Les Kurdes luttent pour sauver leur langue millénaire

A l’occasion de la Journée de la langue kurde célébrée ce 15 mai, revenons sur l’histoire de survie de cette langue millénaire menacée par les États colonisateurs du Kurdistan.  
 
Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous l’occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.
 
Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »
 
En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)
 
Alors que le kurde a toujours été interdit dans le sphère publique sous la République fondée par Atatürk, l’AKP, le parti du président Erdogan, avait montré une « tolérance » certaine aux travaux et réalisation autours de la langue kurde dans les années 2000. Avec la première défaite du parti AKP lors élections de 2015, ce dernier s’est attaqué au parti HDP « pro-kurde », tenu responsable de cette défaite et la guerre anti-kurde a de nouveau été activée. Depuis 2015, plusieurs jeunes Kurdes ont été tués ou agressés en Turquie pour avoir parlé en kurde ou écouté une chanson kurde.
 
Dans la partie orientale du Kurdistan (Rojhilat) occupée par l’Iran, des enseignants de la langue kurde sont emprisonnés alors que la langue persane et kurde sont deux langues sœurs, tandis qu’au Rojava (Kurdistan syrien), avec leur autonomie de facto, les Kurdes utilisent leur langue dans tous les domaines de la vie à côté de l’arabe qui reste une des langues officielles de la région. Au Kurdistan du Sud (Bashur), le kurde est la langue officielle du gouvernement régional du Kurdistan irakien. Dans la région yézidie de Shengal, la langue kurde est restée plutôt intacte du fait que les Kurdes yézidis sont restés isolés des autres peuples voisins afin de se protéger des attaques musulmanes qui voulaient éradiquer le yazidisme.  
 
Plusieurs dialectes kurdes menacés de disparition
 
Le kurmancî est le plus important dialecte kurde le plus parlé au Kurdistan. Mais d’autres dialectes kurdes, comme le zazakî / kirmanckî ou gorani / hawrami sont menacés de disparition faute de locuteurs suffisants… (Pour en savoir plus sur les dialectes kurdes et les régions où ils sont parlés, lire « Une base de données sur les dialectes kurdes« , écrit par Salih Akin.)
 
Face aux nombreuses interdictions menaçant le kurde d’un génocide linguistique, la langue kurde mène une lutte de survie. Au Bakur, les nouvelles générations de Kurdes qui ne parlaient plus le kurde exigent que leur langue soit enseignée à l’école et soit une des langue officielles de la Turquie où vivent plus de 20 millions de Kurdes privés de tous leurs droits.
 
Cejna zimanê kurdî pîroz be / Bonne fête de la langue kurde
 
* « Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.
 

Les Kurdes célèbrent la Journée de la langue kurde

0
Depuis 2006, le 15 mai est la Journée de la langue kurde. Une date associée à la parution de la revue kurde « Hawar » en 1932 en alphabet latin qui a remplacé l’alphabet arabe.
 
Le 15 mai 1932, paraît à Damas, le premier numéro de la revue kurde Hawar, sous la direction de Celadet Elî Bedirxan (Celadet Bedir Khan) et de ses amis, exilés en Syrie après la fondation de la République de Turquie en 1923. Revue à caractère littéraire, mais aussi politique, Hawar joue un rôle extrêmement important dans la renaissance et le développement de la langue kurde qui est menacée par les nouveaux États-nations occupant le Kurdistan.

Écrite essentiellement en kurmancî, principal dialecte kurde, mais aussi en soranî et zazakî, en plus de quelques publications en français, la revue bimensuelle contribue à la formation de grands noms de la littérature et de la langue kurde, comme le poète Cegerxwîn, et connaît un grand succès, avec ces 57 numéros publiés entre 1932 et 1943.

Outre son intérêt littéraire et linguistique, Hawar a pour particularité d’introduire l’alphabet latin dans l’écriture du kurde qui était jusqu’alors transcrit en alphabet arabe.

Fêtée depuis 2006, la journée de la langue kurde est l’occasion d’élever la revendication de l’enseignement dans la langue maternelle et de dénoncer les politiques répressives des États à l’encontre du kurde.

Des quatre États qui occupent le Kurdistan (Turquie, Iran, Irak, Syrie), c’est la Turquie qui a déployé les plus grands efforts visant à l’assimilation et la disparition de la langue kurde.

Alors que le kurde a toujours été interdit dans le sphère publique sous la République fondée par Atatürk, l’AKP, le parti du président Erdogan, avait montré une « tolérance » certaine aux travaux et réalisation autours de la langue kurde dans les années 2000. Avec la première défaite du parti AKP lors élections de 2015, ce dernier s’est attaqué au parti HDP, tenu responsable de cette défaite. Et comme le HDP était un projet kurde pour les peuples de la Turquie, le pouvoir truc a mené une répression sans précédent à partir de 2016 : avec la déchéance et l’arrestation des maires kurdes du Parti démocratique des Peuples (HDP) et leur remplacement par des administrateurs désignés par le gouvernement turc, toutes les structures kurdes – écoles, centres de formation, centres pour la protection des femmes, institut de recherche et de langue, maison d’édition, chaînes de radio et de télévision- destinées à la préservation, la diffusion et le développement de la langue kurde ont été interdites.

Malgré les tentatives centenaires menaçant le kurde d’un génocide linguistique, cette langue reste bien vivante, que ce soit au Rojhilat, Rojava, Bashur et Bakur ou dans la diaspora. Au Rojava (Kurdistan syrien) en particulier, elle connaît un grand essor, avec l’institution par l’administration autonome d’un enseignement généralisé dans la langue maternelle, c’est-à-dire le kurde, mais aussi l’arabe, l’assyrien et l’arménien.

La préservation de la langue kurde occupe par ailleurs une place importante dans les activités des organisations de la diaspora kurde qui déploient de grands efforts pour développer son enseignement et la transmettre aux nouvelles générations.

