Les médias français et la guerre Arménie-Azerbaïdjan

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Depuis que l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie qui lui a envoyé 4000 mercenaires syriens et des armes en renfort, a déclaré la guerre à l’Arménie en attaquant la région autonome arménienne du Haut-Karabakh* (Artsakh), dans le Caucase du Sud, la propagande azérie semble activée en Occident, notamment en France où dans les médias et les dépêches d’AFP, on voit la propagande azérie relayée, sans trop de gène, notamment, quand on voit que les habitants du Haut-Karabakh sont qualifiés de « séparatistes », chose qu’on n’a jamais entendue pour le nord de Chypre occupé illégalement par la Turquie depuis 1974…
 
Il pleut ? C’est la faute aux Kurdes !
 
Et que dire des mensonges turco-azéris parlant de présence de combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui seraient allés en Haut-Karabakh pour combattre aux côtés des forces arméniennes ?! Les Kurdes qui sont assaillis de tous les côtés et qui luttent pour leur survie sont honorés d’entendre qu’on leur prête tant de bravoure et auraient volontiers aidé, s’ils en avaient les moyens, leurs voisins arméniens, frères de destin face aux descendants de l’empire ottoman qui a massacré/massacre des Arméniens, Kurdes/Yézidis/Alévis, Grecs, Assyro-chaldéens… depuis des siècles. Mais ce mensonge sert surtout de prétexte au Président Erdogan chaque fois qu’il veut envahir un pays voisin : Syrie, Irak et maintenant l’Arménie.  
 
L’Arménie ne pèse rien face au monstre azéri
 
C’est dans de telles circonstances qu’on mesure la puissance économique, militaire et diplomatique de l’Azerbaïdjan au niveau international face à l’Arménie trois fois plus petite que lui et qu’on se dit que les médias aussi se rangent du côté du plus fort, sans parler des ravages que peut faire le lobbying azéri implanté en France et en Europe.  
 
La France vent-elle des armes à l’Azerbaïdjan ?
 
« Ne détournez plus le regard quand la France vend des armes et des technologies militaires à l’Azerbaïdjan. Aujourd’hui, c’est grâce à ces armes que l’Azerbaïdjan peut cibler la population civile de la capitale de la République d’Artsakh (Stepanakert). Ne vous laissez plus piéger par les mensonges et la compromission ! Quand le Président français nous ment il faut le dénoncer et cesser de l’applaudir. Le peuple arménien n’est pas un peuple soumis, aujourd’hui il résiste seul et de toutes ses forces ! », écrivait récemment Charjoum le mouvement, le Mouvement en faveur de la défense des droits des Arméniens et des Arméniennes. 
 
La Turquie veut en finir avec les survivant arméniens
 
« Cette initiative destructrice soutenue par la Turquie d’Erdogan entre dans le cadre d’une stratégie qui s’inscrit dans la lignée du génocide de 1915. L’objectif final est le même : supprimer la présence arménienne pour créer une puissance ottomane qui dominerait le monde » dénonce FRA Nor Seround – ՀՅԴ Նոր Սերունդ, l’Association de jeunesse militante Arménienne de France.
 
On ne sait pas encore si cette guerre sera stoppée à temps, avec l’intervention russe ou si elle dégénérera d’avantage, tuant toujours plus de civils innocents. Mais une chose est sûre: le pouvoir des médias sur l’opinion publique n’est pas négligeable et c’est pourquoi les journalistes doivent faire attention à ce qu’ils écrivent, s’ils veulent qu’on croit aux informations qu’ils relaient. 
 
