Happy Dreams, une histoire kurde qui dure

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PARIS – Le 25 septembre, le comédien kurde exilé, Aram Taştekin a joué son spectacle « Happy Dreams, une histoire kurde » dans un café parisien sur l’invitation des organisateurs du Festival Tournée Générale qui a lieu dans le 12e arrondissement de Paris.
 
Aram Tastekin accompagné en musique par Neşet Kutas
 
Hier soir, les clients du café Payuss (77 rue Claude Decaen) étaient mieux servis que d’habitude. En effet, en plus de la bonne cuisine et des boissons proposées par le restaurateur de leur café, ils ont eu droit à un beau spectacle gratuit qui les a emmenés très loin de Paris. Ils ont traversé les montagnes du Kurdistan accompagné d’un gamin kurde qui les a ensuite emmenés au bord de la mer Méditerranée, voir des filles russes, avant de retourner à la maison calmer sa mère à la colère terrible. Tout cela, accompagné en musique grâce aux percussions du musicien Neşet Kutas…
 
Tout au long du spectacle, pendant qu’Aram nous servait des anecdotes vacillant entre l’absurde et le tragique, on sentait une belle complicité entre lui et Neşet.
 
Happy Dreams, une histoire kurde drôle et amer à la fois
 
 
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans un village montagneux du Kurdistan où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams »
 
Le voyage d’Aram se termine quand il devient comédien dans une troupe d’acteurs kurdes.
 
Aram Tastekin et son compagnon de scène Neşet Kutas
Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc, accompagné par le musicien Neşet Kutas qui joue des percussions.
 
Malgré son sujet qui est difficile, le spectacle est assez drôle et nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle de son troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde…
 
La pièce a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Guillou a été assisté par Noémie Régnaut dans la mise en scène du spectacle.
 
Noémie Régnaut, Aram Tastekin, Elie Guillou, Neset Kutas à la fin du spectacle 

Aram jouera de nouveau son spectacle le dimanche 4 octobre à 18h50, au café Bon Coin (40 rue Claude Decaen), avant de monter sur les planches du Théâtre Berthelot, à Montreuil, le 28 janvier 2021.
 

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