent contre la dictature en Turquie.

TURQUIE : LA DICTATURE S’AMPLIFIE – AMPLIFIONS LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE (PCF)

La dictature du président R.T. Erdogan vient de procéder à une nouvelle vague d’arrestations au sein du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Congrès pour une Société Démocratique (DTK). Plus de 200 dirigeants de ces formations, essentiellement des Kurdes mais aussi des journalistes, sont désormais derrière les barreaux parce qu’ils s’opposent démocratiquement à la politique répressive de l’AKP qui a placé le pays sous le joug de la terreur et au bord du gouffre économique. Dans la perspective des élections municipales de mars 2019 le pouvoir veut étouffer la contestation qui grandit et éliminer le HDP. Cette violence est vouée à l’échec car les démocrates de Turquie poursuivent avec détermination leur combat courageux pour la liberté. R.T. Erdogan n’est pas parvenu à briser leur résistance.

Le Parti communiste français (PCF) exprime sa solidarité avec les 6000 dirigeants kurdes incarcérés et appelle à leur libération. Il condamne cette violence répressive et appelle la France et l’Union européenne à cesser leur complicité coupable avec ce régime qui piétine les droits humains.

Parti communiste français
Paris, le 16 octobre 2018

MSD : Le langage de menaces ne résoudra pas la crise syrienne

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SYRIE – Le MSD a protesté contre les propos du ministre syrien des Affaires étrangères selon lesquels leur cible après Idlib serait l’est de l’Euphrate et a souligné que le langage de menaces ne résoudra pas la crise et empêchera le dialogue.
 
Le porte-parole du Conseil démocratique syrien (MSD) Emced Osman a fait une déclaration et répondu au ministre syrien des Affaires étrangères, Velid Muallim, qui a déclaré que leur prochain objectif après Idlib serait l’Est de l’Euphrate :
 
« Le ministre syrien des Affaires étrangères, Velid Muallim, a publié une déclaration conjointe avec son homologue irakien, Ibrahim Jafari, et a déclaré que la situation à l’est de l’Euphrate était contraire à la constitution syrienne et que le gouvernement syrien viserait l’Est de l’Euphrate après Idlib.
 
Dans des déclarations précédentes, nous avions clairement indiqué que la vraie raison pour laquelle le dialogue avec Damas était bloqué était les anciens articles et les limites étroites imposées aux réunions par Damas. Nous n’acceptons pas les allégations selon lesquelles des puissances étrangères empêchent les réunions, et nous avons demandé au gouvernement de Damas de prendre des mesures pour atténuer les tensions en vue d’une solution politique sous forme nationale.
 
Les commentaires de Muallim prouvent que la constitution syrienne n’est pas suffisante pour les développements actuels. La constitution actuelle devrait être réexaminée et ouverte à la discussion. Parce que la constitution actuelle a ignoré les développements des 7 dernières années et de la crise, ainsi que la grande résistance des peuples. L’une des principales raisons de la crise syrienne est que la constitution syrienne est restée inchangée depuis le premier jour et a ignoré la demande de démocratie des peuples.
 
En attendant, nous soulignons qu’une voie militaire n’est pas une solution et que nous ne serons pas l’aile militaire de la guerre contre le gouvernement syrien. Les Forces Démocratiques Syriennes sont une force de défense et se protègent de l’ennemi. Les déclarations des responsables du gouvernement syrien n’apportent pas de solution et empêchent le dialogue. »
 

Malalai Joya : Les femmes courageuses du Kurdistan sont source d’inspiration

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Malalai Joya : « La lutte unie et organisée des femmes courageuses du Kurdistan, contre les brutes de Daesh et le régime du dictateur Erdogan est une source d’espoir et d’inspiration. »
 
Malalai Joya est une militante, écrivain et ancienne élue afghane. Elle a été députée au parlement afghan de 2005 à début 2007. Elle a publiquement dénoncé la présence de chefs de guerre et de criminels de guerre connus au Parlement. Ce qui a conduit à sa suspension en mai 2007.
 
