TURQUIE. Une députée kurde empêchée de parler dans sa langue maternelle

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TURQUIE – Alors qu’elle s’exprimait en kurde depuis la tribune parlementaire, la députée du HDP, Ayşe Sürücü, s’est vue couper son micro. Elle a protesté contre l’interdiction de la langue kurde en déclarant que : « C’est ma langue maternelle, le kurde. Ayez un peu de tolérance. Il était interdit de parler kurde, de lire de la poésie, de danser en kurde et même de siffler en kurde. Maintenant, vous criminalisez la ronde en kurde. Nous sommes kurdes, notre langue maternelle est le kurde, nos danses, nos chants, notre douleur, notre danse et notre vie sont en kurde. Abandonnez ces politiques prohibitives, le déni des Kurdes et l’inimitié envers les Kurdes. »
 
Près de 100 ans après la création de l’État fasciste turc, les Kurdes sont criminalisés s’ils parlent leur langue maternelle, font vivre leurs musique ou leur culture ou s’ils veulent se gouverner.
 
La militante kurde originaire du Kurdistan de l’Est, Somayeh Rostampour a condamné avec virulence le fait que le Parlement turc coupe le micro à une députée sous prétexte qu’elle parle dans sa langue maternelle. Rostampour  a déclaré:
 
« Si ce n’est pas du « colonialisme interne », alors qu’est-ce que c’est?
Des militants kurdes en Turquie ont été condamnés à des années de prison pour la musique, poésie, chant et théâtre kurdes (depuis environ 20 ans)! Jusqu’aux années 60, parler kurde même la rue était considéré comme un crime ! Et à ce jour, les Kurdes sont considérés par la Turquie comme des terroristes ou des « Turcs des montagnes ».
 
Rappelons nous l’histoire d’une mère kurde qui a pendant dix ans vu son fils au parloir de la prison sans pouvoir lui parler car le kurde était interdit et qu’elle ne savait pas le turque. Elle pleurait en silence devant son fils à chaque rencontre.
 
La députée Leila Zana a passé plus de dix ans en prison pour avoir prononcé quelques mots kurdes au Parlement turc dans les années 1980…
 
Après, vous vous demandez pourquoi certains Kurdes prennent les armes contre l’État turc?
 
Ceux qui défendent encore le gouvernement turc et ne voient pas sa nature coloniale et oppresseur ont la capacité de se transformer facilement en soldat de toute autre force oppressive fasciste. (…) »

TURQUIE. Depuis la prison, Demirtas défie Erdogan pour un test de popularité

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TURQUIE – Mercredi, le président turc s’en est encore pris au politicien kurde, Selahattin Demirtas, qui appelait depuis la prison les partis d’opposition à l’union face au gouvernement alors que le pays est secoué par une crise économique majeure. Erdogan ne l’a pas apprécié et a déclaré que le parti de Demirtas (HDP) ne pouvait même pas organiser un meeting. Alors, Demirtaş l’a mis au défi d’organiser chacun son rassemblement et que celui rassemblant une personne de moins quitte la politique.
 
Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) emprisonné depuis novembre 2016, a interpellé le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a récemment exprimé ses doutes de manière sarcastique quant à savoir si les partisans de Demirtaş avaient encore de la force pour organiser des rassemblements. (Alors que par ailleurs, il a interdit tous les rassemblements du HDP et qu’il a fait emprisonné des milliers de politiciens et militants du HDP dans tout le pays!)
Répondant à une question des médias mercredi, Erdoğan avait déclaré: « La personne emprisonnée à Edirne dit : ‘Rassemblez-vous, organisez des rassemblements unis.’ Eh bien, pourquoi n’organise-tu pas ton propre rassemblement au lieu de dire de telles choses ? Adresse-toi d’abord à tes propres partisans. Tes partisans ont-ils encore la force d’organiser des rassemblements ? » Demirtaş a rapidement répondu par un message, qui a été publié par ses avocats sur son compte Twitter, disant : « Erdoğan a exprimé son inquiétude à propos d’un problème concernant l’organisation d’un rassemblement. En fait, HDP organise des rassemblements tout le temps. Mais si vous en avez vraiment envie, je vous mets au défi. Laissez-moi sortir de prison pour seulement deux heures et me rendre sur la place de Yenikapı [à Istanbul] avec un haut-parleur. Et vous allez au même endroit le lendemain avec toutes les commodités de l’état. Que celui qui a réuni une seule personne de moins quitte la politique. Es-tu partant? » Alors que le tweet de Demirtaş a reçu plus de 44 000 « j’aime » en quelques heures, il n’y a eu aucune réponse du président Erdoğan ou de son parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. (Actuellement, sur Twitter, il y a un hashtag  #DemirtaşMitingYaptır demandant à Demirtas de faire un meeting.) Demirtaş reste emprisonné malgré une décision de 2018 de la Cour européenne des droits de l’homme qui a déclaré que son emprisonnement avait « l’objectif ultérieur d’étouffer le pluralisme et de limiter la liberté de débat politique », et qui a demandé sa libération immédiate.

Accusé de corruption par un journaliste américain, le 1er ministre du Kurdistan jette en pâture une militante kurde

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Dans son article du 7 décembre dernier publié sur le site The American Prospect, le journaliste américain Zack Kopplin accusait Masrour Barzani, Premier ministre du Gouvernement du Kurdistan, d’avoir acheté un immeuble à Miami pour 18,3 millions de dollars, avec des documents publics à l’appui. Au lieu de répondre aux accusations de corruption, le cabinet de Barzanî a publié un démenti et déclaré que le journaliste avait une liaison avec la militante kurde Shnyar Anwar* dont le mari est le député de l’opposition Sarkawt Shams!
 
