ROJAVA. L’histoire du village des femmes libres, JINWAR

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SYRIE / ROJAVA – Dans le sillage de la révolution du Rojava, les femmes kurdes ont créé un village réservé aux femmes qu’elles ont nommé « JINWAR ». (Le nom JINWAR vient de « Jin », en kurde: « femme », « vie », et « War »: « lieu », « place »). Le mouvement des femmes du Rojava, Kongra Star rappelle l’histoire et le contexte ayant conduit à la fondation du village JINWAR.

Il y a plusieurs milliers d’année, la révolution humaine en cours au Moyen-Orient s’accompagnait d’un développement de la pensée morale écologique. Les femmes occupaient alors une place de premier plan dans ces processus. On voyait apparaître sur les bords du Tigre et de l’Euphrate le terme de « révolution des femmes », puisqu’elles occupaient un rôle central dans la société. Chaque étape de l’histoire humaine est marquée par la participation active des femmes à la construction d’une société civilisée.
 
Cette participation féminine se caractérise par la recherche et le développement du sens donné à cette nouvelle vie sociale. Elles conçoivent des solutions alternatives à cette nouvelle vie en société et la marque de leur empreinte.

Tout au long de l’histoire, la femme kurde n’a pas pu jouir de sa liberté naturelle, que ce soit individuellement ou collectivement. Elle a grandi parmi la violence et les destructions qui ont meurtri sa patrie, le Kurdistan, depuis les temps anciens. Des centaines de milliers de Kurdes ont perdu la vie, affaiblissant à chaque fois un peu plus la structure de la société kurde. Au fil des siècles, des massacres et des politiques racistes ont été conduits par divers [États occupant le Kurdistan] pour tenter d’éradiquer l’identité nationale de la communauté kurde. Les femmes kurdes ont vu leurs droits profondément affectés, non seulement par ce qu’elles étaient kurdes, mais aussi par ce qu’elles étaient des femmes.
Cette oppression historique de la femme kurde l’a conduit à participer activement aux mouvements de libération kurdes afin de libérer non seulement les femmes, mais aussi l’ensemble du peuple kurde. C’est devenu une évidence avec la révolution du 19-Juillet en 2012, point de départ de la libération de toutes les composantes de la société (kurde, arabe, turkmène…) au Rojava/Syrie du Nord et en particulier des femmes.

Le progrès de toute société se mesure au degré de développement culturel et social des femmes et à leur contribution efficace à la construction d’une société civilisée à laquelle elles sont intégrées. Une société qui respecte les femmes et leur accorde les droits inhérents à chaque être humain, une société qui reconnaisse le rôle influent des femmes dans sa construction et son développement. Lorsqu’elle agit de la sorte, une société franchi alors une nouvelle étape vers la sensibilisation intellectuelle et culturelle.
 
Le but de la construction du village des femmes
 
Les femmes ont joué un rôle primordial dans la construction et la gestion de sociétés primitives. L’histoire a démontré, au travers des expériences sociales qui la jalonne, que le travail des femmes et leur participation à la vie collective avait une importance prépondérante dans les sociétés primitives. La mère-nourricière a été l’une des pionnières de l’agriculture.
Aujourd’hui, il s’agit de favoriser le retour à l’essence même des premières sociétés humaines où les communautés se sont construites sur des valeurs et des lois sociales, basées sur le caractère communal de toute forme de vie collective. L’ensemble des expériences historiques menées par l’être humain démontre que les femmes ont joué un rôle avant-gardiste, notamment dans le domaine agricole, essentiel au bien-être et à la survie de toutes ces premières sociétés civilisées. Menée par les femmes, la récolte des graines, des céréales, des tubercules, des fruits et des légumes permettait de nourrir quotidiennement la famille et ainsi assurer sa sécurité alimentaire et sa stabilité sociale. On appelle cette époque, où la femme occupe une place de premier ordre, « l’âge de la maternité », qui n’est pas une spécificité de la femme kurde.
Partout dans le monde où les femmes avaient un rôle principal dans la construction et la gestion de sociétés primitives et compte tenu de l’aspiration des femmes à développer leur propre vie sociale, elles se sont organisées en construisant des villages de femmes dirigées par elles-mêmes, loin du pouvoir masculin, comme ce fut le cas par exemple au Brésil ou encore en Afrique du Nord. Depuis le début des mouvements de libération kurdes, les femmes se sont appuyées sur leur pensée, leur conscience et leur courage pour mener à bien leur lutte pour leur liberté. La révolution au Rojava a rendu concrets et visibles les avancées et progrès obtenus par la femme kurde. Cette dernière a été encouragée dans son combat émancipateur par l’idéologie et la philosophie du leader kurde Abdullah Ocalan qui prônent la libération de la femme afin que celle-ci retrouve le rôle central historique qui a été le sien, notamment au sein des sociétés primitives. Nulle société ne saurait être libre si les femmes ne le sont pas.
 
Le Mouvement des Femmes au Rojava, le Kongra Star, a adopté la thèse du confédéralisme démocratique voulue par Abdullah Ocalan dans l’expérience sociale que représente la construction du village des femmes « Jinwar », qui signifie en arabe « la patrie des femmes ». Ce projet vise à construire un village modèle pour les femmes afin qu’elles puissent essayer de vivre une vie normale, loin du développement technique et nutritionnel, à l’opposé des lois positives. En prenant pour base les lois naturelles, les femmes ont la possibilité de changer des modes de vie et les concepts sociétaux qui les régissent, notamment en ce qui concerne le pouvoir des hommes.
 
La création d’une petite communauté dans laquelle les femmes et leurs enfants puissent vivre en paix et en toute tranquillité leur permet de surmonter les difficultés personnelles et collectives auxquelles elles font face. En vivant ensemble et en se soutenant, les femmes de « Jinwar » se remontent le moral et se donnent une force mutuelle, nécessaire pour combattre avec vigueur et enthousiasme les nombreux domaines de la vie où leurs droits et leurs individualités ne sont pas respectés. L’expérience sociale conduite à « Jinwar » permet aux femmes de s’organiser pour et par elles-mêmes. Elles participent à des formations et à des activités afin de pouvoir jouer pleinement le rôle qui est le leur dans la construction coopérative d’une société unifiée.
Le village de JINWAR

« Jinwar » a été bâti dans une région calme, à l’écart de la ville et de son agitation. Le terrain choisi est situé en pleine campagne, au sud de la ville de Derbasiya, au Rojava/Syrie du Nord. L’annonce du début de la construction de « Jinwar » a eu lieu le 25 novembre 2016 et les travaux devraient s’achever le 25 novembre 2018. Un comité préparatoire supervisant la construction a été formé sous la direction du Kongra Star. Celui-ci est composé par l’organe diplomatique des femmes, les familles de martyrs, la Maison des femmes, la jinéologie (science des femmes), le comité des municipalité des femmes, 4 responsables locales de la « Fondation de la femme libre » ainsi que par un groupe indépendant de boursiers internationaux.

Le comité préparatoire, en coopération avec des ingénieurs, des géographes et des pédologues qui, après une étude approfondie, ont élaboré un plan géométrique en forme de triangle pour le village. « Jinwar » contient une trentaine de maisons de plain-pied réparties de manière cohérente sur les trois côtés du villages. Par ailleurs, huit autres bâtiments dédiés aux services ont été édifiés. Les femmes ont posé la première pierre de leur village le 10 mars 2017, actant ainsi la naissance du premier village de femmes au Moyen-Orient, une expérience unique dans cette région du monde. Les hommes se sont associés aux femmes pour construire leur village avec des matériaux naturels tels que la boue, le bois, la paille et autres. Sur la route entre les villes de Darbassiya et Raas al-Ayn, au Rojava/Syrie du Nord, un panneau directionnel sur lequel est inscrit « Jinwar » marque la présence du village des femmes.

