« Les Kurdes de Syrie manquent cruellement de vrais amis »

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SYRIE / ROJAVA – « La Russie et la Turquie tiennent entre leurs mains le sort de la ville stratégiquement importante du nord de la Syrie, Ain Issa, théoriquement contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes, mais supervisée par les Russes. Face à une éventuelle attaque des forces soutenues par la Turquie sous la forme de l’Armée syrienne libre (ASL / FSA) en raison d’une autoroute [M4) importante à proximité, les Kurdes ont demandé l’aide des Russes. Au lieu de cela, Moscou veut que les Kurdes remettent la ville à l’armée syrienne de Bashar Assad. Le résultat inévitable sera que les Kurdes seront trahis par des parties étrangères dans la guerre civile syrienne pour la deuxième fois en deux ans. Aussi tragique que cela soit, cependant, ce qui est plus important géostratégiquement, c’est la façon dont ce jeu d’échecs meurtrier illustre la relation compliquée entre Moscou et Ankara – parfois adversaires, d’autres fois partenaires. » (Extrait d’un long article écrit par Nikola Mikovic pour le site Arabnews)
 
Concernant le drame des Kurdes du Rojava ou d’autres parties du Kurdistan, on peut dire que les années passent et se ressemblent en drames en tout genre. En effet, cela fait un siècle que les Kurdes sont condamnés à vivre sous le jougs des Etats colonialistes turc, perse, arabe qui occupent le Kurdistan où ils sèment la terreur, tuent, chassent les Kurdes de leurs terres dans le but de changer la démographie du Kurdistan. Ils pillent et détruisent la nature et les richesses naturelles des Kurdes… Tout cela, sous le regard complice de la communauté internationale.
 
Certains vont nous rétorquer que les Kurdes résistent, au Rojava notamment. Mais à quel prix et surtout, comment vont-ils finir ? Rappelez-vous Afrin en 2018, Serekaniyê en 2019? Ce n’est pas parce que les Kurdes ont cessé de résister que ces villes du Rojava ont été envahies par la Turquie mais parce que la Russie et les Etats-Unis ont donné carte blanche à la Turquie, membre de l’OTAN, qui a utilisé ses avions et chars pour massacrer les populations civiles d’Afrin et Serekaniye, obligeant les forces kurdes à quitter ces régions.
 
Aujourd’hui, après l’invasion d’Afrin et de Serekaniyê par la Turquie, on assiste aux attaques quotidiennes des forces turco-jihadistes visant la ville d’Ain Issa et de l’autoroute M4 qui relie la région à Alep. L’invasion de la région semble imminente, malgré le courage des Kurdes et leurs alliés arabes. En effet, que peuvent-ils faire face aux avions et chars turcs? Implorer les puissances internationales pour qu’ils empêchent un nouveau carnage? Rien n’est moins sûr. Aux yeux de la Russie et des Etats-Unis, la vie des Kurdes n’a aucune valeur. Ils sont prêts a sacrifier les Kurdes et nous prier de nous habituer aux massacres et trahison des Kurdes par l’Occident et la Russie, comme on le fait depuis un siècle déjà. 

BAKÛR. 6 militantes kurdes commémorées à Silopi

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TURQUIE / BAKUR – Le Mouvement des femmes libres et l’assemblée des femmes du HDP ont rendu hommage aux six militantes kurdes assassinées à Paris en 2013 et à Silopi en 2016.
 
Le Mouvement des femmes libres (TJA-Tevgera Jinên Azad) et le Conseil des femmes du HDP (Parti démocratique des peuples) ont commémoré les membres du Mouvement des femmes kurdes Fatma Uyar, Sêvê Demir et Pakize Nayır, assassinées lors du siège militaire du district de Silopi à Şırnak en 2016, et Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez qui ont été assassinées à Paris, en 2013.
 
Les familles de 6 militantes kurdes assassinées à Paris et Silopi, les députés HDP Şırnak Nuran İmir et Hasan Özgüneş, les militantes de la TJA, les Mères de la paix et d’autres personnes ont assisté à la commémoration.
 
Après une minute de silence, la députée du HDP Nuran İmir et la mère de Sêvê Demir, Sakine Demir, ont parlé au nom des familles des trois femmes tuées.
 
Demir a déclaré: « Je condamne les massacres de femmes en la personne de trois femmes tuées. Quoi qu’il arrive aujourd’hui, les mères versent des larmes. Encore une fois, les mères deviennent des victimes. Je crois que si les mères se donnent la main, ce sang et ces larmes cesseraient. Les mères devraient se lever et dire assez à ces massacres. Il y a tellement de lutte, je crois que la paix et la beauté viendront dans ce pays. La paix sera rétablie très bientôt. Je condamne aussi l’arrestation de Leyla Güven. (…) »
 
La députée İmir a déclaré qu’ils avaient traversé un processus historique et perdu de nombreuses personnes, sans compter que ceux qui avaient perdu la vie avaient ouvert une nouvelle voie à la lutte. İmir a poursuivi: « Ceux qui étaient au pouvoir ont assassiné 6 de nos camarades. Le pouvoir qui cible les femmes en lutte a tué beaucoup de nos amis également. (…) »
 
En déclarant qu’ils lutteront et protégeront l’héritage laissé par les femmes, İmir a souligné qu’elles devraient être unies à cette fin: « Nous participons à des activités avec ces femmes depuis longtemps. Nous ne pouvons récupérer ces femmes qu’en combattant. Notre devoir est de protéger nos droits contre cela. Nous devons lutter ensemble contre le fascisme. Nous continuerons l’héritage de lutte laissé par nos martyres. Encore une fois, nous le promettons ici. Notre réponse à cela est de ne pas reculer. Que personne ne demande pourquoi nous avons payé un prix si élevé, nous avons payé ce prix pour un pays libre. »
 
La commémoration s’est terminée par la chanson composée par la mère Demir pour sa fille Sêvê Demir et une projection d’images.
 
