La lutte des femmes travailleuses du Kurdistan de l’Est

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IRAN / ROJHILAT – Dans les régions kurdes d’Iran condamnées à la pauvreté endémique, les femmes travailleuses luttent pour subvenir aux besoins de leurs familles alors que les mollahs iraniens et la société patriarcale les empêchent d’avoir leur autonomie économique.
 
Lorsque Mahnaz Amiri a décidé de se séparer de son mari il y a 12 ans, la responsabilité de subvenir aux besoins de ses enfants est tombée sur ses épaules.
 
Cette femme de 52 ans originaire de Sanandaj travaille comme tailleuse depuis plus d’une décennie pour subvenir aux besoins de sa famille et fait partie des plus de trois millions de femmes soutien de famille à travers le pays.
 
« Parfois, j’avais l’habitude de verrouiller la porte et de travailler secrètement par peur parce qu’ils [le gouvernement] ne me laissaient pas faire. Notre société ne nous soutient pas. Ils n’acceptent pas que nous soyons les soutiens de famille », a-t-elle déclaré.
 
Selon Nahid Tajadin, membre du comité social du parlement iranien, le nombre de femmes travaillant pour subvenir aux besoin de leurs familles a augmenté de 58 % au cours des 10 dernières années. Avec la propagation du coronavirus, beaucoup de ces femmes sont confrontées à des problèmes financiers et au chômage, aggravés par la stigmatisation sociale.
 
« Notre société ne nous soutient pas », a déclaré Amiri, ajoutant qu’en plus de travailler à l’extérieur de la maison pour subvenir aux besoins de leur famille, les femmes doivent également faire le ménage et s’occuper des enfants à la maison.
 
Bayan Nasrizar, 46 ans, a occupé plusieurs emplois au cours des 20 dernières années pour subvenir aux besoins de ses trois enfants, notamment en gérant un magasin où elle fabrique et vend des plats traditionnels.
 
« Je fais du kalana [un type de pain local] depuis trois ans. Je fais aussi des tartes. Je prépare également des plats kurdes traditionnels pour mes clients, notamment le doghawa [kofta], les légumes farcis et le hallaw [un plat à base de raisin et de viande] », a-t-elle déclaré. L’année dernière, elle a dû fermer sa boutique pendant trois mois à cause de la pandémie de coronavirus. Maintenant, ses ventes ont diminué.
 
C’est une vie difficile, mais elle est reconnaissante parce qu’elle est capable de subvenir aux besoins de sa famille. « Bien que mes revenus aient diminué, je suis heureuse car je ne dépends de personne » a-t-elle déclaré.
 
Les provinces kurdes de l’ouest de l’Iran ont toujours été aux prises avec un taux de chômage élevé, peu d’opportunités d’emploi en raison d’un manque d’investissement et d’une pénurie de services. Les femmes sont traditionnellement gardées à la maison, ce qui rend la situation doublement difficile pour celles qui ont besoin de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.
 
La militante des droits des femmes et chercheuse Bayan Azizi a déclaré que les femmes soutiens de famille sont confrontées à des défis importants, mais qu’elles constituent «l’un des éléments les plus importants de la société».
 
On pensait autrefois que seules les veuves avaient la responsabilité de subvenir aux besoins de leur famille. « Aujourd’hui, ce n’est plus vrai », a déclaré Azizi. Certaines ne sont pas mariées, d’autres sont mariées mais leurs maris sont partis travailler ou sont en prison.
 
Selon la militante, le nombre de femmes travailleuses est en augmentation.
 
« Nous avons fait des recherches dans la province du Kurdistan sur les problèmes des femmes soutiens de famille. En conséquence, nous avons découvert que 65% des problèmes de ces femmes sont financiers et que les petits prêts n’améliorent pas leur situation », a-t-elle déclaré. Le deuxième obstacle auquel ces femmes sont confrontées est les attentes sociales et sociétales concernant le rôle des femmes à la maison et à l’extérieur.
 

