Les États-Unis peuvent empêcher un bain de sang et le déplacement de centaines de milliers de personnes, s’ils exigent la démission d’Erdogan. Ils peuvet faire pression sur la Turquie pour qu’elle rouvre les négociations de paix avec sa propre population kurde, mettant ainsi fin au cycle sans fin de la violence. Nous exhortons le président Trump et le Congrès à défendre le Rojava avant qu’il ne soit trop tard. »
PÉTITION : Ne laissez pas le ROJAVA devenir un autre Yémen
Ne livrez pas les Kurdes syriens en pâture à la Turquie !
« Ne partez pas ! »
Comme tous les Kurdes, j’aime la France, je partage son goût pour la liberté, son appétit de justice. Je lui dois beaucoup, à la France. Elle a accueilli, ouvert les bras, amélioré ma connaissance, donné sa chance à ce jeune Kurde Syrien que j’étais, né dans un village d’une grande pauvreté. Aujourd’hui je représente mes frères dans votre pays et je vous appelle au secours. Au sein d’une large coalition, nous nous sommes battus avec force et sagesse en première ligne pour chasser l’état islamique qui avait envahi un immense territoire, grand comme la Suisse, au nord est de la Syrie. Les pertes ont été très lourdes, nous n’avons pas fini d’enterrer nos jeunes martyrs tombés par milliers. Nous nous battons encore à ce jour, avec nos partenaires Arabes, Syriaques et autres, pour déloger les djihadistes de leur dernier bastion.
La France a pleuré, elle aussi, les siens, fauchés par d’épouvantables attentats. Ce combat est le nôtre. Les présidents Hollande et Macron nous ont toujours soutenus et reçus. C’est un secret pour personne, vos forces spéciales sont un appui stratégique indispensable sur le terrain, comme celles des américains.
Après tant d’épreuves, nous espérions vivre en paix, oui, nous espérions….Cette malédiction Kurde qui a fait de nous, si souvent, les oubliés de l’histoire porte aujourd’hui un nom : Erdogan.
Le président turc qui a déjà envahi le territoire syrien, avec une incroyable brutalité en particulier a Afrin, a signé notre arrêt de mort . Il ne s’agit pas de rodomontade. C’est une vraie guerre d’extermination qui se prépare.
Ce 17 Décembre, il se disait « déterminé à se débarrasser des Kurdes, la Turquie ayant perdu assez de temps pour intervenir dans ce marécage ». Les canons turcs ont déjà tonné juste à côté de Kobane, il y a quelques semaines. Le général qui dirigera l’offensive est nommé.
Nous nous battrons, jusqu’au dernier. Nos combattants, et nos combattantes n’ont pas peur de mourir. Ils ont donné plus d’une fois leur sang. Mais ce moment de l’histoire a ceci de particulier, il ne s’agit pas que d’un risque d’invasion mais, je le répète, d’une extermination revendiquée haut et fort par Erdogan.
Je ne vous demande pas de faire la guerre à monsieur Erdogan, ce ne serait pas réaliste. Qu’il me soit permis ici de formuler trois demandes, essentielles à mes yeux. Ne pliez pas devant la brutalité d’Erdogan. C’est un dictateur. Ses prisons débordent d’opposants, de journalistes, de magistrats…
Les militaires américains et français sont notre meilleur rempart. Surtout ne partez pas. C’est vital au sens propre. Enfin, notre armement ne nous permet pas de combattre équitablement. Avec des équipements anti aériens nous aurions sauvé Afrin et évité les massacres, les viols, la déportation préfigurant ce qui risque de nous arriver à grande échelle.
Khaled Issa, représentant du Rojava en France
CDK-F : Empêchons la Turquie d’envahir le Rojava !
Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) appelle l’ONU et la coalition internationale de lutte anti-Daesh à intervenir d’urgence pour empêcher la Turquie d’envahir le Rojava et d’y commettre de nouveaux massacres dans le sillage d’Afrin.
Voici le communiqué du CDK-F :
« Les menaces de l’État turc d’envahir militairement le Rojava (nord de la Syrie) deviennent plus graves de jour en jour. En janvier 2018, l’armée turque avait déjà lancé une campagne d’agression militaire contre Afrin. Cette campagne menée avec le soutien de plusieurs groupes djihadistes a finalement abouti à l’occupation d’Afrin et provoquée une tragédie humaine dans cette région qui avait jusque-là été épargnée par la guerre qui fait rage en Syrie : des centaines de civils ont été massacrés, des milliers d’autres blessés ; la région a été incendiée, pillée et détruite par l’État turc et ses alliés djihadistes. Des centaines de milliers de personnes ont été forcées de quitter leur foyer. La guerre et l’occupation qui s’en est suivie et les campagnes actuelles de terreur menées par l’État turc et ses alliés djihadistes ont considérablement modifié la structure démographique de la région. Le nettoyage ethnique était d’ailleurs le but ultime de cette agression militaire.