Des protestations et des appels à sa réintégration ont été signés par des écrivains de renom, des intellectuels tels que Noam Chomsky, ainsi que des hommes politiques. Malalai Joya était récemment en Italie et elle a parlé à ANF de la situation en Afghanistan.
 
Elle a parlé avec chaleur des femmes kurdes qui, selon elle, « sont une source d’espoir et d’inspiration ».
 
Tout d’abord, pouvez-vous nous brosser un tableau de l’Afghanistan aujourd’hui ?
 
Après la tragédie du 11 septembre, les États-Unis et l’OTAN ont occupé notre pays sous le nom de «démocratie», «droits des femmes» et «droits de l’homme». Ils ont remplacé le régime barbare des Taliban par des seigneurs de la guerre fondamentalistes qui sont le credo de talibans et ont mené une guerre civile de 1992 à 1996, réduisant Kaboul en cendre et faisant plus de 70 000 morts civils. Le gouvernement était également composé de technocrates occidentaux qui, en échange de dollars et de pouvoirs, se compromettaient avec ces chefs de guerre à l’esprit médiéval.
 
Après plus de dix ans de «guerre contre le terrorisme» de la part des États-Unis et de l’OTAN et après avoir dépensé plus de 100 milliards de dollars, notre pays reste toujours en tête des conflits, de la pauvreté, du chômage, de la toxicomanie, de la corruption, de l’analphabétisme, mortalité maternelle et infantile… L’occupation étrangère n’a fait qu’ajouter d’autres problèmes à nos problèmes.
 
Aujourd’hui, des attentats à la bombe, des attentats suicides, des attaques de drones, des exécutions publiques, des viols et des viols collectifs, des enlèvements et autres tragédies menacent la vie de notre peuple. Les gens ne se sentent en sécurité nulle part, ni à l’intérieur ni à l’extérieur de leurs maisons et les terroristes sont plus puissants aujourd’hui.
 
Dans cet tableau, y a-t-il une opposition aux seigneurs de la guerre qui semblent avoir plus de pouvoir que jamais ?
 
Pendant des décennies, les forces progressistes et les individus en Afghanistan se sont battus et ont résisté au fondamentalisme et à l’occupation étrangère. Ces chiffres et ces mouvements sont un espoir pour l’avenir de l’Afghanistan, car ils ont toujours fait entendre leur voix en faveur de la justice et de la paix, contre les criminels et les traîtres, malgré les risques d’emprisonnement, de torture et de mort. Bien qu’ils soient sous la menace, leurs slogans et objectifs sont ceux d’Afghans ordinaires. Un parti progressiste en Afghanistan, nommé Parti de la solidarité en Afghanistan, est dirigé par de braves jeunes. C’est un parti laïque et démocratique fortement soutenu par le peuple.
 
L’Association révolutionnaire des femmes d’Afghanistan (RAWA) est une organisation de femmes qui exerce des activités clandestines. Leur chef, Meena, a été assassinée par des fondamentalistes.
 
Mon message aux peuples du monde épris de justice a toujours été de les soutenir, car ils sont la seule alternative pour un avenir prometteur en Afghanistan.
 
Quelle est la situation des femmes en Afghanistan aujourd’hui ?
 
Après plus de 16 ans de prétendue «libération des femmes afghanes» par les États-Unis et l’OTAN, les femmes afghanes sont malheureusement toujours les premières victimes de la situation désastreuse. La condition des femmes afghanes est aussi catastrophique qu’elle l’était sous le régime ignorant et misogyne des Talibans. Vous avez peut-être entendu le meurtre choquant de Farkhunda, âgée de 27 ans, qui a été sauvagement battue à mort par une bande de gangsters ignorants. Son corps a été brûlé publiquement à quelques kilomètres du palais présidentiel. L’assassinat a montré que les grandes revendications des gouvernements américain et occidental, des médias et de leurs marionnettes afghanes au sujet des droits des femmes dans le pays ne sont que de gros mensonges pour justifier la guerre et l’occupation en cours.
 