2013: Les meurtres de Paris
 
Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez ont été abattues au centre d’information du Kurdistan le 9 janvier 2013 pour le compte du service de renseignement turc MIT. Sakine Cansız était cofondatrice du PKK et était considérée comme une «légende vivante» de la lutte de libération des femmes kurdes. Fidan Doğan était une représentante de longue date du KNK (Congrès national du Kurdistan) à Paris, et Leyla Şaylemez était une militante du mouvement de la jeunesse kurde. L’auteur, Ömer Güney, un tueur à gages pour le compte des renseignements turques (MIT), est décédé d’une tumeur au cerveau dans un hôpital parisien avant le début du procès.
 
2016: Exécutées pendant le couvre-feu
 
En décembre 2015, un couvre-feu a été imposé dans le district de Silopi dans la province de Şırnak. Le 4 janvier 2016, Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar ont été assassinées par les forces de sécurité turques. Cela a été suivi d’un siège militaire dans d’autres villes kurdes, notamment Nusaybin et Amed (Diyarbakir), qui a duré plusieurs mois et a entraîné la mort de centaines de civils kurdes.
 

JOURNALISME. 79 journalistes arrêtés, 24 journalistes emprisonnés en Turquie en 2020

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TURQUIE / BAKUR – Selon les données recueillies par une association de journalistes, en 2020, 79 journalistes [majoritairement des kurdes] ont été arrêtés en Turquie et 24 d’entre eux ont été emprisonnés.
 
L’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG) a publié son rapport sur les violations visant les journalistes en 2020 lors d’une conférence de presse au siège de l’association à Amed (Diyarbakır). Selon le rapport, 79 journalistes ont été détenus, 24 journalistes ont été emprisonnés, 19 journalistes ont été agressés et 1960 articles de presse ont été censurés en 2020.
 
Les journalistes kurdes victimes d’une répression féroce
 
La co-présidente de la DFG, Dicle Müftüoğlu a déclaré que les journalistes kurdes méritaient un titre distinct et a poursuivi: « En Turquie, la presse kurde a de graves difficultés dans le domaine des médias comme dans tous les domaines et la répression contre les journalistes kurdes s’est intensifiée. Les journalistes kurdes font face à de nombreux obstacles dans les domaines où ils travaillent, comme dans l’exemple de l’emprisonnement de nos 5 amis journalistes à Van. »

Müftüoğlu a noté que la liberté de la presse en Turquie était particulièrement menacée du fait du nombre record de journalistes emprisonnés à l’échelle mondiale. Faisant référence au fait que les journalistes luttaient non seulement contre les arrestations, mais aussi contre les détentions, les enquêtes et les poursuites en 2020, Müftüoğlu a déclaré: « Nous ne pouvons pas dire que les journalistes qui ne sont pas emprisonnés peuvent pleinement jouir de leur liberté. Les travailleurs de la presse ont été menacés d’emprisonnement à tout moment. Les journalistes passaient leur temps à attendre dans les couloirs des palais de justice ou à faire des déclarations sur les nouvelles qu’ils avaient faites. (…) »
 
79 détentions, 24 emprisonnements, 19 attaques visant des journalistes
 
Selon les données de DFG, voici les violations des droits des journalistes en 2020:
* Journalistes détenus: 79
* Journalistes emprisonnés: 24
* Journalistes attaqués: 19
* Maltraitance, menace et pressions pour devenir agent de la police: 17
* Journalistes empêchés d’exercer son métier: 12 incidents
* Journalistes sous enquête: 54
* Journalistes poursuivis: 53
* Journalistes condamnés: 43
* Journalistes dont le procès se poursuit: 231 dossiers, 539 journalistes
* Les journaux censurés: 8
* Amendes de l’autorité audiovisuelle (RTÜK): 43
* Blocage Internet: 1960 articles de presse, 145 sites Web
* Journalistes licenciés: 6
* Le nombre de journalistes arrêtés (au 04 janvier 2021): 91
 

Il y a 5 ans, les forces turques ont abattu 3 militantes kurdes à Silopi

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TURQUIE / BAKUR – Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar, 3 militantes kurdes ont été tuées par les forces armées turques lors d’un couvre-feu, le 5 janvier 2016 à Silopi, district de Sirnak. Cinq ans après, alors que leurs assassins sont toujours en liberté, nous nous inclinons devant la mémoire de ces 3 héroïnes de la liberté.
 
« Aujourd’hui, 4 janvier, nous voulons nous souvenir des trois militantes et politiciennes kurdes Sêve Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar, qui ont consacré leur vie à la lutte pour la libération des femmes, selon la devise: « Vous n’obtenez pas la liberté, prenez-la ».
 
À ce jour, les femmes sont systématiquement et délibérément ciblées par l’État turc. Avec sa politique misogyne, le gouvernement AKP cible principalement les femmes organisées qui s’opposent et s’organisent contre le système nationaliste et fasciste turc basé sur le capitalisme, l’État-nation et le patriarcat.
 
Nous l’observons dans les attaques en cours contre les femmes en Turquie, où des centaines de femmes militantes politiques, politiciennes et journalistes sont emprisonnées, comme la politicienne kurde Leyla Güven, qui a été condamnée à 22 ans et trois mois. Dans les prisons turques, les droits des femmes sont massivement violés, les femmes sont soumises à un harcèlement croissant, il y a des fouilles dans les cellules où tous leurs effets personnels tels que leurs souvenirs, journaux, poèmes, etc. sont confisqués, et elles sont soumises à l’isolement avec le monde extérieur en raison à la restriction de la communication ainsi que des interactions sociales.
 