Ce n’est pas la première fois que les dirigeants du Kurdistan sont accusés de corruption. En effet, les deux familles rivales (Barzanî et Talabanî) qui co-dirigent le Kurdistan se sont enrichies avec l’argent du pétrole du Kurdistan alors que la population a été condamnée à la pauvreté d’où les manifestations régulières qui secouent la région et l’exil massif des habitants vers l’Europe… Cette nouvelle accusation vient jeter l’huile sur le feu alors que des étudiants du Kurdistan sont dans la rue depuis des semaines réclamant la réinstauration des bourses d’étudiants supprimée il y a quelques années par le clan Barzanî et que des réfugiés du Kurdistan meurent à la frontière Pologne-Biélorussie et dans la Manche… Dans son article, Zack Kopplin déclare que des membres de la famille Barzanî sont propriétaires de nombreux biens immobiliers qui valent près de 80 millions de dollars en Californie et en Virginie. Ces révélations sont devenues possibles grâce notamment à des erreurs commises par un cabinet d’avocats basé en Pennsylvanie qui avait acheté trois sociétés en Floride et une société au Delaware. Les documents pour les entreprises de Floride comprenant le nom et la signature du Premier ministre kurde, ainsi que ceux de l’un de ses autres frères, Muksi Barzani Le site Government Accountability Project (GAP), une organisation de protection des lanceurs d’alerte, pour lequel Zack Kopplin a mené cet enquête a réagi vivement aux accusations du Premier ministre du Kurdistan. Le GAP a déclaré qu’ « Une enquête du Government Accountability Project, publiée dans l’American Prospect, a révélé que Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan irakien, était le propriétaire secret d’une pharmacie de 18,3 millions de dollars à Miami, en Floride, par le biais de sociétés écrans anonymes. Plutôt que de répondre aux graves allégations, Masrour Barzani a accusé notre enquêteur d’être motivé par une liaison avec une militante kurde anti-corruption. Notre enquêteur n’a jamais rencontré cette activiste. Il s’agit d’une tentative sexiste et diffamatoire de détourner l’attention de la corruption du premier ministre. C’est aussi un dangereux abus de pouvoir, venant du cabinet du Premier ministre. Nous maintenons notre rapport, qui est basé sur des documents publics. Government Accountability Project condamne les attaques contre les lanceurs d’alerte, les militants et les journalistes au Kurdistan et condamne le secret financier du Premier ministre kurde. » De son côté, l’ONG de droits humains et de liberté d’expression, Kurdistan Watch a condamné fermement la déclaration du cabinet de Masrur Barzanî « recourant à des nuances ad hominem et extrêmement misogynes en réponse à un récent reportage d’un journaliste américain [concernant l’immeuble acheté par M. Barzanî aux États-Unis] l’étendue de la décadence morale de l’ARK est choquante.
 
Les accusations d’infidélité d’une femme mariée – dans une société profondément conservatrice comme celle du Kurdistan (…) sont un appel direct au meurtre de ladite femme. »
 
 
*Shnyar Anwar est la fondatrice de l’ONG Women and democracy program in Iraqi Kurdistan (Programme Femmes et démocratie au Kurdistan irakien).

TURQUIE. Meurtre d’une prisonnière kurde violée et torturée

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TURQUIE – Garibe Gezer, une jeune femme kurde arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations et violences sexuelles, physique et psychologique au cours de ses 5 ans de détention en isolement dans la prison de Kocaeli / Kandıra. Les autorités pénitentiaires ont contacté les avocates de Gezer pour annoncer son « suicide » en cellule d’isolement.

Selon l’avocate Eren Keskin, il est impossible pour un prisonnier de se suicider en cellule d’isolement, ce qui fait penser à un meurtre maquillé en suicide, d’autant que la victime et sa famille avaient alerté l’opinion publique plusieurs fois, disant que sa vie était en danger.
 
Garibe Gezer a été témoin du meurtre de son frère aîné Bilal Gezer lors des actions de Kobanê les 6 et 8 octobre 2014, alors qu’il n’avait que 21 ans. Alors que le corps de Bilal étaient toujours sur le lieu du meurtre, son autre frère, Mehmet Emin Gezer, a été abattu et paralysé par la police des opérations spéciales devant le commissariat de Dargeçit, où il s’est rendu pour s’informer sur le meurtre de son frère. A partir de cette date, tous les membres de sa famille ont été poursuivis par le régime turc ou emprisonnés.
 
Garibe Gezer, ou un crime d’État qui restera impuni

Garibe Gezer, une jeune femme kurde arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations et violences sexuelles, physique et psychologique au cours de ses 5 ans de détention en isolement dans la prison de Kocaeli / Kandıra. Les autorités pénitentiaires ont contacté les avocates de Gezer pour annoncer son « suicide » en cellule d’isolement.
Selon l’avocate Eren Keskin et de nombreux avocats et politiciens, il est impossible pour un prisonnier de se suicider en cellule d’isolement. On parle d’un meurtre maquillé en suicide, d’autant que la victime et sa famille avaient alerté l’opinion publique plusieurs fois, disant que sa vie était en danger. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’une ou un Kurde meurt mystérieusement dans les geôles turques.
 
On avait relayé l’information concernant le viol et la torture subis par Garibe Gezer il y a quelques semaines:
 
Garibe Gezer, une jeune Kurde détenue à la prison pour femmes de Kandıra, à Kocaeli, a été torturée et violée par des gardiens dans une cellule capitonnée. Son avocate Jiyan Tosun a déclaré que Gezer, qui a été violée par les gardiens et n’a pas été soignée malgré les saignements à la tête après sa tentative de suicide, demande à ce qu’on entende son calvaire.
 
Garibe Gezer, arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations au cours de ses 5 ans d’emprisonnement et a été condamnée à l’isolement. Garibe, qui a été envoyée à la prison de type F de Kandıra après sa dernière peine d’isolement à la prison fermée pour femmes de Kayseri/Bünyan le 15 mars, a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes après la fin de sa peine d’isolement de 22 jours. Mais sa demande a été refusée. Elle a été emmenée dans une cellule matelassée par les gardiens pour s’être révoltée, où elle a été torturée et violée par les gardiens. Elle a voulu signaler son calvaire à ses avocates et à sa sœur. Mais ses lettres n’ont pas été envoyées ou ont été censurées. (Jinnews)
 
Déshabillée devant les gardiens
 
Gezer a été transférée de la prison de Kayseri à la prison de Kandıra le 15 mars. Elle y a été détenue pendant 22 jours dans une cellule. Après la fin de sa peine de cellule, elle a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes.
 
Elle s’est opposée à ce qu’on la remette en cellule le 21 mai. Des gardiennes l’ont traînée par terre tout en la tenant par les cheveux et les bras. Ils ont enlevé son shalwar (pantalon large) et sont passés au milieu des gardiens hommes. Ils l’ont mise en cellule.
 