Cejna zimanê Kurdî pîroz be / Bonne fête de la langue kurde
 

La Turquie installe des djihadistes étrangers à Afrin avec les financements européens et des pays du Golfe

0
SYRIE / ROJAVA – Les financements des pays du Golfe et d’Europe accordés à la Turquie au nom de l’aide humanitaire ou de secours sont utilisés pour construire des logements pour des jihadistes installés dans le canton kurde d’Afrin et le recrutement de mercenaires ouïghours, ouzbeks et turkestans, à déclaré Ibrahim Sheikho, porte-parole de l’ONG des droits humains Afrin-Syrie.
 
 
Le porte-parole de l’ONG des droits humains Afrin-Syrie, Ibrahim Sheikho a déclaré que depuis l’occupation d’Afrin, le changement démographique a été entrepris en plein essor et publiquement et continuellement à tous les niveaux par l’occupation turque et ses mercenaires.
 
Il a ajouté : « Cela se fait sous les noms de l’humanitaire et du secours, avec des fonds [venus] du Golfe et d’Europe, y compris de l’Allemagne. »
 
Sheikho a noté: « L’occupation turque accélère la réinstallation des familles turkmènes le long de la frontière avec la Turquie, où elles ont été amenées de différentes régions syriennes.
 
L’occupation turque pousse les mercenaires du Turkestan, des Ouïghours et ouzbeks à des lignes de contact dans le district de Sherawa. »
 
Concernant la présence des jihadistes à Afrin, Sheikho a déclaré: « L’occupation turque a amené des centaines de mercenaires de Jabhet Al-Nusra et de l’Etat islamique d’origine Turkestan, Ouïghoure et ouzbèke, et les a déployés le long des lignes de contact. dans les villages du district de Sherawa.
 
Le déploiement d’unités spéciales de mercenaires du Turkestan, ouïghour et ouzbeks est supervisé par des mercenaires Faylaq Al-Sham, dirigés par le chef des mercenaires Abdullah Halawa, qui a récemment fait défection des mercenaires d’Al-Hamzat.
 
Dans la prochaine étape, des mercenaires djihadistes seront déployés dans les villages du district de Janders à Afrin occupé. »
 
Sheikho a souligné que « la plupart de ces éléments viennent du gouvernorat d’Idlib et que le but est d’isoler la ville d’Afrin du reste des autres régions syriennes, et de l’encercler par des factions djihadistes classées sur la réglementation internationale du terrorisme.
 
L’occupation turque coupe l’eau qui irrigue la ville d’Afrin, qu’elle soit potable ou d’irrigation, venant du barrage de Maidanaki, dans le district de Shera. »
 
Sheikho a confirmé que l’occupation turque modifiait le cours de l’eau du barrage et en détournait la majeure partie vers la ville syrienne d’Azaz occupée par la Turquie.
 
Le porte-parole de l’Organisation des droits de l’homme Afrin-Syrie Ibrahim Sheikho a conclu que L’État d’occupation turc continue à changer la démographie de la région et les crimes contre les habitants d’Afrin jusqu’à ce que le dernier citoyen soit déplacé d’Afrin et que les Turkmènes soient installés à leur place.
 

Le Rojava menacé par une catastrophe environnementale

0

SYRIE / ROJAVA – Les autorités du Rojava appellent les ONG des droits humains et l’ONU à faire pression sur la Turquie avant qu’une catastrophe environnementale ne menace la vie de millions de personnes suite à la réduction du débit du fleuve Euphrate pour assoiffer les Kurdes syriens.

Le responsables de l’Organisation des droits de l’Homme de Jazira, Avin Juma, a déclaré qu’ils étaient conscients des difficultés rencontrées par la population en raison de la baisse du niveau d’eau de l’Euphrate, notamment avec la faible chute de pluie au cours de l’année.

Prélude au génocide

Avin a noté que les pratiques de la Turquie en matière de réduction du niveau d’eau de l’Euphrate sont « un prélude au génocide, en assoiffant des gens, en asséchant la région et en mettant en danger la vie des millions de civils, en particulier à la lumière de la propagation du COVID 19.

Violation des chartes internationales

Avin a attiré l’attention sur les accords juridiques signés par la Syrie, la Turquie et l’Irak en ce qui concerne les rations d’eau de l’Euphrate : « Légalement et conformément au droit de Rome, le blocage des eaux de l’Euphrate est un crime de guerre et un crime de génocide. Il s’agit d’une violation du traité signé entre la Syrie, l’Irak et la Turquie sur la part des eaux de l’Euphrate revenant à la Syrie et à l’Irak, qui est censée être de 500 mètres cubes par seconde, mais qui, pour l’instant, a été réduite à moins d’un quart. Elle demande donc au gouvernement de Damas et au gouvernement irakien de remplir leur devoir à cet égard et de déposer une plainte contre la Turquie auprès de la Cour internationale de justice. « 

Préparation d’un rapport détaillé sur le fait de la réduction du niveau de l’Euphrate

À propos de ce que peut faire l’Association des droits de l’homme de Jazira pour endiguer ces violations, Avin Juma a déclaré : « Nous préparons actuellement un rapport détaillé sur le fait de l’abaissement du niveau de l’Euphrate, qui sera soumis aux organismes de défense des droits, où nous appelons à déposer une plainte auprès des Nations unies, afin de faire pression sur la Turquie pour limiter ses violations systématiques contre la population. »

La population menacée par une catastrophe environnementale

L’administrateur de Human Rights in Jazira a appelé les Nations unies et les organisations de défense des droits de l’homme sur la question de la sécurité alimentaire et des populations à jouer leur rôle, et à faire pression sur la Turquie pour qu’elle accorde à la Syrie et à l’Irak une part de l’Euphrate afin de sauver la région d’une catastrophe environnementale qui menace la sécurité alimentaire dans la région et dont les conséquences se font jour.

ANHA

Ces Kurdes tués ou agressés en Turquie pour avoir parlé leur langue maternelle

Nous sommes en 2021 et les millions de Kurdes sont encore interdits de parler leur langue sur leurs terres, que ce soit en Turquie ou en Iran. Certains d’entre eux ont été été agressés ou tués en Turquie pour avoir parlé en kurde ou écouté de la musique kurde…
 
Ces interdits et crimes visant la langue kurde s’appellent le génocide linguistique dont la Turquie se rend coupable.Mais étant donné tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité que la Turquie commet contre les Kurdes depuis plus d’un siècle, disons que la Turquie n’est à un crime près et faisons un état des lieu de la langue kurde en Turquie à l’heure actuelle à travers le témoignage du militant kurde Mirza Roni.
 