Cherchant à faire de même dans les autres régions du Rojava, la Turquie se prépare à attaquer une zone de 500 km de long située entre le Tigre et l’Euphrate. Ses cibles prioritaires sont les villes situées le long de sa frontière – Kobanê, Manbij, Tell Abyad, Serê Kaniyê (Ras al-Aïn, Dirbêsiyê (Darbasiyah), Amûdê, Qamishlo, Tirbespî (al-Qahtaniyah), Dêrik (al-Malikiyah)-, mais elle vise aussi Hassaké et Raqqa. Une offensive armée de la Turquie contre cette zone qui représente une population 3 millions de personnes, avec de grands centres urbains comme Qamishlo, Hassaké et Raqqa, provoquerait une tragédie humanitaire de grande ampleur dans ce pays déjà meurtri par la guerre.
Le Rojava et l’administration régionale du nord et de l’est de la Syrie sont investis depuis des années dans la lutte contre Daesh. Leurs forces armées, les YPG, YPJ et FDS ont payé et continuent à payer le plus lourd tribut dans cette guerre qui n’est pas encore terminée. Le monde entier a été témoin il y a quelques années de la résistance de Kobanê contre Daesh. Aujourd’hui, la Turquie cherche à détruire les cibles manquées par Daesh, en particulier Kobanê.
Les forces de la coalition anti-Daesh dirigées par les États-Unis, comprenant le Royaume-Uni, la France et d’autres Etats, ont une présence active dans la région : rien qu’au cours de la semaine écoulée, elles ont mené plus de 200 frappes en Syrie. Les forces de la coalition avaient promis une protection à l’administration régionale et aux peuples de la région. Toutefois, selon les dernières nouvelles, les États-Unis se prépareraient, sous la pression de la Turquie, à retirer leurs forces de la région. Si les forces de la coalition se retirent, elles livreront les peuples de cette région à un bain de sang. Une telle évolution infligerait une blessure profonde à la conscience de l’humanité.
Notre appel à la communauté internationale et à l’humanité :
1. Les forces de la coalition anti-Daesh ne doivent pas quitter le nord et l’est de la Syrie / Rojava, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée à la crise syrienne.
2. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir de toute urgence et protéger la population de la région en décrétant une zone d’exclusion aérienne.
3. Les Etats européens, en particulier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, doivent sortir de leur silence et prendre des mesures pour protéger les peuples de la région (Kurdes, Arabes, Syriaques, Assyriens, Arméniens et Turkmènes) contre les menaces de la Turquie et de ses alliés djihadistes.
4. Les organisations de défense des droits humains, les mouvements pacifistes et les forces démocratiques ne doivent pas rester silencieux face aux massacres imminents ; elles doivent entendre la voix des Kurdes, des Arabes, des Syriaques, des Assyriens, des Arméniens, des Turkmènes, des alévis, des musulmans, des yézidis, des chrétiens, menacés par les velléités expansionnistes du régime dictatorial turc. Nous les appelons à être solidaires des peuples du nord et de l’est de la Syrie, et à construire avec eux la démocratie et la paix dans la région.
Les peuples du Kurdistan sont déterminés à résister aux agressions de la Turquie et de ses alliés djihadistes ! Ils appellent tout le monde à la solidarité ! »
« Le départ des soldats américains de Syrie : un impact grave pour la stabilité et la paix dans le monde »
Ne laissons pas le Rojava devenir un autre Yémen
Voici le communiqué :
« NE LAISSONS PAS LE ROJAVA DEVENIR UN AUTRE YÉMEN
Avec les rapports de l’administration Trump qui prévoit de retirer les troupes américaines de Syrie, ainsi que les nouveaux documents inquiétants publiés aujourd’hui sur les crimes de guerre commis par la Turquie à Afrin, nous vous écrivons pour alerter nos représentants élus et le public sur les conséquences désastreuses d’une attaque turque contre le Rojava (la région majoritaire kurde du nord-est du pays), comme promis, à l’est de l’Euphrate. La Turquie semble prête à attaquer, que des troupes américaines y soient stationnées ou non. Le 12 décembre, le Président Recep Tayyip Erdogan a fait une déclaration disant qu’une offensive turque est imminente. Le commandement du Pentagone a répondu qu’une telle « action unilatérale serait « inacceptable », mais les Etats-Unis ont averti la Turquie de la même manière dans le passé, sans réelle conséquences. La Turquie a déjà fait part de ses intentions en tirant sur des civils de l’autre côté de la frontière et en bombardant des zones kurdes en Irak, notamment le camp de réfugiés de Makhmour et Shengal, où vivent les Yézidis.