Gezer avait été détenue dans la cellule pendant deux jours. Elle a protesté contre cela. Les gardiens sont venus dans sa cellule parce qu’elle a frappé à la porte de la cellule. Ils lui ont dit qu’ils la mettraient dans une cellule capitonnée si elle continuait à frapper à la porte.
 
Les cellules capitonnées sont des cellules dont les parois sont recouvertes de mousse et considérées comme un moyen de torture. Mais le gouvernement turc nie leur existence.
 
Viol en cellule matelassée
 
Le 24 mai, huit gardiens, hommes et femmes, sont venus dans sa cellule et ont battu Gezer. Les gardiennes pliaient les mains et les hommes écrasaient son cou avec leurs bottes.
 
Elle a ensuite été emmenée dans une cellule capitonnée. A la porte de la chambre, ses vêtements ont été enlevés et elle a été violée.
 
Menottée dans le dos
 
Selon la pétition que l’avocat Keskin a soumise au bureau du procureur général, Gezer a tenté d’enlever la mousse dans la cellule. Voyant cela par la caméra, les gardiens sont revenus dans la cellule et l’ont violemment battue. Elle s’est évanouie. Elle a été mise dans la cellule en étant menottée dans le dos et est restée dans la cellule pendant trois à quatre heures.
 
Tentative de suicide
 
Incapable de faire face aux violences sexuelles, Gezer a tenté de se suicider dans sa cellule en se pendant avec des draps. Elle est tombée après que le drap se soit déchiré et qu’elle se soit cogné la tête. Malgré l’hémorragie, elle a été maintenue au sol pendant plusieurs heures.
 
Lettres censurées
 
Elle a refusé le traitement en raison de l’attitude discriminatoire du médecin de l’infirmerie et du fait qu’elle n’avait pas été soignée depuis longtemps. Elle a été ramenée dans sa cellule. Le saignement au niveau de la tête a continué jusqu’au lendemain.
 
Gezer voulait écrire des lettres à son avocate et à sa famille, mais certaines lettres qu’elle a écrites n’ont pas été envoyées alors que d’autres ont été envoyées après avoir été censurées par le comité de lecture des lettres.
 
Toilettes devant la caméra
 
Sans mener d’enquête psychosociale pour savoir si elle tenterait à nouveau de se suicider, l’administration de l’établissement pénitentiaire a continué à la garder dans une cellule individuelle.
 
Ne pouvant parler des effets psychologiques des tortures et mauvais traitements sexuels dont elle a été victime, Gezer a mis le feu à sa cellule le 7 juin.
 
Les toilettes de sa cellule était surveillées également par une caméra. Par ailleurs, les gardiens de la prison l’ont maltraitée en soufflant de l’air froid à travers le système de ventilation.
 
Plainte pour viol
 
 
Les avocates de Garibe, Eren Keskin, Jiyan Tosun et Jiyan Kaya ont déposé une plainte pénale auprès du bureau du procureur le 20 septembre dans le cadre de l’enquête, déclarant que la « Convention européenne des droits de l’homme et la Convention des Nations Unies contre la torture et Autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». La situation de Garibe a également été portée à l’ordre du jour du Parlement par les députés du Parti démocratique des peuples (HDP).
 
 
La coprésidente de l’Association des droits de l’homme, Eren Keskin, a déposé une plainte pénale contre les gardiens et le médecin de la prison.
 
 
Keskin a décrit la torture, les mauvais traitements et les agressions contre la prisonnière dans la pétition qu’elle a soumise au bureau du procureur général de la prison de Kandıra.
 
« La cliente a dit que la cellule qui s’appelle la « cellule matelassée » était un endroit de deux à trois mètres de long, elle était entièrement recouverte de mousse, elle était surveillée par une caméra pendant 24/24, il y avait des excréments partout dans la pièce, l’odeur d’urine et d’excréments était insupportable, il n’y avait qu’un trou comme toilettes dans la chambre et c’était était visible par la caméra », a déclaré Keskin.
 
 
Jiyan a déclaré qu’après avoir rencontré Garibe, elles ont déposé une plainte pénale contre le médecin de l’infirmerie pour torture et mauvais traitements dans la prison de Kandıra et contre l’administration pénitentiaire et le directeur pour « négliger son devoir ». Elle a ajouté qu’elles continueront à s’occuper du processus. Notant que les demandes de Garibe incluent de faire entendre et de faire connaître ce qu’elle a subi, Jiyan a déclaré qu’elle avait également demandé qu’une plainte pénale soit déposée contre l’administration pénitentiaire, en particulier les gardiens et le médecin qui ne l’ont pas soignée, qui l’ont maltraitée. Rappelant qu’elle leur a également demandé d’annoncer publiquement les tortures sexuelles et les mauvais traitements subis par Garibe.
 
Enquête pour avoir parlé de la torture
 
Lors d’une visite, Gezer a parlé à sa sœur Asya Gezer de la torture et des agressions sexuelles dont elle avait été victime. Une enquête disciplinaire a été ouverte contre elle à cause de cela. Faisant une déclaration au sujet de cette enquête, elle a également dit être torturée.
 
Au cours de la procédure ultérieure, elle expliqua les actes de torture et les mauvais traitements au bureau du procureur général de la prison de Kandıra et à la magistrature de Kocaeli chargée de l’application des lois pénales.
 
Resmiye Vatansever, qui est détenue dans la même prison, a également parlé au juge de la torture de Gezer.
 
Appel à une enquête efficace
 
Keskin a demandé une enquête effective sur l’incident en vertu du droit interne turc, de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de la Convention des Nations Unies contre la torture.
 
Elle a exigé que les agents pénitentiaires soient condamnés conformément aux crimes définis aux articles 86, 94 et 102 du Code pénal turc. elle a également exigé que le médecin infirmier soit condamné conformément à l’article 257 du code pénal.
 
Une famille kurde
 
« Ce qui se passe dans les prisons est grave mais ce que Garibe a vécu est bien pire. Parce qu’elle a tellement souffert qu’elle a essayé de mourir. C’est horrible pour une jeune fille. Ils ont déjà subi beaucoup de pression en tant que famille kurde. Garibe veut que tout le monde réagisse à ce qu’elle a vécu récemment. Nous la soutiendrons. » (Bianet)
 
 

Le Mouvement pour la paix exhorte la France à agir contre les attaques chimiques de la Turquie au Kurdistan

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PARIS – Dans sa guerre anti-kurde, la Turquie utilise tous les moyens d’extermination, dont des armes chimiques, mais la communauté internationale refuse d’enquêter sur ces crimes pour ne pas gêner l’allié turc face au peuple kurde apatride… Malgré cela, de plus en plus de voix s’élèvent pour appeler la communauté internationale à agir. Une de ces voix vient du Mouvement pour la paix, une ONG française agissant en faveur de la paix dans le monde.
 