La pression exercée sur les Kurdes en Turquie pour qu’ils ne parlent pas leur propre langue reflète une intolérance générale envers la population kurde, a déclaré la coprésidente de l’Association de la langue et de la culture de Birca Belek, Mirza Roni. S’adressant à l’agence de presse Mezopotamya (MA), Roni a déclaré que cinq personnes avaient été tuées en Turquie au cours des sept dernières années pour avoir parlé kurde. Il a ajouté que les autorités étaient restées silencieuses sur les crimes de haine visant les Kurdes. Selon Roni, en 2015, A.Ö, 11 ans, avait été battu puis expulsé de l’école dans l’est de la province d’Erzurum parce qu’il parlait le kurde. Un an plus tard, une autre étudiante, Pınar Çetinkaya, a été expulsée de son dortoir pour avoir parlé kurde avec sa famille au téléphone. La direction du dortoir a affirmé qu’elle avait des liens avec des organisations kurdes illégales. Bedriye Yaşlı, 71 ans, et son mari ont été battus dans un hôpital par le visiteur d’un autre patient pour s’être entretenu en kurde en 2019. «La population kurde est opprimée parce qu’elle parle sa langue. Non seulement des gens ont été tués, mais des magazines, journaux, agences de presse et chaînes de télévision kurdes ont été fermés», a déclaré Roni. Selon Roni, la politique du gouvernement décourageant l’utilisation du kurde est embarrassante. Bien que les associations kurdes aient travaillé dur pour préserver leur langue et leur culture, leurs activités sont constamment menacées d’être interdites, a-t-il déclaré. Les autorités ont de plus en plus restreint l’utilisation du kurde ces dernières années. L’administration locale nommée par le gouvernement a supprimé les panneaux de signalisation bilingues turco-kurdes dans la ville à majorité kurde de Diyarbakır, dans le sud-est de la Turquie, en 2018. La même administration a fermé une bibliothèque audio en langue kurde pour les enfants handicapés. Les crimes haineux contre les Kurdes ont augmenté en Turquie ces derniers temps. En octobre dernier, un ouvrier agricole saisonnier kurde, Şirin Tosun (19 ans) a été  abattu  à Sakarya pour avoir parlé à ses amis en kurde. Seize ouvriers agricoles saisonniers kurdes ont été attaqués le 4 septembre 2020 par un propriétaire de ferme et un groupe de villageois dans la province de Sakarya, au nord-ouest de la Turquie, lors d’un incident qui semble avoir été causé par un sentiment anti-kurde. Dans  un autre crime de haine, le père et le fils Kadir Sakçı (43 ans) et Burhan Sakçı (16 ans) ont été attaqués par une foule, toujours à Sakarya, pour s’être entretenus en kurde. Kadir Sakçı est décédé des suites de ses blessures et Burhan a été hospitalisé pendant une longue période. Les interdictions contre l’utilisation du kurde en Turquie remontent à plusieurs années. La langue, les vêtements, le folklore et les noms kurdes sont interdits depuis 1937. Les mots «Kurde» et «Kurdistan» font partie de ceux officiellement interdits. Après un coup d’État militaire en 1980, parler le kurde était officiellement interdit, même dans la vie privée.
Via le site SCF

ROJAVA. Des gangs de la Turquie incendient des conduites d’eau à Kobanê

0
SYRIE / ROJAVA – Des djihadistes au service de la Turquie ont allumé des feux de champs dans l’ouest du canton kurde de Kobanê et incendié des conduites d’eau. Dans de nombreux endroits, l’approvisionnement en eau est actuellement limité.
 
La saison annuelle des incendies criminels déclenchée par des djihadistes à la solde de la Turquie a commencé à Kobanê. Ce qui est nouveau, c’est qu’en plus des champs cultivés, des conduites d’eau ont également été délibérément incendiées. Selon l’administration de l’eau de Kobanê, l’ouest du canton a actuellement un approvisionnement en eau limité. La population a été appelée à utiliser l’eau potable avec parcimonie. Les travaux de réparation battent leur plein.
 
Les champs et les conduites d’eau des environs de la ville de Şêxler, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la ville, sont touchés par les incendies. Selon les informations disponibles, les attaques provenaient du bas Jarablus (Jarabulus Tahtani) entre la ville du même nom et l’Euphrate. Jarablus est situé dans la zone occupée turque et est occupé par la Turquie depuis 2016. Ces dernières semaines, des vols de reconnaissance ont été observés à plusieurs reprises au-dessus de Şêxler.
 
Chaque année, le Rojava étouffe dans les incendies de champs et de forêts déclenchés par les forces d’occupation turques et leurs alliés djihadistes. L’incendie criminel ciblé fait partie de la guerre contre le nord et l’est de la Syrie et sert la Turquie comme méthode de politique d’expulsion systématique et de nettoyage ethnique. Déjà pendant l’occupation d’Afrin il y a deux ans, l’Etat turc a mis en place des mesures pour détruire systématiquement les fondements économiques de la région kurde.
 

Leyla Qasim, militante kurde pendue à l’âge de 22 ans par Saddam Hussein

0
Ce 12 mai 2021, nous nous inclinons devant la mémoire de Leyla Qasim, militante kurde pendue à l’âge de 22 ans par Saddam Hussein, le boucher irakien vénéré encore par trop de monde, dont des Palestiniens… pour avoir défendu les droits des femmes et des Kurdes.
 
