SYRIE. « Le nouveau contrat social est un acquis historique et une victoire »

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SYRIE / ROJAVA – Depuis la révolution du Rojava née dans les zones à majorité kurde du nord de la Syrie, plusieurs nouvelles régions de l’Est syrien ont été libérées par les forces kurdes et leurs alliés Arabes, Arméniens, Assyriens… donnant naissance à l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (NES). C’est pourquoi, les autorités de la NES ont décidé qu’il serait plus judicieux de rédiger un nouveau Contrat social (Constitution) pour inclure pleinement ses régions à majorité arabe qui sont Tabqa, Manbij, Raqqa et Deir ez-Zor.
 
Composantes de la NES: Le nouveau contrat social est un acquis historique et une victoire
 
L’ancien « Contrat Social de Rojava » (la Constitution) de la Syrie du Nord (Rojava) avait été adopté le 6 janvier 2014. Il définissait la Syrie comme un « État démocratique, libre et indépendant » et divisait le Kurdistan syrien en trois cantons (Canton d’Afrin, Canton de Jazira, Canton de Kobanê). Aujourd’hui, avec l’élargissement des régions affiliées au Rojava qui est devenu la Syrie du Nord et de l’Est a besoin d’une nouvelle Constitution pour inclure pleinement tous les peuples et minorités ethniques et religieuses qui peuplent la région. 
Des Syriens de différentes composantes de la Syrie du Nord et de l’Est ont décrit le nouveau Contrat Social en cours de rédaction d’un gain historique et une victoire pour les habitants de la région.
 

La réunion du comité élargi de rédaction du contrat social de la NES s’est achevée, après avoir finalisé 30% de la discussion et amendé le projet de contrat, pendant 3 jours, à Hasaka, en présence de la totalité 157 membres du comité.

Le comité comprenait lors de la réunion, des représentants de l’AANES, des responsables d’institutions de la société civile, des magistrats, des responsables de partis politiques et des notables des clans, des femmes représentant les institutions féminines, Kurdes/Yézidis, Arabes, Syriaques, Arméniens et Circassiens de différents Cantons et régions d’ANNES: Afrin, Shahba, Manbij, Kobanê, Tabqa, Raqqa, Deir al-Zor, Al Jazeera.

Le 15 juillet 2021, l’Administration autonome a formé un petit comité, composé de 30 membres, pour travailler à la préparation d’un projet de contrat social pour la Syrie du Nord et de l’Est, pour devenir ensuite un comité composé de 157 membres.

L’agence Hawar news (ANHA) a rencontré certaines membres des composantes de la NES, et des membres du comité. Ils ont tous déclaré que le contrat préserve les droits de toutes les composantes de la région.

Le comité a terminé de discuter et de modifier le contrat social, ses principes généraux et une section du système administratif dans de la NES, en commençant par les communes, les conseils locaux, les conseils de régions, de districts et de villes.

Areef Qasabian, coprésidente du Conseil social arménien à Hasaka, a indiqué que le projet de contrat social pour le NES protège les droits de toutes les composantes de la région, « que toutes les composantes de l’administration sont représentées, en commençant par la base en passant par les communes et les conseils. à l’AANES et préserve les droits des composants par l’intermédiaire de leurs représentants. »

La proportion de la composante arménienne dans la NES est d’envirions 30%, a déclaré Qasabian.

Mustafa Nabo, membre du corps administratif de l’Union des Yézidis en Syrie, voit dans le projet de contrat social, comme le résultat des opinions des composantes, spectres, courants et segments de la société dans la NES, qui représentent toutes les composantes, et ses tendances intellectuelles, culturelles et historiques.

Il a déclaré : « Nous, en tant que Yézidis, pour la première fois dans l’histoire, avons pu documenter nos droits dans une constitution, un contrat social ou un pacte qui rassemble la situation sociale dans la région, et nous le considérons comme un garant des droits des Yézidis. »

Nabo a souligné qu’il existe une clause spéciale de composante yézidie dans la NES, et a déclaré : « Le projet considère la religion yézidie comme une religion en soi et non comme une secte d’une autre religion, et cela a été confirmé dans le projet de contrat social. » Nabo a ajouté que le contrat social est un acquis historique et une victoire et a déclaré : « tout au long de l’histoire, nous avons été marginalisés, notamment en Syrie, et aucune constitution ou loi n’a mentionné que les Yézidis sont l’une des composantes de la Syrie. »

Georgette Barssom, membre de l’Union des femmes syriaques, a expliqué qu’elles ont trouvé, à travers le projet de contrat social, la réalisation des droits et libertés de toutes les composantes et ethnies, et sa liberté intellectuelle et culturelle.

Elle a noté que le contrat permet à toutes les religions de la NES de pratiquer leurs rituels et la langue qui leur convient, et a déclaré : « la composante syriaque s’est vu accorder la pleine liberté et le droit de pratiquer ce qui lui convient dans ses régions, comme les autres composantes. »

Les travaux de la réunion du comité de rédaction du contrat social de la NES devraient reprendre au cours des prochaines semaines, selon les membres du comité.

 

Comment l’occupation et l’intégrisme religieux se recoupent : l’impact sur les femmes en Palestine, en Afghanistan et au Rojava

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Nous, les femmes kurdes, nous avons directement été touchées par les politiques nationales-islamistes dans les quatre parties du Kurdistan colonisés par la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Il semblerait que le colonialisme couplé à l’intégrisme religieux soit en vigueur aussi dans d’autres parties du monde, dont en Afghanistan et en Palestine. Laissons la parole à Rahila Gupta pour en parler en détail.
 
Comment l’occupation et l’intégrisme religieux se recoupent : l’impact sur les femmes en Palestine, en Afghanistan et au Rojava
 
Le plus grand rassemblement annuel de féministes au Royaume-Uni organisé par FiLiA, un événement auquel participent régulièrement 1 000 à 1 200 femmes, est un bon point d’entrée sur les questions qui préoccupent les féministes britanniques. Mais de façon atypique pour le féminisme britannique, il a une forte perspective internationaliste. Lors de la conférence, tenue à Portsmouth récemment, j’ai animé une session au cours de laquelle des femmes d’Afghanistan, de Palestine et du Rojava se sont réunies pour discuter de la façon dont l’occupation et le fondamentalisme religieux se sont croisés pour affaiblir leur lutte pour les droits.
 