Juste à côté de la grande porte marquant l’entrée du village se trouve sur le côté droit de la route un petite construction en forme de dôme avec une pièce unique. Elle remplit le rôle de magasin où les femmes de « Jinwar » peuvent vendre leur production agricole, fondée sur le développement durable et écologique, ainsi que leurs créations artisanales. Derrière ce point de vente, situé donc à l’entrée du village, se trouve deux autres bâtiments. L’un sert à entreposer et à stocker les récoltes céréalières et autres cultures saisonnières.

Le second bâtiment abrite le four du village, traditionnellement appelé « Nanşê », indispensable à la production de pain (nan) de « Jinwar » mais également utilisé par plusieurs villages voisins. Des plats populaires y sont aussi préparés. Peu avant le village des femmes, à droite de la route y conduisant, un petit édifice a été construit où se relaie les femmes. Elles y ont pour objectif de garder le village des ingérences malveillantes tout en accueillant et renseignant les visiteurs extérieurs de « Jinwar ».

À gauche, à proximité du verger du village se trouve un dispensaire où les femmes recevront une formation sur la préparation de médicaments, issue d’herbes cultivées par elles-mêmes, afin de subvenir aux besoins de santé de « Jinwar » et des localités voisines. Les habitations individuelles ont été construites et donnent sur la grande cour centrale. Une fontaine en forme d’étoile y a été bâtie où l’on trouve une représentation d’Ishtar, déesse antique mésopotamienne de la fertilité. Chaque maison est composée d’une chambre à coucher, d’un salon, d’une cuisine, d’une salle de bain ainsi que de deux balcons, l’un sur la façade frontale et l’autre à l’arrière. En fonction du nombre de membre de chaque famille, quatre modèles de maison ont été adoptés et leurs surfaces adaptées en conséquence.

Une école a été construite au nord-ouest du village. Elle se compose de six salles d’enseignement, chacune abritée par un dôme. Les enfants y apprennent notamment leur langue maternelle ainsi que d’autres sciences. L’école a été nommée « Mère Awish » en l’honneur de cette femme, modèle de courage, d’abnégation et de patience. Les enfants sont incités à se construire une forte personnalité qui ne craint pas la défaite. Une académie pour adultes sera également terminée sous peu.
Les femmes y recevront une formation et une éducation, qui se concentreront sur les thèmes suivants :
Le vivre-ensemble entre toutes les composantes de la sociétés malgré les différences ethniques et religieuses.
L’économie naturelle est éloignée du profit matériel.
L’autodéfense.
La santé, basée sur une pratique naturelle et alternative de la médecin.
L’enseignement pour les enfants.
L’histoire.
La science de la nature.
La science de la beauté.
La démographie.
Par ailleurs, une grande piscine a été aménagée pour apprendre aux gens du village à nager toute en bénéficiant de cette retenue d’eau pour arroser les plantations.

Au centre du village, à proximité de la fontaine, se trouve un restaurant servant une cuisine populaire avec des boissons chaudes et des jus de fruits naturels. En outre, un musée sera créé pour rassembler et exposer les œuvres liées à l’histoire des femmes, qu’il s’agisse de travaux manuels, de photographies, d’objets archéologiques ou encore du patrimoine. L’élevage étant l’un des éléments fondamentaux de la vie de « Jinwar », une grange a été construite pour élever du bétail et des volaille afin de fournir au village de la viande, du lait et du fromage produits localement. L’économie du village dépend principalement de la culture des terres environnantes, où les femmes du village travaillent la terre en harmonie avec la nature. Elles labourent, sèment et récoltent le fruit de leur travail, loin du contrôle des hommes, de la cupidité et du monopole des commerçants. Plus de 400 arbres fruitiers ont été plantés (pommiers, grenadiers, abricotiers, oliviers…) dans le verger du village, appelé « Sêvê ». 

L’éclairage et l’alimentation en électricité du village dépendent de sources d’énergie alternatives, notamment les panneaux solaires, pour minimiser l’impact écologique du village et ne pas polluer l’environnement.
 
La vie sociale dans le village
 
 
Toute femme a le droit de trouver en elle-même le désir et la capacité de mener une vie normale dans une petite société qui croit en la coexistence de toutes les religions, sectes et nationalités. Toutes peuvent venir vivre dans ce village qui leur ait consacré, à condition de respecter les lois sociales stipulées dans le règlement intérieur de « Jinwar », établies par les femmes du village elles-mêmes.

Les fondements des relations dans le village seront basés sur un retour à l’histoire ancienne des femmes. La pensée créatives et novatrice dans l’éducation des enfants est essentielle afin de construire une nouvelle génération d’individus ayant intégré l’égalité entre les hommes et les femmes, confiants en eux-mêmes et en leur capacité à créer une nouvelle vie qui restaurera leur identité véritable dans une vie simple et tranquille, libérée de l’autoritarisme, de l’égoïsme, du mensonge et de la modernité capitaliste, Ce sera un village rempli d’amour et de compassion où la coopération primera pour aspirer une nouvelle vie. « Jinwar » sera en mesure de ramener les femmes du Rojava à sa longue et grande histoire brillante, un projet que personne au Moyen-Orient n’a jamais mis en œuvre et qui deviendra un exemple pour toutes les femmes du monde.

Ce village servira de modèle pour la diffusion de l’amour et de la paix dans le monde tout en consolidant la coopération participative, base de la société naturelle. À l’avenir, un projet de village de femmes sera planifié dans tous les districts du Rojava, au nord de la Syrie.
Centre des relations diplomatiques du Kongra Star Rojava / Syrie du Nord
Qamishlo
12 févirer 2018

Manifestation le 9 janvier 2021 pour 3 militantes kurdes tuées à Paris

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PARIS – 8 ans après le triple meurtre visant 3 femmes kurdes à Paris en janvier 2013, les Kurdes continuent à exiger que la justice leur soit rendue et manifestent chaque janvier à partir du lieu de leur exécution.
 
En 2021, la manifestation aura lieu le samedi 9 janvier, au départ de la Gare du Nord, à Paris. RDV à 14h.
 
Voici le communiqué du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelant les autorités françaises à faire la lumière sur ce triple meurtre politique qui aurait planifié par les services secrets turcs (MIT):
 
Dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été retrouvées sans vie, dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris, froidement exécutées de plusieurs balles dans la tête.
 
Nombre d’indices révélés par l’enquête, ainsi que des documents divulgués sur internet, ont permis d’établir que l’assassin, Ömer Güney, arrêté quelques jours après les faits, avait agi pour le compte des services secrets turcs (MIT). Les investigations ont par ailleurs révélé, de manière indéniable, l’appartenance du meurtrier à la mouvance des Loups gris, ce mouvement fasciste turc que le gouvernement français a décidé récemment d’interdire, le jugeant « particulièrement agressif, pour ne pas dire plus », suite à des manifestations d’une extrême violence contre la communauté arménienne.
 
Cependant, en différant le jugement de l’affaire, laissant ainsi mourir le seul accusé, qui serait décédé d’une maladie grave, le 17 décembre 2016, à un mois de son procès, la justice française a manqué une occasion cruciale de juger, enfin, un crime politique commis sur le territoire français !
 
La promesse du gouvernement de l’époque de faire toute la lumière sur ces assassinats a très vite été jetée aux oubliettes. Toujours soucieuses de préserver leurs relations avec la Turquie, les autorités françaises n’ont même pas eu la décence de recevoir les familles des victimes, ni les représentants de la communauté kurde.
En maintenant l’impunité de ces crimes odieux, la France a permis à Erdogan de poursuivre son infiltration islamiste et fasciste sur le territoire français, à travers l’instrumentalisation des mosquées, la création de filiales de l’AKP et la propagation de l’idéologie panturque. Autant de vecteurs d’une ingérence dangereuse que la France, comme réveillée d’un long sommeil, commence tout juste à dénoncer.
 