Le 12 mai 1974, le régime sanguinaire du dictateur irakien, Saddam Husein, a pendu Leyla Qasim, une activiste et féministe kurde qui militait pour les droits des Kurdes et des femmes dans un Kurdistan colonisé. Aujourd’hui, 47 après son exécution, Leyla Qasim est considérée comme l’une des femmes qui ont marqué l’histoire du peuple kurde, comme ce fut le cas de Sakine Cansiz, Zarife Xatun… Son portrait orne les murs de nombreux foyers kurdes et les lieux publics au Kurdistan.
Qui était Leyla Qasim ?
Leyla Qasim est née en mai 1952 à Xaneqin, au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak). Elle est la fille de Dalaho Qasim et de Kanî qui avaient 5 enfants. Les Qasim étaient des paysans vivant dans une grande pauvreté, dépendant des rations alimentaires et des vêtements. Leyla et son frère, Chiyako, ont appris l’arabe par leur mère quand ils avaient six et huit ans. Leyla a fréquenté l’école primaire et secondaire dans sa ville natale – Xaneqin. Elle est partie s’installer à Hewler à 14 ans. En 1971, elle est allée à Bagdad et a étudié la sociologie à l’Université de Bagdad. Leyla était la membre fondatrice du syndicat des étudiants kurdes. Elle a un impact significatif sur les étudiants kurdes de l’Université de Bagdad. Leyla militait pour l’égalité, les droits des femmes et la sensibilisation à la question kurde.
Quand Leyla avait seize ans, Abdul Rahman Arif fut renversé par le chef du parti Baas, le général Ahmed Hassan al-Bakr. Leyla fut frappée par la prise de contrôle violente dans la capitale. À la fin des années 1960, Leyla et Chiyako ont écrit des brochures sur les horreurs du parti Baas, dont le nouveau chef, Saddam Hussein, qu’ils ont décrit comme étant contre l’indépendance kurde.
Leyla et ses camarades ont été arrêtés à la suite d’une vaste opération des anciennes troupes irakiennes et elle a été reconnue coupable de séparatisme. Pendant son incarcération, elle a été torturée et soumise aux traitements les plus inhumains. Mais elle n’a jamais rien avoué et a toujours été fidèle au mouvement de libération kurde. Finalement, elle a été pendue après un long procès, diffusé dans tout l’Irak.
Leyla Qasim fut la première femme à être exécutée en Irak et la quatrième prisonnière politique au monde à être exécutée. Leyla et ses quatre camarades Jawad Hamawandi, Nariman Fuad Masti, Hassan Hama Rashid et Azad Sleman Miran furent exécutés à Bagdad, le 12 mai 1974.
Leyla est considérée comme un symbole national et une force morale pour les nouvelles générations qui ont rejoint le mouvement de résistance kurde. Leyla a été exécutée, mais des milliers de fillettes nées au Kurdistan reçoivent encore aujourd’hui le prénom de Leyla.
Leyla Qasim est devenue le thème de nombreux poèmes et chansons kurdes. En exécutant Leyla et ses camarades, le régime Baas espérait l’éradication du mouvement de libération kurde, mais l’exécution de Leyla était un début pour de nouveaux Leyla. Une Leyla a été exécutée, mais des milliers de Leyla sont maintenant à l’avant-garde de la résistance kurde qui combat les puissances occupantes au Kurdistan et ne s’arrêteront pas avant de triompher.
 
Par Kurdo Challi, en hommage à Leyla Qasim

L’Etat turc tue impunément les civils kurdes

0
TURQUIE / BAKUR – Des ONG critiquent l’impunité concernant les meurtres de civils dans les régions kurdes commis par les forces armées turques alors qu’un des petits fils de Seyid Riza fut tué récemment par un drone turc à Dersim / Ovacik.
 
La Fédération des associations de Dersim (DEDEF) et l’Association démocratique alévie (DAD) ont publié une déclaration écrite concernant Murat Yıldız, 28 ans, tué par un drone de l’armée turque dans le village d’Ağaçpınar, où il était allé construire un abri pour ses animaux dans le district d’Ovacık, province de Dersim. Le communiqué de la DEDEF a souligné que les morts de civils ont augmenté à la suite des opérations militaires et des affrontements dans la ville. «Ces opérations violent notre droit à la vie. Les attaques contre les civils restent impunies. Des civils ont été tués au cours d’opérations militaires menées ces dernières années dans différentes provinces. Aucune enquête n’a été menée jusqu’à présent. Nous exigeons que des enquêtes efficaces et suffisantes soient menées contre les responsables et que la population de Dersim soit informée de tous les processus judiciaires et administratifs», indique le communiqué. La DAD a rappelé que le jeune fils de Seyit Rıza, Resik Hüseyin, avait également été exécuté sous ses yeux et a noté que la famille subissait encore un massacre 84 ans après le génocide de Dersim. «Depuis 1938, les massacres se poursuivent. La persécution (…) des gens qui cherchent la vérité s’étend dans le temps. (…) Il est temps de se réunir. Les gens devraient élever la voix où qu’ils soient, afin que les auteurs soient trouvés et jugés dès que possible, afin que d’autres jeunes ne soient pas tués, afin que les mères ne pleurent pas », indique le communiqué.
 

Campagne internationale : Pas un féminicide de plus !

0

Des dizaines d’organisations de femmes ont lancé une campagne mondiale pour dénoncer et combattre le féminicide né des relations de pouvoir et de domination que le système patriarcal a mises en place au cours des 5 000 dernières années.

Le Bureau des relations avec les femmes kurdes (REPAK) fait partie des organisatrices de la campagne, dont voici la déclaration :

« Tout féminicide est politique. Il est le produit des relations de pouvoir et de domination que le système patriarcal a établies au cours des 5 000 dernières années. De cette époque à aujourd’hui, l’alliance de la religion, de l’État et de l’armée continue de soumettre la terre, le peuple et les femmes.

Tous ces meurtres sont l’expression d’une mentalité dominante qui n’accepte que son droit à la propriété, et par conséquent, une obéissance docile et silencieuse des femmes. Tous ces meurtres indiquent à quel point les pouvoirs en place sont impitoyables et visent à réduire le pouvoir de la majorité laborieuse, à quel point la classe dirigeante est despotique à l’égard des femmes et du reste des secteurs marginalisés. La tyrannie et le militarisme, l’agression et l’invasion contrôlent le monde, ciblant ceux qui sont dissidents et défendent leurs droits.