Nous le voyons dans la poursuite de la politique féminicide de la Turquie, coupable du meurtre ciblé et systématique de plus de 100 femmes, comme le montre la campagne actuelle «100 raisons de poursuivre Erdogan».
 
Et la violence ne connaît pas de frontières. Avec sa politique impérialiste, l’État turc continue sa violence et son occupation dans le nord de la Syrie contre la révolution des femmes. Dans les régions d’Afrin, Serekaniye et Gire Spi occupées par la Turquie, les femmes en particulier sont soumises à des violences quotidiennes telles que des abus, des enlèvements, des tortures, des viols et même des meurtres, des violences aux mains des forces d’occupation soutenues par la Turquie rappelant les méthodes de l’Etat islamique.
 
Il y a cinq ans aujourd’hui, le 4 janvier 2016, les trois militantes et politiciennes kurdes Sêve Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar ont été prises pour cibles assassinées par les forces de sécurité turques à Silopi. Sêve Demir du DBP (Parti des régions démocratiques), Fatma Uyar du KJK (Congrès des femmes libres) et Pakize Nayir (présidente de l’Assemblée populaire de Silopi) voulaient passer du quartier Karsiyaka au quartier Yesilyurt pour aider activement la population civile là-bas. Un char turc les a ciblés et elles ont attendu pendant des heures qu’une ambulance les récupère. L’ambulance n’est pas venue et elles sont mortes des suites de leurs graves blessures.
 
En mémoire d’elles et de toutes les autres femmes qui ont donné leur vie dans la lutte contre le fascisme et pour la libération des femmes, nous continuerons notre lutte. »
 
Hommage rendu par le collectif Women defend Rojava

Les Kurdes demandent justice 8 ans après le meurtre de 3 militantes kurdes à Paris

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PARIS – Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez, trois militantes kurdes ont été assassinées par balle à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé de doigt les services secrets turcs et Omer Guney, le présumé assassin, arrêté. Mais la justice française a laissé traîné l’affaire. Depuis, le seul accusé arrêté dans ce triple meurtre est mort en prison. Suite à quoi, en mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre. Depuis, c’est silence radio au niveau de la justice française. Mais les Kurdes ne baissent pas les bras et redescendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de ce triple meurtre.
Le mouvement des femmes kurdes en France appelle à manifester
 
A l’occasion du 8e anniversaire du massacre de Paris, les Kurdes d’Europe et leurs amis préparent des actions dans différentes villes. La militante du mouvement des femmes Kurdes en France (TJK-F), Nupel Munzur a appelé à participer aux actions prévues les 6 et 9 janvier.
 
Des femmes kurdes organiseront des manifestations les 6 et 9 janvier à Paris, où le massacre a eu lieu. S’exprimant au nom du TJK-F, la militante Nupel Munzur a appelé à une forte participation aux manifestations qui se dérouleront dans toute l’Europe, en particulier à Paris.
 
La marche du 9 janvier débutera à 14h, à la Gare du Nord, et se terminera sur la place de la République.
 
 
Retour sur un assassinat politique visant des militantes kurdes en Europe
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris.
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. (Une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.)

Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Une nouvelle enquête relancée autour du rôle des services secrets turcs
 
En mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre.
 
Un juge antiterroriste a été chargé en mai 2019 pour reprendre l’enquête sur l’assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d’approfondir la thèse de l’implication des services secrets turcs (MIT).

Féminicide. Les femmes ont rendu hommage à Yasemin Çetindağ

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STRASBOURG – Le samedi 2 janvier, des centaines de femmes ont rendu hommage à Yasemin Çetindağ, une jeune Kurdes tuée par son ex compagnon devant ses 4 enfants le 23 décembre dernier.
 
Hier, malgré le froid et les mesures anti-Covid, plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Strasbourg à l’appel des organisations de femmes pour dénoncer les féminicides et rendre hommage à Yasemin Çetindağ, une jeune femme d’origine kurde tuée par son ex-compagnon en présence de leurs 4 enfants.
 
La sœur de Yasemin Çetindağ, Leyla, ainsi que d’autres membres de la famille de Yasemin se sont joints à l’action. Leyla Çetindağ a déclaré que sa sœur était pleine de vie et qu’elle aimait beaucoup ses enfants. Elle a ajouté que sa sœur avait été brutalement assassinée sous les yeux de ses enfants.
 
Plusieurs personnes ont pris la parole lors du rassemblement et ont rappelé que les meurtres de femmes sont en augmentation dans le monde.
 
Meryem Tekiner, militante de l’association féministe kurde ZIN pour les femmes, a déclaré que les femmes étaient considérées comme des citoyennes de seconde zone par le pouvoir et l’État-nation, et qu’elles étaient confrontées aux pressions des hommes et de l’État quant elles réclament leur liberté.
 
Tekiner a déclaré que les femmes kurdes luttaient contre cette mentalité depuis des années et a ajouté: « Nous pensons que seules les femmes peuvent établir une vie juste et libre et nous nous battons pour cela. (…) »
 
Un appel a été lancé à la fin de l’action pour que toutes les femmes comparaissent devant le tribunal le jour où le meurtrier Savaş Özyanik sera jugé.
 