Cependant, en continuant à criminaliser les militants politiques kurdes, à travers des poursuites judiciaires ou des mesures administratives aberrantes, la France ne fait que servir les intérêts de l’islamo-fascisme turc et renforcer la position d’Erdogan.
 
Suite à une plainte déposée en mars 2018 par les familles des trois militantes kurdes, fondée notamment sur des révélations d’agents du MIT, un nouveau juge d’instruction a été saisi du dossier. Nous attendons de la justice française qu’elle ait enfin le courage de juger et condamner les commanditaires de ces assassinats politiques.
 
Les assassinats de Sakine, Fidan et Leyla sont la manifestation la plus infâme de la force de nuisance acquise par Erdogan sur le sol français, grâce à la politique de complaisance de la France.

Il ne suffit pas d’interdire les Loups gris ou de menacer la Turquie de sanctions qui n’aboutissent pas. Si la France veut lutter contre l’expansion du fascisme et de l’islam politique turc, elle doit avant tout juger les crimes commis par le régime turc sur le territoire national. C’est la première étape, fondamentale, pour dire STOP à Erdogan.
 
HALTE À L’IMPUNITÉ !
STOP ERDOGAN !

Taybet Inan, une femme kurde tuée par des soldats turcs et dont le corps est resté dans la rue pendant 7 jours

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TURQUIE / BAKUR – Le 19 décembre 2015, Taybet Inan, une femme kurde de 57 ans, a été abattue par les forces armées turques à Silopi. Son cadavre est resté dans la rue, sous les yeux de ses enfants pendant 7 jours car les soldats turcs tiraient sur tous qui sortaient de la maison. Cette mère de 11 enfants avait reçu 10 balles.
 
Le 14 décembre 2015, un couvre-feu a été déclaré dans le district de Silopi, dans la province de Şirnak, dans le nord du Kurdistan. Taybet Inan, 57 ans, a été abattue le cinquième jour de l’interdiction. Son corps a été laissé pourrir dans la rue pendant sept jours et n’a pas pu être récupéré en raison du siège des forces turques qui a empêché les secouristes d’atteindre les lieux. Des proches et des voisins ont été abattus alors qu’ils tentaient de récupérer le corps de la mère d’onze enfants. Les soldats turcs ont également tué son beau-frère Yusuf Inan.
 
Des mois de siège militaire dans les villes du Kurdistan du Nord
 
Un mois après les élections législatives de juin 2015, le président Recep Tayyip Erdoğan a annoncé la fin du processus de paix entre le gouvernement turc et le PKK. L’AKP est rapidement revenu à la stratégie de terreur de l’État contre la population kurde. Cela a été suivi d’un siège militaire de plusieurs mois dans plusieurs villes et villages dont Amed (Diyarbakir), Şırnak, Cizre, Silopi et Nusaybin, qui ont coûté la vie à des centaines de civils. Même cinq ans après, ont ne sait toujours par le nombre exact de civils tués par les forces armées turques dans les villes kurdes pendant l’hiver 2015 / 2016.

TURQUIE. Massacre des Kurdes alévis de Maras du 1978

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TURQUIE / BAKUR –  Entre 19 et 26 décembre 1978, plus de 500 Kurdes alévis ont été tués et des centaines d’autres blessés lors d’un pogrom planifié par le pouvoir à Maraş (kurde: Gurgum). Après cette tuerie, des dizaines de milliers de Kurdes alévis ont fuit la région tandis que les rescapés du massacre de Maras n’ont toujours pas obtenu justice après 44 ans de lutte face au pouvoir turc qui refuse de reconnaître officiellement ce pogrom. En décembre 1978, des paramilitaires turcs de droite ont massacré des Kurdes alevis dans la ville de Maraş (kurde: Gurgum). Pendant des jours, une foule fasciste a marché dans la ville avec des slogans comme « Celui qui tue un Alévi ira au paradis ». Des maisons et des magasins d’Alévis et des « gauchistes », qui étaient auparavant marqués d’une croix, ont été pris d’assaut, des magasins détruits et des femmes violées. L’État turc n’est pas intervenu pendant des jours et a plutôt regardé le massacre. Selon des chiffres officiels, 111 personnes sont mortes dans les attaques, mais les témoins de l’époque parlent de plus de 1 000 personnes massacrées. Il n’y a toujours pas de monument commémoratif du massacre de Maras désormais presque exclusivement habité par des Turcs sunnites.
 
Voici un article écrit par le journaliste britannique Steve Sweeney qui avait interviewé en décembre 2018 le président de la Fédération Alevi britannique Israfil Erbil sur ce pogrom que le gouvernement turc préférerait qu’on oublie :
 
Seulement un mois sépare la conférence de fondation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en novembre 1978 et les événements connus sous le nom de massacre de Maras, lorsque les islamistes et les fascistes turcs (Loups gris) ont commencé une semaine de tueries qui a laissé plus de 100 Kurdes alevis assassiné et tant d’autres blessés.
 
C’est l’une des taches les plus brutales et sanglantes de l’histoire de la Turquie. Les atrocités qui ont eu lieu dans la ville turque de Maras entre le 19 et le 26 décembre 1978 ont laissé de profondes cicatrices à la communauté kurde-alévie, et sans que personne ne soit tenu pour responsable, la quête de justice se poursuit jusqu’à aujourd’hui.
 
Beaucoup ont affirmé qu’il existe un lien entre la montée des mouvements kurdes, alévis et révolutionnaires et le massacre planifié par l’État qui a eu lieu à Maras. Les cibles de ces assassinats étaient des Kurdes, des alévis et des révolutionnaires. Les données officielles font état de 111 personnes tuées, bien que d’autres avancent le nombre de 500 tués.
 
Des centaines de bâtiments ont été attaqués et incendiés pendant le massacre, notamment les bureaux de la Confédération des syndicats progressistes de Turquie (Disk), le bâtiment du syndicat enseignant et les bureaux du Parti républicain du peuple (CHP).
 
À l’époque, environ 80% de la population de Maras était kurde – alévie – le deuxième groupe de croyance en importance en Turquie. Socialement progressistes et attirés par la politique de gauche et révolutionnaire, ils étaient considérés comme une menace pour l’unité de la République turque et avaient défié les tentatives des autorités d’assimiler les groupes minoritaires, cherchant à maintenir leur culture, leurs croyances et leur mode de vie.
 
La discrimination contre les Alévis a été inscrite dans la constitution turque de 1925 qui les a empêchés de construire des lieu de culte alévis (Cemevi, littéralement « maison de cem »).
 
La province de Maras abritait autrefois une importante population arménienne qui a souffert pendant le génocide qui a eu lieu aux mains de l’empire ottoman entre 1915 et 1923. C’était un massacre orchestré par l’État qui a vu l’extermination systématique de 1,5 million d’Arméniens.
 
La ville de Zeitoun – maintenant connue sous le nom de Suleymanli – a offert une résistance farouche aux nombreuses tentatives des Ottomans de les placer sous le contrôle du gouvernement, qui comprenaient l’incendie de villages et le peuplement des environs avec des musulmans. Ils devaient être punis lors du nettoyage ethnique des Arméniens, dont beaucoup ont été tués et déportés.
Les Kurdes alévis ont une longue histoire de persécution en Turquie. Le contrecoup qui a suivi le soulèvement de Kocgiri en 1919-1921 a vu des centaines de Kurdes alévis tués et de nombreux autres forcés dans les montagnes. Le massacre de Dersim en 1938 a vu le bombardement et la tentative d’anéantissement de la population et quelques mois plus tard, le massacre d’une centaine Kurdes alévis dans les villages d’Erzincan.
 