Nous assistons à une nette augmentation des meurtres politiques perpétrés par les États-nations, les forces paramilitaires et les entreprises d’État contre les femmes leaders politiques et communautaires du monde entier, au nom d’intérêts économiques transnationaux. Si nous examinons le profil des femmes victimes d’assassinats, nous constatons qu’elles ont un certain rôle d’avant-garde dans l’organisation et la conduite de la lutte contre l’exploitation. Ce sont des militantes, des intellectuelles, des avocates, des journalistes, des artistes, des révolutionnaires et des politiciennes qui défendent leur patrie, leur territoire collectif et leur cadre de vie en tant que représentantes des droits des femmes, des droits de l’homme, des peuples indigènes. Ils sont visés en raison de leur rôle de premier plan au sein de leurs organisations et communautés face à la cupidité des intérêts économiques.

Assez ! Nous n’en pouvons plus ! C’est pourquoi nous avons décidé de nous unir afin de prendre soin les unes des autres et arrêter les féminicides ; en particulier ceux contre les femmes qui comprennent cela et luttent contre cela, pour notre liberté en tant qu’humanité.

Donc, en tant que femmes que nous sommes : Nous voulons dévoiler et dénoncer la racine de ces féminicides contre nos pionnières et précurseuses de la liberté. Nous voulons analyser collectivement le contexte pour savoir pourquoi nous sommes tuées. Nous voulons montrer les structures de pouvoir qui promeuvent et bénéficient de notre criminalisation et de notre mort. Nous voulons échanger les expériences de notre propre justice qui, depuis les territoires, déborde de l'(in)justice patriarcale, coloniale, étatique, raciste, capitaliste. Nous voulons rejoindre des tribunaux autonomes qui ont déjà donné des exemples historiques pour la lutte et la défense des femmes.

Nous, descendantes de sorcières brûlées et libérées, petites-filles de femmes colonisées et asservies, filles de femmes civilisées et citoyennes, sommes les héritières de sagesses millénaires. Nous sommes les gardiennes de nos territorialités et depuis différentes sphères nous continuons à lutter pour la vie malgré la mort qui nous est imposée. Nous sommes celles qui nous convoquent pour nous unir ici et maintenant, à partir d’une perspective critique et autocritique nous permettant de nous organiser et d’avancer ensemble contre les féminicides, pour reconnaître, affronter et dépasser le pacte patriarcal.

Nous connaissons les schémas communs et l’impunité qui existent partout. Nous connaissons les innombrables organisations, initiatives et campagnes qui, dans le monde entier, enquêtent sur les féminicides, les dénoncent, ainsi que celles qui l’ont fait tout au long de l’histoire. Nous connaissons les tribunaux et leurs efforts pour exercer la justice contre l’État et les sociétés transnationales. Pour cette raison, notre intention n’est pas de créer une autre structure ou de monopoliser la lutte contre les féminicides, mais de nous organiser au niveau international en tant que femmes que nous sommes, de nous unir pour défendre les défenseurs des femmes. Nous engager et faire tout ce qui est nécessaire pour mettre fin aux féminicides des pionnières et des précurseurs, qui détruisent les luttes sociales.

Pour commencer ce processus, nous allons promouvoir une campagne contre les féminicides en nous appuyant sur la fraternité et la solidarité entre les organisations, sur la confiance et l’affinité entre les femmes et sur l’engagement éthique et politique qui nous appelle toutes à rendre justice à l’injustice dont nous, les femmes, sommes victimes dans le monde. Pour tout cela et pour tout ce qui ne peut être mentionné de colère, de douleur et d’inspiration, nous proposons comme principe essentiel que cet effort contre l’assassinat des femmes pionnières et précurseurs appartient à toutes celles d’entre nous qui s’y engagent. Que personne ne s’arroge la propriété de ce qui nous appartient à tous, et que nous assumons chacun d’entre nous : la vie, la justice et la lutte pour notre liberté. »

Organisations signataires

Acción Afro-Dominicana, République dominicaine

Acid Magazine – Publication féministe

Collectif de femmes Afro Las Malungas, Colombie

Alianza Ceibo Foundation, Équateur – Alicia Salazar, directrice exécutive

Alternative Vision, A.C., Mexique

Amazon Frontlines – AF

Féminisme communautaire antipatriarcal, Qullasuyu, Marka, Bolivie

Féminisme communautaire anti-patriarcal

Aquelarre, laboratoire de communication visuelle et de design, Popayán, Cauca, Colombie

Femmes autonomes et dissidentes du Comité de solidarité avec le Kurdistan, Mexico

Casafem, Paraguay

CEPLA, Équateur

Comité préparatoire provincial de Chimborazo pour la 3e rencontre internationale des femmes ALyC. Brésil 2022.

Collectif Ana Peralta, Équateur

Centre des droits des femmes du Chiapas, Mexique

Colectiva Caracol Artesanal, Mexique

Collectif d’Anthropologie de l’Equateur

Collectif Café de Mujeres, Mexique

Collectif Not One Less – Buenos Aires, Argentine

Commune des Femmes Equateur

Comité de solidarité avec le Kurdistan – Équateur

Pratiques communautaires pour le sauvetage de la mémoire et de la vie. Femmes en lutte Xalapa, Veracruz, Mexique

CONCONAWEP – Conseil de coordination de la nationalité waorani de l’Équateur-Pastaza, Nemonte Nenquimo, présidente

Coordinatrice des femmes paysannes et indigènes, Paraguay

Courage, Allemagne

Dissident Cholas, Chili

Diversa House, Paraguay

Féminisme, genre, intersectionnalité et sujets politiques, maîtrise en éducation et droits de l’homme de l’UNAULA, Colombie

Collectif citoyen féministe « N’attends pas que ça t’arrive », Équateur

Collectif féministe Runas, Équateur

Alliances nationales des femmes philippines GABRIELA, Philippines

Réseau des femmes insurgées, Mexique

#keinemehr (Allemagne)

Kongreya Star, Rojava – Nord-Est de la Syrie

Kufa e.V., Allemagne

Collectif Kuña Sororas, Paraguay

Bureau des relations avec les femmes kurdes (REPAK), Kurdistan irakien

Association latino-américaine pour le développement alternatif, ALDEA, Équateur

Réseau féministe latino-américain : espaces communautaires pour l’auto-soin, Équateur

Réseau latino-américain contre la violence de genre, régional

Macarena, Colombie

Journal Madre Tierra, Medellín, Colombie

Réseau de femmes mapuches Trawun pu zomo, commune de Cholchol, Wallmapu

MuMaLa-Women of the Latin American Matria, Argentine

MundoSur, régional

Collectif féministe Ñotyhara, Paraguay

Femmes de l’OSU, Paraguay

Plate-forme des femmes féministes universitaires – PUF, Paraguay

Nature morte culturelle de la maison Pocho, Ludueña, Rosario, Argentine

Collectif Politiquement Incorrect, Mexique

Front populaire féminin, Équateur

Red Colectivas Feministas de Michoacán, Mexique.

