Un ministre britannique critiqué pour avoir criminalisé les combattants anti-EI
TURQUIE. Dix prisonniers kurdes hospitalisés
Leyla Güven a été hospitalisée
TURQUIE, AMED – La députée kurded ‘HDP, Leyla Güven a été hospitalisée après avoir annoncé la fin à sa grève de la faim.
Güven a été en grève de la faim depuis 200 jours.
Articles en lien :
Leyla Güven : Je mets fin à ma grève de la faim mais continue mon combat contre l’isolement
TURQUIE. Les prisonniers annoncent la fin des grèves de la faim
Leyla Güven : Je mets fin à ma grève de la faim mais continue mon combat contre l’isolement

Un eurodéputé appelle le CPT à enquêter sur la torture à Halfeti
TURQUIE. Les prisonniers annoncent la fin des grèves de la faim
TURQUIE – Deniz Kaya, au nom des prisonniers condamnés du PKK et du PAJK, a déclaré qu’ils mettaient fin à leur grève de la faim et à leur jeûne de la mort en réponse à l’appel d’Öcalan.
Dans une déclaration au nom des prisonniers politiques kurdes emprisonnés dans les affaires du PKK et du PAJK, Deniz Kaya a annoncé qu’il mettait fin à la grève de la faim et au jeûne de la mort à la suite du message d’Öcalan qui annonçait qu’il s’attendait à ce que ces actions prennent fin.
Les prisonniers condamnés du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le PAJK (Parti des femmes libres du Kurdistan) sont en grève de faim depuis le 16 décembre 2018 et 30 prisonniers sont en jeûne de la mort, exigeant la fin de l’isolement imposé à Abdullah Öcalan.
ANF
Abdullah Ocalan appelle à l’arrêt des grèves de la faim
Les avocats du cabinet d’avocats (Asrın Hukuk Bürosu) qui défendent le leader kurde Abdullah Öcalan ont tenu une conférence de presse concernant leur rencontre avec leur client le 22 mai dernier.
À LA PRESSE ET A L’OPINION PUBLIQUE :
« Nous avons eu une autre rencontre avec notre client M. Öcalan le 22 mai à l’île prison d’İmralı;
M. Öcalan a une fois de plus souligné l’importance du texte qu’il avait précédemment partagé avec le public. Il s’est dit satisfait des débats sur le texte en sept points, co-rédigés par nos quatre clients le 2 mai 2019. Il était d’avis que le besoin fondamental de la Turquie était un débat sur le consensus social, la politique démocratique, la négociation démocratique et une paix honorable. Il a également déclaré qu’il ferait sa part pour faire de ces points les valeurs fondamentales de la politique turque. Il a également ajouté que tout le monde était conscient de l’espoir et du contexte en Turquie, créés par l’approche et la position adoptée en 2013, et que son message devrait être discuté plus avant.
Comme il l’avait fait lors de la réunion précédente, M. Ocalan a rappelé que la permission d’organiser ces réunions ne signifiait pas la présence d’un processus de négociation. Il a dit que ses messages s’adressaient à toutes les forces démocratiques, aux structures politiques de différents niveaux en Turquie et à l’Etat turc. En ce qui concerne sa position, il a également dit : « Nous verrons comment ces cercles réagiront 30 – 40 jours plus tard. » Nous avons cru comprendre qu’il n’a fait aucun commentaire concernant la réaction de ces cercles pour l’instant.
Le message, qui contenait sept points et a été présenté au public le 6 mai, expliquait comment la solution aux problèmes du Rojava, du nord de la Syrie, des FDS [Forces Démocratiques Syriennes] et de la Syrie devait être trouvée. Il a réitéré ses opinions sur cette question. M. Ocalan a déclaré que s’il en avait l’occasion, il jouerait un rôle positif pour les questions syriennes, y compris la question kurde, dans le cadre de l’intégrité territoriale du pays. Il a souligné que ses idées et suggestions de solution résoudraient les problèmes en Syrie et que les droits fondamentaux des Kurdes et des autres communautés devraient être garantis par la Constitution.
Il est fondamental que ces discussions soient menées d’une manière qui puisse conduire à des résultats historiques et plus profonds et qu’elles ne soient pas comprimées dans des agendas politiques quotidiens et étroits. De cette manière, nous voudrions rappeler que la Turquie et le Moyen-Orient ont des problèmes historiques et profonds et M. Ocalan a déclaré que ces problèmes pouvaient être résolus par des approches rationnelles, politiques et culturelles.