KURDISTAN. Trois filles se suicident après avoir subi le chantage d’une organisation criminelle

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Dans la ville kurde d’Erbil /Hewler, une organisation criminelle du nom « Govand » fait chanter des femmes et des hommes accusés de vivre dans le péché. Tout cela, au nom de la morale… Jusqu’à présent, au moins trois femmes victimes de Govand se seraient suicidées. 
 
L’information a été donnée sur Twitter par l’activiste kurde allias Aram qui déclare qu’au moins trois jeunes femmes se sont suicidées jusqu’à présent suite aux menaces et chantages émis par les membres de cette organisation criminelle.
 
Leurs méthodes consistent à faire chanter, à prendre ou à voler des photos nues/critiques de garçons/filles et à les forcer à avouer devant la caméra qu’ils se sont trompés, sinon les images sont rendues publiques écrit Aram.
 
Aram a publié de nombreuses photos (floutées) des victimes de Govand. Sur une des photos, on peut voir une jeune femme forcée d’embrasser les pieds de quelqu’un pour le pardon.
 
 
Aram déplore que le groupe criminel GOVAND publie les images des victimes sur Telegram où il y a d’autres groupes de même genre.
 
Le porte-parole de la police d’Erbil aurait déclaré que tant qu’il n’y a pas de plainte, ils ne peuvent rien faire. « Donc faire chanter, partager des photos nues et PRIVÉES d’une personne contre son gré n’est pas une raison d’agir », dit Aram qui ne cache pas sa colère vis-à-vis de la passivité des autorités kurdes d’Hewler.
 
Un autre activiste kurde sur Twitter, Diween Hawezy déclare que les victimes de Govand n’osent pas porter plainte, pour ne pas se retrouver au tribunal. Car, « cela signifie que leur famille devra être impliquée. C’est très peu attrayant pour les victimes d’emprunter cette voie, surtout s’il s’agit de victimes mineures. Surtout en raison des répercussions culturellement accentuées. »

TURQUIE. Un militant kurde en garde à vue est torturé depuis 9 jours

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TURQUIE – Le militant kurde Sonuç Gürdeğir subit la torture systématique depuis son arrestation à Istanbul le 24 août dernier, dit la branche de Diyarbakir (Amed) de l’Association des juristes libres (Özgürlükçü Hukukçular Derneği – ÖHD) qui cite les rapports médicaux confirmant que le prisonnier a été torturé.
 
L’avocat de Güdeğir a déposé une plainte pénale contre le personnel responsable d’actes de torture, de mauvais traitements (coups, insultes, empêcher le prisonnier de dormir en donnant des coups contre la porte de la cellule, en criant ou en diffusant de la musique à toute heure du jour et de nuit, le privant d’oreiller…). (Via l’Agence Mezopotamya)
 
Sonuç Gürdeğir avait été violemment arrêté par les policiers turcs dans un appartement à Istanbul et les médias turcs avaient qualifié Sonuç Gürdeğir, d’être un membre du PKK portant le pseudo Rodi Çevlik.
 

La Turquie et la Syrie contre le bureau de représentation du Rojava à Genève

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L’ouverture récente d’un bureau de représentation des Kurdes du Rojava* à Genève a mis en colère la Turquie et la Syrie qui ont appelé la Suisse à fermer le bureau en question. Genève très importante pour le Rojava car les pourparlers de paix pour la Syrie dirigés par l’ONU, auxquels l’administration kurde n’a pas été conviée à cause de l’hostilité de la Turquie, se tiennent ici. 
 
La Turquie a peur de l’ombre des Kurdes
 
Ayant colonisé la plus grande partie du Kurdistan, la Turquie ne tolère aucune présence officielle kurde dans le monde, certains de ses responsables disant qu’ils interviendraient même sur Mars si jamais les Kurdes y fondaient une quelconque organisation officielle… En ce sens, la convocation, par les autorités turques, du chargé d’affaires de l’ambassade suisse à Ankara ne surprend aucunement les Kurdes. Ils savent que la Turquie veut assimiler ou exterminer les Kurdes tôt ou tard, malgré la résistance acharnée des Kurdes. 
 