Parents et compagnons de victimes et de survivantes de fémicides, Équateur.

Théâtre de la Résistance, Chili

Ruda Collective Feminist Ecuador

SERUNI, Indonésie

Communautés SETAA – Planteurs de territoires, d’eaux et d’autonomies, affectées par Hidroituango

Réserve indigène de Siona Buenavista, Colombie

Comité socio-environnemental de la coordinatrice féministe 8M, Chili

Stop Honor Killings, Iran

Collectif Sycorax, Quito, Équateur

Équipe chargée de lutter contre la violence sexiste de La Red Agroecológica, Paraguay

Les Comadres Pourpres, Venezuela

Les femmes et la Sixième, Mujeres y La Sexta, Mexique

Conseil des femmes du Parti de l’avenir, Nord-Est de la Syrie

Corporation des femmes, San Pedro de la Paz, Wallmapu

Femmes pour le changement, Équateur

Femmes de la vision alternative, Mujeres de Visión Alternativa, Mexicali, BC, Mexique

Initiative des femmes contre le féminicide et l’occupation, région MENA

Maison des femmes – Bañado Tacumbu, Paraguay

Mouvement des femmes pour l’eau et les territoires (zone centrale), Chili

Réseau des femmes, Suède

Femmes de Somos Cerro Blanco, Chili

Organisation de femmes de Santa Úrsula

Les individus 

Collectif féministe Ajal Yaakun, Mexique

Alehli Sánchez Paz, « Science pour le peuple » et « Réseau de résistance et de rébellion » Tlalpan, Mexique

Alejandra Delgado, Équateur

Alejandra Ramirez Bravo, Équateur

Alejandra Rubí Villalobos Flores, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Alejandra Yépez Jácome, Équateur

Alicia Ortega, Collectif Sycorax, Quito, Équateur

Alisson Cadena (Collectif From the Margin)Équateur

Alma Rosana Gutiérrez Ruiz, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Ana Carolina Henao Vargas, Medellin

Ana Carolina Herrera Galeano, Collectif de femmes Afro Las Malungas, Colombie

Ana Cisneros, Équateur

Ana Elena Contreras, Collectif Las del Aquelarre Feminista.

Ana Isabel González Correa, Colombie

Ana Sandoval, Mexique

Andrea Reinoso (Collectif From the Margin)Équateur

Angeles Almaguer, Collectif Ollin

Angie Vanessita (Illustratrice),Équateur

Antonia Alemán Andrade, État du Mexique.

Anyi Sierra Yanéz Montería, Colombie

Araceli Mondragón Sánchez, défenseur des droits humains, CDMX, MEXICO

Araceli Osorio Martínez, défenseur des droits humains, Mexique

Beatriz Rivero Martínez, 12 peuples indigènes de Tecamac, État du Mexique

Beatriz Torres Beristain, Xalapa, Veracruz

Bertha Díaz, Collectif Sycorax, Quito, Équateur

Betty Ruth Lozano-Lerma, femme noire, Cali, Colombie

Betty Varela (Collectif From the Margin)Équateur

Blanca López, Mexique

Carla Casas, Bolivie

Carolina Bedoya Soto, Medellin

Carmen Mora Villalpando, École de santé communautaire Alina Sánchez

Carolina Morales, Colombie

Catalina Duque Martínez, Medellin, Colombie

Catherine Walsh, universitaire et militante, Équateur

Catla Santana Bustamante, journaliste, Social Convergence, Chili

Caterin Andrea David Benitez, Colombie

Cecilia Jaramillo Jaramillo, Équateur

Cindy Borrero Velásquez, Medellin

Clara Cruz Gómez, Collectif Cereza Chiapas, Mexique.

Claudia Muñiz, Parti communiste, Mexique.

Cristina Cucurí Miñarcaja, Re provinciale des organisations de femmes Kichwa de Chimborazo-Équateur.

Cristina Llanquileo Romero, Mapuche, Wallmapu, Chili.

Cristina Tobón, Medellin, Colombie.

Daniela Alcívar, Collectif Sycorax, Quito, Équateur

Daniela Zárate, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Darly Johanna García, Association de femmes paysannes écologistes, ASMUCACD,

Derly Constanza Cuetia Dagua, femme de la Nasa, Colombie

Diana Aranguré, « Mujeres Tierra » et « Mexicali Resiste », Mexicali, Baja California, Mexique

Diana Cristina Rubio Rodríguez, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Diana Patricia Álvarez Urrego, Colombie

Dolores Patricia Castellanos Zavala, San Cristóbal de Las Casas, Chiapas ; Mexique.

Durley Pérez Sandoval, La Estrella, Antioquia

Edith Na savi Herrera Martínez, Montagne Guerrero, Centre culturel Tikoso, Mexique

Elizabeth Contreras, Querétaro, Mexique.

Elizabeth López Canelas Quechua – Bolivie

Elsie Monge (Commission œcuménique des droits de l’homme CEDHU, Équateur)

Elvira Madrid Romero, Brigade de rue de soutien aux femmes, « Elisa Martínez », A.C. Mexique

Epiphany Pérez Vázquez, Mexique.