19 décembre
Coprésident du PYD : Les menaces turques visent l’avenir du peuple syrien
ROJAVA : La liberté n’est jamais gratuite, elle coûte tout
Le cinéma de la montagne : filmer la lutte pour la liberté
« Rien n’est un obstacle à la lutte pour la liberté au Kurdistan et à sa guérilla. » Emin Engizek, membre de TEV-ÇAND Sine Çiya (Le cinéma de la montagne), parle des derniers développements du cinéma de la montagne.
Quand et comment vous êtes-vous intéressé au cinéma et au théâtre ?
« Enfants, nous avons été influencés par le cinéma turc et nous avons joué des pièces de théâtre en distribuant des rôles dans les quartiers.
Nos héros étaient généralement les noms populaires de l’époque tels que Kadir İnanır et Tarık Akan. Toutefois, le rôle le plus important a toujours été celui joué par Yılmaz Güney. Nous ne donnerions pas ce rôle à tout le monde. Comme une récompense, nous avions l’habitude de jouer une pièce avec un ami tous les jours. J’ai toujours voulu être acteur depuis.
Dans notre région, le niveau d’intérêt pour l’art était également élevé. En raison de la coexistence de cultures et de peuples différents, l’art était à l’avant-scène d’Adıyaman. Naturellement, cela a nourri notre curiosité.
Après les études, j’ai travaillé comme commis à la Direction de l’Education Nationale de Cizre et puis j’ai entendu parler du MKM (Centre Culturel de la Mésopotamie).
Malgré un emploi, j’ai décidé d’aller au MKM et de me consacrer à l’art. Je n’aimais pas la vie de fonctionnaire de toute façon. Quand j’étais sur le point de partir et de me préparer à entrer au MKM, j’ai changé d’avis et j’ai décidé de mettre encore plus haut la barre de ma vie. C’est ainsi qu’en 1993, j’ai rejoint les rangs de la guérilla. Après avoir été guérillero à Botan pendant 6 ans, je me suis retiré du Nord et suis parti dans le Sud en 1999 à l’appel du Leader Apo.
Dans la zone méridionale, le Mouvement pour la liberté a pris des mesures importantes dans le domaine de la culture. L’un d’entre eux a été la création du comité culturel du PKK. Avec la création de la commission de la culture en 2000, j’ai commencé à prendre ma place au sein de la commission. Il y a tant d’années, j’ai rencontré la montagne grâce à l’art que j’ai nourri dans mes rêves d’enfance ».
Que faisiez-vous au sein de la commission de la culture ? Pour quel talent avez-vous été choisi ?
« Quiconque connaît la guérilla sait bien que nous avons beaucoup d’activités morales. Dans la guérilla, la joie, le moral, l’énergie au partage commun est ce que nous appelons des activités morales. Pour cette raison, peu importe qui, il y a toujours des amis qui chantent dans ces événements, jouent des sketchs ou du théâtre, ou contribuent au partage en racontant ses souvenirs. Quant à moi, j’ai l’habitude de jouer au théâtre dans ces activités morales. Mes amis aiment beaucoup mes pièces de théâtre, alors quand le Comité de la culture m’a demandé une proposition de nom, ils m’ont suggéré de venir dans la compagnie. C’est comme ça que j’ai commencé ».
Qu’avez-vous fait en premier après votre arrivée au Comité ?
« Notre premier travail a été le théâtre. Ce travail a duré environ 5 ans. Elle s’est poursuivie de 2000 à 2004. Nous avons joué des pièces de théâtre et nous avons fait des tournées dans les montagnes. Dans les zones de défense de Medya, je dirais que nous avons visité presque toutes les zones présentant des pièces de théâtre à des amis.
Notre première pièce de théâtre était une pièce en deux actes appelée Zilamê Tazî. Si je me souviens bien, c’était l’œuvre d’un écrivain libanais et nous avons adapté la pièce en kurde. Cette pièce portait sur la résistance populaire palestinienne. L’intérêt des amis pour le théâtre a augmenté notre intérêt. En raison de nos premières études, nous avons traité le travail avec beaucoup d’engagement. C’est donc avec grand plaisir que nous faisions ce travail.
En plus de la guérilla, nous avons aussi joué pour le public. Surtout à Mossoul, Maxmur, Behdinan, Soran.
A cette époque, notre travail théâtral s’inscrivait dans le cadre de celui de l’Académie Martyr Sefkan. Nous avions créé une académie et nous l’avons poursuivie sur le plan professionnel. En fait, si nous n’avions pas eu quelques situations négatives, notre culture et notre travail artistique auraient pris beaucoup plus d’élan.
J’ai déclaré que la création du Théâtre de la montagne a eu lieu en l’an 2000. Mais quand nous sommes arrivés en 2001, il y avait une guerre entre nous et les forces du Sud. Une guerre, appelée « şerê xiyanetê [la guerre de la trahison] » a éclaté sous la direction de l’Etat fasciste colonialiste turc. C’est pour cette raison que nous aussi, nous nous sommes mis en position de combat. Tout d’abord, nous sommes des combattants de la liberté. Cette guerre a entraîné l’arrêt de nos activités culturelles pendant près d’un an. Après la fin de la guerre, le groupe s’est réuni et nous avons commencé à travailler là où nous nous étions arrêtés.