Via ANF

SYRIE. Les femmes de l’EI tuent une réfugiée irakienne dans le camp d’Al-Hol

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes de DAECH ont tué une réfugiée irakienne de 17 ans dans le camp d’al-Hol tenu par les forces arabo-kurdes. Les épouses des mercenaires de l’Etat islamique détenues à al-Hol ont tué plusieurs réfugiés du camp jusqu’à présent. (Via NPASyria)
 
 
Une pépinière de jihadistes qui croît sous le regard silencieux de l’Occident
Le camp al-Hole, où des dizaines de milliers de femmes et d’enfants étrangers, dont de nombreux européens, liés au groupe État Islamique (EI) sont détenus, est sous la responsabilité de la communauté internationale. Pourtant, il n’y a aucune politique commune mise en place pour ces femmes et enfants devenus un vrai casse-tête pour l’alliance arabo-kurde dirigeant le Rojava.
En plus des menaces de sécurité que ce camp représente pour la région du fait qu’il soit devenu une pépinière pour de futurs jihadistes élevés à l’idéologie terroriste de l’EI, ce camp est également un lieu de non-droit pour des milliers d’enfants et de femmes abusés, torturés, par les femmes de DAECH qui commettent également des meurtres.
Un activiste kurde syrien rapportait récemment que certaines femmes étrangères « épousaient » des adolescents âgés de 13 à 16 ans pour une reproduction continue qui, selon elles, serait la future génération de l’ « État islamique ». Cet activiste rappelait également que la plupart de ces femmes essayaient désespérément d’entrer clandestinement en Turquie et, finalement, retourner dans leur pays d’origine.
Le camp al-Hol, le Guantanamo européen
Le camp d’al-Hol (que certains qualifient de « Guantanamo européen ») abritant plus de 70 000 femmes et enfants de l’Etat islamique (EI / DAECH) est situé dans le nord-est de la Syrie. Ce camp est l’un des camps les plus dangereux au monde où chaque mois des informations font état de meurtres violents de résidents du camp « punis » par des femmes défenseurs de l’idéologie de DAECH. Un camp devenu un terreau fertile pour le terrorisme islamiste alors que les Kurdes syriens alertent l’Occident depuis longtemps de ce danger menaçant le monde.
Le camp est situé dans le gouvernorat d’Hassaké, dont la sécurité est assurée par les forces de sécurité intérieure « Asayish », ainsi que par des combattants des FDS et des Forces d’autodéfense, qui ont libéré les derniers bastions de l’Etat islamique en 2019.
Une idéologie terroriste qui se porte à merveille
Les habitants du camp vivent conformément à la loi islamique, malgré toutes les tentatives des Forces de sécurité intérieure et des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour limiter la propagation de l’idéologie de l’Etat islamique.
Bien sûr, les agents de sécurité déploient de grands efforts pour contenir cette « poudrière », un camp où vivent des milliers de partisans ardents de l’Etat islamique. Malgré cela, les membres de l’EI brûlent régulièrement les tentes de ceux soupçonnés de « trahir » l’idéologie de l’EI. Elles n’hésitent pas à tuer ces « traitres », avec des dizaines de meurtres commis au sein du camp.
De nombreuses femmes restent fidèles à l’idéologie de l’Etat islamique et n’ont pas l’intention de changer leurs croyances. Cependant, tous les femmes du camp ne peuvent pas être qualifiés de terroristes, dont certaines étant venues en Syrie avec leur mari pour le bien de leurs enfants.
Les pays européens ignorent le sort de leurs ressortissants détenus à al-Hol
Malgré les nombreux rapports faisant état du danger que représente ce camp et la situation déplorable de ses résidents, notamment des enfants, les pays étrangers ne se pressent pas pour rapatrier leurs ressortissants, ni pour créer un tribunal international afin de juger les membres emprisonnés de l’Etat islamique pour des crimes qu’ils ont commis en Syrie et en Irak, dont le génocide des Yézidis à Shengal en août 2014.

FEMINICIDES. 300 femmes assassinées en Turquie en 2020

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TURQUIE / BAKUR – Au moins 300 femmes ont été assassinées par des hommes en Turquie, y compris dans les régions kurdes, en 2020. Dans presque tous les cas, l’agresseur appartenait au cercle de connaissances le plus proche. 171 autres femmes ont été retrouvées mortes de manière suspecte.
 
En Turquie, au moins 300 femmes ont été assassinées par des hommes proches d’elles au cours de l’année écoulée. 171 autres femmes sont mortes dans des circonstances suspectes. C’est le résultat du rapport annuel des féminicides de la plateforme « Nous mettrons fin aux féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP)
 
La KCDP souligne que si les violences à l’égard des femmes ont augmenté dans le monde à l’ombre de la pandémie de coronavirus, en Turquie, l’annonce du gouvernement AKP de se retirer de la Convention d’Istanbul a en fait alimenté les violences sexistes.
 
La convention du Conseil de l’Europe vise à prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Les cercles conservateurs et islamistes en Turquie avaient lancé la discussion sur le retrait, affirmant que la convention portait atteinte aux valeurs traditionnelles et faisait des hommes des «boucs émissaires». (…)
 
97 femmes assassinées par leurs maris
 
Le rapport annuel de l’organisation des droits des femmes KCDP basée à Istanbul contient des données sur tous les meurtres de femmes enregistrés par la police ou publiés dans les médias. Au cours de l’année 2020, les maris ont été les auteurs de 97 meurtres, les conjoints dans 54 cas, d’autres connaissances masculines dans 38 cas, les ex-maris dans 21 cas, les fils dans 18 cas, les pères dans 17 cas, les frères. beaux-parents, beaux-pères etc. dans 16 cas, ex-petits amis dans huit cas et frères dans cinq cas. Seules trois femmes ont été assassinées par des inconnus, selon l’organisation. Dans 23 autres cas, la plateforme a également pu établir un lien entre les victimes et les auteurs.
 