Bachar voit d’un mauvais œil les acquis des Kurdes du Rojava 
 
Le tyran syrien Bachar el-Assad s’accroche se plait encore à imaginer être le président d’un pays qui est divisé en trois depuis la guerre civile syrienne et dont une partie est dirigée par les Kurdes et une autre par les terroristes islamistes alliés à la Turquie, même s’il dirige la capitale Damas et la grande partie de la cote méditerranéenne, ainsi que d’autres région du sud et de l’est, grâce au soutien actif de la Russie et de l’Iran… C’est pourquoi, il a envoyé une note à Bern, exprimant son mécontentement devant l’ouverture d’un bureau kurde à Genève. 
 
La Suisse tente de calmer le jeu En réponse à la colère turque et syrienne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré que le bureau kurde en question n’était pas une représentation officielle mais une association dont le nom complet est « Le bureau d’autonomie des régions du nord et de l’est de la Syrie en Suisse ». Ajoutant que la Suisse reconnaît l’ « intégrité territoriale » de la Syrie. *L’Administration autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est a des bureaux dans d’autres pays européens comme la France, l’Allemagne, la Suède et le Benelux.

Pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pas visité Shengal?

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – L’administration yézidie de Shengal a critiqué l’annulation de la visite du président français Emmanuel Macron à Shengal, déclarant que les gouvernements irakien et kurde ont peut-être influencé cette décision.
 
L’Administration autonome du Shengal a déclaré que des changements importants sont en cours dans le monde et au Moyen-Orient et a suscité des inquiétudes quant à la situation des Yézidis et du Shengal. L’Administration autonome a rappelé les attentats génocidaires et les massacres auxquels les Yézidis ont été soumis au 21e siècle et a déclaré que la situation des Yézidis a été à peine débattue lors de la réunion à laquelle ont participé les pays de la région le 28 août.
 
L’administration autonome a qualifié les déclarations d’Emmanuel Macron de très importantes, et a déclaré : « Macron avait promis de visiter la communauté yézidie et Shengal. Pourquoi cette visite n’a-t-elle pas été faite ? »
 
L’Administration autonome soupçonne les gouvernements de Bagdad et Hewler d’avoir joué un rôle dans l’annulation de la visite de Macron à Shengal. « Tout le monde sait pourquoi Shengal n’a pas pu être reconstruit et qui a empêché le retour des déplacés. M. Macron a également pointé du doigt cette situation. Cependant, ce que Macron a dit ne doit pas rester une déclaration, il doit être mis en pratique. En particulier, l’État turc, qui cherche à évacuer Shengal des Yézidis par ses attaques, devrait être tenu pour responsable. Les droits des yézidis ne peuvent être garantis par des communiqués de presse. La communauté internationale devrait faire des efforts pour les droits des yézidis. »
 
L’Administration autonome a noté que les Yézidis dans les camps de réfugiés n’avaient pas été autorisés à retourner à Shengal depuis sept ans. « Notre peuple est maltraité dans les camps sous l’administration du PDK. Le 30 août, notre peuple du camp de Qadiya a été exposé à une attaque aérienne de la Turquie. Nous présentons nos condoléances aux familles des martyrs et souhaitons aux blessés un prompt rétablissement. »
 
L’Administration autonome a souligné que les médias et les institutions pro-KDP essayaient de légitimer cette attaque et a demandé pourquoi Asayiş (forces de sécurité locales) et d’autres institutions de sécurité n’ont pas protégé la population. L’Administration autonome a déclaré que le KDP a affirmé qu’il s’agissait d’une « explosion de mine » sans qu’aucune enquête n’ait été menée sur l’attaque dans le camp. L’Administration autonome a exhorté l’ONU et le gouvernement irakien à enquêter sur l’explosion et à révéler les résultats au public.
 