L’isolement d’Imrali n’est pas seulement un grave problème juridique, mais aussi un phénomène qui mine politiquement le climat de paix en Turquie. La Turquie a été témoin de l’impact positif de M. Ocalan sur le pays lorsqu’il a pu, même partiellement, jouer son rôle de sujet politique et présenter ses solutions à des problèmes fondamentaux. Au cours des quatre dernières années de l’isolement aggravé de M. Ocalan, la guerre, le chaos et la crise se sont intensifiés en Turquie et dans la région, et le pessimisme a dominé toutes les structures sociales.
D’autre part, nous avons vu que lorsque M. Ocalan a pu partager ses opinions, même de manière limitée, deux fois au cours des vingt derniers jours, l’espoir d’une perspective différente et nouvelle […] des problèmes s’est manifesté.
Au cours de ces réunions, nous avons clairement observé que M. Öcalan avait maintenu sa position pour résoudre les problèmes sur la base d’une paix digne grâce à une résolution démocratique et qu’il était optimiste et confiant pour l’avenir.
Nous exprimons par la présente notre conviction que l’opinion publique démocratique doit prendre ses responsabilités et suivre le processus afin de surmonter l’attitude immorale qui s’est manifestée pendant de longues années dans l’ensemble des prisons. C’est une responsabilité légale, ainsi qu’une responsabilité morale des autorités administratives et judiciaires de s’acquitter de leurs responsabilités en veillant à ce que l’établissement des droits légaux soit assuré sans aucun conflit ni discrimination.
Bien que plusieurs sujets aient été discutés dans le cadre de la réunion, le principal point à l’ordre du jour était les grèves de la faim et les décès massifs qui ont atteint un stade critique.
Dans cette interview, M. Öcalan a exprimé sa gratitude pour la volonté et le dévouement des militants et a considéré cette attitude comme une position honorable. En même temps, il a trouvé que l’attitude des mères était très importante et très appréciée. Par la présente, nous envoyons ses salutations spéciales aux mères.
Au cours de la réunion, Öcalan a insisté sur son appel à l’arrêt des grèves de la faim et des jeûnes de la mort, qui ont atteint leurs objectifs. Après cet appel, nous pensons que les grévistes mettront fin à l’action. Notre client a déclaré que si les pourparlers n’avaient pas lieu à l’avenir, ils pourraient faire l’objet d’une lutte politique, mais qu’il fallait éviter des actions telles que les grèves de la faim et les jeûnes de la mort. Il a déclaré que l’essentiel est une culture de lutte politique démocratique et qu’il est plus important pour les grévistes d’être en bonne santé physique, spirituelle et mentale. Utilisant Gandhi comme exemple pour sa grève de la faim, il a dit que Gandhi a rendu sa grève de la faim significative par sa lutte sociale.
Dans ce contexte, Öcalan a écrit une lettre aux militants de la grève de la faim et du jeûne de la mort. Il a demandé que cette lettre leur soit communiquée. Nous vous présentons cette lettre, qui nous a été remise après la réunion, manuscrite et signée par M. Öcalan, s’adressant aux militants de la grève de la faim et du jeûne de la mort. »
Les mères du samedi : 24 ans de lutte pour la justice

Saleh Muslim : Moscou est derrière le recul d’une solution politique en Syrie
Les avocats d’Ocalan ont transmis son message à Leyla Guven
Les avocats du cabinet d’avocats « Asrın hukuçulari » ont rendu une visite le 22 mai au leader kurde, Abdullah Öcalan, à la prison d’Imralı. Il s’agissait de la deuxième visite des avocats d’Öcalan à leur client. La première rencontre avait eu lieu le 2 mai. Depuis juillet 2011, un régime d’isolement total a été imposé au dirigeant kurde.