J’aimerais rendre hommage aux camarades Hêvî et Yekta qui ont été de grands acteurs. Les deux amis avaient effectué un travail très important et très vaste. Ils étaient les pionniers. Quand nous avons essayé de réunir le groupe, ils avaient déjà préparé une pièce de théâtre. Jusqu’à ce qu’ils tombent martyrs, ils ont accompli ce travail au mieux et laissent un grand héritage à leurs successeurs ».
Comment était-ce d’être impliqué dans la culture et l’art après avoir rejoint les rangs de la guérilla de la Liberté ?
« Quand j’étais enfant, je disait que je voulais être acteur. Si vous faites attention, vous verrez que la plupart des acteurs ne sont pas des Kurdes et que les acteurs dans d’autres langues ont apparemment quelque chose à voir avec notre culture. Bien sûr, je vous dis ici que Yılmaz Güney doit être mis dans un endroit séparé.
Même certains acteurs comme Cüneyt Arkın ont agi comme une seringue pour l’idéologie du turquisme et nous ont injecté la turquification avec cette seringue.
Nous étions les descendants d’un peuple vivant dans une telle dégénérescence culturelle. Avec la formation du mouvement du PKK, le peuple kurde a enfin pu prendre une bouffée d’air frais (…). En tant que telle, les émotions en moi étaient très fortes. Non seulement moi, mais tous les amis qui ont participé à ce travail ont presque les mêmes sentiments.
Par exemple, notre groupe de théâtre se composait à lui seul de 45 amis. Aucun ami n’a été forcé de faire ce travail. Sur une base volontaire, ils se sont tous joints avec beaucoup de sérieux et de professionnalisme. Etre un combattant, c’est être un combattant pour le peuple et le pionnier du travail dans tous les sens du terme. L’arme dans votre main est tantôt une Kalachnikov, tantôt une saz-guitare, tantôt une caméra, tantôt un rideau de théâtre.
Je veux partager cette histoire. Nous étions en 2001. L’hiver s’était abattu. Nous n’avions pas d’endroit où nous pouvions faire notre travail artistique. Nous avions préparé une pièce pour le 27 novembre, mais nous devions trouver un endroit où la présenter. Notre ami Hêvî était un maçon. Nous avons immédiatement commencé à construire une salle. Nous avons érigé notre salle sous la neige et le 27 novembre, elle était prête et nous avons pu jouer notre pièce dans cette salle. Sans vœux et persévérance, il n’aurait pas été possible d’y parvenir ».
Xelil Dağ
Comment avez-vous rencontré Xelil Dağ ? Où et comment le premier cinéma du Mouvement pour la liberté a-t-il vu le jour ?
« En faisant notre travail dans le quartier de Musul, j’ai entendu parler de Xelil Dağ. Je voulais aller le rencontrer. Il voulait me rencontrer aussi. Xelil était dans les YPG à ce moment-là. Mais il s’intéressait au cinéma. C’était un ami avec de grands rêves. Je l’ai rencontré en 2001. Nous avons eu de longues conversations. Il voulait écrire, photographier et filmer tous les endroits où la guérilla avait mis les pieds. (…) Du Botan au Mont Ararat pour faire le film de la guérilla.
En fait, son martyre a eu lieu en 2008, mais ce travail avait déjà commencé auparavant. Bien sûr que j’ai fait du cinéma avec Xelil. Notre premier film a été Tîrêj en 2002. Avec ce film, Xelil a parlé du peuple kurde, des combattants de la liberté et de la manière dont la philosophie du Leader Apo a permis de mieux faire connaître les Kurdes au monde. Il était extrêmement confiant dans son travail et savait ce qu’il faisait. Il savait aussi à quel point le cinéma était efficace, comme outil de propagande. Je pense qu’il a atteint son objectif. Ses films étaient impressionnants. Il a fait beaucoup de films. Tîrêj, Eynika Bejnê, Dema Jin Hezbike et Bêrîtan… »
Pouvez-vous nous parler des aspects inconnus du film « Bêrîtan » ?
« Comme je l’ai dit, on a fait beaucoup de films. Mais Bêrîtan a reçu le plus grand intérêt parmi tous ces films. Nous avons donc fait un grand succès avec ce film.
Je ne parle pas seulement d’amis, j’ai réussi à impressionner toutes sortes de personnes. Le DVD du film était en circulation. Bien qu’il ait été secrètement introduit en contrebande en raison d’interdictions dans le Nord, je crois qu’il est devenu un invité dans les foyers de presque tous les Kurdes. Il a été regardé avec beaucoup d’admiration dans le sud. Ce fut un grand hommage à Bêrîtan, qui est tombée martyre lors de la guerre du Sud de 1992. Cela s’est transformé en film. Bien que le film soit sorti en 2006, il est toujours regardé tel qu’il était au début.