Les motifs des féminicides 
 
Dans 182 cas, le mobile des féminicides n’a pu être déterminé; 96 femmes ont été tuées parce qu’elles voulaient prendre des décisions concernant leur propre vie: demandes de divorce ou séparation d’avec les conjoints. Dans 22 cas, l’argent était le mobile du meurtre.
 

Le mythe des chèvres sacrées de Dersim

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TURQUIE / BAKUR – Pour les Kurdes alévis de Dersim, tout ce qui compose l’univers est sacré: la nature et toutes ses créatures, notamment, les chèvres des montagnes qui sont en voie de disparition à cause des chasseurs venus d’autres régions du monde.
 
Le journal Middle East Eye vient de publier un article détaillé sur le mythe des Chèvres sacrées de Dersim:
 
Ali Ekber Frik, un dede – chef spirituel alévi – de 74 ans, raconte une vieille histoire d’une voix basse et rauque, tout en manipulant un chapelet avec ses doigts potelés. Il se trouve à Ovacık, une petite ville de la province turque de Tunceli, en Anatolie orientale, appelée Dersim par ses habitants. Derrière lui, un berger surveille son troupeau de moutons près d’un cimetière alors que le soleil de fin d’après-midi enveloppe de sa chaude lueur les collines verdoyantes. « Il y a peut-être 150 ans, trois personnes venues de Kemah [une ville voisine] arrivèrent au pied des montagnes du Munzur, et ces gens avaient très faim », narre-t-il. « Voyant un feu dans une grotte, ils s’approchèrent et virent que quatre ou cinq personnes avaient dépecé une chèvre de montagne et patientaient pendant que celle-ci cuisait. Les voyageurs dirent alors : “Nous avons très faim, nous sommes venus ici pour un morceau de pain, mais nous ne mangeons pas de chèvre de montagne et si vous voulez notre avis, vous ne le devriez pas non plus.” Ils partirent immédiatement, même s’ils étaient affamés. »
 
Ali Ekber Frik explique l’importance des chèvres de montagne du Dersim
 
Comme lui, les voyageurs étaient des alévis. Formant la plus grande minorité religieuse de Turquie, ils considèrent les chèvres de montagne comme sacrées. Le Dersim est principalement habité par un peuple longtemps persécuté qui forme une minorité au sein d’une minorité. Ce sont des Kurdes zazas, autrement appelés Kirmanc, qui parlent un dialecte différent de celui des peuples kurdes que l’on trouve ailleurs en Turquie et dans la région. Leur forme d’alévisme est également différente de celle des alévis bektachi, qui sont issus de l’ethnie turque et davantage influencés par l’islam chiite. Les alévis ont été la cible d’opérations de répression, de mesures de surveillance et de massacres sous les sultans ottomans sunnites, qui les considéraient comme des hérétiques.
 
Farouchement indépendant, le Dersim n’a jamais été entièrement sous le contrôle du gouvernement jusqu’à ce qu’un soulèvement soit écrasé par l’État en 1938-1939.Ces mêmes montagnes qui protégeaient les Zazas alévis avant l’avènement des guerres modernes sont devenues le lieu de leur massacre. Les soldats jetaient les corps du haut de falaises dans les eaux du Munzur et allumaient des feux à l’entrée de grottes fermées, aspirant l’oxygène des personnes prises au piège à l’intérieur.
 
Au-delà des chèvres de montagne, les Zazas alévis considèrent tous les êtres vivants comme sacrés, ainsi que toutes les choses qui contribuent à la vie, comme le soleil et l’eau. Le système de croyance hétérodoxe et mystique des Zazas alévis, appelé Raa Haqi, a été influencé par les pratiques chamaniques anatoliennes préislamiques, le zoroastrisme, le bouddhisme, le christianisme arménien et, plus tard seulement, par l’islam chiite. Contrairement à la plupart des membres des autres communautés alévies de Turquie, de nombreux Zazas alévis rejettent l’étiquette de musulmans. Au-delà des chèvres de montagne, ils considèrent tous les êtres vivants comme sacrés, ainsi que toutes les choses qui contribuent à la vie, comme le soleil et l’eau. Ils vénèrent la nature en elle-même. Les générations plus anciennes du Dersim adressent des prières au soleil et à la lune, mais affirment que cette pratique est aujourd’hui perdue.
 
Le Dersim, en particulier dans le parc national de la vallée du Munzur, possède l’écosystème le plus diversifié de Turquie. Le parc grouille de plus de 1 500 espèces de plantes, dont 43 sont endémiques, et abrite des animaux tels que des ours bruns, des lynx d’Eurasie, des chats sauvages, des loups gris et des sangliers.« Les chèvres de montagne, les abeilles mellifères, les belettes dans la montagne sont sacrées à nos yeux. Parce qu’elles ne font de mal à personne, elles sont sacrées. Nous ne les tuons pas », explique Ali Ekber Frik. Pour montrer la valeur de la nature dans leurs croyances, il récite un vieux poème sur le caractère sacré des arbres et le rôle que le bois a joué dans les objets sacrés, comme le berceau de la Kaaba (le site le plus sacré de l’islam, à La Mecque en Arabie saoudite) ou la selle de l’imam Ali, que les alévis vénèrent. « C’est dire à quel point nous apprécions les arbres, depuis des temps immémoriaux, et les arbres nous aiment en retour. Même si nos forêts brûlent, elles ne nous abandonnent jamais », affirme-t-il. Comme le reste du monde, la Turquie connaît une hausse des feux de forêt liée aux changements climatiques.
 