* « En 1921, la province du Haut-Karabagh est attribuée à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan. Le Karabagh est majoritairement peuplé d’Arméniens [et de Kurdes** chassés par l’Arménie et l’Azerbaïdjan après la chute de l’URSS, et d’Azéris également] (le chiffre que j’ai c’est 85% d’Arméniens en 1988). En février 1988, des manifestations pacifiques ont lieu au Karabagh et en Arménie pour demander le rattachement de la région à l’Arménie. Une guerre éclate avec l’Azerbaïdjan , qui refuse cette séparation. Les habitants du Haut-Karabagh résistent et sécurisent leurs frontières. En 1991, l’URSS s’effondre. L’Arménie et l’Azerbaïdjan proclament leur indépendance. Le Karabagh revendique la sienne par voie de référendum (La République d’Artsakh est le nom de cet état indépendant qui n’a jamais été reconnu). Les combats continuent. Un cessez-le-feu est signé en 1994 mais les négociations n’ont jamais abouti : l’Azerbaïdjan persiste à considérer que ce territoire est occupé illégalement, reniant le droit à l’indépendance de ces habitants », nous écrit Maïda Chavak, une jeune franco-arménienne, en guise de résumé de la situation politique de la région. 
 
** La République kurde du Kurdistan Rouge (Kurdistana Sor) a été fondée en 1992 comme dernière chance de survie pour les Kurdes du Caucase, avec comme capitale la ville de Berdzor (Laçîn en kurde). Les parties au conflit actuel dans la même région (Karabakh), où vivaient des Kurdes depuis le IXe siècle, ont progressivement déplacé les Kurdes de leurs terres tout au long des XIXe et XXe siècles. (Voir l’article du Wikipedia pour plus de détails sur le Kurdistan Rouge)

DÉBAT : La place de la femme au sein de la société kurde

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PARIS – La Représentation du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK) à Paris co-organise un débat/discussion concernant la place de la femme au sein de la société kurde animé par la militante kurde Hozan Mahmoud, ce vendredi 2 octobre, de 19h jusqu’à 21h.
 
L’événement est annoncé ainsi la Représentation GRK:
 
« Entre problématiques liées aux revendications classiques du féminisme, et celles liées à une société écartelée entre 4 pays, la femme kurde peine à trouver sa place et doit surmonter plus d’obstacles afin de s’imposer en tant qu’individu à part entière.
 
Point de situation avec notre intervenante Hozan Mahmoud, écrivain, féministe, dirigeante de « Projet culture » en Angleterre. »
 
Voici le lien d’inscription pour participer au webinaire Zoom :
 
https://zoom.us/webinar/register/WN_TGCbaqhqS3GMzCZq4EJ2Bw

TURQUIE. Décès d’un paysan kurde jeté d’un hélicoptère par des soldats turcs

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TURQUIE / BAKUR – Servet Turgut, l’un des deux paysans kurdes jetés d’un hélicoptère par des soldats turcs est décédé aujourd’hui.
 
Le 11 septembre, lors d’une opération à Van/Çatak, des soldats turcs ont arrêté Osman Şiban et Servet Turgut dans le hameau de Yoğurtlu du village de Çığlıca, à Şırnak/Beytüşşebap, au Kurdistan du Nord.
 
Leurs familles n’ont trouvé les paysans deux jours après leur arrestation. Ils étaient dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital régional d’enseignement et de recherche de Van. Les agriculteurs sont Servet Turgut (55 ans) et Osman Şiban (50 ans).
 
Servet Turgut était en réanimation depuis 20 jours. Il est décédé aujourd’hui.
 
 

Arrestations politiques en Turquie, la France appelée à choisir son camp

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PARIS – La semaine dernière, le régime turc a fait arrêté plus de 85 membres d’HDP et des militant.es kurdes, prétextant les manifestations de soutien à Kobanê qui avaient eu lieu en 2014. Le maire de la ville de Kars, Ayhan Bilgen, l’ancien député Sirri Süreyya Önder et de nombreuses activistes femmes étaient parmi les personnes arrêtées.
 
Ce nouveau génocide politique visant la volonté du peuple kurde a indigné les ami.es des Kurdes en France et dans le monde. Dans une déclaration commune, plusieurs organisations, associations et partis politiques français et kurdes réunis au sein de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan condamnent ces arrestations arbitraires et appellent le gouvernement français à sanctionner la Turquie et à soutenir les défenseurs des libertés et de la démocratie.
 