Par exemple, même maintenant, où que j’aille, on m’appelle « Huseyin' » [le rôle qu’il a joué dans le film]. Je ne doute pas qu’il ait une bonne place dans la mémoire de tous. Chacun a trouvé un morceau de lui dans ce film. L’un des aspects les plus importants de ce film est que nous avons fait la plupart des prises de vue dans les principaux lieux où la guerre a eu lieu afin de faire vivre l’histoire.
La guerre du Sud de 1992 fut intense dans la région de Xakûrkê, et Bêrîtan tomba martyre sur le champ de bataille. Les mêmes collines, les mêmes sentiers et même les falaises rocheuses d’où Bêrîtan s’est jetée, sont dans le film.
Le deuxième événement important, au moment du tournage du film, est que le corps de Bêrîtan n’a pas encore été retrouvé. Après le martyre, on nous a finalement dit où se trouvait le corps et nous avons pu le récupérer et l’enterrer au cimetière des martyrs de Xakûrkê. Nous l’avons aussi filmé et mis la scène dans le film.
Le PKK est entré dans sa 41e année de lutte. Quel est le niveau atteint par le cinéma au cours de ces 40 années ? Est-ce suffisant ?
« 40 ans, et 40 ans bien remplis. En 40 ans, nous aurions pu tourner des dizaines de films. Il y a eu des guerres sanglantes, de la résistance et des massacres. Chacun d’entre eux fera un film. Le niveau que nous avons atteint en 40 ans… Je pense que c’est la fierté d’exister, la vérité d’être une réalité, je peux dire. Il s’agit d’une lutte qui est revenue du bord de l’extinction, qui s’est déroulée au bord de la falaise et qui a atteint un niveau qui doit déterminer le destin de presque tout le Moyen-Orient en entreprenant aujourd’hui des projets plus importants.
Nous sommes les cinéastes de cette lutte. Nous accomplissons notre travail malgré les insuffisances, les pressions, la guerre. Nous menons une guerre très violente avec le Nord et le Sud, mais nous continuons à filmer. Que dire de plus !
Si vous demandez au réalisateur le plus célèbre, la réponse la plus courte serait « c’est de la folie ». Le PKK est le parti de ceux qui se rebellent contre l’esclavage, tandis que Sine Çiya est le miroir de ces rebelles.
Nous sommes satisfaits de ce que nous avons atteint, mais nous sommes révolutionnaires, nous ne restons pas les bras croisés. Nous avons notre leadership, qui attache une grande importance à la culture et à l’art et qui s’attend à de grands développements à cet égard. Malgré ses conditions de détention à Imrali, Leader Apo a évalué le cinéma et donné son point de vue à la moindre occasion, comme sur tout autre sujet important. Leader Apo s’est penché sur la nécessité du roman, de la poésie et du film du PKK. C’est pourquoi nous nous sommes fixés davantage d’objectifs. Notre mouvement apporte également un soutien et des encouragements importants ».
Avez-vous de nouveaux projets ?
« La mort précoce de Xelil nous a fait reculer un peu dans le cinéma. Il nous a retardés. L’ami Xelil avait déjà formé des amis mais Xelil était différent. Je vous l’ai dit, c’est le maître de cette affaire. Après sa mort, nous avons essayé de monter une unité. Bien que nous ayons fait quelques films, nous n’avons pas atteint le niveau de Bêrîtan. Bien sûr, cela s’est aussi transformé en expérience. Par exemple, nous avons maintenant de nouveaux projets. Nous réalisons plusieurs travaux en même temps ».
Par exemple, le travail que tout le monde parle et attend ?
« Oui, tout à fait exact. Par exemple, le film « SUR » est terminé. Comme vous le savez, l’arrondissement d’Amed, Sur, a connu une grande résistance en 2015. Nous l’avons filmé. C’était un très bon projet. Le tournage est terminé et le montage est en cours. Il devrait bientôt atteindre le public.
Nous avons plusieurs tournages en parallèle. Nous avons également réalisé un court métrage, Berfîn.
Nous avons un nouveau projet, mais je pense qu’il est un peu trop tôt pour en parler. Mais comme je l’ai dit, les autres films que j’ai mentionnés seront bientôt vus par tous. Nous ne laisserons aucune création de notre peuple se détacher de l’histoire. Nous essayons donc de tout documenter et de le faire connaître au monde entier. Parce que nous avons un peuple qui le mérite. Et nous faisons du cinéma alternatif avec ces projets. Nous faisons du cinéma culturel contre le capitalisme, qui monétise tout. La modernité capitaliste est un système qui monétise tout. Le Moyen-Orient est une géographie qui accorde une grande importance à cet héroïsme et à cette épopée. C’est le cas au Kurdistan. C’est pourquoi nous tournons principalement ces films thématiques.