J’ai posé un certain nombre de provocations. Le premier étant : l’occupation peut-elle jamais être une force pour le bien ? Après tout, c’est ainsi que les médias ont représenté l’occupation américaine en Afghanistan, notamment sur la question des droits des femmes. Une nouvelle génération de femmes avait été éduquée et serait cette fois-ci beaucoup plus féroce dans son opposition aux talibans. Nelufer Hadayat, un journaliste britannique afghan écrivant dans le Guardian, déclare : « Il est vrai que dans l’ensemble, l’occupation de l’Afghanistan depuis 2001 était une bonne chose. Il y avait de sorte de poches de progrès. Je l’ai vu moi-même au cours de mes années de reportage et de visites, et en entendant les histoires de toute ma famille qui y vit encore. » Elle cite des statistiques sur l’augmentation des taux d’alphabétisation des garçons et des filles et l’amélioration des taux d’espérance de vie.
 
Selay Ghaffar, porte-parole du Parti de la solidarité afghane qui nous a rejoint par Zoom, a insisté sur le fait que « ils [les États-Unis] ont « éduqué » un petit groupe de femmes afghanes qui n’étaient pas « préparées à se battre pour leurs droits » mais à s’entendre et fréquenter les misogynes et les criminels dépravés, la mafia et les politiciens corrompus. » C’était sa ferme conviction que ces femmes s’intéressaient principalement à « l’argent et les ressources qu’elles gagnaient grâce au parlement, aux postes ministériels et aux voyages à l’étranger. » En fait, ces femmes et filles accueillies par les États-Unis ont poignardé des femmes afghanes dans le dos, affaiblissant la lutte des femmes afghanes pour leurs droits.
 
Ghaffar a fait valoir que le fondamentalisme islamique en Afghanistan a été promu par les États-Unis pour empêcher les forces progressistes de gagner du terrain. C’est précisément ce qui s’est passé en Israël où le Hamas a été nourri afin d’affaiblir les forces autrefois laïques et plus progressistes du Fatah. Pourquoi les puissances occupantes détruisent-elles les forces démocratiques, favorables aux femmes et progressistes dans le territoire occupé et promeuvent-elles des forces réactionnaires comme les talibans ou le Hamas ? Pourquoi ont-ils plus peur de l’opposition démocratique, surtout quand tant de ces invasions sont menées sous le couvert de l’édification d’une nation démocratique ? De toute façon, si les États-Unis n’ont pas une vraie démocratie chez eux, comment pourraient-ils la construire ailleurs ?
 
Cela m’a conduit à la provocation suivante : est-ce que cela améliore les choses pour les occupés si la force d’occupation prétend être attachée aux valeurs de démocratie ou d’égalité ? Israël prétend être la seule démocratie du Moyen-Orient – ​​et pourtant, il continue de détruire la vie des Palestiniens sous occupation qui n’ont ni droit de vote ni voix. Quel genre de valeurs démocratiques peut exister dans un État d’apartheid où les Palestiniens sont des citoyens de seconde zone ?
 
Zeinab Al-Ghonaimi, chercheuse juridique et militante des droits des femmes à Gaza, qui nous a également rejoint par Zoom, a expliqué comment les droits des femmes ont été déchiquetés par le mouvement en tenaille des forces jumelles du Hamas et de l’occupation israélienne. Elle a fait valoir que « les femmes étaient les victimes les plus importantes de ce changement idéologique » sous le Hamas où l’absence de pluralisme politique a aggravé la détérioration des conditions humanitaires causée par l’occupation.
 
Alors que Zeinab était très claire sur le fait qu’il fallait résister à la fois au Hamas et à l’occupation israélienne, certaines féministes palestiniennes sont en conflit comme je l’ai expliqué ailleurs. Elles voient le Fatah comme des laquais corrompus de l’État israélien et le Hamas comme les seuls vrais représentants de la lutte nationale, elles sont donc prêtes à mettre de côté leur malaise face au programme fondamentaliste religieux anti-femmes du Hamas. Zeinab a observé que les féministes, privées de toute place à la table, devaient « faire pression pour des amendements mineurs sur des textes distincts du Code pénal et de la loi sur le statut personnel. »
 
À l’opposé, les femmes du Rojava (AANES, l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est) ont obtenu un pouvoir sans précédent qu’elles ont utilisé pour atteindre l’égalité, en adoptant certaines des lois les plus favorables aux femmes dans le monde et en bannissant la religion du sphère public. Cependant, les droits acquis par cette démocratie révolutionnaire et populaire ont été renversés dans ces régions, comme Afrin, qui ont été envahies et occupées par la Turquie sous la dictature d’un régime misogyne et islamiste comme l’a souligné Rohash Shexo, représentante britannique de Kongra Star, l’organisation faîtière des femmes du Rojava.
 
En fait, le Rojava avait besoin que les États-Unis restent un rempart contre leur propre dictateur, Assad, Erdogan de Turquie et DAECH contre qui le combat n’est pas encore terminé. Si la coalition dirigée par les États-Unis n’avait pas fourni de couverture aérienne lors de la célèbre bataille de Kobané en 2014, la résistance kurde face à l’EI aurait pu s’effondrer. Et nous n’aurions peut-être pas eu de révolution féministe pour nous en inspirer.
 
Les États-Unis n’étaient pas une puissance « occupante ». Leur intervention était absolument nécessaire pour permettre aux habitants du Rojava de gagner la bataille contre Daech. Pourquoi les États-Unis ne sont-ils pas restés et ne sont-ils pas devenus une puissance occupante ? Compte tenu de l’utilisation généralisée de la « démocratie » comme couverture du sol pour ses invasions à travers le monde, il aurait été logique que les États-Unis restent pour protéger cette démocratie fragile. Ou la vraie démocratie est-elle tout simplement trop menaçante pour les États-Unis ?
 
On pourrait soutenir que l’occupation américaine se poursuit par la porte de derrière par l’intermédiaire de son mandataire, la Turquie, qui est un allié de l’OTAN. D’anciens combattants de l’État islamique (DAECH / ISIS) ont rejoint l’armée turque en comme mercenaires et ont envahi certaines parties du Rojava en toute impunité, en partie parce que les États-Unis ont détourné le regard.
 