Erandi Villavicencio, Équateur

Eréndira Magaly Romo Pedroza, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Ericka Zamora Pardo, Réseau de solidarité Décennie contre l’impunité, Mexique

Erika Arteaga Cruz (mère de deux wawas : Flavia et Lucas), Équateur

Estefanía Terán (Collectif From the Margin), Équateur

Eulogia Tapia – Observatoire de l’applicabilité des droits de la femme – La Paz Bolivie

Eva Tovar Hirashima, Californie, USA

Evelyn López Simental, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Fabiola Raquel Antillón Castellanos. San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique.

Fernanda Navarro, Mexique

Francisca Fernández Droguett, Chili

Frida María Villalobos Balderas, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Gabriela Aguilar Martín, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Gabriela Cárdenas Flores, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Gabriela Paz Arroyo, Biobío, Chili

Gabriela Ponce, Collectif Sycorax, Quito, Équateur

Geraldina Guerra Garcés, Équateur

Gretel Galeano, Assemblée permanente pour les droits de l’homme, région de Catamarca, Argentine.

Helânia Thomazine Porto, Coletivo Mulheres Insubmissas, Universidade do Estado da Bahia (UNEB), Brésil

Janeth Guerrero, Équateur

Juana Calle, Aymara Carangas, Bolivie

Julia Palacios Perea, Association des organes de contrôle des bureaux des contrôleurs, ASDECCOL, Colombie

Juliana Centeno (Collectif de la marge)Équateur

Juliana Díaz Lozano, Chaire libre Virginia Bolten, Argentine.

Espace Juliana, Paraguay

Julieth Arias Mesa, Élément illégal, Colombie

Katherine Garzón (Fight – Organisation féministe populaire)

Karina Rivas Cardona, sitARTE, art avec sens, Colombie

Karina Rivas sont de Malunga, Collectif de femmes Afro Las Malungas, Colombie

Karla Vega (Fight – Organisation féministe populaire), Équateur

Kattya Hernández, collectif decul, Équateur

Katy Alvarez, Équateur

Kruskaya Hidalgom, Équateur

Laura Leaño Martínez, Medellín, Colombie

Laura Torres Martínez, Défenseur des droits de l’homme, DF, Mexique, Erika Izbeth Martínez Romero, Défenseur des droits de l’homme, C. D. M. X.

Leslie de la Cruz Onofre, Mouvement pour la Vérité et la Justice des parents des personnes disparues de la « Guerre Sale » des années 60, 70 et 80 du siècle dernier dans l’Etat de Guerrero, Mexique

Laura Andrea Aristizábal Agudelo, Círculo Mujeres, Université d’Antioquia, Colombie

Lina Maria Espinosa, coordinatrice des droits

Liz Torres (Collectif From the Margin)Équateur

Lluvia Cervantes, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Lucía Zavala Navarro, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeer Querétaro.

Luz Mery González Caicedo, Réseau populaire des femmes et Ruta Pacifica, Colombie

Maider Elortegui Uriarte, Mexico City

Mama Mercedes Tunubalá, femme Misak, maire de Silvia Cauca, Colombie

Mandeep Dhillon, Brigade de santé communautaire 43, Veracruz, Mexique

Marcela Fernández Camacho, Collectif Cereza Chiapas, Mexique

Marely Reyes Rodriguez, Collectif Las del Aquelarre Feminista.

María Antonia Orrego Martínez La Ceja, Université d’Antioquia, Medellín

María auxiliadira Balladares, Collectif Sycorax, Quito, Équateur

María Cristina Montejo Briceño, Institut Xunaan, Mexique

María del Carmen López Almazán, CODEM, (Oaxaca)

María Elena Santos Bartolo, 43ème Brigade de santé communautaire, Guerrero, Mexique

María Eugenia Ramírez Brisneda. Femmes pour la paix, Colombie

María Fabiola Sandoval Noreña, Rionegro, Medellín

María José Machado Arevalo, Équateur

María Leticia Mesa Ortiz, Pajaras, Colombie

María Rebeca Huitzil George, Puebla, Mexique

María Victoria Serna Henao, Association paysanne d’Antioquia ACA, Colombie

Mariana Aguirre González, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco, Mexique

Maribel Núñez, Action afro-dominicaine, République dominicaine.

Maricarmen Ramírez Hernández, Mexique

Mariela Muñoz, Argentine

Marina Casales- Enseignante-chercheuse. Faculté des sciences humaines et sociales – Université nationale de Misiones (UNaM) – République argentine.

Marisa Isabel Altamirano Díaz, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Marisol Rodríguez, Équateur

Marlyn Maca Sánchez, Cali, Colombie

Martha Desiree Barojas Ortuño Projet libre : Éducation et autonomie

Martha Figueroa, Mujeres Libres COLEM, AC, Mexique.

Matilde Ortuño Vilchis, Projet libre : Éducation et autonomie

Mayleth Echegollen Guzman

Melissa Ceja Covarrubias, militante féministe mexicaine.

Metzeri Ixchel Avila San Martín – Front Veracruzano pour la vie et les droits des femmes – Mexique

Mireya Lara Saavedra. Coordination provinciale, Comité permanent des droits humains des femmes travailleuses de Chimborazo.

Mishel Báez, Équateur

Monica Pastrano, Équateur

Monserrat Candia Rocha, Parti écologiste vert, Chili

Nancy Botero Areiza, Université d’Antioquia, Medellín

Nashielly Cortez, Mexique

Natalia Sierra, Équateur

Nayibe Chavarriaga Álvarez, Medellin, Colombie

Nibid Osorio Correa, Medellin

Nuriluz Hermosilla Osorio, archéologue, Santiago du Chili

N. Yumico Katiuzka, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Olga Sofía Villa Salazar, Colombie

Olivia Ortiz, ADAS, Mexique

Olowailli Green Santamaria, femme Guna Dule, senARTE, Medellín.

Paola Maldonado Tobar, géographe, Équateur.

Paola Mendoza Lomelí, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Patricia Aracil Santos, Collectif Cereza Chiapas, Mexique.