Xelil Dağ est à l’origine du cinéma de résistance qui est aujourd’hui considéré comme glamour par le cinéma mondial. Comment évaluez-vous cela ? Avez-vous des demandes ?
« Oui, nous voyons ce grand intérêt. Dans le passé, il y avait des intérêts venant de réalisateurs et d’acteurs turcs appartenant à des cercles révolutionnaires et démocratiques. Ce phénomène s’est maintenant étendu au cinéma mondial. Les militants luttant contre la réaction et l’exploitation selon la philosophie d’Apo ont remporté une grande victoire dans le monde entier. Par exemple, le monde entier a admiré la lutte dans le nord de la Syrie et à Rojava. Pour cette raison, des films, des documentaires ont été préparés, des organisations de médias écrits et visuels ont travaillé très intensément. Le film le plus récent est un documentaire d’un réalisateur portugais, Binxet. Et il y a un film, Les filles du Soleil, dans lequel Golshifteh Farahani joue.
En fait, les Filles du Soleil ont reçu d’importants prix et ont montré une fois de plus des combattantes kurdes. Parce que la guérilla kurde lutte contre le monde réactionnaire au nom du progrès mondial. Tout le monde appuie cette lutte ; il faut y participer. Encore une fois, il y a des producteurs et des acteurs étrangers.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que, sous de nombreuses pressions techniques, nous sommes très surpris de pouvoir faire notre travail sans interruption.
Encore une fois, nos valeurs de vie sont élevées. C’est pourquoi nous avons des gens qui viennent nous voir avec des demandes différentes. Cependant, ce que nous attendons d’eux, c’est le droit à leur film. Avec cette lutte, le peuple kurde mérite d’être correctement identifié et reflété. C’est un droit qui a été obtenu à un prix très élevé ».
Vous avez filmé Bêrîtan à Xakûrkê et avez vécu dans ce quartier. Mais Xakûrkê est maintenant sous occupation, tout comme Afrin et Kobanê. Nous sommes curieux de savoir ce que vous ressentez en tant que cinéaste révolutionnaire ?
« Certes, il y a des attaques intenses lancées par l’ennemi sur la région de Xakûrkê. Cependant, il y a une énorme résistance de la guérilla contre ces attaques.
Par exemple, Axîn Meşkan, tombée martyre en 2016, se battait comme Bêrîtan jusqu’à sa dernière balle, mais elle se jette de la falaise pour ne pas tomber entre les mains de l’ennemi quand ses obus s’épuisent.
Il est intéressant de noter qu’il présente des similitudes avec la guerre du Sud de 1992 en tant qu’espace et en tant qu’alliance opérationnelle. Contre cela, il y a une posture semblable à celle de la camarade Bêrîtan. Malheureusement, l’histoire se répète. Maintenant, l’ennemi utilisera autant de technique qu’il le voudra. Il n’a pas d’armée à combattre. Il a tous ses espoirs dans les avions, les hélicoptères, les chars, les balles.
Face à cela, il y a la volonté des combattants comme Axîn. C’est évident qui va perdre. Au combat, la volonté est toujours la vérité ultime.
C’est un crime contre l’humanité, un génocide. L’État fasciste turc a commis le crime de génocide. Tout le monde doit s’y opposer et le condamner ».
Cette intensité de guerre n’interfère-t-elle pas avec votre travail ?
« L’ennemi mène une propagande noire massive. Mais nous tournons un film sous tous ces avions de reconnaissance, prouvant une fois de plus que c’est un menteur. Bientôt, tout le monde verra le film.
La guerre est juste à côté de nous, mais nous faisons tout notre travail. Rien n’est un obstacle à la lutte pour la liberté au Kurdistan et à sa guérilla. L’humanité est en train d’enregistrer ces jours-ci et je crois que le plus grand gain pour les dernières périodes de l’histoire sera la résistance de ces temps »
https://anfenglishmobile.com/culture/mountain-cinema-filming-the-fight-for-freedom-31523
TURQUIE: 2,5 ans de prison pour la présidente de la Fondation des droits de l’Homme
Turquie – La présidente de la Fondation pour les droits de l’homme de Turquie (TİHV), Sebnem Korur-Fincancı vient d’être condamnée 2 ans et 6 mois de prison.
Korur-Fincancı a commenté la peine d’emprisonnement qui lui a été infligée pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste » pour avoir signé le manifeste de la paix intitulée : « Nous ne participerons pas à ce crime ».