Huit Kurdes alévis ont été tués et au moins 100 autres blessés lors du massacre de Malatya (une ville kurde de l’est de la Turquie) en avril 1978, période pendant laquelle des mosquées ont été utilisées par des nationalistes turcs pour encourager les attaques contre les alévis après l’assassinat du maire.
 
Ils ont réveillé le sentiment anti-alévi en proclamant: «Nous perdons notre religion. Ils mettent des bombes dans les mosquées.» Environ 20 000 personnes se sont rassemblées dans la ville pour attaquer les Alévis.
 
En septembre précédant le massacre de Maras, la ville de Sivas a vu des musulmans et des nationalistes turcs tuer 12 Alevis et 200 blessés avec des centaines de maisons et de bâtiments attaqués dans le quartier d’Alibaba.
 
De nombreux témoins et rescapés du massacre de Maras affirment qu’il a été planifié puis dissimulé par l’État. Des documents secrets ont révélé l’implication des services secrets turcs (MIT) – y compris un parent du dirigeant des Loups gris Alparslan Turkes – et il y a des allégations persistantes selon lesquelles la CIA a aidé à planifier le massacre, avec Alexander Peck, l’agent nommé dans les dossiers du gouvernement.
 
Quelque 804 personnes ont fait l’objet d’enquêtes pour leur rôle dans les massacres et ont reçu ce qui a été décrit comme des peines en grande partie symboliques, bien qu’elles aient été libérées en avril 1991. Les 68 personnes qui ont joué un rôle de premier plan dans le pogrom n’ont jamais été arrêtées ni enquêtées.
 
L’ancien maire de Maras Ahmet Uncu, qui a fait l’objet d’une enquête par les autorités, devait par la suite devenir député d’extrême droite et a été traité comme un témoin des événements plutôt que comme un auteur.
 
Le 26 décembre 1978, la loi martiale a été décrétées à Istanbul, Ankara, Adana, Kahramanmaras, Gaziantep, Elazig, Bingol, Erzurum, Erzincan, Kars, Malatya, Sivas et Urfa. C’est cette série d’événements qui a ouvert la porte au coup d’État militaire de 1980 au cours duquel des milliers de gauchistes, de révolutionnaires et de syndicalistes ont été emprisonnés, torturés et disparus.
 
Le massacre de Maras a commencé après qu’une bombe sonore a été lancée dans un cinéma fréquenté par la droite le 19 décembre. La responsabilité a été rapidement attribuée aux Alevis, «communistes et gauchistes», bien que l’on pense que l’appareil ait été planté par un agent de police provocateur pour déclencher la folie meurtrière.
La violence a empiré après que les enseignants de gauche Haci Colak et Mustafa Yuzbasioglu ont été assassinés sur le chemin du retour du travail le 21 décembre. Leurs funérailles ont été suivies par plus de 5 000 personnes, mais les nationalistes turcs et les extrémistes islamistes ont continué à attiser les tensions affirmant que «les communistes vont bombarder la mosquée et massacrer nos frères musulmans.»
 
Le président de la Fédération Alevi britannique (BAF) Israfil Erbil, qui n’avait que six ans au moment du massacre de Maras, a expliqué que les mosquées étaient utilisées pour attiser la haine des Alevis. 
«Des milliers de personnes sont venues à Maras en criant Allahu Akbar. Ces personnes étaient de la même communauté, beaucoup connaissaient leurs agresseurs.
 
Ils ont grandi en apprenant que les Alévis étaient des pécheurs et que si vous en tuiez un, vous étiez assuré de votre place au paradis.»
Il m’a dit que les événements de Maras étaient comme un génocide, rarement vu dans l’histoire. Les attaques étaient notables pour leur brutalité. Personne n’a été épargné du bain de sang avec les femmes enceintes, les personnes âgées et les enfants parmi les tués.
 
La photographie emblématique du massacre de Maras montre le chirurgien Alaittin Gultekin Yazicioglu tenant le bébé mort sorti du ventre d’Esma Suna qui a été abattue dans sa propre maison par des fondamentalistes islamistes.
 
Il connaissait sa famille qui venait d’une communauté agricole alévie et s’était installée à Maras depuis Elbistan. Son bébé a été tué lorsqu’une balle a touché sa moelle épinière et l’image de lui tenant son corps sans vie est devenue un symbole du pogrom.
 
«Quand j’ai sorti le bébé, avec une profonde tristesse dans mon cœur, je l’ai montré au journaliste de la salle d’opération. Je voulais montrer cette sauvagerie au monde entier – à tous les êtres humains», a-t-il expliqué.
 
Cela a effectivement mis fin à sa carrière à Maras. La plupart des membres du personnel médical de l’hôpital ont reçu des lettres de remerciement pour leurs efforts, mais à cause de la photo, Yazicioglu n’en a pas reçu. Il a été transféré dans une autre région de Turquie peu de temps après.
 
Erbil a détaillé la brutalité des atrocités, y compris une femme dont le bébé a été arraché de son ventre et cloué à un mur – le message était que personne n’était en sécurité et qu’ils étaient prêts à tuer les générations futures pour éliminer les Alevis.
 
Il a accusé les autorités de Maras d’avoir caché les tombes d’au moins 40 personnes tuées lors du massacre. L’une des principales demandes des BAF est de retrouver les corps afin qu’ils puissent être rendus à leurs proches (…).
 
«Les autorités refusent de nous dire où se trouvent les tombes parce qu’elles essaient de couvrir le nombre réel de personnes tuées ainsi que la façon dont elles ont été tuées.
 
Beaucoup ont été décapités. Des femmes ont été violées et des bâtons de bois ont été insérés dans leur vagin, des hommes ont également été violés», me dit-il.
 
«Un jeune garçon a été cloué sur un arbre par le front, comme la crucifixion de Jésus. Une femme de 80 ans a été violée puis enterrée la tête en bas dans un four à pain.»
 
Il a déclaré que lorsque des représentants de l’État sont arrivés dans la région après le massacre, ils ont trouvé des femmes nues et violées. Au lieu de les aider, les officiers ont déclaré: « Elles ne sont pas humaines, elles n’ont aucune honte. »
 
« C’était au-delà du massacre, c’était de la haine pure », a-t-il dit.
L’impact du massacre de Maras est encore profondément ressenti par la communauté alévie. Erbil a décrit le massacre comme un succès pour l’État alors que des milliers de personnes ont fui Maras, beaucoup vers d’autres régions de la Turquie mais aussi à l’étranger.
Sur les 300 000 qui sont arrivés en Grande-Bretagne depuis la Turquie, 80% sont des Alevis, me dit Erbil. Beaucoup ont des liens avec Maras, mais Erbil craint que ce qu’il appelle «l’histoire cachée» du massacre ne soit perdu pour les générations futures et beaucoup hésitent à raconter leur histoire.
 
Il m’a parlé d’un mari et d’une femme qui vivent à Londres et qui sont incapables de parler de ce qui leur est arrivé il y a 40 ans.
«Elle était enceinte et le bébé est né à la minute où ils ont été attaqués. Ils ont dû s’échapper alors elle a enveloppé le bébé dans une couverture et l’a retenu mais il pleurait.
 
Ils devaient partir et en silence pour que les assaillants n’entendent pas. Parce que le bébé pleurait, l’homme a mis le bébé dans une poubelle quelque part et a commencé à courir. Mais sa femme s’est retournée et a attrapé le bébé, puis ils ont couru.
 
Le garçon a 40 ans et ils vivent dans la même maison. Il lui est difficile d’y faire face.»
 
Le massacre de Maras est une tache sombre sur l’histoire de la Turquie qu’elle préfère cacher sous le tapis.
 
«On nous dit « oubliez ça ». Ne revenez pas dans notre ville grattez cet ulcère et le faire saigner à nouveau », explique Erbil en me disant qu’il était qualifié de terroriste pour être venu à Maras afin de commémorer les personnes tuées et pour continuer la lutte pour la justice.
 