Patricia Carrión (Commission œcuménique des droits de l’homme CEDHU)Équateur

Patricia González Zuniga, Tijuana, Baja California, Mexique Frontière Nord 

Patricia Ortega, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Perla Castillo-Solis, Mexique

Perla Orquidea Fragoso Lugo, Mérida, Yucatan, Mexique

Rilda Paco Bolivie

Rodriguez Ojeda Lesly, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco, Mexique

Ruth Elena Zubiria Pérez Colombie Humana Riohacha La Guajira

Ruth Ramírez Olivares, Ddeser Jalisco

Sara Critina Tejada Chávez – Popayán

Sara Kendall, Alina Sánchez School of Community Health, Vancouver, Canada

Sashenka Fierro Resendiz, Colectivo Comunidad Circular AC, de Ensenada, BC

Shaila Ruíz, Mexique

Silvia Aristizabal López, théologienne – missionnaire

Silvia Pérez Echeverry, artiste plastique, Medellín

Silvia Reséndiz Flores, Colectivo Mujeres Tierra AC de Mexicali

Stephanie Altamirano (Fight – Organisation féministe populaire), Équateur

Tamara Soledad Cuello, Présentation du travail et recherche « Il y a quelque chose qui mérite de vivre sur cette terre. Los 194 y 1 | 2 » Psychologue sociale, General Rodríguez, Argentine.

Tania Jocelyn Jiménez Mexía, Mexique

Tania Patricia Origel Covarrubias, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Valentina Bermúdez Casas, Colombie

Valeria Olvera Perrusquía, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Veliz Zepeda, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Veronica Marin Martínez, ANIMO Jalisco, Assemblée nationale pour l’indépendance du Mexique

Verónica Rubí Beltrán Rizo, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Jalisco

Vilma Rocío Almendra, femme Nasa / Misak, Cauca

Yanett Medrano Valdez, Puno, Pérou

Yannia Sofía Garzón Valencia, Gardienne de la vie, Colombie

Yendar Guadalupe Soto Flores, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Yolanda Fernández Godínez, Collectif Los Zurdos, État du Mexique

Yolanda R. Arvizu, Réseau pour les droits sexuels et reproductifs au Mexique, Ddeser Querétaro.

Yoli Astrid Chantre, Mouvement des femmes Nasa Thinking Thinking, Colombie.

Yuli Tatiana lan fuentes, San Antonio, Antioquia, Colombie.

Yvets Morales Medina, Équateur

 

ANF

 

 

Les zapatistes naviguent vers l’Europe où ils rencontreront également des Kurdes

0
Les Kurdes d’Europe rencontreront les zapatistes qui ont quitté le Mexique il y a une semaine et qui naviguent vers l’Europe, pour apporter leur message de solidarité.
 
Cinq cents ans après la conquête du Mexique par Hernan Cortés et ses hommes, des indigènes zapatistes font le voyage de retour à travers l’Atlantique pour « envahir » l’Espagne et protester contre l’oppression capitaliste.
 
Deux hommes et cinq femmes sont partis il y a une semaine d’Isla Mujeres, au Mexique. Comme l’a dit le sous-commandant Galeano – ancien porte-parole zapatiste autrefois connu sous le nom de sous-commandant Marcos -, les zapatistes voyagent en disant que « l’invasion a commencé », mais en fait leur mission est une mission de solidarité et de rébellion plutôt que de conquête.
 
« Nous suivons la route par laquelle ils sont arrivés il y a 500 ans », a déclaré le sous-commandant Moisés, un autre leader zapatiste, aux médias mexicains lors de la cérémonie de départ. « Dans ce cas, nous suivons la route pour semer la vie, pas comme il y a 500 ans. C’est complètement l’inverse ».
 
Le groupe a déclaré que leur navire rouillé, baptisé La Montaña, les transporterait en Europe dans « une odyssée qui a tout à voir avec le défi et rien à voir avec une réprimande ».
 
Les zapatistes espèrent arriver dans la ville de Vigo, au nord-ouest de l’Espagne, vers le 13 août, date qui marque le 500e anniversaire de la mise à sac par les Espagnols de la capitale aztèque de Tenochtitlán, l’actuelle Mexico. Cette année, le Mexique célèbre également le 200e anniversaire de son indépendance vis-à-vis de l’Espagne.
 
Les zapatistes ont déclaré que s’ils ne parvenaient pas à entrer dans le pays, ils déploieraient une bannière indiquant « Réveillez-vous ! Mais si nous parvenons à débarquer et à embrasser avec des mots ceux qui y luttent, résistent et se rebellent, alors il y aura des fêtes, des danses, des chants et des cumbias… qui secoueront les sols et les cieux lointains. »
 
Les zapatistes effectueront ensuite une tournée à travers l’Europe pour rencontrer des groupes de solidarité et d’autres groupes afin de partager leurs réflexions sur la meilleure façon de lutter contre « l’inégalité qui découle du système socio-économique capitaliste ».
 
Les Kurdes rencontreront les zapatistes en Europe
 
Les Kurdes sont l’un des peuples qui résistent contre le colonialisme que les zapatistes vont rencontrer en Europe. Bien que les Kurdes ne soient pas européens, ils ont dû migrer vers l’Europe en raison des guerres qui sévissent dans diverses régions du Kurdistan depuis des décennies.
 
Aujourd’hui, le Mouvement de libération kurde et le Mouvement des Femmes Kurdes en Europe, depuis les camps de réfugiés sur l’île de Lesbos jusqu’à l’organisation de médias libres à Bruxelles, qui a atteint des millions de personnes aujourd’hui, montrent une présence sérieuse, une action politique et une organisation dans presque tous les pays européens où les zapatistes se rendront.
 
Les calendriers, les terres, les styles, les routes et les destins des zapatistes et des Kurdes peuvent être différents, mais ils ont beaucoup en commun dans leur histoire, leur forme et leur objectif de lutte. Le fait que deux mouvements aux réalités sociales si éloignées et différentes aient une perspective anticapitaliste d’autonomie avec des mises en œuvre théoriques et pratiques très similaires, et qu’ils la défendent et la réalisent depuis un lieu qui rejette le pouvoir et l’État, fait l’objet de nombreuses recherches.
 
La chronique et les déclarations du voyage des zapatistes peuvent être lues ici