Malheureusement, nous assistons à des meurtres, des viols, des lapidations, des oreilles coupées, des femmes fouettées ou flagellées, des poursuites pour «crimes moraux» de la part du gouvernement, des toxicomanies, des mariages forcés et des enfants, des attaques à l’acide contre des filles, des violences domestiques, attaque sur les écolières ou leur empoisonnement, et autres. Pourtant, les auteurs de ces actes barbares ne sont pas poursuivis en justice, car les fondamentalistes et les traîtres au pouvoir sont également misogynes. Et la misogynie animale des talibans sauvages et d’autres laquais de l’Iran, du Pakistan et de l’Arabie saoudite est bien connue de tous.
 
La seule différence entre les années talibans et aujourd’hui est qu’il y a maintenant une poignée de femmes au sein du gouvernement, du parlement et de la soi-disant société civile qui servent de prémices à la propagande occidentale pour prouver la «libération des femmes afghanes». au monde. La plupart de ces femmes ne représentent pas nos femmes infortunées, mais plutôt les chefs de guerre sauvages au pouvoir dont le seul but est de servir leurs maîtres étrangers pour gagner des dollars. Les droits des femmes n’ont aucune importance pour elles car elles font partie du problème.
 
Vous avez ouvert la voie à l’autonomisation des femmes. Comment diriez-vous que les femmes réagissent à votre tentative ? Comment s’organisent-elles ?
 
J’ai reçu un fort soutien de femmes de différentes générations, en particulier de familles victimes des quatre décennies de guerre. Mon message aux femmes de mon pays a toujours été que la clé de la liberté de la femme est la prise de conscience et l’organisation ; que les femmes doivent briser les chaînes de leurs mains, de leurs pieds et de leur esprit et s’unir pour faire valoir leurs droits, au même titre que les courageuses femmes kurdes au combat épique. Les efforts pour organiser les femmes dont les souffrances sont 10 fois plus difficiles sont une tâche extrêmement difficile. Ces femmes souffrent d’analphabétisme, de manque de conscience et sont liées à d’innombrables autres formes d’oppression douloureuses dans la société féodale mâle-chauviniste. La première étape de l’organisation de ces femmes est l’éducation et la sensibilisation, politique et sociale, et leur implication dans les secteurs économiques. Malheureusement, nos femmes sont très loin d’atteindre ces exigences de base et de s’organiser en une force puissante et imparable. Cela ne signifie cependant pas que c’est impossible ou loin de la réalité. Si nous croyons que le changement est inévitable, nous devons également croire que le changement vient de la lutte révolutionnaire du peuple, en particulier des femmes. Cela ne peut pas et ne se produit pas sans une organisation réussie.
 
On parle beaucoup de la nécessité d’une organisation mondiale des femmes, d’un réseau qui pourrait être actif chaque fois que quelque chose se passe dans l’un ou l’autre pays. Pensez-vous que nous y arrivons ? En d’autres termes, estimez-vous que les organisations de femmes du monde entier ont suffisamment de solidarité et de soutien concret pour résoudre les problèmes auxquels les femmes afghanes sont confrontées ? Pensez-vous que les femmes dans les parlements d’autres pays, par exemple, font ce qu’elles devraient pour soutenir les femmes afghanes (ou les femmes du Moyen-Orient) ? (…) Vous sentez-vous seule ?
 