Ce respect de la nature explique pourquoi les habitants du Dersim sont si perturbés par les chasseurs qui emportent parfois leurs chèvres de montagne sacrées comme trophées. Les chèvres, dont certaines espèces sont menacées, sont protégées par le ministère turc de l’Agriculture et des Forêts, mais le gouvernement affirme que les animaux plus âgés sont autorisés à être chassés en nombre limité, précisant que 60 % de l’argent gagné par le biais des appels d’offres de chasse revient aux villages locaux. L’été dernier, des activistes ont lancé une campagne visant à interdire la chasse aux chèvres de montagne dans la région et l’Initiative de conservation du patrimoine culturel et naturel du Dersim a déposé une plainte demandant l’annulation des appels d’offres. Le ministère a répondu en suspendant un appel d’offres qu’il avait ouvert pour chasser dix-sept chèvres et en promettant de mener une enquête en tenant compte des coutumes et des croyances locales.Les écologistes locaux ne se soucient pas particulièrement de savoir si la chasse est pratiquée légalement ou non : ils en sont horrifiés et veulent qu’elle soit interdite sans exception. « Nous avons vu des tueurs venir de l’extérieur de la province et de différents pays européens pour chasser les espèces les plus importantes du Dersim », affirme Hasan Şen, activiste au sein de l’organisation Munzur Protection. « Les autorités ferment les yeux sur les massacres. »« Elles appartiennent aux saints. »
 
Pour les alévis, tuer de telles créatures sacrées n’est pas seulement insensé et immoral : c’est aussi un péché terrible. Ceux qui transgressent cette règle sont traditionnellement mis au ban et considérés comme des düşkün – « déchus ». « Dans le temps, les gens qui faisaient cela étaient envoyés en exil », se souvient Zeynel Batar, un dede âgé de 68 ans, dans le village de Kedek. « Il y avait un gars dans notre village qui s’en prenait aux chèvres de montagne. Nous l’avons averti à plusieurs reprises de ne pas le faire. Un jour, il a plongé des rochers et il est mort. Ils n’ont même pas lavé son corps sur la place. »
 
Bien que les Zazas alévis considèrent tous les animaux sauvages comme sacrés, les chèvres de montagne, dont il existe plusieurs espèces locales, le sont particulièrement. « Elles appartiennent aux saints », explique Zeynel Batar. « Ces chèvres mangent de l’herbe spéciale mais quand c’est l’hiver, les montagnes sont couvertes de neige et que mangent-elles ? Leur nourriture vient de l’inconnu, elle est apportée par les saints. »
 
Les bergers qui veillent sur les chèvres seraient trois saints mythiques – Sarık Sıvan, Şıx Ahmet Dede et Düzgün Baba. Düzgün – qui pourrait être une version turcisée d’un mot zaza signifiant roches acérées ou falaises – est le plus célèbre d’entre eux. Sur le Düzgün Baba, une montagne située près de la ville de Nazımiye, Kaya Çelik, un dede de 27 ans, gravit l’escalier taillé dans le flanc de la montagne et se remémore la légende du plus saint des saints bergers. Bien qu’il existe de nombreuses versions, la plupart indiquent que le nom original de Düzgün était Şah Haydar et qu’il était le fils d’un important chef religieux, Kureyş Baba. Haydar était connu pour ses chèvres bien nourries, même en hiver lorsque la nourriture se faisait rare, ce qui suscita la curiosité de son père. « Un jour, Kureyş Baba suivit son fils et le troupeau et vit que lorsque Haydar touchait les chênes avec son bâton, ils devenaient verts. C’était un miracle ! Quand son père s’aperçut de cela, il fut fier mais aussi choqué de voir que son fils l’avait surpassé », raconte Kaya Celik.
 
La grotte sacrée de Düzgün Baba sur la montagne portant son nom

Mais alors, une des chèvres de Şah sentit l’odeur du père du berger et éternua. Şah Haydar gloussa. « Qu’est-ce qui ne va pas petite chèvre, as-tu senti mon père Kureso Khurr ? », lui demanda-t-il en utilisant un surnom qu’un fils ne doit pas employer pour désigner son père dans une culture où les anciens sont vénérés. Il se retourna et s’aperçut que son père était vraiment là. Honteux, il bondit jusqu’au sommet de la montagne et disparut. Depuis lors, on se souvient de lui sous le nom de Düzgün Baba et la montagne porte son nom.
 
« Chaque troupeau a un chef, un vieux bouc qui a une longue barbe, » déclare Kaya Çelik, chef spirituel des Zazas alévis « Quelques animaux suivirent Şah et son père fit redescendre le reste du troupeau. Nous pensons que les chèvres qui errent autour de cette montagne aujourd’hui sont celles qui ont suivi Düzgün Baba et sont donc divines », ajoute Kaya Çelik. Plus haut sur la montagne, après le sanctuaire alévi – ou ziyaret – où une fontaine verse de l’eau glacée dans la bouche de pèlerins reconnaissants, un jeune homme du nom de Murat Babayiğit escalade avec agilité la surface rocheuse irrégulière pour rejoindre une grotte très étroite, juste assez grande pour y ramper.
 
« Le lit de Düzgün Baba est dans cette grotte. C’est un lieu sacré. On se sent bien là-haut, on se sent heureux, » affirme-t-il. Plus haut encore, au sommet, se trouve la tombe de Düzgün, un grand tas de pierres grises, entouré de divers petits cairns. Le soleil et la lune – tous deux sacrés pour les alévis – trônent ensemble de part et d’autre de ce ciel de début de soirée.
 