L’intervention américaine au Rojava était-elle un exemple de la doctrine de l’interventionnisme libéral telle qu’adoptée par Tony Blair qui l’a utilisé pour justifier l’invasion occidentale de l’Irak, du Kosovo et de la Sierra Leone ? L’Irak, en fait, est devenu une occupation. L’occupation ne diffère-t-elle de l’interventionnisme libéral que dans la durée, lorsque les ressources du pays finissent par être exploitées par le pouvoir occupant ?
 
Pour Tony Blair, rester jusqu’à ce que le travail soit fait avec succès était un élément clé de sa stratégie. Dans son célèbre discours sur l’interventionnisme libéral, il a demandé : « Sommes-nous prêts pour le long terme ? Dans le passé, nous avons trop parlé de stratégies de sortie. Mais ayant pris un engagement, nous ne pouvons pas simplement nous retirer une fois le combat terminé ; mieux vaut rester avec un nombre modéré de troupes que de revenir pour des représentations répétées avec un grand nombre. »
 
Et pourtant, cette stratégie a échoué en Afghanistan.
 
Comment comprendre l’interventionnisme des États-Unis au Rojava qui a eu un impact positif sur la prolongation de la lutte révolutionnaire ? Beaucoup de membres de la gauche anti-impérialiste, dans leur haine instinctive des États-Unis, ont également refusé leur soutien à la révolution car pour eux elle s’était sali les mains en travaillant avec les États-Unis.
 
Toutes ces positions contradictoires se disputent le corps et l’esprit des femmes. Pour les fondamentalistes religieux, le contrôle des femmes est un élément central de leur projet. Pour les forces démocratiques libérales du monde, la libération des femmes est une partie vantée de leur projet. Et pourtant, ces mêmes forces nous vendent encore et encore en encourageant (au pire) ou en ignorant (au mieux) la croissance du fondamentalisme religieux.
 

Le Rojava prépare un nouveau contrat social pour inclure les régions à majorité arabe

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SYRIE / ROJAVA. L’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est rédige un nouveau contrat social pour refléter la contribution des quatre régions à majorité arabe. Les régions concernées sont Tabqa, Manbij, Raqqa et Deir ez-Zor qui ont été libérées de DAECH / ISIS.
 
La première conférence pour examiner le nouveau projet a eu lieu aujourd’hui, à Heseke (al-Hasakah), la ville du nord-est de la Syrie, sous le contrôle des forces arabo-kurdes. (Via Rojava Information Center)

TURQUIE. Pour protester contre l’interdiction du kurde, une député HDP lit son discours en kurde et en allemand

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TURQUIE – Pour protester contre l’interdiction de la langue kurde, la député HDP, Feleknas Uca a lu son discours en kurde et en allemand également. « Tout le monde sauf vous est conscient qu’être multiculturel et multilingue ne divise pas mais enrichit un pays », a déclaré Uca, critiquant l’interdiction de l’enseignement en langue maternelle en Turquie.
 
La députée du Parti démocratique des peuples (HDP), Feleknas Uca, a évoqué l’interdiction de l’enseignement dans la langue maternelle lors de la session parlementaire du 12 décembre sur le budget du ministère de l’Éducation nationale et de ses organisations affiliées.
 
Après avoir terminé son discours, elle a déclaré : « En tant que députée polyglotte, je vais maintenant prononcer à nouveau mon discours en allemand et en kurde. »
 
Alors qu’elle commençait à lire le discours en allemand, les députés du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et leurs alliés, le Parti du mouvement nationaliste (MHP) ont commencé à crier.
 
Le vice-président du Parlement Haydar Akar est intervenu, déclarant à Uca qu’ « un mot ou une phrase peut être acceptable, mais un texte ne peut pas être lu quelle que soit la langue. Notre langue officielle est le turc ».
 
Uca a ensuite répété une partie de son discours en kurde. Le vice-président a de nouveau déclaré : « Quelques mots peuvent être prononcés en allemand, anglais, français ou dans la langue maternelle, mais un long texte ne peut pas être lu ».
 
« Pourquoi avez-vous peur de la langue kurde ? »
 
Dans son discours, Uca a souligné que l’éducation dans la langue maternelle est interdite en Turquie, qui, selon elle, a une culture multilingue.
 
« Vous vous vantez que le kurde est un cours au choix et que vous ouvrez des stations de radio et de télévision en kurde, mais vous fermez les organisations qui dispensent un enseignement en kurde », a-t-elle déclaré. « Vous arrêtez des universitaires qui enseignent la langue kurde. Vous interdisez les événements culturels et artistiques.
 
Votre malaise avec la langue kurde a atteint un niveau tel que les interventions nationales n’étaient pas suffisantes, et vous avez fait pression sur le Japon pour qu’il abolisse les cours de kurde qui ont commencé à l’Université de Tokyo.
 
143 pays membres de l’ONU ont plus d’une langue officielle… mais ces pays ne craignent pas la séparation. Car tout le monde sauf vous est conscient qu’être multiculturel et multilingue ne divise pas mais enrichit un pays.
 
Le président Erdoğan exige fréquemment un enseignement en langue maternelle pour les Turcs lorsqu’il se rend en Allemagne. Cependant, l’enseignement en langue maternelle est obligatoire en Allemagne, à partir de l’école primaire.
 
Maintenant, je vous demande pourquoi vous êtes mal à l’aise avec l’enseignement en langue maternelle que vous exigez en Allemagne ? Pourquoi avez-vous si peur du kurde ? Quel mal cela fait-il aux gens de s’exprimer dans leur langue maternelle et de recevoir une éducation ? »
 

ROJAVA. Le village agricole des femmes à Derîk

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SYRIE / ROJAVA – Malgré la sécheresse et la guerre de l’eau que la Turquie livre aux Kurdes du Rojava, les habitants de la région cherchent des solutions afin d’avoir de l’eau potable, mais également de l’eau pour l’agriculture qui est d’une vitalité première.
 