Je crois fermement en la solidarité internationale des hommes et des femmes du monde entier, en particulier aux forces et aux individus progressistes et espère qu’ils se joindront au peuple opprimé d’Afghanistan. Je ne me suis jamais sentie seule dans cette lutte importante. Heureusement, les gens merveilleux de nombreux pays à travers le monde ne m’ont pas laissée seule, et leur solide soutien me donne toujours plus d’espoir et de détermination. Au nom de mon peuple, j’ai reçu le soutien d’organisations pacifistes, anti-guerre, laïques, de gauche, féministes et de personnalités de différents pays du monde.
 
Cela dit, les femmes du monde entier doivent encore construire cet important réseau et nous sommes encore loin d’y arriver. La plupart des femmes du monde occidental subissent un lavage de cerveau à cause de la vaste propagande de leurs médias malhonnêtes, qui les éloigne de la réalité de notre pays et qui les éloigne des femmes afghanes qui souffrent et luttent. Il y a très peu d’organisations qui n’ont pas fermé les yeux sur la douleur des femmes afghanes et qui ne les soutiennent pas de différentes façons. Nous devons nous rappeler que la solidarité internationale réduit la distance à parcourir pour atteindre différents objectifs.
 
Il convient de mentionner que la mise en réseau d’ONG et d’organismes internationaux comme l’ONU s’est avérée inutile pour améliorer la situation des femmes afghanes pour plusieurs raisons. Malgré leurs slogans en faveur de l’alphabétisation et de l’autonomisation des femmes, leurs projets et objectifs sont à court terme et conformes aux intérêts stratégiques de leurs pays donateurs comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, etc. et ne s’attaquent naturellement pas aux causes profondes de cette situation désastreuse. Ces organismes s’opposent à la lutte politique qui est la réponse aux problèmes des femmes afghanes. Il n’y a pas de démocratie, de liberté et de progrès sans une prise de conscience et une lutte politique des femmes pour leurs droits, afin qu’elles puissent changer la situation du pays en leur faveur.
 
Les gens essaient de s’organiser, et c’est peut-être le meilleur exemple de cela qui se vit aujourd’hui dans le nord de la Syrie, où les Kurdes mettent en œuvre, avec les autres identités de la région, un nouveau modèle, appelé autonomie démocratique. Voyez-vous la lumière au bout du tunnel ?
 
Oui, il y a toujours de la lumière et de l’espoir, même si le tunnel est long et sombre. Je crois, et l’histoire l’a montré, que l’oppression ne peut pas prévaloir éternellement, qu’il y aura toujours une lutte révolutionnaire des masses qui briseront le dos des oppresseurs, aussi puissants qu’ils soient. Aujourd’hui, la preuve en est la lutte unie et organisée des hommes et des femmes courageux du Kurdistan, contre les brutes de Daesh et le régime du dictateur Erdogan, source d’espoir et d’inspiration. Il y a des luttes similaires partout dans le monde, comme en Amérique latine, en Inde, en Iran et ailleurs.
 
Pouvez-vous nous parler un peu de votre situation personnelle ? Comment vivez-vous ?
 
Ma vie est encore difficile alors que je poursuis ma lutte. Je ne peux toujours pas vivre avec ma famille et mon fils parce que je change souvent de maison. Je ne peux pas voyager librement, malgré la nécessité de le faire. Je ne peux pas non plus participer tout le temps à des activités comme des protestations et des entrevues pour élever ma voix, ce qui est tout mon but. Malgré tout cela, j’ai le sentiment que ma vie perdrait son sens sans mon combat, et ces difficultés sont un point sur le chemin que je suis en train de parcourir.
 

« Vendetta Song » ou les crimes d’honneur

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« Eylem Kaftan regarde les rues animées d’Istanbul par la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Elle se prépare pour un voyage de 1 000 kilomètres, qui la conduira au cœur du territoire de ses ancêtres kurdes. Dotée de quelques indices, d’une vieille photo de famille et d’un brûlant désir de découvrir la vérité, la cinéaste montréalaise se rendra au cœur de la Turquie pour éclaircir un mystère vieux de 30 ans, le meurtre de sa tante Guzide. »
 
Le documentaire d’Eylem Kaftan, la cinéaste kurde installée au Canada, parle d’un sujet brûlant qui a encore lieu dans des régions reculées du Kurdistan : Les crimes dits « d’honneur » dont sont victimes les femmes.
 