Le Mouvement pour la paix a publié un communiqué à l’adresse du gouvernement français, lui demandant d’oeuvrer pour la création d’une commission d’enquête internationale après les informations faisant état de bombardements chimiques menés par l’État turc au Kurdistan.
 
Voici le communiqué du Mouvement pour la paix:
 
« Depuis le 23 avril 2021, les armées turques mènent des actions d’une rare violence dans des régions majoritairement habitées par des Kurdes ou des Yézidis, au sud et à l’est de la Turquie. Il en est de même sur des territoires syriens et irakiens. L’enjeu est notamment de forcer les populations qui habitent depuis des millénaires au nord de la Syrie à quitter leurs villages pour les remplacer par d’autres populations voir par des groupes djihadistes. Ces exactions contre les populations kurdes dans les zones frontalières avec la Turquie s’inscrivent dans une véritable opération de nettoyage ethnique, qualifiée comme telle par la presse dès 2020, suite aux informations rendues publiques par le rapport de la commission indépendante des Nations Unies sur la Syrie. La ville de Kobané qui avait résisté héroïquement en 2014 et 2015 aux attaques djihadistes est de nouveau visée par la Turquie avec l’aide des organisations islamistes qu’elle protège. Il y a déjà eu de nombreux morts civils. Devant la Résistance kurde en Irak, l’armée turque est très fortement suspectée d’avoir bombardé des villages à plusieurs reprises avec des armes chimiques en violation des traités internationaux qui en interdisent l’utilisation. Les témoignages de villageois sur les symptômes qui sont apparus, ainsi que des photos et films, rendent cette hypothèse hélas possible. Il y a déjà eu de nombreux morts civils. Devant cette situation, il est important de porter à la connaissance de tous nos concitoyens la situation tragique dans cette région et de briser le mutisme actuel sur ce sujet. Une délégation d’une coalition britannique de solidarité avec le Kurdistan doit se rendre sur place bientôt. D’après Rojinfo « la délégation composée de journalistes, de politiciens et de scientifiques aura pour mission de visiter les zones où l’armée turque est accusée d’avoir utilisé des armes chimiques et de rencontrer les personnes affectées. À l’issue de sa visite, elle doit établir un rapport qui sera remis aux Nations Unies à Genève. » Le Mouvement de la Paix demande aux instances internationales, en premier lieu l’Organisation des Nations Unies pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), de diligenter de toute urgence une enquête sur place pour enquêter sur la présence et l’utilisation d’armes chimiques dans la région. Le Mouvement de la Paix demande au président de la République et au gouvernement français de :
  • Demander à l’Organisation des Nations Unies pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), de diligenter de toute urgence une enquête sur place pour enquêter sur la présence et l’utilisation d’armes chimiques dans la région.
  • Stigmatiser les atteintes aux droits de l’homme et aux traités internationaux dont le gouvernement turc se rend coupable.
  • Respecter son obligation de protéger sur le sol français les personnes ayant le statut de réfugiés politiques.
  • Agir pour des solutions en faveur de la paix dans ces régions incluant le respect des droits des populations kurdes.
Le Mouvement de la Paix A Paris, le 8 décembre 2021″

TURQUIE. Nouveau procès d’un Kurde emprisonné illégalement depuis près de 23 ans

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TURQUIE / BAKUR – Le prisonnier kurde Hadi Elçiçek a été condamné à mort en 1999 pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État » par la « justice » turque sur des aveux extirpés sans la présence d’un avocat. (Sa peine avait été commuée en réclusion à perpétuité.) 20 ans après les faits, la CEDH a condamné la Turquie dans cette affaire pour violation du droit à un procès équitable en refusant au prévenu l’accès à un avocat au stade de l’enquête de police. Alors, aujourd’hui, la « justice » turque a décidé de rejuger Hadi Elçiçek en annulant le précédent verdict vieux de 23 ans…
 