En mai 2020, la coopérative Co-operation in Mezopotamia avait lancé une campagne de financement participatif pour des projets vitaux d’approvisionnement en eau du Rojava pour réparer les infrastructures endommagées par la guerre, soutenir les coopératives de femmes, aider à renforcer l’autonomie de la région. Aujourd’hui, plus d’un an et demi, grâce aux dons reçu, la coopération a pu financer plusieurs projets et a lancé le projet d’un village agricole de femmes à Derik.
 
Le village agricole des femmes à Derîk, par Co-operation in Mezopotamia
 
« Depuis la création de l’économie des femmes, nous avons mis en place de nombreux projets dans les domaines du commerce, du commerce, de l’industrie, de l’agriculture et de l’élevage. Nous créons des coopératives car nous pensons qu’elles devraient être à la base de tous ces projets. L’économie des femmes souhaitait étendre les projets agricoles afin que d’autres projets puissent s’associer avec eux. Les projets agricoles ont connu un grand succès malgré les circonstances de guerre auxquelles ils sont actuellement confrontés.
 
Nous mettons actuellement en place un projet agricole à Derik, ainsi que d’autres projets. Nous avons fait beaucoup d’études pour fonder un village qui deviendra le village idéal pour l’économie communale, et il sera dirigé par des femmes – surtout des femmes aux revenus limités, et qui ont de l’expérience dans l’agriculture.
 
Nous avons commencé à creuser à la recherche de sources d’ eau sur 4000 décares de terrain, dont 200 décares seront utilisés pour ce projet, et le reste pour l’agriculture. Nous cherchons à déterminer s’il existe une capacité en eau suffisante pour soutenir l’agriculture. Il est très difficile d’extraire l’eau du sol. Parce que nous voulons être écologiquement éthiques, nous voulons prendre soin de l’environnement et minimiser la pollution.
 
Les femmes de ce village vont planter des arbres et construire des écoles pour leurs enfants. Ils élèveront également du bétail et participeront à des projets tels que la conservation des fruits et légumes récoltés sur la terre, ainsi que des fromages et des yaourts issus du bétail. Nous voulons assurer une bonne vie aux femmes qui vivront dans ce village. Il y a treize femmes qui dirigent ce projet. Maintenant, nous creusons et cherchons de l’eau. Dès que nous serons en mesure de sécuriser une génératrice électrique, nous commencerons par planter 2 000 arbres fruitiers au printemps prochain. La plantation d’arbres sera l’une de nos principales priorités.
 
Nous construirons également des maisons de manière égalitaire. Nous mettrons en place des plans pour l’avenir; produire de nouvelles variétés de légumes qui n’ont jamais été plantées auparavant et développer une meilleure mentalité agricole chez les femmes, célébrant l’économie communale et la valeur de l’égalité ; vivre ensemble, coexister et explorer des moyens de le faire afin d’éviter la mentalité capitaliste. Nous essaierons d’améliorer le marché des produits locaux et de créer des opportunités pour de nombreuses familles de participer. Nous avons commencé à communiquer ces idées aux habitants de la région et nous développons déjà le projet. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La Suède promet une aide financière aux Kurdes syriens après avoir rencontré une délégation du Rojava

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Dimanche, un journal turc a annoncé que la Suède avait promis 376 millions de dollars d’aide financière à l’administration kurde du nord-est de la Syrie.
 
Au cours du week-end, la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde a reçu une délégation du Conseil démocratique syrien (CDS), l’aile politique des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis et dominées par les Kurdes. La délégation était dirigée par Ilham Ahmed, coprésidente du CDS.
 
« J’apprécie la discussion sincère avec Ilham Ahmad de la DDC sur la situation dans le nord-est de la Syrie. La Suède reste [un] partenaire actif », a déclaré Linde dans un tweet.
 
Selon Shiyar Ali, représentant du Rojava en Suède, la rencontre d’Ahmed avec Linde visait à discuter de nouvelles façons de « soutenir l’opposition démocratique syrienne et de trouver un mécanisme pour parvenir à une feuille de route qui mène à un processus politique plus inclusif en Syrie. »
 
« Un certain nombre de questions liées à la situation humanitaire et économique en Syrie en général et dans le nord-est de la Syrie en particulier ont également été abordées », a déclaré Ali à Rudaw English.
 
Après la réunion, Ahmed a tweeté que la Suède était « un partenaire actif et important » et a remercié l’Etat nordique pour son soutien à une « solution politique et au dossier humanitaire en Syrie ».
 
La Suède a contribué financièrement à la coalition mondiale qui visait à éliminer l’État islamique (EI) de ses bastions en Irak et en Syrie. Au-delà des efforts pour vaincre DAECH, les objectifs déclarés de la Suède pour ses contributions financières au nord-est de la Syrie visent à renforcer la démocratie et l’égalité des sexes, et à un plus grand respect des droits humains en Syrie et des réfugiés syriens dans les pays voisins.
 
La Turquie a critiqué le soutien de la Suède et d’autres pays aux FDS dans le passé prétextant que les FDS sont une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit. Face à cette désapprobation, Linde n’a pas dévié de sa position.
 
En octobre 2020, Linde a appelé la Turquie à se retirer du nord de la Syrie lors d’une conférence de presse avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu à Ankara. Les responsables kurdes, dont le commandant des FDS Mazloum Abdi, ont applaudi Linde pour son appel.
 

TURQUIE. Plainte contre le congrès d’HDP à Istanbul

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TURQUIE. Hier, le HDP a tenu son congrès provincial à Istanbul / Küçükçekmece où on a chanté des chants révolutionnaires kurdes entre autre, et comme on s’y attendait, le régime turc a entrepris une plainte en justice contre l’événement qui a attiré une foule immense, faisant pâlir de jalousie le Président Erdogan.
 
Les slogans scandés pour le leader kurde Abdullah Öcalan et des hymnes kurdes chantés par la foule sont cités comme motifs de la plainte pénale.
 
Le HDP est menacé d’interdiction par le régime turc qui a fait emprisonné des dizaines de milliers de militants et élus du Parti démocratique des peuples (HDP) et ce n’est pas cette dernière plainte qui va changer le cours des choses pour les Kurdes en Turquie qui sont criminalisés depuis un siècle et interdits de faire de la politique…
 
PS: Lors du quatrième congrès provincial d’HDP, İlknur Birol et Ferhat Encü ont été élus à la coprésidence provinciale d’HDP pour Istanbul.