Désireuse de connaitre le mystère qui entoure la mort de sa tante – qu’elle na jamais connue – tuée il y a plus de 30 ans, Kaftan se rend sur les lieux du « crime ». Elle n’a pas pu savoir avec certitude qui a tué sa tante. Mais elle a découvert la misère, le poids des traditions, les jeunes filles mariées de force, privées d’éducation et travaillant dur à la maison ou dans les champs…
 
Le documentaire à voir ici.
 
« Vendetta Song ne consiste pas seulement à résoudre un mystère. Tout au long de ce complot convaincant, des thèmes sous-jacents sont l’inégalité des sexes, les mariages arrangés, les vendettas familiales et le conflit civil entre les séparatistes kurdes et l’armée turque. (…) »
 
Image via umanitoba
Eylem Kaftan travaille sur un documentaire sur la jeunesse kurde. Plus d’information ici : https://multi-monde.ca/productions-multi-monde/les-collaborateurs/eylem-kaftan/
 

Liège : Rencontre autour de l’écologie sociale

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Le vendredi 9 novembre 2018, le Collectif Solidarité Liège-Rojava et la Cafétéria Collective Kali organisent une rencontre autour de l’écologie sociale, à Liège, en Belgique.
 
Ils ont publié le texte suivant pour présenter le programme de la soirée :
 
L’écologie sociale est une théorie philosophique, sociale et politique. C’est Murray Bookchin (1921-2006) qui l’élabore dans les années soixante. Pour lui, les différents problèmes écologiques découlent principalement des questions sociales et, spécifiquement des différentes formes de hiérarchies et de dominations. D’une part, il mis en lumière un mécanisme anthropologique essentiel : la domination de l’Homme sur la nature est articulée à la domination de l’Homme sur l’Homme. « L’obligation faite à l’Homme de dominer la nature découle directement de la domination de l’Homme sur l’Homme » . D’autre part, il proposa le modèle d’une société adaptée au développement humain et à la biosphère.
 
Cette théorie d’écologie politique se base d’abord sur le communalisme tout en s’opposant au modèle actuel de production et de consommation. Son objectif est de mettre en place une société morale, décentralisée, solidaire et rationnelle.
 
Actuellement, le Rojava en est un laboratoire puisque cette entité revendique son adhésion au communalisme. Il est aisé de comprendre qu’une telle définition du combat politique puisse, aujourd’hui, mobiliser les militant.e.s pour le « Confédéralisme démocratique » malgré les assauts de l’État turc et la guerre contre l’Organisation de l’État islamique. Suivant les principes du « confédéralisme démocratique » promu par Öcalan, les cantons de Djézireh, de Kobanê et d’Afrin se sont dotés d’une structure administrative fédérale regroupant des délégué.e.s des conseils populaires (les maisons du peuple), mandaté.e.s par les assemblées de communes.
 
C’est donc tout naturellement que le Collectif Solidarité Liège-Rojava s’associe à la Cafétéria Collective Kali pour vous proposer une rencontre autour de l’écologie sociale. Cette rencontre se déroulera en deux temps :
 
Le vendredi 09 novembre au soir, nous accueillons Floreal Romero. Il est l’auteur de Murray Bookchin, « Pour une écologie sociale et radicale » et, en est un des principaux promoteurs en France et en Espagne, à travers des rencontres, des publications et des articles. Il vit en Andalousie où il travaille comme agriculteur.Il nous présentera la pensée de Murray Bookchin et nous aborderons ensemble l’écologie sociale tant dans sa dimension critique que dans son projet politique de municipalisme libertaire, proposant notamment un retour à une gestion à échelle humaine des affaires publiques, une propriété communale des moyens de production, le tout en harmonie avec notre environnement, chacun prenant part aux décisions collectives. Ensuite et comme d’habitude, nous aurons une discussion. Celle-ci sera centrée autour des différentes déclinaisons de la pensée de Murray Bookchin aujourd’hui et sur les perspectives qu’elle nous offre.
 