Mais il prévient que le président autoritaire Recep Tayyip Erdogan utilise les mêmes méthodes qui ont conduit au massacre de Maras. Les mosquées manipulent l’opinion publique en sa faveur, notamment lors des élections.
 
Et Erbil explique qu’une nouvelle génération est élevée avec la même haine et la même méfiance envers les Kurdes et les Alevis.
 
«Je l’ai vu dans les yeux des officiers de police qui n’étaient pas nés à l’époque en disant « nous l’avons fait et nous le ferons à nouveau », nous avertissant d’être prudents.
 
Ce danger n’est pas passé. Des centaines de personnes nous ont attaqués la première fois que nous y sommes allés en 2010. Ils étaient jeunes, une nouvelle génération qui a de nouveau grandi avec cette idéologie. »
(…)
Pendant ce temps, la lutte pour la justice continue. Nous devons au peuple de Maras et à ceux qui luttent pour la paix et la démocratie en Turquie de veiller à ce que les histoires soient entendues et qu’elles ne soient pas oubliées.
 
Le régime d’Erdogan poursuit ses attaques brutales et l’oppression de tous les secteurs de la société turque, des journalistes aux universitaires en passant par les députés de l’opposition, les militants et les syndicalistes.
 
Il le fait avec le soutien politique et militaire du gouvernement britannique qui ne souhaite pas voir le développement des forces démocratiques en Turquie car cela menacerait ses intérêts impérialistes dans la région.
 
Alors que nous nous souvenons de ceux qui ont souffert et continuent de souffrir de l’impact du massacre de Maras, nous devons être solidaires de ceux qui luttent pour la paix et la démocratie aujourd’hui.
 
Steve Sweeney (version anglaise à lire ici)

L’Iran condamne à 9 ans de prison Kameel Ahmady, anthropologue britannique d’origine kurde

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L’Iran a condamné à 9 ans de prison Kameel Ahmady, anthropologue anglais d’origine kurde qui a mené des recherches sur le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines et d’autres sujets sensibles, pour «collaboration avec un gouvernement hostile».
 
Dimanche, la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Kameel Ahmady à neuf ans de prison et lui a ordonné de payer une amende de 727 000 dollars, a rapporté l’agence de presse semi-officielle Tasnim. L’avocat d’Ahmady, Amir Raesian, a tweeté  que son client avait été condamné pour «collaboration avec un gouvernement hostile», ajoutant qu’ils allaient faire appel de la condamnation. 
 
Selon une traduction du rapport Tasnim de l’Associated Press, Ahmady a été accusé de « coopération avec les ambassades européennes en faveur de la promotion de l’homosexualité, visite en Israël en tant que journaliste de la BBC, coopération et communication avec les médias étrangers et hostiles, infiltration visant la loi et l’envoi de faux rapports sur le pays au rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran. »
 
Les forces de sécurité iraniennes ont fait une descente au domicile d’Ahmady à Téhéran en août 2019, l’ont arrêté et ont saisi son certificat de naissance et d’autres documents, a déclaré son épouse à l’époque. Ahmady a été libéré sous caution en novembre 2019 après avoir été détenu pendant de longues périodes à l’isolement.
 
Ahmady, qui est d’origine kurde, est l’auteur de livres et d’articles sur les minorités ethniques, le mariage des enfants, les questions LGBT et d’autres sujets controversés au Moyen-Orient. Il a également beaucoup écrit sur la prévalence des mutilations génitales féminines en Iran.
 
Dans un autre événement samedi, l’Iran a pendu le journaliste dissident Ruhollah Zam, qui a été condamné à mort en juin après qu’un tribunal l’a reconnu coupable de «corruption sur terre». Zam, qui dirigeait un site d’information de l’opposition alors qu’il vivait en exil à Paris, aurait été capturé par les gardiens de la révolution iraniens en Irak en 2019 et emmené en Iran.
 
L’Union européenne a condamné son exécution dans une déclaration , ajoutant qu’il est «impératif que les autorités iraniennes respectent le droit à une procédure régulière des personnes accusées et cessent d’utiliser des aveux télévisés pour établir et promouvoir leur culpabilité».
 
La chef des droits de l’homme des Nations Unies, Michelle Bachelet, s’est déclarée «consternée» par l’exécution de Zam et a appelé l’Iran à «mettre immédiatement un terme à son utilisation alarmante et croissante de la peine de mort et de vagues accusations de sécurité nationale pour réprimer les voix indépendantes et la dissidence».
 
L’Iran détient un certain nombre de citoyens ayant la double nationalité et d’étrangers pour espionnage et autres accusations politiques, notamment les Irano-Américains Morad Tahbaz, Siamak et Baquer Namazi, et Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une association caritative anglo-iranienne. Kylie Moore-Gilbert, une universitaire anglo-australienne reconnue coupable d’espionnage, a été libérée lors d’un échange de prisonniers le mois dernier.
 
Lundi, l’administration Trump a sanctionné deux responsables des renseignements iraniens pour leur rôle présumé dans l’enlèvement, la détention et la mort probable de Robert Levinson, un agent du FBI à la retraite qui a disparu lors d’une mission non autorisée de la CIA en Iran en 2007. (Via al-Monitor)
 
Ahmady est né dans la ville kurde de Mahabad (ville de Rojhilat) et est un Kurde iranien qui a obtenu la nationalité britannique en 1994.

ROJAVA. Le plan turc pour faire ressusciter l’Empire ottoman

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SYRIE / ROJAVA – Un haut responsable arabe de l’administration du Rojava a déclaré que la politique colonialiste turque envers les Syriens et d’autres peuples – qu’il s’agisse de l’occupation du canton kurde d’Afrin jusqu’à l’envoie de mercenaires syriens en Libye ou en Haut Karabagh- avait pour objectif la résurrection de l’Empire ottoman.

Hamdan al-Abd, le vice-président du Conseil exécutif de l’administration autonome de la Syrie Nord et de l’Est, a parlé des violations commises par la Turquie dans les régions occupées du Rojava, et de ses ambitions en Syrie et au Moyen-Orient.

Évoquant le début de l’intervention turque dans la crise syrienne : « Deux semaines seulement après le début du mouvement en Syrie, la Turquie a ouvert ses portes à l’opposition syrienne, et à cette époque le dirigeant des Frères musulmans syriens, Mohamed Riyad Shaqfa, a tenu une conférence de presse sur son sol, dans laquelle il a annoncé le soutien de son groupe au mouvement de protestation syrien ».

« Erdogan, qui a ouvert les frontières turques pour accueillir les réfugiés syriens, et a construit au début des camps pour eux. il a pu par cette démarche obtenir un soutien financier, et a formé une carte de pression sur les pays de l’Union européenne afin d’obtenir l’adhésion à l’Union européenne ».

Voleur d’Alep

Al-Abd a indiqué que les factions armées ont pu, avec le soutien direct de la Turquie, contrôler de vastes zones géographiques des terres syriennes et s’affilier effectivement à l’État d’occupation, et que ces factions sont sorties de l’objectif national pour servir des programmes étrangers et professionnels.

Les régions de Raqqa, Deir ez-Zor, Hasakah, Alep et Idlib ont été le théâtre de pillages de récoltes, d’antiquités et de biens publics, en plus du pétrole syrien, et de leur vente à la Turquie.

Al-Abd a poursuivi : « Le plus grand bénéfice pour la Turquie a été le vol d’usines et de machines à Alep, et l’on sait que cette ville était la capitale économique de la Syrie, car les usines qui s’y trouvaient permettaient de subvenir aux besoins de la Syrie, en plus de les exporter à l’étranger ».