Les montagnes sans fin et irrégulières que l’on voit d’ici protègent les habitants du Dersim et d’autres communautés marginalisées depuis des centaines d’années au cours desquelles ils ont subi diverses vagues de persécution. Dans les années 1990, des milliers de villages et de hameaux dans plus d’une douzaine de provinces de l’est et du sud-est ont été vidés et incendiés par l’armée lors d’opérations gouvernementales contre le groupe armé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).Le ministère turc de l’Intérieur a ensuite lancé un « Projet de retour au village et de réhabilitation » visant à ramener les Kurdes chez eux. Ce projet financé par le gouvernement a été déployé de 1999 à 2015 pour un coût de 200 millions de livres turques, soit l’équivalent de 72 millions de dollars à l’époque, mais a été critiqué par Human Rights Watch pour son inefficacité.
 
Selon le ministère de l’Intérieur, durant la lutte contre le PKK, 62 448 maisons ont été vidées et 386 000 personnes ont été forcées d’émigrer. Aujourd’hui, seules 28 834 maisons sont occupées par ceux qui y vivaient auparavant. Au total, 187 000 personnes sont retournées dans leurs villages dans 14 provinces, notamment dans le Dersim. (…) Mais ce long passé agité n’a fait que renforcer le lien des habitants avec la terre, les animaux, et entre eux. « Les alévis sont allés dans les montagnes pour fuir les tyrans, et lorsqu’ils y sont arrivés, ils ont vu les chèvres de montagne », raconte Ali Ekber Frik. « Chaque fois que nous y allons – quand nous y emmenons nos troupeaux, quand nous plantons de l’ail, quand nous cueillons des champignons –, nous sommes ensemble. »
 

YPJ: Nous entrons en 2021 plus fortes et plus déterminées

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SYRIE / ROJAVA – La commandante générale des forces féminines kurdes YPJ, Newroz Ehmed, a déclaré que les YPJ débutaient l’année 2021 avec plus de force politique et militaire, avec une détermination et une volonté fortes alors que la région fait face à de nouvelles attaques turco-jihadistes. 
 
La commandante générale des YPJ (Unités de défense des femmes), Newroz Ehmed, a répandu au questions de l’ANF concernant les développements militaires, politiques et sociaux dans le nord et l’est de la Syrie en 2020, ainsi que la lutte des YPJ et les plans pour 2021.

Newroz Ehmed
 
« Le désir de notre peuple est de vivre sur ses terres librement le plus tôt possible. Bien sûr, l’année prochaine est une année importante en termes de lutte. Notre espoir est de réussir », a déclaré Ehmed.
 
En tant que YPJ, vous avez eu un grand impact sur la lutte des femmes dans le monde, en particulier dans la résistance contre l’EI. Il y a eu un suivi intense et un intérêt de la part des organisations de femmes du monde entier. Cet intérêt et ce contact liés à la lutte se sont-ils poursuivis en 2020? Si oui, à quel niveau s’est-il développé?
 
Quand nous regardons chaque partie du monde, le système au pouvoir intensifie de jour en jour la destruction, le massacre et la volonté des femmes, même si cela ne se voit pas beaucoup dans nos régions, car le 21e siècle a été organisé comme étant le siècle de femmes. Aujourd’hui, nous pouvons voir plus de femmes s’exprimer dans de nombreux domaines. Pour cette raison, les attaques augmentent, bien sûr. Par conséquent, nous pouvons voir cette prise de conscience et ces développements dans de nombreuses régions du monde. Nous avions des plans pour atteindre les femmes qui luttent et résistent, s’organisent ou veulent s’organiser dans le monde. Cette situation s’est encore développée pendant notre guerre contre l’État islamique. Encore une fois, nos activités se sont poursuivies dans ce sens. La participation de femmes de nombreuses régions du monde et d’autres pays se poursuit. Elles prennent leur place dans les rangs du YPJ. Cette question suscite un grand intérêt.
 
Cette année, nous avions un plan pour atteindre ces cercles. Cependant, les attaques d’invasion en développement, les menaces qui pèsent sur la région et les maladies dans le monde nous ont également empêchés de développer ces travaux. En d’autres termes, il y avait des obstacles pour atteindre tout le monde. Celles qui voulaient venir dans notre région ne pouvaient pas venir pour les raisons que nous avons mentionnées. Bien sûr, cela posait un gros obstacle. Mais nous avons pu atteindre tous les continents du monde grâce aux message et à la technologie. Bien sûr, ce n’est pas au niveau souhaité et nous devons mener un travail plus ferme sur cette question car c’est l’un des piliers importants de notre révolution et qu’il concerne notre révolution du Rojava.
 
Le développement d’une révolution démocratique et émancipatrice est nécessaire pour le monde entier. C’est l’un des principaux domaines de devoir et de responsabilité et un travail sur lequel nous devons nous concentrer davantage. Il y a aussi des attentes dans ce sens et trop de demandes se développent. De nombreuses organisations à travers le monde expriment également cela. Dans de nombreux endroits, lorsque les femmes se sont organisées et ont rejoint la lutte pour leur liberté et leur égalité, pour défendre leur nation, elles ont révélé un grand pouvoir. Pour cette raison, nous pouvons obtenir de meilleurs résultats en maintenant plus d’organisation et d’unité. Nous y croyons également et avons des attentes dans ce sens. Nous poursuivrons nos travaux sur ces questions.
 
Un rapport sur la participation des jeunes filles a récemment été publié dans différents médias. En tant que commandante des YPJ, quels sont vos commentaires sur cette nouvelle?
 