Voici la déclaration de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan:
 
« La Turquie franchit un nouveau pas dans la répression. Vendredi 25 septembre, 82 militants et militantes du HDP (Parti Démocratique des Peuples) ont été arrêtés sur ordre du Président Erdogan, parmi celles-ci l’ancien député Sirri Sûreyya Önder, Aylan Bilgen, maire de la ville de Kars et de nombreux cadres de ce parti.
 
Le HDP fait l’objet d’une répression implacable depuis de nombreuses années. Selahattin Demirtas, ex-président et ancien rival du président turc Recep Tayyip Erdogan à l’élection présidentielle, est en prison depuis 2016.
 
Le parquet d’Ankara reproche à ces hommes et femmes d’avoir manifesté leur solidarité avec les Kurdes de Kobané pendant le siège de la ville par les terroristes de Daesh qui étaient soutenus par la Turquie.
 
Ces nouvelles arrestations interviennent après celles de nombreux maires kurdes dont les municipalités, 47 sur 65, ont été placées sous administration de l’Etat bafouant le suffrage universel et le résultat des élections municipales de 2019.
 
La Turquie foule aux pieds les droits humains, les libertés individuelles et collectives, écrase l’opposition sans que cela n’entraîne de sanction à son encontre de la part de l’Union Européenne plus prompte à le faire vis-à-vis de la Russie pour une suspicion d’empoisonnement de l’opposant russe Alexei Navalny.
 
La France et son Président Emmanuel Macron portent une lourde responsabilité en légitimant la répression en Turquie lorsqu’elle arrête et expulse vers ce pays des militant-es kurdes, à l’exemple de Mehmet Yalçin, celui-ci a été emprisonné dès sa descente d’avion à Istanbul. Il en est de même avec le gel des comptes bancaires de militant-es associatifs kurdes.
 
Cela doit cesser, il ne peut y avoir de défense des droits humains à géométrie variable.
 
La Coordination Nationale Solidarité Kurdistan condamne et dénonce ces arrestations, elle exhorte le gouvernement français à sanctionner la Turquie et à se ranger résolument du côté des défenseurs des libertés et de la démocratie. »
 
Déclaration signée par:
 
Alternative Libertaire – Amis du Peuple Kurde en Alsace – Amitiés Corse Kurdistan – Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB) – Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes – Association Iséroise des Amis des Kurdes (AIAK) Association Solidarité France Kurdistan –Centre d’Information du Kurdistan (CIK) – Collectif Kurdistan Azadi Vendée – Conseil Démocratique Kurde de France (CDKF) – Ensemble – Mouvement de la Jeunesse Communiste de France – Mouvement de la Paix – Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F)- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié́ entre les Peuples) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Parti Communiste Français (PCF) – Réseau Sortir du Colonialisme – Union Démocratique Bretonne (UDB)) – Union Syndicale Solidaire – Solidarité́ et Liberté́ Provence

L’atelier de couture des réfugiées kurdes de Lavrio

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ATHÈNES – Hier, les médias ont rapporté qu’un réfugié afghan de 61 ans avait décédé après avoir contracté le coronavirus dans le camp de réfugiés de Malakassa, en Grèce. Il y a quelques semaines, un énorme incendie détruisait le plus grand camp de réfugiés à Lesbos, toujours en Grèce où il y a également deux camps de réfugiés kurdes auto-gérés de Lavrio qui donnent de l’espoir au milieux de tableau de désolation. En effet, ces camps près d’Athènes accueillant plusieurs centaines de Kurdes venus essentiellement du Bakur et du Rojava ne reçoivent aucune aide du gouvernement grec ni des ONG humanitaires car la Turquie a réussi à faire passer ces femmes, enfants, vieillards pour des terroristes menaçant la Turquie ! Ainsi, livrés à eux-mêmes, ces rescapés de la guerre au Kurdistan ne survivent que grâce au soutien des militants organisés dans plusieurs pays d’Europe : France, Italie, Suisse…
 
Malgré toutes ces difficultés, les réfugiés kurdes de Lavrio ont concrétisé plusieurs projets, dont la construction d’un four à pain au printemps dernier, un atelier de confection de sacs, de masques anti-covid, etc. Ce dernier atelier est géré par les femmes du camp qui ont reçu plusieurs machines à coudre collectées par des militants.
 