« Les mercenaires d’Erdogan continuent de voler des récoltes, des biens publics et privés, et les marchés européens, américains en témoignent après l’arrivée de l’huile d’olive africaine dans cette ville, et même les oliviers syriens ont été déracinés et transportés en Turquie ».

Adoption d’ISIS/DAECH

 « Après l’islamisation de l’opposition armée, la Turquie a ouvert ses aéroports et ses frontières aux terroristes de différents pays du monde pour combattre en Syrie, ce qui a permis le renforcement de DAECH ».

 « Les frontières turco-syriennes ont joué un rôle dans l’approvisionnement en armes de DAECH, l’expansion de son influence, le pillage du pétrole et d’une grande quantité d’antiquités et leur vente en Turquie, car elles étaient parmi les plus importantes sources de financement des mercenaires ».

Le prétendu calife

Al-Abd a affirmé que : « Erdogan a utilisé les combattants mercenaires de l’opposition dans les conflits étrangers de la Turquie comme carburant pour les guerres étrangères de la Turquie en Libye et en Azerbaïdjan en échange d’argent. Le Parti de la justice et du développement s’est appuyé sur les mercenaires syriens pour réaliser les ambitions ottomanes en Syrie, en Irak, en Égypte, en Tunisie et en Libye, et a délibérément nommé les factions armées avec des noms islamiques ».

Hamdan al-Abd a déclaré qu’Erdogan tente de faire croire au monde qu’il est le réformateur, le calife, le sauveur des musulmans et le sauveur de tout le Moyen-Orient.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme :  « La Turquie a recruté plus de 20 000 mercenaires, dont 18 000 dans les pays arabes et en Afrique du Nord, et plus de 2 500 en Azerbaïdjan. C’est Erdogan qui a apporté des malheurs dans ces régions, non seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. »

Al-Abd décrit Erdogan comme un briseur de serment, et a rappelé sa position et la tournure soudaine de l’ennemi, après qu’il ait signé des accords d’échange commercial qui ont rapporté des millions à l’État turc.

« Erdogan a fermé les frontières terrestres et maritimes aux groupes de réfugiés, et a imposé des visas aux Syriens pour entrer en Turquie dès qu’il a obtenu un soutien européen, et Erdogan a continué à brandir la carte de réfugié jusqu’à sa récente crise avec la Grèce au sujet de la Méditerranée ».

« Erdogan a violé l’accord de cessez-le-feu signé entre les Forces démocratiques syriennes et l’État d’occupation turc avec la garantie de la Russie, et sa tentative continue de contrôler la zone stratégique d’Ain Issa sous les yeux du garant est en application de sa carte qu’il a présentée aux Nations unies, qui prévoit de couper d’autres parties de la Syrie et de les annexer à Iskenderun, en plus de la turquification et du changement démographique de la région, comme cela s’est produit à Afrin et dans d’autres zones occupées ».

Hamdan al-Abd a confirmé qu’Erdogan voulait faire de la région d’Idlib et du nord de la Syrie une entrée dans ses plans, car il a retiré les points d’observation prévus par un accord avec la Russie vers Idlib parce qu’il souhaitait les préserver et contrôler la route internationale M4 de Kirkouk [en Irak] à Kassab sur la côte syrienne pour activer la ligne de route al-Harir.

 « Erdogan n’était pas seulement satisfait de la Syrie et de l’Irak, mais il a poursuivi son plan colonial et l’expansion ottomane vers la Libye, la Somalie, l’Azerbaïdjan et le Qatar parce qu’il voulait s’implanter dans toutes les régions ».

La peur de la politique à venir

Le vice-président du Conseil exécutif de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, Hamdan Al-Abd conclu :  « Erdogan s’empresse de mettre en œuvre de nombreux plans avant que Joe Biden, qui s’oppose à la politique du Parti de la justice et du développement, ne prenne la présidence des États-Unis, car Trump est l’ami d’Erdogan ».

« C’est une période difficile pour la Turquie, Erdogan est en difficulté, car son parti connaît de nombreuses scissions, comme celle de Baba Jan et Ahmet Davutoglu, et il y a un effondrement de l’économie turque, après que l’OTAN ait imposé des sanctions à l’État turc bien qu’il soit membre de cette Alliance en raison de son achat à la Russie pour le système de missiles S 400 ».

ANHA

« Pourquoi le Premier ministre du Kurdistan irakien devrait démissionner? »

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Alors que la région autonome kurde d’Irak s’enfonce toujours plus dans la pauvreté et la violence tandis que la classe dirigeante corrompue est décriée par le peuple, que la Turquie profite de la situation pour renforcer sa présence militaire dans la région, l’analyste américain, Michael Rubin appelle le Premier ministre du Kurdistan irakien, Masrour Barzani a démissionner de son poste et dénonce la corruption généralisée au sein de l’appareil politique kurde d’Irak où la liberté d’expression et de la presse n’est plus protégée.   
 
Voici l’analyse de Michael Rubin: 
 
Les Kurdes se sont autrefois surnommés « l’autre Irak », une région où la démocratie et la sécurité ont prospéré, mais aujourd’hui le Kurdistan irakien est en feu. Les forces de sécurité abattent les manifestants, les civils kurdes leur rendent la pareille et les manifestants brûlent les drapeaux des partis politiques et même des photos du fondateur du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Mulla Mustafa Barzani.
 
Le Kurdistan irakien comme l’autre Irak a toujours été un mensonge : la région était un fief pour deux familles dirigeantes – les Barzanis et les Talibanis – qui, en pratique, se tenaient au-dessus de la loi. Alors que les Irakiens ont destitué le président sortant à Bagdad, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) Masoud Barzani – jusqu’à il y a dix-huit mois, le président de la région, a longtemps cherché à contourner les limites des mandats en prolongeant simplement la durée de son dernier mandat. La sécurité était également précaire, reposant moins sur la compétence du Parastin, l’agence de sécurité du PDK dirigée depuis longtemps par Masrour, le fils aîné de Barzani, que sur la capacité du PDK à canaliser les ressources, en particulier les richesses pétrolières de la région, dans un schéma pyramidal de corruption. Pour dire les choses simplement, les Barzanis avaient peu d’amis qu’ils ne payaient pas.
 
Les Kurdes sont maintenant en rébellion ouverte. Masoud a transmis les rênes du pouvoir à son fils Masrour moins en raison de la compétence de ce dernier que parce qu’il était le fils aîné. Si la violence signalée a été plus importante jusqu’à présent à Sulaymanî, c’est moins parce que les griefs sont plus importants du côté de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) du Kurdistan irakien – ils sont plus ou moins les mêmes – et plus parce que Soulaïmani a une plus grande tradition de protestation et une direction qui la tolère un peu plus. A Erbil et dans les parties du Kurdistan sur lesquelles les Barzanis maintiennent un contrôle dictatorial, des équipements militaires donnés par l’Occident pour combattre l’Etat islamique mais jamais utilisés à cette fin sont maintenant déployés contre la population civile.
 
Le vrai problème, cependant, reste la prise de décision de Masrour. Alors qu’il reproche à son prédécesseur, son cousin et actuel président Nechirvan Barzani, la situation désastreuse d’Erbil, le gouvernement de Nechirvan a toujours été plus compétent, même au milieu de diverses crises financières. Lorsque Masrour a pris le pouvoir, il n’a pas recherché la compétence, mais une loyauté aveugle. C’est ainsi qu’il a effectivement créé un gouvernement Parastin, transportant des fonctionnaires de longue date de Parastin à des postes politiques. Là, leur tâche principale semblait être d’assurer la loyauté envers Masrour et ses intérêts commerciaux plutôt que de travailler au développement et à la prospérité du Kurdistan.
 
Prenons, par exemple, le ministre de l’Intérieur, M. Ahmed. Il a été, pendant sept ans, un membre actif du Parastin et, avant cela, a travaillé plusieurs années supplémentaires en partenariat avec celui-ci. Dans son rôle actuel, il envoie les forces de police à l’étranger et les déploie avant tout contre toute personne jugée anti-Barzani plutôt que contre ceux qui enfreignent la loi ou commettent des crimes.
 