Dans le procès qui a repris après que la CEDH a condamné la Turquie pour « violation du principe d’un procès équitable », il a été décidé de suspendre l’exécution du prisonnier malade Hadi Elçiçek, qui est en prison depuis février 1999 (la période où le chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan avait été capturé et livré à la Turquie par un complot international, donnant lieu à de nombreuses manifestations dans le monde.)
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a statué sur la Turquie dans l’affaire Hadi Elçiçek, Kuling Sevilgen et Salih Tuğrul, qui ont été arrêtés par la Cour de sûreté de l’État (DGM) en 1999 pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État » et condamnés à mort, dont les peines ont ensuite été commuées en réclusion à perpétuité. La Turquie a été reconnue coupable d’avoir « violé le principe d’un procès équitable ». Après la décision de la CEDH, le procès a repris devant la 4e Cour pénale de Diyarbakır.
Salih Tuğrul, l’un de trois, a été libéré en 2014 en raison de graves problèmes de santé, tandis que Kuling Sevilgen est décédé en 2015 des suites d’une crise cardiaque à la prison de Bandırma, où il était incarcéré.
L’EXÉCUTION DE LA PEINE SUSPENDUE
Hadi Elçiçek, qui était emprisonné dans la prison de Tarsus, n’a pas pu assister au procès où il a été à nouveau jugé avec Salih Toğrul en raison d’un problème dans le système de visioconférence (SEGBİS). Des avocats des deux prévenus, Mehdi Özdemir, étaient présents dans la salle.
Partageant les documents ajoutés au dossier, le président du tribunal a déclaré qu’il avait été décidé de combiner le nouvel acte d’accusation avec le dossier de l’affaire contre Elçiçek.
Par la suite, l’avocat Özdemir a demandé que les points manquants soient corrigés et a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve autre que les déclarations faites sans avocat au stade de l’enquête pour laquelle la CEDH avait condamné la Turquie. Rappelant qu’un de ses clients, Toğrul, avait bénéficié de l’arrêt de l’exécution de la peine, Özdemir a demandé qu’Elçiçek bénéficie également de la même suspension.
L’accusation a demandé le rejet de la demande de l’avocat d’Elçiçek.
Dans la décision provisoire annoncée par le tribunal, il a été décidé de suspendre l’exécution de la peine d’Hadi Elçiçek en raison de l’achèvement de l’affaire dans le cadre du nouveau procès rendu avec la décision de la 16e chambre pénale de la Cour suprême d’appel pour le condamné Salih Toğrul et le décision de la Cour constitutionnelle en date du 1er juillet 2021.
Retour sur un scandale judiciaire vieux de 23 ans
Hadi Elçiçek a été arrêté à Siirt/ Eruh le 16 février 1999 pour avoir « porté atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Poursuivi par la Cour de sûreté de l’État (DGM) n°1 de Diyarbakır, Elçiçek a été condamné à mort pour le même chef d’accusation. Le tribunal a par la suite modifié cette peine en « réclusion à perpétuité aggravée ». (La prison à perpétuité aggravée (ağırlaştırılmış müebbet hapis) est, en Turquie, une sanction pénale consistant en la détention d’un criminel jusqu’à sa mort sous un strict régime de sécurité. La réclusion à perpétuité aggravée a été substituée à la place de la peine capitale, celle-ci ayant été abolie en 2002.)
Après la finalisation de cette condamnation par la Cour suprême d’appel, l’avocat d’Elçiçek a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 10 décembre 2002, au motif qu’un procès équitable n’avait pas eu lieu en raison du militaire à la DGM et la déposition de son client a été recueillie sans avocat et sous la torture.
Le 16 juillet 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que les motifs du requérant étaient justifiés et a invoqué l’article 6/1 et 6/3-c de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et a constaté une violation en raison de l’absence d’un procès équitable pour Elçiçek. La Cour EDH a jugé la demande des avocats justifiée en ce qui concerne le nouveau procès.
Par cette décision, l’avocat d’Elçiçek, Mehdi Özdemir, a saisi la 4e Cour pénale de Diyarbakır le 8 août 2019. Le tribunal, qui a examiné la décision, a conclu que la CEDH avait conclu à une violation des articles 6/1 et 6/3-c de la CEDH avec la condamnation d’Elçiçek, qui se trouvait à la prison de Silifke, et a accepté la demande de nouveau procès en application de l’article 318/1 de la CMK, tout en rejetant la suspension de l’exécution de la peine.
 

SHENGAL. Un responsable yézidi tué par un drone turc

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – La Turquie continue ses crimes odieux visant la minorité yézidie de Shengal qui a survécu au génocide commis par DAECH en août 2014.

Ce mardi, un drone armé de l’armée turque a frappé une voiture civile appartenant à Merwan Bedel, co-président du Conseil d’administration autonome de Shengal, dans la ville de Khanasor située au nord du mont Sinjar.
 
Merwan Bedel a perdu la vie sur les lieux tandis que ses deux enfants qui l’accompagnaient ont pu être sortis de la voiture en feu grâce aux efforts des personnes présentes sur les lieux de l’attaque. (ANF)
 
La Turquie a accentué les assassinats des Kurdes et des Yézidis au Kurdistan du Sud mais aussi au Rojava, en toute illégalité. Mais la communauté internationale ferme les yeux devant les crimes commis par son allié turc…

Une députée interroge le gouvernement suisse sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les Kurdes

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SUISSE – La députée suisse, Brigitte Crottaz a déposé une motion devant le Conseil fédéral sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre des combattants et des civils kurdes au Kurdistan du Sud, au Rojava ou encore au Kurdistan « turc ».
 
« Dans sa stratégie de politique étrangère 2020-2023, le Conseil fédéral souligne le conflit interne de la Turquie avec le peuple kurde et considère qu’un ‘dialogue critique et constructif’ avec le pays doit se poursuivre », a déclaré Crottaz qui a posé les questions suivantes au Conseil fédéral :
 
Le Conseil fédéral est-il au courant de l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les régions dominées par les Kurdes en 2021 ?
 
– Comment la Suisse garantit-elle le respect des traités d’interdiction des armes chimiques qu’elle a signés, notamment dans la région ?
 
– Quelle est l’appréciation du Conseil fédéral concernant les méthodes de guerre utilisées par la Turquie dans ses conflits internes et externes contre la population kurde ?
 
– Le Conseil fédéral peut-il transformer le centre de compétence NBC – Demunex [Centre de compétences NBC-DEMUNEX – nucléaire, biologique, chimique, dé-minage et d’élimination des munitions non explosées – basé à Spiez et qui dirige la défense NBC et le commandement DEMUNEX] de l’armée suisse en un centre de révélation des faits ?
 
– Comment le Conseil fédéral envisage-t-il les voies d’une paix durable dans les régions dominées par les Kurdes ?
 
– Comment le problème des mauvais traitements infligés aux Kurdes en Turquie et dans les zones à majorité kurde proches de la frontière turque est-il abordé dans le cadre des relations diplomatiques entre la Suisse et la Turquie ?
 
La députée a rajouté qu’ « en 2021, les médias internationaux ont rapporté que l’État turc avait utilisé des armes chimiques dans son conflit avec le peuple kurde. En 2019, la Turquie a également fait l’objet d’une enquête de l’Organisation des Nations Unies pour l’interdiction des armes chimiques pour la même raison. Il est généralement connu que la Turquie a adopté des méthodes d’oppression et de guerre extrêmement violentes contre le peuple kurde sur son territoire ou en Syrie (Rojava) et en Irak (Bashur). En réalité, la répression et l’oppression de la Turquie suppriment systématiquement la possibilité d’une paix véritable avec la population kurde. »
 

Une famille kurde engloutie par la Manche…

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Cette famille kurde du Kurdistan d’Irak a pris le chemin difficile dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre et s’est finalement noyée dans la Manche, entre la France et l’Angleterre. Le père de famille qui est un Peshmerga a vendu sa maison et est resté au pays pour travailler et payer le voyage de la famille.
  Le 24 novembre, 27 migrants, dont de nombreux Kurdes, qui tentaient de rejoindre l’Angleterre depuis la France sont morts lorsque leur bateau gonflable a coulé au large de Calais, dans le nord de la France. Un survivant raconte qu’avant de couler, les réfugiés avaient appelé les secours côté britannique et français, mais que les Anglais et les Français les avait dirigés chaque fois vers l’autre partie, disant qu’ils étaient dans les eaux territoriales de l’autre État, laissant mourir près d’une trentaine d’enfants, femmes, jeunes hommes en pleine mer… (Mais côté Pologne-Biélorusse, ce n’est guère mieux, là, ils sont morts à cause du froid glacial ou les coups portés par des fascistes polonais qui rôdent à la frontière polono-bélarusse. L’Europe continuer à ignorer le drame des réfugiés qui se joue sous ses yeux.)

