AccueilKurdistanBakurLe barreau d'Urfa : Les détenus soumis à la torture sexuelle à...

Le barreau d’Urfa : Les détenus soumis à la torture sexuelle à Halfeti

TURQUIE – URFA – Dans son rapport sur les Kurdes arrêtés à Halfeti en mai dernier, le barreau d’Urfa a déclaré que plusieurs d’entre eux avaient été victimes d’agressions sexuelles.
 
Le barreau d’Urfa a publié son rapport concernant les allégations de torture subie par les Kurdes, dont des femmes et des mineurs, arrêtés après une opération dans le quartier de Dergili (Dêrto) à Halfeti, Urfa.
 
Le rapport indique que plusieurs personnes détenues à Halfeti ont subi des agressions sexuelles et que celles qui ont été torturées et maltraitées ont été menacées par des policiers pour les empêcher de raconter ce qu’elles ont vécu.
 
Préparé par un comité de 11 avocats, le rapport comprend également les requêtes des avocats qui ont fait appel au barreau d’Urfa, les récits de ceux qui ont été soumis à la torture en détention et les requêtes de leurs proches.
 
Dans un conflit qui a éclaté entre les forces de sécurité et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) le 18 mai 2019, un policier a perdu la vie. 54 personnes ont été placées en détention.
 
Torture et mauvais traitements
 
Dans son rapport, le barreau d’Urfa a indiqué que ses réunions en face à face, ses rapports judiciaires, ses comptes rendus détaillés, ses observations et ses examens confirment que les détenus ont été soumis à la torture et aux mauvais traitements.
 
Soulignant que le Juges Pénal a également annexé les allégations de torture à l’enregistrement en voyant les marques de torture et de mauvais traitements sur les détenus, le rapport a partagé les informations suivantes :
 
* Les avocats des victimes n’ont pas été autorisés à rencontrer leurs clients détenus de manière légale. Bien qu’une réunion d’avocats puisse se tenir sans procuration, les avocats ont été obligés de présenter une lettre.
 
* Dans les premiers jours de leur détention, les détenus ont été contraints de consulter leurs avocats en compagnie de la police et en turc et il a été constaté que dans le cas contraire, ils n’étaient pas autorisés à rencontrer leurs avocats.
 
Interrogatoire en l’absence d’avocats
 
* Les menottes des détenus n’ont pas été enlevées alors qu’ils se tenaient devant le juge et le procureur. Ils ont été interrogés et ont donné leur déposition les mains menottées dans le dos.
 
* Comme il est également indiqué dans certains procès-verbaux d’interrogatoire, les audiences de prolongation et de révision de la détention ont eu lieu en l’absence des avocats.
 
* Bien que les détenus étaient censés subir un examen médical en détention, il a été détecté que le médecin s’est rendu à la Direction antiterroriste de Şanlıurfa et sans examiner les détenus, il a donné un rapport médical, indiquant qu’il n’y avait aucune trace de coups et blessures ou de force sur leurs corps.
 
* Il a également été constaté que lorsque les victimes ont été orientées vers les hôpitaux, les examens n’ont pas été effectués dans le respect de la procédure, de la réglementation et des obligations légales applicables.
 
Pressions, insultes, contradictions avec la loi…
 
* Il a été constaté que certaines des victimes ont été systématiquement torturées alors qu’elles étaient en détention. Il a également été dit que plusieurs victimes, qui étaient détenues en tant que suspectes, ont été soumises à la torture sexuelle.
 
* Il a été conclu que toutes les victimes ont été insultées et soumises à une forte pression psychologique tout au long de leur détention.
 
* Il a été entendu que ceux qui ont été soumis à la torture et aux mauvais traitements ont été menacés par certains policiers pour les empêcher de raconter ce qu’ils ont vécu en détention.
 
* Notre commission a constaté que les mesures de sécurité en question sont toujours en vigueur, ce qui suscite la peur et l’inquiétude chez les gens qui y vivent.
 
* Lorsque les victimes ont été conduites devant le juge […], certains juges les ont également empêchées, elles et leurs avocats, d’exprimer leurs allégations de torture.