Ensuite, il y a le ministre de la santé Saman Hussein Muhammad (Saman Barzinj). Il contrôle tous les hôpitaux, tant publics que privés, et contrôle la distribution des fournitures médicales. J’avais déjà fait état d’une manoeuvre poursuivie sous sa surveillance (et avec l’aide du fils de Nechirvan, Idris) pour transformer un hôpital de bienfaisance en une clinique privée à but lucratif. Pendant la crise du coronavirus, les Kurdes rapportent qu’il a presque exclusivement attribué des contrats de fournitures médicales à des prix très élevés à des entreprises appartenant au Parastin par l’intermédiaire d’hommes d’affaires du Parastin. Le résultat net a été un profit inattendu pour le cercle intérieur du Parastin au détriment de la santé et du bien-être des Kurdes ordinaires.
 
Le Parastin a longtemps considéré Alan Hama Saeed Salih, que Masrour a nommé ministre de l’éducation, comme un allié de confiance. Alors qu’il résidait à Sulaymani, il a travaillé comme agent du PDK, à une époque où les branches locales du PDK étaient surtout connues pour leurs tirs à balles réelles sur les manifestants. Alors que le ministre était un universitaire inachevé, Masrour cherche apparemment à utiliser Alan pour mettre en place un programme de lavage de cerveau destiné à fidéliser une jeune génération au PDK et à son histoire. Cela est bien sûr irréaliste – à l’ère des médias sociaux et avec tant de membres de la famille kurde vivant à l’étranger et rendant compte de la réalité de la situation à distance, il est impossible de façonner ainsi la nouvelle génération – mais le fait que Masrour et Alan tentent de le faire illustre simplement la bulle de fantaisie et d’ambition dans laquelle Masrour s’est enfermé.
 
Masrour a également utilisé Pshtiwan Sadq Abdullah, le ministre des dotations religieuses [Awqaf] et des affaires, afin de contrôler l’opposition religieuse pour mettre un frein à la corruption. Pshtiwan est un ancien membre du Politburo du PDK et, selon les habitants de sa ville natale d’Erbil, également un Parastin de haut rang.
 
Le ministre des municipalités, Sasan Othman Awni, vient d’un pedigree similaire ; entre 2005 et 2009, il a été le directeur du Parastin, même si Masrour était en réalité le responsable. Il fait partie des alliés les plus fiables de Masrour en matière de services de sécurité et utilise aujourd’hui son poste pour superviser la distribution des terres du gouvernement régional du Kurdistan à Masrour, ses agents financiers et ses alliés afin de permettre à Masrour et au Parastin de profiter de leur développement et de leur vente à un moment où le gouvernement de Masrour ne paie pas les salaires de la plupart des employés de la fonction publique.
 
Les Kurdes rapportent également que le principal mérite d’Umed Sabah Othman, le président du Diwan du Conseil des ministres (en gros, le chef du personnel de Masrour) est d’assurer l’opacité sur les transactions politiques et financières de Masrour à un moment où les pénuries rendent le besoin de transparence encore plus important. Mohammed Shukhri, le chef du conseil d’investissement du gouvernement régional du Kurdistan, est également fermement ancré dans le cercle intérieur du Parastin de Masrour, car il brouille les lignes entre le gouvernement, le parti et les avoirs personnels, et canalise la plupart des investissements, sinon vers Masrour lui-même, du moins vers le Parastin et ses intérêts commerciaux.
 
Masrour apprécie peut-être le service du Parastin, mais il ne doit pas confondre la loyauté que ses proches collaborateurs lui ont témoignée avec la compétence. Le problème fondamental du gouvernement de Masrour n’est pas ce qui l’a poussé à agir, mais plutôt la corruption et l’incompétence. Les douanes et les taxes foncières ont augmenté dans certains cas jusqu’à 300 %. Les Kurdes reconnaissent qu’ils paient des taux plus élevés que la Suisse alors que Masrour fournit les services de la Somalie. En d’autres termes, Erbil est devenue une ville de restaurants du premier monde et d’hôpitaux du tiers monde.
 
Le fait que le Kurdistan soit en feu ne devrait pas surprendre Masrour. Il peut croire que la force brute peut étouffer les flammes, mais il ne doit pas se faire d’illusion sur le fait qu’il ne peut pas éteindre les braises, car elles existent non pas à cause de la liberté mais plutôt à cause de la corruption endémique et de l’exaspération face à une mauvaise gestion croissante. Les Kurdes méritent la démocratie ; le capital humain de la région est vraiment étonnant et n’est limité que par l’appareil de parti existant mais, de manière réaliste, les Barzanis n’ont aucun intérêt à poursuivre la démocratie car cela signifierait la fin de leur pouvoir. Ils pourraient toutefois y être confrontés à terme s’ils estiment que le statu quo est tenable. Si l’ancien président et chef de tribu Masoud veut vraiment que son parti et son expérience survivent, il devrait reconnaître qu’il est temps de prendre sa retraite ou de rétrograder son fils aîné et peut-être de rendre les rênes du pouvoir, au moins à titre provisoire, à son neveu Nechirvan. Nechirvan a peut-être, comme son cousin Masrour, toléré la corruption et participé à des programmes d’enrichissement personnel, mais contrairement à Masrour, Nechirvan a reconnu que pour gagner le respect, il ne pouvait tout simplement pas compter sur la peur et aussi qu’il ne pouvait y avoir de paix sans service aux électeurs. Pour le bien de tous les Kurdes et l’honneur de la famille Barzani, il est temps que Masrour démissionne. (Michael Rubin)

L’Allemagne veut expulser un Kurde vers l’Iran où il risque la peine de mort

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ALLEMAGNE – Le réfugié kurde originaire du Rojhilat, Ebrahim Abdi Jenekanlo a demandé l’asile en Allemagne après avoir fuit la répression de l’État iranien. Ebrahim, dont la demande a été rejetée, a été envoyé à la prison pour être expulsé vers l’Iran d’ici 10 jours alors qu’il risque l’exécution. 
 
Un des frères d’Ebrahim est en prison en Iran depuis 26 ans. Son autre frère a été libéré après avoir été paralysé sous la torture. Sa mère a également été torturée en prison et est décédée une fois libérée.
 
Un de ses proches, qui a informé le journal Yeni Ozgur Politika, a déclaré: « Si Ebrahim est renvoyé, il sera exécuté » et a exigé que sa déportation soit annulée. Son avocat, Necdal Gear, a demandé au tribunal d’arrêter l’expulsion. Cependant, le Service fédéral allemand de l’immigration (BAMF) souhaite expulser Ebrahim avant la décision du tribunal. 

L’avocat Yûnis Behram a également partagé la crainte que la déportation d’Ebrahim n’entraîne une exécution. Faisant savoir qu’ils ont soumis une pétition au groupe des Verts à l’Assemblée fédérale, l’avocat Behram a déclaré qu’ils rencontreraient le porte-parole de la politique étrangère du parti, Omid Nouripour, et tenteraient de porter la question à l’ordre du jour du parlement.
 

KURDISTAN. Bruits de bottes turques sur le front kurde

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KURDISTAN – Depuis le déclenchement des manifestations anti-gouvernementales dans la région autonome kurde d’Irak début décembre, le parti politique kurde KDP qui partage le pouvoir avec son allié UPK s’en prend à la guérilla kurde et aux forces kurdes de Syrie au profit de la Turquie qui se frotte les mains pour attaquer le Rojava et renforcer sa présence au Kurdistan irakien. Une situation qui enrage le peuple kurde qui n’en peut plus de voir ses partis rivaux faire le jeu de ses ennemis et qui menace l’existence même des Kurdes.
 