L’expérience des femmes kurdes dans le contexte de l’État-nation

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PARIS – Le 7 décembre dernier, le Groupe d’études transglobales organisait une conférence autour des Peuples sans État. Lors de cette visio-conférence, l’académicienne kurde Yasemin Andan est intervenue pour parler de la jinéologie.
 
L’intervention d’Yasemin Andan a été retranscrite par les organisatrices de l’évènement. Nous la partageons avec vous:
 
Perspectives de la Jineolojî pour une alternative à l’État-Nation basée sur la démocratie, la libération des femmes et l’écologie
 
 
Yasemin Andan (Académie de Jineolojî / Réseau de Jineolojî Europe-International) présente en quelques mots les perspectives développées par la Jineolojî, un mouvement de recherche et d’action issu du Mouvement des femmes à travers le Kurdistan pour la libération des femmes, sans laquelle aucune lutte contre l’État patriarcal capitaliste et la destruction de l’environnement ne pourrait avoir lieu, vers une vie communale et libre.
 
En bref, l’expérience des femmes kurdes dans le contexte de l’État-nation
 
Les États-nations ne sont pas des entités réelles et sont une construction moderne, qui s’est développée en parallèle avec les développements sociaux et politiques occidentaux au XVIIIe siècle, la montée du capitalisme qui a été le plus fort, l’institutionnalisation formelle du patriarcat. Le Kurdistan a été divisé entre quatre États voisins : la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran dont l’accord de Sykes-Picot en 1916 traçait des frontières artificielles dans la région. Chaque État-nation s’est montré prudent quant à une éventuelle fragmentation du nouvel État et a tenté d’unifier l’État-nation par le biais du nationalisme. Cela signifiait la négation de l’existence de nombreux groupes ethniques : Kurdes, Albanais, Lazs, Tchétchènes, Circassiens, Arabes, Tatars, Arméniens, Grecs, etc. qui vivaient dans la région.
 
Ce sentiment nationaliste instillé par les « projets de nationalisation » a tenté d’assimiler les groupes ethniques pour les turquifier, les arabiser ou les persaniser. Par conséquent, les Kurdes se sont battus contre des politiques violentes et oppressives et ont revendiqué le droit de parler leur langue. Il était illégal de parler, de publier et de diffuser en langue kurde. Les politiques d’assimilation et de dénégation ont été utilisées très efficacement dans le cadre du projet de l’État-nation fondé sur un drapeau, une nation et une langue. Par conséquent, les Kurdes n’existent pas selon l’idéologie officielle. Même l’utilisation du Kurde était/est assimilée à un acte de terrorisme. La criminalisation de l’identité kurde a vu augmenter la violence contre les Kurdes.
 
Cela entraîne une séparation plus profonde entre la sphère publique et la sphère privée, car certaines femmes kurdes évitent de se trouver dans les espaces publics pour ne pas devenir des objets de violations. En outre, les femmes kurdes sont directement désavantagées par l’interdiction de leur langue maternelle. Selon des recherches menées au sein de la population kurdophone, 46 % d’entre elles n’ont pas achevé le cycle de l’enseignement primaire, ce qui représente 9 % de la population turque. Pour les femmes kurdes, les chiffres sont encore plus alarmants – plus de 70 % des femmes kurdes n’ont pas terminé l’enseignement primaire, contre 22 % des femmes turques.
 
Les femmes kurdes étaient dépeintes comme arriérées et sans éducation lorsqu’elles choisissaient de ne pas adhérer à la doctrine nationaliste. La violence sexualisée et le viol ont été également largement utilisés comme outils de guerre systématique contre les femmes kurdes.
 
On peut dire que les femmes kurdes sont encore aujourd’hui victimes de l’État-nation. Par exemple, les organisations et les médias dominants en Turquie associent généralement les femmes kurdes à des taux de natalité élevés, à la polygamie, aux mariages précoces et aux crimes d’honneur. Des taux de natalité élevés par femme accompagnent souvent les déclarations désobligeantes. Au Kurdistan de l’Est (Iran), un homme a été forcé de marcher dans la rue en portant des vêtements de femmes kurdes en tant que forme d’ « humiliation » ou de punition par les forces de sécurité en 2013. Un juge a puni un individu en le forçant à porter la tenue traditionnelle féminine kurde en public dans le but de l’humilier. Il existe des milliers d’autres exemples. Chacun de ces éléments nous montre l’émergence d’un « nouveau discours raciste » qui façonne la « nouvelle politique de violence » contre les femmes kurdes.

Lorsque l’assimilation, le génocide culturel, la violence et toutes les politiques étatiques anti-kurdes ont été vécus, la protestation, la résistance, l’autodéfense, sont entrées en jeu. Toutes ces réalités et expériences ont permis au mouvement de libération kurde de repenser radicalement un projet et une politique anti-étatique et anti-coloniale, non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour la région et le monde.
 
Critiques de l’État, du patriarcat et du capitalisme
 
Aujourd’hui, au XXIe siècle, nous vivons dans un monde où l’exploitation, l’oppression et les violations des droits fondamentaux des femmes ont augmenté et sont légitimées. En raison du capitalisme et du patriarcat, toutes sortes d’inégalités et d’injustices dans la vie politique, économique et sociale ne connaissent pas de fin.
 
On peut dire que le système capitaliste-impérialiste entraîne la société dans le chaos avec ses problèmes de nationalisme, de racisme, de militarisme, d’étatisme et de sexisme. Ce système hégémonique se nourrit du chaos et crée des guerres, détruit la nature, provoque des catastrophes et la pauvreté, et nous maintient sous la menace constante d’une telle instabilité. On peut dire que le capitalisme, l’ordre économique et social mondial, a atteint les limites de la durabilité, car il présente des contradictions et des conséquences fatales entre la réalité et la raison, menaçant le bien-être humain et provoquant des catastrophes écologiques.

La fin de la guerre froide a conduit à l’adoption de la social-démocratie néolibérale, la plupart des gens aujourd’hui sont pacifiés par l’illusion et la croyance qu’une alternative au capitalisme n’est pas possible. Mais récemment, au Moyen-Orient, des mouvements sociaux tels que le mouvement des femmes, par exemple les Kurdes, ont ravivé la croyance qui était autrefois perdue mais qui renaît aujourd’hui dans une nouvelle forme d’esprit.
 