Les secours anglais et français ont-ils laissé les migrants se noyer dans la Manche?

L’un des deux survivants connus de la catastrophe d’un bateau dans la Manche mercredi soir et un parent de deux des migrants ont accusé les garde-côtes britanniques d’avoir ignoré les appels répétés à l’aide des migrants en train de se noyer alors qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques. Dans une interview accordée à Rudaw dimanche, le survivant a détaillé l’horreur alors qu’il regardait une trentaines de personnes se noyer, une par une.
 
« Le côté droit du bateau perdait de l’air. Certaines personnes y pompaient de l’air et d’autres écoperaient l’eau du bateau », a déclaré Mohammed Shekha Ahmad, 21 ans, un Kurde qui résidait dans la ville de Qaladze dans la région du Kurdistan de Sulaimani. province jusqu’à il y a environ six semaines. « Puis après un moment, nous avons appelé la police française et leur avons dit: « Aidez-nous, notre pompe a cessé de fonctionner. » »
 
« Ensuite, [nous] avons envoyé [notre] localisation à la police française et ils ont dit: » vous êtes dans les eaux britanniques « … nous avons appelé la Grande-Bretagne. Ils ont dit d’appeler la police française », a raconté Mohammed, visiblement bouleversé par sa mort imminente. vivre. « Deux personnes appelaient – l’une appelait la France et l’autre appelait la Grande-Bretagne. » Les migrants ont passé leurs appels en anglais.
 
Un parent de deux des victimes, Taha (nom d’emprunt), qui était en contact avec eux via Facebook mardi soir, suivant leur localisation en direct, allègue également que les migrants ont atteint les eaux britanniques. « Quarante-cinq minutes avant de se noyer, ils ont appelé et ont dit qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques mais qu’ils ne pouvaient pas bouger. Ils se sont noyés dans les eaux britanniques et les vagues ont emporté les corps dans les eaux françaises », a déclaré le proche, qui ne veut pas être identifié pour des raisons légales, à Rudaw par téléphone.
 
« Je crois qu’ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques », a-t-il déclaré. Lorsqu’on lui a demandé si son parent sur le bateau avait appelé la police britannique, il a répondu « 100% et ils [la police britannique] ont même dit qu’ils viendraient [à la rescousse] ».
 
Taha a déclaré que le bateau se trouvait dans les eaux françaises lorsque les problèmes ont commencé, mais le passeur les a forcés à continuer de se diriger vers la Grande-Bretagne pendant 45 minutes supplémentaires. Taha a suivi le mouvement du bateau en direct sur Facebook lorsque le moteur du canot a cessé de fonctionner. « J’avais leur emplacement en direct, mais vous savez que l’emplacement en direct n’est disponible que pendant une heure », a-t-il déclaré.
 
Dimanche soir, Rudaw a envoyé un courrier électronique au ministère britannique des Affaires étrangères et à l’Agence maritime et des garde-côtes pour leur demander s’ils avaient enregistré un appel de détresse la nuit de l’incident. Le ministère de l’Intérieur a répondu au nom du gouvernement britannique, contestant le récit et un porte-parole a déclaré dans un e-mail à Rudaw que l’incident s’était produit dans les eaux territoriales françaises. Les allégations sont « complètement fausses », a écrit le porte-parole lundi matin. « Les responsables ici ont confirmé hier soir que l’incident s’était produit bien à l’intérieur des eaux territoriales françaises, ils ont donc dirigé l’effort de sauvetage, (…) déployé un hélicoptère à l’appui de la mission de recherche et de sauvetage dès que nous avons été alertés. » Il a également conseillé à Rudaw de contacter les garde-côtes.
 
Rudaw a de nouveau envoyé un courrier électronique aux garde-côtes lundi matin, leur demandant si, six jours après l’incident, l’agence avait enquêté sur l’existence d’un appel de détresse la nuit de l’incident et n’a toujours pas reçu de réponse.
 
Mohammed est catégorique sur le fait que le bateau a atteint les eaux britanniques. « La police britannique ne nous a pas aidés et la police française a dit: « vous êtes dans les eaux britanniques, nous ne pouvons pas venir ». Puis, alors que nous nous noyions lentement, les gens ont perdu espoir et ont lâché prise. Puis les vagues nous ont emmenés vers la France. »
 
« La Grande-Bretagne aurait dû monter à bord [et nous secourir] parce que nous nous sommes noyés dans la Manche [côté anglais] », a-t-il déclaré en sanglotant. « Ils ne nous ont pas aidés ou n’ont rien fait pour nous. »
 
Rudaw a reconstitué le voyage du bateau de migrants sur la base du témoignage du survivant et du parent qui était en contact avec deux personnes sur le bateau cette nuit-là.
 
Mohammed, qui a survécu à l’épreuve déchirante, semble visiblement désemparé et ne se souvient pas de l’âge de sa sœur qui a motivé son voyage. Il espérait gagner de l’argent au Royaume-Uni pour payer son traitement. Ce n’était pas la première tentative de Mohammed pour atteindre la Grande-Bretagne. Il avait essayé quelques jours plus tôt et avait été secouru par un navire français.
 
Le groupe de 33 ou 34 migrants a été conduit en bus vers un lieu du littoral de Dunkerque vers 18h00 heure locale, mardi soir. Les migrants venaient pour la plupart du Kurdistan irakien – 15 Kurdes de la région de Peshdar et Betwin dans la province de Souleymanieh, selon Mohammed. Quatre à cinq du groupe venaient de Somalie, quatre Kurdes d’Iran, un Vietnamien et deux Égyptiens. Il y en avait quatre autres dont Mohammed ignorait la nationalité. Les passagers comprenaient une fillette de 3 ou 4 ans et un certain nombre de femmes, dont l’une de 24 ans se rendait en Grande-Bretagne pour rejoindre son fiancé.
 