Les femmes ont déjà fait dons de leurs masques à l’hôpital public de la ville de Lavrio et en en fabriquent d’autres pour les écoles de Lavrio. Pendant cet atelier de couture et de broderie, les participantes apprennent aussi l’anglais et l’allemand.
 
Rénata, de l’association suisse Anthropia, est à l’origine de cet atelier pour les femmes et les enfants des deux camps. Actuellement, une dizaines de femmes viennent régulièrement dans cet atelier et leurs créations sont vendues à Athènes et en Suisse grâce à un réseau tissé par Rénata et d’autres militantes.
 
Pour continuer à fabriquer des sacs et d’autres objets, les femmes kurdes ont besoin de matériel, dont des machines à coudre, des pelotes de laine ou de coton, du fil, du tissus, etc.
 
Si vous voulez soutenir les femmes Kurdes de Lavrio en faisant un don d’argent ou de matériel de couture, vous pouvez contacter Jacques Leleu, un militant français membre du « Convoi solidaire » dont la devise est « La solidarité est l’arme des peuples ! »
 
Ci-dessus les photos prises par Jacques pendant l’atelier de couture du premier camp de Lavrio:
 
 
 
 

Les gangs de la Turquie s’apprêtent à voler les olives d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – À l’approche de la saison de récolte des olives, les gangs islamistes de la Turquie occupant le canton kurde d’Afrin se sont mobilisés pour voler la nouvelle récolte d’olives. Dans le village de Maamla / Maaml Ushaghi, dans le district de Rajo, les hommes armés de la brigade Sultan Mohammad Al Fateh se préparent à piller la récolte d’olives du village.
 
Comme l’a rapporté le correspondant d’Afrinpost au centre du district de Rajo, Muhammad Al-Fateh, un chef de gangs, est sur le point de collecter au moins 100 000 dollars dans le village, ce qui équivaut à au moins 220 millions de livres syriennes.
 
A Afrin, les mercenaires de la Turquie volent tout, à commencer par les olives, les feuilles de vigne, le sumac et tous les arbres fruitiers. Les arbres sont également coupés et vendus comme bois de chauffage.
 
Concernant le pillage des olives, l’estimation de l’ampleur du pillage sera extrêmement difficile, compte tenu de la baisse de la production en général, des coûts élevés du service et de la récolte dus au déplacement des populations et au manque de main-d’œuvre locale, et les coûts élevés du transport et du fret dus aux prix élevés du carburant, en plus des voleurs de colons et des mercenaires armés, ceux qui ont envahi les champs et volé de grandes quantités d’olives, en plus d’imposer le siège à Afrin, empêchant l’exportation de la production, la fixation des prix et même les marchands auxquels la production doit être commercialisée par l’occupation turque et ses agents.
 

Il était une fois le Kurdistan Rouge…

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Puisque tous les yeux sont rivés vers le Caucase à cause de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, rappelons la triste fin des Kurdes dans cette même région. La République kurde du Kurdistan Rouge (Kurdistana Sor) a été fondée en 1992 comme la dernière chance de survie pour les Kurdes du Caucase, avec comme capitale la ville de Berdzor (Laçîn en kurde). Les parties au conflit actuel dans la même région (Karabakh), où vivaient des Kurdes depuis le IXe siècle, ont progressivement déplacé les Kurdes de leurs terres tout au long des XIXe et XXe siècles. (Voir l’article du Wikipedia pour plus de détails sur le Kurdistan Rouge)

La Turquie va-t-elle lancer une nouvelle offensive contre Shengal et le Rojava ?

