AccueilDroits de l'HommeArrestations politiques en Turquie, la France appelée à choisir son camp

Arrestations politiques en Turquie, la France appelée à choisir son camp

PARIS – La semaine dernière, le régime turc a fait arrêté plus de 85 membres d’HDP et des militant.es kurdes, prétextant les manifestations de soutien à Kobanê qui avaient eu lieu en 2014. Le maire de la ville de Kars, Ayhan Bilgen, l’ancien député Sirri Süreyya Önder et de nombreuses activistes femmes étaient parmi les personnes arrêtées.
 
Ce nouveau génocide politique visant la volonté du peuple kurde a indigné les ami.es des Kurdes en France et dans le monde. Dans une déclaration commune, plusieurs organisations, associations et partis politiques français et kurdes réunis au sein de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan condamnent ces arrestations arbitraires et appellent le gouvernement français à sanctionner la Turquie et à soutenir les défenseurs des libertés et de la démocratie.
 
Voici la déclaration de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan:
 
« La Turquie franchit un nouveau pas dans la répression. Vendredi 25 septembre, 82 militants et militantes du HDP (Parti Démocratique des Peuples) ont été arrêtés sur ordre du Président Erdogan, parmi celles-ci l’ancien député Sirri Sûreyya Önder, Aylan Bilgen, maire de la ville de Kars et de nombreux cadres de ce parti.
 
Le HDP fait l’objet d’une répression implacable depuis de nombreuses années. Selahattin Demirtas, ex-président et ancien rival du président turc Recep Tayyip Erdogan à l’élection présidentielle, est en prison depuis 2016.
 
Le parquet d’Ankara reproche à ces hommes et femmes d’avoir manifesté leur solidarité avec les Kurdes de Kobané pendant le siège de la ville par les terroristes de Daesh qui étaient soutenus par la Turquie.
 
Ces nouvelles arrestations interviennent après celles de nombreux maires kurdes dont les municipalités, 47 sur 65, ont été placées sous administration de l’Etat bafouant le suffrage universel et le résultat des élections municipales de 2019.
 
La Turquie foule aux pieds les droits humains, les libertés individuelles et collectives, écrase l’opposition sans que cela n’entraîne de sanction à son encontre de la part de l’Union Européenne plus prompte à le faire vis-à-vis de la Russie pour une suspicion d’empoisonnement de l’opposant russe Alexei Navalny.
 
La France et son Président Emmanuel Macron portent une lourde responsabilité en légitimant la répression en Turquie lorsqu’elle arrête et expulse vers ce pays des militant-es kurdes, à l’exemple de Mehmet Yalçin, celui-ci a été emprisonné dès sa descente d’avion à Istanbul. Il en est de même avec le gel des comptes bancaires de militant-es associatifs kurdes.
 
Cela doit cesser, il ne peut y avoir de défense des droits humains à géométrie variable.
 
La Coordination Nationale Solidarité Kurdistan condamne et dénonce ces arrestations, elle exhorte le gouvernement français à sanctionner la Turquie et à se ranger résolument du côté des défenseurs des libertés et de la démocratie. »
 
Déclaration signée par:
 
Alternative Libertaire – Amis du Peuple Kurde en Alsace – Amitiés Corse Kurdistan – Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB) – Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes – Association Iséroise des Amis des Kurdes (AIAK) Association Solidarité France Kurdistan –Centre d’Information du Kurdistan (CIK) – Collectif Kurdistan Azadi Vendée – Conseil Démocratique Kurde de France (CDKF) – Ensemble – Mouvement de la Jeunesse Communiste de France – Mouvement de la Paix – Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F)- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié́ entre les Peuples) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Parti Communiste Français (PCF) – Réseau Sortir du Colonialisme – Union Démocratique Bretonne (UDB)) – Union Syndicale Solidaire – Solidarité́ et Liberté́ Provence