Mohammed a déclaré qu’il y avait 33 migrants dans le groupe qui avaient été échangés entre jusqu’à six passeurs avant de monter à bord du dériveur infortuné. Le deuxième témoin, Taha, est certain qu’il y avait 34 personnes à bord du bateau et que cinq corps sont toujours portés disparus. « Il y avait aussi des étrangers, qui parlaient bien anglais. Même la fille kurde de 15 ans de Darbandikhan parlait bien anglais », a déclaré Taha à ses proches.
 
Sur le canot se trouvait un jeune kurde du nom de Shakar Ali, qui enverrait le dernier message vocal du voyage en ce jour fatidique.
 
Mohammed a déclaré qu’il était ouvrier du bâtiment au Kurdistan irakien avant de décider d’aller en Grande-Bretagne il y a un peu plus d’un mois afin de gagner de l’argent pour aider à payer les 70 000 dollars dont sa sœur a besoin pour se rendre en Inde pour un traitement médical pour des disques fusionnés dans sa colonne vertébrale. Il a dit que le bateau est parti entre 20h00 et 22h00, heure locale. Taha, suivant de près les progrès de ses proches en ligne, a confirmé le timing, affirmant que le canot était entré à l’eau vers 21h00 le 23 novembre.
 
« Ils ont quitté Dunkerque et il leur a fallu trois heures avant d’arriver sur le Calais-Douvres. ligne. Je m’attendais à ce qu’ils arrivent [au Royaume-Uni] à 2 heures du matin [mercredi matin] », a déclaré Taha à Rudaw. Dès le début, il s’inquiétait pour la sécurité de ses proches et pour savoir si le bateau dans lequel ils se trouvaient était en état de navigabilité. « Le canot était vieux et en décomposition », a-t-il déclaré.
 
Taha a refusé de parler officiellement, affirmant qu’il craignait d’être qualifié de « contrebandier » s’il rendait ses déclarations publiques.
 
La mer était calme et le bateau a voyagé pendant plusieurs heures, un Égyptien conduisant, selon Mohammed, avant que les problèmes ne commencent avec le canot.
 
« Ils ont commencé à avoir des problèmes de tube vers 1h30, heure britannique », a déclaré Taha. « J’étais en contact avec eux, parlant jusqu’à 14h40. »
 
Taha a accusé deux passeurs d’avoir forcé les migrants à continuer de se déplacer pendant 45 minutes supplémentaires pour atteindre les eaux britanniques, alors même que le canot fuyait de l’air.
 
L’eau a commencé à s’infiltrer dans le bateau et les migrants ont travaillé frénétiquement pour le renflouer, se souvient Mohammed. Il a dit qu’ils avaient vu un navire et que certains des passagers voulaient s’en approcher et être secourus, mais d’autres voulaient continuer et atteindre les côtes britanniques.
 
Alors que l’eau commençait lentement à submerger le bateau, les passagers ont commencé à paniquer et ont tenu leurs téléphones allumés en l’air en espérant qu’ils seraient repérés par un navire qui passait, a déclaré Taha. Mais plus aucun navire ne passa. Entre 2h15 et 2h45 du matin, le moteur s’est arrêté de fonctionner. Les proches de Taha avaient des cartes SIM britanniques dans leurs téléphones et selon Taha, la connexion réseau cette nuit-là était très bonne et claire.
 
Lorsque le moteur est tombé en panne, Taha a conseillé à son parent de persuader les autres de faire demi-tour et de rentrer en France. « Ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques. Je leur ai dit de faire demi-tour mais le passeur leur a dit de continuer », a déclaré Taha.
 
Shakar Ali, l’un des migrants, a envoyé un dernier message audio à un proche. «Nous sommes dans les eaux britanniques et françaises. Nous ne savons pas lequel d’entre eux vient [nous sauver]. Je jette mon portable. Si vous n’avez pas de nouvelles de moi, cela signifie que nous sommes en Grande-Bretagne et si je retourne en France, alors je vous appellerai moi-même», a-t-il déclaré dans le message vocal dont Rudaw a obtenu une copie.
 
La décision de jeter leurs téléphones portables à l’eau semble avoir été une décision consciente, selon des personnes familières avec le voyage. La plupart des migrants, en particulier les Kurdes, ont des parents au Royaume-Uni et ont été en contact avec eux tout au long du voyage. Ce journal d’appels s’afficherait sur leurs téléphones. « Vous savez qu’ils ont appelé des parents et des amis en utilisant le téléphone, donc à l’avenir, lorsque le téléphone est saisi [par la police], cela causera des problèmes à leurs familles », a expliqué Taha pourquoi les migrants ont jeté leurs téléphones. Ni les migrants ni les familles ne veulent être considérés comme un passeur.
 
Alors que le bateau dérivait et perdait plus d’air, les passagers, dont des enfants, sont tombés à l’eau. Ils se sont accrochés au canot dégonflé et l’un à l’autre. Tout au long de la nuit noire, alors que le canot à moitié submergé flottait dans la Manche en direction de la France, tout le monde a tenu bon, mais leur énergie a cédé à l’aube.
 
« Tout le monde pouvait le supporter jusqu’au lever du soleil, puis quand la lumière brillait, personne ne pouvait plus le supporter et ils ont abandonné la vie », a déclaré Mohammed. Un par un, ils se lâchèrent l’un l’autre et le bateau. « La plupart des membres du groupe étaient morts au moment où ils ont été retrouvés par un ferry français, qui aurait été alerté par deux pêcheurs français. Deux des migrants sont morts à l’hôpital », a-t-il déclaré.
 
Rudaw a réussi à identifier plusieurs migrants décédés
 
« Un gars de Ranya était avec moi », se souvient Mohammed. Les deux jeunes hommes kurdes avaient à peu près le même âge et ont promis qu’ils ne laisseraient pas l’autre partir. À un moment donné, alors qu’ils étaient dans l’eau, son ami a demandé à Mohammed de lâcher sa main. « J’ai dit, je ne lâcherai pas ta main. Puis il a dit: ‘Je vais aller devant toi.’ Je ne l’ai plus revu. »
 
La police française lui a ensuite montré la photo du cadavre de son ami et il l’a immédiatement reconnu. Mohammed a également reconnu des photos d’une famille avec un enfant de 3 ans de Darbandikhan, dans la province de Sulaimani. « C’est la petite fille. Ils étaient avec nous », a-t-il dit.
 