La rencontre sera suivie d’un repas, comme tous les soirs de vendredi.
 
Le lendemain, on continue sur notre lancée. en proposant un atelier où nous pourrons envisager ensemble les possibilités d’organiser à Liège les IIIe Rencontres Internationales de l’Ecologie Sociale au printemps 2019.
 
RDV à 18:00
A la Cafétéria Collective Kali
32, Rue Saint-Thomas
Liège
 
Texte Qu’est-ce que l’écologie sociale ? de Murray Bookchin, en PDF sur le lien suivant : https://inventin.lautre.net/livres/Bookchin-qu-est-ce-que-l-ecologie-sociale.pdf
 
Portail franchophone de l’écologie sociale : http://www.ecologiesociale.ch/liens/

Quand un Kurde apatride se soucie pour Gérard Dépardieu

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Ahmet Zirek, Kurde apatride vivant en France, s’adresse à Gérard Dépardieu, l’acteur français accroc aux passeports des pays peu fréquentables (Russie, Turquie…) alors que personne ne le chasse de son pays d’origine.

Voici la lettre de Zirek :

LETTRE FERMÉE À L’AMI GÉRARD DEPARDIEU, AVANT SON VOYAGE AU PAYS DES MERVEILLES

Gérard,
Le pays où tu vas recevoir une nouvelle nationalité factice, va t’offrir ton passeport sur un plateau d’or, dans un palais de chimères. 
Là où tu seras obligé de fermer ta grande gueule. 
Fais attention mon Gérard. Il y a 38 ans, 1 mois , 3 jours, 23 heures et 56 secondes, simplement parce que, comme toi, j’avais fait monter ma grande gueule sur les planches, ce même pays m’a déchu de ma fausse nationalité et condamné à cet enfer de Par(ad)is d’exil.

Gérard, 
Métier de magie, de paradoxes et de tartufferies, je ne sais toujours pas pourquoi, tu as pu, toi, jouer le comédien pissant sur le tapis d’un avion. Alors qu’à moi, il m’est toujours interdit de pisser librement sur la terre de mon enfance…

Pétarue, 
Si tu veux vraiment devenir un « citoyen du monde », crois moi, c’est très simple. Déchire tous tes passeports, toutes tes cartes d’identités et fais comme moi, demande officiellement aux Nations-Unies le statut d' »apatride » ». Promis, je serais ton témoin et t’accompagnerais dans ces absurdes démarches administratives.

Alors, ensemble, nous pourrons monter sur scène. Ou bien devant les caméras. Ou même place Jean Paul Sartre -Simone de Beauvoir, à côté de chez toi. Et c’est avec nos cœurs et nos voix venues des tripes, que tous les deux nous crierons :
« Pauvre petit Homo Sapiens, tu as trahit la terre. Tu n’a pas compris le sens de la vie. Tu t’es trahis toi même. 
Supprimons toutes les frontières, toutes les religions, toutes les idéologies. Tout ce que l’homme a créé. 
Car nous ne sommes qu’une toute petite poussière de l’algorithme d’un orgasme qui vient, et qui va, vers un exil sans fin. »
Après ce coup de gueule, autours d’un verre de Château Tigné, nous nous marrerons de la bêtise humaine. Et, dans la rue Cherche Midi, comme dans les Valseuses, nous pisserons un bon coup sur les pavés de Paris.

Allez Gérard,
Arrête tes conneries. Ne me déçois pas. Avec nos grandes gueules, restons les fous du village, et ne devenons pas les clowns du Sultan.