La lutte des femmes kurdes voit les racines des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui dans les origines des structures sociales oppressives de l’émergence des sociétés patriarcales et du système étatique en Mésopotamie il y a 5 000 ans avec l’émergence de l’État sumérien. Par conséquent, la liberté ne pouvait pas être atteinte par l’établissement de mécanismes étatiques fonctionnels remplaçant le régime fondé sur l’autoritarisme, le colonialisme, le nationalisme et la violence d’État. Il fallait plutôt une profonde culture démocratique au sein de la société et des relations égalitaires fondées sur la solidarité entre les communautés pour mettre fin à la domination. Cela est possible dans ce que beaucoup décriraient comme la décolonisation/séparation de l’esprit du patriarcat et de l’idéologie d’État. Les femmes kurdes se battent avec acharnement pour cela aujourd’hui.
 
Elles considèrent également la lutte de libération des femmes comme le principe le plus important à la base de la création d’une société libre. L’origine de cette idée est basée sur l’analyse des racines historiques de l’oppression et de l’injustice sociale, économique et culturelle. Les hiérarchies émergentes sont directement liées entre les hiérarchies de genre et la formation de l’État. La femme est une « première colonie » et l’État-nation, les religions monothéistes et le capitalisme constituent différentes formes institutionnalisées du mâle dominant. Lutter contre les structures sociales patriarcales nécessite de créer une société libre dans une lutte pour une société qui finira par surmonter les structures oppressives de l’État-nation capitaliste.
 
Il est clair que la modernité capitaliste impose la centralisation de l’État, où l’État-nation en tant que substitut moderne de la monarchie laisse derrière lui une société faible et vulnérable et où le pouvoir s’établit dans l’État centralisé et devient l’un des paradigmes administratifs de base de l’État. La modernité capitaliste a créé une société sans volonté, sans défense et sans politique en raison du sexisme, de la religion et du nationalisme. Alors que l’éducation, la santé, la culture, l’économie et tout le reste sont entre les mains des dirigeants, la société, en particulier les femmes, reste vulnérable. Une société libre peut se développer avec le droit de chacun de s’organiser de son plein gré et de prendre ses propres décisions. Donc l’éducation, la défense, l’économie, la santé etc. Une société radicale démocratique, écologique, libertaire des femmes peut se former autour de ces principes.
 
Alternatives à la modernité capitaliste : libération des femmes, démocratie radicale et écologie
 
La région kurde connaît actuellement une transformation vers une société démocratique, écologique et libertaire des femmes. Les gens s’organisent en assemblées populaires et en coopératives, déclarant leur autonomie et leur désir de démocratie réelle. Les idées de libération des femmes et les idées anticapitalistes fleurissent. Ces changements s’inspirent d’une nouvelle idée : le confédéralisme démocratique. Ces mouvements ont la capacité de transformer la réalité de millions de personnes et de s’étendre potentiellement à l’ensemble du Moyen-Orient.
 
Le confédéralisme démocratique est flexible, multiculturel, anti-monopolistique et axé sur le consensus. L’écologie, la démocratie de base et la libération des femmes sont les piliers centraux de ce projet. En outre, dans ce système auto-administratif, une économie alternative sera nécessaire, qui augmente les ressources de la société au lieu de les exploiter et rend ainsi justice aux besoins multiples de la société.
 
Cette idée prend racine dans le fait qu’en découvrant les faits de la société historique et en critiquant la modernité capitaliste, nous pouvons voir que les gens ont toujours formé des clans, des tribus ou d’autres communautés aux qualités fédérales rendues possibles par la préservation de l’autonomie interne. Par conséquent, le confédéralisme démocratique peut être un modèle important non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour le Moyen-Orient et d’autres régions ethniquement diverses et multiculturelles. Par conséquent, dans une nation démocratique, sous une structure fédérale démocratique, toutes les ethnies, religions et autres groupes auront leur mot à dire et participeront avec leurs propres identités ethniques.
 
La confédération démocratique est un modèle d’auto-gouvernement qui rejette la nécessité d’un État-nation et s’appuie plutôt sur la démocratie directe, la participation populaire et le pluralisme. La société peut être véritablement gouvernée de manière démocratique grâce à des réseaux de communautés de base ou de communes qui forment des confédérations entre elles à travers les régions. Les conseils locaux élisent des représentants aux niveaux du village ou de la rue, et ces représentants représentent leurs conseils au niveau de la ville ou du district. Là encore, la ville ou le district élit des représentants pour les représenter aux niveaux supérieurs.
 
L’idée est que le pouvoir réel réside dans la population, et non dans les bureaucraties gouvernementales. Une forme de gouvernement serait toujours nécessaire, mais uniquement pour mettre en œuvre les décisions prises par les assemblées dont les représentants seraient élus au niveau de la rue ou du quartier.
 
« Libérer la vie est impossible sans une révolution radicale des femmes ». Les assemblées locales, les communes, les partis politiques et les municipalités ont établi un système de co-représentation, ou co-présidence, où chaque fonction doit être occupé par un homme et une femme afin de décentraliser le pouvoir et d’empêcher le monopole. De nombreux mouvements et organisations ont un quota pour la participation des femmes. Par exemple, s’il existe une unité mixte, une organisation composée de 5 personnes, au moins deux d’entre elles doivent être des femmes.

Les femmes ont leur propre organisation autonome / organisation de femmes uniquement, où les hommes n’ont pas voix au chapitre. Mais d’un autre côté, les femmes ont le pouvoir de décision dans les organisations mixtes. Il existe des coopératives de femmes, des assemblées, des communes, des partis idéologiques, des mouvements de jeunesse féminins.
 
Jineolojî (la science de la modernité démocratique): « une vie communale et libre »
 
Comme je l’ai mentionné ci-dessus, les progrès idéologiques, théoriques, organisationnels, institutionnels et systématiques contre la mentalité patriarcale capitaliste étatiste sont importants pour l’existence de la lutte des femmes. Cependant, il y a encore un long chemin à parcourir. Le point important pour l’existence de la lutte des femmes est la transformation de la mentalité. C’est exactement ce dont il est question dans la question de la jineolojî. Nous pensons qu’une mentalité forte assurera la transformation sociale et la révolution. Nous sommes conscientes que le système patriarcal est à vaincre non seulement physiquement, mais aussi avec une mentalité d’autodéfense.
 