« J’ai vu la mort de mes propres yeux. Je ne pensais qu’à mon père et à ma mère », a-t-il déclaré.
 
Taha est également bouleversé par la perte de ses proches. « Ce qui s’est passé est un crime, ce n’est pas le destin ou la volonté de Dieu. C’est un crime commis par les deux pays », a-t-il déclaré.
 
Certains proches ont fourni des échantillons d’ADN aux autorités françaises et ils attendent que leurs proches soient identifiés.
 
Les cris de ses compagnons migrants sont encore vivaces dans l’esprit de Mohammed, criant et pleurant : « S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! » mais il espère toujours se rendre en Grande-Bretagne, prêt à sacrifier sa vie pour sa sœur.
 
Le père de Mohammed a déclaré à Rudaw qu’il était reconnaissant que son fils soit vivant et qu’il « souhaite que les autres aient survécu aussi ».
Rudaw

Avec sa guerre au Kurdistan, la Turquie a battu le record des USA au Vietnam

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La violence des six dernières années de la guerre contre les Kurdes, au cours de laquelle l’État turc a dissimulé les résultats et le coût économique sur le terrain, ainsi que les dommages financiers/moraux qu’il a entraînés, a dépassé les dix dernières années de la guerre des Etats-Unis au Vietnam.
 
L’État turc ne voit aucune raison d’expliquer les conséquences de sa campagne meurtrière contre le peuple kurde. Ceci explique les chiffres erronés utilisés pour sa propagande. Pendant 35 ans, l’État turc a tenu son opinion publique dans l’ignorance de ce qui se passait sur le champ de bataille. Le peuple turc ne voit pas la nécessité d’évaluer sérieusement les coûts financiers et psychologiques de 35 ans de guerre. Les efforts dans cette direction sont entravés par la brutalité des pouvoirs turcs successifs. Malgré les efforts de l’État turc pour dissimuler les conséquences et les coûts de la guerre contre la guérilla kurde, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) détaille ce qui s’est passé. Malgré diverses limitations, tous les événements ont été partagés de manière routinière au cours des 6 dernières années, en particulier les résultats des combats depuis le début des années 2000. Il constitue une source importante de données pour évaluer l’intensité et le coût de la guerre. COMPARAISON AVEC LE VIETNAM Les similitudes entre la lutte kurde et d’autres guerres de guérilla sont abordées et des comparaisons sont établies, la plus importante étant la guerre du Vietnam. Ces évaluations, en termes de similitudes et de rapports de force, laissent entrevoir des résultats significatifs sur l’ampleur des combats au Kurdistan. La guerre du Vietnam a duré plus de deux décennies, mais l’époque au cours de laquelle l’Amérique a été impliquée a été la plus intense. Comparons les dix années de la lutte du Vietnam aux six dernières années de la guerre du Kurdistan. Les dix dernières années de la guerre du Vietnam ont été les plus intenses, et les six dernières années de la guerre du Kurdistan, qui dure depuis 1984, sont considérées comme l’ère la plus sévère, allant de 2015 à 2021. LES DIX ANS DE GUERRE DES USA AU VIETNAM Les États-Unis, qui sont entrés en guerre au Vietnam en 1963 et ont perdu en 1973, ont utilisé 8 millions de tonnes de bombes et 15 millions de tonnes de munitions tout au long de cette période. Le coût de la guerre a été estimé à 350 milliards de dollars. Sous la pression du public, le coût et les conséquences de la guerre ont été divulgués. En conséquence, le peuple a reconnu les dommages moraux et matériels causés par cette guerre immorale et a exercé une pression importante sur le gouvernement pour qu’il y mette fin. Par conséquent, disposer d’une force super-militaire et de vastes ressources était insuffisant pour éviter les pertes dans une guerre injuste. 6 DERNIÈRES ANNÉES DE LA GUERRE AU KURDISTAN En regardant les faits des six dernières années de la guerre génocidaire de 35 ans menée par l’État turc contre le peuple kurde, il est clair qu’elle a largement dépassé la guerre du Vietnam. Le tableau ci-dessous est basé sur les données des HPG (branche armée du PKK) de juillet 2015 à novembre 2021: 4 881 bombardements aériens et 3 824 bombardements d’artillerie ont été effectués. Sur la base des poids (poids minimum) des munitions possédées et utilisées par l’armée turque, on estime que 4 millions 460 mille 614 tonnes de bombes ont été utilisées. L’armée turque a lancé 1 865 attaques; il y a eu 6561 affrontements. Lorsque la durée moyenne des opérations et les statistiques de combat sont calculées, on découvre que la quantité de munitions utilisées est d’environ 5 millions de tonnes. POURQUOI CES CHIFFRES MANQUENT-ILS ? Lorsque la période 1984-2015, la résistance à l’autonomie gouvernementale et les attaques de l’occupation contre le Rojava après 2018 sont ajoutées aux rapports de calcul du conflit de 6 ans au Kurdistan, il est conclu qu’au moins 25 millions de tonnes de bombes ont été utilisées en moyenne. De plus, les informations publiées dans les registres officiels du BIM sont calculées en un seul chiffre ; avec des attaques répétées qui ciblent un endroit tout au long de la journée enregistrées comme un seul bombardement. Étant donné que les résultats de divers bombardements et conflits ne peuvent être clarifiés qu’après une longue période de temps en raison de l’état de guerre actuel, ces informations ne sont pas incluses dans les déclarations quotidiennes officielles de HPG, mais sont détaillées dans les dossiers. IMPOSSIBLE CALCULE DU COUT ÉCONOMIQUE DE LA GUERRE L’impact économique des six dernières années de cette guerre est difficile à calculer en raison du black-out de l’État turc. Compte tenu non seulement du coût des bombes, mais aussi du coût d’entretien des avions qui bombardent chaque jour, de la quantité de carburant, du remplacement des pièces, de l’argent dépensé pour l’armée mercenaire, des dépenses engagées dans chaque opération, de la véhicules utilisés dans les expéditions militaires, et d’autres dépenses, un bilan massif est possible. Il est évident que la politique militaire de l’État turc a entraîné un effondrement économique ainsi que des dommages moraux et physiques dans le pays.