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Au moment où les attaques d’invasion de l’État turc contre le Kurdistan du Sud, le Rojava et la région yézidie de Shengal se poursuivent, le PDK construit des avant-postes et des points d’observation à la frontière du Rojava.
 
Le mois dernier, le KDP a construit de nouveaux avant-postes et points d’observation sur le triangle frontalier Shengal et Rojava-Bakur (le Kurdistan du Nord et le Kurdistan de l’Ouest), et des tranchées dans certaines régions.
 
Alors que les attaques d’invasion de l’État turc contre les zones de défense de Medya, en particulier Heftanin, au Kurdistan du Sud (Başûr) se poursuivent, la construction des postes de police du PDK à la frontière du Rojava, d’où aucune menace ne vient, soulève quelques points d’interrogation.
 
Suite à la visite de Nêçirvan Barzani, président du Kurdistan du Sud à Ankara le 4 septembre, les vols de reconnaissance de l’Etat turc se sont intensifiés dans la région kurde d’Irak en même temps que ses mouvements militaires à la frontière.
 
Le PDK a établi de nombreux points militaires le long de la ligne, à partir du triangle frontalier Rojava-Bakûr-Bashur, le long du Tigre jusqu’à la région de Sêmalka, les villages de Xanika, Mexfer et Sihêla, où il a expédié de nombreux peshmergas.
 
Les peshmergas du PDK, qui ont renouvelé et renforcé les avant-postes construits pendant la période de Saddam Hussein, ont également établi de nombreux points le long de la vallée du Tigre et creusent des tranchées à certains endroits.
 
Le KDP travaille avec fébrilité le long de la frontière au sud de la région de Sihêla, où le Tigre quitte le territoire du Rojava pour traverser les frontières du Kurdistan du Sud.
 
Des sources militaires dans la région ont informé l’ANF et ont déclaré que le mouvement à la frontière s’était intensifié au cours des 20 derniers jours et que l’activité des avions de reconnaissance de l’État turc avait également augmenté dans la région.
 
Au moment où l’Etat turc est occupé par des attaques d’invasion contre le Kurdistan du Sud, l’activité militaire menée par le PDK à la frontière du Rojava suscite des inquiétudes.
 
Les commissariats de police construits à la frontière avec le Rojava par le KDP, qui a imposé un embargo sur Maxmûr depuis plus d’un an et envoyé des forces dans la région de Zînê Wertê avant les attaques d’invasion de l’Etat turc sur les zones de défense de Medya, soulèvent de nombreuses questions.
 
En outre, Nechirvan Barzani s’est rendu en Turquie avant le début des activités à la frontière et le KDP a déclaré qu’il y avait eu des attaques aériennes turques contre Shengal, tout en menaçant Shengal.
 
Les médias du PDK, quant à eux, ont récemment lancé une intense propagande contre Shengal, essayant de gagner le soutien des puissances internationales.
 
S’exprimant lors d’une conférence de presse en août, Joey Hood, le principal sous-secrétaire d’État américain aux Affaires du Proche-Orient, a déclaré: « Si vous pouviez faire travailler le gouvernement régional du Kurdistan, le gouvernement fédéral à Bagdad et la Turquie avec des conseils et un soutien des États-Unis et d’autres pays de la coalition, vous pourriez voir peut-être un endroit comme Shengal débarrassé des milices, y compris le PKK ». Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue.
 
Il y a manifestement beaucoup de mouvement en cours dans la région, ce qui a poussé les habitants du Kurdistan à se demander si la nouvelle offensive avait déjà commencé.
 
 

Happy Dreams, une histoire kurde qui dure

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PARIS – Le 25 septembre, le comédien kurde exilé, Aram Taştekin a joué son spectacle « Happy Dreams, une histoire kurde » dans un café parisien sur l’invitation des organisateurs du Festival Tournée Générale qui a lieu dans le 12e arrondissement de Paris.
 