Avec l’espoir que ce ne soit qu’une nouvelle « fake news »…

Que l’exil te bénisse.

Amitiés.

Zîrek

Mem û Zîn : L’épopée kurde d’un amour tragique

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BAKUR / TURQUIE – SIRNAK – Mem û Zîn est l’une des épopées nationales du peuple kurde.
 
Ehmedê Xanî (1650-1707), écrivain, astronome, poète et philosophe kurde d’Hakkari, a écrit l’histoire d’amour entre Mem et Zîn qui avait eu lieu entre 1450 et 1451 sous la forme d’un poème, 240 ans après leur mort.
 
L’épopée de Mem û Zîn est l’histoire de la justice, de la bonté, de l’innocence, de la faiblesse et du désespoir de tous les sentiments représentés par les amoureux Mem û Zîn, tandis que Beko représente l’hypocrisie et le mal.
 
L’épopée de Mem û Zîn est basé sur une histoire vraie vécue à Cizre, il y a 558 ans. Elle a été transmise de génération en génération par la tradition orale. Elle est similaire à l’histoire de Roméo et Juliette. Pour les Kurdes, Mem et Zin sont des symboles du peuple kurde et du Kurdistan, qui sont séparés et ne peuvent pas se rejoindre. À ce jour, de nombreuses chansons, films et récits des grands héros de l’amour ont été racontés et chantés sur la tombe de Mem û Zîn. Les gens continuent d’affluer sur la tombe des deux amoureux du XVe siècle.
 
Pendant des siècles de visites, certains sont allés chercher de la curiosité et d’autres de l’espoir. La tombe, qui a été témoin de tous les événements historiques de Cizre au cours des siècles, a été lourdement endommagée lors du siège militaire de l’armée turque en 2016.
 
Mais les habitants d’Hakkari ont entrepris d’ouvrir à nouveau la tombe aux visiteurs.
 
Le bénévolat
 
Mahmut Kanmaz est le gardien de la tombe depuis 12 ans. Il ne reçoit pas d’argent mais il est très satisfait des visites.
 
Aujourd’hui, grâce au travail du peuple kurde, la tombe de Mem û Zîn est toujours debout. Kanmaz a déclaré : « Chaque jour, au moins 50 personnes viennent rendre visite. La population locale vient prier jeudi, mais le nombre de personnes qui viennent visiter la tombe de différentes villes est très important.
 
Nous ne voulons pas que les gens paient pour visiter ce site. Nous voulons que tout le monde se sente à l’aise et libre de venir quand il veut (…) ».
 

Nefise Shepherd d’Hakkari est venue visiter la tombe. Elle a déclaré : « Ma fille qui vit à Cizre ne peut pas avoir d’enfant, alors je visite cette tombe et prie qu’Allah écoute mes prières ».

L’épopée 

La légende raconte l’histoire tragique de deux jeunes amoureux. Mem, jeune garçon kurde du clan « Alan » et héritier de la Cité de l’Ouest, tombé amoureux de Zîn, du clan « Botan » et fille du gouverneur de Butan.

Ils se rencontrent lors des célébrations de la fête du nouvel an kurde Newroz. Leur union est bloquée par Beko du clan Bakran, l’antagonistes de Mem û Zîn tout au long de l’histoire, jaloux des deux amants maudits.
 
Mem meurt finalement lors d’un complot manigancé par Beko. Lorsque Zîn apprend la nouvelle, elle s’effondre en pleurant la mort de Mem sur sa tombe. La douleur immense mène à sa mort et elle est enterrée à côté de Mem, à Cizre.
 
La nouvelle de la mort de Mem et de Zîn se répand rapidement parmi le peuple. Lorsque le rôle de Beko dans la tragédie est révélé, Tacdîn, le meilleur ami de Mem, le tue. Beko sera enterré à côté des tombes de Mem et Zîn.
 