L’Administration autonome a ajouté qu’il est temps de retourner à Shengal et de construire un Shengal libre.
 

Ouverture des locaux de Botan International qui promeut le journalisme kurde en Turquie

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TURQUIE / BAKUR – L’ONG Botan International a ouvert un bureau d’éducation aux médias kurdes et un studio de son en partenariat avec Reporters sans frontières (RSF) à Diyarbakir (Amed), au Kurdistan du Nord. Dans un pays où les reporters kurdes passent plus de temps en prison que dans des locaux des médias, on espère que les journalistes formés par Botan International auront plus de « chance » dans leur travail d’information.
 
L’éducation aux médias kurde est interdite dans le système éducatif turc, mais il est légal d’organiser des ateliers et des séminaires. Botan International, la première institution kurde de formation aux médias établie dans l’histoire de l’État turc, propose une formation aux médias en kurde avec des séminaires et des ateliers, et publie des livres électroniques.
 
Botan International a organisé 5 ateliers en ligne sur les médias numériques kurdes et a tenu son premier atelier en face à face la semaine dernière.
 
Jusqu’à présent, Botan International a formé 75 jeunes journalistes, 50 femmes et 25 hommes.
 
Botan International a publié les notes des formateurs sous forme de livres électroniques, l’accessibles gratuitement. Le studio de son est gratuit et ouvert à tous les journalistes et organisations non gouvernementales.
 
Des journalistes kurdes de médias internationaux et turcs dont ceux de BBC, New Yok Times, DW, VOA, MA, The Guardian, Reuters, Gazete Duvar et Bianet ont partagé leurs techniques et expériences dans leur langue maternelle kurde lors de des ateliers.
 
 
RSF se félicite de l’ouverture des locaux de l’ONG Botan International qui promeut le journalisme kurde en Turquie et ajoute: « Un an après le lancement de l’organisation Botan International, soutenue par Reporters sans frontières (RSF), l’ouverture des locaux de l’ONG va permettre de renforcer le soutien aux journalistes kurdes dans la région. »
 

TURQUIE. Les mères du samedi exhortent l’État à faire la lumière sur les disparitions forcées

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TURQUIE / BAKUR – Depuis 1995, les proches des personnes (majoritairement des Kurdes) disparues/tuées par les forces paramilitaires ou la police turque réunis sous le nom de « Mères du samedi » organisent des veillées pacifiques et exigent qu’on leur rende leurs proches, vifs ou morts.
 
En 1995, les proches des disparus de forces ont créé l’Initiative des « Mères du Samedi » car ses membres étaient essentiellement les mères des disparus. Ces mères, dont certaines sont âgées de plus de 80 ans aujourd’hui, se réunissaient chaque samedi sur la place Galatasaray, à Istanbul. Elles demandaient qu’on leur rende leurs enfants, maris, parents disparus de forces après le coup d’État militaire de 1980 et l’état d’urgence des années 1990 dans les régions kurdes du pays. Leurs rassemblements pacifiques ont été interdits par le gouvernement dès le 25 août 2018, alors que les Mères du samedi célébraient leur 700ème rassemblement hebdomadaire. La police a attaqué la foule, blessé et arrêtés de nombreuses personnes dont une mère de plus de 80 ans.
 
Pour la quasi totalité des milliers de victimes des disparitions forcées, les familles ne savent pas ce que les disparus sont devenus. Sont-ils-vivants, morts, où sont leurs cadavres? Sans parler des auteurs des disparitions forcées qui jouissent de l’impunité totale…
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (İnsan Hakları Derneği – IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres par les paramilitaires (JITEM*) ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.
 