Korur Fincancı a considéré le verdict rendu aujourd’hui par la 37ème Cour Pénale comme une « vengeance du Rapport de Cizre », qu’elle a préparé en tant que Présidente de l’Association des Droits Humains de Turquie (TİHV) : « Le rapport de Cizre, qui a été ajouté au dossier comme nouvelle preuve, n’est pas vraiment nouveau. Parce que nous avons déjà présenté le rapport dans le cadre de notre défense.
J’ai même fait une présentation PowerPoint avec des photos. J’ai partagé avec la Cour ce que nous avons trouvé à Cizre. Ce n’est donc pas une nouvelle preuve. De plus, c’est une preuve de la défense, pas une preuve criminelle. Nous savons déjà que le rapport Cizre a fait beaucoup de tort à l’État. Dès que le rapport a été publié, l’État m’a fait arrêter dans les trois mois qui ont suivi et m’a envoyée en prison alors que c’était pour 10 jours.
Ils continuent à nous donner des médailles
« Alors ils ont été blessés. En fait, ils ont mauvaise conscience. Ils savent que des centaines de civils y [ville kurde de Cizre] ont été tués et que la situation n’était pas celle qu’ils avaient déclarée. La sentence est en fait pour ça.
Pour cette raison, ils calculent comment ils vont se venger de chacun d’entre nous. Nous faisons face à un processus judiciaire où un acte conjoint, la volonté de ne pas participer à un crime, est jugé séparément.
Je pense que c’est un honneur. Ils continuent à nous donner des médailles ».
L’emprisonnement est une opportunité, pas un problème
Aller en prison n’est pas un problème pour moi, au contraire, on peut y voir une opportunité.
Parce que l’Etat, qui ne nous a pas laissés entrer en prison en tant qu’organisations civiles qui luttent pour les droits de l’Homme, m’a laissé entrer en tant qu' »enquêteur officiel de surveillance ». Je vais donc faire mes observations.
Parce que les prisons, surtout en cette période, seraient devenues des lieux où se déroulent les tortures les plus grave. Au moins, je verrai ce qui se passe sur les lieux, je ferai mes observations et je continuerai à blesser l’État ».
Des documents très précieux pour les futurs étudiants en droit
Korur-Fincancı est d’avis que l’un des gains les plus importants lors des procès des universitaires est le réseau de solidarité qui s’est formé : « Tout le monde (les universitaires qui sont jugés) présente sa propre vision critique du gouvernement sous forme écrite et la dépose dans les archives de l’État.
Peut-être pas aujourd’hui, mais à l’avenir, les étudiants de troisième cycle en droit auront mis en lumière des documents très précieux.
Deuxièmement, cette solidarité s’est renforcée jour après jour. Nous, de parfaits étrangers, nous avons d’abord appris à nous connaître, puis nous avons établi des liens d’amitié, puis nous sommes devenus camarades, nous avons commencé à marcher sur le même chemin.
Nous leur devons peut-être des remerciements pour nous avoir réunis dans ce climat de silence et d’isolement ».
Des ressources précieuses pour les étudiants en journalisme aussi
« Ce qui s’est passé aujourd’hui constituera également une ressource très précieuse pour les étudiants en journalisme. Cette situation a aussi un aspect de honte. Ils verront comment des actes honteux ont été commis dans leur profession. Mais ils penseront aussi à ceux qui ont fait un travail honorable. Ils verront d’honorables journalistes ».
Que s’est-il passé à Cizre ?
Alors que le couvre-feu déclaré le 14 décembre 2015 dans le district de Cizre, dans la province kurde de Şırnak, était toujours en vigueur, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Efkan Ala, a annoncé le 11 février 2016 que les opérations de blocus avaient cessé.
Cependant, le couvre-feu de Cizre a été réaménagé de manière à être en vigueur la nuit à partir du 2 mars 2016 et l’entrée et la sortie du district ont été interdites jusqu’au 2 mars 2016.
Après la levée du couvre-feu dans les quartiers de Cudi et Sur à Cizre, 177 cadavres, dont 25 d’enfants, ont été retrouvés dans les décombres et débris de 3 bâtiments et des maisons voisines.
Bien que les 103 personnes décédées aient pu être identifiées, 74 personnes ont été inhumées sans être identifiées. Le nombre total de morts a été annoncé à 189.
Selon le rapport du Parti démocratique des peuples (HDP), presque tous les cadavres étaient méconnaissables parce qu’ils étaient soit brûlés, soit décomposés.
Les restes d’ossements humains et de munitions militaires ont été retrouvés dans les sous-sols. Les experts médico-légaux ont également trouvé des restes d’os d’enfants dans les sous-sols.
A propos de Şebnem Korur Fincancı
La doctoresse Şebnem Korur Fincancı est une défenseuse des droits et présidente de la Fondation turque des droits de l’Homme (TIHV). La Fondation a participé à la documentation des cas de torture, à la réadaptation de ses victimes et à la fourniture d’une assistance juridique à celles-ci.