Chercher des ennemis imaginaires au lieu de répondre aux besoins du peuple
 
Au cours de l’année 2020, le Gouvernement Régional Kurde (GRK / KRG) a eu du mal à payer les travailleurs du secteur public, ne payant pas plusieurs mois de salaires et en réduisant les autres de près d’un quart. Les désaccords budgétaires entre Erbil et Bagdad, le chômage élevé des jeunes et la crise économique causée par la pandémie du coronavirus ont exacerbé la situation, poussant encore plus dans la pauvreté de nombreuses familles de la région du Kurdistan. A ces difficultés, il a fallu ajouter les accusations de corruption touchant la classe politique kurde depuis trop longtemps. C’est pourquoi, début décembre, dans de nombreuses localités de la province de Slimani (Suleymaniyah) des fonctionnaires et des jeunes sont descendus en masse dans la rue exigeant la démission du gouvernement et le paiement des salaires impayés. 
 
Les autorités kurdes ont préféré envoyer les forces de sécurités écraser les manifestations violemment et accuser le PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan) d’avoir poussé la population à manifester. Près d’une dizaines de personnes ont été tuées lors des manifestations anti-gouvernementales, de nombreux journalistes arrêtés, en plus des politiciens d’opposition. 
 
S’en prendre au PKK et aux forces kurdes du Rojava pour le compte de la Turquie
 
Le mardi 15 décembre, le commandant général des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi a condamné l’attaque armée des forces du PDK visant deux véhicules transportant des combattants du PKK près de Duhok le 13 décembre, demandant que les différends inter-kurdes soient résolus par le dialogue pour protéger les acquis kurdes. Il a également condamné les attaques visant les bureaux du Conseil national des Kurdes syriens (ENKS) à Qamişlo et Dirbesiyê qui ont eu lieu le 14 décembre.
 
En réponse à la condamnation de Mazloum Abdi, le vice-ministre des Peshmergas, Seebest Lezgin, a prétendu ce matin que des combattants kurdes des YPG avaient tenté d’infiltrer la base des Peshmergas à Amediye, au Kurdistan du Sud. Une annonce qui a provoqué la colère générale chez les Kurdes tandis que les responsables turcs étaient aux anges, le
 
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a accusé aujourd’hui le PKK d’être l’ennemi des Kurdes avant n’importe qui d’autres lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Fuad Hussein qui est également un politicien kurde du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) qui était en visite en Turquie.
 
En parallèle à ces déclarations, Masrour Barzanî, Premier ministre de la région du Kurdistan d’Irak, a également publié un communiqué condamnant la prétendue attaque des YPG contre des peshmergas à Amediye. 
 
Un feu vert donné à la Turquie pour attaquer le Rojava
 
Ces déclarations des dirigeants kurdes du Kurdistan du Sud sont interprétées comme étant un soutien ouvert à la Turquie qui veut envahir tout le Rojava, mais aussi pour qu’elle renforce sa présence militaire dans le Kurdistan irakien. Des développements militaires qui auront des conséquences dramatiques pour tous les Kurdes, que ce soit au Rojava, au Bashur, dans la région yézidie de Shengal ou dans les deux autres parties du Kurdistan. En effet, chaque fois qu’une partie du Kurdistan est attaquée, c’est tout le Kurdistan qui est secoué et l’espoir de voir les Kurdes avoir une autonomie même régionale qui s’éloigne toujours d’avantage.  
 
 
 

SYRIE. Les Kurdes ont-ils perdu le contrôle du camp djihadiste al-Hol?

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SYRIE / ROJAVA – « Les forces kurdes ont définitivement perdu le contrôle sur le plus vaste camp de femmes et enfants issus du groupe Etat islamique. Pas une zone de non-droit, mais la loi de Daesh. »

Le journal belge, Le Soir tire la sonnette d’alarme concernant le camp d’al-Hol abritant des dizaines de milliers de membres de l’État islamique – dont de nombreux ressortissants européens qui restent fidèles à l’idéologie terroriste et qui préparent leur enfants à prendre le flambeau du terrorisme islamiste. Une bombe à retardement que l’Occident a mis entre les mains des Kurdes syriens, comme s’ils n’avaient pas déjà assez de menaces pesant contre eux… (Article à lire ici)
 
Une pépinière de jihadistes qui croît sous le regard silencieux de l’Occident
 
Le camp al-Hole, où des dizaines de milliers de femmes et d’enfants étrangers, dont de nombreux européens, liés au groupe État Islamique (EI) sont détenus, est sous la responsabilité de la communauté internationale. Pourtant, il n’y a aucune politique commune mise en place pour ces femmes et enfants devenus un vrai casse-tête pour l’alliance arabo-kurde dirigeant le Rojava.
 
En plus des menaces de sécurité que ce camp représente pour la région du fait qu’il soit devenu une pépinière pour de futurs jihadistes élevés à l’idéologie terroriste de l’EI, ce camp est également un lieu de non-droit pour des milliers d’enfants et de femmes abusés, torturés, par les femmes de DAECH qui commettent également des meurtres.
 
Un activiste kurde syrien rapportait récemment que certaines femmes étrangères « épousaient » des adolescents âgés de 13 à 16 ans pour une reproduction continue qui, selon elles, serait la future génération de l’ « État islamique ». Cet activiste rappellait également que la plupart de ces femmes essayaient désespérément d’entrer clandestinement en Turquie et, finalement, retourner dans leur pays d’origine.
 
Le camp al-Hol, le Guantanamo européen
 
Le camp d’al-Hol (que certains qualifient de « Guantanamo européen ») abritant plus de 70 000 femmes et enfants de l’Etat islamique (EI / DAECH) est situé dans le nord-est de la Syrie. Ce camp est l’un des camps les plus dangereux au monde où chaque mois des informations font état de meurtres violents de résidents du camp « punis » par des femmes défenseurs de l’idéologie de DAECH. Un camp devenu un terreau fertile pour le terrorisme islamiste alors que les Kurdes syriens alertent l’Occident depuis longtemps de ce danger menaçant le monde.
 
Le camp est situé dans le gouvernorat d’Hassaké, dont la sécurité est assurée par les forces de sécurité intérieure « Asayish », ainsi que par des combattants des FDS et des Forces d’autodéfense, qui ont libéré les derniers bastions de l’Etat islamique en 2019.
 
Une idéologie terroriste qui se porte à merveille
 
Les habitants du camp vivent conformément à la loi islamique, malgré toutes les tentatives des Forces de sécurité intérieure et des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour limiter la propagation de l’idéologie de l’Etat islamique.
 
Bien sûr, les agents de sécurité déploient de grands efforts pour contenir cette « poudrière », un camp où vivent des milliers de partisans ardents de l’Etat islamique. Malgré cela, les membres de l’EI brûlent régulièrement les tentes de ceux soupçonnés de « trahir » l’idéologie de l’EI. Elles n’hésitent pas à tuer ces « traitres », avec des dizaines de meurtres commis au sein du camp.
 
De nombreuses femmes restent fidèles à l’idéologie de l’Etat islamique et n’ont pas l’intention de changer leurs croyances. Cependant, tous les femmes du camp ne peuvent pas être qualifiés de terroristes, dont certaines étant venues en Syrie avec leur mari pour le bien de leurs enfants.
 
Les pays européens ignorent le sort de leurs ressortissants détenus à al-Hol
 
Malgré les nombreux rapports faisant état du danger que représente ce camp et la situation déplorable de ses résidents, notamment des enfants, les pays étrangers ne se pressent pas pour rapatrier leurs ressortissants, ni pour créer un tribunal international afin de juger les membres emprisonnés de l’Etat islamique pour des crimes qu’ils ont commis en Syrie et en Irak, dont le génocide des Yézidis à Shengal en août 2014.