Aram Tastekin accompagné en musique par Neşet Kutas
 
Hier soir, les clients du café Payuss (77 rue Claude Decaen) étaient mieux servis que d’habitude. En effet, en plus de la bonne cuisine et des boissons proposées par le restaurateur de leur café, ils ont eu droit à un beau spectacle gratuit qui les a emmenés très loin de Paris. Ils ont traversé les montagnes du Kurdistan accompagné d’un gamin kurde qui les a ensuite emmenés au bord de la mer Méditerranée, voir des filles russes, avant de retourner à la maison calmer sa mère à la colère terrible. Tout cela, accompagné en musique grâce aux percussions du musicien Neşet Kutas…
 
Tout au long du spectacle, pendant qu’Aram nous servait des anecdotes vacillant entre l’absurde et le tragique, on sentait une belle complicité entre lui et Neşet.
 
Happy Dreams, une histoire kurde drôle et amer à la fois
 
 
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans un village montagneux du Kurdistan où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams »
 
Le voyage d’Aram se termine quand il devient comédien dans une troupe d’acteurs kurdes.
 
Aram Tastekin et son compagnon de scène Neşet Kutas
Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc, accompagné par le musicien Neşet Kutas qui joue des percussions.
 
Malgré son sujet qui est difficile, le spectacle est assez drôle et nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle de son troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde…
 
La pièce a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Guillou a été assisté par Noémie Régnaut dans la mise en scène du spectacle.
 
Noémie Régnaut, Aram Tastekin, Elie Guillou, Neset Kutas à la fin du spectacle 

Aram jouera de nouveau son spectacle le dimanche 4 octobre à 18h50, au café Bon Coin (40 rue Claude Decaen), avant de monter sur les planches du Théâtre Berthelot, à Montreuil, le 28 janvier 2021.
 

Les sœurs Timtik reçoivent un prix international des Droits de l’Homme

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Les sœurs avocates kurdes, Barkin Timtik et Ebru Timtik, décédée le 27 août 2020 après 238 jours de grève de la faim, ont reçu le prix international des Droits de l’Homme Ludovic-Trarieux jeudi à Genève, en Suisse.
 
«Le Jury a choisi de rappeler au monde le martyre que subissent les avocats en Turquie aujourd’hui et de ne pas dissocier dans son hommage et sa gratitude les deux soeurs Barkin et Ebru Timtik, l’une en prison pour dix-huit années et l’autre morte de sa grève de la faim pour réclamer un procès équitable», a expliqué à l’AFP jeudi l’avocat bordelais Bertrand Favreau, fondateur du prix et président du jury qui s’est prononcé à Genève. (Info donnée par Figaro)
 
Ebru Timtik était accusée « d’appartenance à une organisation terroriste » pour avoir exercé son métier d’avocat. Sa petite soeur Barkin est également en prison pour les mêmes accusations. Barkin avait été jugée en même temps que sa soeur, et 18 autres avocats, fin 2018.
 
Ebru Timtik était membre du « Bureau d’avocats du peuple » (Halkın Hukuk Bürosu) et avait entamé une grève de la faim avec d’autres collègues emprisonnés en février, une grève qu’elle avait transformée en un « jeûne de la mort » le 5 avril – lors de la  « Journée des avocats ». Dans le complexe des procédures contre des membres présumés du DHKP-C, les avocats ont été condamnés à de longues peines de prison à cause des déclarations contradictoires d’un témoin clé. Par leur action, les avocats exigeaient un procès équitable.
Timtik est la quatrième personne poursuivie dans l’affaire du DHKP-C à être décédée cette année à la suite d’un jeûne de la mort. Helin Bölek, soliste du groupe de musique Grup Yorum, est décédée le 3 avril au bout de 288 jours de grève de la faim pour protester contre l’emprisonnement d’autres membres du groupe et l’interdiction des concerts du Grup Yorum. Le 7 mai, le bassiste du Grup Yorum Ibrahim Gökçek est décédé après une grève de la faim de 323 jours. Auparavant, le prisonnier politique Mustafa Koçak était décédé le 24 avril des suites d’une grève de la faim de 296 jours.