Hier, la branche d’Istanbul des mères du samedi et de l’Association des droits de l’homme (IHD) ont commémoré la Journée internationale des victimes de disparitions forcées du 30 août.
 
Dans un communiqué, les deux organisations ont exigé que la Turquie signe et applique la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
 
Le communiqué disait : « Même si elle est marquée par de lourdes brutalités, un deuil et une torture sans fin, notre histoire est en réalité une lutte pour la vérité et la justice contre l’oppression et le déni. Nous appelons les autorités judiciaires à mettre fin à l’impunité existante et à mener à bien les enquêtes et poursuites concernant les disparitions en détention. Nous appelons le gouvernement à signer et à mettre en œuvre immédiatement la Convention des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
 
Nous appelons les mécanismes nationaux et internationaux de protection des droits de l’homme à prendre des mesures contre les violations graves subies par les proches des disparus, en tant qu’exigence de leur objectif fondateur. »
 
* Qu’est-ce que le JITEM?
JITEM (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie) a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JITEM.
Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JITEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JITEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)
 

IRAK. Des drones turcs frappent un camp de réfugiés yézidis à Zakho

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KURDISTAN / IRAK – Ce soir, des drones turcs ont frappé de nouveau les Yézidis dans le nord de l’Irak. On signale des victimes. Cette attaque intervient juste après la visite du président français Emmanuel Macron en Irak et au Kurdistan du Sud où il a promis aux Kurdes/Yézidis et les minorités d’Irak le soutien de la France contre le terrorisme qui menace la région.
C’est devenu une « routine » : hier une clinique, aujourd’hui un camp de réfugiés… les rescapés du génocide yézidi commis par DAECH / ISIS en août 2014 sont massacrés aujourd’hui par la Turquie et cela ne gène absolument pas la communauté internationale…
Ce soir, des drones turcs ont frappé le camp de réfugiés de Katya à Zaxo, au Kurdistan d’Irak. On signale de nombreux morts et blessés.
 
Il faut dire à Emmanuel Macron, que c’est la Turquie, la plus grande menace pour les peuples du Moyen-Orient, qui s’en prend aux Yézidis/Kurdes et aux autres minorités ethniques/confessionnelles de la région, loin devant le groupe terroriste État Islamique.

TURQUIE. Selahattin Demirtaş dit que les incendies de forêt visent délibérément les régions kurdes

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TURQUIE / BAKUR – « Les forêts sont brûlées pour la même raison que Dersim a été bombardé en 38 », le politicien kurde, Selahattin Demirtaş dit que les incendies de forêt visent délibérément les régions kurdes. 
 
Avocat kurde et ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) emprisonné en Turquie, Selahattin Demirtaş, a déclaré que les incendies de forêt qui ravagent la province de Dersim sont délibérés dans le cadre de la politique spéciale visant les Kurdes de la région.
 
« L’insuffisance n’est pas la raison pour laquelle les feux de forêt de Dersim ne sont pas éteints. La plupart des forêts de cette région sont délibérément brûlées et personne n’est autorisé à intervenir. Il s’agit d’une politique délibérée et officielle qui dure depuis des décennies. Tout le monde connaît cette vérité, mais malheureusement personne n’ose le dire. Les forêts sont brûlées pour la même raison que Dersim* a été bombardé en 38 », a déclaré Demirtaş sur Twitter.
 
L’ancien coprésident du HDP, qui est tenu en otage depuis novembre 2016, a déclaré que les citoyens turcs ne faisaient pas de preuve de solidarité avec les victimes des incendies de forêt de Dersim, contrairement au tollé général suscité par ces mêmes incendies récents dans le sud-ouest de la Turquie.
 
« Mon cœur bat avec nos gens à Dersim, Başkale et Şemdinli, qui ont été discriminés même lors de catastrophes, comme à Milas, Marmaris et Manavgat.
 
Nous mettrons définitivement fin à ces politiques discriminatoires qui divisent le pays et le peuple. Pour cela, tous ceux qui veulent la démocratie et la paix doivent se donner la main et se tenir côte à côte.
 