Avant de mourir, Zîn avait déclaré : « C’est à cause de Beko que nous ne pouvions pas nous réunir, je veux donc qu’il soit témoin de notre amour. S’il meurt, enterrez-le à côté de moi et de Mem ».
 
Cependant, un buisson d’épineux, nourri du sang de Beko, pousse sur sa tombe : les racines du mal pénètrent profondément dans la terre des tombes de Mem et Zîn, les séparant ainsi, même dans la mort.
 

Turquie, fascisme, football et les Kurdes

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Hier, lors du match entre l’équipe kurde Amedspor et l’équipe turque Sakaryaspor dans la ville de Sakarya, les fasciste turcs ont montré sur l’écran une vidéo des images de l’armée turque menant des opérations militaires dans les régions kurdes accompagnées d’un chant fasciste turc « Ölürem Türkiyem ».

Par ailleurs, l’arbitre du match a été injuste vis-à-vis des joueurs kurdes tout au long du jeu. Et, pour couronner le tout, à la fin du match, les supporters de Sakaryaspor ont frappé les joueurs et les entraîneurs kurdes dans les vestiaires sous l’œil bienveillant de la police…

Turquie : La presse libre et les femmes ciblées par le pouvoir turc

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TURQUIE – DIYARBAKIR – Le 9 octobre, à la suite d’une opération de la police impliquant des perquisitions contre quelque 200 adresses, 151 politiciens et journalistes kurdes ont été arrêtés.
 
Jusqu’à présent, 127 d’entre eux ont été placés en détention provisoire.
 
La direction de la sécurité provinciale d’Amed (Diyarbakir) a libéré 23 personnes. Jeudi dernier, sur les 24 personnes qui ont été présentées au juge, 11 ont été libérées, tandis que 13 ont été placées en détention préventive. La journaliste Kibriye Evren était parmi eux.
 
Cinq journalistes ont été libérés, tandis que 20 autres ont été remis en liberté conditionnelle.
 
S’adressant à l’ANF à propos des opérations politiques menées contre les médias kurdes, la porte-parole de la Plate-forme des femmes de Mésopotamie, Ayşe Güney, a souligné que la majorité des détenus dans ces opérations étaient des femmes.
 
Güney a déclaré: « Ces détentions montrent que, surtout à partir des élections générales de 2015, ce que l’on craint, c’est l’autonomisation et la détermination des femmes.
 
Aux élections générales de 2015, les femmes ont montré leur détermination et leur position et montré qu’elles n’étaient pas prêtes à se retirer au moment où l’État tentait de faire taire tout le monde pendant l’état d’urgence. Le pouvoir a pour objectif de casser cette volonté forte et le combat mené par les femmes, raison pour laquelle elles mènent ces opérations politiques. »
 
Répression générale avant les élections locales
 
Soulignant que les opérations qui ont conduit à la détention de tant de journalistes juste avant les élections locales n’étaient pas une coïncidence, Güney a ajouté que le but de l’État turc était d’anticiper les élections locales.
 
En déclarant que les opérations politiques sont une représentation de l’approche kurde de l’AKP, Güney a déclaré: « Ces détentions sont l’incarnation de l’approche kurde maintenue par l’AKP depuis 16 ans. L’objectif principal est de détruire les Kurdes, de les liquider et, si possible, de les exterminer ».
 
« Nous ne renoncerons pas à écrire les faits »
 
Notant que l’AKP tente de monopoliser la presse, Güney a déclaré que la presse libre, qui ne compromettait pas sa position, avait été prise pour cible par le gouvernement.
 
Güney a déclaré: « La presse libre qui est ciblée ne cédera pas au pouvoir, ne fera aucune concession et continuera à écrire ce qui se passe ».
 
Güney a appelé à la libération des journalistes détenus : « En tant que successeurs de la tradition de la presse libre, nous ne ferons jamais de compromis sur notre quête de la vérité et continuerons à écrire la vérité ».