Le terme Jineolojî signifie « science des femmes » et peut être traduit par « connaissance des femmes » et « sagesse des femmes ». « Jin » en kurde signifie « femme » et « lojî » est dérivé du terme grec « logos » pour la connaissance. « Jin » vient à son tour du terme kurde « Jiyan », qui signifie « vie ». Dans le groupe des langues indo-européennes et au Moyen-Orient, les mots Jin, Zin ou Zen, qui signifient tous « femme », sont souvent synonymes de vie et de vitalité.
 
Le mouvement des femmes s’est engagé dans des débats théoriques et a proposé le concept de « jineolojî » en 2008. L’idée est basée sur le fait que chaque coin de rue peut être transformé en académie, produire des connaissances collectives pour la société et construire un confédéralisme démocratique.
 
Tout d’abord, au cours de la discussion, des questions ont été soulevées, telles que : qu’est-ce que les sciences sociales ? Quel est le but des sciences sociales ? Comment la connaissance est-elle atteinte et comment est-elle utilisée ? Quand et comment la science et la production de connaissances d’aujourd’hui nous enlèvent-elles la connaissance ? Comment relire et réécrire l’histoire des femmes ? Quels types de méthodes peuvent-elles être utilisées dans une quête libératrice de la vérité ? etc. pour créer une mémoire collective de notre lutte qui ouvrira un espace pour une action collective.
 
Il est important de souligner que la jineolojî est un concept assez nouveau et que son point de départ est de critiquer radicalement le lien entre patriarcat, hégémonie, oppression, état et science.

Nous savons que, dans l’histoire de la civilisation patriarcale, les dirigeants et les détenteurs du pouvoir ont établi leurs systèmes d’abord dans la pensée en utilisant la « science ». Dans le prolongement du système patriarcal, un domaine des sciences sociales a été créé, dominé par les hommes, spécifique à une classe et sexiste par nature. En clair, nous pouvons affirmer que la domination sexiste des genres n’est pas seulement créée par l’État et la mentalité orientée par le pouvoir, mais aussi par le scientisme.

Ainsi, nous ne pouvons pas remettre en question la science sans d’abord remettre en question la civilisation au sein de laquelle elle s’est développée. La jineolojî critique également l’hégémonie de l’homme sur l’histoire. D’une manière générale, nous pouvons dire que l’histoire est très importante car elle est la base de notre compréhension du présent/aujourd’hui. Lorsque nous regardons l’histoire, celle des femmes a été cachée ou détruite.
 
Les sciences sociales, qui sont alimentées par les structures de connaissance du système, ne peuvent pas aller au-delà de cette connaissance patriarcale. Même les sciences sociales actuelles légitiment la masculinité dans tous les domaines de la vie. C’est la principale critique que nous adressons à la science. Tout en critiquant les sciences sociales qui sont monopolisées et développées par le patriarcat, le capitalisme et l’État, en tant que femmes, nous avons la responsabilité de révéler nos connaissances et de les rendre vitales. Nous savons que ces connaissances sont disponibles au niveau local.
 
En outre, ce que la jineolojî veut, c’est interpréter l’histoire cachée et non écrite des femmes, mais comment ? En analysant la mythologie, la philosophie, la religion et la science pour découvrir la vérité sur les femmes. Nous croyons fermement que la recherche de la vérité sur les femmes est une clé pour trouver le chemin de la libération.
 

Sur 293 journalistes emprisonnés dans le monde en 2021, 4 se trouvent dans la région kurde d’Irak

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JOURNALISME. Le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde a atteint un nouveau record en 2021 avec 293 journalistes détenus, dont 40 sont des femmes – moins de 14% selon les données collectées par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les journalistes kurdes persécutés en Turquie sont rattrapés par leurs confrères au Kurdistan d’ « Irak » où 4 journalistes croupissent en prison pour avoir exercé leur métier d’informer. L’assassinat de journalistes reste également très élevé avec 24 journalistes morts au cours de l’année 2021.
 
Voici les détails du recensement du CPJ:
 