Nous pouvons les commenter sur plusieurs aspects. Tout d’abord, les migrations subies après les attaques d’invasion de notre région ont causé de grands dommages à la société avec les conséquences de la guerre qui dure depuis des années. Les femmes en particulier souffrent de nombreux dommages dus aux difficultés économiques et à la pauvreté, aux perturbations de l’éducation dues aux opportunités limitées et à l’émergence d’une menace de déni et de destruction. Les jeunes femmes sont celles qui souffrent le plus. Bien sûr, nous luttons pour protéger les jeunes femmes qui sont soumises à de nombreuses pratiques et ne peuvent se défendre en raison de leur jeune âge. Non seulement le YPJ, d’autres mouvements et organisations de femmes luttent également contre cela.
 
À travers la lutte contre ces pratiques et abus, les jeunes femmes participent également aux rangs du YPJ afin de se protéger et de s’exprimer davantage. Nous pouvons expliquer un aspect comme ça. Bien sûr, il y a des demandes. Mais en tant que YPJ, nous avons de la détermination. Les jeunes femmes peuvent être exposées à de nombreux abus dès leur plus jeune âge. Mais ce n’est pas une raison pour nous de les amener dans les rangs des YPJ parce qu’elles sont encore jeunes et ont besoin de se connaître et de développer leur niveau de conscience. Elles ont des besoins différents. Par conséquent, nous sommes également en contact avec des organisations de femmes. Nous avons également créé des centres spéciaux de consultation. Nous avons réalisé un travail particulier afin de renvoyer ces demandes aux sections concernées. Comme on le sait, des écoles et académies spéciales ont été ouvertes pour les jeunes femmes afin de les sensibiliser dans de nombreux domaines. (…)
 
Quel est le but de la diffusion de ces nouvelles?
 
Nous pouvons le considérer comme faisant partie des attaques contre les femmes. On voit aussi avec les attaques développées, en particulier avec les attaques de l’État turc occupant, que les conséquences des YPJ et des activités d’organisation des femmes ici ne sont pas tolérées. Ils essaient de nous attaquer afin de présenter le YPJ comme une organisation terroriste dans le monde. Une guerre spéciale est menée contre la société sur cette question. De nombreuses familles ont été informées de ces informations erronées, dirigées par l’État turc et faisant partie de la guerre spéciale. Ils font pression sur notre peuple en façonnant une opinion publique sur cette question. Mais notre peuple est conscient et conscient de ce problème. Et des approches plus sensibles sont nécessaires dans ces domaines.
 
Nous avons révélé à de nombreuses institutions et organisations internationales notre volonté et notre décision de ne pas autoriser le recrutement de mineurs dans les rangs du YPJ. Personne ne nous a fait pression pour prendre une telle décision. Nous avons pris cette décision de notre propre gré car nous la considérons comme une nécessité et un besoin. Elles n’ont pas besoin de venir à un jeune âge et de mener une lutte armée, au contraire, Elles peuvent lutter pour cela dans différents domaines. Nous soutenons cela et nous continuerons notre lutte à cette fin. Néanmoins, nous demandons également à nos gens d’être sensibles à cette question.
 
Quels sont vos projets et objectifs pour 2021?
 
Bien sûr, nous traversons un processus important. L’année 2020 a produit des résultats très tristes pour notre peuple. Notre peuple a été soumis à une migration forcée. Ils ont quitté leurs maisons et leurs terres. Ils ont dû vivre comme des réfugiés sur leurs propres terres. C’est une réalité très douloureuse. Cela se produit également à Afrin, Tal Abyad, Serêkaniyê et à nouveau dans les zones où des attaques ont lieu. Les attaques et les menaces continuent d’augmenter dans toutes les régions.
 
Nous avons laissé 2020 derrière nous, mais notre lutte continue. 2021 est une année importante pour notre lutte. Nous avons dévoilé les résultats dans notre évaluation de l’année 2020. Sur cette base, nous sommes prêts pour 2021 avec plus de force, de détermination et de volonté, tant sur le plan politique que militaire. Nous voyons également la conscience, l’organisation et les exigences de notre société. À cet égard, notre devoir est de libérer les zones occupées et de faire en sorte que notre peuple retourne sur ses propres terres et vive librement. En outre, il est de notre devoir le plus fondamental et le plus important en tant que YPJ de défendre ces terres et notre peuple contre les attaques en cours. À cet égard, l’objectif est d’être préparé dans tous les sens pour l’année prochaine et de répondre aux évolutions. Nous avons achevé nos préparatifs à un niveau important. Nous nous concentrerons sur l’achèvement des pièces manquantes.
 
En ce qui concerne l’administration autonome, notre objectif est de protéger les expériences et les acquis qui ont émergé dans la sphère politique, sociale et en particulier en ce qui concerne les femmes de ces terres. Le modèle de solution qui a émergé avec la révolution du Rojava est un modèle de solution pour le Moyen-Orient, principalement pour la Syrie, car ce sont les zones où les conflits et les guerres sont le plus vécus. À cet égard, faisons de ce modèle un modèle exemplaire dans le monde entier en le renforçant et en le défendant davantage. Bien sûr, nous affirmons qu’il doit se développer sous la direction des femmes et des jeunes. Pour cette raison, nous devons faire connaître notre système existant au monde entier et le renforcer. Nous constatons que notre espoir est grand tant au niveau des acquis de 2020 que de celui de 2021. Plus les attaques sont intenses, plus la conscience et l’organisation sociale augmentent. Les attaques croissantes nous ont rendus plus forts.
 
Sous la direction des femmes et des jeunes, nous pouvons dire que les femmes du monde entier devraient réussir en intensifiant davantage cette lutte. Cette année, nous devons faire connaître cette révolution dans le monde entier en garantissant la liberté du leader Apo, du peuple kurde et de toute la région. Nous nous battrons pour cela. Nous assumerons toutes nos responsabilités afin d’être dignes de nos martyrs qui ont donné leur vie pour toutes nos valeurs. (…)