Dans une courte déclaration, la députée HDP, Leyla Güven a déclaré: « Les avocats m’ont rendu visite et ont transmis le message de M. Öcalan. Maintenant, ils déploient des efforts intenses pour transmettre le message aux autres militants en grève de la faim. Nous partagerons très bientôt notre avis avec l’opinion publique. »
Dans un communiqué concernant la dernière visite, les avocats ont déclaré :
Les vies de Leyla Güven et des 7 000 grévistes de la faim kurdes sont en danger
PCF : Les résistances font reculer la dictature d’Erdogan
PARIS – Pascal Torre, un ami précieux des Kurdes, membre du Parti Communiste France (PCF) et de l’Association France-Kurdistan, décrit les résistances multiples qui ont lieu en Turquie, notamment dans les régions kurdes, qui donnent du fil à retordre au Président Erdogan :
« Le régime autoritaire, répressif, arbitraire et porteur de haine de Turquie a basculé, depuis l’annulation du scrutin municipal d’Istanbul, dans la dictature. La vision guerrière de la politique du président Recep Tayyip Erdogan a créé une instabilité croissante avec des purges gigantesques, des arrestations interminables, une militarisation de la société, une personnification du pouvoir qui génère une désinstitutionnalisation et une tentative d’élimination de tous les contre-pouvoirs. A cela s’ajoute le retour d’une politique de la terre brûlée dans les Kurdistan de Turquie et de Syrie.
Les islamo-conservateurs disposent encore d’un socle électoral solide qui s’organise autour des valeurs conservatrices, de la turcité et du sunnisme. Cependant la perte récente des grandes villes témoigne d’une usure du pouvoir et d’une érosion de l’influence de l’AKP renforcée par la récession économique.
Cette évolution est à mettre au crédit des résistances des forces démocratiques et en particulier des Kurdes.
Depuis bientôt près de 200 jours un mouvement de grève de la faim a été lancé par la députée Leyla Güven pour exiger de l’Etat turc la levée de l’isolement d’Abdullah Ocalan, incarcéré dans l’île d’Imrali depuis 1999. Il a été privé de la visite de sa famille et de ses avocats pendant 8 ans, en violation de toutes les règles internationales. Cette lutte a pris une ampleur considérable, mobilisant près de 7000 prisonniers politiques mais aussi des militants, dont 14 à Strasbourg. Cette résistance est en passe de faire plier l’intransigeance du pouvoir car, le 2 mai, deux avocats ont pu rencontrer A. Ocalan tandis que le tribunal militaire de Bursa levait les mesures d’isolement qui doivent cependant être suivies d’effet. Le 22 mai, les avocats ont à nouveau pu rencontrer le leader du peuple kurde.
Face au danger de fragmentation de la société turque, A. Ocalan a lancé un nouvel appel au rassemblement des forces progressistes afin de mettre en échec la tyrannie de R.T. Erdogan. Il a réitéré ses propositions de paix, proposé l’ouverture de négociations et rappelé que l’adoption d’une constitution fédérale en Syrie pourrait constituer une base pour une paix durable.
Les mobilisations prennent également de l’ampleur en France notamment après l’arrestation de Tuna Altinel, maître de conférence en mathématiques à l’université de Lyon qui doit être libéré immédiatement. La constance des familles et des avocats des trois militantes kurdes assassinées à Paris en 2013 vient de se traduire par l’ouverture d’une nouvelle information judiciaire qui entend poursuivre les services secrets turcs comme étant les commanditaires du crime. La justice avait déjà reconnu l’implication du MIT mais cette décision exceptionnelle marque la fin de l’impunité pour des assassinats politiques en France organisés depuis l’étranger. La Turquie de R.T. Erdogan et son ambassadeur à Paris vont devoir rendre des comptes.
Le Parti communiste français (PCF) est pleinement solidaire des luttes des peuples de Turquie dans leur diversité. Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF, aux côtés de la présidente de France-Kurdistan, Sylvie Jan, était présente à Diyarbarkir au moment de la sortie de prison de Leyla Güven. Les parlementaires européens communistes et du Front de Gauche ainsi que les sénateurs Laurence Cohen et Pierre Laurent se sont rendus à Strasbourg pour exprimer leur solidarité avec les grévistes de la faim. Le PCF se mobilise et agit pour que la France et l’Union européenne condamnent la politique liberticide et expansionniste de R.T. Erdogan et apportent leur soutien aux forces démocratiques de Turquie. Combattre avec fermeté et détermination cette tyrannie est une condition indispensable pour bâtir une perspective de paix en Turquie mais aussi au Moyen-Orient. »
Pascal TORRE
Responsable-adjoint du secteur international du PCF
Chargé du Maghreb et du Moyen-Orient