Le nombre de journalistes emprisonnés en 2021, qui s’élève à 293, a atteint un nouveau record alors que les bouleversements politiques et la répression des médias reflètent l’intolérance croissante à l’égard des reportages indépendants dans le monde. Dans le même temps, les assassinats ciblés de journalistes persistent, avec 24 cas documentés par le Comité pour la protection des journalistes dans son recensement annuel des journalistes emprisonnés et son enquête annuelle sur les attaques contre la presse. La Chine demeure le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde, le recensement du CPJ de 2021 faisant état de 50 journalistes derrière les barreaux alors que le pays se prépare à accueillir les Jeux olympiques d’hiver de Beijing en février 2022. Elle est suivie par le Myanmar (26), qui a arrêté des dizaines de journalistes lors d’une vague de répression suite à son coup d’État militaire du 1er février, puis par l’Égypte (25), le Vietnam (23) et la Biélorussie (19). Pour la première fois, le recensement du CPJ inclut des journalistes emprisonnés à Hong Kong, comme le fondateur d’Apple Daily, Jimmy Lai, qui a reçu le Prix Gwen Ifill 2021 pour la liberté de la presse du CPJ. En Éthiopie, l’escalade de la guerre civile a entraîné de nouvelles restrictions médiatiques qui en font le deuxième où l’on emprisonne le plus de journalistes en Afrique subsaharienne, après l’Érythrée. « C’est la sixième année consécutive que le CPJ documente un nombre record de journalistes emprisonnés dans le monde. Ce chiffre reflète deux défis inextricables : les gouvernements sont déterminés à contrôler et à gérer l’information, et ils sont de plus en plus effrontés dans leurs efforts à cet égard. » a déclaré le Directeur exécutif du CPJ, Joel Simon. « Emprisonner des journalistes pour avoir couvert l’actualité est la marque d’un régime autoritaire. Il est désolant de voir les nombreux pays sur la liste année après année, mais il est particulièrement horrifiant que le Myanmar et l’Éthiopie aient si brutalement claqué la porte à la liberté de la presse. » Parmi les dix pays en tête de liste figurent également la Turquie, l’Érythrée, l’Arabie saoudite, la Russie et l’Iran, où les dirigeants utilisent régulièrement les lois sur la technologie et la sécurité comme arme pour étouffer les dissidents et continuent de bafouer les normes internationales sans aucune conséquence. À l’échelle mondiale, les accusations d’activités hostiles envers l’État demeurent les plus courantes, mais cette année, le CPJ a également documenté au moins 17 journalistes emprisonnés accusés de cybercriminalité, ce qui peut donner lieu, dans certains cas, à des poursuites pénales pour tout contenu publié ou diffusé en ligne. En Europe, la Biélorussie, qui est devenue tristement célèbre pour avoir détourné un vol commercial dans le but d’interpeler le journaliste Raman Pratasevich, compte maintenant 19 journalistes derrière les barreaux – le nombre le plus élevé dans le pays depuis que le CPJ a commencé à recueillir des données sur les journalistes emprisonnés en 1992. En Amérique latine, où le nombre de détenus est historiquement moins élevé, des journalistes ont été emprisonnés à Cuba (3), au Nicaragua (2) et au Brésil (1), et les menaces contre la liberté de la presse se sont intensifiées dans toute la région. Aucun journaliste n’a été emprisonné en Amérique du Nord à la date du recensement. Cependant, le U.S. Press Freedom Tracker, partenaire du CPJ, a enregistré 56 arrestations et détentions de journalistes à travers les États-Unis en 2021, la grande majorité survenant lors de manifestations. Alors que des pays comme la Turquie et l’Arabie saoudite semblent avoir échappé à la tendance de mettre plus de journalistes en prison qu’au cours des années précédentes, cela ne dénote pas pour autant un meilleur climat pour la liberté de la presse, mais plutôt une diversification de la censure, avec des autorités qui utilisent des outils comme la surveillance et les coupures d’Internet ainsi que les libérations conditionnelles de prisonniers qui ont pour effet de nier la notion même de liberté. À l’échelle mondiale, l’Inde a enregistré le plus grand nombre – quatre – de journalistes assassinés en représailles directes à leur travail, et un autre tué alors qu’il couvrait une manifestation. Cependant, le Mexique reste le pays le plus meurtrier de l’hémisphère occidental pour les journalistes, dont trois ont été assassinés en lien avec leur travail, alors que les motifs de six autres assassinats font actuellement l’objet d’une enquête. Près de 80% des journalistes tués dans le monde cette année ont été assassinés. Dans les régimes démocratiques comme dans les régimes autoritaires, le cycle de l’impunité demeure, envoyant un signal glaçant que les auteurs n’auront pas à répondre de leurs actes. Cette semaine, le Sommet pour la démocratie, une nouvelle pièce maîtresse de la politique étrangère des États-Unis, inclut la participation d’au moins sept pays figurant sur le recensement des journalistes emprisonnés du CPJ, dont plusieurs ont également des antécédents en matière d’impunité, y compris le Brésil, l’Inde, l’Irak et les Philippines, où les autorités continuent à exercer des représailles à l’encontre les journalistes indépendants comme Maria Ressa, lauréate du Prix Nobel de la paix de cette année, en lançant une nouvelle accusation mensongère à son encontre cette semaine. Malgré le tableau plutôt sombre brossé par le rapport, le CPJ continue de lutter contre la censure. Le plaidoyer du CPJ a contribué à la libération anticipée d’au moins 100 journalistes emprisonnés dans le monde en 2021. Récemment, dans le cadre de l’initiative A Safer World For The Truth, le CPJ et ses partenaires ont lancé un Tribunal du peuple pour lutter contre l’impunité pour les assassinats de journalistes. Ce tribunal, qui est une forme de justice locale, s’appuie sur des enquêtes et une analyse juridique de grande qualité portant sur des affaires particulières en vue de fournir un cadre pour la justice et l’obligation de rendre compte. Le recensement du CPJ donne un aperçu instantané des journalistes incarcérés au 1er décembre 2021 à 00h01. Il ne répertorie pas les nombreux journalistes emprisonnés et libérés au cours de l’année ; des informations concernant ces affaires sont disponibles sur le site http://cpj.org. L’analyse du CPJ portant sur les journalistes tués en raison de leur travail repose sur des données en date du 1er décembre 2021. Le site Web du CPJ est constamment mis à jour sur cpj.org/data/killed/
 

Feleknas Uca : Arrêtez d’attaquer les Yézidis

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Réagissant au bombardement de l’Assemblée populaire de Khanesor hier par des jets turcs, la vice-présidente du HDP Feleknas Uca a exhorté la Turquie à cesser d’attaquer les Yézidis.
 
La Turquie a bombardé hier soir la zone d’implantation yézidie de Shengal au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak). La cible de la frappe aérienne vers 19h30, heure locale, était le siège du Conseil populaire de la ville de Khanasor (Xanesor).
 
Hier soir, la communauté yézidie prévoyait d’organiser une cérémonie à la mémoire de Marwan Bedel à l’intérieur du bâtiment de la municipalité de Khanesor. Mais la cérémonie a été reportée. La Turquie visait à tuer le plus de gens possible.
 
Cessez d’attaquer les Yézidis
 
Suite à la nouvelle attaque turque visant les Yézidis de Sinjar, Feleknaz Uca a déclaré sur Twitter: « Pourquoi cette haine envers les Yézidis ? Qu’est-ce que les Yézidis vous ont fait, quel genre de menace vous font-ils ? »
 
Mardi dernier, un drone armé de l’armée turque a frappé une voiture civile appartenant à Merwan Bedel, co-président du Conseil d’administration autonome de Shengal, dans la ville de Khanasor située au nord du mont Sinjar.
Merwan Bedel a perdu la vie sur les lieux tandis que ses deux enfants qui l’accompagnaient ont pu être sortis de la voiture en feu grâce aux efforts des personnes présentes sur les lieux de l’attaque.
La Turquie a accentué les assassinats des Kurdes et des Yézidis au Kurdistan du Sud mais aussi au Rojava, en toute illégalité. Mais la communauté internationale ferme les yeux devant les crimes commis par son allié turc…