Dersim est à nous tout autant que l’est Manavgat. Nous ne pouvons pas apporter l’égalité, la justice et la paix dans le pays sans faire dominer cette mentalité », a poursuivi Demirtas qui s’exprime sur Twitter via ses avocats.
 
*L’armée turque massacré des milliers de Kurdes/alévis à Dersim lors du génocide de 1938.

TURQUIE. Pays des disparitions forcées: le cas du couple chaldéen Şimuni et Hürmüz Diril

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TURQUIE / BAKUR – En Turquie, y compris dans les régions kurdes du Kurdistan du Nord, les disparitions des Kurdes/alévis/yézidis, Arméniens, Assyriens, Grecs… – tous rescapés des génocides ethniques commis par l’empire ottoman / la Turquie d’Ataturk – et d’opposants au régime en place sont monnaie courante depuis un siècle. Les auteurs de ces disparitions forcées sont les forces paramilitaires turques (JITEM), la police ou les services secrets turcs (MIT). Mais, dans presqu’aucune de ces disparitions, l’État turc n’a reconnu les faits. Il préfère accuser (sans surprise) la guérilla kurde, même quand il s’agit des Kurdes soutenant le PKK! La disparition du couple chaldéen Şimuni Diril et Hürmüz Diril en janvier 2020 est un des exemples des dernières disparitions impliquant les paramilitaires turcs. Le couple chaldéen Şimuni et Hürmüz Diril du village Kovankaya/Mehre, dans la province kurde de Şirnak/Beytüşşebap, ont été enlevé (par des paramilitaires turcs?) le 11 janvier 2020. Le corps de Şimuni a été retrouvé le 20 mars 2020, au bord d’un ruisseau près de la maison du couple, mais pas celui d’Hurmuz, 601 jours après sa disparation. Depuis, les enfants du couple Diril demandent à ce que les autorités turques retrouvent Hürmüz Diril (et les meurtriers de Simuni).
La disparation tragique du couple Diril
 
Tout de suite après la disparation d’Hürmüz Diril et Şimuni Diril, les médias proches du gouvernement se sont empressés de déclarer que le couple avait été enlevé par des combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), une version qui n’a pas convaincu la famille Diril. Plusieurs jours après les faits, un parent et voisin du couple avait déclaré à la police avoir vu trois personnes vêtues d’uniformes de guérilleros enlever l’homme et la femme. Pour se justifier de ne pas avoir prévenu la police le jour-même, il avait dit ne pas avoir disposé de réseau mobile au moment des faits. Par la suite, ce témoin avait changé sa version des faits, affirmant cette fois-ci avoir vu le couple, pour la dernière fois, sortant seul de sa maison. Les enfants du couple avaient de leur côté soulevé à plusieurs reprises l’incohérence de ces témoignages et dénoncé l’absence de diligence des autorités pour retrouver les victimes. Quand au PKK, il a déclaré que le couple a été certainement kidnappé par des forces paramilitaires turques…
 
« Communauté décimée »
 
La famille est de confession assyro-chaldéenne. Chrétiens d’Orient, les Diril sont parmi les rares rescapés d’une communauté qui fut décimée entre 1915 et 1920, dans le sillage du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman.
 
En 1989, le malheur frappe à nouveau les habitants de Kovankaya, contraints à l’exode en raison de la guerre qui fait rage entre l’État turc et la [guérilla kurde]. Fuir est la seule issue tant la vie quotidienne est devenue impossible. Les habitants sont comme pris en otage, entre la guérilla kurde qui leur réclame un soutien minime, nourriture, abri, et les forces de l’ordre qui les répriment au moindre morceau de pain donné », écrivait la journaliste dans son article « En Turquie, disparition tragique et mystérieuse d’un couple de chrétiens d’Orient publié » par Le Monde, le 26 mars 2020)