Şebnem Korur Fincancı est également l’une des membres fondateurs de l’Association des médecins légistes et a joué un rôle majeur dans l’élaboration des normes de référence des Nations Unies sur les enquêtes et la documentation des cas de torture, le Protocole d’Istanbul.
Elle a mené des enquêtes médico-légales pour dénoncer la torture dans plusieurs pays et en 2014, elle a reçu le Prix international Hrant Dink. Elle a également été l’une des fondatrices de l’Association turque du Code pénal.
Consacrant sa vie professionnelle à l’enquête et à la documentation sur la torture ainsi qu’à la lutte contre ce fléau, Korur Fincancı est devenue l’une des étapes importantes en Turquie à cet égard. En préparant des rapports sur des cas de torture et en rédigeant des articles sur l’éthique médicale dans les années 1990, alors que la torture était répandue en Turquie, elle a été confrontée à l’oppression et à la prévention de l’État.
En 1997, elle est devenue chef du Département de médecine légale à l’Université İstanbul En 2004, elle a été démise de ses fonctions. En 2005, elle a été réintégrée par le tribunal administratif et conformément à la décision du Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK).
Şebnem Korur Fincancı a également participé à la campagne de veille des rédacteurs en chef qui a été lancée en solidarité avec le journal kurde Özgür Gündem, qui a été fermé par le pouvoir turc. Korur Fincancı a été arrêtée le 20 juin 2016 pour avoir participé à la campagne et libérée le 30 juin 2016.
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Une femme parle de l’horreur vécue sous l’occupation à Afrin
E.S. a vécu dans son village occupé pendant un certain temps après l’invasion d’Afrin. Elle a parlé à l’ANHA de l’horreur qu’ils ont vécue sous l’occupation.
Après l’invasion du canton kurde d’Afrin par l’armée turque et ses gangs alliés, la vie s’est transformée en un cauchemar pour les civils. Les civils qui sont restés dans la ville ont été soumis à des pratiques à la limite des crimes contre l’humanité.
E.S. du village de Meydana, dans le district Rajo, est l’un des témoins des événements dans Afrin occupée. Comme tous les habitants d’Afrin, elle a également résisté aux bombardements de l’armée d’occupation turque et de ses gangs alliés.
E.S. a été emprisonnée par l’armée turque et ses gangs pendant un certain temps et a été forcée de quitter son village à mesure que les pillages augmentaient.
E.S. a déclaré: « Le son des canons et des avions étaient incessants. Un jour de février, moi, mon mari et 7 femmes de notre village étions assis chez nous. Nous avons entendu des coups de feu intenses. Puis nous avons compris que les gangs étaient entrés dans le village. Puis ils ont fait une descente chez nous. Ils nous ont demandé où était le PKK, où étaient les armes et les munitions. Où était l’argent. Ils ont tiré en l’air pour nous terroriser.
Je ne pouvais pas me taire. Je leur ai dit que nous étions des civils et des personnes âgées. J’ai dit qu’on n’avait pas d’armes. Alors que je disais ces choses, l’un des membres du gang m’a donné un coup de pied et je suis tombée. Ils ont fouillé les femmes et pris leur argent et leur or. »
MENACES DE MORT, DES JEUNES FEMMES ENLEVÉES
E.S. a déclaré que les gangs ne pouvaient se contenter de vols et de pillages. Elle a déclaré qu’il y avait une jeune femme avec eux à l’époque, que les gangs l’avaient menacée de mort et qu’ils allaient l' »épouser » de force.
E.S. a déclaré qu’ils ont suivi les gangs et sauvé la jeune femme. Les gangs sont revenus plus tard pour enlever de nouveau la femme et ont menacé de tuer la famille s’ils ne donnaient pas l’endroit où se trouvait la femme.
E.S. a ajouté que les jeunes femmes étaient souvent enlevées et « mariées » de force, comme elle l’a vu jusqu’au moment où ils ont quitté Afrin.
E.S. a déclaré que les gangs ont rassemblé les villageois dans l’école du village le troisième jour de l’invasion et ont simplement pillé leurs maisons et volé leurs biens. Les gangs ont ensuite rassemblé les villageois dans la mosquée du village de Meydan Eqbes pour vérifier si quelqu’un avait des liens avec les forces de libération.
E.S. a déclaré qu’elle y était restée 20 jours, après quoi elle a été emmenée dans un avant-poste à la frontière d’avec la Turquie, pour retourner au village après avoir été interrogée. A son retour, elle a découvert que sa maison était endommagée et que tout avait été volé.
« Il n’y avait plus de raison de rester dans le village. Tout était détruit, tout était endommagé. Nous étions remplis de peur et de douleur. C’est pourquoi mon mari et moi avons dû quitter notre village, nos terres », a déclaré E.S. et a appelé les puissances internationales à retirer la Turquie et leurs gangs alliés d’Afrin et à rendre à la population ses propres terres.
Via ANF